Bonsoir bonsoir ! Je reviens, sans retard, avec l'avant-dernier chapitre :) Malheureusement, il faudra attendre le prochain pour avoir toute l'histoire de Snape et résoudre cette histoire d'horcruxe :D Patience.
J'ai répondu aux reviews des chapitres 9 et 10. Merci encore.
Je remercie Aloyse pour sa review (tu n'es pas la seule, j'avoue que je préfère le HPDM mais j'avais envie d'un peu de changement. J'écrirai certainement une fic de l'été, du genre un peu légère, mais je n'ai rien de fixé en tête, si tu as une idée, fais toi plaisir !)
Résumé : A la Librairie des âmes, Harry découvre qu'Une Histoire de la soumission a appartenu à Snape et qu'il a revendu tous ses livres en avril, juste avant de mourir. Entre les rayons, un souvenir de Snape erre, à la recherche de quelque chose. Harry a un déclic. Il interrompt Ron et Hermione, en pleine séance câlin-placard pour leur confier sa théorie. Tout d'abord, il leur parle de son amour pour Snape, mais ce n'est pas selon lui le plus important. Il est sur le point de leur révéler sa découverte quand Ron lui parle de la mort des tableaux. Harry les quitte, paniqué, pour vérifier si le portrait de Snape Directeur est toujours en vie. Arrivé au bureau, il apprend que le portrait s'est absenté mais qu'il est intact. Dumbledore lui dit de faire attention à ses illusions et lui reparle du Miroir de Risèd. Harry, d'un coup, lui demande ce qu'il peut lui dire des Horcruxes.
On se retrouve en bas !
UNE HISTOIRE DE LA SOUMISSION
Chapitre 11 : Les chaussettes de l'archiduchesse
Après quelques secondes de silence, Harry n'y tint plus. Il fallait qu'il mette à l'épreuve sa stupide théorie. Et même s'il avait d'abord couru voir Hermione, maintenant qu'il y pensait, qui d'autre que Dumbledore pourrait mieux l'aider ?
Il n'y avait finalement que le Directeur mort, l'homme qui en savait le plus sur Severus Snape, pour résoudre le mystère. Peut-être qu'à lui le défunt Maître de Potions avait confié, les lèvres presque closes et les yeux fuyants, son secret sans lumière.
Harry était sûr d'avoir, après ces longues journées de tourmente, mis le doigt sur quelque chose de louche. Il croyait avoir percé Une Histoire de la Soumission à jour, il pensait avoir découvert pourquoi l'âme de Snape errait dans les couloirs de la Librairie des âmes.
Dumbledore devait confirmer sa théorie ! Dumbledore devait lui dire que oui, Snape survivait, dans un autre lieu, un autre temps, une autre dimension, à l'état de presque-rien, sûrement, mais que oui, Harry pourrait lui avouer que, aujourd'hui, ses entrailles brûlaient pour lui, d'un feu sans flammes et sans fumée !
Il fallait que ça explose, que toutes ces idées qui se liaient difficilement dans sa tête trouvent enfin une suite logique, une histoire cohérente.
- J'aurais voulu savoir ce que vous pouviez me dire des Horcruxes ? demanda-t-il enfin.
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Il avait cru ne jamais pouvoir prononcer ces mots, mais ils s'étaient échappés de sa bouche avec une facilité surprenante. Il avait parlé sans le vouloir, comme poussé par un souffle divin ou démoniaque.
La question était lancée, il ne pouvait plus reculer désormais. Il avait peur, mais il ne bougerait pas, pas tant qu'il n'avait pas entendu la réponse du portrait de Dumbledore.
Ce dernier, bien qu'il ait vraisemblablement entendu la question de Harry, ne fit pas mine d'y réfléchir. Il gardait les yeux fixés sur le bureau de la Directrice, comme s'il s'agissait là de la chose la plus extraordinaire qu'il ait jamais vue. Il resta ainsi fasciné si longtemps que Harry se sentit obligé de regarder par là, lui aussi.
Pourtant, la table ne s'était pas métamorphosée en requin ailé ou en quoique soit d'autre qui aurait pu justifier une telle attention. En réalité, elle était tout comme Harry l'attendait, tout comme il se rappelait qu'elle avait été, trois minutes plus tôt.
Bon, pour les esprits tatillons, il y avait bien un élément nouveau sur la table. C'était le biscuit au gingembre à moitié croqué que Harry, incapable de le finir, avait déposé dessus, un instant plus tôt.
Mais quoi, est-ce que c'était là une chose si insultante, un acte si criminel que le portrait de Dumbledore ne pouvait en détourner le regard ? Est-ce qu'un morceau de biscuit écossais était plus important que la possibilité que Snape ait créé un Horcruxe, bordel de mammouth borgne empaillé ?
- Professeur ? dit Harry, le plus poliment qu'il le put.
xXx
Il lui était très difficile de contenir son énervement. Il avait la désagréable impression d'être de retour en cinquième année, cette longue et furieuse année durant laquelle Dumbledore avait tout fait pour éviter de croiser son regard.
Mais à l'époque, le Directeur avait peur de voir en lui Voldemort et ses yeux de serpent. Il avait dit l'avoir ignoré pour son propre bien – motto de toute une vie pour Albus Dumbledore, pensa Harry avec colère.
