SAUVETAGE ACCIDENTEL

CHAPITRE 11


La vie c'est des étapes…

La plus douce c'est l'amour…

La plus dure c'est la séparation…

La plus pénible c'est les adieux…

La plus belle c'est les retrouvailles.

Anonyme


Kalm. Appuyée contre des remparts avec ses maisons hautes à colombage, la petite ville avait des airs d'ancienne citée médiévale. Hormis la large place centrale, où s'élevait un ancien réacteur à Mako, les ruelles qui serpentaient entre les maisons étaient étroites, voire parfois exigüe, mais non sans charmes et d'une propreté irréprochable. Des jardinières fleuries ornaient chaque fenêtre, donnant à la ville une touche bucolique, et faisant régner dans ses rues une atmosphère de parfaite tranquillité.

En bref, le village parfait et sans histoire. Du moins en apparence.

Car d'après Cloud, son économie avait été principalement basée sur l'exploitation des mines de Mytrill à l'extérieur de la ville, avant d'être brusquement cessée à cause de la présence de Zoloms, des monstres ressemblant à de gigantesques serpents. Un coup dur pour la petite ville.

Par la suite, Kalm avait connu beaucoup d'autres agitations, car malgré sa proximité avec Migdar, la petite ville ne fut pas détruire lors de la chute du Météore, et du accueillir bon nombres de réfugies. Ne comportant que quelques échoppes, un pub et une auberge, Kalm du s'agrandir afin de pourvoir au nombre grandissant de réfugiés. De ce fait, la population tripla et en dépit de l'élan de solidarité, cela engendra des tensions; chose normale, la petite ville ne pouvant accueillir en son sein toute la population de Midgar. Aussi la volonté de construire une nouvelle ville naquit et c'est ainsi qu'Edge vit le jour. Si nombres de réfugies partirent ainsi vers Edge avec l'espoir d'une nouvelle vie, certains restèrent au contraire à Kalm, permettant à la ville de retrouver son aspect florissant et tranquille.

« Donc pour finir, hormis un établissement de soin pour les gens atteins des géo-stigmates et quelques nouveaux commerces, finit Cloud, Kalm est redevenu ce qu'elle était autrefois…

- Une ville ennuyeusement tranquille ? fis-je avec malice.

- Oui, répondit Cloud, un sourire dans la voix. Mais parfois c'est ce qu'il faut…. »

Hochant la tête à cette explication, je remarquais qu'à notre passage, les gens se retournaient quelques fois en saluant Cloud d'un signe de la main. Nul doute qu'il devait être connu pour son service de coursier livreur. Les routes ayant été en majorité détruites par la Rivière de la vie et les monstres rodant toujours, parcourir le monde n'était pas à la portée de n'importe qui.

La seconde d'après, Fenrir ralentit et finit par s'immobiliser. Avisant le bâtiment devant lequel nous nous étions arrêtés, je levais les yeux vers l'enseigne en fer forgé.

« C'est içi ? » demandais-je en voyant Cloud descendre.

Le jeune homme hocha la tête. Puis me proposa son bras afin de m'aider à descendre. Toutefois au moment où j'allais mettre mon pied valide à terre, la porte d'entrée de l'établissement s'ouvrit soudainement et la seconde d'après, un homme fut brusquement éjecté dans un cris plaintif, atterrissant la seconde d'après sur son séant.

Surprise, je regardais l'homme se redresser, la mine légèrement hagarde. Puis levais les yeux en direction de l'établissement, où un homme barbue et à l'envergure svelte mais athlétique, se dessina dans l'encadrement de la porte d'entrée

« Et que je ne vous revois plus ici ! cria-t-il d'une voix menaçante à travers son épaisse barbe brune. Les fouineurs dans votre genre, je n'en veux pas dans mon établissement ! »

Blême, l'homme hocha vivement la tête, et épousseta ses vêtements. Lorsqu'il se retourna, une expression renfrogné se dessina sur son visage à notre vue, visiblement mécontentant de s'être laissé malmener ainsi en public, mais percevant le visage fermé de Cloud ainsi que l'éclat irréel de son regard, la crainte le dissuada de faire la moindre remarque à notre encontre. Il se détourna donc et partit sans un mot.

