Bonjour !
Dernier jour avant les vacances ! Bonnes vacances à ceux qui le seront ce soir et aux autres je souhaite bien du courage, heureusement je fais partie de la première catégorie ce qui veut dire que je vais pouvoir bien avancer sur l'histoire, youhou ! A l'heure qui l'est je travaille sur la fin du chapitre douze et ô comme j'ai hâte que vous le lisiez !
Comme je n'ai pas eu de retour sur les réponses aux reviews j'ai décidé de les afficher publiquement, désormais elles se trouveront au début du chapitre suivant. J'espère que cela vous conviendra ! :)
Voici ici présent, le dixième chapitre... Bonne lecture ! On se retrouve en bas ! ;)
Blond'sparkle
Réponses aux reviews :
Lusyne : J'adore Agathe, je prend beaucoup de plaisir à la faire interargir avec nos héros. Oui Charlotte a beaucoup de mal à accorder sa confiance même à ceux avec qui elle est le plus proche, nous verrons par la suite comment cela va évoluer ! Ah, ah tu es trop préssée ! Il n'y aura pas de bisous tout de suite, chaque chose en son temps hé hé ! J'aime bien vous faire mijoter, je l'avoue ! ^^ A la semaine prochaine ! :)
Chapitre 10 :
The Ball – Part One
- Hors de question ! s'écria le jeune homme.
- Tu n'as pas à discuter, c'est un ordre ! s'énerva Anton. Les membres du conseil seront là, nous avons décidé d'un commun accord de nous rencontrer lors de cette réception. Ce sera un terrain neutre, bon pour les négociations. Ce n'est pas pour rien que je te demande de m'accompagner ! Dans un mois ils voudront connaître ta réponse, il est grand temps de te positionner !
Charlie soupira bruyamment et s'enfonça davantage dans son fauteuil, il avait la désagréable impression qu'à chaque fois qu'il foulait le sol du bureau de son supérieur c'était pour que celui-ci lui annonçât une mauvaise nouvelle. Cette fois-ci c'était une invitation à un... bal, rien que d'y penser il en avait la nausée. Si il y avait bien quelque chose qu'il détestait par-dessus tout c'était bien ça, ce genre d'événement ameutant le gratin de la bonne société le dégoûtait, il ne pourrait jamais être à sa place là-bas.
- Je sais que tu n'aimes pas ce type de soirée et moi non plus, crois-moi, se radoucit Anton. Mais je tiens réellement à ce que tu viennes, c'est une occasion qui ne se représentera pas et pense au Pays de Galles ! Au moins tu pourras te faire ton propre avis sur le conseil d'administration !
Le rouquin prit la peine de réfléchir quelques secondes, son supérieur n'avait pas tort. Il soupira derechef et se prit la tête dans ses mains, Merlin... qu'avait-il fait pour que le sort s'acharne ainsi sur lui ?
- En quel honneur est-il donné ce bal, déjà ? demanda-t-il en marmonnant.
- Le Traité de Curtea Veche qui a été signé il y a cinq jours, tu sais cette histoire de libre-circulation des sorciers entre l'Europe de l'ouest et les pays de l'Est, ajouta-t-il avec un vague mouvement de la main.
Charlie se gratta la nuque, l'image d'une jeune femme blonde lui vint en tête. Peut-être son amie serait-elle présente ? Après tout elle avait travaillé sur ce projet. Cette supposition lui paraissait être une bien maigre consolation par rapport à celle de passer toute une soirée avec des personnes qu'il ne connaissait pas...
- Bon, c'est d'accord, dit-il enfin, plein de mauvaise volonté. Mais rassure-moi sur une chose, le costume n'est pas obligatoire, hein ?
Anton fit une grimace que le jeune homme n'aima pas du tout.
- Désolé mon grand, c'est tenue de soirée exigée alors oublie ton vieux cuir et tes bottes.
Charlie lâcha un gémissement de frustration et sortit du bureau en trombe, il eut tout juste le temps d'entendre son patron crier.
- N'oublie pas ! Rendez-vous dans le hall à sept heures demain soir !... Et va voir Gigi, elle pourra t'aider !