Si Voldemort s'était rendu compte de la trop grande proximité entre Harry et Dumbledore, il aurait tout entrepris pour le posséder et obliger Dumbledore à le tuer. Et il n'y aurait plus eu alors d'enfant-élu et de Survivant, seulement le règne de Lord Voldemort.
Mais le Seigneur des Ténèbres avait crevé en mai dernier. Pourquoi éviter le regard de Harry aujourd'hui ? Et puis, que pourrait craindre un portrait, car il ne peut mourir ?
- Ho, Harry, consentit à dire le vieil homme, après un long silence. Tu t'amuses désormais à imiter Tom Jédusor ?
Harry détourna les yeux du biscuit grignoté, pour les poser sur le portrait. Frustré, il nota que celui de Snape n'était toujours pas revenu dans son cadre – où donc était-il parti, sérieusement ?
xXxxXxxXx
Harry voulait tellement le voir qu'il se sentait comme un chaudron en ébullition. Ses organes se tordaient en tout sens, menaçant d'éclater de stress, tendus par l'attente. Il imaginait sans mal des choses aux couleurs rose et brune s'entremêler, avec d'écœurants bruits de succion.
Sans les voir réellement, car il n'avait jamais suivi de cours de biologie, il nommait, dans une litanie charnelle et incessante : rate, estomac, côlon, pancréas, intestin grêle, reins, poumons, foie, cœur. Et ça se répétait, répétait dans sa tête, et parfois, un organe était remplacé par un autre, et alors ça donnait : intestin grêle, langue, estomac, rate, pancréas, gros intestin, reins, foie, vésicule biliaire, cœur.
Une fois, le mot « testicules » retentit dans son crâne sans crier gare, et s'il n'avait pas été sur le point de crouler de l'intérieur, il aurait sûrement ri. Et pourquoi pas « rectum », et pourquoi pas « phallus » ?
Mais Harry était si désespéré, qu'aucun rire ne pouvait s'échapper de sa gorge. Des râles, à la rigueur. Il soupira. Ça devait être tout glissant, là-dedans, à l'intérieur de lui. Son ventre exprimait, bien mieux que jamais ses mots n'auraient pu le faire, le manque de Snape qu'il ressentait.
A ce moment-là, il n'aurait pas aimé tomber par inadvertance dans sa propre bouche. Peut-être que son œsophage était encore plutôt droit et vaillant, presque beau à voir mais le reste... le reste était dans un état indescriptible. S'il avait du glisser le long de sa gorge, il serait tombé au fond d'un puits gluant et tiède.
xXx
Une image pour représenter tout cela ? il n'y avait que l'enfer. Un enfer sans damnés et Incubes, un enfer stérile où même Lilith, la démone des démones, n'aurait osé régner.
Ouais, derrière son ventre maigre, à peine contenus par quelques millimètres, un centimètre tout au plus, de chair, se tenaient, aux abois, des kilomètres de boyaux prêts à se déverser.
Rien de vivant, là-dedans, pas une seule Succube aux seins débordants et au vagin ouvert. Rien, sauf un fleuve en putréfaction, qui grouille machinalement, qui est soulevé, non pas par un mouvement naturel, mais parce que la Terre tremble !
Ho, comme ça grondait, dans son ventre, si fort qu'il croyait bientôt baigner dans une mare de sang et de viande moisie, mais son abdomen tenait bon. Il était temps qu'il se hisse en dehors de cette image infernale et que, peu à peu, il remonte à la surface, pour retrouver le monde des vivants.
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- Je ne... Bon, okay, admit le sorcier. J'ai... sans vraiment y penser, repris la question que Jédusor a posé au Professeur Slughorn, quand il était encore à Poudlard. Mais je veux savoir, Professeur ! Est-il possible de créer un Horcruxe sans en avoir l'intention ? Sans même le savoir ?
xXx
A l'abri dans son cadre, simple agencement savant de pigments, Dumbledore était pourtant inquiet. Ce qu'il avait espéré, ce qu'il avait aussi craint, ce qu'il avait pourtant lui-même planifié, était arrivé. Quelqu'un, et pas n'importe qui, avait découvert ce qu'il s'était passé, le 30 juin 1997.
Le portrait n'était pas prêt à assumer le rôle de conteur. C'était une lourde tache. Il aurait préféré que Severus lui-même s'en charge. C'était dans l'ordre des choses que le portrait du Maître de Potions raconte sa propre histoire.
Cependant, c'était impossible. Severus n'était pas au courant. Il ne s'en doutait même pas, des véritables événements du 30 juin.
Ou peut-être qu'il se doutait de quelque chose, justement, car il avait émis de nombreux soupçons, tout comme Minerva et Rolanda Bibine.
Mais ces chers Minerva, Rolanda et Severus se trompaient tous les trois de suspect !
- Harry, dit le portrait du Professeur Dumbledore. Je voudrais te raconter une histoire, l'histoire d'un homme que j'ai très bien connu et que toi, d'une certaine façon, tu connais aussi très bien. C'est une longue histoire, cependant.
- Professeur, Mcgonagall... dit Harry, avec un mélange d'impatience et de frustration.
Dumbledore ne pouvait-il pas se dépêcher, au lieu de se la jouer ?
