Hellow tout le monde !

Merci pour vos charmantes reviews =)

Ça m'a fait plaisir !

Voici un chapitre qui laisse enfin découvrir bien des choses et beaucoup de possibles mais ne vous méprenez pas et n'oubliez jamais une chose : l'état de pensée, la façon dont le narrateur prend les choses, c'est la manière dont Drago les perçoit. Et la manière que l'on veut peut-être qu'il les perçoive.

Je ne dirai rien de plus =)

RAR

Ero-Chikachu :

C'est dans ce chapitre que j'espère, tu obtiendras les réponses à ta question; le Quidditch, tu as peut-être raison de douter. Tu peux surtout imaginer à partir du chapitre 10 mais les réponses viendront plus tard =)

Merci pour ta review !

Chlo :

Merci pour tous tes compliments ! Je suis contente qu'elle t'ait passionnée, je fais du mieux que je peux ^^ Moi aussi, j'adoooore les longs chapitres XD

uranie :

Oui, c'était un chapitre très spécial; chaque scène était bien distincte de la première, on aurait presque pu croire à une série d'OS si les textes n'avaient pas tous la même idée commune : les évolutions d'Hermione. Ravie que ce soit ton chapitre préféré =)

Bonne lecture !


Chapitre 10 : Granger ou l'art de la Magie Noire


Drago releva dédaigneusement la tête et parcourut la Grande Salle du regard par ce vingt-quatre octobre. Le brouhaha habituel, les incessants commérages, les hiboux qui lâchaient leurs missives en plein vol, le tintement des couverts…Tout était normal. Comme n'importe quel jour. Sauf une chose qu'il était le seul à avoir remarqué. Un détail insignifiant, sur le visage d'une fille de Gryffondor. Ses yeux. Par moment, lorsqu'elle parlait, dans ses yeux, des volutes de fumées rouges sombres s'élevaient et son regard s'obscurcissait. Personne ne le voyait donc ?

Cela faisait près d'un mois que Drago voyait cet étrange phénomène. Et il avait remarqué que c'était soit selon ce qu'elle pensait, les traits de son visage étant plus ou moins détendus, soit selon les circonstances ou les personnes à qui elle faisait face.

Quand elle regardait Potter et Weasley, ses yeux restaient bruns. Puis, quand elle se tournait vers Lavande Brown, un voile les recouvrait aussitôt.

Drago croisa son regard. Elle lui adressa un sourire narquois et ses pupilles se voilèrent aussitôt.
Il détourna le visage, ne souhaitant pas qu'elle pense qu'il s'intéressait à elle plus qu'il ne devrait le faire envers une sang-de-bourbe.

Drago se retourna vers son meilleur ami qui engloutissait simultanément une bouchée de pain, une tranche de bacon et un œuf entier.

- Elle est bizarre Granger en ce moment, tu ne trouves pas ? questionna Drago de son regard pénétrant ; lorsqu'il observait quelqu'un de cette façon, elle ne pouvait pas mentir ou alors était vraiment habile.

- Euh…ouais, répondit Blaise, soudain mal à l'aise, le visage pâle.

Il afficha une mine d'incompréhension totale que Drago déchiffra sans problèmes. Il lui mentait, il était au courant de quelque chose.

- Zabini, Zabini…Que sais-tu ? souffla Drago en trempant une tranche de mie dans son café d'un air détaché.

- T'inquiète mec je gère.

- Depuis quand elle en fait ?

- De quoi ?

- Tu sais très bien de quoi je parle Blaise, siffla Drago en se penchant vers lui.

- Ecoute mec, elle est venue et m'a demandé de l'entrainer donc…

- Tu es complètement cinglé ! Si Dumbledore l'apprenait…

Blaise leva la main pour l'arrêter. Drago, les mâchoires tendues, se tut et l'observa droit dans les yeux. Blaise était aliéné, complètement. Passer son temps avec Granger à faire ça… !

- Ca serait cool que tu viennes. Viens avec moi ce soir, vingt-deux heures à la salle-sur-demande.

Drago hocha imperceptiblement la tête et se leva. Cours de métamorphose. Il grinça des dents.

La journée passa lentement et Drago était assez perturbé. Ce qui l'agaça férocement.

