Désolée de vous avoir fait patienter 15 jours et non 7,
Lara : J'ai arrêté pendant un moment d'écrire j'ai jusqu'au chapitre 16 d'avance, j'ai repris le 17, car j'avais un blocage, je savais pas trop comment faire la transition, mais c'est bon.
C'est en train de tout doucement prendre forme.
Yoltte : La suite est aujourd'hui ^^, je vais me renseigné sur le manga que tu me conseilles.
Chapitre 11 : Négociations et sentiments
Arianne avança, vers l'immense château de Marijoa, elle entendit des murmures à son égard :
- Hé c'est pas la fille de Barbe Blanche.
- Ma parole c'est elle en effet, c'est un joli morceau dommage que sa tête ait une prime intéressante….
Un homme qui devait faire dans les quatre mètres se planta devant elle :
- Dis-nous tu t'es perdue ma mignonne ?
- Laissez-moi passer, s'il vous plaît.
Elle se retrouva vite entourée :
- Ta tête vaut de l'or et comme tu n'as plus de fruit du démon, ça va être facile.
Arianne recula, Thatch prit le dessus et contrôla cette dernière en faisant apparaître des lianes pour maintenir ces malotrus. La jeune femme trembla intérieurement et remercia Thatch d'être intervenu alors qu'elle était pétrifiée par la peur.
Elle souffla, continuant sa marche. Thatch s'occupait de ceux qui lui gênaient le passage. Arrivée devant le château de Marijoa, elle dut faire face à deux gardes. Avant qu'ils n'aient le temps de lever le petit doigt, ils furent endormis.
Arianne entra, c'était calme, elle se demanda comment elle allait faire pour trouver ces cinq hommes, Thatch se sépara d'elle pour lui répondre :
- Tu sais maîtriser les fluides ?
- Non, il m'arrive d'en avoir des manifestations, mais elles sont aléatoires.
- Je vais vous guider, fit le fruit de la végétation.
Des fleurs poussèrent sur le sol, Thatch retourna dans le corps de la jeune femme et ils suivirent les fleurs, jusqu'à ce qu'ils furent obligés de s'arrêter devant une porte :
- Tu n'interviens pas, Thatch, uniquement si je suis en danger et si je le décide, je veux leur montrer que je suis pacifiste.
- Entendu.
Arianne posa ses mains sur les poignées des deux grandes portes et les ouvrit pour entrer, elle découvrit le visage de ceux qui présidaient le conseil des cinq étoiles. Ils la fixèrent, l'un d'entre eux était chauve avec des lunettes et tenait un sabre, qu'il dégaina :
- Bonjour, je viens en tant que pacifiste, vous pouvez rengainer votre arme, j'aimerais que vous m'accordiez une audience au sujet de la nomination du prochain Amiral en chef.
- Rien que ça ? S'exclama celui qui tenait un sabre, gardes !
- Vos gardes sont sous contrôle, car j'ai vraiment besoin de discuter avec vous, vous faites une grave erreur à vouloir l'Amiral Akainu pour Amiral en chef….
- Notre plus grave erreur serait d'écouter la fille de Barbe Blanche, répondit celui avec un chapeau noir sur la tête.
- Je ne suis pas la fille de Barbe Blanche… mon nom est Arianne Newgate et je suis aussi Jupiter gardienne des territoires terrestres et c'est Jupiter qui vous parle, coupa la jeune femme. Peut-être que ceci va vous faire réfléchir.
Arianne gela les portes et toutes les issues possibles faisant pousser des plantes à l'extérieur pour que la Marine ne vienne pas les interrompre :
- Comme vous pouvez le constater j'ai récupéré ces pouvoirs, je ne compte pas les utiliser contre vous, je pense que la violence ne résout rien et que les paroles peuvent suffirent pour trouver une solution qui convient à tout le monde. Mais vous forcer à m'écouter oui, car c'est important et pour vous montrer que je ne compte que dialoguer avec vous, je prends le risque de m'approcher de vous les mains levées.