- Le Professeur Mcgonagall, Harry, l'interrompit le portrait, est très fatiguée. Mais, tu as raison de penser qu'elle risque de revenir dans son bureau d'ici peu. Et pourrions-nous lui en vouloir, alors que, présentement, tu es plutôt celui qui revêts le rôle d'intrus ? Non, ne proteste pas. Tant que mon portrait restera ici, tu seras toujours le bienvenu. Mais sache que notre discussion devra attendre, car il n'est pas respectueux de parler de quelqu'un en son absence et d'évoquer de sombres événements dans un bureau qui n'est plus le mien. Maintenant, va, Harry. Si je ne m'abuse, nous sommes samedi après-midi et tu as sûrement bien d'autres choses à faire que de remuer de vieilles histoires avec un vieil homme, n'est-ce pas ?
Harry sortit du bureau de la Directrice comme si on l'avait cogné un nombre incalculable de fois contre le mur. Dumbledore savait. Mais il n'avait pas voulu lui dire.
« Sache que notre discussion devra attendre », avait dit le vieux bouffon. Mais Harry ne voulait pas attendre ! Il n'avait fait que ça, attendre, en se tordant les doigts, que Snape reparaisse une nouvelle fois devant lui. En vain.
A défaut de faire revenir Snape à la vie, il voulait connaître son histoire !
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- Harry ! cria une voix, alors que les portes gardées par la Gargouille se refermaient derrière lui.
C'était Ron. Le rouquin courut vers lui. Il avait l'air soucieux.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Pourquoi tu as... fui comme ça, tout à l'heure ?
- Je n'ai pas fui, protesta mécaniquement Harry. Je devais vérifier quelque chose.
Ron attendit des précisions qui ne vinrent pas.
- Et donc ? s'enquit-il, d'une voix plutôt calme. Est-ce que le portrait de... Snape est intact ?
- Comment tu sais que c'est ce que je suis allé voir ? dit Harry, surpris.
- Hey, tu vas me vexer, là ! s'insurgea son ami. T'as cru que j'étais vraiment stupide ? Tu es parti dès que je t'ai parlé de la mort des portraits... Il suffisait d'un peu de jugeote pour lier les choses entre elles, tu vois.
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Harry admit qu'effectivement, il n'avait pas du être très difficile pour Ron et Hermione de déterminer la raison de sa fuite.
Une demi-heure auparavant, il était prêt à leur révéler sa petite théorie mais l'idée d'avoir annoncé à un des portraits de Snape que leur modèle était mort l'avait totalement chamboulé.
Il avait laissé ses deux amis en plan pour courir à la tour de la Directrice et ainsi s'assurer que ce qu'il restait de Snape, quelques coups de pinceaux, n'avait pas été détruit par sa maladresse. Car Ron venait de lui apprendre que si quelqu'un racontait à un portrait que son modèle est mort, il se mettait alors à mimer l'état mortuaire et il fanait.
Heureusement, exaspéré par l'agitation de Harry, le portrait de Phinéas Nigellus Black avait fini par le mettre au courant que Snape s'était simplement absenté. Il n'était pas dans le bureau mais il était bien quelque part. Il n'avait pas été détruit.
Bref, Harry, rassuré, aurait alors du retrouver ses deux meilleurs amis pour leur exposer sa théorie. Mais il n'avait pas prévu de carrément questionner Dumbledore sur les Horcruxes. Et encore moins que Dumbledore, à demi-mots, lui fasse comprendre qu'il en savait très long sur le mystère qui entourait Snape.
Cette courte discussion avec le vieil homme avait totalement remis en question le plan de Harry.
xXx
- Alors, en fait, reprit Ron, tu nous as toujours pas vraiment dit que ce tu voulais nous dire non ? Enfin, j'imagine que si c'était pour parler de ton... heu... de ton...
- Affection, lui souffla Harry, même si le terme lui faisait penser à une maladie pulmonaire.
- Oui, heu donc, si tu voulais parler de ça, je crois pas que c'aurait été si urgent, non ? Bref, et puis, tu es parti où ce matin ? Pourquoi t'étais trempé ? demanda Ron.
Depuis la rentrée, Ron avait l'impression de ne plus rien comprendre son meilleur ami. Harry leur avait toujours dit quand quelque chose n'allait pas, ou du moins, il leur avait toujours fait sentir.
Mais depuis qu'ils étaient revenus à Poudlard, le brun s'était renfermé sur lui-même, leur annonçant les choses par surprise : « J'ai envie de parler à Snape », avait-il crié au beau milieu du repas. « J'ai un arrangement avec Malfoy », avait-il dit quand il avait reçu une lettre du Serpentard. « J'aime mieux les hommes et surtout les hommes plus âgés », avait-il déclaré après avoir trop bu, il y a quelques jours. Et puis, là, « Je suis fou amoureux de Snape. Et j'ai réussi à le contacter ».
Snape était mort, bordel, Harry ne pouvait-il pas le laisser moisir en paix ?
- Il a plu, l'informa Harry avec un sourire qu'il voulait moqueur, mais qui fut seulement un peu tordu. La pluie, ça mouille.
Maintenant qu'il savait que Dumbledore pourrait lui apporter des réponses, Harry était beaucoup moins enthousiaste à l'idée de discuter de sa théorie avec ses deux meilleurs amis. C'était comme si l'occasion était passée.
- En fait... hésita-t-il. C'est bête mais... Franchement, tout à l'heure, j'ai craqué. Voilà, comme tu as pu le voir, je suis un peu perturbé ces derniers temps, c'est en partie du à... au fait que j'ai une sorte de passion incontrôlable pour Snape. Et bien, quand je suis venu vous chercher dans votre placard, fausse alerte, tu vois ? Je pensais à un truc mais en fait non... Enfin, tout ça pour dire, désolé de vous avoir interrompu dans vos ébats. Je vais prendre une douche maintenant. Comme tu l'as remarqué, je suis trempé.
