Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).
Note de l'auteur : Merci pour vos reviews. J'espère que tout le monde appréciera ce chapitre également. Pour ceux qui voulaient de l'action, le cours de DCFM s'anime un peu. C'est la première fois que j'écris un duel, donc dites-moi ce que vous en pensez pour que je puisse m'améliorer. Bonne lecture à tous !
Chapitre 11 : Weasley, Potter, Saven : chacun son talent
— Eh bien, Weasley, je ne t'imaginais pas aussi… commença Harry en se demandant quel qualificatif conviendrait le mieux.
— Directe ? tenta-t-elle, en baissant la tête.
— J'aurais dit "sexy", corrigea-t-il, l'occasion étant trop belle pour la rater.
En effet, son rougissement s'accentua encore à cette remarque, marquant un joli contraste avec la peau pâle du reste de son corps.
— Arrête, Potter. Je te rappelle que tu as une petite amie et que tu es censé me détester.
— C'est moi qui décide qui je déteste ou non. Et je dois dire que tu m'impressionnes, continua-t-il en marchant vers elle. C'était tellement brillant que je me demande pourquoi tu n'es pas à Serpentard. Et venant de moi, c'est un compliment.
— Ce n'était pas brillant, c'était stupide ! s'énerva-t-elle. Demain elle va dire à Ron que j'ai couché avec toi, et toute l'école va le croire !
— Il y a un moyen simple d'éviter ça. Un petit sortilège d'Amnésie au réveil, et elle sera certaine que tu es repartie quand elle s'est couchée. Elle ne se souviendra même plus que tu es venue ici.
— Tu ne peux pas faire ça ! C'est trop dangereux, elle pourrait perdre la tête. Tu ne te rappelles pas de l'histoire de Gilderoy Lockhart, il y a quelques années ? Il paraît qu'il est toujours à Ste Mangouste sans savoir comment il s'appelle.
— Tu vois une autre solution ? nargua-t-il, se tenant juste assez près d'elle pour pouvoir paraître menaçant s'il en avait envie.
— Je… je vais m'excuser, lui parler.
— Vu ce que tu lui as dit tout-à-l'heure, ricana-t-il, ça m'étonnerait qu'elle prenne le temps de t'écouter. De toute façon, je vais régler ça à ma manière.
— Et pourquoi, s'il-te-plaît ? s'offusqua-t-elle.
— Parce qu'on a bien vu ce que donnait la tienne. Je ne pense pas que ton intervention d'il y a cinq minutes ait vraiment arrangé les choses, si ? En plus, j'ai plus à perdre que toi dans cette affaire.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? s'intrigua la rouquine.
Harry soupira. Oui, il devait avoir surestimé Ginny Weasley, le simple fait qu'elle ait des remords pour ce qu'elle avait lancé à Granger montrait qu'elle n'aurait pas eu sa place à Serpentard. Il lui expliqua patiemment :
— C'est très simple, même pour une Gryffondor. Comme tu l'as si bien dit tout-à-l'heure, c'est moi qui aie une petite amie, et donc c'est moi qui passerait pour le méchant de service.
— Tu es toujours passé pour le méchant de service avec les filles, Potter, précisa-t-elle, ça ne t'a jamais dérangé.
— Peut-être, mais toi, tu passerais juste pour la dernière victime en date du pire salaud de Poudlard. Tu devrais supporter les regards désolés de toutes mes ex et envieux de toutes les autres filles de l'école, mais c'est tout.
— Et la Beuglante que m'enverraient mes parents quand Ron les aurait prévenus, tu la comptes dans quelle catégorie ? cingla-t-elle. J'ai autant à perdre que toi si la rumeur se répand que je couche avec toi, Potter.
Harry ne répondit pas. Il était vrai que la réputation de Weasley, à la réflexion, souffrirait au moins autant que la sienne d'une telle situation. Après tout, personne ne se faisait plus d'illusions sur son manque de morale à lui. Les seules personnes attristées seraient Cloé et Daphné. Weasley le contourna pour reprendre sa robe.