Le jeune homme marmonna dans sa barbe inexistante et sortit du bâtiment, à l'horizon le soleil commençait sa lente descente. D'un pas vif, il se dirigea vers le quartier résidentiel et s'arrêta devant une maison d'allure coquette, il toqua rapidement et attendit qu'on vienne lui ouvrir. La porte fut déverouillée et révéla une vieille dame aux boucles blanches désordonnées, son visage se fendit d'n sourire quand elle reconnut son visiteur.
- Charlie, mon garçon ! Entre ! s'exclama-t-elle en s'effaçant du passage. Anton m'avait dit que tu passerais.
- Et bien, il se croyait bien sûr de lui, siffla le rouquin entre ses dents.
- De quoi as-tu besoin ? demanda finalement Gigi.
- J'accompagne Anton à une réception demain soir et j'ai besoin d'une tenue de soirée.
- Ah oui, dit-elle en réfléchissant. Ça va être un peu juste au niveau du temps mais...
- Écoute si tu ne peux pas t'en occuper, ce n'est pas grave, la coupa-t-il avec empressement alors qu'il se dirigeait déjà vers la sortie. Je n'irais pas, c'est tout.
- Oh non, ne t'en fais pas ! J'ai ce qu'il faut sous la main, tu seras prêt pour demain soir ! sourit la vieille dame tandis que le jeune homme voyait ses espoirs d'échapper à la fête s'envoler. Il doit rester un smoking de Jules dans son ancienne chambre, je devrais pouvoir l'ajuster afin que tu puisses le porter. Sois disponible demain après-mid, je passerais chez toi pour les essayages ! ajouta-t-elle en prenant déjà des notes sur un carnet.
- Bon... Très bien. Merci Gigi, répondit le rouquin en embrassant son aînée. Passe le bonsoir à Salaun.
- Je n'y manquerais pas ! lui répondit-elle alors que Charlie refermait doucement la porte.
Une fois dehors il soupira de lassitude, son calvaire venait tout juste de débuter... Tandis qu'il retournait chez lui le jeune homme fut surpris de trouver Soledad devant sa porte, visiblement elle l'attendait.
- Sol' ? Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème ?
- Non, rien de grave. Il fallait juste que je te parle. Peut-on entrer ? demanda la jeune femme.
Le rouquin acquiesça, il passa la clé dans la serrure et ouvrit la porte, laissant passer son amie devant lui. A l'intérieur elle prit place sur une chaise tandis que Charlie s'affairait autour du feu, celui-ci n'en menait pas large, se questionnant sur la visite de Soledad. De quoi voulait-elle parler ? Si elle revenait pour discuter de ce qu'il s'était passé l'année dernière, il n'était pas sûr de...
- Charlie, que se passe-t-il ? fut-il coupé dans sa réflexion.
- Comment ça ? demanda le jeune homme, étonné.
- Que se passe-t-il en ce moment ? Tu as l'air complètement à côté de la plaque ces temps-ci... et ne dis pas que c'est faux car je vais m'énerver ! le coupa-t-elle avec force alors qu'il allait répondre.
- Je suis peut-être un peu fatigué, c'est vrai, admit-il enfin, à demi-mot.
- Ce n'est pas juste de la fatigue. Tu passes ton temps dans le bureau d'Anton ou à la bibliothèque et aujourd'hui qu'est-ce que j'apprends ? Tu te rends à un bal ?! Toi ? A un bal ?!
- Les nouvelles vont vite, marmonna Charlie.
- Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Tu nous caches quelque chose, j'en suis persuadée !
- Je t'assure que non, Anton veut juste que je l'aide avec sa paperasse. Tu sais bien que depuis qu'il n'a plus de directeur-adjoint c'est devenu compliqué pour lui, il m'a demandé un coup de main, c'est tout.
Soledad ne répondit pas, le jeune homme vit qu'elle l'observait, sceptique. Finalement son visage se radoucit.
- Très bien, je vais te laisser le bénéfice du doute, lança-t-elle avec un vague geste de la main.