- Hey ! Attends, Harry ! Tu étais où ce matin ?
Harry ne répondit pas. Il pressa le pas. Si Dumbledore devait tout lui avouer, alors il ferait mieux d'attendre. Quand il saurait tout sur Snape, en tout cas, sur le possible Horcruxe de Snape, il en reparlerait à Ron et à Hermione. Comme on dit, le vent avait tourné et le moment n'était plus opportun. Tout vient à point à qui sait attendre. Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches ?
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Alors que Harry se déshabillait, abandonnant avec soulagement sur le sol ses vêtements humides de pluie et de sueur, il eut soudain une idée. Pourquoi pas ?
C'était la première fois qu'il le faisait mais ça lui sembla inné. Il lui suffit d'invoquer son Patronus, de lui dicter son message, et de penser à Malfoy pour que l'animal de lumière se fasse messager. Le Cerf bleu traversa le mur de la salle de bain et prit la direction des cachots.
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Harry se savonnait avec entrain – il oubliait souvent qu'une bonne douche pouvait faire des miracles sur le stress et la mauvaise humeur –, quand, pour la seconde fois de sa vie, un Patronus fit irruption dans sa douche.
Toujours le même renard argenté de Russie ou de Pologne ou du Canada. Harry ne savait plus, mais il reconnut le Patronus de Malfoy du premier coup d'œil.
« Potter, tu viens d'interrompre une sieste crapuleuse. Retrouve-moi dans une heure. Je sais que tu sauras où me trouver, avec ta ridicule Carte magique »
Harry rit tout seul aux éclats. Une sieste crapuleuse ! La vie valait bien la peine d'être vécue, si c'était pour entendre cette expression dans la bouche de Malfoy !
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- Alors ? Don Juan ? dit Harry, d'une voix narquoise. On a réussi à se détacher de sa dulcinée ?
Il venait d'entrer dans la Salle des Trophées, où il savait, grâce à la Carte du Maraudeur, que Malfoy l'attendait.
- Qui a écrit Don Juan ? l'interrogea Draco avec un sourire funeste.
On aurait dit un professeur de lettres un peu fou. Malheureusement pour son élève Harry, il n'était pas atteint d'une folie douce, comme celle des Lovegood, mais plutôt d'un genre de folie dangereuse, qui se rapprochait plutôt de Bellatrix Lestrange.
« C'est de famille », se grogna Harry à lui-même. Mais il ne copierait pas de lignes ce jour-là car il connaissait justement la réponse à cette question.
- Heu... Molière non ? Poète français, répondit-il fièrement.
Comme quoi, il avait retenu certaines choses de l'école primaire moldue.
- Ho, triste Potter, dit Malfoy, se touchant le front du bout des doigts, en bon tragédien. Si seulement tu savais tenir ta langue et t'arrêter à temps ! Déjà, Molière est un dramaturge, pas un poète. Cela signifie qu'il écrit des pièces de théâtre, pas des poèmes. Tu comprends la différence, j'imagine ? Et, pour ta gouverne, sache que tu ne peux pas répondre « Molière » à la question « Qui a écrit Don Juan », car il y a eu beaucoup d'autres versions de cette histoire. Tirso de Molina ou Mozart, Dumas et Apollinaire, de nombreux auteurs ont entrepris de...
Malfoy s'était lancé dans un monologue passionné mais profondément emmerdant sur l'évolution et la trahison, au fil des siècles, du mythe initial du séducteur hédoniste. Ça aurait pu durer jusqu'au bout de la nuit mais Harry n'était pas vraiment friand de critique littéraire.
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- Bon, okay, j'aurais jamais du t'appeler Don Juan, j'ai commis une grave erreur, finit par intervenir Harry. Fais-moi juste penser la prochaine fois à ne pas utiliser de références culturelles en ta présence, sous peine de recevoir un cours façon Binns.
- Ce ne sera pas difficile, je te rassure, ricana Draco. De la culture, tu en as peu. En réalité, je suis même étonné que tu aies retenu le nom de Molière. Savais-tu, d'ailleurs, qu'il s'appelait Jean-Baptiste Poquelin ? C'est un nom remarquable, car le Saint Jean-Baptiste, le grand prophète, qui a baptisé Jésus Christ...
Et c'était reparti. Harry patienta trente secondes, essayant de contenir son désir de crier qu'il s'en battait foutrement les couilles, puis craqua :
- Ho, Malfoy, ta gueule, veux-tu ?
Draco haussa un sourcil.
- Tu me donnes rendez-vous dans des lieux insensés pour finalement me dire « ta gueule » ? Et dire que j'ai du congédier une douce colombe pour te voir !
xXx
Harry ouvrit grand les yeux de surprise, et cette expression enchanta le Serpentard. Il aimait par dessus tout cet air stupide et ébahi, si cher à Potter et Weasley. Franchement, même s'il avait du écourter son après-midi avec Astoria, sa petite amie, il ne le regrettait absolument pas.
Il espérait que Potter lui offrirait encore mille autres tronches d'hippopotame abasourdi. Ça, c'était du divertissement grandiose.