— Oh, Weasley, pourquoi te rhabilles-tu déjà ? Je croyais que Harry et toi n'aviez pas fini, se moqua-t-il en l'empêchant de passer.
— C'est vrai, nous n'avons pas fini de parler. J'espère que tu n'es pas trop déçu, je ne parlais que de ça, ajouta-t-elle avec un sourire narquois.
— Non, c'est juste que ça fait plaisir d'avoir quelque chose d'agréable à regarder après la visite de Granger, rectifia-t-il en la détaillant ostensiblement de la tête aux pieds –en passant par tout le reste, évidemment.
— Potter, combien de fois il faut te dire que ton petit numéro ne sert à rien avec moi.
— Je pense que si, glissa le Serpentard en lui mettant les mains sur les hanches.
— Lâche-moi, Potter, fit-elle d'une voix calme mais un peu tremblante, ou tu pourrais le regretter.
— Des menaces ? Et qu'est-ce que tu me ferais ?
La sixième année ne répondit pas, mais eut un sourire malicieux. Harry arqua un sourcil à cette vue, et elle lui répondit en lui rendant son étreinte :
— Peut-être que je te rendrais accro, qui sait ?
Harry, abasourdi, finit par s'esclaffer en entendant cela. Cette fille était vraiment forte. À voir comment elle gardait le contrôle d'elle-même, il pourrait presque croire qu'il n'avait aucun effet sur elle. Il la garda toutefois dans ses bras, trouvant très agréable la pression qui s'exerçait sur son torse à ce moment.
— Tu es aussi cinglée que tu es sexy, tu le sais, Weasley ?
— On me le dit souvent, pourquoi ?
— Parce que tu es probablement la seule et unique fille dans ce château, répondit-il en riant encore plus de sa remarque, toutes maisons confondues, qui ne profite pas de la situation présente pour me sauter dessus.
— Qui te dit que je ne vais pas te sauter dessus ? provoqua-t-elle encore une fois.
— Simplement le fait qu'il est plus facile de faire oublier une idée à quelqu'un quand cette idée est fausse.
Immédiatement, la Gryffondor s'éloigna de Harry et eut une mine coupable qui le fit ricaner. Il se rallongea, invitant la jeune fille à s'asseoir pour continuer leur conversation plus sérieusement.
— Bon, qu'est-ce qu'on fait ? entama-t-elle une fois assise et revêtue.
— J'avais bien une idée, mais elle aurait nécessité que tu ne remettes pas cette robe, plaisanta-t-il.
— Je maintiens qu'on ne doit pas lancer de sortilège d'Amnésie, c'est trop dangereux, poursuivit-elle sans prendre en compte son intervention.
— Je te repose la question, alors, as-tu une meilleure idée ? Sachant que t'excuser est exclu, elle en parlerait quand même à ton abruti de frère. Autant dire que toute l'école le saurait dans la minute.
— De toute façon, en y repensant ça m'embête un peu de m'excuser alors que je n'ai pas changé d'avis. Je suis sûre que Hermione le verrait tout de suite si je n'étais pas sincère.
— Tu n'as pas changé d'avis ? Tiens, c'est surprenant de voir une Gryffondor avec une fierté, fit-il mine de s'étonner. Tu es vraiment certaine que le Choixpeau ne voulait pas te placer à Serpentard ?
— Bon sang, Potter ! Arrête un peu de te moquer de moi et sois sérieux. On a vraiment un problème, alors essaie au moins de faire semblant de t'en soucier.
— Je sais déjà ce que je vais faire. Alors à moins que tu n'aies une autre solution viable à proposer, je ne vois pas en quoi je devrais m'inquiéter.
— D'accord, Potter, abandonna Weasley, mais s'il-te-plaît, fais attention quand tu lanceras ce sort.