Granger avait bel et bien changé ; mais pourquoi ce revirement ? Si le directeur savait ce qu'elle faisait en douce avec Zabini, l'exclusion ne serait pas seulement sa punition ; on lui briserait sa baguette et lui retirerait ses pouvoirs ; un sort d'Oubliettes et retour chez les moldus !

Il en était de même pour Blaise et c'était justement ce point-là qui l'inquiétait. C'était son meilleur ami et le seul avec lequel il soit – plus ou moins - sincère. Et savoir qu'il risquait son existence, sa magie, son rang pour une sang-de-bourbe et des actes illicites, dérangeait Drago plus que cela ne l'aurait dû. Il n'aimait pas s'attacher, cela le rendait faible, il en était conscient.

De plus, Blaise ne parvenait pas à mentir à Drago. Cela ne signifiait qu'une chose, et elle n'était guère réjouissante : le métis paniquait. Ils se connaissaient depuis quinze ans mais pour que Blaise ressente de l'inquiétude quant à ce sujet, de l'eau pouvait passer sous les roches.

Mais voilà, c'était Granger, meilleure élève de Poudlard, préfète-en-chef de Poudlard, meilleur amie du Survivant, sang-de-bourbe et Gryffondor.

Autant de choses qui le faisaient demeurer en un état de perpétuelle songerie.

Drago dîna lentement, enfournant ses frittes si distraitement qu'il ne remarqua pas que Nott en avait mangé la moitié, piochant dans son assiette.

Enfin, l'heure tant attendue arriva. D'un pas trainant –il ne fallait pas croire que voir Granger l'enchantait- il se rendit à la Salle sur Demande, sa main crispée sur sa baguette à l'intérieur de sa cape, sait-on jamais…
Blaise était déjà là et discutait avec Granger qui avait les bras croisés, visiblement de mauvaise humeur.

- Zabini, la prochaine fois que tu invites Malefoy, je peux t'assurer que …

- Calme, poupée, souffla Blaise en approchant ses lèvres de la commissure des siennes.

Il se prit une claque qui retentit dans le couloir. Drago grimaça, elle était vraiment violente. Mais bon, tant que c'était sur Blaise. Et que les dégâts n'étaient pas irréversibles…

- Ne t'avise pas de recommencer. Tes fantasmes, tu les fais avec tes groupies, pas avec moi.

Ses yeux s'étaient à nouveau voilés et elle avait saisi inconsciemment sa baguette.

- Mec ! T'es là ! s'exclama Blaise, visiblement soulagé en s'avançant à grand pas vers son le blond.

Il lui offrit une bourrade puis regarda Granger, muette, faire trois allers-retours devant le tableau.

Drago connaissait cette salle grâce à Potter mais son mode d'emploi lui était inconnu. De toutes manières, si cela l'avait réellement intéressé, il aurait connu cette salle le premier mois de sa première année au château, que l'on se le dise !

Une porte apparut et ils s'y engouffrèrent. C'était une salle large, beaucoup plus qu'elle ne le laissait paraître, vue de l'extérieur.
Elle était totalement vide et un lustre pendu au plafond l'éclairait chaleureusement.

Drago s'avança et un fauteuil surgit au fond de la salle, en écho à ses pensées. Il s'y assit lourdement et fixa Blaise et Granger s'incliner l'un face à l'autre en guise de salutation.

Les yeux de Granger étaient assassins et bien plus voilés que Drago ne les avait jamais vus ces derniers jours. Qui plus est, alors que ses pupilles redevenaient d'un marron doux quelques secondes plus tard, les volutes persistaient et s'intensifiaient.

Aucun d'eux ne parla, pourtant les sorts fusèrent aussitôt qu'ils se furent éloignés de vingt mètres l'un de l'autre.

Un immense dragon noir sortit de la baguette de Granger et s'abattit sur Blaise en l'avalant tout entier. Le métis réapparut quelques secondes plus tard, à peine décoiffé et lança un sortilège à Granger. Elle l'évita d'un geste dédaigneux de la baguette. Et elle se concentra.
Ses deux mains fermement accrochées au petit bout de bois, elle le pointa sur Zabini. Ce dernier comprit aussitôt que l'attaque était nouvelle et qu'il allait mourir s'il ne réagissait pas vite.

- Spiritus Nervate !