Reportant alors mon attention sur le tenancier de l'auberge dans un haussement de sourcil dubitatif, je le vis remarquer notre présence.

« Ah, Cloud ! s'exclama l'aubergiste, toute trace de colère ayant disparu dans sa voix. Content de te revoir. Une livraison à faire ? Ou bien aurais-je oublier de te régler la dernière en date ?

- Non, ne t'inquiète pas ! le rassura Cloud dans un bref sourire, tandis que l'homme s'était avancé pour échanger une paire de poigne. Tu es à jour dans les comptes. C'est Vincent, que je viens voir. »

L'aubergiste hocha la tête.

« humm, je vois… »

Puis remarquant ma présence, il fronça les sourcils, ses yeux d'un bleu vif, presque familier, se plissant légèrement.

« Stagiaire ?

- Non », répondit Cloud dont le visage se ferma aussitôt.

Se tournant vers moi, le jeune homme fit alors les présentations officielles.

« Voici Leif, c'est un ami de longue date. Et un excellent client pour qui je fais de très nombreuses livraisons. »

A ces explications, j'hochais la tête. Puis me présentais à mon tour, tendant la main. L'homme me serra un bref instant la main, puis nous invita à rentrer.

« Vincent s'est absenté il y a quelques minutes, nous signala-t-il en s'immobilisant toutefois sur le seuil. Il m'a dit qu'il n'en avait pas pour longtemps. Je suppose qu'il rentra sous peu… »

J'échangeais un bref regard avec Cloud mais celui-ci ne pipa mot, se contentant de passer un bras autour de mes aisselles pour m'aider à marcher. Une fois à l'intérieur de l'établissement, me voyant avancer en claudicant sur un pied, Leif fronça les sourcils.

« Un problème ?

- Une simple entorse, répondit Cloud. Nous avons eu quelques soucis en court de route.

- Des Zoloms? s'inquiéta Leif. Leurs nombre semblent s'être accrus cette année. Avec tout ce qui s'est passé dernièrement, personne n'est allé détruire les nids. Cela ne m'étonnerait pas que tu en aies rencontré quelques uns en venant ici… »

Je lançais un regard en coin à Cloud. Ce dernier me répondit par un froncement de sourcils. Message reçu. Leif ne semblait pas au courant de la situation. Comme n'importe qui, de toute façon.

« Et sinon, comment va Tifa ? demanda Leïf.

- Bien, répondit Cloud d'une fois affable. Elle s'occupe des enfants et gère le bar…

- Le petit est toujours vivant ? »

Outrée qu'il puisse parler de Denzel en ces termes, j'esquissais un mouvement d'indignation, mais le regard que Cloud me lança me tint au silence.

« Oui. Mais il semble avoir retrouvé en force. Ses crises sont de moins en moins fréquentes… »

L'aubergiste hocha la tête.

« C'est bien. Cette saleté ne cesse de faire des ravages. Avant-hier, au centre de soin, nous avons perdu cinq personnes, et trois cette nuit. »

Un frisson me traversa l'échine. Puis percevant l'air sombre de l'aubergiste, Cloud fronça légèrement les sourcils.

« Des enfants ? » demanda-t-il.

Leif hocha la tête.

« Oui, deux. Une fillette de huit ans, et un garçon de onze ans. »

Il soupira.

« C'est malheureux à dire, mais personne ne les a réclamés. Ils finiront tous dans les fosses communes… »

Mon sang se glaça. Des fosses communes ? L'image de corps dénudés et amaigris entassés les uns contre les autres me traversa l'esprit, inspiré par les d'archive datant des centres de concentrations de la seconde guerre mondiale. N'y avait-t-il donc aucune compassion et aucun respect de la dignité dans ce monde-ci ?

« Comment ça dans fosses communes ? » Demandais-je d'une voix blanche.

L'aubergiste me lança un regard surpris, et ne comprenant pas, je lançais un regard à Cloud.

« Les familles refusent parfois de récupérer leurs proches, m'expliqua Cloud. Elles ont peur d'être contaminés à leurs contacts. Pour d'autres, c'est qu'il n'y a tout simplement plus personne.

