Auteur : Kristen Hudson
Titre original : Slave Child
Traductrice : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.
Genre : Relation père/enfant SR/HP
Rating : T
L'Enfant esclave
Chapitre 11
Severus fit un pas hors de la cheminée du salon, en aidant Harry. Norie et Zan les attendaient impatiemment et dès que le garçon fut hors de l'âtre, ils s'agitèrent autour de lui, lui offrant de la compassion et voulant savoir comment il se sentait. Norie continua en demandant à Harry s'il avait bien toutes ses doses de potions et s'il voulait quelque chose à manger ou à boire, alors que Zan suggéra plusieurs fois qu'il pourrait vouloir s'allonger et se reposer un moment avant le dîner et si Harry était très fatigué ils pouvaient même lui apporter un plateau au lit.
Severus secoua légèrement sa tête, mais se tint tranquille. Il était persona non grata avec les elfes en ce moment et de toute façon, il comprenait qu'ils avaient été très inquiets et bouleversés par les blessures de Harry. Il en avait été lui-même affecté – et l'était toujours – et même s'il n'aimait pas être aux petits soins pour quelqu'un, il pouvait comprendre que Norie et Zan en aient besoin.
Harry leur assura qu'il allait très bien maintenant, mais il restait très calme et découragé. Norie et Zan ne semblèrent pas convaincus et Severus sentit sa propre inquiétude augmenter. Peut-être que s'ils lui donnaient un peu de temps pour se reprendre…
« Si vous êtes prêt, Harry, je vais vous montrer vos appartements, » dit-il et il traversa le hall. Quand il avait appelé les elfes par Cheminette un plus tôt, il leur avait demandé de déplacer les affaires de Harry qui se trouvaient dans la petite chambre éloignée, où il avait dans un premier temps mis le garçon, dans la suite en face de la sienne. C'était un ensemble de pièces beaucoup plus jolies et il serait plus facile de garder un œil sur Harry s'il était plus près de lui.
Harry se risqua à un rapide regard dans sa direction au mot 'appartements', mais il ne posa pas de question tandis qu'il suivait Severus en silence. À la porte de sa nouvelle suite cependant, il fit une pause et regarda autour de lui incertain de ce qu'il devait faire.
Ils se tenaient dans un salon spacieux, avec un petit sofa et deux ou trois fauteuils installés devant une large cheminée avec un manteau en pierre taillée. Le sofa et les fauteuils étaient écrus, avec des coussins marrons et vert sapin tandis qu'une chaude couverture de laine couleur ivoire et filetée d'or était pliée de manière ordonnée sur le dossier du sofa.
Dans un coin de la chambre, deux immenses fenêtres donnaient sur les jardins et la lande, baignant la pièce de la douce lumière du soleil. Des banquettes, habillées de coussins identiques à ceux des fauteuils, étaient installées devant ces fenêtres et un tapis fileté d'or recouvrait une grande partie du sol en pierre. Une généreuse bibliothèque et un bureau, d'un acajou brillant, étaient placés contre les murs et une petite table reposait entre le sofa et les fauteuils.
Une large porte en arche menait à la chambre à coucher, où un énorme lit à baldaquin était recouvert d'un moelleux édredon écru et d'oreillers marron et vert sapin. Il y avait une table de nuit du côté droit du lit et une grande armoire se dressait contre le mur. Une autre grande fenêtre prenait une bonne partie de l'espace sur le mur opposé et une petite porte dans un coin donnait à une salle de bain. La malle de Harry était posée au pied du lit et la chouette blanche sommeillait dans son cage sur le bureau.
Severus étudia discrètement le garçon, essayant de mesurer sa réaction face aux pièces, mais il n'arriva pas à savoir ce qu'en pensait le garçon. Il se racla la gorge. « Madame Pomfresh a dit que vous deviez continuer de prendre des potions pendant sept jours et que vous deviez également vous reposer. J'ai pensé qu'il pourrait être sage de vous déplacer un peu plus près de ma propre suite pendant que vous récupérez. »
Il hésita. Il avait prévu que ce soit un déménagement permanent, mais il s'était rendu compte que Harry pourrait probablement ne pas aimer qu'une telle décision soit prise à sa place. « Si vous le souhaitez, ces pièces peuvent être à vous dorénavant. J'aurai probablement dû vous les proposer dès le début. Mais si vous préférez votre ancienne chambre, alors vous pourrez y réaménager la semaine prochaine. C'est votre décision. »
Harry hésita aussi, avant de finalement donner un petit signe d'assentiment et dit calmement, « C'est un très bel appartement. Merci, monsieur. »
Severus se demanda si cela signifiait que Harry voulait rester ici ou s'il déménagerait dans la petite chambre du troisième étage une fois qu'il serait complètement remis, mais il ne voulait pas demander. Il se sentait déjà suffisamment mal à l'aise.
