Aussitôt la porte du bunker s'ouvrit que Rose se leva pour s'y rendre. Mais ce qu'elle vit lui retira le sourire qui s'affichait sur son visage. John Watson et Dean Winchester soutenaient un Docteur à moitié évanoui tandis que Sherlock Holmes leur ouvrait la voie.
— Ne restez pas dans le passage, beugla le londonien à la blonde.
Elle se dégagea, mais resta interdite, s'attendant sans doute au pire. Elle vit les quatre s'engager dans un couloir et là, alors que son Docteur disparaissait, elle se précipita à sa suite en hurlant son nom. Sam la rattrapa et lui prit la poignet pour l'empêcher de rentrer dans la chambre de l'aîné Winchester, mais elle se débattait avec force en criant et pleurant. Lorsque Dean et Sherlock furent sortit, ils l'emmenèrent dans la salle principale où elle pu se calmer.
— Que s'est-il passé ? demanda alors Sam.
— Les Daleks n'ont pas été très coopératifs, avoua Dean en s'asseyant brutalement.
— Le Docteur va bien ?
— J'en ai aucune idée, répondit son frère, il nous a dit qu'un de ses cœurs avait cessé de battre.
Rose laissa échapper un sanglot et tous l'observèrent en silence, terrifié par ce que cette annonce signifiait.
— Comment vous sentez-vous ?
John parlait à voix basse pour ne pas effrayer le Docteur. Il était pâle, de la sueur coulait sur ses tempes, mais ses cœurs étaient repartis après une longue série de massages cardiaques.
— Mieux, merci, répondit l'alien. C'est la première fois que c'est aussi douloureux.
— Ça vous ai déjà arrivé avant ? demanda Watson, surprit.
— Oh oui ! Vous savez, j'ai plus de neuf cent ans, ce n'est pas la première fois que je frôle la mort.
Le londonien acquiesça et s'assit sur une chaise à côté du lit du Docteur. Il l'observa et posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs heures déjà.
— On ne rentrera jamais, n'est-ce pas ?
Le Seigneur du Temps se tourna vers son acolyte et soupira.
— Sur Terre, vous voulez dire ?
— Chez nous.
Le Docteur déglutit et tenta de se redresser, mais au vu de la grimace qu'il faisait, John lui conseilla de rester allongé encore un peu.
— Non, malheureusement, avoua le Docteur en reprenant place. Si une brèche s'ouvre à nouveau, je pourrais essayer, mais ça ne risque pas d'arriver de sitôt.
John soupira et passa une main sur son visage.
— Je ne vous laisserai pas seuls, dit alors le Docteur, conscient de la détresse de son sauveur. C'est de ma faute si vous êtes ici alors, je suis responsable de vous – dans le sens qu'il faut que je vous trouver un logement et sûrement une nouvelle identité.
— Une nouvelle identité ?
— Ici, vous êtes connus pour être des personnages de romans. Il faut que vous passiez inaperçu. J'essayerai de vous trouver des pseudonymes qui ressemblent à vos noms.
— Mais nos papiers ? s'inquiéta John. Il nous faut des papiers.
— J'y ai déjà songé, dit le Docteur avec un clin d'œil. Du papier psychique devrait faire l'affaire. Pour moi, ce papier est vierge. D'ailleurs, je pense que Sherlock devrait le voir blanc également, mais pour les humains normalement composés, il y apparaît ce que vous désirez - badge de police, fausse carte d'identité, ect.
— C'est illégal, s'indigna le londonien.
— Ça l'est si vous tombez sur une personne sur laquelle le papier psychique ne fonctionne pas, expliqua le Seigneur du Temps. Mais rassurez-vous, il y a très peu de personnes qui peuvent voir le papier blanc.
John soupira de nouveau et finit par se lever.
— Je pense qu'on devrait y retourner, dit-il.
— Je suis désolé.
Le docteur se tourna vers le blessé avec un regard interrogateur.
— De vous avoir entraîné dans tout ça, continua l'alien. Vous ne le méritiez pas et je vois à quel point ça vous affecte, à quel point vous ne vous sentez pas à votre place. Et pourtant, vous n'imaginez pas à quel point vous êtes essentiel.
John rit et tourna le dos à son interlocuteur.
— Sans vous, je serez mort aujourd'hui.
— Quelqu'un d'autre pouvait vous sauver.
— Peut-être bien, avoua franchement le Docteur. Mais personne ne l'a fait. Vous avez réanimé mon cœur. Vous m'avez sauvé. Vous êtes utile et vous le serez toujours.
— A part à vous sauver, à quoi je sers exactement ?
— Vous savez étudier vos ennemis. Vous savez élaborer des plans pour les vaincre. Vous savez vous battre et vous êtes médecin, bon sang ! Pour vous, cela ne signifie donc rien ?
— Vous avez tous de meilleures aptitudes que...
— Je refuse de vous laisser dire cela, l'interrompit le Docteur. Vous êtes une pièce essentielle du puzzle. Et puis, concrètement, si vous étiez parti, vous pensez sérieusement que Sherlock serait rester avec nous ? Vous pensez que Dean ou Sam m'auraient sauvé la vie ?
John se résigna à répondre, son cerveau était en ébullition.
— Je ne peux pas vous laisser vous rabaisser. Il est vrai que jusqu'ici, on a peu fait appel à vous. Mais sans vous, la mission échouera parce que vous avez du bon sens et vous savez prendre les décisions pour le groupe, ce qui n'est clairement pas le cas des Winchester qui ne pensent qu'à se sauver mutuellement.
— Vous aussi vous pensez aux autres.
— Je ne pense qu'à ne pas faire de victime, à ne pas tenir d'arme, ne pas tuer une civilisation. Vous, vous voyez les choses autrement. Vous avez vu et fait des choses qui vous ont marqué. Votre regard est important.
John ne répondit pas et se contenta d'un hochement de tête. Il se dirigea ensuite vers la porte, mais avant de la passer, il se tourna vers le Docteur qui lui disait une dernière phrase :
— On a besoin de vous.
Puis, il referma la porte derrière lui.
