Okay camarades, on va faire comme si on était une année bissextile et que je n'étais pas en retard d'un jour, d'accord ?
J'ai réalisé il y a très peu de temps qu'on était au mois de FEVRIER et que ce mois était mutant. Dommage.
Enfin bref, voilà le chapitre !
Bonne lecture à toutes et merci pour vos review 3
La mort de Jess avait fait revoir à Dean ses priorités.
Sur le fond, cela ne changeait pas grand-chose. Il était conscient, plus que quiconque, que la situation était dangereuse, et qu'il pouvait perdre des gens. C'était la raison pour laquelle il n'avait pas insisté pour obtenir l'aide de Sam, même si au fond de lui, il espérait que son frère le suivrait. Après tout, Sam était son associé de toujours. Ils faisaient toujours tout ensemble à un point qui pourrait presque passer pour malsain. Mais le jeune Winchester s'était peu à peu écarté de son aîné au fil des années et Dean ne s'était pas senti autorisé à réellement exigé l'aide de son frère pour cette lutte qui était, reconnaissons-le, presque personnelle.
Maintenant, Sam entrait dans le jeu.
Mais pas pour Dean, pour Jess. L'aîné ne pouvait s'empêcher de se sentir trahi, de penser que son engagement aurait dû être suffisant pour que Sam décide d'intervenir. Mais au fond, il comprenait. Après tout, il était là pour quelqu'un de spécifique, lui aussi. Cas.
Quand il était redescendu pour trouver Cas relativement indemne, son soulagement avait été sans borne, et même les petites piques qu'il avait lancés n'avaient pas pu cacher la sincérité de son inquiétude. L'Enkeli lui avait expliqué que des membres du campement avaient été alertés par la violence de leurs cris et étaient venu soutenir Castiel. Anna était morte. Qui exactement l'avait tué restait un point que Dean n'était pas encore parvenu à éclaircir. Castiel n'avait pas précisé, et il ne s'était pas senti le courage de poser la question, conscient qu'il s'agissait d'un point sensible pour l'Enkeli et le reste de la communauté. Les Enkelis ne tuaient pas. C'était le signe que la guerre était réelle. Tout ce qu'il savait était que c'était Castiel qui était allé informer Samandriel de l'évènement. Le jeune garçon ne semblait en vouloir à personne d'autre que lui-même et se jetait à corps perdu dans les différentes tâches qui lui étaient assignées. De l'évènement, Dean avait juste retenu que Castiel était prêt à prendre tous les risques et toutes les responsabilités dans la guerre civile qui déchirait le peuple. Et Dean n'aimait pas ça. Pas du tout.
Oh, il n'était pas stupide, il savait qu'il tenait à l'Enkeli au-delà du raisonnable, mais il était très fort dans le déni et avait réussi à se persuader que les sentiments qu'il ressentait indiscutablement à l'égard de Castiel était la sorte d'admiration tordue qu'il ressentait pour les personnages imaginaires tels que Batman ou Doctor Sexy. Parce qu'après tout, c'était ce que Castiel était, n'est ce pas ? Un personnage imaginaire. Ou presque. Il faisait partie d'une putain d'autre espèce nom d'une Impala. Oui, parce que Dean avait également choisi de nié le fait qu'il faisait visiblement, en partie du moins, partie de cette espèce.
Il reprit le contrôle de ses pensées pour les empêcher de dévier plus loin sur le dangereux territoire de ses sentiments et de la réalité. Sam. Il était vaguement jaloux, oui. Mais surtout il était inquiet. Il n'était pas sûr que les risques que son frère s'était dit prêt à prendre étaient adaptés à la situation. Ladite situation était grave, c'était indéniable. Mais grave au point d'envoyer son petit frère infiltrer une entreprise ? Grave au point de faire des choses clairement illégales dans le monde « réel » ? Evidemment, ils avaient fait des choses illégales, déjà. Leur oncle délivrait des faux papiers aux immigrés clandestins pour l'amour des tartes ! Mais ce n'était pas pareil. Tenter de saborder une entreprise pour l'empêcher de détruire la nature était une action à la GREENPEACE, pas leur style. Ils auraient dû faire ça, tiens. Engager un militant de Greenpeace. Il y aurait bien eu un de ces hippies prêt à se sacrifier pour la bonne cause, et il aurait eu indéniablement plus d'expérience que lui ou Sam dans le domaine.