Elle marcha en fermant les yeux, puis elle s'arrêta d'avancer sans pour autant ouvrir les yeux de suite, elle compta dans sa tête les secondes, elle n'ouvrit de nouveau ses yeux quand une minute passa :
- Vous ai-je attaqué ? Non, je vous ai donné la possibilité de m'attaquer, quand j'avais les yeux fermés vous ne l'avez pas fait, prendrais-je autant de risque si je ne venais pas en paix ? Non, alors je vous le demande je désire avoir une audience avec vous, répéta Arianne d'une voix calme.
Le plus jeune des cinq hommes finit par l'inviter à s'asseoir, la jeune femme avança et s'assit :
- Merci.
- Ne nous remerciez pas, vous nous retenez en otage, coupa celui qui tenait son sabre.
- Vous êtes alors des otages bien libres, je ne crois pas vous avoir enchaînés, vous pouvez encore bouger, c'est moi la plus vulnérable, je suis seule face à vous, et même si j'ai des pouvoirs, je ne compte pas les utiliser. Alors je vous en prie, ne parlez pas de prise d'otages, continua Arianne d'une voix douce et calme. Ma venue est comme je l'ai dit directement liée à la nomination du nouvel Amiral en Chef.
- Ainsi nous faisons une erreur ? Demanda celui qui l'avait invitée à s'asseoir.
- Oui, Akainu est un homme sans sentiment, je ne pense pas qu'il soit le plus apte à avoir ce poste, l'Amiral en chef ne doit pas être inhumain, il doit avoir un minimum de compassion….
- Vous voudriez Aokiji ? en déduisit le chauve avec des tâches de naissance.
- Oui, confirma Arianne.
- Et pourquoi croyez-vous qu'on va vous écouter ? Demanda un grand mince avec une longue moustache et une barbe blanche.
- Vous avez remarqué que j'ai de nouveau mes pouvoirs n'est-ce pas ?
Le conseil des cinq étoiles dut hocher la tête pour que la jeune femme continue :
- Si je voulais qu'Aokiji soit Amiral en chef, ne croyez-vous pas qu'il aurait été plus simple pour moi que je tue l'Amiral Akainu ? Ce n'est pas ce que j'ai fait, je suis là devant vous pour vous convaincre de changer d'avis.
Elle venait de marquer un très gros point, elle prenait confiance en elle :
- Vous aurez bien du mal, nous préférons de loin Akainu, répliqua celui au chapeau noir.
- Alors dites-moi pourquoi vous préférez Akainu ?
- Vous êtes bien insolente de venir jusqu'ici est de nous poser toutes ses questions, persifla celui avec le sabre.
Arianne se leva et leur fit dos, pour l'instant ils n'étaient pas très causant, c'était elle qui parlait le plus. En même temps elle se voyait mal être accueillie les bras ouvert par ceux qui dirigeaient la Marine et le Gouvernement Mondial. Quoique ça aurait été comique.
La jeune femme créa avec ses pouvoirs une table faite de bois, elle caressa l'un des bords et des petits arbustes fruitiers avec des fruits biens mûrs apparurent, Arianne contourna la table pour se mettre devant son plan de travail, avant de défaire sa cape.
Le conseil des cinq étoiles la regarda faire, elle créa et sculpta dans le bois des coupes, elle créa aussi un saladier avec le fruit de la végétation et fit de la cuisine :
- Entendu, j'ai tout mon temps, je sais être très patiente, dit-elle avec le sourire, l'un d'entre vous est-il allergique à un fruit ? je compte faire une salade de fruit. Non je ne cherche pas à vous empoisonner, je compte en manger.
Arianne, n'ayant pas de réponses de ses hôtes, sourit et coupa fraise, framboise, pomme, poire, ananas, banane, abricot, kiwi mettant chaque fruit dans un récipient à part.
Elle prit de chaque fruit, ainsi, ils ne pourraient pas l'accuser de les empoisonner et ou de provoquer une allergie. Elle posa tout sur un chariot qu'elle avait dû aussi confectionner, pour que ce soit plus pratique, elle installa tout, coupes, cuillères, fruits.
Elle mit à disposition ses préparations :
- Voilà, vous pouvez ainsi composer votre salade à votre goût.
Celui qui avait un sabre était celui qui avait plus mauvais caractère, puisqu'il envoya valser le chariot, Arianne se leva et lui fit face :
- Vous étiez obligés de faire ça ? Que n'avez-vous pas compris dans « vous pouvez » ? C'était une proposition, une invitation, je ne vous forçai à rien, vous devriez avoir honte, surtout quand on sait qu'il y a des personnes qui meurent de faim.
