Bon, cette fic aura finallement 23 chapitre suite au remaniement et je suis en train de faire un épilogue !
Mais je vous en dit pas plus ! Bonne lecture !
Bisoux
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Chapitre 11
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Harry passa le reste de la journée à errer dans les couloirs, discutant avec les professeurs, les élèves, les fantômes. Nous étions vendredi soir et franchement, il n'y avait pas grand-chose à faire pour se distraire.
- Monsieur Potter !
Harry sursauta et se retourna. Il vit McGonagall s'avancer d'un pas rapide vers lui, le bras tendu.
- Oui, professeur ? demanda-t-il.
- Vous vous ennuyez ? demanda la vieille sorcière.
- Heu… Pourquoi ?
Harry la regarda, perplexe.
- Le professeur Lorne organise un jeu dans le parc, comme tous les vendredi soir, avec les élèves. Elle souhaiterait que vous y participiez pour le corser un peu…
- Le « corser » ?
- Venez donc, suivez-moi, elle va vous expliquer.
Harry, intrigué, accompagna la femme jusque dans le parc du château et vit que des dizaines d'élèves étaient massés autour d'un large espace aménagé en une sorte d'enclos fait de grosses poutres, des troncs d'arbres même…
- Professeur Lorne ! Le voilà ! s'exclama McGonagall en se hâtant vers le professeur.
Elle s'arrêta à la barrière et Lorne fit signe à Harry de passer dessous. Il obéit et rejoignit la femme blonde en la regardant, étonné.
- J'ai décidé d'organiser un petit jeu pour détendre les élèves en fin de semaine, monsieur Potter, fit celle-ci avec un sourire qui n'annonçait rien de bon. Et puisque que vous semblez vous ennuyer à user les tapis des couloirs, vous allez participer…
- Professeur ! Ce n'est pas du jeu ! protesta soudain une fille de Serpentard. Il est bien plus fort et rapide que nous !
- Ha mais ce ne sera pas un concurrent ! répliqua Lorne avec un sourire. Ce sera… la proie.
- Quoi ? glapit Harry. Professeur !
- Allons, allons, vous ne craignez absolument rien. Vous ne vous laisserez pas attraper n'est-ce pas ?
- Mais que… Et si vous m'expliquiez le but du jeu ?
Lorne pointa sa baguette magique sur le brun et son cou massif se ceintura d'un ruban portant les couleurs des quatre maisons, vert, bleu, jaune et rouge.
- Trois élèves de chaque maison, toutes années confondues, ont été tirés au sort par magie. Ils devront essayer de vous chiper ce foulard. La maison qui y parviendra remporta deux cent points pour son sablier et deux heures de couvre-feu en plus pour le week-end, c'est-à-dire ce soir et demain soir. Tous les coups sont permis, sauf la magie bien entendu. N'est-ce pas les enfants ? Interdiction de saucissonner Monsieur Potter, de le Stupéfixer ou je ne sais quoi d'autre ! Quant à vous, fit le professeur en se tournant vers Harry. Gardez votre griffes et vos dents pour vous, compris ?
Harry eut un sourire. Finalement, ce jeu allait bien l'amuser, capable qu'il était de courir à quatre pattes et de grimper aux arbres…
- Aller monsieur Potter, mettez-vous là-bas, fit alors Lorne. Les enfants, à l'autre bout.
L'enclos mesurait environ vingt mètres de diamètre. Son sol était inégal, parsemé de grosses touffes d'herbe et trous, et les barrières qui l'entouraient hautes d'environ deux mètres. Les élèves qui y étaient perchés étaient agrippés aux troncs à l'aide de leurs bras tellement ils étaient épais.
Soudain, grimpant sur une barrière, Lorne brandit un chronomètre et aboya :
- Prêt ? Cinq, quatre, trois, deux, un… Partez !
Les cris des élèves encourageant leur maison s'élevèrent alors dans une explosion qui vrilla les pauvres oreilles sensibles d'Harry. Il resta cependant un minimum concentré et, laissant approcher les enfants, il les défia en montrant les dents.
- Aller venez ! fit-il, joueur.
Il agita sa longue queue et soudain, ce fut une mêlée de rugby qui lui fonça dessus. En un rien de temps il sauta sur les barrières en y plante solidement ses griffes. Des éclats de bois plurent sur les élèves dessous et les autres chargés de lui piquer sa ceinture protestèrent.
- J'ai dit que tous les coups étaient permis, fit Lorne avec un sourire.
Harry tira la langue à la Serdaigle qui avait protesté puis il sauta au centre de l'enclos et les élèves se déployèrent...
