Bonjour/Bonsoir ~

Bonne Saint Valen-/SBART/ Ouais non, je me tais, j'aime pas cette fête. Même si j'me goinfre. Enfiiin passons, ma vie vous intéresse paaaas 8D

Alors. Là, c'est un truc que j'ai eu un peu de mal à faire, je l'ai repris plusieurs fois, mais je me devais de le faire correctement. Je vous spoile ? Noon. Mais j'y tiens, à ce chapitre. J'espère avoir rendu cette dizaine de secondes du film plus intéressantes, plus dramatiques. Et j'vais pas pleurer sur ce personnage ou j'vais tout vous casser d'un coup D8 *frustrée, très frustrée de pas pouvoir chouiner dans l'intro*

Ensuite. J'me suis auto mis une contrainte. 1000 mots. Tout rond. Pas un de plus, pas un de moins. Même si j'aurais pu en faire des tartines, c'est un passage rapide, il faut pas l'oublier. Et je vous jure qu'avec leurs tics de langage, c'est PAS SIMPLE. Ahem. J'vais arrêter mon blabla hein. Comme d'hab, Hong Kong, c'est Fai, et les nordiques qui font caméo, j'ai nommé Ice et Dan, c'est Nataniel et Johan. Les autres c'est officiel, like always.

Bonne lecture o/


« De la musique pour crever, on est genre en première classe, là ! »

Même dans un moment aussi critique, il fallait qu'il dise des conneries. Même dans un moment aussi critique, il y allait de sa petite blague. Même dans un moment aussi critique, il réussissait à le faire pouffer discrètement, les lèvres tordues en un demi-sourire. Il resserra sa prise sur le poignet de l'asiatique et continua à avancer vers la poupe du bateau qui s'élevait au dessus de l'eau. Le parquet était glissant, et ses mocassins de cuir le patinaient parfois. Ils passèrent devant l'orchestre, qui continuait de jouer une mélodie bien trop enjouée. Mais quelque part, les notes parvenant à leurs oreilles les rassuraient, ils étaient toujours en vie, pour entendre ça.

Des hurlements derrière eux. Le dernier canot s'était retourné, il avait chaviré. Ils n'avaient même pas essayé de monter dedans, c'était peine perdue. Leur seule chance, à présent, c'était de rester le plus longtemps possible sur le paquebot, et pour ça, il fallait monter, et vite. Faisant fi de tous les cris, les gens qui se montaient les uns sur les autres, ils avançaient, poussés par le seul désir de survivre. Mais un hurlement, pas plus fort que les autres, ni plus aigu, ni rien, juste une voix qu'il connaissait, sonna aux oreilles de Fai, qui s'immobilisa immédiatement.

« Laissez-moi aru ! » criait la voix

Pas de doute. Son cœur manqua un battement. Une perle de sueur descendit le long de sa tempe, les yeux écarquillés d'horreur. Nataniel lui jeta un regard paniqué, essayant de le sortir de la soudaine torpeur dans laquelle il s'était plongé. Pour toute réponse, Fai lui lâcha la main. Il se retourna et chercha du regard.

« Fai ?

_ Mon frère. Il est là-bas.

_ … Oh.

_ J'vais le chercher. Grimpe, je te rejoins.

_ Tu…

_ Grimpe j'te dis. Ne prends pas de risques, là, y'a Johan là-haut, rejoins-le. On arrive, genre.

_ O-Ok. Fais attention. Ne meurs pas, promets-le.

_ J'te le promets, on se retrouve après. »

Du bout des lèvres, il l'embrassa, avant de courir en arrière, dans la pente, qui l'aidait à dégringoler vers la surface de l'eau. Il n'avait pas de gilet de sauvetage, mais s'en fichait, il plongea dans l'eau glacée. Aussitôt, le froid le fit frissonner, ses jambes tremblaient violemment, sans qu'il puisse les contrôler. Il nagea malgré ça, progressant dans l'océan jusqu'au canot retourné auquel s'était accroché son frère.

« YAO ! » brailla-t-il, en arrivant à sa hauteur

Le dit Yao se retourna vers lui, ses yeux s'éclairèrent quand il reconnut son petit frère. Il ne l'avait plus vu depuis le début de la catastrophe, et était grandement soulagé de le voir en vie, même s'il aurait préféré le savoir dans un canot avec Yong Soo et Mei. Il attrapa le bras de Fai et l'attira à lui, dans l'espoir de le faire grimper sur l'épave du canot.

« Non, viens, il faut remonter sur le bateau, vite !

_ Il faut fuir, il coule le bateau aru !

_ Je sais, mais on n'irait pas bien loin, l'eau est genre glacée, il faut rester au sec le plus longtemps possible, viens ! »

Yao le dévisagea pendant une fraction de seconde, qui lui semblait être des minutes entières. Une fumée blanches s'échappait des lèvres tremblantes du hongkongais, qui tira son frère en arrière, le faisant lâcher le canot. Yao évoluait doucement, ralentit par son gilet de sauvetage le maintenant à la surface. Les gens qui s'agitaient partout autour d'eux ne les aidaient pas à regagner plus vite le paquebot. Fai le tirait en avant, nagea à l'aide de ses jambes tremblantes et de son bras libre. Un bruit d'acier, un grincement horrible, de quoi faire accélérer considérablement son pouls, plus vite, il fallait remonter.

« Fai ! On va pas y arriver aru !

_ Continue Yao, on y est presque, on va s'en sortir, j'te le jure ! »

Un autre bruit de métal tordu, une autre plainte du bateau à l'agonie, et les deux asiatiques redoublèrent d'effort pour se rapprocher du pont. Soudain, un des câbles se détacha, dans un claquement de fouet, suivit par d'autres. Tournant la tête à droite et à gauche, Fai comprit. Il comprit ce qu'il se passait, ce que retenaient ces câbles à l'air pourtant solide. Mais la pression était trop forte, et l'acier pas assez résistant, les attaches avaient cédé. Une sourde panique s'empara de lui, cependant, c'était trop tard.

Déjà, l'ignoble avertissement résonnait à ses oreilles, le clouait sur place, alors qu'avec des yeux ronds comme des soucoupes il regardait la cheminée, devant lui, pencher dangereusement. Sa prise sur le bras du chinois se resserra, il n'entendait plus rien, sinon le bruit de l'acier se tordant et se déchirant lentement, si lentement que c'en était presque irréel. Il n'entendit pas le cri suraigu que poussa Yao, paniqué par l'énorme masse d'acier qui s'approchait inexorablement de la surface de l'eau. Mais c'était trop tard, ils ne pourraient plus l'éviter, ils allaient se faire écraser, assommer, ils se noieraient.

Et, alors que la cheminée qui se détachait du Titanic allait lui fracasser le crâne, Fai ferma les yeux, ne cherchant même pas à se protéger, à quoi cela servirait-il ? Il attendit la mort avec amertume. Oh, il n'avait pas peur, mais il se détestait, à cet instant. A trop jouer les héros, il avait fait le con, et avait trahi les deux promesses qu'il avait faites ce soir-là.

« Pardon Nat, pardon Yao, pardon tous. »

Ce furent ses dernières pensées, la dernière chose qui traversa les méandres de son esprit, quand, serrant Yao contre lui, une douleur atroce le paralysa de part en part, ne laissant qu'un trou embrumé en guise de cerveau, ses poumons se remplissant d'une eau salée et glacée, le noir l'enveloppant à tout jamais, alors que sa main lâchait son frère, l'un à la surface, l'autre au fond de l'Atlantique Nord.