Et il y avait aussi le fait qu'il se sentait profondément inutile. Au moins, Sam aurait de l'action, Sam ferait quelque chose de concret. Dean avait choisi de rester sous terre parce qu'il considérait que la Cène représentait la plus grande menace. Et parce qu'il voulait surveiller Castiel. Mais principalement parce qu'il voulait lutter contre Michael et ses sbires.
Au lieu de ça, calme plat. Les partisans de la Cène et de la guerre avec les humains avaient totalement disparu de la circulation, et il était désœuvré. Il se retrouvait à aider au ravitaillement, parfois chargé par Pamela de chercher des choses à la surface.
Etrangement, il n'aimait pas ça, remonter. Quand il était prisonnier de Castiel et des autres, il n'espérait que ça, mais maintenant, malgré l'absence de confort et le discret mal de tête que le poursuivait nuit et jour à cause de la voix des Enkelis, il se sentait bien, à sa place. Cette réalisation le fit s'assombrir suffisamment pour que Castiel remarque que quelque chose n'allait pas. Il ne dit rien, pourtant, se contentant de jeter des regards curieux en direction de Dean quand celui-ci laissait ses pensées vagabonder trop près de la question. Venant de la part de quelqu'un qui respectait si peu l'espace personnel des gens, cette considération à l'égard des sentiments de Dean était assez surprenante.
Cette solution se révéla pourtant payante.
Sous terre, Dean ne pouvait pas se distraire avec ses démons traditionnels. Il ne pouvait pêcher aucun coup d'un soir dans un bar quelconque –la faute à l'absence de bars- et il était suffisamment professionnel pour résister à l'envie d'amener de l'alcool sous terre. Ça aurait été dangereux et stupide, sans compter qu'il aurait risqué de corrompre les créatures souterraines. Si les Enkelis savaient ce qu'était l'alcool, ils l'auraient sans doute engueulé pour commettre un pécher de boisson, religieux comme ils semblaient être.
C'est par manque d'alternative qu'il se retrouva donc à partager une sorte de purée de pomme de terre avec un Castiel qui l'écoutait avec l'air concentré d'un premier de la classe.
Il avait commencé par se plaindre des risques pris par Sammy, parce que Sammy était ce qui importait le plus. Mais il avait fini par parler de lui. Il n'aimait pas discussions mielleuses tournant autour des sentiments pourtant, mais à un moment ils parlaient de la manière dont il prévoyait d'aider la petite communauté, et le moment d'après, il se plaignait de se sentir trop à l'aise.
« Je suis un monstre. Je ne fais pas partie de votre monde, je ne fais même pas partie de votre espèce, et pourtant je me sens bien ici. Pas que maintenant, les fois précédentes aussi. La seule chose qui me faisait remonter c'était Sammy. Et la nourriture, la nourriture aussi est importante. Mec, cette purée est horrible, j'ai l'impression d'être un vieil édenté à la retraite à manger ça. »
« Tu es un spéléologue Dean. Et j'ai cru comprendre que tu avais grandi dans ce milieu. Il est donc normal que tu t'y sentes à l'aise. Quant à mon espèce… tu en fais partie… en quelque sorte. »
Ces derniers mots avaient été prononcés très silencieusement, l'Enkeli étant parfaitement conscient de la sensibilité du sujet. Dean se crispa.
« Man, je ne suis pas une putain de taupe comme vous, peu importe ce qu'était mon arrière grande tante ou je ne sais quoi. Je suis humain. »
« Les deux n'ont pas besoin d'être mutuellement exclusifs. »
« Si. Tu ne peux pas être deux choses aussi radicalement différentes à la fois. »
« Sinon tu es un monstre ? »
« Exactement ! Ce n'est pas normal. »
« Tu es le seul à être perturbé par cette information. Les autres s'en moquent. Sam semble trouver cette information appréciable. Personne ne te juge à part toi. »
« Ouai ? Et bien je me juge, moi. Ça remet tout en question. »
Castiel secoua doucement la tête.