- Bon, déjà, c'est toi qui es venu ici, pinailla Harry, je n'ai fait que te suivre. Ensuite, je voulais pas te parler de Jean-Jacques Coq-au-vin mais de Snape !
- Ha, soupira Malfoy. De toute façon, chaque fois que j'ai affaire à toi, on ne parle que de lui.
- Ce n'est pas vrai ! protesta Harry avec fougue, jusqu'à ce qu'il se rende compte que si, justement. Bon, okay. En fait, je me suis juste dit que ce que j'ai découvert pourrait t'intéresser. Ou plutôt, j'aimerais avoir ton avis. D'expert.
- Tu me flattes bien trop grossièrement, mais je t'écoute. Je te dois bien ça, après tout.
Draco rit intérieurement, quand il vit la surprise s'afficher sur le visage du Gryffondor. Potter était si mignon ! Il était aussi facile à lire qu'un conte de Beedle le Barde. Le Serpentard n'arrivait même pas à concevoir que ses deux faire-valoir d'amis ne se soient pas encore aperçus qu'il leur cachait une obsession macabre.
S'il avait été le meilleur ami de Potter – et il trembla à cette idée effroyable – nul doute qu'il aurait depuis longtemps percé son amour secret.
- Bon, en fait, j'ai voulu parler de tout ça à Hermione et Ron mais je sais pas, j'attends d'avoir de nouvelles informations. D'un informateur, marmonna Harry.
xXx
Il avait autant de confiance en Malfoy que Ron en avait eu en sa baguette magique, en deuxième année. Il devait rester prudent. Si Malfoy apprenait que son informateur était Dumbledore, qui sait comment il allait réagir ? Ce gars avait beau avoir été un allié de taille, il était bipolaire. Et bizarre. Qu'est-ce qu'on s'en foutait du véritable nom de Molière !
- Je crois que tu t'y connais bien en peinture magique, non ? En tout cas, Ron m'a dit qu'un portrait ne doit rien apprendre de sa mort.
Il était temps d'entrer dans le vif du sujet.
- C'est plutôt exact, dit Draco avec réticence.
- Je comprends pas. Ils doivent bien savoir qu'ils sont morts, non ?
- Je te rappelle qu'ils ne savent rien. Ils font semblant d'être ce que leur modèle est au moment-même où on l'a peint. Pour toujours. Ils fonctionnent sur le principe que le modèle est en vie. Et comme ils n'ont pas de notion du temps, pour eux, le modèle sera toujours en vie.
- Bon, et s'ils apprennent qu'ils sont morts, ils dépriment, c'est ça ?
- On peut dire ça comme ça, oui, répondit Draco, sans cacher son mépris. Ce n'est pas très subtilement formulé, cela dit.
- Mais si on leur apprend qu'ils sont morts mais que c'est un mensonge ?
- Je ne comprends pas.
- Admettons que j'aille dire au portrait de...
Harry chercha à toute vitesse un sorcier célèbre et encore en vie.
- … Gilderoy Lockhart que son modèle est mort. C'est faux, donc qu'est-ce qu'il se passe ?
- Lochkart ? Le bouffon qu'on a eu en deuxième année ?
- Oui, lui, la crapule dont Hermione était...
- Granger ? Et Lockhart ?
Draco était si choqué que son visage d'ordinaire impassible arborait soudain une expression de franche incompréhension. Il riait à moitié et, de l'autre, semblait souffrir de l'intérieur toutes les flammes de l'enfer. Bipolaire.
- Tu veux bien te concentrer ? grogna Harry.
- Qu'est-ce qu'est devenu Lockhart ? Je pensais qu'il était mort dans la Chambre des Secrets.
- Il est, heu, en convalescence à Sainte Mangouste.
En lisant la question silencieuse dans les yeux gris de Malfoy, Harry ajouta :
- Il avait tenté de nous jeter un sortilège d'Amnésie, mais ça s'est retourné contre lui. La baguette de Ron déconnait.
- Ho, fit seulement Draco. Et bien, si tu vas dire à son portrait que son modèle est mort, en théorie, il ne va pas y croire.
- Mais pourquoi ?
- Parce que... Je ne sais pas, c'est comme ça. J'en suis sûr.
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Draco se mit alors à expliquer, patiemment, qu'un portrait, au fond, a conscience que son modèle n'est pas immortel. C'est seulement quand l'annonce de la mort de son modèle lui semble crédible qu'il va y croire et se flétrir. S'il a le sentiment que son modèle est encore en vie, alors, il ne se passera rien.
- Malfoy, franchement, merci. En fait, pour moi, c'est du pareil au même mais si tu le dis...
- C'est tout naturel. Quand je vois un puits sans fond, assoiffé de connaissance, je ne peux qu'essayer de l'éclairer de mon savoir, plaisanta à moitié le Serpentard.
En réalité, il pensait avoir enfin honoré sa dette envers Potter. Même s'il ne l'admettrait jamais à voix haute, le Survivant lui avait sauvé la vie, dans la Salle sur demande. Il lui avait aussi appris à produire un Patronus, le seul sortilège qu'il n'avait jamais réussi, malgré tous ses efforts. Grâce à ce sort, il avait pu rendre visite à ses parents à Azkaban sans crainte et même fait un peu le tri dans ses pensées heureuses.
Ce qui lui avait permis d'invoquer pour la première fois son renard argenté, c'était l'image d'Astoria Greengrass. Et quand il s'était rendu compte de cela, il était tombé éperdument amoureux de la petite sœur de Daphné, s'il ne l'était pas déjà.
