Hello :) Un gros merci pour vos reviews, vos follows et vos favoris.
Rien ne m'appartient. L'univers de Star Wars appartient à George Lucas, le texte est à Eirian Erisdar, je ne suis que la traductrice.
Bonne lecture !
Qui-Gon Jinn commence à sentir les premiers signes de préoccupation pour son padawan.
Obi-Wan paraît un peu plus calme que d'habitude, c'est une étrange façon de penser ça, mais à force d'être souvent ensemble, Qui-Gon est devenu extrêmement sensible au silence d'Obi-Wan, si bien que le lire est devenu une tâche assez facile.
J'ai un mauvais pressentiment, réalise-t-il, au fur et à mesure qu'ils approchent de la reine tous les deux.
Obi-Wan s'était figé momentanément en sortant de la navette élégante de la République dans la lumière de l'après-midi, ses bottes marchant en douceur un pas après l'autre. Une explosion d'éclats avait jailli hors de sa présence de Force, comme si une étoile d'azur avait atteint les derniers moments de son existence et avait explosé en une supernova. Qui-Gon avait épargné à Obi-Wan un regard pénétrant comme il passait, et fut presque terrassé par la panique pure qui flottait autour d'Obi-Wan comme il suivait son maître lentement. La diplomatie avait exigé que Qui-Gon arrache son regard de son apprenti pour se tourner vers les dignitaires devant lui, mais leur lien convulsait, et la signature d'Obi-Wan se met à vaciller avant de se retirer presque violemment sur elle-même.
C'est comme si la supernova avait atteint sa limite avant de s'effondrer sur elle-même, éclatant son cœur de luminance. Qui-Gon avait sondé le lien mais Obi-Wan s'était réfugié derrière des boucliers d'acier Vespari, légers et inefficaces, et beaucoup trop avancés pour un padawan de son âge.
Qui-Gon frôle la main d'Obi-Wan avec la sienne tandis qu'ils s'arrêtent devant la reine, il ressent plus qu'il ne sent la moiteur des mains de son apprenti comme ils s'inclinent à l'unisson. En dépit de cette observation, la salutation silencieuse d'Obi-Wan a ce qu'il faut d'humilité nécessaire à un Padawan Jedi, à la grande joie de quelques unes de servantes.
Mais il y a des questions plus urgentes à régler, alors il envoie un rappel tranquille pour que Obi-Wan se concentre, puis rentre dans les introductions politiques habituelles.
La réponse d'Obi-Wan est un amas frénétique d'images, d'émotions à peine contenues et d'appréhension, et complètement indéchiffrable.
Qui-Gon écarte un peu ses pieds et ses mains dans les plis de ses manches tandis qu'il réprime la sensation de malaise qui bouillonne dans la Force vivante en lui. Tout va bien, Obi-Wan, envoie-t-il à travers le lien. La certitude orne ses paroles.
En réalité, Qui-Gon n'est pas tout à fait sûr.
OoOoOoOo
C'est seulement après de longues présentations accomplies- le Candidat sénatoriale Palpatine a la plus faible signature de Force Vivante que Qui-Gon n'ait jamais senti- beaucoup de subtilités échangées et une invitation formelle pour dîner à la cour royale, que maître et padawan se retrouvent seuls dans leurs quartiers réservés aux invités.
Qui-Gon libère un soupir pour briser le silence. « Obi-Wan, en ce qui concerne le- »
Obi-Wan fait un pas en avant et s'effondre contre un canapé, ses genoux repliés comme il se plie en deux. Il avale de l'air avec le désespoir d'un poisson qu'on aurait sorti de l'eau, son visage devint mortellement pâle, perlé de sueur. L'air siffle entre ses dents serrées, un son choquant, car ce n'est ni le silence, ni une voix, mais le passage incontrôlé de l'air qui transforme la respiration d'Obi-Wan presque en sanglots.
« Padawan » Qui-Gon est à côté de lui un moment plus tard, une main étonnamment douce lissant les mèches de cheveux d'or striée sur le font de son apprenti. La peau est moite sous ses doigts. La façon dont Obi-Wan remue la tête et déglutit fortement remplit le cœur de Qui-Gon d'angoisse.