« Le dîner sera bientôt prêt. » Il observa Harry, se rendant compte que le garçon portait toujours son pyjama et qu'il semblait fatigué. « Comme Zan l'a dit, si vous ne vous sentez pas assez bien pour descendre, vous pouvez vous faire porter un plateau ici. »
Harry inclina la tête immédiatement. « Oui, merci. »
« Bien, je suppose que vous devriez vous reposer. Je vous apporterai votre potion avant le dîner. » Severus partit, ressentant d'étranges émotions l'envahir depuis qu'il avait accepté le fait qu'il pouvait avoir mal jugé Harry Potter… un mélange de soulagement de pouvoir échapper à la cause de son mal aise mais également de réticence tandis qu'il s'éloignait, de désir en voulant réussir à mieux connaître le garçon. Un léger élancement se faisait sentir également – qui n'était pas dû à la déception d'entendre que Harry préférait manger son repas dans sa chambre.
Norie et Zan attendaient dans le couloir, sans aucun doute pour s'assurer qu'il n'allait pas maltraiter leur précieux Harry. Norie le fusilla des yeux et Zan lui lança un regard lourd de reproches.
Severus soupira pendant qu'il passait près d'eux pour retourner à sa propre cheminée avant d'utiliser le réseau de Cheminette pour se rendre à son laboratoire. Ce n'était pas un bon endroit pour échapper à sa culpabilité, mais il devait mettre en bouteille une partie de sa potion de Restauration de Tissu et s'assurer qu'il avait tous les ingrédients pour brasser des potions pour Réduire la Fièvre et de la Pimentine. Poppy l'avait averti que Harry serait vulnérable aux coups de froids et autres maladies hivernales. Severus voulait être prêt à donner au garçon tout ce qu'il aurait besoin dans un tel cas.
Norie et Zan entrèrent dès que Rogue fut parti.
« Maître Harry, chéri, est-ce que vous vous sentez vraiment bien ? » Norie le dévisagea anxieusement.
Harry essaya de sourire pour la rassurer. « Oui, Norie, merci. Je me sens bien mieux maintenant. Je suis juste fatigué. »
« Nous vous laissons vous reposer alors, mais vous devez nous appeler si vous avez besoin de quelque chose, » lui indiqua Zan.
Cette fois le sourire vint un peu plus facilement. « Je le ferai, merci, » leur répondit Harry.
Les elfes partirent, semblant tous deux peu disposés à le laisser et Harry en ressentit une petite sensation de chaleur. C'était agréable de savoir qu'ils s'inquiétaient pour lui.
Il examina de nouveau sa suite, pas vraiment sûr de savoir quoi en penser. C'était de belles pièces, plus belles que toutes les chambres qu'il avait connues. Elles étaient encore plus belles que les dortoirs de Gryffondor et définitivement mieux que tout ce qu'il avait eu chez les Dursleys. C'était drôle, parce que même s'il avait su lorsqu'il avait eu onze ans qu'il était l'héritier de toute la richesse des Potters, Harry ne s'était jamais imaginé vivre dans un endroit comme Prince Hall, dans des chambres à la fois grandes et sûrement confortables.
Mais cette suite l'obligeait à être plus près que jamais de Rogue. Les appartements du professeur étaient juste de l'autre côté du couloir. Il ne voulait pas d'un Rogue menaçant autour de lui, attendant de lui sauter dessus pour n'importe quelle petite erreur, réelle ou imaginaire.
Et que se passerait-il quand il aurait des cauchemars ? Parce que les cauchemars étaient inévitables et maintenant qu'il ne pouvait plus lancer de charmes autour de son lit, il était sûr de réveiller Rogue. Harry trembla à cette pensée… Un Rogue, bien plus terrible que d'habitude à cause de son réveil au milieu de la nuit, le voyant dans un de ses pires moments de faiblesse.