« Qu'est-ce que cela remet en question ? Qu'est-ce que ça change ? » Il fit une pause. « C'est pour ça que tu nous aides ? Parce que tu à l'impression de nous devoir ça du fait de ta partielle appartenance à notre espèce ? »
« Non ! Non Cas, je vous aurais aidé quoi qu'il arrive. »
« Tu te sens coupable de préférer les souterrains à la surface. Tu as l'impression de trahir ta race. »
« Quoi ? Non je… well, peut-être un peu. Après tout, Sam et moi allons vous aider à saboter une entreprise humaine. »
« Régler le problème de cette entreprise permettrait d'éviter la guerre contre les humains souhaitée par les Apôtres, donc dans un sens, tu travailles toujours pour le bien de ton espèce. »
« C'est une manière de voir les choses… Pas comme si je pensais une seule seconde que vous puissiez représenter une menace. On a des pistolets. Des tanks. » sa voix se fit un peu rêveuse sur ce dernier mot, et il prit soudain un air dégouté. « Des avions aussi. Vous n'aimeriez pas les avions. »
« Je ne pense effectivement pas apprécier de ne plus être en contact avec le sol. »
« Tu sais ce qu'est un avion ? »
« Je te l'ai déjà dit, ce n'est pas parce que vous ignorez tout de nous qu'il en est de même de notre côté. Vous êtes une espèce particulièrement bruyante et invasive, il est difficile de vous ignorer. »
« Si vous étiez aussi bruyants et invasifs, vous ne seriez peut-être pas dans cette situation. » répliqua Dean d'un ton acide, désireux de défendre son espèce.
Castiel hocha doucement la tête en signe de reconnaissance.
« Notre espèce est pleine d'imperfections. »
« Ne me lance pas là-dessus. » marmonna le Winchester avant de réprimer un bâillement.
Il se sentait plus détendu qu'il ne l'avait été depuis le départ de Sam. Dean avait toujours été un être sociable. Ses coups d'un soir étaient plus la traduction d'une nécessité de contact physique que celui d'un appétit sexuel. Il avait besoin de proximité, que ce soit physique ou mental, et sous terre, entouré d'une toute autre espèce avec laquelle il partageait peu de choses, ces deux manques étaient difficiles à combler, surtout avec l'absence de son frère qui le remplissait d'inquiétude.
Parler avec Castiel lui avait fait du bon, lui faisait toujours du bon, parce que l'homme était capable de mener une conversation à la fois suffisamment sérieuse pour rassurer Dean, et à la fois suffisamment légère pour le détendre. Pris d'une impulsion soudaine, il passa sa main dans les cheveux de l'Enkeli, les hérissant plus que d'habitude. Il reçut en échange un regard traduisant une profonde perplexité et éclata de rire.
« Allez, couvre feu, il est temps d'aller dormir. Vous voulez que je fasse un raid à la surface pour que je vous récupère de la viande demain, va encore falloir que je traverse vos stupides rivières souterraines en trimbalant vos trucs. Longue journée en perspective. »
Castiel fronça les sourcils un peu plus intensément.
« La journée de demain ne sera pas plus longue que les autres Dean. »
Le spéléologue ébaucha un mouvement de main pour la passer une nouvelle fois dans les cheveux de l'Enkeli mais s'interrompit, lui frappant affectueusement l'épaule à la place avant de partir en direction du coin de caverne qui lui avait été assigné, râlant silencieusement contre l'absence de confort.
Il n'attendit pas d'être à l'extérieur pour appeler Sam et exécuta le numéro de son frère dès qu'il trouva de la réception. Peu désireux de noyer l'appareil dans la rivière qu'il avait à traverser pour remonter la surface, il avait choisi de le laisser, ainsi que quelques affaires, à quelques mètres de la sortie des galeries. Laissant la tonalité raisonner, il coinça le téléphone entre sa joue et son épaule tout en continuant l'avancée. A ce niveau, les tunnels étaient suffisamment larges pour qu'il puisse se déplacer presque aisément tout en soutenant une conversation.
Il était remonté jusqu'à là tous les jours depuis que son frère était parti pour être sûr que tout se passe bien. Pour le moment, c'était le cas, Sam ne s'étant pas encore lancé dans sa mission James Bondienne et il avait décroché immédiatement à chaque appel avec un « Allo Maman ? » exaspéré.
C'est pour cela que Dean ne s'inquiétait plus.
C'est aussi pour cela qu'il sentit son cœur se glacer quand il tomba sur le répondeur, une centaine de scénarii plus horribles les uns que les autres lui passant par la tête. Il raccrocha et exécuta immédiatement le numéro de Bobby.