- Mais c'est inhumain ! m'écriais-je. Comment pouvez-vous traiter vos morts avec autant d'indifférence et de monstruosité ?

- Nous ne traitons jamais un mort avec indifférence et monstruosité ! s'indigna Leif. Ne crois-pas que nous jetons les corps dans les fosses comme de vulgaires déchets ! Au contraire, nous en prenons soin. Ils sont rassemblés les uns avec les autres et sont mis en terre avec dignité !

- Désolée ! m'excusais-je aussitôt en baisant les yeux. Je pensais que…

- Non. Nous sommes des êtres civilisés, fit Leif avec dureté. Et bien que les géo-stigmates soient un fléau terrible, nous avons quand même le devoir de respecter nos morts. »

Il émit un court silence, avec de reprendre.

« Toute fois, je dois admettre, qu'il y a une rumeur qui circulent depuis quelques jours, évoquant la possibilité d'installer un genre de bennes dans les grandes villes pour y placer ceux qu'on trouve dans les rues, et qui seraient ensuite directement emmenées à des crématoriums. »

Cloud fronça les sourcils.

« Comment cela ? demanda-t-il durement.

- C'est une rumeur, raconta Leif. Une entreprise de pompe funèbre, où une société du même genre. Mais c'est une chose que nous ne verrons jamais à Kalm. Ce serait destituer l'homme de son statut d'être humain, et le réduire à une chose inexistante…. »

Je baissais les yeux. En cas de crise, l'humanité en dépit de toutes les belles choses dont elle était capable, pouvait tout aussi bien se montrer bien cruelle. Inhumaine. L'instinct de survit primant sur tout le reste, au détriment des autres et de la morale. L'histoire de mon monde nous l'avait prouvé. J'osais espérer qu'il en serait différemment dans ce monde-ci. La Shinra avait certes, causé beaucoup de mal et de souffrance, d'horreur, mais si la population se livrait elle-même à ce genre de choses, alors elle ne valait pas mieux que l'entreprise qu'elle accusait de tous les maux et qu'elle critiquait avec autant de ferveur.

« Quoiqu'il en soit, une chose est certaine, reprit Leif. Les géo-stigmates ne sont pas une maladie naturelle. C'est beaucoup plus cela…. »

Imperceptiblement, Cloud se raidit.

« C'est lié à Jenova, n'est ce pas ? » demanda l'aubergiste.

Surprise, j'esquissais un mouvement. Comment savait-il ? Et ma surprise s'accru, lorsque Cloud affirma d'un hochement de tête.

« Il s'agissait pour Sephiroth d'un moyen pour revenir à la vie, expliqua-t-il.

- Il a réussit je suppose ?

- Cloud ! » tentais-je, ne comprenant pas.

Qui était Leif ? Ce n'était pas un simple aubergiste. Pas après ça. Pas avoir parlé aussi librement de Jenova et de Sephiroth. Ne comprenant pas, je regardais tour à tour les deux hommes. Et semblant comprendre mon mal aise, Leif lança un coup d'œil à l'ancien Soldier.

« Tu ne l'as pas prévenue ? lui demanda-t-il.

- Non.

- Me prévenir de quoi ? » m'exclamais-je agacée.

Je dévisageais alors attentivement Leïf, prenant le temps de le détailler. De carrure svelte, le jeune homme dont la barbe vieillissait les traits d'une dizaine d'année, avait toute fois les épaules larges. Sous sa chemise s'imprimait une musculature sèche, roulant sous une peau tannée par le soleil, que laissait voir ses manches courtes. Ses jambes était parfaitement bien ancrées au sol, signe d'assurance et de confiance en soit, et lorsque mon regard rencontra le sien, d'un bleu vif, semblable à celui de Cloud, je compris aussitôt.

« Vous êtes un ancien Soldier ! » m'exclamais-je, en écarquillant les yeux.

Leif hocha la tête.