- Vous êtes trop magnanime votre altesse, plaisanta le rouquin en faisant une courbette.
- Crétin, siffla la jeune femme en le bousculant et Charlie éclata de rire.
- Pendant un moment j'ai pensé que c'était cette fille qui t'avait fait perdre la tête, avoua Soledad après que le garçon eût retrouvé son calme.
- Quoi ? Comment ça ? Quelle fille ? questionna-t-il.
- Enfin, tu sais... insista la jeune femme en lui faisant de grands yeux. La... Française, ajouta-t-elle finalement avec dédain.
- Charlotte ?
- Oui, c'est ça.
Charlie avait complètement cessé de rigoler et ne comprenait pas ce que son amie essayait de lui dire mais une chose était sûre, il n'allait pas aimer la suite de cette conversation.
- Je ne vois pas où tu veux en venir, lâcha-t-il.
- Voyons, tu ne peux pas nier le fait que c'est une petite précieuse, le genre de fille qui préfère séduire que réfléchir, répondit-elle, pleine de fiel.
- Tu es sérieuse, là ?
- Quoi ? C'est la stricte vérité ! Rappelle-toi la dernière fois, tous les hommes ou presque étaient à ses pieds et elle n'a rien fait pour les repousser !
Charlie se remémora la visite de la jeune femme, il comprenait qu'au yeux de son amie cette situation pouvait paraître étrange mais que devait-il dire ? Que Charlotte était une Vélane ? Sûrement pas, lui-même n'était pas totalement sûr de ce qu'il avançait et ce n'était certainement pas à lui de dévoiler ce secret, Soledad n'avait pas à connaître ce genre d'informations.
- Sol', tu vas trop loin. Je ne peux pas te laisser dire ça, annonça le jeune homme avec calme.
Il vit que la jeune femme le regarda un instant, sans comprendre puis ses traits se durcirent.
- Très bien ! Je vois ! Puisque tu prends sa défense je préfère m'en aller ! s'écria-t-elle en se dirigeant vers la sortie.
- Je prends sa défense parce que tu n'es pas juste avec elle, dit le rouquin, ne pouvant aller plus loin dans ses explications.
- Pas juste avec elle ?! s'étrangla Soledad, se retournant vers lui. Comment veux-tu que je sois juste avec elle alors que l'homme que j'aime lui fait les yeux doux ?!
- De qui est-ce qu...
- Mais enfin, de toi ! hurla-t-elle, les yeux embués de larmes.
C'était comme si une chape de plomb lui était tombé dans l'estomac, Charlie avait les oreilles qui bourdonnaient et ne sut quoi dire. Que pouvait-il répondre après ce genre de révélation ? Alors qu'il allait ouvrir la bouche, la jeune femme face à lui le stoppa d'un geste de la main.
- C'est bon, ne dis rien. Laisse tomber, je... on verra ça plus tard.
Et elle sortit en trombe de sa demeure. Il fallut quelques secondes au rouquin pour tenter de comprendre ce qu'il venait de se passer, d'un geste las il s'assit dans son fauteuil, passa une main sur son visage et ferma les yeux.
- Merde...
- Je t'avais dit de lui parler, tu ne peux pas dire que je ne t'avais pas prévenu.
- Oui je sais, j'ai eu tort. Tu es content ?
- Je suis plutôt satisfait de moi-même je dois l'avouer...
- Cole ! C'est sérieux !
- D'accord, d'accord... Qu'est-ce que tu vas faire alors ?
- Pour l'instant, rien, répondit Charlie. J'ai d'autres choses en tête...
- Ne traîne pas trop, il est plus que temps que vous mettiez les choses au clair tout les deux. Il faut que tu lui dises que tu ne ressens rien pour elle, en tout cas rien d'autre que de l'amitié.
Le rouquin hocha mollement la tête, il avait passé la nuit à ressasser l'effroyable scène de la veille et à se demander comment il aurait dû réagir. Plusieurs scénarios avaient défilé dans son esprit mais aucuns ne se terminaient sur une bonne note, dans tous les cas il craignait de perdre son amie.