« Quoi ? »
La voix agressive et familière de son oncle ne fit rien pour apaiser l'affolement du jeune homme qui ne s'embarrassa pas de politesse. Pas comme si Bobby s'en préoccupait de toute façon.
« Où est Sam ? »
« Du calme mon garçon, ton frère va bien. Du moins, il allait bien il y a quinze minutes quand il est parti pour être interviewé par la petite société contre laquelle tu avais mené ta manifestation. A ce propos, j'apprécierais quelques explications jeune homme. Je ne dis rien quand vous débarquez chez moi après que tu ais été considéré comme mort pendant plusieurs jours, je ne dis rien quand la police vient fouiller ma maison après tes petits tours d'activistes, mais j'aimerais bien savoir pourquoi un garçon sérieux comme ton frère vient me demander des faux diplômes d'avocat pour se faire engager je ne sais où. »
« C'est… c'est compliqué. »
« Oui, ton frère m'a dit la même chose. Mais je ne suis pas stupide. Vous croyez que je suis stupide ? Fils, c'est ce que vous pensez ? »
Le ton était bas et menaçant, et Dean déglutit difficilement.
« Non, non absolument pas Bobby. C'est juste… Cette entreprise menace la propriété d'amis communs et on… leur donne un coup de main disons. »
« Toi je ne dis pas, tu as toujours manqué de cervelle, mais ça doit être de sacrés amis pour que Sam se lance dans ce genre d'affaires. »
« Huu-um. » marmonna Dean, peu désireux de s'étendre sur le sujet.
« Tu sais que je ne vais pas me satisfaire de cette explication, n'est-ce pas ? »
« Oui, oui… On t'expliquera. »
« Vous avez intérêt. Ce n'est pas parce que vous êtes considérés comme des adultes par la loi que je ne peux plus vous punir comme quand vous étiez gosse, c'est compris ? »
« Oui. Hum… quand est-ce que Sam a dit qu'il reviendrait ? »
Dean se frappa mentalement devant l'absence de délicatesse de son changement de sujet. Bobby n'insista pas, parce que Bobby savait quand quelqu'un ne lui dirait pas la vérité, mais Dean savait aussi que son oncle n'abandonnerait pas la partie aussi facilement et que dès qu'ils se retrouveraient face à face, il n'aurait aucune chance de fuir avant d'avoir craché toute l'histoire.
« Aucune idée. C'est un entretien, et les documents que je lui ai donnés sont bons. Devrait pas prendre longtemps avant que le gosse se ramène avec un nouveau boulot. »
« Dis-lui de me rappeler quand il rentre. »
« Je le ferais. »
Un long silence s'installa.
« Tu es dans un endroit sûr, fils ? Tu as quelqu'un qui s'occupe de toi ? »
« Oui. J'ai un… hum des amis qui protègent mes arrières. »
« Les fameux amis que vous aidez ? »
« Yup. »
« Dis leur que s'il t'arrive quoi que ce soit, à toi ou à ton imbécile de frère, je les chasserai jusqu'au centre de la terre s'il le faut pour leur faire regretter leur manque d'attention. »
« Il le faudra probablement oui. » marmonna Dean avant de raccrocher.
Il tourna en rond aux alentours de l'entrée des grottes quelques instants avant de se décider à aller faire « les courses » en attendant le retour de son frère. Ce qu'il avait dit à Castiel la nuit précédente était vrai, il ne se sentait plus à sa place à la surface. Pas comme s'il s'y était vraiment senti chez lui à un moment donné. Il suivait son père dans les galeries depuis qu'il avait quatre ans, et y avait probablement passé plus de temps qu'à l'école ou à sortir au cinéma comme des enfants normaux. Jusqu'à maintenant, il ne s'était jamais senti à sa place nulle part. Il n'appartenait pas à la surface, mais sous terre, même s'il appréciait la solitude, elle devenait trop pesante pour qu'il s'y sente totalement à l'aise. Maintenant, avec Castiel et les autres Enkelis il se sentait à sa place sous terre, comme si c'était aux profondeurs qu'il appartenait maintenant.