Elle le regarda dans les yeux en disant cela, paraissant vraiment inquiète pour la jeune femme qu'elle avait presque agressée moins d'une heure auparavant. Harry hocha simplement la tête en réponse et elle se releva, retirant le sort sur la porte pour partir. Elle se tourna vers Harry et lui dit avant de quitter la chambre :
— Tu sais, c'est presque un plaisir de parler avec toi, quand tu ne fais ton Serpentard pourri, Potter.
— On aurait pu faire beaucoup mieux que discuter, si tu veux mon avis, mais le plaisir est partagé. Bien entendu, si tu parles de ça à quiconque, je nierai toute implication.
— Potter, si j'ai donné mon accord pour que tu jettes un sort à ma meilleure amie, ce n'est pas pour le dire à quelqu'un d'autre, fit-elle d'un ton las.
— On ne sait jamais, tu pourrais vouloir te vanter de m'avoir presque battu.
— Aucun risque, étant donné que je t'ai complètement battu, fit-elle avec un sourire parfaitement Serpentard du point de vue de Harry.
Harry se leva et fut près d'elle en quelques pas. Il replaça ses mains autour de ses reins et la serra contre lui sans lui laisser l'occasion de protester.
— Tu es vraiment plus amusante que la moyenne, Ginny. Repasse quand tu veux, surtout dans la tenue que tu avais en parlant à Granger. Normalement, tu seras bien accueillie.
— J'y penserai, si je n'ai vraiment rien d'autre à faire.
Il se pencha et l'embrassa sur la joue, en s'attardant beaucoup plus que nécessaire. Il la laissa ensuite repartir vers la tour de Gryffondor, ne regrettant pas une seule seconde de sa soirée. La Gryffondor n'était pas un cas complètement désespéré. Normal, se dit-il, c'est l'amie de Cloé. En revanche, il avait quelque peu besoin d'une douche froide. Weasley était vraiment trop attirante pour son propre bien. C'était d'ailleurs assez étonnant qu'elle ne s'en soit pas rendu compte.
De retour dans sa chambre, il décida d'aller voir Granger tout de suite. Il ne pouvait prendre le risque qu'elle se lève avant lui et n'aille raconter des histoires à n'importe qui. Il remit donc sa robe et sortit de sa chambre pour aller toquer pour la première fois à l'autre porte. Il prévoyait de lui lancer le sort d'Amnésie dès qu'elle ouvrirait, pour lui faire croire que Weasley était partie juste au moment où elle-même était allée se coucher. En revanche, Harry avait l'intention de faire une bonne action en lui laissant le souvenir de sa dispute avec la rouquine, histoire que celle-ci ait un peu plus la paix à l'avenir. Il devenait vraiment trop gentil avec le temps, à fréquenter autant de griffies.
Tout se passa comme prévu : Granger n'eut même pas le temps de lui demander ce qu'il voulait qu'elle était déjà stupéfixée. Harry se concentra alors pour effacer les souvenirs non souhaités. Il la ranima ensuite et retourna promptement se coucher. Il s'était décidément bien amusé pendant la soirée. Il avait presque oublié à quel point il aimait draguer des filles pour le simple plaisir de savoir qu'il leur plaisait. D'autant qu'avec Weasley, il avait trouvé à qui parler. Même s'il ne l'avouerait jamais à voix haute, et encore moins en sa présence, elle l'avait bel et bien battu au jeu de la séduction, ce qui ne lui était jamais arrivé.
Il devait s'être ramolli pendant les vacances. En plus, le fait qu'il sorte avec Daphné ne soulageait pas sa fierté, car elle s'était laissée faire avant même qu'il n'ait commencé à vraiment la draguer. Il ne voulait pas encore arrêter sa relation avec la belle Serpentard, mais il devait trouver un moyen de s'amuser un peu. Finalement, les soirées imaginées par Drago serviraient peut-être à quelque chose, songea-t-il en souriant. Il s'endormit sur cette pensée réconfortante.
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— Alors, Harry, comment s'est passée ta soirée ? Pourquoi est-ce que Granger te foudroie du regard depuis ce matin ?