- Tu crois qu'elle m'en voudra ? demanda-t-il enfin.
- Il lui faudra sans doute du temps mais elle comprendra, tôt ou tard.
Le jeune homme soupira tandis que Cole, à ses côtés, se levait du muret sur lequel ils étaient assis.
- Ne t'en fais pas, ça va s'arranger. En attendant pense à profiter de ta soirée, ce sera une bonne occasion de t'amuser, conseilla-t-il en lui tapant sur l'épaule.
Alors que Charlie allait lui répondre qu'il était persuadé du contraire ils entendirent une voix au loin, d'un même homme ils firent volte-face et aperçurent Gigi, un panier sous le bras.
- Bon je vais te laisser, je vois que ton rendez-vous de l'après-midi est arrivé, se moqua Cole en lui faisant un clin d'œil.
- Tu sais, j'ai réfléchi..., annonça-t-il en enfilant la veste que lui tendait la vieille dame. Je pourrais peut-être mettre le costume que je portais au mariage de mon frère, il est très chic aussi.
- Enfin Charlie, la couleur n'ira pas ! s'indigna Gigi. Certes le prune c'est très joli mais inapproprié pour une réception comme celle de ce soir.
- Ah..., ne put que répondre le jeune homme.
- Non, ce qu'il faut c'est un smoking. Maintenant ne bouge plus, je vais ajuster les épingles...
- Aïe !
- Je t'avais prévenu, s'amusa la vieille dame.
Ainsi ils passèrent toute l'après-midi chez le rouquin, celui-ci tenant la pose tandis que Gigi faisait les ajustements nécessaires à grands renforts d'épingles et de sortilèges. A la fin de la journée son amie exigea de lui qu'il aille à la salle de bain puis, elle l'aida à enfiler son costume. Quand ils se placèrent devant le miroir Charlie observa son reflet, sceptique.
- J'ai l'air d'un pingouin dans cette tenue, grommela le jeune homme.
- Allons, ne dis pas une bêtise. Tu es parfait ! s'extasia la vieille dame. Mais on pourrait encore faire mieux si tu te laissais tenter par un petit rafraîchissement au niveau des cheveux...
- Non, ils sont très bien comme ça ! réfuta-t-il en passant une main dans sa tignasse.
- Bon, je n'insiste pas ! répondit Gigi en levant les bras en signe de défense.
Cette dernière s'empara finalement d'une brosse à vêtement et entreprit de faire disparaître la moindre petite poussière qui aurait pu se déposer sur son costume puis elle ajusta le nœud papillon autour de son cou et se recula, le jeune homme vit qu'elle l'observait les yeux remplis d'émotion.
- Tu es très beau mon garçon, parvint-elle à articuler, la voix chevrotante. Peut-être que l'amour sera au rendez-vous ce soir...
-Oh, Gigi... C'est toi la femme de ma vie, tu le sais bien, lui répondit le rouquin en se mettant à son niveau pour l'enlacer. Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
- Tu porterais un smoking prune... souffla la vieille dame à son oreille.
Charlie éclata de rire puis la relâcha tandis qu'elle s'essuyait le coin des yeux avec son tablier. Ils n'eurent pas le loisir de discuter davantage car la pendule accrochée au-dessus de la cheminée sonna six heures.
- Bon il faut que j'y aille, Anton doit déjà m'attendre, annonça le jeune homme en s'emparant de sa cape noire, alors qu'il ouvrait la porte Gigi l'interpella.
- Ne t'y rend pas à pied, tu vas salir tes chaussures. Il vaut mieux que tu transplane.
- Bonne idée, répondit-il.
Sur le pas de la porte, Charlie embrassa la vieille dame et disparut dans un tourbillon de couleur. Une fois dans le hall du bâtiment central, il repéra son supérieur qui était, lui aussi, sur son trente-et-un.
- Ah, je vois que Gigi a fait des merveilles ! déclara celui-ci. Prêt à partir ?
- Ai-je vraiment le choix ?