« Padawan » répète-t-il, soulagé par la gravité de son ton et par le fait qu'il ne soit pas trahi par son inquiétude. « Il faut que tu respires. Lentement. »
Les yeux d'Obi-Wan se lèvent pour rencontrer brièvement ceux de son maître, Qui-Gon trouve les iris bleu-gris plus sombres que d'habitude, comme si leurs eaux d'ordinaire paisibles avaient gonflé à cause de nuages en pleurs, le calme avant la tempête. Ses boucliers mentaux sont une paroi courbée d'obsidienne solide. La panique qui s'échappe de la respiration d'Obi-Wan frémit puis s'apaise.
« Oui...c'est bien... » murmure Qui-Gon alors qu'il réarrange Obi-Wan sur les coussins. Son inquiétude atteint de nouveaux sommets quand il réalise qu'il aurait tout aussi bien pu bouger un poids mort plutôt qu'un corps vivant. Par la Force. A ce rythme, il n'avait pas fini de se faire du souci.
Quand il devient plus clair que son padawan n'est plus sur le point d'avoir une nouvelle crise. Qui-Gon se retire dans la cuisine, fouillant dans sa poche pour préparer du thé. L'eau se met à bouillir- apparemment plus lentement qu'auparavant- puis de la vapeur s'élève dans la pièce. Qui-Gon ne se dérange pas à vérifier s'il a suffisamment macéré les feuilles- même si une petite partie de lui est conscient qu'il vient de commettre un pêché capital qu'il n'avait jamais commis auparavant- puis le liquide cristallin tombe en un arc mousseux, teintant légèrement la tasse d'une couleur émeraude, et quelques enjambées suffisent pour que Qui-Gon revienne aux côtés d'Obi-Wan et pousse l'argile chaude dans sa petite main glacée.
Obi-Wan n'a pas besoin d'encouragement cette fois, il avale le thé Sapir en une longue gorgée. La douleur éclate dans leur lien- le thé était quasiment bouillant- mais Qui-Gon reçoit cette sensation avec soulagement, il l'étreint, l'enveloppe dans des fils lumineux d'argent. Car cela signifie que les boucliers d'Obi-Wan se sont abaissés.
Padawan. Qui-Gon envoie le mot avec plus de force qu'il ne le ferait normalement, essayant de parcourir toutes les barrières invisibles. Concentre-toi. Il sent Obi-Wan s'accrocher à lui à par leur lien ténu, l'élargissant, le renforçant, l'utilisant comme une ancre. Qui-Gon pousse un soupir las comme la douleur nauséeuse d'Obi-Wan se dissipe dans la Force.
Il est un peu embarrassé, car ce qu'il a fait est un peu l'équivalent d'un câlin dans la Force. Mais un coup d'œil en direction des joues écarlates de son apprenti montre qu'au moins il n'est pas le seul à ressentir ça.
« Obi-Wan » dit lentement Qui-Gon, se sentant tout à coup très vieux- ce garçon aura ma mort- » Je pense que tu me dois une explication »
OoOoOoOo
Il fallut au moins une demi-heure pour que Obi-Wan relate chaque iota de ses expériences à Qui-Gon, à la fois à travers l'encre et leur lien. Lorsque l'afflux d'émotion et de fragments brisés cessèrent enfin, il aurait été malhonnête de dire que Qui-Gon n'était rien de moins que profondément troublé.
Palpatine.
Il est vrai que le candidat sénatoriale avait une très faible signature de Force- c'est comme si les midichloriens dans ses cellules étaient faibles, remuant à peine alors qu'ils tourbillonnent sauvagement dans les veines d'Obi-Wan et Qui-Gon, au rythme des battements de leur cœur.
Mais être dans l'Ombre...
C''est seulement maintenant que Qui-Gon se rend compte qu'au moment où il est sorti du speeder, il avait instinctivement levé les boucliers pour contrer l'aura de mort qui suintait à travers la Force. Il ne les avait pas consolidés au point de ne plus sentir son apprenti- mais il n'avait pas envoyé des ondes scrutatrices comme Obi-Wan l'avait fait. Et alors qu'il est à l'écoute de la Force Vivante, Obi-Wan est si profondément ancré dans l'Unificatrice que Qui-Gon suppose que parfois ses yeux gris orageux brillent avec la lumière d'une centaine de futurs possibles.