Des ombres blanches glissèrent sur le sol et rampèrent piteusement vers Blaise, agitant leurs bras dépourvus de chair, de simples os autour desquels s'enroulaient de longs asticots. Il en sortait plusieurs de leurs bouches, de leurs nez et de leurs orbites vides. C'était répugnant. Les cadavres semblaient aspirer la chair humaine.

Zabini plaça ses deux mains l'une à côté de l'autre, ferma ses yeux afin de faire abstraction quelques secondes des créatures. Une onde puissante les repoussa jusqu'à Granger qui avait déjà lancé un autre sortilège.

Blaise dut se précipiter au sol alors qu'une explosion retentissait là où il s'était tenu quelques instants auparavant.

Granger élimina les monstres d'un coup de baguette.

- Où t'as appris ça ? demanda Blaise en s'approchant.

Drago resta muet. Granger apprenait la magie noire et semblait s'amuser à l'expérimenter. C'était aussi simple que cela. Sa mauvaise humeur, mauvaise foie, sa puissance magique décuplée, ses yeux qui se transformaient, son éloignement de ses amis…

Elle devenait maléfique. La magie noire commençait à s'incruster profondément en elle et cette chose-là, une fois qu'elle avait atteint un certain seuil était irréversible.

Drago avait été habitué depuis tout petit à cette magie mais jamais elle n'avait eu d'effet sur lui.

C'est comme un enfant. Ses parents le laissent sortir quand il veut. Il s'expose aux aléas de la vie, il apprend à se défendre, et s'il grandit sans de tourments irréversibles, il maitrise l'extérieur et s'y sent à l'aise.
Un enfant surprotégé qui, un jour découvre l'extérieur est comme fou, s'y précipite. Mais il ignore son milieu, et tôt ou tard, pourra commettre l'erreur.

Et lui, Drago, était habitué. Granger ne l'était pas. C'était pour cela que la magie noire pouvait l'envahir.
Drago avait toujours été prudent avec cette magie mais depuis qu'il était petit, il la connaissait. Il l'avait toujours vue, que ce soit sa mère pour maudire quelqu'un ou son père pour influencer le ministre. Il l'avait pratiquée.

Mais voilà, Granger…eh bien ; ce n'était pas du tout bon et Drago craignit qu'elle n'effectue des dégâts irréparables, sans se rendre compte de ce pouvoir débordant et cette énergie à revendre qui se dégageaient d'elle.

- Dans un livre à la Réserve. Sympa, hein ?

- Pas mal, oui. T'en as d'autres comme ça ?

- Une trentaine.

- Une trentaine…, répéta Blaise pensivement en se caressant le nez de son index. Vas-y montre.

Drago comprit alors que c'était son plan.

La faire basculer dans le côté obscur pour qu'elle aille rejoindre Voldemort. Très astucieux. Ainsi, Drago et Blaise recevraient une double récompense car Hermione resterait aux côtés du Lord afin de se battre, ce qui n'était pas si sûr avant. Vraiment, Blaise l'étonnait sur ce coup-là.

Par contre, pour connaitre si bien la magie noire, Drago hésitait sur un point.
Granger n'avait jamais été quelqu'un à forcer. Et il doutait qu'une fois envahie par la magie noire, elle veuille vraiment se contenter d'être juste la « femme » de Voldemort.

Ce serait amusant, tiens, qu'elle juge que le père de son fils n'était pas assez mauvais et qu'elle s'en débarrasse car il ferait tâche au tableau.

Le combat reprit. Drago, les genoux sur l'accoudoir, tournait sa baguette entre ses mains, se lançant un protego par moment, lorsque l'impact détourné s'approchait de trop près de lui.
Granger et Blaise envoyaient des sortilèges sans s'arrêter, repoussant puis attaquant à nouveau. Lorsque certains se rencontraient à mi-chemin, ils semblaient être électrocutés et disparaissaient. Granger lança trois maléfices et puis soudain il y eut un « touf ! » très discret.

Drago ouvrit de grands yeux. Elle connaissait ce sort-là aussi ?

Il y avait à présent deux Granger dans la salle : une qui attaquait exactement de la même façon que la version originale et qui se tenait devant Blaise et avec laquelle il continuait de se battre sans rien remarquer ; l'autre, la vraie, dans son dos. La vraie Granger leva sa baguette et Blaise tomba à genoux sur le sol, le corps pris de tremblements au même moment où l'autre disparaissait.

Une dizaine de secondes après, le sort fut levé et du pied, Granger le fit glisser sur le dos, les yeux presque noirs.