C'était la deuxième fois qu'il avait à faire ça, ravitailler la petite population en viande. Comme ils avaient perdu contact avec leur fameux berger, c'était la denrée la plus nécessaire. Tout en parcourant les allées, il prit mentalement note du fait qu'il faudrait qu'il se penche sur le sort de ce fameux Bathazar. Rien ne lui disait que l'homme, probablement fou d'après les dires de Castiel, ne s'était pas rangé du côté de la Cène, mais toute information serait utile.
Il récolta pensivement la viande la moins chère possible et l'entassa dans la glacière qu'il avait apportée. Toute cette histoire commençait à lui couter. Il était en arrêt de travail post-déclaré mort mais les chèques compensatoires n'allaient pas durer indéfiniment, surtout s'il restait éloigné de son travail longtemps. Il saisit quelques salades au passage parce que quoi qu'il puisse dire sur les habitudes alimentaires de lapin de son frère, les patates et autres tubercules étaient appréciables tant que d'autres aliments étaient disponibles.
Il jeta ses courses dans le coffre de l'Impala et entreprit de se balader dans la ville. Il savourait un délicieux hamburger au pain moelleux et à la viande bien juteuse quand son téléphone sonna.
« Sammy ! Enfin passé à l'action. »
« Ne m'appelle pas Sammy. Tu parles au nouvel avocat régional de la célèbre compagnie Hell&Hound, un peu de respect. »
« Oh ! bon travail petit frère. Ça te dit de rejoindre ton grand frère pour célébrer ça devant une bonne bière ? »
« Tu ne dois pas boire quand tu travailles Dean. »
L'aîné Winchester gémit.
« Mais je suis toujours au travail Sam, je vis sous terre pendant la durée de la mission. »
« Tant mieux. Je suis sûre que l'abstinence te fera le plus grand bien. Je t'offrirai des jetons si tu veux. »
« Moque-toi. » grogna Dean avant de reprendre plus sérieusement. « Alors, tout s'est bien passé ? Je suis toujours contre cette idée tu sais. »
« J'avais compris les dix premières fois oui. Tout s'est passé sans problème. Il se trouve qu'ils avaient justement besoin d'un nouvel avocat spécialisé dans la question de la protection de l'environnement. Ta petite manif a éveillé des protestations dans tout l'état et ils doivent faire fasse à quelques procès. »
« Attends… Procès ? Sam, tu ne peux pas faire de procès. Les papiers faits par Bobby sont bons, mais pas au point de passer l'examen d'un tribunal ! »
« Relax Dean, je ne suis que l'avocat assistant. Je gère les plaintes, c'est ma supérieure qui s'occupe des cas qui deviennent sérieux. »
« Oh, ta supérieure… J'ai toujours trouvé que tu avais le look de la jolie secrétaire. »
« Ferme-là crétin. »
Dean hésita à le titiller en lui demandant s'il comptait suivre le scénario des pornos classiques en couchant avec sa supérieure, mais se dit que si tôt après Jess, la moquerie risquait de mal passer. Il était un imbécile, mais il n'était pas cruel. Quand les choses concernaient Sam, il était même capable d'une grande sensibilité.
« Alors, personne ne t'a reconnu ? T'as pas croisé le britannique bizarre ? Ou l'autre fille dont tu m'as parlé là… Meg quelque chose. »
« Non, rien à signaler. Je n'ai eu à rencontrer personne d'autre que Ruby, l'autre avocate. Elle est assez gentille, n'a pas posé de problème. Elle donne même l'impression d'être vaguement concerné par tout le truc autour de l'environnement. »
« Et ton travail de biologiste ? »
« C'est surtout de la recherche, je ne suis pas sûr que qui que ce soit se rende compte de mon absence. Je me pointerai juste au labo de temps en temps pour qu'ils ne pensent pas que j'ai était kidnappé par des aliens, c'est tout. »
« ça veut dire que tu vas recevoir deux salaires ? Mec, tu vas devoir m'entretenir, moi et Baby. Je vais commencer dès aujourd'hui à payer l'essence avec ta carte. »
« T'as pas intérêt ! »
Dean éclata de rire et mordit une nouvelle fois dans son burger.
