J'aime te détester je hais t'aimer

Tout s'était enchaîné si vite … je n'avais rien le temps de faire que le sort était parti, je le connaissais si bien et je le voyais agir à présent, lentement, ravageur, destructeur mais surtout il était horriblement douloureux. J'étais hébété, mon meilleur ami et la fille qu'il aimait étaient tout les deux à terre, les deux meilleurs éléments de Poudlard était mis hors combat, je ne bougeais plus malgré mes instincts qui me hurlaient d'aller chercher du secours. La scène défilait sans cesse devant mes yeux vitreux, pour la première fois j'avais peur, moi Blaise Zabini j'étais mort de trouille devant les horreurs qui venaient de se produire.

10 minutes plus tôt ( point de vue de Blaise )

Je ne savais pas quelle serait la réaction de Drago face aux menaces de son père, il lui vouait une si grande vénération que Lucius ne méritait pas … Autour de nous, la rue n'était plus ce qu'elle était, des marques de brulure parsemaient les murs des maisons si ceux -ci n'étaient pas arrachés, les volets grinçaient sinistrement, pendant misérablement sur un de leur gond. De ci de là en scrutant du regard les toits la mort et la désolation me frappaient, les cadavres des Aurors censés nous protéger y était amoncelés, leur sang coulaient comme celui de mes camarades morts dans la rue même où j'étais et ce malgré les efforts de chacun. Des tuiles étaient éparpillés un peu partout, comme les restes de certaines habitations, je baissais les yeux tristes et me concentrais sur la scène qui se déroulait devant moi, Drago restait tétanisé devant son père, les seuls mots qu'il arrivait à prononcer étaient pour nous persuader Hermione et moi de s'en mêler mais à présent que son père savait qu'il avait menti pour protéger une née moldue, je devinais que l'issue de cette rencontre n'en saurait que tragique. Je me tenais près à agir si nécessaire et cette nécessité se justifia malheureusement quand j'entendis la dernière phrase de Malefoy père

- Ton silence est significatif, je ne comprends pas que ma chair et mon sang puisse finir ainsi, mais n'aie crainte je te purifierais par la mort, adieu fils.

Devant moi, je vis les membres de Hermione se contracter prête à n'importe quelle action. C'est en la regardant que je me rendis compte de l'état miséreux dans lequel nous étions, sales, plein de poussières, les vêtements déchirés ainsi que nos chairs parfois. Lucius levait sa baguette quand je lançais mon sort, à cet instant même, une vive lumière verte éclata dans la rue commerciale et trois corps tombèrent en même temps et je savais que l'un d'eux était mort … Mais je ne savais pas qui de Malefoy sénior ou de Hermione l'était, la possibilité de la mort de Drago était exclu, s'il était inconscient maintenant c'était de ma faute uniquement, pour son propre bien. Les secours de professeurs si attendus arrivèrent et ma dernière constatation fut que il y avait eu tout de même peu de mort parmi mes camarades, et sur ces dernières pensées je m'évanouis la fatigue m'emportant.


Il faisait noire et je ne ressentais que de la douleur, j'étais seule, Blaise et Drago n'étaient manifestement pas avec moi, j'avançais sans relâche sans en voir ne serais-ce que le bout de mes pieds, une souffrance incessante me tenaillait le flanc, sourde à ces protestations de mon corps je scrutais patiemment l'endroit où j'étais. Je plissais mes yeux les obligeants à s'habituer à cette noirceur mais c'était peine perdue. Un murmure traversa ce néant, la peur me prit et je courus droit devant moi, je n'avais pas ma baguette sur moi et ma douleur se transformait en une lancinante brûlure, je ne m'arrêtais pourtant pas. Ma course me parut durer une éternité dans cet endroit sans repère, mais soudain je m'immobilisais. Devant moi se tenait devant moi le corps inerte de Drago, l'homme que j'aimais tel que je l'avais vu la dernière fois … à sa mort … Une vague de souffrance et de tristesse déferla sur moi et la clarté vint.