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- Je l'ai… pas ! Corne de Dragon !
Le Serpentard qui s'était jeté sur Harry s'étala dans la boue après avoir effleuré le ruban du bout des doigts. Il se releva en pestant, maculé de terre. Il s'était jeté sous le ventre de Harry pour lui subtiliser le foulard mais le Gryffondor avait lui bondit agilement par-dessus en l'inondant de brins d'herbe.
- C'est une vraie sauterelle ! s'exclama un Gryffondor, rouge d'effort, appuyant deux doigts dans son côté.
- Aller, fit Harry. Vous fatiguez déjà ?
- Jamais ! rugirent les enfants.
Les autres sur les rondins hurlaient à qui mieux mieux en donnant des directives à leurs amis ou des coups de pouce mais Harry parvenait à se faufiler parfois entre deux élèves sans même les bousculer.
- Pas de magie Potter ! aboya soudain McGonagall.
Harry la regarda mais ce moment d'inattention permit à un Serdaigle de lui sauter le dos. Tel un taureau, Harry rua. Le garçon fit un vol plané et atterrit dans les bras d'un Serpentard de septième année qui le reposa aussitôt avec un regard de défi. Harry sut aussitôt que les deux garçons venaient de décider de se venger.
A la nuit tombante, le jeu n'avait toujours pas trouvé de gagnant, mais Harry, comme les élèves, fatiguait. Evitant un Serdaigle qui tenta de lui saisit une patte, il ne vit pas le Serpentard lui choper la queue et de ce fait le déséquilibrer. Le Gryffondor tomba alors lourdement sur le flanc et en un rien de temps, tous les élèves l'immobilisèrent. Un Serpentard lui retira le foulard puis le brandit très haut et sa maison rugit de joie. Le gamin poussa même le vice jusqu'à poser un pied sur le flanc de Harry, comme un chasseur ayant enfin triomphé d'une proie coriace.
- Aller laissez-le respirer, fit Lorne en s'approchant, dispersant les élèves. Bravo monsieur Potter, vous vous êtes bien défendu.
- Je plains celui qui fait le rôle de la proie en temps normaux… geignit Harry en se relevant.
Il se secoua, envoya de la terre et de l'herbe partout et Lorne dit :
- Bravo Serpentard ! Vous êtes bien battus les enfants !
- Aller toute le monde file diner maintenant ! fit McGonagall.
L'enclos en bois disparut, le sol fut remit d'aplomb et les élèves, parlant joyeusement entre eux, rentrèrent dans le château. Harry resta avec les professeurs qui cheminèrent plus lentement :
- En temps normal, c'est un professeur qui joue le rôle de la proie, fit Lorne avec un sourire.
- Vraiment ? fit Harry, surprit. Poudlard a bien changé depuis que j'y suis allé…
- Oh mais seuls les professeurs volontaires jouent, dit McGonagall en plissant le nez. Ainsi que ceux qui ne sont pas trop délabrés…
Harry regarda la vieille femme puis il pouffa et secoua la tête en disant :
- Je suis un peu sonné…
- Allez vous reposer, vous êtes un très bon adversaire, fit Lorne.
- C'était très amusant, cela m'a permis de faire un peu de sport, répondit Harry.
Elle le gratifia d'une caresse sur la tête puis ils s'éloignèrent tous vers la Grande Salle et Harry bifurqua vers les cachots.
En entrant dans l'appartement de Rogue – celui-ci lui avait donné une clef –, Harry soupira. Il avait passé un bon après-midi et s'était rendu compte que le Poudlard de pendant la guerre était nettement moins libéré. Aujourd'hui, les professeurs organisaient des jeux le vendredi soir et même qu'ils étaient eux-mêmes les victimes ! C'était à ne plus rien y comprendre !
S'affalant dans le canapé, Harry regarda la cheminée flamboyante. Il soupira et avisa un cadre photo sur le manteau de la cheminée. C'était la première fois qu'il le voyait, il ne l'avait pas remarqué auparavant, pourtant il était depuis un bout de temps s'il en croyait le rectangle de couleur différente contre le mur derrière-lui.
Se levant, Harry le prit délicatement dans sa grande main et regarda la photo sous le verre un peu poussiéreux. Elle montrait trois personnes, deux adultes et un bébé, et Harry sourit légèrement : c'était une photo prise le jour de la naissance de Jason, onze ans plus tôt. Allongée sur son lit à l'infirmerie, Hermione tenait le bébé au creux de son bras et, assit sur une chaise près d'elle, Rogue caressait la main du nouveau-né tout en regardant la jeune mère.