- Comment osez-vous ?!
Il dégaina son sabre, Thatch voulut intervenir, mais Arianne cria intérieurement non, elle l'esquiva de justesse en se mettant sur le côté, il allait tomber en glissant sur un fruit, alors elle le retient et l'aida à se relever :
- Vous allez bien ? Demanda Arianne qui montra une réelle sollicitude.
Ils en furent troublés.
- Pourquoi prenez-vous tant de mal ? Demanda le plus jeune.
- Parce que je crois qu'on peut trouver un accord, je n'aime pas Akainu je ne le cache pas, ni sa façon de penser, mais il fait je pense ce qu'il estime le mieux pour protéger la population, dans le fond il n'est pas foncièrement mauvais, juste trop extrémiste. De plus, je ne hais pas complètement le Gouvernement Mondial et la Marine, j'estime qu'il faut des gens comme vous pour arrêter les fauteurs de trouble. Mais certaines actions ou décisions sont discutables, celle de la nomination d'Akainu l'est, laissez-moi vous donner mes raisons. Akainu veut appliquer la justice absolue, soit… même si je pense que c'est trop extrême, soit, admettons, pourquoi prendre quelqu'un comme lui qui va jusqu'à tuer ses propres hommes qui veulent fuir un combat parce qu'ils veulent retrouver leurs femmes et enfants ? N'est-ce pas humain d'avoir peur et de vouloir retrouver les siens ? Akainu est trop extrême, violent, c'est quelqu'un d'assez impulsif. Il faut au contraire quelqu'un qui sache être calme pour prendre les bonnes décisions, être trop impulsif peut amener des décisions regrettables. Il faut quelqu'un qui ait du charisme, je suis d'accord, il faut se faire respecter, mais ce n'est pas du respect qu'Akainu fait ressentir c'est surtout de la crainte. Quelqu'un qui est craint et non respecté est éliminé tôt ou tard, quelqu'un qui sait être respecté et à l'écoute des autres se montrera un très bon élément et saura trouver des solutions plus pertinentes. Aussi j'implore votre bon sens et je vous demande de réfléchir à tout ce que je viens de dire.
A l'extérieur, les médias avaient eu vite vent de l'arrivée d'Arianne Newgate à Marijoa et de sa prise d'otage du conseil des cinq étoiles. La nouvelle se rependit comme une traînée de poudre, il y avait des retransmissions par escarméra expliquant la situation. Pendant cinq jours, Arianne et le conseil discutaient et débâtèrent sur une solution, car elle avait réussi avec un peu de mal à les faire réfléchir.
Pour Barbe Blanche et Adrianna c'était angoissant, de savoir leur enfant être au plein milieu du camp ennemi. Leur fille avait su se débrouiller, les mages eurent le sentiment que la reine Otohime venait de renaître, car Arianne comme Otohime avaient le même vœu.
Arianne dut toutefois être confrontée à une difficulté de taille, Aokiji n'avait pas la popularité, du fait qu'il était trop détendu, « relax », voir même paresseux. Arianne ne pouvait être que d'accord avec le conseil. Amiral en chef signifiait grandes responsabilités, on ne pouvait pas mettre quelqu'un qui était paresseux, s'il n'avait était que décontracté ça aurait été plus simple. Le fait qu'elle s'accorda sur ce genre de point avec les cinq hommes faisaient qu'elle avait réussi aussi à se faire entendre bien plus facilement.
Tous comme ces derniers donnèrent raison sur les points qui faisaient qu'Akainu n'était peut-être pas la bonne personne.
Le problème fut donc de trouver quelqu'un d'autre, Kizaru n'était pas retenu par le conseil, estimant qu'il était trop « mou » :
- Je ne suis pas forcément d'accord, c'est lui qui m'a capturé, il semble au contraire être consciencieux dans son travail. Il prend son travail très au sérieux, ce qui le différencie d'Aokiji et de sa paresse, mais il est aussi moins extrémiste et violent qu'Akainu. Il a un certain charisme et semble être respecté. Autre point important que je voudrais mettre en avant, Akainu et Aokiji se battent actuellement pour avoir le poste, d'après nos discussions, j'arrive à la conclusion suivante, ils ne veulent ni l'un ni l'autre être sous les ordres de l'autre. Ils sont trop différents et semble définitivement ne pas s'entendre, tandis que Kizaru semble avoir de bonne relation avec les deux, il sera plus facile pour eux d'obéir à Kizaru en tant qu'Amiral en chef.