Douce Astoria, elle était d'une pureté rare, digne d'une héroïne romanesque.
Draco l'adorait. Et c'était indirectement grâce à Harry qu'il en avait pris conscience.
Néanmoins, après avoir pris une demi-heure de son précieux temps pour lui donner un cours sur la relation entre la peinture et la mort, il pensait s'être dûment délivré de son sentiment de redevance.
Ils étaient enfin quittes.
Quand le Serpentard quitta la Salle des Trophées – salle qu'il avait choisie en souvenir de leur première année, car c'était là qu'ils s'étaient donné rendez-vous pour un duel –, il avait la ferme conviction que sa route ne croiserait plus si fréquemment celle de Harry Potter.
Il s'était peut-être lié d'amitié avec Granger, mais c'était une relation si fragile qu'il lui suffirait de l'ignorer trois jours durant pour que chacun reprenne sagement sa vie respective.
Ce soir-là, il se glissa dans les bras d'Astoria persuadé que plus jamais il n'entendrait Potter prononcer, d'une voix hantée, le nom de « Snape ».
Ha, naïf Draco !
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- J'aimerais emprunter ce livre, s'il-vous-plaît.
- Comme vous pouvez le constater, ce livre appartient à la Réserve, rétorqua Mme Pince, en se redressant sur sa chaise. Et si vous pouvez le consulter en bibliothèque, en tant que huitième année, cela ne signifie pas que vous avez le droit de l'emporter avec vous.
- Mais la bibliothèque sera exceptionnellement fermée demain ! gémit Hermione.
- Et bien vous reviendrez lundi.
- Mais si c'est urgent ?
- Rien n'est plus urgent que de conserver un livre précieux en parfait état. Ce grimoire ne sortira pas des murs de la bibliothèque, c'est clair ?
Hermione soupira, récupérer le livre, sous le regard suspicieux de la bibliothécaire, et tourna les talons. Elle retourna s'asseoir à sa table et reprit sa lecture, mais elle était incapable de se concentrer.
Si Harry, tout-à-l'heure, avait sous-entendu ce qu'il avait sous-entendu, elle devait repenser plus attentivement à sa découverte de l'été. Elle était sûre que son meilleur ami avait compris quelque chose sur Snape, et il fallait qu'elle aussi organise intelligemment tout ce qu'elle savait pour pouvoir, quand ils reprendraient leur discussion, contrer tous ses arguments.
L'important, c'était que Harry ne sache pas.
Déjà qu'il était sévèrement atteint de Snapivite, ça risquerait de l'achever. Hermione voulait que son ami surpasse le passé. Et s'il apprenait ce que Snape avait fait, il ne pourrait pas s'en sortir. Il ne ferait que s'enfoncer, plonger toujours plus profond sans jamais atteindre quoique ce soit de stable.
Snape était dangereux pour Harry, surtout depuis qu'il était mort, voilà la thèse que soutenait Hermione depuis l'été dernier.
Alors qu'elle feuilletait son grimoire sans le lire, elle repensait à ses grandes vacances.
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Malgré ce qu'elle avait prétendu, elle n'avait pas acheté Une Histoire de la Soumission au hasard. Bien sûr, elle avait dit à Harry être tombée dessus et l'avoir acheté un peu au pif, car elle voulait tout d'abord qu'il arrête de penser qu'elle nourrissait des fantasmes difficilement avouables.
Et la sorcière n'était pas non plus entrée par simple curiosité dans la Librairie des âmes. Durant tout l'été, elle avait cherché une boutique comme celle-là avec ferveur.
Son projet initial, durant les grandes vacances, avait bien été, au début, de lire tout ce qui lui tombait sous la main, tout et n'importe quoi, afin d'avoir une culture générale sans limite ni cloison.
Elle avait lu des livres de recettes, des romans pornographiques, des traités de géographie et même des essais politiques extrémistes. Au fur et à mesure de ses lectures, pourtant, une question avait commencé à la tourmenter.
Que devenaient tous ces livres une fois leurs propriétaires disparus ?
Bien sûr, elle ne s'attendait pas à ce qu'ils disparaissent par magie. Les grimoires étaient certainement légués à la famille ou aux proches. Mais si on n'avait ni famille ni proches ?
Par exemple, si un homme totalement solitaire venait à mourir, qu'advenait-il à ses livres ?
Il était possible qu'ils restent à l'endroit où ils étaient rangés et qu'à jamais plus personne ne les ouvrirait, jusqu'au jour où la maison serait détruite. Les livres, alors, seraient jetés dans des bennes à ordure ou refilés à des bibliothèques municipales – si cet acte était seulement légal.
Mais si un homme sait qu'il va mourir, et s'il est assez méticuleux, ne ferait-il pas quelque chose pour sa collection ? Ne voudrait-il pas en faire profiter d'autres personnes ?
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C'est obsédée par l'idée de mourir et de voir ses précieux bouquins moisir chez ses parents, qui ne sauraient qu'en faire, que Hermione était partie en quête d'une boutique qui pourrait l'aider. Elle était persuadée qu'il y avait un service qui existait pour les sorciers amoureux de leurs livres et qui devaient malheureusement s'en séparer.
Elle avait fini par découvrir l'existence de la Librairie des âmes, qui se revendiquait comme le seul sanctuaire livresque du Royaume-Uni.