- Vous pourrez dire ce que vous voudrez professeur, mais vous avez bel un bien un cœur caché quelque part en vous…
- Un cœur en mille morceaux alors…
Harry tressaillit violemment et faillit lâcher le cadre. Il le saisit à plat entre ses deux mains puis le reposa sur la poutre qui ornait la cheminée en se retournant pour faire face à Rogue.
- Oh professeur, je ne vous avais pas entendu…
- J'arrive à l'instant, fit l'homme en repoussant le battant de la porte.
Harry jeta un œil sur la pendule. Elle indiquait vingt heures et trente minutes.
- Je pensais que vous rentreriez plus tard… Ca s'est mal passé à la prison ?
- Mal passé ? Comment voulez-vous qu'une discussion monologue se passe mal, Potter ?
Le visage pâle de Rogue se tordit en une grimace douloureuse et, soudain, il soupira profondément en fermant les yeux. Il posa ensuite une main sur sa bouche en inspirant.
- Hey… fit Harry en s'approchant.
- Ca va… répondit Rogue en levant une main. Ca va aller… Excusez-moi…
Le professeur tourna soudain les talons et disparu dans un étroit couloir qui menait au reste de l'appartement, à savoir deux chambres et une salle de bains. Harry entendit une lourde porte se fermer et il soupira. Regardant à nouveau l'heure, il endossa une cape et quitta l'appartement, se dirigeant à grands pas vers le bureau de McGonagall.
- Entrez ! Ha Potter… Que me vaux votre visite si tardive ?
Harry referma la porte dans son dos puis dit :
- Le professeur Rogue vient de rentrer de la prison…
- Ha… Laissez-le tranquille alors, fit la vieille sorcière. Il va rester seul un moment puis il redeviendra comme avant.
- Est-ce que…
- Ha oui, il est vrai… Vous ne savez pas tout…
- Je sais simplement que Lucius Malefoy est à Azkaban depuis vingt ans mais…
- Azkaban a changé ces dernières années, Potter, fit McGonagall en croisant ses mains sur son sous-main. Après la chute de Voldemort, les Détraqueurs ont été renvoyés dans leurs contrées d'origines, non loin de l'Albanie. Ils montent la garde autour du sanctuaire de Voldemort, dit-on.
- Ha oui ?
McGonagall hocha la tête et reprit :
- Ce sont des Aurors spécialement entrainés qui gardent Azkaban depuis environ quinze ans. Avant, c'était des Sphinx.
- Des Sphinx !
- Vous connaissez l'étendue de leurs pouvoirs, n'est-ce pas ?
- Je l'ai lu dans un livre quand j'étais plus jeune mais… Ce sont des créatures pacifiques, non ?
- Oh oui… Jusqu'à un certain point. Lorsque le Ministre a fait venir ces Sphinx d'Egypte, dès qu'ils ont su qu'ils avaient été mandés pour garder une prison de haute surveillance, ils ont adapté leurs pouvoirs. C'est ainsi que pendant cinq ans, les prisonniers étaient surveillés par ces créatures effrayantes.
- Comment empêchaient-ils les sorciers de s'échapper ? Ce ne sont que des animaux…
- Des animaux d'une puissance extrême. Leur Magie se nourrit de la nôtre, Potter. Plus les prisonniers faisaient usage de la leur sur eux, plus les Sphinx étaient forts et les sorciers faibles, jusqu'à ce qu'ils finissent par ne plus du tout pouvoir se servir de la magie.
- Ils avaient leur baguette ?
- Merlin non ! se récria la vieille femme. Le Magenmagot la leur retire dès l'annonce de la sentence lors du procès, mais certains sorciers sont très doués. A l'instar de Miss Granger qui n'utilise plus sa baguette magique, par exemple. Elle pense et sa magie s'exécute. Certains sorciers savent aussi modeler des choses en sable, en eau, en pierre, ou se transformer eux-mêmes, mais les Sphinx ne se laissent pas berner comme les Détraqueurs, par un Animagus.
- Sirius ? hasarda Harry en serrant les mâchoires.
McGonagall eut un bref haussement de sourcils. Elle ajouta :
- En cinq ans, plusieurs centaines de sorciers sont morts suite à l'épuisement de leur magie et le Ministère a décidé de changer les gardiens qui étaient décidément trop puissants. Des Aurors ont donc été spécialement entrainés, apprenant des sortilèges pour se protéger de ceux des prisonniers qui pouvaient encore faire de la magie sans leur baguette. Severus est arrivé à Azkaban dans ces années là, au début du "règne" des Aurors...