« Oui. Seconde Classe, répondit l'aubergiste en haussant les épaules. Peu de temps après les événements de Nibelheim, j'en ai profité pour démissionner afin d'essayer d'aider un ami…mais sans succès. »

Voyant Cloud hocher la tête à ces propos, je sentis mon cœur rater un battement. Se pourrait-il que…

« Je n'aurais jamais pu quitter la Shinra en temps normal, continua Leif d'une voix sombre, mais étant donné la situation catastrophique au sein du SOLDIER, je suis passé au travers les mailles du filet. Depuis j'ai changé d'identité et je me suis construit une nouvelle vie… »

Il désigna d'un mouvement de main, l'ensemble de l'établissement.

« Après avoir été mercenaire quelques temps, j'ai repris cette auberge à un vieillard sans héritiers, et depuis je mène une vie simple et beaucoup moins compliqué…

- Comment avez-vous rencontré Cloud ? demandais-je en fronçant les sourcils.

- Le hasard des choses ont fait qu'après la chute du secteur 07, c'est ici que nous nous sommes réfugiés, expliqua le concerné dans un mince sourire.

- Mais j'avais plus ou moins compris qui était Cloud, fit Hermann, en souriant à travers sa barbe. Car en le voyant, je me suis souvenu de lui, lorsqu'il n'était qu'un simple fantassin. Mon ami et lui s'étaient rencontrés lors d'une mission à Modeoheim. Et il m'était arrivé, à la suite de cette mission, de les croiser à plusieurs reprises ensembles. Ils faisaient bien la paire… »

Zack, réalisais-je en écarquillant légèrement les yeux ! Il parlait de Zack ! Se pourrait-il qu'il soit donc celui que je pensais ?

« Mais lorsque je l'ai vu apparaître à mon auberge avec ses amis, continua-t-il en se tournant vers Cloud. Même, si je l'ai tout de suite reconnu, ce ne fut pas son cas… »

Qu'il soit…Kunsel ! Ca ne pouvait être que lui ; car après les événements de Crisis Core, le jeune homme avait totalement disparu, et n'était mentionné nulle part dans les autres compilations. De plus, comment pourrait-il être sinon au courant pour Jenova et Sephiroth ?

« Désolé ! persifla Cloud d'un ton ennuyé. Mais ma mémoire était quelque peu embrouillée… »

Leif-Kunsel lui fit un signe de main, apaisant, nullement rancunier.

« Toutefois, j'ai vite compris qu'ils étaient dans le pétrin, continua-t-il. Et j'ai préférer ne pas m'en mêler. J'ai eu peur à l'époque de voire resurgir mon propre passé. Tous ces morts, ces disparitions… »

Il secoua la tête d'un air affligé.

« C'est finalement lorsque Cloud a monté son entreprise de livraison, et qu'il ait venu me proposer ses services, que j'ai eu le courage de lui parler de notre passé commun au SOLDIER… »

J'hochais la tête. Ainsi c'était vraiment lui. J'avais donc à faire à un parfait revenant. Qui l'aurait-cru ? Le Soldier dont le visage avait toujours été dissimulé par son casque avait bien changé. Une véritable métamorphose. Pas étonnant que la Shinra ne l'ait pas retrouvé. Avec sa barbe broussailleuse et sa peau cuivrée, sa chemise usée dont les manches étaient retroussées sur les avants bras ainsi que son tablier d'aubergiste, il était très loin de l'image que l'on pouvait se faire d'un ancien Soldier.

« Donc, je dois vous appeler comment ? Par votre ancien nom, ou juste Leif ? demandais-je en fonçant légèrement les sourcils.

- Son ancien nom n'a plus lieu d'être, fit Cloud, légèrement réprobateur. Il appartient au passé. »

Et le passé avait parfois de drôle de manières de resurgir, ne pus-je m'empêché de penser en lui lançant un regard en coin, qu'il ignora ostensiblement. Toute fois, Leif ne sembla pas penser la même chose, car croisant les bras, l'ancien Soldier braqua ses yeux bleus sur le jeune homme.

« Elle peut m'appeler Kunsel si elle le souhaite, déclara-t-il. Bien que j'admets préférer Leif. Puis se tournant vers moi il ajouta : Il s'agit d'un surnom que m'a donné le vieux qui m'a vendu l'auberge, expliqua-t-il en se tournant vers moi. Dans sa langue natale, cela veut dire 'Fils'* »

J'hochais la tête. Puis cette parenthèse close, Leif, ou Kunsel, reporta son attention sur Cloud, un sourire cynique s'étirant sur ses lèvres.

