Chapitre 6- l'univers parallèle

De toute évidence, le TARDIS n'aimait vraiment pas ce que le Docteur lui faisait, mais ça ne pouvait être pire que le crash à Cardiff. Ils finirent par atterrir... brutalement et toutes les lumières s'éteignirent.

« Je suis désolé Sexy, mais nous n'avons pas le choix, dit le Docteur à son vaisseau.

- Sexy ? ricana Sam.

- Pas de commentaire ! l'avertit le Docteur, légèrement irrité de s'être échappé à propos du nom.

- Bah c'est pas pire que Bébé, le nom de l'Impala à mon frère. En fait, vous avez un point en commun lui et vous : vous caressez et dorlotez votre véhicule comme si c'était votre amante.

- Ah, la ferme !

- Sexy est une fille, je présume.

- Tous les TARDIS sont des entités féminines et ce n'est pas moi qui ai décidé de ça.

- Non, c'est sûrement les Seigneurs du Temps masculins.

- Non, ce sont vraiment des entités féminines. Ce sont des créatures, je vous rappelle pas des objets.

- Elles ont une forme physique authentique ?

- Oui à la base elles sont une sorte de coraux. Il y a des mâles, mais ils meurent après la reproduction, ne restent que les femelles.

- Vous les domestiquez depuis longtemps ?

- Ce n'est pas de la domestication. Nous développons un lien psychique avec elles, c'est très compliqué. Bon, laissons la récupérer nous avons une personne à trouver.

- De la façon dont vous en parlez, vous ne semblez pas apprécier cette personne, remarqua Sam.

- Pas vraiment, mais nous avons besoin de lui.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Sam, remarquant les zeppelins argentés dans le ciel.

- Monde parallèle, les choses sont un peu différentes.

- Mais on est sur Terre ?

- Sur Terre au 21e siècle à Londres, oui, mais dans un monde parallèle.

- Donc, en sommes, j'ai vu une autre planète, une autre époque et une autre dimension.

- C'est pas si mal !

- Il manque un monde futuriste.

- Ça pourrait être notre prochain arrêt, si on survit. Allons-y!

- Comment va-t-on le trouver ? Vous avez son adresse.

- Non mais je vais sentir sa présence. »

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Après environ une heure de recherche, sans succès, le Docteur loua une voiture pour se rendre en banlieue de Londres et là, il sentit sa trace. Ils s'arrêtèrent devant un immeuble à logements luxueux et frappèrent à une porte. Sam écarquilla les yeux, l'homme qui leur répondit ressemblait en tout au Docteur, en dehors de ses vêtements plus décontractés.

« Va t'en d'ici, lui répondit l'homme en question.

- Je veux te parler, dit le Docteur.

- Pas moi, dit l'autre en refermant la porte, mais le Docteur l'en empêcha.

- Quelque minutes, John s'il te plaît.

- Tu crois que je m'appelle John ?

- C'est le nom que j'aurais choisi, John Smith.

- Je me débarrasserai donc jamais de toi ! Entre, quelques minutes seulement, » concéda John.

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L'appartement était luxueux et Sam se dit que ce mec n'était certainement pas pauvre. Il n'imaginait pas le Docteur pauvre, de toute façon, avec l'intelligence qu'il possédait, mais d'un autre côté, il ne semblait pas très attiré par la richesse.

« C'est beau chez toi, lui dit le Docteur.

- Viens en au point, je t'en prie.

- Où est passé ta courtoisie ?

- Pour toi je n'en ai aucune, mais peut-être que ton ami veut quelque chose, vous êtes ?

- Sam Winchester.

- Bien, moi c'est Jonathan Phillips, enchanté.

- Quel nom atroce ! Pourquoi pas John Smith ? répliqua le Docteur.

- Ça fait trois fois que je change d'identité John Smith, Martin Baker et Jonathan Phillips.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es soit menteur soit ignorant, ou un mélange des deux. Voilà pourquoi.

- Tu pourrais être plus explicite ? je ne te suis pas du tout.

- OK, tu es ignorant donc. Tu sais l'âge que j'ai ?

- En pratique, autour de 5 ans.

- 136, idiot.

- Quoi ?

