Voici mon petit dernier, que j'ai eu du mal à poster d'ailleurs! (non non pas à cause du site... qu'elle flemmarde je fais - -' )
Enfin bref...
Merci à tous pour vos reviews qui m'ont fait super plaisir!! Et merci à ceux qui lisent ces OS!!
Lettre souvenir
"Tokyô, le 30 mars 2008
Kyo,
Depuis combien de temps ne nous sommes nous pas vu? Tes passages à Tokyô,qui auraient été de véritables bols d'air pourmoi, se font de plus en plus rares. Trop rares. Je compte sur les doigts d'une seule mains tes venues chaque année. Et quand tu viens, tu ne te montres pas à moi...
Bien sûr, je n'attends aucune réponse de ta part. Ce serait trop beau d'espérer. Et cela me rendrais triste d'y penser.
Mes lettres sont bien plus nombreuses. Une toutes les semaines. Mais je n'ai pas le courage de venir, de me déplacer, de peur de te trouver avec une autre... comme avant. C'est au dessus de mes forces. Je ne veux pas y songer.
Récemment, l'une de mes amies m'a conseillé de parler de ce que je ressentais, de ce qui s'était passé. Car vois tu, je n'ai jamais pu reprendre le cours des choses, exactement comme avant. Alors je suis désolée de t'ennuyer ainsi, mais je ne veux en parler à personne d'autre que toi. J'ai décidé de l'écrire, ça me fera du bien. Et peut être puis-je espérer que tu me comprendras un peu, toi qui connais l'histoire par cœur. Car toi aussi, tu en étais un personnage central.
Tu ne vivais pas à Tokyô, tu n'étais pas un habitué de ce bar et nous n'avions rien en commun. J'étais Tokyoïte, habituée de cet endroit où je pouvais tout oublier et employée de bureau dans une grande compagnie. Rien ne nous liait. Ni un subtil détail invisible, ni le fameux fil rouge du Destin.
Ce jour là, je me souviens avoir passé la pire des journées. Le matin, dans le métro, un pervers m'avait pelotée sans vergogne. J'ai crié, bien sûr. Que pouvais-je faire d'autre? Le frapper? Je serais assurément passée pour l'agresseur. Mais les gens sont si étranges, parfois. Peut être toi plus que d'autres, mais ça, c'est différent. J'étais la victime dans l'histoire, mais ils ne voulaient pas être dérangés, ne voulaient pas prendre part à cette affaire dont ils n'avaient que faire, alors ils m'ont regardé, m'intimant silencieusement de subir calmement.
Au bureau, j'ai repoussé les avances du patron. Il l'a mal prit évidemment et j'ai eu du sale boulot toute la journée. J'étais stupide paraissait-il. Depuis quand une employée osait-elle rester honnête et sérieuse? Je ne demandais rien, juste à faire ma journée et j'étais motivée. Cet homme avait tout gâché.
Le comportement si antagoniste des gens m'exaspère tellement... Pas un n'est là pour rattraper l'autre.
J'avais pris l'habitude d'aller au bar, le soir. Un petit bar tout tranquille, l'Eden Hall. L'ambiance y était bonne, le barman excellent. Ici, j'oubliais tout. Et c'est là que l'on s'est rencontré.
Toi tu étais assis tout au fond, dans un coin un peu sombre. Mon attention ne t'était pas vraiment acquise. Je me suis installée à ma place, trois tabourets à partir de la gauche, au comptoir. Il m'a servi un Martini, je n'avais plus besoin de préciser, il le savait. Ce cocktail est mon préféré. Mais ce soir là, je n'ai pas fait attention...et j'ai trop bu. Je ne me rappelle pas très bien ce qu'il s'est passé, juste que je suis venue te parler et que ton regard rouge m'a subjuguée.
Et au lendemain, tout recommença. Dans le métro une main indélicate caressa mon bassin,assouvissant ses plus bas instincts, tentant doucement de passer sous ma jupe. Cette main perverse était rêche et rude. Je me souviens comme le dégoût de rencontrer de tels hommes m'a prit, d'un coup.J'étais agacée. Mais que fallait-il faire si crier n'était pas la bonne solution? Si je disais quelque chose, on me dirait de me taire et il continuerait. Si je ne disais rien, il continuerait et je subirais. Au final, cela revenait au même. Alors qu'elle était la meilleure solution? Je ne savais pas. Mais tu l'as trouvée pour moi. Je m'en rappelle bien. Tu lui aempoigné le bras et quand je me suis retournée, tu lui disais haut et fort qu'il était lâche de se cacher. Et comme exemple, je me rappelle que tu lui avais montré comment faire. J'en rougis encore tu sais. Devant tout le monde, tu m'as agrippé et tu m'as touché comme personne ne l'avait fait.Jamais. Mais avec toi, c'était différent.
Et tu te souviens comme après on se voyait régulièrement? Tu n'étais peut être pas parfait. Tu buvais et tu bois toujours je suis sûre. Tu fumais, tu étais arrogant... mais tu étais honnête. Tu voulais me faire la même chose que les autres mais tu t'y prenais autrement. Et Ô qu'est-ce que tu avais la main. Je m'en souviens.
Mais un jour, je t'ai trouvé avec cette femme... dans le lit même où d'ordinaire je prenais moi même place... et j'ai pleuré, Kyo, j'ai pleuré.
Tu n'as pas cherché d'excuses, tu ne m'as pas rabaissée devant cette intruse. Tu m'as juste regardé en te demandant que penser.
Le lendemain, tu disparaissais.
Il ne me restait que mes yeux pour pleurer et mon chagrin pour continuer mon chemin.
Il y a quatre ans de cela maintenant et ma vie a repris son cours. Mais je n'ai pas oublié et je n'oublierais pas. Parce que peu importe ce qu'il s'est passé, je suis toujours amoureuse de toi.
Je n'ai pas d'adresse alors comme toutes les autres, cette lettre va finir dans l'un de mes placards. Juste à côté de là où tu rangeais secrètement ton Sake. Mais Kyo, tu sais, ça m'a fait du bien d'en parler, même si tu ne me liras jamais.
Je peux continuer à avancer et espérer qu'un jour nous pourrons de nouveau nous rencontrer. Je te crierais dessus, Kyo, mais prend le comme un « je t'aime », car peu importe ce que je te dirais, cela voudra seulement dire que tu m'auras beaucoup manqué.
Ta Planche à pain"
Assis par terre, adossé au meuble, un homme replia la lettre. Il était arrivé le matin et s'était naturellement dirigé vers cet appartement. Ses pieds le menaient là car il s'y sentait bien, c'était seulement ça. Il avait toujours gardé sur lui le double de la clé, mais il n'avait jamais su pourquoi. Les lieux lui avaient rappelé beaucoup de souvenirs et comme pour se prouver que rien n'avait changé, il était allé vers sa planque à Sake. L'y attendait là un tas de lettres empilées à côté d'une bouteille. Une à une, il les déplia.
Yuya rentra chez elle. Cette journée avait été la pire de sa vie. Encore. Mais cette fois, Kyo ne serait pas là. Elle mit la clé dans la serrure mais la porte était déjà déverrouillée. Entrant prudemment elle marcha sur la pointe des pieds jusqu'au salon.
Son sac tomba au sol.
Ses clés tintèrent en s'écrasant sur la pavé.
Et elle cria.
« Toujours aussi bruyante... »
« ...toi aussi, tu m'as manqué, Planche à pain »