« Tu souhaite oublier le passé, mais quelque chose me dit, que ta visite est justement en rapport avec ce passé. Ce n'est pas une visite de courtoisie. Cela n'a jamais été votre genre, que ce soit toi ou Vincent… »

Le remarqua eut le don d'arracher un bref rictus à Cloud.

« Tu dis que Sephiroth est de retour ? continua l'aubergiste. Pourquoi, que veux-t-il ? La même chose que la dernière fois ? Dans ce cas, pourquoi venir ici, plutôt que de partir à sa recherche ?

- Nous ignorons où il se trouve, lâcha Cloud dans un froncement de sourcils.

- Mais ce n'est pas tout, n'est ce pas ? » devina durement Leif.

Un bref silence passa puis décidant que Cloud avait assez tourné autour du pot comme ça, je m'avançais d'un pas, ignorant ma cheville douloureuse.

« Sephiroth me recherche, annonçais-je de but en blanc. S'il est de retour, c'est en partie de ma faute. J'ignore ce qu'il me veut, mais il a envoyé ses incarnés me chercher…

- Elina ! intervint Cloud.

- On lui doit la vérité ! me défendis-je. C'est un ancien Soldier, et il connaissait surement Sephiroth ! Il a le droit de savoir ! D'autant plus que si Loz et Yazoo me cherche, il doit savoir à qui il a faire…

- Elle a raison ! me soutint Leif. Je ne suis peut être plus qu'un simple aubergiste, Cloud, mais je reste, et serais toujours au fond un soldat. J'ai été entraîné à me battre et à tuer. On n'efface pas cela de son identité….

- Je ne voulais pas te mêler à ça…

- Pas quand des ennemis peuvent d'un moment à l'autre entrer dans mon établissement, » contra Leif durement.

Il me désigna d'un hochement de tête.

« D'autant plus que s'ils la cherchent véritablement, elle risque de mettre ma clientèle en danger. Imagine qu'ils fouillent l'hôtel. Je sais très bien comment une descente peut déraper, et si c'est gens là sont liés à Sephiroth, comme tu le dis, je ne suis pas sûr qu'ils s'embarrasseront à avoir des scrupules… »

Un silence s'imposa soudainement à la suite de ses paroles, et je me sentis subitement mal à l'aise. Je me tournais vers l'ancien Soldier.

« Cloud, commençais-je. Je ne veux pas que d'autres personnes soient en danger à cause de moi…

- Nous n'avons pas le choix, m'interrompit-il durement.

- Tu sais très bien qu'ils finiront tôt ou tard par me retrouver ! » le contrais-je.

Ma déclaration engendra un nouveau silence. Glacial cette fois-ci, et alors Cloud me dévisageait avec colère, je pus voir son accusation silencieuse. Et alors ? Que feras-tu ? Nous trahiras-tu et me donneras-tu raison ? Je détournais le regard dans un soupir. Oui. Et il le savait très bien. Toute cette situation n'était qu'une grossière mascarade.

« Quand reviendrez-vous me chercher ? demandais-je néanmoins.

- Lorsque nous aurons éliminé la menace, répondit-il. D'ici là, essaye de te faire discrète… »

Je serrais les poings. Mais ne dis cependant rien. Contrairement à Leif, qui dans un froncement de sourcils, exprima son désaccord.

« Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée, mais je suppose que si tu la dépose ici c'est que tu n'avais le choix ? »

Cloud hocha la tête. Résigné, Leif acquiesça à son tour.

« Et bien, je suppose que je pourrais leurs réserver un accueil exemplaire. Ils ne s'attendront certainement pas à être reçus par un ancien Soldier… »

La remarque me tira un bref sourire, mais n'eut pas plus de succès. Une seconde de flottement s'écoula durant lequel on aurait pu entendre un ange passer, puis voyant qu'il n'y avait plus rien à dire, Cloud se redressa sur son séant. Hochant la tête dans un signe de salut, il se détourna alors et le voyant partir en direction de la sortie, j'écarquillais les yeux.