C'était au milieu du cours de Sortilèges du lendemain, et les regards furieux de la Préfète-en-Chef, en plus d'intriguer Daphné, avaient eu le don de faire douter Harry de l'efficacité de son sort d'Amnésie. Même si, dans le fond, il n'avait rien fait de réellement répréhensible, il décida quand même d'occulter la fin de la soirée à l'attention de sa petite amie, et se contenta de lui raconter :
— J'ai eu une conversation intéressante avec elle et mini-Weasley hier soir. Enfin, je dis conversation, mais dans leur cas c'était surtout une dispute. En d'autres termes, le petit trio de Gryffondor se fait la tête grâce à moi, et Granger doit m'en vouloir un peu.
— Ah, si ce n'est que ça, c'est la routine, en fait. Et pour la fête de samedi, tu as avancé ?
— Oui, sourit-il victorieusement, j'ai le plaisir de te dire que je sors avec un génie. Ton idée a parfaitement fonctionné. Il suffira de préparer une liste de titres de chansons et des opareurs diffuseront la musique à un volume assez exceptionnel.
— On dit "haut-parleurs", Harry. Mais j'apprécie le compliment.
Le reste de la journée se déroula sans évènement marquant, entre devoirs et détente sur le terrain de Quidditch. Harry passa la soirée dans la salle commune des cachots, et ne revint que très tard dans ses appartements, vides à cette heure. Le mercredi aurait pu se dérouler de la même façon, si seulement Sirius n'avait pas appris pour le dernier cours de Runes. Bien entendu, cela ne constituait pas une preuve stricto sensu de l'implication de Harry dans sa mésaventure, mais cela avait ravivé sa honte, tout en confirmant les soupçons de tout le monde dans le château.
— Mr Potter, le réprimanda son parrain pendant le cours, plutôt que de discuter avec votre voisin, je vous prierais de bien vouloir suivre ce cours. Je vous rappelle que les duels sorciers sont une grosse partie de l'évaluation pratique des ASPIC.
Harry eut un hoquet de surprise. Avait-il mal entendu ou Sirius lui conseillait-il en effet de suivre des cours de duel ? À lui ? C'était à mourir de rire.
— Tenez, reprit son parrain, puisque vous vous croyez si doué que vous n'avez pas besoin de ce cours, venez ici participer à une petite démonstration. Nous allons faire un petit duel pour montrer à vos camarades les bases de ce que doit savoir faire un élève de septième année. Bien entendu, je ne me donnerai pas à fond pour ne pas envoyer d'élève à l'infirmerie.
Tous les Serpentard et même certains élèves des autres maisons –surtout des Sang-purs qui connaissaient réputation des Potter– regardaient le professeur avec ébahissement. En fait, comme toute la classe savait de quoi Harry était capable, tout le monde se demandait si Black n'avait pas perdu l'esprit.
— Eh bien, Potter, tu as peur ? Pourquoi tu ne viens pas te faire ridiculiser au lieu de rester caché au fond de la salle ?
Rectification, presque toute la classe savait de quoi Harry était capable. Apparemment Weasley n'avait pas compris que c'était plus à Sirius d'être effrayé. Le jeune Potter laissa apparaître son sourire en coin en se levant. Au moins, Sirius n'était pas idiot : il avait couvert ses arrières en prétendant ne pas y aller à fond. Il alla devant les élèves et, d'un coup de baguette, recula les premiers rangs pour faire de la place. Sirius fit en sorte qu'une estrade apparaisse pour que tout le monde puisse bien voir. Harry secoua la tête avec dépit, on aurait dit que le professeur pensait sincèrement avoir une chance contre lui.
— Tout d'abord, débuta l'ancien Maraudeur, il faut se saluer. Je vous conseille dans les duels non-officiels de ne pas quitter votre adversaire des yeux. Personne n'est à l'abri des coups bas.