Le conseil des cinq étoiles ne sut s'il devait la maudire ou lui donner encore raison, car ils ne souhaitaient pas non plus perdre un de ses Amiraux.
Bien sûr les cinq hommes essayaient de démonter l'Amiral Kizaru pour démontrer qu'il n'était pas fait pour ce poste, mais Arianne arrivait à les contredire, ou à dire qu'ils exagéraient ou mentaient sur des points.
Arianne sentait bien qu'ils étaient en train de revenir sur leur position initiale à savoir Akainu, c'est là qu'une idée lui vient :
- Pourquoi ne pas donner une chance à Aokiji ou Kizaru ? Après tout il arrive bien souvent que quand quelqu'un a des responsabilités ce dernier se montre plus responsable que l'on aurait cru. Peut-être pouvons-nous donner à l'un des deux la possibilité d'être temporairement Amiral en chef le temps qu'ils fassent leurs preuves.
- C'est peut-être la solution, murmura le plus jeune.
Elle attendit la réaction des quatre autres, qui réfléchirent, avant de donner leur accord, c'était gagné, ils choisirent Aokiji contre toute attente.
- Je vous remercie beaucoup de m'avoir écouté et que nous ayons pu échanger, dit-elle en se penchant pour les remercier.
Arianne leva les enchantements qui les forçaient à être prisonniers, la Marine entra ayant le champ libre, la jeune femme courut vers la fenêtre et sauta dans le vide avant de se transformer en phœnix pour retrouver ses parents et ses frères :
- Bravo Arianne, félicita Thatch.
- Merci, j'ai eu peur, je n'étais pas convaincue.
- Tu t'es super bien débrouillée.
- Merci beaucoup.
Arianne lui souriait heureuse avant de se souvenir qu'elle devait lui faire la tête, elle était trop de bonne humeur, elle soupira et décida de lui laisser une chance de s'expliquer :
- Thatch pourquoi m'as-tu quitté ?
- Quand nous nous sommes vu pour la dernière fois, j'ai voulu aller trop loin et je me suis demandé d'un coup si j'étais celui que tu attendais…. Je suis du genre coureur de jupon, un vrai homme à femmes… et tu étais si fragile et si sincère dans tes sentiments que je me suis enfui pour te faire le moins de mal. J'ai préféré fuir sans t'expliquer, que te donner le sentiment d'être une énième conquête. Et puis j'ai réfléchi de mon côté, ton regard et ta voix me hantaient c'est là que j'ai compris que je t'aimais sincèrement et que j'avais fait une grosse bêtise. Puis… tu es tombée progressivement amoureuse de Vista… j'ai mal joué, j'ai perdu la seule femme que j'aimais, qui m'aimait et qui me voyait malgré la mort.
Elle était presque certaine de voir de fines larmes, elle avait la gorge nouée, elle ressentait les grands regrets de Thatch, c'est ce qui lui indiqua qu'il était sincère.
- Au fond tu as voulu me protéger, mais tu n'as pas choisi la meilleure option.
- Je suis désolé.
- Je te pardonne, je me demande si quelque chose aurait pu être possible.
- J'aimerai te parler de ça quand….
Arianne cria, sa transformation en phœnix cessa sans qu'elle l'ait ordonnée, alors qu'elle était en plein vol, elle allait se fracasser contre l'eau.
Puis elle se sentit maintenue dans les airs, personne ne la tenait, elle chercha l'explication et vit les mages arriver :
- Ouf vous êtes arrivés à temps, c'est vous qui avez arrêté ma chute je suppose.
- Oui, on vous escorte jusqu'à vos parents.
- Et mes pouvoirs ?
- Je crois bien qu'ils ne sont plus en vous, s'ils réapparaissent dans les prochains jours, c'est que le Conseil des cinq étoiles n'a rien changé.