- Zabini…Ton niveau laisse à désirer.

Drago la toisa froidement du regard ; si elle continuait à humilier son ami ainsi, elle allait s'en rappeler. Une quinzaine de sorts très poignants et douloureux trottaient dans sa tête, menaçant de franchir la barrière de ses lèvres à tout moment, et le « Doloris » n'en faisait pas parti car à côté c'était une séance de chatouillis.

- Tu as triché Granger ! rétorqua Blaise, blessé dans son amour-propre.

- Non, tu as perdu, répondit-elle calmement. Malefoy, je veux me battre contre toi, ajouta-t-elle en se tournant vers lui.

Oui ou non ? Devait-il sérieusement lui montrer ce dont il était capable ? Drago trancha rapidement. Il préférait garder la surprise pour le jour où éventuellement ils auraient à se battre réellement. Et puis, il était Drago Malefoy, il n'allait pas céder aux caprices d'une misérable moldue – enfin, née moldue- qui se prenait pour une princesse.

- Non Granger ; je viens voir, pas jouer.

- Tu as peur, sourit-elle d'un air mauvais en s'approchant de lui. Tu as peur de perdre face à une sang-de-bourbe…

Elle s'avançait en se déhanchant gracieusement, son corps ondulant à mesure que la distance qui les séparait diminuait. Plus que trois mètres…Deux mètres…Un mètre.

- Le ridicule ne tue pas, Malefoy, susurra-t-elle en s'agenouillant devant lui.

Sa main se posa sur sa cuisse, l'autre sur sa chemise. Elle approcha ses lèvres de son oreille et son souffle chaud le fit frémir. Il ferma les yeux et se concentra pour oublier le souvenir de ce qu'il s'était passé entre eux en potions.

- Viens, bats-toi contre moi…

Si elle voulait jouer à ça…Drago posa sa main sur sa hanche et l'attira à lui. Elle tomba à califourchon sur lui et il la regarda froidement. Qu'elle tente seulement de faire fondre un regard aussi gelé…

Elle voulut coller sa bouche contre ses lèvres. Il détourna la tête et elles atterrirent sur sa joue.

- Crois-tu que je laisserais une sang-de-bourbe touchait à une perfection telle que moi ? Ton petit jeu ne marche pas avec moi.

- Et pourquoi ? se renfrogna-t-elle en croisant ses bras, courroucée.

- Parce que je le vis au quotidien, que toutes les filles me courent après et que toi, tu es franchement loin d'être attirante, que ton chantage est d'un niveau trop bas pour que je m'évertue à y répondre. Et que tu es une sang-de-bourbe. Que je ne pourrais jamais avoir envie de ça, ajouta-t-il d'un ton cinglant.

Il la repoussa violemment et elle tomba sur son postérieur. Drago se releva et s'épousseta.

- Et ne t'avise pas à recommencer. Je me dégoûte assez de t'avoir touchée…

Il sortit de la salle, sans un regard pour eux deux. La magie noire l'avait vraiment déjà bien envahie !

HHHH

- Butcher, Ham, plus sensuels, commanda Drago.

Les deux hommes approuvèrent et remontèrent sur leurs balais. Drago continua de s'étirer, une jambe étendue devant, l'autre repliée sur le côté.

La nuit était tombée ; le ciel sombre voilait le terrain, il n'était pas loin de vingt-trois heures. Ce soir, l'entrainement se terminerait plus tôt que prévu, il n'était pas d'humeur.
Le capitaine héla son équipe qui atterrit aussitôt à ses côtés.

- Vous faîtes un tour de terrain en courant, commença-t-il. Quinze pompes et c'est fini pour ce soir.

Ils approuvèrent tous d'un hochement de tête ravi. Depuis une semaine, peut-être deux, les entrainements se finissaient à une heure du matin et si aucun n'osait parler à Drago qui subissait le même rythme, il n'en était pas moins que tous s'endormaient en cours et qu'ils étaient alors collés en retenue, les rares moments où ils ne s'entrainaient pas et où ils auraient pu se reposer un peu. Personne ne le relevait parce qu'à voir la tête de Drago, ils se doutaient qu'il n'en menait pas large non plus – tout cela cumulé avec toutes ses rondes de préfet-en-chef qui se terminaient tard - et que quiconque aurait ne serait-ce que laissé entendre un mot, aurait été viré de l'équipe en deux temps trois mouvements.