Ces mêmes yeux gris-bleu regardent leur maître, à présent, sans être dérangés par le silence.
Finalement, Qui-Gon demande : « Padawan, l'aura d'Obscurité émanait uniquement du candidat Palpatine ? »
Obi-Wan fronce les sourcils d'un air interrogateur vers son maître.
« Laisse-moi reformuler » reprit Qui-Gon. « Est-il incontestable que Palpatine était la source, la source singulière de cette obscurité ? » Comme son padawan ouvre de grands yeux, Qui-Gon poursuit : « Obi-Wan...la Lumière transparaît à travers les Jedi, , nous ne sommes pas des sources de lumière, mais nous la canalisons. Paradoxalement, l'Obscurité est...similaire » Un sourire ironique tord ses traits tandis que l'incrédulité peint les traits d'Obi-Wan. « La ligne entre la Lumière et les Ténèbres est aussi tenue qu'un fil. Toutes les ombres sont projetées par la lumière, padawan. Palpatine peut ne pas être ces Ténèbres lui-même, mais il peut vivre dans leur ombre. Un contact constant avec quelque chose de mauvais a sans doute laissé des traces »
Obi-Wan fait un mouvement involontaire, ses doigts se crispant autour de la céramique.
« …Mais nous ne devrions pas rejeter l'implication de Palpatine » enchaîne Qui-Gon, enlevant la tasse des doigts de son apprenti avant qu'il ne puisse devenir un bel exemple de la seconde loi de la thermodynamique. « Il y a quelque chose de sombre à l'œuvre ici, nous devrions enquêter là-dessus- Mais sans trop interférer dans le processus électoral. Consolide tes boucliers lorsque nous sommes en présence de la cour. »
Le soulagement passe sur les traits d'Obi-Wan en une vague apaisante. La confiance qui irradie dans ses iris déstabilise Qui-Gon un moment. C'est comme si son padawan avait une foi totale en son maître- au point qu'une simple déclaration d'un plan d'action semble avoir calmé toutes ses peurs.
Et juste quand Qui-Gon commence à s'inquiéter sur la façon de faire face à cette réaction plutôt inattendue et déroutante- son apprenti surprend Qui-Gon encore une fois en glissant du canapé et en s'agenouillant sur le tapis brodé à côté, le dos droit et les mains jointes sur ses genoux.
Obi-Wan sourit en une gentille invitation.
Malgré lui, Qui-Gon sent la joie jaillir alors qu'il rit et tombe sur ses genoux en face de son padawan. Ils ferment les yeux à l'unisson, cherchant une synchronie à travers les courants immaculés de la Force comme la houle de la marée se déverse sur eux par des vagues de lumières, enlevant les dernières particules d'obscurité qui se sont accrochées à eux.
Mais même s'ils dérivent ensemble, bercés dans un coracle de réalité dans la mer sans fin de la Force, cette méditation ne ressemble pas tellement à un moment de réconfort avant la bataille. Ni maître et padawan ne sont conscients de ça, mais le coracle frissonne tandis qu'ils glissent sur une chute d'eau ensemble, les éclats irisés de la Force Unificatrice se dispersant autour d'eux dans des gouttelettes. Et peut-être des années plus tard, sur le bord d'une autre mer, quand les soleils jumeaux brilleront sur les courants de sable qui parcourent les dunes sans fin, un maître reviendra sur ce moment et enfin comprendra.
Leur guerre commence ici, dans ce premier moment de silence.
La musique des sphères retentit, puis remplit le calme avec de basses mélodies.
Et puis un coup sur la porte- la première mesure des battements de guerre- sortent maître et padawan de leur méditation, et ils cheminent ensemble vers leur avenir.
OoOoOoOoO
La lumière du soleil borde l'horizon avec du sang. A plusieurs kilomètres de l'ouest de Theed, un engin discret agite vigoureusement le feuillage tandis qu'il se pose avec élégance dans une clairière marécageuse. La forêt elle-même semble se pencher sur le vaisseau, l'avalant dans son ombre. Un sifflement de l'air comprimé résonne comme la sas de l'engin s'ouvre, libérant une rampe synthétique, barre troublante au milieu des branches naturelles qui l'entourent.
