Auteur : Murron
Personnages/couples : Dean x Castiel / Sam / Michael / Lucifer
Rating : M – gardez le rating en tête –
Spoilers : Réalité alternative après l'épisode 10 de la saison 6
Disclaimer : Aucun mal et aucune atteinte à la loi voulue.
Titre traduit : Au Ciel et en Enfer
Traductrice : Marple-Juice.
Bêta-lectrice : Mama-Marple
Vous pouvez retrouver le lien vers la fanfiction originale dans mon Livejournal (lien dans mon profil)
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! Attention, le rating de cette fanfiction est M !
Notes du chapitre :
- Pandémonium : Lieu apparu dans Le Paradis Perdu de John Milton. Il s'agit de la capitale de l'Enfer où se réunissent les démons.
- La citation a été créée par l'auteur de cette histoire, sauf le passage décrivant l'Enfer. Il s'agit d'une citation de Orpheus, Myths of the World de Padraic Colum. Il s'agit d'une réplique de Modgudur, la jeune fille qui garde le pont de la rivière Giöll, qui mène au royaume d'Hel, alors que Hermod désire le traverser afin de demander à Hel de laisser partir Baldr.
- Gary Oldman tient le rôle de Dracula dans le film de Francis Ford Coppola.
8
Les Murs du Pandémonium
(Session enregistrée et transcrite le 12 novembre 1983, à Augusta, dans le Maine)
SL : Pourquoi croyez-vous que c'était l'enfer ?
MM : (silence)
SL : Pouvez-vous me décrire ce que vous avez vu ?
MM : Un lac. Un manoir.
SL : Vous voulez dire que c'était une maison près d'un lac ? Était-ce un lac en feu ?
MM : Non.
SL : Écoutez, je veux vraiment vous croire, mais vous devez montrer un peu de coopération. Si vous avez été en enfer vous devez avoir vu des choses extraordinaires.
MM : L'enfer est le désir.
MM : L'enfer est le désir ?
MM : Son seuil est le Précipice. Le lit qui est dedans est l'Inquiétude, la table est le Désir, la teinture dans la chambre est la Douleur
Angoissante. Son seuil est le Précipice. Le lit qui est dedans est l'Inquiétude, la table est le Désir…
- Des dossiers des cas traités par le Docteur Steve Levinson, Centre psychiatrique de Riverview
La marée entraîna Dean jusqu'à la rive. Se réveillant, il sentit l'eau se retirer de ses jambes et écouta la tempête se calmer jusqu'au silence. Sous ses mains, Dean sentit quelque chose de doux et poilu, comme de la fourrure. Fronçant les sourcils, Dean ouvrit les yeux et se retrouva allongé sur un tapis rouge.
Refermant sa main, Dean laissa les fibres lisses passer entre ses doigts. C'était vraiment un tapis. Il n'était peut-être pas gâté par la nature avec une imagination débordante mais il se serait plutôt attendu à une plage.
S'appuyant sur ses deux mains, Dean se leva prudemment sur ses pieds. Son dos et ses côtes le faisaient souffrir comme s'il avait été projeté en bas d'un escalier mais il le sentait à peine. Pour une fois, le changement de décor le secoua trop. Il fit un tour complet sur lui-même et conclut que la mer démoniaque l'avait transporté jusque dans un opéra. Ou bien, pensa-t-il nerveux et stupéfait, peut-être avait-il atterri sur le pont de réception du Titanic. Dean se tenait dans une entrée de la taille d'une salle de bal, complétée de piliers de marbre et d'un plafond en coupole. Le tapis d'un rouge profond recouvrait chaque centimètre du sol tout comme l'escalier principal. Des candélabres flanquaient chaque pilier et tenaient une multitude de bougies allumées.
Dean n'eut besoin que d'une seconde pour décider qu'il n'aimait pas cet endroit. Le tapis rouge et les bougies lui rappelaient Dracula et il s'attendit à moitié à voir Gary Oldman surgir des murs lambrissés.
Frissonnant, Dean frotta ses bras. La transition d'un cercle à l'autre avait une fois de plus séché ses vêtements tout en les nettoyant mais sa veste n'était plus là. Dean se souvint de s'en être débarrassé et le sol sembla glisser sous ses pieds, lui rappelant la mer houleuse. Dean revit la grande vague qui l'avait maintenu en-dessous. Lui, et tous les autres.
Sam, pensa-t-il. Cas.