Je me trouvais allongée avec au dessus de moi un plafond que je ne connaissais que trop bien, celui de l'infirmerie, ma tête tournait. Je voyais mais je ne comprenais rien, j'étais un légume incapable de bouger ni de parler, je sentais mes réflexions oppressées, je me sentais prisonnière de mon propre corps comme s'il était trop petit pour moi. J'entendis un cri de soulagement près de moi dans lequel je reconnus la voix de Mme Pomfresh, elle s'approchait de moi déblatérant à une vitesse que je ne pensais pas possible pour finalement éclater en sanglot sur mon lit. Du coin de l'oeil, j'aperçus la barbe argentée de notre directeur prenant l'infirmière toujours sanglotante par les épaules et lui murmurer que tout allait bien à présent qu'elle m'avait sauvée et qu'elle devrait prendre du repos, mais je ne comprenais pas … Pourquoi étais-je ici ? Je n'avais que des blessures superficielles, en quoi avais-je été sauvée ? De quoi ? Les questions se bousculait et j'étais dans l'incapacité de les formuler, la frustration se faisait ressentir mais je me rendormis avant même d'en avoir conscience.

Quand mes yeux s'ouvrirent de nouveau, le même plafond d'un blanc immaculé se trouvait au dessus de moi, j'essayais de me redresser ce que je parvins à faire tant bien que mal, je détectais un mouvement sur ma droite et me rassurais quand je vis Dumbledore

Il était apparemment de bonne humeur comme en témoignait ses yeux pétillants et son petit sourire.

- Bon retour parmi nous miss Granger, je vois que vous retrouvez un peu de mobilité Pompom en sera ravie, je tenais à vous féliciter pour votre combativité et votre courage miss, de nombreuse vie ont été sauvé grâce à vous mais aussi à l'esprit d'équipe qu'à su développer chaque élève ce dont je ne peux que me réjouir.

Ce qui était le cas, j'essayais de parler mais aucun son ne parvint à franchir mes lèvres, j'avais beau essayer et essayer rien à faire.

- Comme vous pouvez le constater vous êtes encore trop faible, c'est déjà un miracle que vous soyez encore en vie, le sortilège que vous avez reçu était très grave et nocif pour votre organisme mais Pompom a réussi à le contenir il n'y aura pas de séquelle à priori mais votre totale guérison sera longue. J'ai le regret de vous annoncer la mort de Mr Weasley, il y a eu d'autre morts, cinq pour être précis mais vous n'en connaissiez pas d'autre.

Une vague de soulagement et de bonheur me submergea, il était sauf, les larmes me vinrent au yeux et je fus incapable de les retenir davantage, il était vivant, il était vivant, il va bien, il est vivant.

- Mr Malefoy vous doit la vie ainsi qu'à Mr Zabini, si vous n'aviez pas utiliser l'Avada Kedavra, lui ou vous seriez mort.

J'ai utilisé le sortilège de la mort, la révélation me fit l'effet d'un coup de balais sur le crâne, j'avais de nouveau tué … et je ne m'en souvenais pas le moins du monde.

Le professeur dut me voir troubler car il ajouta :

- Vous avez fait ce qu'il fallait miss, vous avez essayé sans et cela fut vain c'était lui ou vos amis et vous même …

Je ne l'écoutais plus, tout mon être était concentré sur mes derniers gestes conscients, la lumière verte et la douleur me revinrent en flash, le désespoir quand j'ai cru que celle-ci venait de Malefoy, la vengeance alors que ce n'était pas le sort que je croyais ni la cible que je pensais, la douleur quand Drago s'effondra et quand je reçus sur le flan le maléfice du père.

Je me recroquevillais sur moi même prenant pleinement conscience de mon acte et de surtout que Lucius n'avait pas jeté le sortilège de mort, j'avais tué pour rien …

Le professeur était parti mais je ne l'avais pas remarquée, le temps s'était arrêté, je me dégoutais à présent, j'avais assassiné le père de l'homme que j'aimais, l'homme à qui celui-ci vouait presque un culte, les larmes m'envahir de nouveau et le temps passait sans qu'il n'ait d'emprise sur mon désespoir. Le jour déclina et la nuit pris ses droits, mes repères étaient faussés je ne savais pas quel jour on était mais je m'en fichais, j'étais épuisé mais je m'en foutais, je veux disparaître ou n'importe mais ne surtout pas voir le regard haineux auquel j'aurais droit par l'être aimé. La fatigue m'emporta dans un sommeil comateux et épais.