Anton lui tapa gentiment le dos et ensemble ils se rendirent dans son bureau afin d'emprunter la cheminée qui, exceptionnellement, avait été raccordée au réseau de cheminette de l'Athénée Roumain. Quand ils atterrirent Charlie remarqua qu'un majordome les attendait à la sortie de l'âtre, un petit plumeau à la main. Celui-ci s'avança vers eux et les épousseta afin d'enlever la suie qui avait pu se déposer pendant le voyage.
- Merci, souffla le jeune homme, gêné d'être autant considéré par quelqu'un, et l'employé lui fit un bref hochement de tête.
Anton et lui s'avancèrent dans le hall principal qui était une véritable splendeur de marbre, de stuc et autres dorures, statues et candélabres trônaient çà et là comme valsant entre les colonnes. Avec d'autres invités ils arrivèrent dans une sorte de hall secondaire où deux personnes faisaient la sécurité, l'une vérifiant les cartons d'invitation à l'aide d'une longue liste de noms et l'autre jetant un ou deux charmes de détection de malveillance. Quand ce fut à leur tour de passer le rouquin put distinguer un brouhaha provenant de la salle de réception située en contrebas, ils marchèrent sur quelques mètres puis arrivèrent en haut d'un vaste escalier en marbre blanc flanqué de rambardes du même acabit. De là où ils étaient Charlie put aisément distinguer l'ensemble de la pièce où la soirée se déroulerait, cinq fois plus large que la Grande Salle à Poudlard et beaucoup plus majestueuse, elle s'étirait en arc-de-cercle et semblait donner sur des jardins, car jalonnant les murs se trouvaient d'immenses baies vitrées encadrées de rideaux de pourpre claire. A gauche, accolée au mur, il y avait une grande scène où, éclairé par une lumière tamisée, jouait un orchestre tandis qu'à droite, presque dans un renfoncement, se tenait une armée de serveurs s'affairant autour d'un buffet gargantuesque. De nombreux invités étaient déjà présents, la plupart discutant par petits groupes et d'autres se servant en mets divers.
- J'ignorais qu'il y ait pu avoir une telle merveille à Bucarest, dit enfin Charlie après plusieurs minutes de silence.
- Je suis déjà venu à de nombreuses reprises et pourtant ce spectacle me coupe le souffle à chaque fois, lui répondit Anton.
D'un même mouvement ils descendirent les escaliers et se mêlèrent à la foule de personnalités qui dominait les lieux.
- Je ne vois pas encore nos amis Gallois, je suppose qu'il ne sont pas encore arrivés, déclara son supérieur en s'avançant parmi les gens.
Le jeune homme, quant à lui, cherchait une toute autre personne, il espérait sans doute apercevoir une chevelure blonde ou croiser un regard bleu mais ce ne fut pas le cas. Peut-être n'était-elle pas invitée, se dit-il, un peu déçu... Soudain il aperçut Anton lui faisant des grands signes de la main, le rouquin comprit que les membres du conseil qu'ils devaient recontrer étaient là. Non sans une certaine angoisse Charlie rejoignit son supérieur, une fois à ses côtés il faisait désormais face à trois personnes à l'aspect typiquement britannique : l'un des hommes portait un épais costume en tweed bleu tandis que la seule femme du groupe avait les cheveux d'un roux flamboyant si bien qu'elle aurait pu aisément se faire passer pour une Weasley.
- Mr Charles Weasley je présume, dit cette dernière d'un ton sec. Enchantée de vous rencontrer, je suis Miranda O'Brien, membre principal du conseil d'administration de la réserve de dragons de Beddgelert au Pays de Galles. Réserve qui, je le souligne, est maintenant placée sous la houlette de l'Asociation pour la Protection des Créatures Sauvages Magiques, dépendante entre autre du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques de Grande-Bretagne. Voici mes collègues Rudy Pigginton et Matthew Fortescue, également membres du conseil, ajouta-t-elle tandis qu'ils saluaient le jeune homme.
- Enchanté, répondit finalement celui-ci.
Il y eut un moment de flottement puis finalement l'homme en tweed prit la parole.