La respiration de Dean s'arrêta, ses poumons se serrant et il dut fermer les poings pour reprendre contrôle sur la panique. Son regard se posant sur les escaliers, Dean s'apprêta à demander s'il y avait quelqu'un lorsque quelqu'un l'attrapa par derrière et pressa une main contre sa bouche. Dean se figea, rentra les épaules pour repousser l'assaut jusqu'à ce que Sam souffle un doux, « Chuut, » contre son oreille. Dean hocha la tête et Sam le relâcha pour l'enfoncer dans les ombres tout au fond de l'entrée. Cas attendait derrière un pilier et à sa vue, Dean sentit une vague de soulagement qui lui donna le tournis. Sam murmurait mais Dean n'en comprit pas un mot jusqu'à ce que Sam ne fasse une pression sur son coude. « Tu vas bien ? » Murmura Sam.
« Oui, » dit Dean et il fixa ses pieds jusqu'à ce que le tournis cesse. « Oui. Et toi ? »
« Ça va, » murmura Sam.
« Cas ? » Demanda Dean. Cas hocha la tête, mais ses mâchoires serrées disaient autre chose. Dean avait l'impression que quelque chose était en train de se passer, mais avant qu'il ne découvre quoi, Sam s'agita. Il regarda fixement l'autre bout du hall et il se dandina d'un pied sur l'autre comme le lapin blanc en route pour voir la Reine Rouge.
« Nous devons y aller, » insista-t-il.
« Sans déconner, » répondit Dean en murmurant. « Pourquoi on murmure ? »
Cette fois, Cas répondit et son explication justifia l'inquiétude sur son visage. « Parce que nous ne sommes pas seuls. »
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Ils se faufilèrent dans l'entrée et à présent, Dean distinguait les sons : des bruits de pas étouffés et des couverts qui tintaient plus loin dans la demeure. Lorsqu'il passa par une large porte à deux battants, Dean sentit une odeur de nourriture rôtie. Des gens discutaient et riaient dans la pièce d'à-côté et ils étaient plutôt nombreux vu le bruit qu'ils faisaient. Sam fronça les sourcils et s'activa autour de deux recoins jusqu'à ce qu'ils trouvent une autre porte, plus petite, derrière un rideau.
« C'est là ? » Murmura Dean et Sam hocha la tête. Dean entendait toujours les voix et il se retourna vers le vestibule pour vérifier si quelqu'un venait. Une femme éclata de rire juste derrière le mur.
« Tu en es sûr ? » Demanda Dean.
« Oui. »
Dean lança un regard à Cas qui avait sa main sur son col ouvert. « Vous avez toujours les amulettes ? » Demanda Cas.
Dean leva la main vers sa propre chemise et il fronça les sourcils lorsqu'il vit Sam manier maladroitement la fermeture de sa veste. « Oui, » dit Dean, plaçant ses doigts sur la partie métallique du charme. « Sam, tu vas bien ? »
« Oui, » répondit immédiatement Sam, mais Dean vit ses lèvres trembler.
« Mec, tu trembles ! » Avant que Sam ne puisse protester, Dean leva le bras et toucha la joue de Sam. Sa peau était glacée. « Qu'est-ce que tu as ? » marmonna Dean.
« C'est son âme, » répondit Cas.
« Quoi ? »
« C'est l'agonie de son âme, » expliqua Cas, sa voix bien plus rêche que d'habitude. « Sam la ressent. Nous nous approchons de la cage. »
Sam essaya de se détourner du regard scrutateur de Dean, mais la lumière des bougies illumina son visage et montra les tendons qui étaient visibles sous la peau de son cou et les lignes qui se tendaient autour de ses yeux. Il avait l'air horriblement malheureux.
« Les gars, je vous en prie, » murmura Sam. « Je ne sais pas combien de temps on peut rester là. »
« D'accord, » dit Dean et s'éclaircit la gorge. « D'accord. Quelqu'un sait ce qu'on peut rencontrer là-dedans ? »
« Des démons, » répondirent Sam et Cas en cœur.
« Bien sûr, » Dean serra les dents. « Alors, quoi, les amulettes marchent quand même lorsqu'on est près d'eux ? »
« Normalement, » dit Cas.
Voilà qui était rassurant.
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Sam ouvrit la porte et ils se glissèrent dans la salle un par un. Ils arrivèrent dans une salle de banquet, suffisamment grande pour accueillir deux cent personnes. Heureusement, la foule qu'il y avait n'était pas aussi importante. La seule présence des démons était suffisante pour envoyer un frisson dans le dos de Dean. Il resta debout avec une main posée sur la poignée de la porte, convaincu qu'ils se feraient prendre dès qu'ils bougeraient.