- Tu m'as abandonné dans cet univers avec Rose en nous disant que nous allions vieillir et mourir ensemble. Non seulement tu nous a envoyé en 1908 au lieu de 2008, mais en plus, Rose et moi n'avons même pas vieillit ensemble, elle a vieillit seule. Nous étions ensemble, nous nous sommes mariés et nous avons eu des enfants et des petits enfants, mais elle ne m'a jamais aimé comme je l'aimais. C'était toi, ça toujours été toi. Elle t'a attendu toute sa vie, espérant, qu'au moins, tu viennes nous rendre visite et nous amène à la bonne époque, mais tu n'es jamais passé. Entre temps tu t'es régénéré et tu nous a probablement oublié. J'ai tout fait pour la rendre heureuse. Je suis resté avec elle jusqu'à la fin, même si éventuellement elle avait l'air d'être ma mère plutôt que ma femme. Nous nous cachions pour nous voir. Pour mes enfants, j'ai dû faire une mise en scène de ma mort. Aujourd'hui, mes enfants sont morts de vieillesse, il nous reste un petit fils quelque part, c'est tout.

- Jonathan, je ne savais pas.

- C'est ce que je disais, un ignorant.

- Pour moi ça fait juste 5 ans et comment j'aurais pu savoir ? Il n'y avait jamais eu de métacrisis avant toi.

- T'aurais dû y penser. J'ai de l'ADN Seigneur du Temps dans la moitié de mon génome. Tu croyais vraiment que j'allais vieillir au même rythme qu'un être humain !

- Je l'espérais... pour vous deux.

- Et aussi pour toi-même ! J'ai toujours été un embarras pour toi. Maintenant tu veux mon aide.

- Pas pour moi, pour Sam.

- Et tu ne peux pas l'aider ?

- Pas sans toi. Nous allons ouvrir un portail vers une autre dimension dans lequel son frère et un de leur ami sont prisonniers. Je vais y entrer, toi, tu as seulement besoin de la maintenir ouverte le temps que son frère et l'ami en question en sorte. Tu n'as rien d'autre à faire, Sam va faire le rituel approprié et tout. Tu vas être mon lien avec ce monde.

- Ouvrir une autre dimension ? De quelle genre de dimension tu parles ?

- Du genre le Vide.

- Tu veux que je t'aide à ouvrir le Vide et risquer une nouvelle invasion de Dalek et de Cybermen ? Tu es cinglé !

- Ça doit pas trop t'étonner, tu es moi.

- Je suis une partie de toi ! lui rappela bêtement Jonathan.

- 50% plus 900 ans de ma mémoire contre 136 de la tienne. Tu es encore très moi, que tu le veuilles ou non.

- Tu n'as pas idée d'à quel point je te hais.

- J'en ai une très bonne idée, oui. Rassure-toi c'est réciproque, je le fais pour Sam.

- Peut-être que je n'ai pas envie d'aider ton ami, tu as pensé à ça ?

- Oui, mais je sais que tu vas le faire. »

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Jonathan s'éloigna, Sam n'avait pas osé les interrompre. Il espérait que Jonathan les aide, même s'il ne voyait vraiment pas pourquoi il le ferait. Il ne comprenait toujours pas ce que Jonathan était. Une sorte de jumeau hybride du Docteur ou sa version dans cette univers ? une sorte de clone, une expérience scientifique ? Peu importait, tant qu'il acceptait de les aider. Ce qu'il fit d'ailleurs.

« Je ne mets pas un seul pied à cet endroit et si tu libères des Daleks ou des Cybermen et bien ce sera à toi de nettoyer pas à moi, l'avertit-il.

- Très bien, si je survis.

- Malheureusement, tu vas survivre. Je n'ai pas rencontré ta version future, mais je l'ai vue. Il est venu se perdre par ici quelque temps.

- Qu'est-ce qu'il voulais ?

- Je ne sais pas et j'en ai rien à faire. Je l'ai évité, c'est tout.

- Le temps peut être réécrit, c'est toujours possible que je meurs, tu sais.

- Très bien, j'irai peut-être visiter ta tombe une fois par siècle.

- C'est trop gentil. Alors Sam va t'expliquer le plan.