Mais cela s'était déjà produit, n'est-ce pas ? Il s'était réveillé de l'horrible vision de la mort de Sirius pour trouver Rogue assis à côté de lui dans son lit en train de lui parler tellement doucement que Harry n'était toujours pas sûr que cet instant avait été réel. Rogue lui avait-il vraiment parlé avec une telle voix, comme s'il était réellement humain au lieu d'un conard sans cœur ? Rogue pouvait-il vraiment lui avoir fait des excuses pour sa totale méprise au sujet du journal ? Et si oui, est-ce qu'il se pourrait qu'il ne soit pas aussi terrible qu'il le pensait si Harry le réveillait sans le vouloir une nouvelle fois ?
Non, mieux valait ne pas lui faire confiance, décida Harry après quelques minutes. Rogue pouvait avoir eu un moment de folie provisoire, mais il était toujours Rogue. Il avait dédaigné Harry pendant des années et ce n'était pas sur le point de changer. Rogue l'humilierait s'il avait l'occasion d'observer la faiblesse de Harry après un cauchemar et il le ferait de nouveau devant ses camarades de classe quand ils seraient de retour à Poudlard à la rentrée.
À moins que peut-être, s'il était vraiment chanceux et parvenait d'une façon ou d'une autre à détruire Voldemort cet été, il pourrait être avec ses parents et Sirius avant que l'école n'ait repris…
Mais quand avait-il été réellement chanceux ? Soupira Harry. Quelle chance avait-il de pouvoir détruire Voldemort cet été ? Il n'y avait aucun doute que le vieux Face-de-Serpent l'attaquerait s'il ne lui donnait que la moitié d'une chance, mais Harry n'avait aucun indice sur la façon de pouvoir battre le mage noir. Un jour il l'aurait. Un jour il gagnerait et alors il pourrait être libre, mais il avait toujours beaucoup à apprendre avant que ce merveilleux jour n'arrive.
Donc pour le moment, il ne pouvait pas laisser Rogue le surprendre pendant ses cauchemars, ce qui signifiait qu'il ne pouvait pas dormir. Ou du moins, il ne pouvait pas dormir la nuit avec Rogue de l'autre côté du couloir. Peut-être que pendant la journée, si Rogue étaient occupé ailleurs, il pourrait tenter de s'allonger et la semaine prochaine il pourrait retourner dans son ancienne chambre où il y avait assez de distance entre Rogue et lui pour que ce dernier ne soit pas susceptible de l'entendre crier ou pleurer la nuit. Il devait juste tenir jusque là. Ce ne serait pas facile, mais il pouvait le faire. Il l'avait toujours fait.
Harry se dirigea finalement vers Hedwige et l'a sortit de sa cage. Ce serai plus facile de ne pas s'endormir s'il pouvait la tenir dans ses bras et caresser ses plumes, mais elle dormait si profondément qu'il ne se sentit pas le droit de la réveiller quand elle était aussi paisible, juste pour ses propres raisons égoïstes. A la place, Harry décida de suivre le conseil que tout le monde lui avait donné et de se reposer un moment. Au moins il pourrait manger tout seul ici ce soir et il ne devrait pas manger avec Rogue avant demain matin.
Il alla vers son lit et s'allongea doucement sur le dos, la tête contre les oreillers. C'était aussi doux et confortable que cela lui avait semblé et après quelques secondes, Harry constata qu'il se détendait malgré lui. Il souhaita pouvoir dormir. S'il allait devoir rester éveillé toute la nuit alors il serait sûrement sage de tirer profit de chaque occasion de dormir qu'il avait. Mais il avait dormi durant une grande partie de la journée et il n'avait pas vraiment sommeil pour le moment.
Au lieu de cela il récupéra les enveloppes qu'il avait fourrées dans les poches de son pantalon de pyjama. Les lettres de Ron et de Hermione. Il ouvrit la première et commença à lire.
Une heure plus tard Harry se trouvait toujours sur son lit, entouré d'enveloppes et de parchemins. Il avait lu chacune des lettres de ses amis et réfléchissait à la meilleure façon de leur répondre sans leur dire qu'il était l'esclave de Rogue et qu'il devait vivre avec lui maintenant.