Drago profita de leurs quelques minutes d'endurance pour aller prendre une douche. Il était déjà habillé et commençait à remonter vers le château que son équipe arrivait dans les vestiaires.

Il était éreinté, ses yeux se fermaient tout seuls et il craignait de ne pas arriver jusqu'à l'appartement.

C'est à moitié dans le brouillard, sans comprendre comment il y était arrivé et en sachant encore moins depuis combien de temps il marchait, qu'il lâcha le mot de passe au tableau et qu'il entra dans la salle commune.

Il s'affala sur un fauteuil et s'endormit en songeant : « Dans cinq minutes, je me lève et je vais me coucher…juste cinq minutes… cinq petites mi…zz….zzzz… »

Lorsqu'il se réveilla, le soleil était levé depuis quelques temps déjà. Drago songea qu'il pourrait peut-être faire l'école buissonnière aujourd'hui, exceptionnellement. Il était si fatigué…

Ses paupières se refermaient déjà ; il étouffa un bâillement et se rendormit.
Quelques heures plus tard, il s'éveillait en forme. Il se releva et partit prendre sa douche. Un coup d'œil à sa montre lui apprit qu'il était pile à l'heure pour le déjeuner.
Ce fut en trainant des pieds vers la Grande Salle qu'il remarqua quelque chose d'étrange.

Tous les élèves chuchotaient entre eux, surexcités.

Drago décida de ne pas y prêter attention et ouvrit la porte derrière laquelle un fumet de poulet rôti s'échappait. La bave sembla s'intensifier dans sa bouche et son estomac fit quelques loopings avant de gronder sérieusement. Drago prit place à la table des Serpentards et vit que Nott trônait en plein milieu, fier comme un coq, racontant une histoire à toute la Salle. Même les Gryffondors l'écoutaient du fond de la pièce, tendant l'oreille. Chacune des personnes présentes retenait son souffle et personne ne mangeait, suivant attentivement le monologue de Théodore, tous tournés dans sa direction.

- Et là, elle vient, à moitié nue, en nage… « Nott, toi et moi contre le mur », qu'elle me fait ! Et moi alors ?

Drago haussa ses sourcils. Depuis quand quiconque était intéressé de par les histoires de Nott ? Et toute la salle ? Les professeurs semblaient se tasser sur eux, peu désireux d'entendre ce qui allait suivre. Enfin, il n'y en avait qu'un, et c'était Trelawney, ce qui expliquait pourquoi Théodore n'avait pas encore été interrompu.

- Alors je lui dis, moi je veux bien, mais c'est pas top le couloir… Et la petite allumée, qu'elle commence pas à me déshabiller en me disant qu'on s'en fiche ?

Drago poussa un soupir las et commença à dévorer la cuisse du volatile. Il s'attira une dizaine de regards meurtriers de toutes les tables confondues ce qui l'étonna. Par Salazar, jamais on n'avait vu les maisons aussi unies ! Dumbledore voulait rapprocher les maisons ? C'était tout dit, il fallait juste raconter des histoires érotiques en plein déjeuner… !

- J'ai trouvé ! cria une Poufsouffle. C'est Abbot !
- Mais non idiote c'est pas elle la nana que tout le monde croit coincée et que j'ai eue ! Personne ? Je répète, je donne dix gallions à qui trouve, alors ? Je continue ?

Tous hochèrent de la tête. C'était ça, un pari. Drago se concentra, la cuisse du poulet suspendue en l'air ; ça l'intéressait cette histoire quand même. Surtout que Théo était à sec, alors s'il répandait sa monnaie, c'était qu'il avait réellement eu une conquête improbable.

- Elle me plaque contre le mur et m'occupe pendant plus de trois quarts d'heure ! Allez, les gars…

Silence total. Les regards parcoururent attentivement tous les élèves de la Grande Salle. Mais qui ? Les élèves toisent attentivement leurs amis, les soumettant à des airs crispés.

- Et puis on fait notre affaire comme des fous. Que je lui donne pas trois orgasmes d'affilée et que je dois lui lancer un sort de mutisme pour les gémissements ? Personne ne devine ? Bon, un indice et ce sera cinq gallions. Elle est de septième année.