Xanathos Ducrion émerge de la lumière aveuglante, telle une ombre se déplaçant parmi la lumière artificielle, ses tuniques impeccables et son nouveau sabre laser reposant négligemment sur sa hanche. Les iris de glace errent vers la limite des arbres, où les lumières de Theed scintillent à travers les branches comme si elles étaient des lanternes jalonnant les feuilles.
Une petite silhouette grimpe dans sa direction, un Zabrak n'ayant pas plus de dix ans, mais ses yeux jaunes brillent avec intensité, et la peau rouge de son front est plissée dans un froncement de sourcils.
« Toi ! » La voix autoritaire de Xanatos claque comme un coup de fouet. « Tu sais quoi faire, je veux une carte complète des connexions des quartiers les plus malpropres de la ville pour demain. Si tu dois voler, vas-y, je veux des informations »
Le Zabrak grogne doucement. « Et mon paiement ? »
Xanatos plisse les yeux, et son regard brûle d'un feu glacial. « Je ne vois aucune raison pour que tu en reçoives. Ta mère n'a jamais été liée aux Sœurs de la nuit. Tu n'as pas de racines, pas de point d'ancrage. Complète ta mission et nous verrons au sujet de ton prochain repas »
Si quelqu'un d'autre avait observé la scène, peut-être aurait-il noté que quelque chose n'allait pas chez cet enfant, une amertume suinte de ses mots comme ils roulent sur sa langue avec la voix rocailleuse d'un adulte las du monde. La peau rouge tire péniblement sur les dents dénudées.
« Oui monsieur »
Xanatos lui jette un regard. « Qu'est-ce que tu attends ? Pars, garçon »
Le garçon Zabrak n'a pas de nom. Plus maintenant.
Un bruissement de tissus, et Xanatos se retrouve seul dans une clairière une fois encore. Il marque une pause comme il se tourne vers son vaisseau et lit quelque chose dans les courants de l'air.
Son sourire dévoile des dents blanches mais il est dénué d'humour. Son timing était juste. Qui-Gon est ici. Ainsi que son nouveau morveux.
Très bien alors. Son ancien maître va comprendre le véritable sens du mot douleur.
OoOoOoOo
La signature de Force de Palpatine est un peu plus forte lorsque les Jedi entrent dans la salle à manger, mais les miasmes de mort qui se cramponnent à lui et son entourage sont suffisantes pour nouer l'estomac d'Obi-Wan.
La présence de Force de Qui-Gon s'embrase, ancrant solidement Obi-Wan. Respire, padawan, sa voix résonne entre eux. Trouve la Lumière et puise en elle. Obi-Wan prend une grande respiration, laissant l'air frais remplir ses poumons, et comme il expire, il laisse sa peur et son malaise se fondre dans les courants calmes de la Force.
Bien.
Palpatine les salue avec une politesse parfaite. « Maître Jinn. Padawan Kenobi »
Qui-Gon répond sincèrement, presque exagérément- mais il vaut mieux mettre un adversaire dans un faux sentiment de sécurité que de paraître trop prudent. Malgré ses efforts, Obi-Wan blêmit, tant que Qui-Gon l'envoie saluer le Candidat Naberrie à la place.
Gredin. Il le laisse gérer les politiques lui-même.
Obi-Wan sent le brouillard étouffant de l'ombre s'atténuer légèrement alors qu'il dérive de l'autre côté de la pièce, loin de Palpatine et de ses conseillers. Il fait une pause devant la marée d'invités à la recherche de sa cible, mais à son grand embarras, sa cible le trouve en premier.
« Jedi Kenobi ! » Le Candidat sénatoriale Atushi Naberrie est tout sourire et ses poignées de mains sont vives et chaleureuses, son visage illuminé par une certaine lueur paternelle alors qu'il met une main sur l'épaule d'Obi-Wan. « Permettez-moi de vous présenter à ma famille »
La femme d'Atushi est une femme élégante avec des yeux aussi perçants que ceux d'un faucon. Elle envoie à Obi-Wan un regard perspicace qui le transperce douloureusement. La compréhension se peint sur ses traits, mais elle ne réagit pas tellement à cette révélation, comme il lui montre le profond respect qu'il lui doit. « C'est un honneur de rencontrer un Jedi » murmure-t-elle. « Surtout un si beau » Un sourire étire ses lèvres.