Pourtant, alors que Sirius se contentait d'un vague signe de tête, son regard gris restant fixé sur son filleul, celui-ci fit une profonde révérence, son front touchant presque le sol. Pour bien rendre clair qu'il était parfaitement confiant, il ajouta même un petit commentaire personnel :
— Bien entendu, si on est assez sûr de ses capacités à bloquer un mauvais sort, on peut saluer réellement, sans faire semblant. Si vous voulez mon avis, ça fait toujours son petit effet sur l'adversaire. Ensuite, ajouta-t-il en levant sa baguette, s'appropriant du même coup l'animation du cours, les deux duellistes se mettent en position réglementaire. Puis le duel peut commencer. Je vous en prie, Professeur, lancez le premier sort.
— Votre excès de confiance vous perdra, un jour, Mr Potter.
Sirius débuta d'un éclair de Stupéfiction informulé que Harry dévia en agitant nonchalamment sa baguette. Patmol enchaîna ensuite avec une succession rapide de sortilèges simples, et Harry les géra de la même façon. Il n'avait toujours pas esquissé un seul mouvement en dehors de ses mouvements fluides du bras droit. Il appréciait particulièrement le maléfice de Déviation, très utile pour s'occuper des sorts faibles tout en ridiculisant l'adversaire. Quand Sirius s'arrêta finalement, voyant que Harry ne comptait pas montrer d'autre technique de défense, ses efforts pour se retenir faisaient perler un peu de sueur sur son front, et Harry le nargua, ne s'étant à aucun moment départi de son sourire :
— Ça y est, vous êtes échauffé ? À mon tour d'attaquer, alors ?
Sans attendre de réponse, Harry bougea enfin, n'utilisant plus sa baguette que pour lancer des maléfices offensifs, se contentant se sa souplesse pour éviter les ripostes de l'adulte, comme il évitait les Cognards sur son balai. Il tournait autour de sa cible, ne lançant un sort que quand Sirius baissait sa garde pour l'attaquer, ce qui lui permettait la plupart du temps de faire mouche. Quand il toucha son parrain à l'arrière du genou avec un léger sortilège de Découpe, après une dizaine de minutes d'affrontement, celui-ci grimaça et posa ledit genou à terre, conjurant un bouclier complet le temps de reprendre ses esprits.
Outre sa coupure, il semblait essoufflé et transpirait encore plus qu'auparavant. Harry, de son côté, profita de ce moment de répit pour récupérer le peu de souffle qu'il avait perdu. Ce duel, même s'il était d'un très bon niveau selon les critères des examinateurs des ASPIC et a fortiori selon ceux des élèves de début de septième année, était une plaisanterie à côté de ses entraînements avec son père, et était également bien moins épuisant physiquement qu'un bon match de Quidditch.
— Bon, professeur, si on en finissait à présent ? proposa-t-il. Je pense que les élèves doivent s'ennuyer de nous voir nous reposer. Si vous retiriez votre bouclier ?
— Puisque vous avez l'air pressé de terminer ce duel, Mr Potter, je pense que nous allons nous arrêter là. Retournez à votre place, le cours va reprendre. Vous n'oublierez pas de passer à l'infirmerie après le cours, on n'est jamais trop prudent.
Harry ricana à la pirouette de son parrain pour éviter de se faire humilier. Il remit sa baguette dans sa poche et retourna s'asseoir sous les regards admiratifs de ses camarades. Il venait quand même de se tirer d'un duel contre un Auror réputé sans une égratignure, à peine essoufflé qui plus est ! Au moins, il était sûr que plus personne ne mettrait ses talents en doute. Même Weasley semblait avoir la bouche clouée par ce à quoi il venait d'assister. Le cours continua sur le maléfice de Déviation que Harry avait utilisé au début.
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La rumeur sembla se propager rapidement, même pour Poudlard, car dès le déjeuner Harry croisa des élèves qui chuchotaient sur son passage. Il n'y prêta aucune attention et arriva le soir sur le terrain de Quidditch avec le reste de son équipe, pour le premier entraînement de l'année. Il fut particulièrement fier de ses choix quand il les vit tous voler. Ses deux batteurs se complétaient très bien : même si Crabbe restait plus puissant, Brian ratait rarement sa cible. Daphné semblait s'intégrer parfaitement au duo que formaient déjà Drago et Owen, réalisant des combinaisons qui ne laisseraient aucune chance aux gardiens adverses.
