Bonjour à tous.

Dans le dernier chapitre, Arhilis faisait la rencontre d'une charmante vampire du nom de Sérana et empêchait son assassin spectral personnel de faire passer la demoiselle ad patres.

Mais peut-être n'aurait-elle pas dû …


- "Ça fait du bien de respirer de l'air frais.

- Je pensais les vampires plus amateurs de cryptes et de grottes sombres que de balades au grand air."

Heureusement que je n'ai pas dissimulé mon sourire. Elle aurait pu mal le prendre et décider de me trancher la gorge.

- "Je pensais les bosmers plus à l'aise en forêt et pourtant vous fouilliez une crypte millénaire dans les montagnes enneigées de Bordeciel."

Elle marque un point.

- "Sérana … je …"

Son regard plonge dans le mieux. Bon sang, j'en ai le souffle coupé à chaque fois.

Les vampires que j'ai rencontrés, hommes et femmes confondus, étaient toujours horriblement déformés. Le Sanguinare Vampiris avait mutilé leur chair et leur visage arborait des rictus amers. Bien sûr, je ne prend pas en compte Babette, dont le corps est aussi éclatant qu'au jour de ses dix ans … trois cent ans plus tôt.

Mais Sérana est parfaite. Pas une ride, pas une cicatrice … les traits délicats d'une jeune nordique.

- "Je veux vous remercier pour le draugr. Sans vous …

- Vous auriez une lame d'ébonite dans le torse.

- Et marcheriez à mes côtés dans le néant."

Ce Lachance n'a pas l'air de savoir quand il doit se taire.

- "Comment va votre bras ?

- Je vous l'ai dis, ce n'est que superficiel.

- Vous avez complètement bloqué la lame. La coupure s'enfonce au moins jusqu'à vos os.

- Mais pour moi, ce n'est rien. Je n'ai qu'à me nourrir sur le premier bandit qui passe et le tour est joué.

- …"

Pas d'hésitation … pas de tremblement dans la voix. Ce n'est pas par vantardise, ce n'est que pure vérité. Elle est incroyablement résistante et je peux arrêter de m'inquiéter pour elle.

- "Je crois qu'un petit groupe de coup-jarrets s'est installé près de la pierre dressée du Seigneur. Venez.

- Vous … vous comptez venir avec moi ?"

Sa surprise n'est pas feinte. Elle n'arrive pas à croire que je sois prête à rester avec … quelqu'un comme elle.

- "Vous m'avez sauvée la vie.

- Et vous m'avez libérée de mon cercueil.

- Vous avez réglé cette dette en ne me sautant pas au cou. Après le draugr, c'est moi qui ai une dette envers vous.

- …

- Laissez-moi au moins vous raccompagner chez vous."


- "Et donc, ces dragons reviennent après ...

- Pas loin de trois siècles. Le dernier était l'avatar d'Akatosh, à la mort de l'ultime successeur de la lignée impériale.

- … Je n'arrive pas à croire que j'ai dormi si longtemps."

Je suppose que la création de l'Empire elle-même lui semble toujours étrange.

Elle a passé beaucoup de temps dans cette crypte, prisonnière de son carcan de pierre. Le temps s'est écoulé et elle est restée là … aussi immuable que le Parchemin des Anciens qui dépasse de son dos.

- "Si vous voulez rattraper votre retard, vous pouvez aller à l'Académie de Fordhiver. Les mages sont toujours les mieux informés sur les méandres de l'histoire.

- Et les premiers à faiblir face à une lame d'acier."

Impossible de révoquer Lachance volontairement et impossible pour lui de se taire … il commence légèrement à m'agacer.

- "Fordhiver …

- … Ou alors, vous pouvez demander à un tavernier."


C'est au delà de grand … c'est gigantesque

Elle a bien mentionné un château, mais je m'attendais plus à celui d'un baron, pas à ce bâtiment digne d'un grand roi.

- "C'est chez vous ici ?

- …

- Qu'à fait votre famille pour posséder un château pareil ?

- Il … il vaut peut-être mieux … que vous ne le sachiez pas.

- …"

Son regard se voile.

Chagrin ?

Honte ?

Ou autre chose ?

- "Est-ce que ça va ?

- Je crois … et vous ?

- …"

Je replonge dans ses yeux et mon anxiété s'envole. Je n'arrive toujours pas à comprendre qu'elle me calme à ce point.

- "Ça … ça va.

- Quand nous serons entrées … laissez-moi prendre la parole. Moins vous vous faites remarquer et … moins mon père risquera de vous …"

Elle n'a pas à finir sa phrase, j'ai bien compris le message.