- Ah j'espère que non ! ils n'ont pas intérêt à m'avoir mentit.
- J'espère pour vous, si vos pouvoirs réapparaissent c'est qu'il faudra que vous agissiez comme aujourd'hui pour protéger les humains contre eux-mêmes et leurs choix.
- Oui… enfin je ne suis pas une nounou ! grommela Arianne.
- J'ai une question, pourquoi refusez-vous les dons qui vous sont accordés ? alors que d'autres rêveraient d'en avoir autant ou même une infime partie.
- Je ne sais pas, peut-être parce que ça a volé une partie de mon enfance… et puis faut-il une raison ?
- Non, vous n'avez pas à en avoir, mais nous étions curieux, expliqua Théclys.
- Mais je comprends votre question néanmoins.
- Nous allons vous escorter jusqu'à vos parents.
- Merci, donc ces pouvoirs peuvent réapparaître ? demanda tremblante Arianne.
- Oui, si par exemple Aokiji n'est pas retenu et qu'on vous a menti, vous devrez vous imposez plus encore, votre rôle est de protéger les hommes d'eux-mêmes.
- Mais pourquoi moi ? je n'ai pas confiance en ces pouvoirs, regardez je ne dis jamais « mes pouvoirs » je dis toujours « ces pouvoirs »….
- Peut-être que c'est ça justement qui a fait que c'est vous qui avez été choisie, car vous ne recherchez pas le pouvoir, ce qui est rare de nos jours. Je peux comprendre et mes collègues l'entendent, votre réticence, nous allons faire un rituel qui va prendre du temps pour qu'une autre personne soit désignée. Nous devons toutefois vous informer des inconvénients, il dure trois mois et dès que nous le débuterons, jours après jours vous sentirez la fatigue vous prendre. Vous avez une santé fragile tout comme votre corps, j'ai peur que vous ne puissiez le supporter….
- Mais quand ces pouvoirs m'envahissent n'est-ce pas tout autant risqué ? Car c'est très éprouvant.
- Il y a une grande différence, quand votre corps ne le supporte plus, vous tombez de sommeil et vos pouvoirs arrêtent de vous pomper des forces, là ce rituel continuera à vous soustraire de l'énergie même si vous n'avez presque plus de force. Vous êtes celle qu'on appelle Jupiter, c'est comme si on arrachait une partie de votre âme et cela vous coûte, voire très cher.
- Quand j'ai cru que ces pouvoirs n'étaient plus en moi, que s'est-il passé ?
- Nous vous avons menti, je le reconnais, on a fait qu'endormir vos pouvoirs et affaiblit leurs puissances, nous en sommes désolés.
- J'aurais, je pense, préférer entendre la vérité, murmura Arianne en baissant un regard triste.
- Nous sommes désolés de vous avoir menti, nous n'aurions pas dû.
- Écoutez, je prends le risque de ce rituel, je vais faire en sorte d'être en pleine forme et informer mes parents.
- Vous êtes certaine ? vous risquez votre vie, votre santé peut causer votre perte en avez-vous conscience ?
- Oui, j'en ai conscience, je veux vivre normalement, vous ne savez pas ce que c'est de vivre la boule au ventre et d'avoir peur de ses mains, on les utilise tout le temps. Je veux vivre enfin sereinement, certes je prends des risques, mais j'ai foi en moi, en mes rêves et en mes souhaits les plus profonds. J'ai peur que ça échoue, mais je crois que ça va marcher, il suffit d'y croire.
- … j'espère secrètement que vous renoncerez, mais si c'est votre vœu nous le réaliserons soyez-en certaine.
- Merci.
Les mages disparurent, laissant derrière eux Arianne et sa famille, qui dès lors s'opposèrent à ce rituel à cause de sa santé. Elle les comprenait, mais :
- Mais enfin, comprenez-moi aussi, je ne veux plus vivre dans l'angoisse, plus vivre avec la boule au ventre qu'une tragédie arrive, plus vivre dans la peur. Je veux que ça change, si ce rituel est ma seule option, je la tenterai, j'ai envie de vivre.
- Tu as mon soutien Arianne, même si je crains ce rituel, souffla Thatch.