Mais la plus impressionnante était la petite Julia Saven. Du haut de ses douze ans, elle interceptait absolument tous les tirs des trois poursuiveurs. Qu'importaient l'angle, le tireur, la force ou l'effet qu'ils y mettaient, aucun but ne fut marqué durant l'entraînement. Jamais Harry n'avait vu Drago aussi impuissant à passer le Souafle dans les anneaux –sauf quand il était trop occupé à "discuter" avec des adversaires pour jouer, mais c'était un autre problème. Quand ils redescendirent tous au bout d'une heure, Harry s'approcha de la petite merveille pour lui parler :
— Eh, Julia ! C'était impressionnant ! C'est la première fois que je vois quelqu'un avec autant de talent que toi.
— Merci, fit-elle en rougissant timidement du compliment.
— Depuis combien de temps tu t'entraînes pour ce poste ? Parce que si c'est de naissance, je crois que Drago ne va pas s'en remettre, plaisanta-t-il.
— Mon père est… enfin il est moldu, et il était gardien dans une équipe de football. Je ne sais pas si tu connais ? Depuis qu'on est tout petit, continua-t-elle après le hochement de tête de Harry, il nous a appris à garder les buts. J'ai passé tout l'été à m'entraîner pour pouvoir être à l'aise sur un balai.
— C'est réussi ! Je ne sais pas si tu as une idée de ce que tu veux faire plus tard, mais si tu continues à pratiquer sérieusement, tu pourras sûrement intégrer une équipe professionnelle dès ta sortie de l'école.
— C'est gentil.
Alors qu'elle allait continuer, elle fut interpelée par son frère, dès son entrée dans les vestiaires :
— Julia, dépêche-toi. Il faut qu'on envoie une lettre aux parents. Je suis sûr qu'ils seront très fiers que tu sois amie avec le capitaine de l'équipe, ils en ont tellement entendu parler.
Son ton était sournois était sa sœur rougit violemment en se précipitant vers les douches des filles. Brian se tourna vers Harry en ricanant et lui dit d'un ton de confidence :
— Elle a oublié de préciser qu'elle voulait intégrer l'équipe juste pour pouvoir jouer avec toi et Drago. Et bien sûr, maintenant qu'elle a réussi et que tu lui fais des compliments, elle va s'imaginer qu'elle a une chance avec toi, donc fais attention.
— Je n'ai besoin de personne pour gérer les avances d'une fille de douze ans, Saven, cassa-t-il sans aucun humour.
Autant les deux Saven se ressemblaient, avec leurs cheveux blonds foncés et leur peau bronzée, autant il était évident au premier coup d'œil qu'ils ne s'entendaient pas très bien. Le frère parut surpris du ton employé par Harry, et n'essaya plus de lui adresser la parole de la soirée. Daphné révéla plus tard à son petit ami que le commentaire du batteur était dépassé depuis pas mal de temps. Il était simplement jaloux que sa sœur soit aussi proche de leur père, grâce à leur passion commune. Ils se rendirent ensemble aux appartements de Harry après dîner, et Daphné l'embrassa exagérément sur le seuil du tableau, juste pour gêner Granger et son petit ami –enfin, s'ils s'étaient enfin décidés à rendre officiel ce dont tout le château était déjà persuadé.
Une fois la brune partie, Harry se tourna vers les Gryffondor et eut un sourire en voyant le regard dégoûté que lui lançait Weasley. Il ne pouvait pas passer à côté de l'occasion :
— Ça fera une retenue pour toi, Weasley, tu n'as pas le droit de venir ici.
— Attends une seconde, Potter, s'étonna la jeune femme. Tu as dit l'autre jour que tu voulais bien que Ginny vienne dans la salle commune. Ne me dis pas que tu as encore changé d'avis !