- Oui je préfère l'écouter lui plutôt que toi. Allez-y Sam, racontez-moi votre histoire. »

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Sam lui parla des léviathans qui envahissaient l'autre dimension. Il lui expliqua en détail la façon dont ils étaient parvenu à traverser et ce qu'il comptait faire pour récupérer son frère. Bien que très cynique envers le Docteur, Jonathan était aimable avec lui et intrigué par la supposée existence des anges et des démons, pour ne pas dire fasciné. Il avait beau ressembler comme un jumeau au Docteur, Sam pouvait percevoir son 50% d'humanité et pour lui, ça faisait une différence : son regard, sa façon de penser, de réagir, de bouger même. Après un moment, voyant l'heure, Jonathan commanda une pizza et lui suggéra de passer la nuit ici. Il voulait consulter ses ouvrages et savoir dans quoi il s'embarquait. Sam y vit également un vif intérêt pour le sujet, mais n'en fit pas la remarque.

« Toi va-t'en, je ne t'invite pas. Dit Jonathan au Docteur.

- Même pas pour la pizza ?

- Même pas. Il y a deux ou trois bananes trop mûres dans la cuisinette, prends ça et va attendre dans ton TARDIS. On a du travail à faire ici et ta présence me nuit.

- Bon, je me savais parfois bête et méchant, mais pas à ce point, avoua le Docteur.

- Dégage, » continua Jonathan. Le Docteur finit par obéir et quitta.

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Une fois le Docteur parti, Jonathan ne cacha pas son intérêt pour le monde du surnaturel. Il s'informa d'abord de la tâche qui l'attendait avec le plus de détails possibles, mais une fois la pizza arrivée, leur discussion changea quelque peu. Jonathan semblait vouloir tout savoir à propos des goules, des vampires, des loup-garous, des fantômes etc. Sans oublier anges et démons. Ils se partagèrent également quelques bières avec la pizza et les frites, ce qui rendit Sam un peu plus à l'aise. Ils n'allèrent pas vraiment plus loin, ils allaient ouvrir le purgatoire demain, ce n'était pas le moment de faire la fête.

« Pourquoi il dit que vous êtes lui ? demanda Sam, il s'était juré de ne pas demander ça, mais avec l'alcool...

- Parce que c'est malheureusement vrai.

- Vous êtes le Docteur de cette dimension ?

- Pas exactement. IL m'a enfermé dans cette dimension pour ne pas m'avoir trop près de lui. Jonathan lui raconta alors comment il était . Sam en resta hébété un moment.

- Est-ce ainsi que les Seigneurs du Temps se reproduisent ? finit-il par demander.

- Oh non, pas du tout ! Ma naissance n'est qu'un concours de circonstances, ou le destin, je ne sais pas. »

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La haine de Jonathan pour le Docteur était grande, ce n'était peut-être que de la colère accumulée depuis des années. Sam ne pouvait rien y faire et certainement pas se ranger d'un côté. Il comprenait la frustration de Jonathan, mais il n'avait pas la version du Docteur. Il pensa que si tout deux avaient pris la peine de se parler bien avant, ça n'aurait pas dégénéré. Cela lui rappela quelque peu les nombreux conflits qu'il avait eu avec Dean. Ça n'avait pas toujours été facile entre eux, loin de là, mais ils étaient arrivés à s'entendre donc, c'était sûrement possible pour ces deux-là. Ils avaient beau être à moitié la même personne, Sam les voyait comme des frères. Jonathan avait une chambre d'invité et Sam s'y endormi rapidement. Il fut réveillé par des éclats de voix. Le Docteur était revenu et tout les deux s'engueulaient.

« C'était la seule solution ! s'écria le Docteur.

- La solution la plus simple, tu veux dire ! celle qui t'arrangeait ! lui répondit Jonathan, sur le même ton.

-Tu sais que c'est faux. Donna était ma meilleure amie je te signale. Si j'avais pu faire quelque chose d'autre je l'aurais fait ! répliqua le Docteur, hors de lui. Sam ne l'avait jamais vu ainsi.

- C'était ma sœur de metacrisis, la seule bonne chose que tu m'as donné. J'aurais trouvé une solution !

- T'aurais rien pu faire de plus, j'ai fait tout ce que je pouvais.

- Tu n'as rien fait.