Elle le regarda et lui sourit discrètement :
- Merci.
- A qui dis-tu merci ? demanda Adrianna.
- Merci de vous inquiéter pour moi, ça montre que vous m'aimez, c'est tout, répondit Arianne.
Elle s'excusa en pensant très fort à Thatch d'avoir menti, elle sentit que des bras la prenait dans une étreinte, elle vit que c'était Vista. Si certains huaient « ô les amoureux » d'autres avaient l'intelligence de les faire partir et de partir à leur tour pour les laisser seuls.
- Tu m'as manquée j'ai eu peur pour toi, se confia le commandant.
- Je suis désolée, les discussions ont été difficiles au début, j'avais en face des murs, ils ne parlaient pas beaucoup, j'ai eu du mal à installer un climat de confiance.
- Je me doute.
Il prit son visage entre ses mains et se pencha pour l'embrasser, elle voyait Thatch en retrait en train de les regarder et elle ne savait pourquoi elle éprouvait un sentiment d'infidélité. Elle ne pouvait pas encore l'aimer, elle aimait Vista.
Depuis que Thatch était revenu elle ne se sentait pas tout à fait bien, comme en conflit :
- Vista je t'aime et je ne veux pas te blesser, mais… depuis que Thatch est revenu… j'ai l'impression que mes sentiments pour lui sont revenus, je t'aime, mais j'ai besoin de réfléchir pour faire le tri, je veux être sûre de moi, je ne veux pas te blesser.
Thatch avait tourné la tête en entendant son nom et était en désarroi quand il entendit tout ça. Vista la regarda avec un petit regard triste, mais comprit qu'elle voulait être honnête avec ses sentiments et avec lui :
- Je comprends… poses-toi et réfléchit au calme, merci de me dire tout ça. On sent que tu as envie de ne blesser personne, prends le temps qu'il te faudra.
- Merci, je suis désolée de tout ça, dès que je sais, je te dis, promit Arianne.
Ils s'écartèrent et se séparèrent, elle éprouvait comme un déchirement, elle aurait voulu rester dans ses bras, elle l'aimait ? Mais qui ? Thatch ou Vista ?
Thatch la suivait, il pouvait avoir la réponse tout suite à la question de la jeune femme, il lui suffisait de lire dans son cœur, mais il avait peur de ce qu'il pouvait y découvrir….
Toutefois, une grande part de lui voulait savoir sur quel pied danser, alors il entra en Arianne, qui sentit l'intrusion et essaya de l'éjecter, mais il ne lui résista pas bien longtemps :
- Je sais vers qui sont tournés tes sentiments, commença-t-il avant qu'elle n'ait le temps de lui passer un savon.
- Quoi ? qu'est-ce que tu me racontes ?
- Je t'ai déjà dit que je pouvais lire dans le cœur des gens, tu es dans le doute et tu ne sais pas qui tu aimes vraiment, je peux te le dire maintenant pour t'éviter bien des tourments.
Arianne réfléchit, elle ne pensait pas qu'il allait lui mentir, néanmoins voulait-elle le savoir ? Que cachait son cœur ? Elle angoissait et Thatch qui savait avant elle, ne la mit pas vraiment à l'aise. Elle respira un bon coup et soupira, hochant la tête pour connaître la réponse :
- Ça ne sera pas facile à entendre, mais… tu es… amoureuse de… moi… et de Vista.
Elle le regarda et répéta dans sa tête ce qu'il venait de dire, avant de réaliser qu'elle en aimait deux :
- Tu plaisantes !?
- Non tu nous aimes de la même manière et de la même intensité, il n'y en a pas un qui domine l'autre.
- Non, non, non, non, non et non, fit Arianne en plein déni.
Thatch la regarda avec un regard triste, la jeune femme comprenait un peu mieux ses sentiments, mais elle ne pouvait pas en aimer deux en même temps. Mais elle ne saurait non plus faire un choix. L'idée s'immisça peu à peu dans son esprit et ce qu'il venait de dire se confirmait à chaque seconde. Son cœur, tout s'embrouillait dans sa tête, elle fuit le fantôme du commandant, elle voulait être seule et ne penser à rien !