Et puis, je ne suis pas spécialement emballée de m'adresser à une foule de vampires.

- "Maî … Maîtresse Sérana ? Cela fait bien longtemps. Entrez, entrez, le Seigneur Harkon sera ravi de votre retour.

- Que se passe-t-il ici ? Je croyais vous avoir demandé de garder ces portes fermées ?

- Mais … maître … regardez.

- Attendez … Sérana ?

- Bonjour Vingalmo.

- Mais … vous étiez …

- …

- Allons, entrez. Ne faites donc pas attendre votre père."

Elle disparaît pendant plusieurs siècles et cet individu suggère que son père est le plus à plaindre ?

Je sens que je ne vais pas aimer ce que je vais voir en ces murs.

- "Seigneur ! Sérana est de retour !"

Qu'est-ce que … la main de Sérana … glaciale. Pourquoi me serrer le poignet ainsi ? Est-ce pour m'avertir ou pour se rassurer ?

- "Nous y sommes …

- …

- Restez près de moi."

Et la voilà partie d'un pas décidé.

Beau salon … je ne m'attendais pas à une telle tablée chez des vampires. Mais … c'est un cœur dans ce bol ? Je retire ce que j'ai dis, je hais cette pièce.

- "Ma fille, te voilà enfin. As-tu mon Parchemin des Anciens ?

- Après toute ces années, c'est la première chose que tu me demandes ? Oui, j'ai ton précieux parchemin.

- Tu sais bien que je suis heureux de te revoir … je ne pensais pas avoir à le mentionner."

Si tous ces vampires sont aussi sympathiques que le père de Sérana, je comprends mieux l'ambiance de la pièce.

- "Et qui est cette personne ?

- Cette elfe m'a tirée du sommeil. Elle a tenue à me protéger jusqu'à ce que je sois de retour parmi vous.

- Vraiment ? En ce cas, vous avez ma gratitude. Quel est votre nom ?

- Arhilis. Et vous êtes ?

- Harkon, seigneur de cette cour. L'un des plus puissants vampires de Bordeciel."

Alors qui sont les autres ?

- "Je dois vous remercier Arhilis. Vous m'avez ramené ce que ma traîtresse de femme avait éloigné de moi et je vous en suis reconnaissant."

Est-ce qu'il parle de Sérana ? Ou n'a-t-il vraiment d'yeux que pour le parchemin ?

- "Aussi, j'aimerais vous récompenser."

Que veut-il m'offrir ? Et pourquoi Sérana fait cette tête horrifiée ?

- "Je vous offre mon sang. Acceptez et vous serez un lion parmi les agneaux. Les mortels trembleront, même la mort et le temps n'auront plus d'emprise sur sous.

- … et si je refuse ?

- Je vous laisserais partir. Mais vous serez bannie de ce château et traquée comme vos semblables.

- …

- Peut-être avez-vous besoin d'être convaincue. Contemplez la puissance d'un seigneur vampire."

Quelle horreur. Sa peau se déchire … ses os craquent et se déforment … son corps entier ruisselle de sang.

Cette forme est grotesque … et irradie de puissance. Je n'en ai pas ressentie autant depuis mon entretien avec le Dieu Fou.

- "Faites votre choix !"

Je ne peux pas faire ça.

Il est hors de question que les crocs de cette … chose, se fichent dans ma nuque. Je n'arrive même pas à supporter sa vue, tant il me répugne. Et puis, ce n'est pas comme si c'était une question de vie ou de mort. Il a lui-même offert d'épargner ma vie si je devais refuser son offre.

Mais je ne peux pas faire ça.

Les personnes qui habitent ce château sont des monstres en habits humains … Sans états d'âme ou émotions … Et je ne peux me résoudre à laisser Sérana ici, seule au milieu de cette cour d'immortels sanguinaires.

Pas après qu'elle m'ait sauvée la vie … pas après avoir fait le voyage en sa compagnie, depuis Le Clos jusqu'à cette île isolée au large d'Haafingar … pas quand elle me regarde avec ces yeux là.

- "… J'accepte."


Vu le titre et l'intro du chapitre, vous le sentiez venir, non ?

Notre gentille bosmer, assassine, voleuse, lame, enfant de dragon, vient d'ajouter vampire à son CV déjà long comme le bras.

Dans le prochain chapitre, elle essayera de s'habituer à son nouvel état … malgré quelques incidents de parcours.

Merci de m'avoir lu et à très bientôt.