L'inclinaison d'Obi-Wan est légèrement plus profonde que le strict nécessaire- mais elle est remplie de gratitude, et suffisante pour faire fondre la timidité des observateurs curieux un peu plus éloignés.
Atushi sourit, reconnaissant la manœuvre avec l'œil d'un politicien. « Et ma fille » dit-il fièrement, comme il se penche derrière sa femme. Une paire de petites mains apparaissent dans les plis complexes de la robe.
« Chérie, où sont tes manières ? Sort et viens saluer le Jedi Kenobi » réprimande doucement la femme d'Atushi, donnant un petit coup à ses jupes. De grands yeux bruns jettent un regard curieux à travers un rideau de soie. Obi-Wan réprime un sourire.
Atushi grogne avec effort comme il soulève sa fille, ses deux mains autour de ses hanches alors qu'il la dépose devant lui. « Deux ans et déjà si lourde » soupire-t-il de façon théâtrale. « Mais vous êtes destiné à de grandes choses, n'est-ce pas, Padmé ? »
Padmé Naberrie rit légèrement, clignant des yeux vers Obi-Wan. Sa petite révérence est un froissement adorable de taffetas et de soie, ses cheveux sombres, épais, sont coiffés élégamment. Obi-Wan transforme sa révérence en s'agenouillant, conscient qu'il ne sera toujours pas au niveau des yeux de Padmé. Sa tête penche d'un côté, et Padmé l'imite avec enthousiasme.
S'étudiant l'un et l'autre, l'un avec une vrille de la Force, l'autre avec rien d'autre que la vision claire d'un enfant. Un embrasement de couleurs éclate au sein de la Force unificatrice apportant avec lui un visage peint en blanc et rouge, mais disparaissant tout aussi rapidement. Obi-Wan cligne rapidement des yeux, essayant de se concentrer.
« Wan-wan » chantonne-t-elle en lui tendant une petite main potelée. Déjà, ses yeux bruns brillent de la même intelligence que celle de sa mère.
Obi-Wan acquiesce gracieusement, prend la petite paume de Padmé dans la sienne, et effleure ses lèvres contre la dos de sa main avec un baiser.
« Oh » dit sa mère en riant. « Quel gentleman nous avons là »
Obi-Wan libère la main de Padmé comme si elle l'avait brûlé, une légère rougeur colorant ses joues. Il n'a pas voulu être si...frivole. Cela lui avait semblé approprié, d'une certaine façon. Puis les mains de Padmé se posent sur ses cheveux, une fois, deux fois.
« Tu es doux » déclare-t-elle, pour que tout le monde entende. « Je te fais confiance pour toujours »
Puis elle se retourne rapidement et enfouit son visage dans les jupes de sa mère, et Atushi laisse échapper un rire léger avant de se tourner vers un politicien.
Cela n'aurait pas eu d'importance si Obi-Wan avait eu une voix à ce moment. Il aurait sans doute été sans voix. Et distraitement, il prend conscience du rire profond à ses côtés, et rencontre le regard amusé de son maître.
« La politique, Obi-Wan » dit doucement Qui-Gon, comme un gong annonce le début du repas.
OoOoOoOo
Le divertissement après le diner est une affaire tellement sophistiquée et ridicule, que Qui-Gon a jugé bon d'éloigner discrètement son apprenti, sous le prétexte d'une course ou autre. Obi-Wan avait fait un signe de tête dans son bouillon de Nyork, épuisé par un blindage si dur dans une période de temps aussi longue. Dans d'autres situations similaires, Qui-Gon aurait enseigné à son padawan une leçon de patience, mais il préférait éviter un désastre politique- un padawan somnolent ferait des ravages sur leur image politique.
Et, avec un rappel ferme lui intimant de revenir dans leurs appartements avant minuit, Obi-Wan détale, désireux d'échapper au yeux perçants de Palpatine.