- J'ai envisagé toutes les possibilités.

- Tu n'as rien essayé.

- J'étais pressé par le temps.

- Pressé de te débarrasser de moi oui et de Rose par l'effet même.

- J'ai jamais voulu me débarrasser de Rose.

- Oui. C'était plus facile de l'abandonner avec ton clone que de lui avouer que tes sentiments pour elle avaient changés.

- C'est faux et tu le sais.

- C'est vrai et tu le sais. Ton problème c'est que tu es incapable d'aimer et je suis bien placé pour le savoir : JE SUIS TOI, mais j'ai appris à le faire grâce à mon ADN de primate, comme tu dirais. Tu es persuadé que tu peux toujours tout faire seul, que tu es invincible.

- Parce que c'est le cas.

- Ah oui ? Ça doit être pour ça que tu es à l'aube de te régénérer... encore ! Arrête de courir. Installes-toi quelque part, apprend à aimer quelqu'un, à vraiment aimer. Reste avec elle. Trouves-toi des amis, pas des passagers. Vois-les régulièrement, partage joies et peines avec eux. Regarde-les vieillir. Regarde-les mourir et après seulement tu pourras prétendre avoir choisi la solitude et la vie d'ermite. J'ai vécu plus que toi en un seul siècle, Docteur. »

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Le Docteur resta silencieux un moment, ce qui permis à Sam de pouvoir enfin intervenir. Il avait essayé à quelques reprises, mais les deux faisaient comme s'il n'était pas là. Ils finirent par le remarquer enfin.

« Je suis désolé d'interrompre cette charmante réunion de famille, mais l'éclipse est à 17 heures et il est déjà presque midi et rien n'est fait. Alors, s'il vous plaît.

- Désolé Sam, vous n'aviez vraiment pas à assister à ça, dit le Docteur.

- Tu as commencé, dit Jonathan

- Je m'excuse, mais tu as commencé...

- AH LA FERME VOUS DEUX! s'échappa Sam exaspéré. Ils figèrent un moment.

- Désolé, se reprit-il, gêné.

- Vous avez raison. Plus vite ce sera fait, plus vite je vais me débarrassé de lui, dit Jonathan

- Pareillement, » approuva le Docteur.

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Ils firent leur préparatifs en silence et vers 15 heures trente ils étaient prêts. Jonathan les laissa pour prendre une douche et manger quelque chose avant le rituel, même si Sam savait très bien que c'était une excuse pour s'éloigner du Docteur. Il s'attendait à ce que le Docteur dise d'autres remarques haineuses à l'égard de Jonathan, mais il n'en fit rien, son regard était distant. Il avait une bonne idée pourquoi.

« Hé, c'est correct. Mon frère et moi avons vécu pires engueulades. Nous nous sommes même battu à plusieurs reprises, mais nous nous aimons pareil.

- Nous en sommes presque arrivé là, mais il n'est pas mon frère Sam, il est moi, c'est pire.

- Moi je vous vois comme des frères.

- Non, ton frère ne connais pas tes secrets les plus intimes, ne devine pas tes pensées...

- Il les devine assez bien, mais c'est vrai qu'il ne connaît pas mes secrets intimes, mais pas loin. Il peut très bien me démolir s'il en a envie, il me connaît assez pour ça et moi de même.

- Vous êtes vraiment très proches.

- Oui, il m'a éduqué. Mon père n'était jamais là.

- Je suis désolé.

- Les anges trouvent notre relation malsaine.

- Pourquoi ?

- On est trop proches. On vit presque l'un pour l'autre, on a tout deux fricoté avec des démons pour sauver l'autre. Enfin, surtout lui, pour moi. Il s'est donné comme mission de me protéger. Ou plutôt, mon père lui a donné cette mission et il la fait encore, mais je n'ai plus besoin de sa protection. Enfin, pas comme ça. Il me voit encore comme un gamin, comme le petit frère à protéger, alors que je suis plus grand et plus forts que lui maintenant.

- De toute évidence, vous pouvez vous protéger seul. C'est agréable de voyager avec quelqu'un que je n'ai pas à surveiller ou protéger constamment. Lorsqu'on en aura terminé avec ce purgatoire, ce serait bien de voyager avec votre frère également. Peut-être qu'il aimerait ça.