- Je vois…
Harry serra les mâchoires puis dit :
- Le Professeur Rogue m'a dit un jour que les prisonniers étaient enfermés dans leur propre corps… Qu'est-ce que cela veut dire ?
- C'est un sortilège très puissant, ou une potion, cela dépend, qui leur est jeté au moment même où ils passent le seuil de la prison, répondit McGonagall. Au début seuls les Mangemorts reconnus et inculpés pour cela ainsi que les sorciers les plus puissants subissaient cela. Inculpé pour le meurtre du Directeur, Severus l'a évité et heureusement. Il transforme le prisonnier en autiste qui passe ses journées et ses nuits à regarder le vide et à balbutier des suites de mots inintelligibles. C'est une situation très douloureuse pour la famille dont certains ont encore la visite, surtout s'ils sont dans cette catalepsie depuis de nombreuses années…
- Comme Monsieur Malefoy…
- Ni Drago ni sa mère ne vont plus le voir depuis une dizaine d'années, reprit la sorcière. Ils n'en ont plus la force. Narcissa a sombré très profond quand son époux lui a été arraché. Drago a fait de son mieux pour l'aider, elle s'est remariée, mais cela n'a pas duré.
- Que fait-elle à présent ?
- Elle survit, au Manoir Malefoy, entourée de trois Elfes de Maison qui sont devenus son unique famille. Parfois Drago lui amène ses petits-enfants mais jamais ils ne mentionnent le nom de Lucius.
- Vous saviez que Drago et sa femme ne s'entendent pas ?
- Oh que oui, cela n'est pas une nouveauté… soupira McGonagall. Quand Rodolphus est né, Segma a expressément émit le souhait de ne plus jamais avoir un autre enfant mais la famille n'était pas de cet avis. Il leur fallait une fille. De mauvaise grâce, elle s'est plié au rituel amoureux pendant plusieurs semaines jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte mais ni elle ni Drago n'étaient enthousiastes. Les commères disent même qu'elle aurait un amant depuis plusieurs années et qu'elle ne s'en cacherait pas…
- Drago n'a qu'une envie, se séparer d'elle, mais il dit qu'il ne le peut pas.
- Les Malefoy ne divorcent pas, fit McGonagall. Comme la majeure partie des vieilles familles de sorciers au sang-pur, du reste. Pour eux, parler séparation est une catastrophe, mais alors divorce ! Les enfants de Drago risquent de perdre leur héritage si leurs parents divorcent.
- Drago sait que Segma a un amant…
- Comme je l'ai dit, ce n'est pas un secret, Mrs Malefoy et lui ne se cachent même plus…
La vieille Directrice tordit sa bouche en une grimace montrant clairement qu'elle trouvait cette attitude dégoutante, mais Harry dit :
- Et si Drago se trouve quelqu'un d'autre ?
- Qui donc voudrait d'un homme portant le nom si lourd des Malefoy et étant un Mangemort ? Vous peut-être ?
Harry retroussa ses babines comme il aurait plissé le nez et McGonagall soupira.
- Potter, je sais que Malefoy et vous avez été très proches quand votre « maladie » s'est déclarée, mais je vous en conjure, ne ternissez pas le nom des Malefoy. Ils ont suffisamment trimé pour redorer leur blason. Prenez patience…
- Je ne… Professeur, je n'ai aucune envie de me caser avec qui que ce soit dans l'immédiat. Je ne souhaite qu'une seule chose, redevenir humain au plus vite. J'ai perdu un quart de ma vie à fuir les gens, je veux que cela change… Je suis revenu parmi les miens, je veux y rester…
- Cela changera, Severus est un grand chimiste, il fera tout qu'il pourra pour vous aider, quitte à user de la Magie Noire.
- Je lui en ai déjà donné l'autorisation, mon corps est habitué, cela ne me fera rien. Il n'empêche que s'il est perturbé…
- Depuis vingt ans qu'il va voir Lucius Malefoy chaque mois, Severus s'est toujours parfaitement remis. C'est très dur psychologiquement, j'en conviens, mais mon professeur de Potions est un homme fort et solide.
Harry hocha la tête. La conversation était terminée. Il tourna alors les talons et redescendit dans le château, pensif. Il songea soudain à Miss Maya. Il savait qu'elle pourrait aider Rogue à mieux vivre, il en avait le pressentiment. Cette jeune femme était une mine d'or pour lui, malheureusement, il ne semblait pas en vouloir… et elle semblait également, non pas réticente, mais plutôt distante à l'endroit de Harry…
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Et voila un nouveau chapitre de posté ! Read, Enjoy & Review comme on dit !
Bisoux