Des tables avaient été disposées au centre de la pièce, et étaient heureusement placées loin des murs. Dean voyait les gens installées sur leurs chaises et la nourriture entassée sur les tables sans en voir les détails. D'après la puanteur qui régnait dans la salle, le menu devait être composé de viande et pour la première fois de sa vie, Dean voulut vomir devant l'odeur du jus de viande et de la graisse cuisinée. Les démons discutaient et rugissaient à pleins poumons, des assiettes s'écrasaient au sol et un grand rire s'éleva jusqu'au plafond, faisant se serrer la mâchoire de Dean à s'en casser les dents. Cependant, aucun des démons ne s'était levé en désignant les intrus, pas même lorsque Sam se mit à longer le mur.
Dean déglutit et relâcha la poignée de la porte, ayant l'impression d'être une cible mouvante alors qu'il suivait Sam. Sam marchait, les poings serrés et les yeux fixés sur la sortie à l'autre bout de la salle. Dean suivit l'exemple de Sam mais lorsqu'il entendit un gémissement de douleur, il ne put s'empêcher de jeter un regard vers l'attroupement de démons. Bon dieu, qu'est-ce qu'ils mangeaient ?
Un des démons déchira ce que Dean espéra être un morceau de blanc de poulet, les bracelets à ses poignets brillant à la lueur des bougies. Ils portaient tous des bijoux, de larges rangées de perles aux cous des femmes et de gros anneaux aux doigts des hommes. La foule ressemblait à une version grotesque d'une photo de groupe à un bal de promo, avec des robes tape à l'œil et des costumes bleu éclatant et jaune. Une des femmes avait même des gants qui allaient jusqu'à ses coudes. Tout comme les autres, elle mangeait avec ses doigts et Dean imagina que les tâches de gras de la viande rôtie ne quitteraient jamais le satin blanc.
Détournant les yeux, Dean serra sa main autour de l'amulette et il sentit le bord du charme mordre dans sa paume. C'était sa propre cape d'invisibilité. Dean pria pour toutes les forces bienveillantes en lesquelles il ne croyait pas et cela marcha, la magie tint. Jusqu'à ce que Cas ne renverse un chandelier.
Ils avaient parcouru la moitié de la salle lorsque Cas trébucha. Dean se retourna à l'instant où il entendit l'halètement surpris de Cas et le vit tenter de retenir le chandelier de fer, mais il était trop tard. Les bougies s'écrasèrent au sol et le chandelier heurta les dalles en marbre. Cas perdit l'équilibre et serait tombé si Dean ne l'avait pas rattrapé.
« Cas ? » Laissa échapper Dean puis il ferma la bouche, ses yeux se tournant rapidement vers les démons. Il semblait qu'ils n'avaient rien entendu ; la fête continuait, toujours aussi bruyante. Dean sentit la sueur couler le long de son dos et il jeta un regard vers son frère. Sam semblait vouloir revenir sur ses pas pour les récupérer mais Dean secoua la tête. Ils devaient partir d'ici le plus vite possible.
« Cas, tu peux marcher ? » Murmura Dean et Cas hocha la tête, se remit sur ses pieds avec une main posée sur l'épaule de Dean. Dean regarda de nouveau à la table et son monde s'écroula.
Un démon, une femme, s'était levée et les regardait. Entre ses voisins aspirant bruyamment et saisissant de la nourriture, elle se tenait complètement immobile, rappelant à Dean Cheetah se préparant à charger pour tuer. Ses yeux n'étaient pas noirs ; ils clignèrent et s'illuminèrent de jaune comme la flamme d'une bougie.
« On doit courir, » grinça Dean et la main de Cas se serra sur le bras de Dean. « Maintenant. »
Le rire à la table s'était arrêté aussi soudainement que s'il avait été coupé par un couteau. Une chaise s'écrasa au sol, les grincements du bois sur le marbre retentissant avec force dans le silence.
« Cas, viens, » insista Dean en tirant Cas avec lui. Il ne regarda plus les tables mais il sentait de plus en plus d'yeux qui se tournaient vers eux. Quelqu'un eut un fou-rire et quelqu'un d'autre fit claquer sa main contre sa bouche. Après cela, la chasse fut ouverte.