Une belle matinée d'Août, elle s'était donc rendue à Oxford. Coincée entre une laverie automatique et une épicerie de nuit, la librairie était si minuscule que pour la remarquer, il fallait vraiment savoir qu'elle était là.
Les Moldus passaient devant sans l'apercevoir. Et même les sorciers un peu pressés devaient ignorer son existence.
Hermione se rappelait très bien de la discussion pleine d'émotions qu'elle avait eue avec le vieux libraire aveugle. Le sorcier avait parlé des livres comme s'ils étaient vivants ou, plutôt, comme s'ils abritaient une forme de vie subtile – l'âme de leurs propriétaires.
Il lui avait aussi expliqué le fonctionnement de sa boutique.
Chaque vendeur devait se séparer d'au moins la moitié de sa collection ; chaque acheteur devait prendre au moins trois livres d'un même propriétaire.
Hermione se voyait encore déambuler dans les allées de livres, émerveillée et peinée de voir autant d'ouvrages abandonnés, entreposés ici dans l'attente d'un nouveau foyer. Elle s'était amusée à lire les petites étiquettes renseignant des noms, de courtes descriptions ou des dates de vente.
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Alors, l'idée folle que quelqu'un qu'elle connaissait – ou plutôt, qu'elle avait connu – avait revendu ici des livres n'avait pas voulu sortir de son esprit. Elle avait fouillé les étagères à la recherche d'un prénom, d'une date qui pourraient correspondre.
Au début, elle avait pensé à Dumbledore, qui savait qu'il allait mourir tôt ou tard. Mais ses livres, il avait du les léguer à Poudlard.
Elle avait pensé à Lupin, mais Lupin ne s'attendait pas à trouver la mort. Et quand bien même, il aurait laissé ses livres à Tonks.
De la même façon, Tonks, si jeune, toute nouvelle maman, n'aurait jamais revendu sa collection. Elle venait d'avoir un bébé : pourquoi préparerait-elle sa mort alors que dix-huit ans d'agitation se profilaient devant elle ?
Tous les morts de ces dernières années défilaient dans son crâne, et tous criaient : mais non, moi je ne pensais pas que j'allais mourir si tôt ! Moi, je m'imaginais fêter le dixième, le vingtième, le cinquantième anniversaire de la mort de Lord Voldemort ! Pourquoi aurais-je pris des dispositions pour mes livres ?
Fred – mais avait-il eu des livres, sérieusement ? – les aurait donnés à son frère jumeau.
Sirius – mais il avait vécu enfermé au 12, Square Grimmauld, pourquoi aurait-il craint pour sa vie ? Il avait, de toute manière, tout légué à Harry.
Maugrey, et bien, Maugrey aurait certainement détruit tous ses livres, de peur que quelqu'un de malintentionné s'en empare.
Cédric Diggory, mais il était mort encore adolescent, pourquoi aurait-il prévu de crever ?
Et Crabbe – mais définitivement, Crabbe ne savait pas lire. Et même s'il avait eu des livres, il n'aurait jamais été assez attaché à eux pour penser à leur offrir une nouvelle vie, non ?
Bathilda Tourdesac était bien trop vieille au moment de sa mort pour se déplacer jusqu'à Oxford.
Scrimgeour était mort Ministre de la Magie – ses livres avaient du être récupérés par le Ministère.
Colin Crivey, oh, Colin. Hermione était étonnée qu'il n'ait pas rédigé un testament où tous ses biens revenaient à Harry Potter.
Finalement, après avoir cherché désespérément dans sa mémoire – Dobby, Emmeline Vance, Gripsec, Florian Fortarôme, la mère de Hannah Abbot – un nom s'était imposé.
Snape.
S'il y avait eu un homme solitaire, sans famille, sans amis d'un côté comme de l'autre...
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Bien sûr, il avait été le parrain de Malfoy, et il aurait pu lui léguer certains livres. Mais sa relation avec les Malfoy avait été aussi solide qu'une passerelle en papier-mâché. Les Malfoy étaient de fervents partisans de Voldemort, tandis que Snape, à l'encontre de toutes les apparences, s'était révélé l'authentique bras droit de Dumbledore.
Et si ?
Hermione avait finalement demandé au libraire si un homme mélancolique, ayant prévu de mourir sous peu, était venu revendre une impressionnante collection de livres. Elle avait mentionné sa passion pour les Potions et pour les Forces du Mal. Pour la date, elle avait donné entre janvier et avril. Peut-être un peu avant, mais certainement pas après.
Et le libraire l'avait conduite devant un étagère surmontée de l'étiquette : « Inconnu, avril 1998 ». C'était le dernier homme avec une âme triste qui était passé à la boutique, avait dit le libraire. Il avait revendu tous ses livres, disant qu'il n'en aurait bientôt plus besoin.
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Elle avait alors eu le pressentiment que c'était lui. Dans tous les titres, elle avait reconnu la patte de son ancien Maître de Potions.
Il y avait tous les manuels de Potion utilisés à Poudlard en double. De nombreux ouvrages aux noms effroyables. Quelques livres moldus pour enfants. Des romans classiques sorciers. Un nombre incroyable d'ouvrages – mais Hermione comprenait cette démesure. Elle-même, qui avait pourtant quelques amis très proches, éprouvait le besoin de se plonger corps et âme dans la lecture.