Harry s'approcha des deux élèves assis devant la cheminée pour regarder le rouquin de plus près. Il fit mine d'être étonné et se tourna vers Granger :
— Je ne sais pas quel sortilège l'a touchée, mais elle est sacrément amochée. Dire qu'elle était plutôt séduisante avant, quel gâchis ! conclut-il sur un ton dramatique.
— Imbécile ! grogna Weasley en faisant des efforts visibles pour se retenir. Je ne suis pas Ginny, je suis Ronald, alors arrête de te moquer de moi !
— Ah, c'est bien ce que je pensais. Alors quel est le rapport entre le fait que Ginny ait le droit de venir et le fait que tu ramènes ton petit ami, Granger ?
— Tu veux dire que tu autorises Ginny à venir, mais pas son frère ? Pourquoi ?
Les deux Gryffondor semblaient sidérés. Harry, son sourire habituel aux lèvres, se détourna d'eux et alla vers sa chambre. Juste avant d'entrer, il les regarda, savourant d'avance la couleur qu'allait prendre le visage du rouquin. Sérieusement, c'était beaucoup trop facile de les provoquer.
— Réfléchis un peu, Granger, et je suis sûr que tu peux deviner toute seule. Qu'est-ce qu'a Ginny qui fait défaut à son frère et qui est susceptible de m'intéresser ? Ce n'est pas difficile, même pour des Gryffondor comme vous deux. Ta retenue se passera demain soir à huit heures avec Rusard, Weasley. Pas la peine de prendre ta baguette. Bonne nuit.
Sur ce, il les quitta et alla se coucher. Le lendemain, il profita du trou de son emploi du temps pour faire la grasse matinée, et ne se rendit aux cuisines qu'au dernier moment, quand il ne put plus faire autrement avant d'aller en Métamorphose. Lors du déjeuner, il fut accueilli par Daphné qui semblait avoir une nouvelle désopilante à lui raconter.
— Tu ne devineras jamais ce que Trelawney a prédit pendant le cours de ce matin.
— Depuis quand est-elle capable de prédire quoi que ce soit ? railla Harry.
— Elle ne l'est pas, et c'est ce qui est le plus drôle justement. En tirant ses cartes les plus puissantes, elle a conclu sans le moindre doute que ce week-end serait le plus propice au travail scolaire avant de longues années. Elle nous a tous conseillé d'en profiter pour prendre de l'avance dans nos devoirs. Tous ceux qui étaient invités à la soirée ont éclaté de rire.
— Ce n'est pas la première fois qu'une de ses "visions" est aussi drôle. Tu te souviens, en quatrième année, quand elle avait dit que Drago ne serait jamais en couple ? Je crois que je n'avais jamais autant ri que ce jour-là.
— En parlant du décoloré, s'enquit la jeune femme, où est-il ? Vous n'aviez pas cours ensemble ?
— Si, répondit Harry, mais il est parti de son côté pour, je cite, "préparer le terrain avec Lavande Brown". À mon avis, il n'a aucune chance avec elle avec tous les autres griffies dans les parages. Il ne pourra jamais se retenir de passer son temps à les insulter.
— Oui, surtout avec Finnigan qui essaie de sortir avec depuis plusieurs années, acquiesça Daphné.
— Vraiment ? fit son petit ami, soudain intéressé. Eh bien, maintenant je sais qui inviter la semaine prochaine, en plus de Brown et Weasley.
— Weasley ? s'étonna-t-elle. Tu invites cet abruti ? Tu veux la guerre.
— Non, sa sœur. L'occasion était trop belle pour la rater. Ça va démolir son pauvre frère.
Daphné ne répondit rien, il était l'heure d'aller en cours de Défense. Sirius continua à leur enseigner des sortilèges utiles en duel, mais ne commit plus l'erreur de faire participer son filleul. Les septièmes années de Serpentard passèrent ensuite la soirée à faire la liste des différentes chansons qui passeraient, rejoints en cela par Theo et Owen. Harry et le jeune Nott ne se parlaient toujours pas, mais ils s'ignoraient assez pour être assis autour de la même table sans s'entretuer. Finalement, ils se séparèrent tous vers minuit, contents d'avoir pu se mettre d'accord sur ce qu'ils écouteraient.