Il se sentit coupable de garder une telle monumentale nouvelle, mais il se sentait seulement incapable de pouvoir le dire déjà à quelqu'un, même à Ron et à Hermione qu'il aimait bien plus que n'importe qui d'autre dans ce monde. Savoir qu'il était un esclave le blessait juste trop. Il se sentait toujours brisé à l'intérieur de lui lorsqu'il y pensait. Ses amis devraient entendre parler de cela un jour, mais pas encore. En outre, il ne pouvait pas le leur dire pour le moment même s'il l'avait voulu. Dumbledore lui avait fait remarquer que les hiboux n'étaient pas assez sûrs.
Harry était si profondément perdu dans ses pensées qu'il sursauta en entendant un coup sur la porte avant que Rogue n'entre, en portant un plateau avec une assiette de nourriture, un verre de jus de citrouille et deux fioles de potion. Le professeur jeta un regard dépréciatif au désordre de parchemins se trouvant éparpillé sur le lit, mais ne dit rien à ce sujet.
« Le dîner est prêt, » annonça le professeur, plutôt inutilement pensa Harry. Sa voix sonna un peu guindée, mais non hostile. C'était le même ton qu'il avait employé pour parler à Harry depuis la nuit dernière et il était si peu habituel de la part de Rogue de ne pas sonner détestable que Harry ne sut pas vraiment comment y répondre.
Rogue s'approcha du lit pendant que Harry s'asseyait et il plaça le plateau devant lui. « Vous devrez prendre la potion de Restauration de tissu après avoir mangé. » Il fit un geste vers la fiole remplie d'un liquide orange. « Prenez l'autre avant d'aller dormir ce soir. »
Harry hésita, puis demanda. « Qu'est-ce que c'est ? Monsieur ? »
« Une potion de Sommeil sans Rêve. Elle vous permettra de dormir sans faire de cauchemars, » répondit calmement Rogue.
Pendant une minute, Harry le regarda juste fixement. Rogue faisait-il réellement quelque chose de gentil pour lui ? Non, il s'inquiétait probablement juste d'être réveillé au milieu de la nuit à cause de lui. C'était cependant un soulagement de savoir qu'il n'aurait pas à essayer de rester éveillé toute la nuit.
« Merci, » parvint finalement à dire Harry.
Rogue inclina la tête raidement. Il semblait mal à l'aise, sans pourtant faire un mouvement pour partir. Harry sentit sa nervosité augmenter. Rogue n'allait pas manger ici avec lui, n'est-ce pas ? Après tout, la seule raison qui avait fait prétendre à Harry qu'il ne se sentait pas assez bien pour aller à la salle à manger était d'éviter Rogue. Mais Rogue n'avait pas apporté d'assiette pour lui donc il allait sûrement partir et laisser Harry seul, n'est-ce pas ?
« Y'a-t-il autre chose dont vous avez besoin ? » voulut savoir Rogue.
Harry le fixa de nouveau, choqué, avant de faire un léger mouvement de la tête. « Non, monsieur. » Puis tandis que Rogue se retournait finalement pour partir, il se reprit, « je veux dire, oui, monsieur. »
Rogue se tourna de nouveau, le dévisageant attentivement de ses yeux d'obsidiennes. « Est-ce que vous vous sentez mal ? »
« Oh, non, monsieur. Je vais bien. Ce n'est pas pour ça. C'est juste que mes amis m'ont écrit. » Harry fit un geste pour montrer les papiers autour de lui. « Et je voulais savoir si je pouvais leur répondre. Je sais que je ne dois pas dire que je suis ici et tout, mais j'aimerai juste… leur répondre, » finit-il maladroitement, en se préparant au refus blessant de Rogue.
Mais le professeur sembla sérieusement considérer sa demande. « Vous savez que vous ne devez rien dire pour le sortilège ? »
Harry hocha la tête. « Oui, monsieur. »
« Je suppose que vous pouvez leur répondre alors, tant que vous vous en tenez aux généralités, » concéda Rogue. Puis il repartit, laissant Harry plus déconcerté et étonné que jamais.
A SUIVRE
Petit mot de la traductrice :
Rogue essaye d'être gentil et Harry ne sait plus où il en est… C'est pas gagné pour eux !
Bye, bye