C'était évident car aucune fille plus jeune n'aurait eu cette audace. A la limite sixième année mais moins…En revanche, personne ne semblait dupe quant aux qualités sexuelles de Nott. Il les avait bien amplifiées. Aucun doute.

- Donc on se rhabille et je la raccompagne vers son dortoir…

La porte de la Grande Salle s'ouvrit à ce moment.
Et il fit « tilt » dans toutes les têtes. La mâchoire d'au moins six cents élèves se décrochèrent dans un bruit sourd.

Granger dévala les trois marches et se dirigea vers sa table l'air de rien. Elle ne releva pas la tête une seule fois en sentant tous ces regards brûlants posés sur elle.
Drago avait le regard fixe ; ce n'était pas possible… Une simple affaire, dans un couloir, de nuit ? C'était bel et bien Granger ?

- T'as couché avec une Gryffondor ? s'étrangla une fille de cinquième année à Serdaigle.

- Elle m'a presque abusé contre le mur, avais-je le choix ? répondit Nott.

- T'avais quand même l'air drôlement consentant dans l'histoire ! s'exclama Potter de l'autre bout de la salle d'une voix glacée – il ne devait pas apprécier qu'on ait parlé en ces termes de son amie - en se levant d'un bond avant de se rassoir.

Drago le fixa et s'amusa de le voir si pâle. C'était peu dire à côté de Weasley, les yeux rougis – une vraie tomate ce mec entre les oreilles, les cheveux, le nez, les yeux- le teint blafard et ses allers-retours du regard entre Nott et Granger.

D'ailleurs elle ne semblait pas le moins du monde embarrassée. Elle releva la tête de quelques centimètres et croisa le regard de son amant d'une nuit.

- Quel dommage de devoir se répandre en commentaires désobligeants dès que l'on arrive à avoir une relation, Nott. Et puis… j'ai connu mieux. Même chez les moldus, soupira-t-elle d'une voix bien audible, l'air songeur et très navré.

Toute la salle était atterrée, excepté les trois premières années qui n'avaient pas l'air de comprendre ou alors qui s'en moquaient franchement, car ils n'avaient pas interrompu leur déjeuner

Granger, le regard planté dans celui de Théodore croqua une fritte qu'elle avala tout rond avant de se détourner, visiblement blasée.

- L'arroseur arrosé, souffla Blaise en riant.

HHHH

La nouvelle n'eut pas à se répandre étant donné que la quasi-totalité des élèves étaient dans la Grande Salle lors de l'annonce. Des professeurs, il n'y avait eu que Trelawney.

Les Gryffondors ne se sentaient plus vraiment concernés par ce qui touchait de près ou de loin Granger. Autant dire qu'ils avaient eu un choc. Elle fréquentait l'ennemi et elle, si connue pour son statu respectueux, venait d'amorcer une descente dans leur estime…

Ils savaient que cela ne les regardait pas mais ils étaient selon la personne, amusée, inquiète, dégoutée, intriguée… Certains ne lui adressaient plus la parole, d'autres discutaient avec elle quand elle ne les envoyait pas promener pour lire un livre.

Mais la distance qui se créait entre la
préfète-en-chef et sa maison était surtout due à son comportement.

Drago revenait tout juste d'un autre entrainement de Quidditch assez épuisant et il ne se sentait pas la force d'aller se coucher dans son lit. Aussi il s'effondra sur le canapé et entreprit de s'y endormir, lorsqu'une bosse rigide se forma dans son dos, une pointe s'enfonçant dans le coccyx. Il se redressa au bout de plusieurs minutes, passablement irrité, sachant pertinemment que le lendemain il aurait des courbatures s'il laissait le petit objet le perturber. Il palpa le coussin sur lequel il avait été allongé quelques instants auparavant.

Le petit objet semblait être dans l'oreiller et non sous ? Que…Drago s'empara de sa baguette et à l'aide d'un sort, transperça le coussin qui se déchira en deux. Des plumes volèrent en tout sens et Drago découvrit, hébété, un livre enfouit au milieu du duvet blanc. Granger cachait là ses ouvrages ? Elle devenait vraiment cinglée.

Cela aurait été amusant de voir une bataille de polochons. Weasley assommée avec une encyclopédie « LaBrune » de six milles pages.

Il s'en empara et reconnut les initiales qui avaient perturbé Blaise et dont il lui avait parlé. M. N.C.A.