Le tant attendu samedi matin, Harry aurait été incapable de parler de la moindre minute de ses cours de la veille. Il avait été trop obnubilé par la fête, à se creuser la tête afin d'être certain de ne rien avoir oublié, pour prêter attention au babillage des professeurs. Il se leva donc nerveux, sans pouvoir rien faire d'autre que se remémorer encore et encore tous les détails de l'organisation. Il faudrait qu'il dise à Cloé de ne pas passer le voir ce soir, sinon elle pourrait attendre longtemps. Il y avait de longues heures de musique de prêtes, donc la soirée ne se terminerait sûrement pas avant les premières heures de l'aube.
Soudainement, il réalisa ce qu'il avait oublié et qui lui trottait dans la tête depuis la veille : il n'avait pas donné l'heure de rendez-vous aux invités. Il se dépêcha de se lever, certain que ce serait vraiment une longue journée. En effet, il passa toute sa matinée et une partie de son après-midi à chercher les six non-Serpentard qui devaient venir pour leur annoncer qu'ils étaient attendus à vingt-et-une heures dans la Salle-sur-Demande. Finalement, il s'écroula à côté de sa petite amie sur un canapé de la salle commune de Serpentard, entourés de ses amis qui discutaient oisivement.
— Drago, tu es au point pour la boisson ?
— Oui, ne t'inquiète pas, Dobby doit déposer les caisses à huit heures ce soir dans la Salle.
— Tu devrais te reposer un peu, Harry, lui conseilla Daphné. Sinon, tu vas arriver tellement fatigué à la fête que tu ne pourras pas en profiter.
— Je m'assure que tout est bon, et je vais faire une sieste, si ça peut te faire plaisir.
— Ce qui me ferait plaisir, c'est que je vienne faire cette sieste avec toi, le taquina-t-elle.
— Oh, pitié, pas de ça ici ! se plaignit Nott, parlant pour la première fois à Harry, même si c'était indirectement. Prenez une chambre.
— C'était l'idée, en effet, répondit Harry. Et tant que j'y pense, Theo, j'espère que tu n'as pas oublié notre accord. Il vaut mieux pour toi que je n'entende pas parler d'agression ce soir ou demain matin.
— J'ai bien compris, Potter. Tu m'as déjà vu désobéir à un de tes ordres ? Non, alors arrête de remettre ça sur le tapis sans arrêt.
— Parfait. Bon, je vais y aller, je dois ouvrir la salle et m'assurer que Misti n'ait rien à faire ce soir. On se retrouve dans une demi-heure dans mes appartements, Daphné ?
Bien plus tard ce jour-là, Harry se trouvait à l'entrée de la Salle-sur-Demande, attendant que les invités arrivent. La salle s'était surpassée et la décoration était encore plus magnifique que lors des derniers essais. La musique avait commencé à retentir pour les quatre Serpentard déjà assis sur les canapés, tandis que Misti attendait tranquillement les premières commandes derrière son petit bar. Il avait pu dormir en compagnie de sa petite amie, et était donc parfaitement reposé. Tous les éléments étaient réunis pour une soirée mémorable. Toute trace de nervosité avait donc disparu quand il sourit aux six étudiants qui tournèrent au coin du couloir :
— Mesdemoiselles et Monsieur, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à la première soirée inter-maisons organisée à Poudlard. Je dois dire que vous êtes toutes absolument ravissantes ce soir, flatta-t-il en faisant rougir quelques filles. Tu ne m'en veux pas si je ne t'inclus pas dans la description, Anthony ?
— Je pense que je peux te pardonner de ne pas me trouver ravissante, Potter, rit le Serdaigle. Mais merci quand même.
— Dans ce cas, si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer, s'inclina Harry en les laissant passer, la piste de danse est à vous et vous pouvez demander ce que vous voulez ou presque au bar. Misti est à votre disposition.