- Il aimerait la planète du plaisir, ça c'est certain !

- Qui vous a parlé de la planète du plaisir ?

- Devinez ?

- Ah, Jack évidemment. Qui d'autre ?

- Il me trouve de son goût, je pense.

- Jack trouve tout ce qui est majeur et consentant de son goût, mais j'avoue qu'il a un faible pour vous.

- Il n'a aucune chance, je suis hétérosexuel.

- Il le sait probablement. Ça ne l'a jamais empêché de s'essayer, croyez-moi.

- Est-ce que vous croyez que ce serait possible que Jonathan et vous finissiez par vous entendre ?

- Ce n'est pas parti pour ça.

- Dommage, vous pourriez apprendre beaucoup l'un de l'autre.

- Peut-être un jour.

- Une heure avant l'éclipse, vous vous sentez prêt ?

- Pas vraiment, non. Je n'ai jamais fait ça.

- Moi non plus.

- Il reste une dernière chose à faire, Sam.

- Ah oui, quoi ?

- Je dois vous dire mon vrai nom, mais vous allez l'oublier après le rituel. Je ne pourrais pas vous le dire une autre fois, alors écoutez bien.

- Je ne peux pas prononcer ça ! s'affola Sam.

- Vous allez y arriver durant le rituel, ayez confiance. Et quoi qu'il arrive, faites le jusqu'au bout. »

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Jonathan était revenu. Sam avait commencé le rituel, et le vrai nom du Docteur lui vint sans qu'il ait eu à faire un effort. Il entendit le tonnerre gronder et sentit la terre trembler sous ses pieds. Les nuages étaient déchirés par des éclairs violents. La pluie martelait le sol. Le ciel était couleur d'encre, à l'exception de la pleine lune, rougit par l'éclipse. Elle semblais enfler et enfler. Bientôt, Sam reconnu l'horrible soleil malade de ses visions, mais il ne broncha sentiment de forte répulsion le frappa, mais il l'ignorait. Puis, ce fut une urgente envie de fuir, fuir le plus loin possible de cette horreur, il ne bougea pas.

Il entendit hurler le Docteur, ou Jonathan, il ne savait pas. Les deux Seigneur du Temps étaient l'un en face de l'autre, à quelques mètres de distance. Seul Jonathan avait eu l'instruction de se placer à cet endroit. Le Docteur s'était placé en parfaite ligne droite avec son alter-ego. Tout deux levèrent les bras et se touchèrent du bouts des doigts. Tout cela en parfaite harmonie, comme s'ils avaient pratiqué ce mouvement des centaines de fois. Une lueur dorée émanait de tout les deux, et se rejoignit au-dessus de leur tête, formant une sorte de tunnel lumineux.

La lune rouge s'assombrit davantage. On aurait dit qu'elle saignait. Sam sentit le sang se glacer dans ses veines et réprima difficilement un haut-le cœur. Une partie de la lueur dorée flancha un moment avant de se remettre à briller. Si les Seigneurs du Temps résistaient à l'attaque, il devait résister lui aussi. Il devait le faire pour Dean et Castiel. Il ne devait pas regarder les badauds affolés qui hurlaient de terreur au loin. Ne pas les imaginer en train de se tordre de douleur, pris de nausées et de crampes. Ne pas penser aux gens paralysés d'horreur.

La lueur dorée flancha encore un peu Tenez bon, ne me laissez pas tomber, tenta-t-il de leur communiquer par la pensées, même s'il n'était pas le moindrement télépathe. Peut-être était-ce un hasard, mais la lueur se remit à briller. Sam s'entendit hurler le nom de Dean puis de Castiel et finalement, cette étrange musique qu'était le vrai nom du Docteur. Ces trois mots franchirent ses lèvres sans même qu'il y pense et les deux Seigneurs du Temps les répétèrent machinalement.

Une brise à l'odeur infecte le prit à la gorge un moment. Puis, fut balayée par de violentes bourrasques de vent, venu de la lueur dorée qui s'était intensifiée. Elle devient aveuglante puis se dissipa avec le vent. La lune était toujours éclipsée, mais avait reprit sa taille normal. Quelque nuages passaient devant, arrosant le sol d'une pluie fine et tiède.