Une fois qu'Obi-Wan bifurque dans un coin, et se met à courir. Le silence s'infiltre en lui comme de l'eau douce sur une langue sèche, et avec lui gonfle la Force, soulageant ses membres fatigués comme il traverse les couloirs vides. Son manteau est resté entre les mains de son maître- mais peu importe. Il change de direction à chaque fois qu'il détecte un être sensible qui s'approche, il danse à travers le labyrinthe jusqu'à ce qu'il glisse sur le marbre comme un caillou dans l'eau, sort des murs du palais et-
La vue des jardins royaux de Naboo lui coupe le souffle.
Les trois lunes de la planète dérivent sur les eaux limpides en dessous, le dernier morceau de ciel bleu resplendit dans l'eau, bordé de diamants. Leurs formes différentes ne comptent pas- chacune d'elle est un cristal de la Force Vivante, qui concentre leurs rayons brillants sur la face de Theed. Obi-Wan pense, hébété, que les Naboo ont construit leurs maisons avec cette pierre rare ocre juste pour que les trois lunes habillent la ville d'or et d'argent.
La Force est tellement limpide ici, que lorsque Obi-Wan émerge de l'ombre de la dernière arcade, elle couronne son front en un cercle de lumière étoilée et change ses tuniques crèmes rugueuses en ivoire filée de soie. A moitié dans un rêve, Obi-Wan se promène dans un paradis de la Force, il foule l'herbe à la rosée cristalline et effleure la brise avec ses doigts. L'air est composé entièrement de lumière qui ruisselle des trois lunes - un événement très rare, célébré avec un festival parmi les Gungans, se souvient-il. A son passage, un oiseau se fond dans le ciel, le battement de ses ailes dans l'air se dissipant dans la Force vivante.
Avec des pas respectueux, Obi-Wan traverse les chemins tranquilles, ses bottes silencieuses sur le gravier, le sable et la terre. En quelques foulées, il atteint le bord, où une balustrade en marbre polie est tout ce qui le sépare d'une chute vertigineuse vers les eaux indigos en dessous. La balustrade se redresse en boucle pour former un petit balcon qui donne sur le tonnerre rugissant des cascades. Les eaux souterraines doivent circuler dans les jardins ici, émergeant sous le surplomb de la balustrade et tourbillonnant vers la mer en contrebas.
Ses doigts trouvent le bord du marbre avec facilité, et Obi-Wan se retrouve perché sur le bord du monde, avec le vent chuchotant derrière lui, le manteau tournoyant de la nuit au-dessus, et le grondement de la cascade en dessous. Sans trop savoir pourquoi, sa pierre de rivière est placée devant ses jambes croisées et sa flûte sort de sa manche comme une arme élégante de son fourreau.
Obi-Wan regarde la lune frapper la pierre de rivière, prend une grande respiration, et commence à jouer.
Le temps lui-même semble se figer lorsque la première note de la mélodie surgit dans l'air, comme un perce-neige formée dans la tempête. Il ne reconnaît pas vraiment la mélodie, Obi-Wan se sent comme s'il ne la jouait pas, mais l'écoutait. La chanson est partout, tout comme la Force. Les étoiles sont ses notes, et le vent son violon. Sa musique est le rire du ruisseau qui serpente à travers les lames d'émeraude derrière lui, elle est le tonnerre du torrent déchaîné sous ses pieds, la lumière des étoiles dans ses cheveux, les lucioles qui se reflètent dans des mares de rosée et les trois lunes sont des tambours triplets qui dansent au rythme de sa chanson. Et surtout, il est la Force, mais la Force n'est pas avec Obi-Wan, ou en lui.
Obi-Wan est la Force, parce que la Force l'écoute aussi. Et il choisit de danser sur la musique des sphères.
Alors que ses notes de flûte tourbillonnent à travers le jardin comme des feuilles irisées, de nouveaux boutons de fleurs Rominaria poussent à travers la terre de rosée humidifiée. Les jeunes arbres courbés se redressent avec une nouvelle vitalité alors que les flots de la Force Vivante traversent ses veines. Les Jedi sont le cristal de la Force- mais Obi-Wan ne concentre pas simplement la lumière- il est un conduit pour elle, une seule étoile d'azur parmi les milliards qui s'enflamment à l'unisson dans la galaxie. L'afflux d'incandescence est si forte en lui que, durant un moment, il craint de se briser comme un cristal d'holocron et de perdre toute notion de lui-même- mais il laisse la peur s'en aller, comme il le fait avec chaque émotion, sauf une joie pure, non diluée.