- Tout d'abord nous aimerions préciser, mes collègues et moi-même, qu'en aucun cas nous avons cautionné les agissements de Jod Culkin ainsi que sa manière d'administrer la réserve. Nous avions signalé son comportement aux autorités à de nombreuses reprises mais il fallut plusieurs mois avant qu'une enquête soit finalement ouverte.
- Je prends bien note de ce que vous me dites Mr Fortescue, répondit Charlie, après un instant de silence. Mais comprenez-moi, la réputation de la réserve est au plus bas... Rien ne me prouve que l'établissement n'est pas au bord de la ruine, que les investisseurs vont rester... Et je ne parle même pas des procès que la réserve risque face aux associations de défense de la faune magique.
- Mais l'Association nous couvre, je...
- Ce n'est qu'une parmi tant d'autres... Je pense qu'il faut renforcer le rôle des associations au sein de la réserve et à l'inverse que cette dernière soit un modèle pour elles.
Les trois personnes face à lui ne s'attendaient sans doute pas à une telle argue de sa part, ni Anton qui lui jetait un coup d'œil étonné. Secrètement le jeune homme remercia Charlotte de lui avoir envoyé livres et conseils sur le droit économique et la gestion d'entreprise, ça l'avait beaucoup aidé. Il ne regrettait absolument pas de l'avoir mis dans la confidence, avoir quelqu'un qui pouvait l'épauler lui apportait un certain réconfort.
- Bien sûr, répondit finalement Miranda O'Brien, décontenancée. Nous prendrons en compte toutes vos considérations, si cela peut permettre à la réserve de se relever après cette épreuve.
- Nous pouvons vous envoyer les dossiers de gestion de la réserve, nos derniers compte-rendus ainsi que les livrets de comptes... Si cela peut vous faire accepter de nous suivre, renchérit l'homme au tweed.
- Certes, ce serait une bonne chose, dit Charlie, continuant son manège. Cela me permettrait d'avoir une vision globale de la situation.
- Bien sûr, nous vous ferons parvenir cela le plus rapidement possible. Peut-être pourrions-nous programmer une visite également ? Qu'en dites-vous Mr Ridgebit ?
- Oui... Pourquoi pas, répondit celui-ci qui ne s'attendait pas à être sollicité. C'est à Mr Weasley de prendre cette décision, il faut qu'il s'arrange selon son agenda.
- En effet, cela pourrait se faire, acquiesça le rouquin. Au jour d'aujourd'hui je ne connais pas encore mes disponibilités pour les semaines à venir mais je vous enverrais un courrier le plus tôt possible afin de vous transmettre mon jour de visite.
- Oui, faisons donc comme cela ! conclut Mr Fortescue qui semblait ragaillardi par cette nouvelle. Mr Weasley, nous étions ravis de vous rencontré ! Anton ne nous avait pas menti, vous êtes un homme de caractère ! J'espère que notre affaire pourra aboutir dans les meilleurs termes qui soient, en attendant je vous souhaite une excellente soirée ! ajouta-t-il avec un hochement de tête.
Les deux autres l'imitèrent puis ils s'évanouirent dans la foule de plus en plus grandissante. Charlie mit un instant à réaliser ce qu'il venait de se passer, il ne pensait pas que l'entretien pût être si exténuant, il se permit un long soupir de soulagement tandis que son supérieur lui donnait une grande claque dans le dos.
- Et toi qui ne voulais pas venir ! Tu m'avais caché tes talents de gestionnaire, où as-tu appris tout ça ? s'écria-t-il.
- On m'a aidé, répondit simplement le jeune homme.
- Je suis content de voir que tu t'intéresses finalement à cette perspective, tu pourrais faire de très grandes choses dans cette réserve, crois-moi !
Le rouquin hocha la tête mais ne répondit pas, en revanche il suivit Anton parmi le dédale d'invités tandis que celui-ci saluait hommes et femmes qu'il connaissait. Alors qu'ils s'éloignaient d'un énième groupe, son supérieur se tourna vers lui.
- Alors ? Jusque là ça se passe plutôt bien, non ? demanda-t-il.