L'ouvrage était tel qu'il se l'était imaginé. D'un coup de baguette, il répara l'oreiller dans lequel toutes les plumes s'enfournèrent, avant de se recoudre de lui-même.

Dragp se rendit dans sa chambre, le bouquin fermement niché contre lui. Soudain, la fatigue ne se faisait plus ressentir et une onde d'adrénaline le parcourut, le maintenant éveillé.
Ce n'est qu'une fois étendu sur le lit qu'il l'ouvrit et commença à le lire.

« Magie Noire : Commencer l'Apprentissage. »

Ah oui, c'était sérieux dit comme ça. Il tourna la première page.

« Mise en garde : La magie Noire est une force obscure que bon nombre des sorciers n'ont pas su maitriser et qui a abouti à des fins très compromettantes quant à leur avenir. Nous déclinons toute responsabilité si le suivant ouvrage n'est pas soigneusement étudié tout en gardant une grande prudence vis-à-vis de cette magie et de ses effets nocifs. Ceci n'est pas à prendre à la légère, car cette branche de la magie est très réputée pour sa puissance, son pouvoir mais justement, la soif de pouvoir de la personne n'est qu'accrue par l'usage régulier de cette magie. L'usage de cette magie est farouchement déconseillé dans les cas de vengeance, de haine ou de quête du pouvoir : vous n'en ressortirez que plus faible. Bien à vous de savoir l'user à bon escient. »

Drago fit la moue. On bassinait les gens avec ce genre de mise en garde comme si, une fois que le propriétaire détenait le livre, il le reposerait en ayant avisé de telles possibilités… !

Qui n'aurait pas envie de voir sa magie se décupler ainsi que ses connaissances ou tout simplement d'être celui qui aurait résisté à la puissance de cette magie

- MALEFOY !

Merde, Granger ! Drago enfouit le livre sous son T-shirt, se faufila sous sa couette en même temps que d'un coup de baguette il éteignait la lumière. Le cœur battant la chamade, le souffle court, il vit une raie de lumière se frayer sur le sol de sa chambre alors que la porte était ouverte à la volée.

Granger entra à pas lourds et s'approcha de son lit. Elle lui secoua négligemment l'épaule.
Il fit mine de marmonner quelques vagues paroles, tentant de régulariser son souffle affolé, et se dégagea violemment de sa prise.

- Oh Granger, quoi ? Mais…qu'est-ce que tu fous ici, là, je dors !

- Je le sais bien. C'est toi qui as pris mon livre ?

- Mais Granger, bien sûr, je n'ai que ça à faire, te prendre un de tes trois milliards de bouquins…

- Il est particulier, je l'avais rangé dans un oreiller.

- Rangé ? Dans un oreiller ? Pourquoi ? J'm'en fiche en fait. Non, allez va-t'en j'en sais rien…

- Malefoy !

- Tu crois franchement que je m'amuse à secouer tous les oreillers de la salle commune afin de savoir si tu caches des écrits érotiques ?

- HAHA ! Tu t'es trahi, je n'ai jamais dit qu'il était dans la salle commune ! annonça-t-elle triomphante.

Drago ferma les yeux, jouant sur un effet engourdi. Il bailla lourdement. Le mensonge, il était né avec, alors aucune peur de se voir mettre à nu. Et encore moins de rougir. Il devait juste se convaincre que ce qu'il proférait n'était que la vérité. Et le tour serait joué.

- Quoi, tu l'aurais caché dans ma chambre ? Ou tu espères que j'aurais fouillé ta chambre ? Alors où d'autres que dans la salle commune ? Et c'est toi la miss-je-sais-tout ? Ca craint ce château !

Un voile obscurcit les yeux de la jeune femme. Hum…

De toute évidence se mettre en travers du chemin d'un adepte de la magie noire qui désirait son outil de magie noire n'était pas fortement recommandé.

Drago, d'un geste dédaigneux de la main, lui intima de partir, tout en se remémorant sa baguette encore nichée contre lui, sous les draps.

- Ça doit être un de tes fabuleux elfes de maison. Va donc lui demander de t'épouser…

Elle sortit en claquant violemment la porte et Drago esquissa un sourire. Trop facile !


Prochain chapitre j'essaye le week prochain mais c'est dur ^^'

Chapitre 11 : Quand Pansy s'en mêle

J'en appelle à la ... REVIEW !