Et peut-être que les feuilles frissonnent sur la flûte dans la lumière des étoiles, mais Obi-Wan ne voit pas- ses yeux sont fermés et son monde n'est que Lumière, alors pourquoi aurait-il remarqué la luminescence rougeoyante de sa pierre de lumière qui dérive sur un crescendo de notes ?
Mais peu importe.
Obi-Wan ne parle pas à la Force ce soir. La Force écoute comme il chante.
Et quand la mélodie vacille enfin, Obi-Wan libère la chanson méconnue dans un long soupir silencieux et ouvre les yeux.
Le jardin est immobile tout autour de lui, l'air silencieux. Même le grondement de la cascade semble s'être arrêté.
Et pourtant, la mélodie résonne encore dans la pierre de lumière alors que ses doigts effleurent sa surface lisse. Donc, la pierre est un navire, un aimant pour la Force, et sa flûte est le conduit qui la remplit. Et Maître Qui-Gon avait dit que c'était une simple pierre !
Obi-Wan sourit.
OoOoOoO
Qui-Gon se tient immobile dans la voûte d'entrée des jardins, son cœur se serre dans sa poitrine alors qu'il attrape les fils effilochés de la mélodie. Comme le souvenir d'un rêve, les notes lui échappent, mais la paix l'enveloppe, aussi sûre que le manteau autour de ses épaules. Il vient de réaliser quelque chose tout comme il ne peut pas atteindre et toucher la musique, il ne peut pas toucher la Lumière qui coule à travers son apprenti, qui est son apprenti.
Qui-Gon ne peut pas toucher la Lumière, pas comme Obi-Wan le peut.
La Force vivante le console, mais elle ne fait pas la distinction entre l'Unificatrice et la Vivante avec son padawan. Il n'y a pas de passion, il n'y a pas d'émotion, il n'y a rien, sauf la Force. La paix et la sérénité ne sont que des cailloux le long du chemin d'Obi-Wan parce que la Force est toujours présente en lui. Même si la République et sa civilisation devaient sombrer, même si les Sith renaissaient, Obi-Wan continuerait à briller aussi brillamment qu'une étoile qui vient de naître. Les Jedi sont forgés sous forme de cristaux de Force, certes. Mais Obi-Wan fait partie de la forge elle-même.
Qui-Gon prend un moment pour rire tranquillement, car il semblerait que la Force Unificatrice ait choisi de lui murmurer un autre de ses petits chuchotements. Elle lui souffle qu'Obi-Wan ferait un excellent maître, une fois anobli.
L'entendant, Obi-Wan regarde d'abord son maître, puis les lunes au-dessus. Il se fige d'horreur, calculant- à juste titre- que l'heure s'est écoulée bien après minuit, l'heure fixée à ses pérégrinations.
« Padawan » appelle Qui-Gon.
Obi-Wan s'arrête devant son maître et salue profondément, s'excusant pour son retard, ses joues prenant une belle couleur pourpre.
« Petit » réprimande gentiment Qui-Gon. La tête de Obi-Wan se lève brusquement, son regard est un mélange amusant de surprise et de prudence. Son maître esquisse un sourire ironique. « Tu as bien fait. Très peu de padawans sont en mesure de se fondre en partie dans la Fore comme tu viens de le faire. Je n'ai pas l'intention de te punir ce soir » Ses doigts se déplacent de leur propre gré- et un instant plus tard, les plis volumineux de son manteau se posent sur les épaules d'Obi-Wan. « Pense à apporter ton manteau la prochaine fois que tu décides de visiter les jardins, fripouille » dit Qui-Gon, masquant son affection avec humour. « Les nuits sur Naboo sont plutôt fraîches »
Obi-Wan s'agrippe au tissu chaud avec reconnaissance, et sent la main de son maître se poser sur son épaule, comme ils retournent ensemble à leur chambre.
J'espère que vous avez aimé ^^ Personnellement, le passage entre Obi-Wan et Padmé était mon préféré, elle est tellement mignonne.
A bientôt pour la suite !