« Hé, tu ne peux pas t'en aller comme ça ! » m'exclamais-je.

Le jeune homme s'immobilisa et pivota légèrement, me jetant un regard par-dessus son épaule.

« Comment ça ?

- Bah, tu aurais pu au moins m'aider à m'installer ! m'indignais-je. Et puis ma cheville ! »

Puis me tournant vers Leif.

« Vous avez une chambre de disponible au moins ?

- Oui, répondit ce dernier dans un hochement de tête.

- Je n'ai pas le temps, j'ai des livraisons à effectuer ! répliqua Cloud en se renfrognant. Et Vincent n'aura qu'à regarder ta cheville ! »

Et Garrus Vakarian disait qu'il avait des calibrations à faire sur le moteur à propulsion et le système d'armement *, pensais-je en fronçant les sourcils.

« Je ne suis pas un colis ! » grimaçais-je toutefois.

Et pourtant alors qu'il haussa simplement les épaules en reprenant sa route, j'eu clairement l'impression d'en être un.

« Cloud ! » m'écriais-je outrée.

Pas de réponse. Le jeune homme leva le bras, en unique guise de salut et s'en alla sans un mot. Enflure ! Je crispais les poings et sentis soudainement sous la colère des étincelles crépiter autour de mes poings. Leif leurs lança un bref regard inquiet, mais ces dernières disparus aussitôt lorsque je pris conscience de la chose.

« Désolée ! Fis-je en esquissant un sourire embarrassé.

- Tu n'es pas la seule ! répondit l'intéressé. Dans cette histoire, nous sommes deux à ne pas avoir le choix.

- Je n'aurais jamais cru que Cloud irait à agir comme ça, grimaçais-je.

- Moi aussi. Mais étant donné la situation, c'est assez exceptionnel », relativisa Leif, en dépit de son air sombre.

Une minute de silence passa, puis semblant se reprendre, il désigna ma cheville.

« Je suis désolé, mais je n'ai pas de matéria soins, annonça-t-il. Le centre de soin les a toutes réquisitionnés pour soulager les malades. Mais il me semble que Vincent à les siennes. Je peux te menez à sa chambre, si tu le désire. Tu n'y auras qu'à l'y attendre… »

J'hochais la tête.

« ça me convient parfaitement ! »

L'ancien Soldier hocha à son tour la tête, mais me prêtant son appuie, il me mena à la chambre de Vincent, située tout au fond du couloir. Lorsqu'il ouvrit la porte, je fis un bref tour des lieux : la chambre était pourvue d'un lit, d'un divan, d'une table basse sur laquelle était posée la TV ainsi que d'une penderie. Au fond de la pièce, une porte menant à la salle de bain.

Ce n'était pas le grand luxe, mais sobre et minimaliste. Et si Leif ne m'avait pas précisé qu'il s'agissait de la chambre de Vincent, j'aurais pu croire qu'il aurait s'agit de n'importe quel autre chambre. Le seul signe de passage de l'occupant des lieux était le lit, car bien que fait, ce dernier avait malgré tout les draps froissés, laissant aisément deviné quelqu'un avait pour habitude de s'y affaler.

« Voici la clef de la chambre d'en face », fit Leif en me tendant l'objet dit.

Je m'en saisis et l'observais un cours instant, avant de la glisser dans la poche de mon jeans en le remerciant d'un hochement de tête.

Leif me sourit légèrement, puis après une légère hésitation m'annonça qu'il devait redescendre à l'accueil.

« Vincent ne devrait pas tarder, fit-il une fois sur le pas de la porte. Si tu as besoin de quoique ce soit, faîs moi signe. Il y a une sonnette prés du lit. On l'utilise rarement mais ça peut toujours servir dans ton cas.

- Merci Leif. »

L'homme haussa les épaules, l'air de dire que c'était tout à fait normal, puis sur un signe de la main referma la porte, me laissant à présent seule. Il ne restait donc plus qu'a attendre Vincent Valentine…


A SUIVRE


*1 : LEIF, prononcer Leïf - est un prénom norvégien - « descendant, fils »

*2: clin d'oeil pour Mass Effect. Les connaisseurs reconnaîtront tout de suite.