Elle s'enferma dans sa chambre, dos contre sa porte, des larmes amères perlèrent :
- Mais pourquoi je pleure ?
Des bulles lumineuses vertes l'entourèrent l'esprit du fruit de la végétation se montra à elle :
- Bonjour Arianne, tu sembles perdue, tu es bel et bien amoureuse du commandant Thatch et Vista, ne te tourmentes pas plus.
- Mais je ne peux pas en aimer deux !
- Pourtant ton cœur hurle et souffre de ton entêtement c'est pourquoi ces larmes coulent, c'est tes sentiments qui essayent de t'ouvrir les yeux. Accepte-les.
- Mais… mais….
- Qu'est-ce qui te gêne ? Personne ne voit Thatch, tu peux vivre ton amour avec Vista le jour et Thatch la nuit dans tes rêves.
- Il n'y en a pas un que j'aime plus que l'autre ?
- L'amour que tu ressens pour eux est le même, ils ont été les premiers à te tendre la main.
- Vista n'a pas été le premier, il y a eu plutôt Marco avant….
- Oui mais tu l'as plus perçu comme un grand frère protecteur. Arianne ne rejette pas tes sentiments, surtout pas celui de l'amour, les portes du bonheur s'ouvrent enfin à toi, n'en aies pas peur.
- Si, j'en ai peur, j'ai peur de ce sentiment que je ne connais pas, qu'est-ce que je dois faire ? qu'est-ce qu'on attend de moi ? je ne veux pas me sentir impuissante !
- Arianne…, fit la voix douce de l'esprit en prenant dans ses mains celles de la jeune femme, tu n'as pas à autant paniquer, l'amour est comme toute chose, ça se découvre, s'apprend, on avance progressivement à son rythme. Tu n'es pas seule dans cette aventure, tu as Thatch et Vista qui à tes côtés vont être comme toi, ils vont se poser ces mêmes questions, avoir le même stress à se demander si telle ou telle chose te fait plaisir.
Arianne réfléchit à tout ça, c'est vrai qu'elle n'était pas seule dans cette « galère », quand elle y repensait, ce n'est pas tant le fait d'aimer deux hommes qui lui faisait peur, c'était l'amour, ce sentiment là et comment réagir. Elle avait peur d'être démunie et de ne pas savoir rendre son amour :
- Parle-leur, c'est tout ce que je peux te conseiller.
L'esprit disparut, Arianne prit la décision de retrouver ses deux hommes, oui elle était décidée, il fallait qu'elle leur parle et de toute urgence. Elle trouva Vista et lui demanda si elle pouvait discuter, il hocha la tête pour montrer son approbation. Maintenant elle devait retrouver le fantôme, ce qui fut une autre paire de manche, traînant l'épéiste dans tout le Moby Dick avant de mettre le grappin dessus :
- J'aurais besoin de te parler, lança Arianne en direction de Thatch.
Ils s'isolèrent et elle confia ses peurs, ses craintes, ses sentiments, elle voulait être honnête, elle se demanda même si c'était une bonne solution de vouloir être trop honnête. Elle se dit que c'était la meilleure option, mais est-ce que toutes les vérités étaient bonnes à entendre, surtout dans son cas. Elle regretta amèrement son manque d'expérience dans la vie.
- Je m'attendais à tout sauf à ça, commença Vista.
- C'est-à-dire ? demanda Arianne anxieuse.
- Que tu en aimes deux….
- Je n'ai rien demandé, Vista ne me demande pas de choisir, le choix serait impossible à faire.
- Et Thatch qu'en pense-t-il ?
- Dis-lui que je m'adapterai à la situation, si je dois me retirer, je me retirerai.
- Il dit qu'il ne s'imposera pas si la situation l'oblige, murmura Arianne.
- Je ne te rejette pas Arianne, loin de là, mais j'ai besoin de réfléchir à ce que tu viens d'annoncer, c'est lié uniquement au fait que tu aimes deux personnes, pas à tes craintes que je peux concevoir et comprendre.
- D'accord….
Arianne partit le laissant seul avec ses pensées, elle marcha et s'effondra contre un mur, laissant ses larmes amères et silencieuses sortir de son corps, là pour l'apaiser. Son cœur ne lui avait jamais fait aussi mal.
Dur, dur.