« A part ça champion, tu prévois de faire quoi maintenant que tu as réussi ton infiltration ? »
« J'ai déjà fait un peu de repérage… Il n'y a rien d'intéressant à mon étage, mais j'ai repéré le bureau de la patronne en chef, Abaddon, je pense que s'il y a des documents importants, c'est de ce côté qu'il faut chercher. »
« Dude. Abaddon ? Je suis presque sûr que c'est le nom d'un dieu exterminateur ou je ne sais quoi. Impossible que ce soit vraiment son nom. »
« Probablement pas, comme il n'y a aucun prénom ou nom de famille pour aller avec. Quoi qu'il en soit, elle fait assez peur. Je pourrai pas me risqué à quoi que ce soit tant qu'elle est dans les parages, je suis à peu près sûr qu'elle pourrait me dévorer. »
« Dans le bon ou le mauvais sens du mot dévorer. »
« Probablement les deux. »
« Oh Sammy ! Tu ne protestes pas à un sous entendu tendancieux. Cette femme doit vraiment être effrayante. »
« Tu ne peux même pas imaginer. »
La discussion continua quelques minutes avant qu'ils ne raccrochent après avoir vaguement évoqué le sujet de Bobby et décidé d'un commun accord qu'ils repousseraient les explications à un temps aussi lointain que possible.
Dean se remit en route, à la fois agacé et heureux de retourner dans les galeries. Faire le chemin du retour en trimbalant des kilos de viande était vraiment peu pratique.
Arrivé au niveau de la rivière souterraine, il fronça les sourcils. La dernière fois qu'il avait eu à faire ça, Castiel était venu pour l'aider à transporter le chargement, et il lui avait dit qu'il serait là cette fois aussi. Mais il n'y avait personne. Il secoua la tête pour chasser la petite vague d'inquiétude blottit dans son estomac et haussa les épaules. Les Enkelis avaient une conception très personne du temps, Castiel ne s'était sans doute pas encore mis en route.
Le sentiment de gène dans son estomac ne le quitta pas pendant qu'il se préparait à l'immersion, et un sentiment désagréable nichait à l'arrière de sa tête.
Il avait passé tellement de temps à l'ignorer quand il parlait avec des Enkelis qu'il mit plusieurs secondes avant d'identifier l'impression.
Un éboulement.
Cette sensation était son « sixième sens », celui qui lui signalait l'arrivée imminente d'un éboulement ou d'une quelconque perturbation dans la roche. Pamela lui avait expliqué que c'était simplement l'effet sur son organisme d'un infrason particulièrement bas et long.
Il recula au centre de la petite caverne pour être le plus à l'abri. Il y avait peu de chance que le plafond lui tombe sur la tête, les parois par contre, c'était une toute autre histoire.
Plusieurs minutes passèrent et rien ne se produisit, mais le sentiment de gène était toujours bien présent.
Il décida de continuer, mais abandonna les provisions dans un coin de la caverne. Si quelque chose se passait mal, il voulait pouvoir bouger librement.
Il parcourut les derniers mètres menant à la ruche avec une anxiété croissante. Rien à signaler dans la grande cave vide.
Les choses s'agitèrent quand il entra dans la galerie menant au refuge des rebelles.
Il aperçut Castiel, guidant les Enkelis vers la sortie. La plupart étaient couverts de terre. Le brun lui-même était tout poussiéreux et couvert de légères blessures.
« Cas ? Cas, qu'est ce qu'il s'est passé ? »
L'Enkeli serra les dents au son de la voix de Dean qui s'était fait légèrement plus aigüe à cause de la panique. Le spéléologue fit un effort pour retourner à une fréquence plus basse.
« Il y a eu un éboulement ? »
« En effet. Mais ce n'était pas un phénomène naturelle, nous l'aurions tous entendu venir. Je soupçonne que les membres de la scène et leurs alliés nous aient trouvé et que ceci soit leur première attaque. »
J'espère que ce chapitre vous a plu ! Un peu d'action dans la suite qui arrivera avant la fin du mois (oui, j'ai plus de cours qu'avant, donc moins de temps pour écrire !) Et cette fois je n'oublierai pas de compter les jours.
Au fait, si l'un d'entre vous possède une copie (digitale ou paper) de "Who we are. A history of popular nationalism" qu'il puisse me fournir (ou simplement les pages non accessible sur google book), je l'épouse, je lui écris une fic, je lui envoie des fleurs, comme vous voulez. Je me fais pas trop d'illusions mais hey !
J'espère que vous allez tous bien et que vous survivez à l'absence de destiel dans les derniers épisodes de la série.
Bisous !