Le jeune homme fit une moue peu convaincue puis haussa les épaules, même si l'entrevue s'était bien déroulée il n'avait pas plus envie de demeurer à cette réception.
- Oui, pas trop mal, dit-il enfin. Ce n'est pas aussi pénible que je ne me l'étais imaginé... Hormis ce nœud papillon qui me serre... ajouta-t-il en tirant dessus tandis que son supérieur riait.
- Tu t'y feras, lui répondit ce dernier en jetant un coup d'œil circulaire aux invités. Ah, je vois que Gavril est là, je vais le saluer... Je reviendrais un peu plus tard ! annonça celui-ci en s'éloignant.
Charlie était de nouveau seul, lui aussi se mit à sonder la foule tentant de trouver quelqu'un qu'il connaissait, en vain. Finalement il s'empara d'une coupe de champagne, déambula parmi les robes de bal et les smokings puis s'approcha de l'escalier principal. La réception avait débuté plus d'une heure auparavant et pourtant des gens continuaient d'arriver, descendant les marches de marbre et saluant de loin les gens qu'ils apercevaient dans la foule. Le jeune homme commençait à sentir l'ennui poindre quand il entendit son prénom, il tourna la tête et aperçut au pied de l'escalier une jeune femme brune qu'il reconnut comme étant l'amie de Charlotte, elle était accompagnée d'un homme au bras duquel elle était agrippée.
- Bonsoir ! Tu te souviens de moi ? Agathe, la collègue de Charlotte ! s'exclama-t-elle en lui serrant la main. Et voici mon petit-ami, Simon.
- Enchanté, dit le rouquin avec un bref hochement de tête.
- Je ne savais pas que tu serais là ce soir ! Charlotte va être contente, elle déteste tellement ce genre de soirée ! D'ailleurs je ne sais pas ce qu'elle fabrique, elle nous suivait pourtant !
- Ne t'inquiètes pas, la rassura le dénommé Simon, d'une voix très calme. Elle ne va pas tarder. Je vais chercher des rafraîchissements, vous voulez quelque chose ?
- Je t'accompagne ! répondit brusquement Agathe. A tout à l'heure Charlie ! ajouta-t-elle en s'éloignant.
Le jeune homme eut juste le temps de lui faire un petit signe de la main avant que le couple ne disparaisse dans la foule puis il retourna à ses pensées, savoir que Charlotte serait là lui mit un peu de baume au cœur. Machinalement il tourna la tête vers les escaliers et là, son cœur rata un battement. Comme enveloppée dans un écrin de lumière, la jeune femme qui occupait son esprit quelques instants plus tôt descendait désormais les marches d'un pas aérien, sa robe se mouvant à chacun de ses mouvements. Charlie n'aurait pas pensé possible que la Française pût être plus belle encore qu'elle ne l'était déjà et pourtant, la vision qu'il avait d'elle à cet instant lui prouvait bien le contraire. Enfin, il sortit de sa rêverie et s'empressa de se rapprocher de l'escalier afin que Charlotte le remarquât, elle dût l'apercevoir car elle lui fit un signe de la main et s'avança vers lui. Une fois l'un en face de l'autre ils ne se quittèrent pas des yeux.
- Tu es magnifique, ne put s'empêcher de dire le rouquin.
La jeune femme rougit sous le compliment puis son visage se fendit d'un sourire.
- Merci, c'est gentil. Et toi tu es très élégant, j'ignorais que tu portais si bien le smoking.
- Moi aussi, à vrai dire.
La jeune femme rigola doucement et Charlie sentit quelque chose remuer au fond de lui. A son tour il se mit à sourire, la soirée ne s'annonçait pas si mal finalement...
Note de l'auteur : Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Enfin un peu de remue-ménage, Soledad qui avoue ses sentiments à Charlie et ce dernier qui révèle ses qualités de gestionnaire en herbe, qui l'aurait cru ? Thumbs up pour le dernier passage où apparaît notre belle blonde, ils sont trop mignons tout les deux ! ^^
J'espère que ce chapitre vous a plu ! Je vous dis à la semaine prochaine ! ;)
Blond'sparkle