Un homme sans confident ni ami ne deviendrait-il pas fou, s'il n'était pas entouré de livres ?
Hermione s'était alors mise à examiner le classement des livres. Si elle n'avait pas été quelqu'un de particulièrement attentif, elle aurait pu croire qu'ils avaient été jetés pêle-mêle sur les étagères, comme répartis au gré du vent. Cependant, elle avait eu le sentiment qu'ils obéissaient à une logique mystérieuse.
Ils n'étaient ni classés par auteur, ni par thème, ni par date de publication. Mais, souvent, il arrivait que trois ou quatre livres se serrent les uns contre les autres, formant sans conteste une unité. Là, trois livres d'herbologie, là, deux livres écrits par Miro Limus, là, une dizaine d'éditions de L'histoire de Poudlard.
Après cinq minutes, le mystère avait éclaté : les livres étaient vraisemblablement classés par ordre de lecture.
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En effet, l'étagère tout en bas était remplie de livres à l'aspect neuf. Il y en avait même quelques uns avec une jaquette en papier, de celles qui servaient à faire de la publicité pour tel livre de tel auteur à succès.
Toutefois, le dernier livre... Ha, curieux dernier livre ! Pourquoi était-il le dernier lu, alors que tous ses confrères étaient neufs ? Avait-il eu une importance capitale pour Snape, au point qu'il le relise souvent ? Mais pourquoi l'abandonner ici ?
Il était vieux, très vieux, ce grimoire. Drôle de couverture, aussi, avait songé la jeune fille en la parcourant des yeux. Presque effacé, un titre : Dominants et dominés chez les sorcier : Une Histoire de la Soumission. Et c'était tout. Ni éditeur, ni date, ni auteur.
Hermione avait ouvert le grimoire et eu l'impression que les pages allaient lui rester dans les mains. Il fallait qu'elle l'étudie de plus près. Et donc, il fallait qu'elle l'achète. Et donc, il fallait qu'elle choisisse au moins deux autres livres de ce vendeur inconnu pour pouvoir repartir.
Surtout si cet inconnu était Snape. Cela semblait si gros ! Comme il aurait détesté que des bouts de son âme atterrissent dans les mains de Miss Je-sais-tout !
Hermione avait caressé les couvertures usées, se répétant qu'il était impossible, absolument inconcevable que Snape...
Mais qui, parmi les victimes de la seconde guerre, serait plus à même de préparer méthodiquement sa mort, en revendant tout d'abord sa collection de livres ?
Et surtout, ce livre, Une Histoire de la Soumission. Ce n'était pas un grimoire commun. Il semblait avoir traversé les siècles et pourtant, dans l'introduction, on y parlait des armes à feu moldues. Et le style était maladroit. Il y avait quelque chose qui clochait, dans cet ouvrage.
Pourtant, durant tout l'été, Hermione n'avait pas été capable d'ouvrir le grimoire. Quelque chose d'angoissant s'en dégageait. Qui savait ce qu'il pouvait lui arriver ? C'était un livre ayant appartenu à Snape, qui avait inventé, à à peine quinze ou seize ans, un sortilège aussi horrible que Sectumsempra.
Elle avait attendu d'être arrivée à Poudlard, le jour de la rentrée, pour commencer à le lire. Et elle avait eu raison : Une Histoire de la Soumission possédait de grands pouvoirs !
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- Mademoiselle, la bibliothèque va fermer ! chuchota avec colère Mme Pince.
Hermione soupira, alla reposer son grimoire dans la Réserve et sortit de son endroit préféré à Poudlard. Après avoir ressassé ses souvenirs, elle était persuadée d'une chose : Une histoire de la soumission était bien un Horcruxe, mais un Horcruxe créé par de la Magie Blanche.
Le livre avait de grands pouvoirs, et lui avait fait voir des centaines de scènes de domination et soumission, dont toutes avaient pour acteurs Harry et Snape. Pourquoi Harry, s'était-elle demandé. Ce n'était pas son cerveau malade qui lui offrait de telles images, c'était le livre. Le livre lui murmurait quelque chose.
Il lui susurrait, entre deux lignes, qu'il y avait quelque chose, un lien fort entre Harry et Snape. Et que ce lien était en rapport avec ce grimoire.
Hermione avait eu beau y réfléchir durant de longues heures, tout cela lui semblait incroyable.
Snape aurait laissé derrière lui, dans une librairie perdue, un livre qui renfermait ses sentiments pour Potter ? Non, bien plus. Un livre qui était un Horcruxe, un authentique morceau de son âme et ce morceau d'âme, son seul message pour le monde, c'était : Potter, j'ai envie de te dominer ?
Comment est-ce que tout cela était possible ?
Si seulement elle avait pu emprunter Le devenir des âmes selon la Magie Blanche... Alors, elle aurait su s'il était possible de créer un Horcruxe non maléfique, un Horcruxe d"amour.
Voilà ! Houlala, j'ai terriblement peur. J'attends vos réactions avec impatience et stress, car je ne suis pas sûre d'avoir réussi à exprimer clairement tout ça. Mais même dans ma tête c'est compliqué ;_; bref, il faudra attendre le récit de Dumbledore pour avoir le fin mot de l'histoire :)
En attendant, et bien... Laissez un petit message, s'iouplait. J'espère que ça vous a plu (et à dans dix jours !)
Rappel : le prochain chapitre est le dernier, il restera toutefois un épilogue.