Les jours passaient, Mme Pomfresh m'amenait de quoi me nourrir mais je n'y touchais pas, le regard vide je ne voyais pas les nombreux élèves qui passait près de moi me souhaitant de un bon rétablissment. Je ne ressentais plus rien à part l'horrible douleur qui me rongeait physiquement et intérieurement, je regardais sans me lasser le paysage, ne retrouvant pas ma mobilité ni ma voix. Les jours défilaient et j'étais toujours dans le même état, jusqu'à ce qu'il arriva. Ses cheveux platines retombant sur son visage, ses yeux gris me fixant dans une expression que je n'arrivais pas à comprendre, le visage froid et dur comme avant qu'il ne rentre dans ma vie, il était redevenu Drago Malefoy héritier de la famille Malefoy. Mais malgré cette certitude je ne voyais pas de haine en lui. Je tremblais intérieurement, je ne voulais pas lui avouer tout, s'il ne le savait pas déjà.

- Hermione, tu es enfin réveillée.

Le soulagement se lisait à présent, je ne comprenais plus rien, il devait forcément savoir pourquoi alors se souciait-il apparemment de moi, celle qui avait assassiné son géniteur ? Ma surprise ne fut que plus grande quand il me prit les main les embrassant, pour ensuite m'enlacer.

- Drago … j'ai tué ton père …

Les mots étaient sortis de ma bouche avec peine, c'était les premiers que je prononçais depuis que je m'étais réveillée

- Je sais Hermione mais j'ai eu le temps de cicatriser en deux mois et je sais que c'était pour notre survie et qu'il ne méritait pas qu'il vive, mais malgré ce qu'il était je l'aimais quand même.

Je restais en état de choc, deux mois … j'étais restée inconsciente deux mois, Drago ne m'en voulait pas, on était en février et j'avais deux mois de cours à rattraper, trop d'informations se bousculaient dans ma tête et les questions les suivaient s'entassant dans mon pauvre crâne. Au bout d'un certain moment, je repris le contrôle de moi-même, toujours abasourdie.

- Deux mois … mais comment cela se fait-il ? je n'ai reçu que des blessures mineurs, comment as-tu survécu ? Je suis sûre d'avoir vu une lumière verte avant … la mienne

- Contrairement à ce que tu pensais la lumière verte qui émanait de la baguette de mon père n'était pas celle du sortilège de mort mais celle de Rongenoir, il a été inventé par Voldemort lui même et seul ses disciples le connaissent, mon père m'en avait parlé, il est particulièrement horrible et douloureux parce qu'il te ronge la peau laissant tes muscles à vifs, la douleur est cuisante, elle te brûle comme de l'acide et s'en prend à chaque partie de ton corps grâce aux réseaux nerveux. Tu as une chance incroyable d'avoir survécu, généralement la cible meurt après avoir agonisé, sans les incroyables talent de Mme Pomfresh je t'aurais perdue.

La tristesse de cette éventualité se lisait clairement sur chaque détail de son visage, je ne méritais pas cette tristesse, je ne le méritais pas, je me sentais sombrer de nouveau vers ce que j'étais avant de le connaître, ce que je me devais de rester : une âme seule.

- J'ai tué ton père et tu as souhaité ma guérison … je suis un monstre Drago, j'ai tué une personne ...

- Hermione, intervint Blaise doucement, tu es loin d'être un monstre, si tu n'avais pas agi il aurait tué de nombreux innocent qui n'ont que pour crime de s'opposer à un massacre ou d'être née du mauvais côté de la barrière. Tu te remettras, cela fait toujours ça la première fois qu'on tue quelqu'un.

Je laissais échappé une longue plainte douloureuse de ma gorge, je ne méritais pas sa compassion et leur amitié, je voulais disparaître de leur vie …

- Blaise, il est la troisième personne que je tue, sanglotais-je.

La stupeur se peignait sur son visage, il se mit en retraite laissant la place à Drago.

- Hermione, certes il était mon père, certes je l'aimais, mais tu m'as délivré de son pouvoir, tu l'a empêcher de lever une fois de plus la main sur ma mère, tu as débarrassé la Terre d'une ordure qui ne méritait ni jugement ni pitié.

- Une personne qui en tue une autre même si celui-ci est un assassin ne vaut pas mieux que ceux-ci.

La colère se dessinait sur le beau visage de Drago, s'il avait l'air d'un ange, c'en était un déchu qui me faisait face à présent. Avec une vitesse qui me surprit, il me plaqua contre mon lit et souleva mon t-shirt jusqu'aux cotes.

- Regarde ce que cette ordure t'a fait, il ne mérite pas ton désespoir, ajouta-t-il rageusement.

Je regardais mon ventre vidée de toutes pensées, sur tout le coté droit, je n'avais plus de peau, mes muscles à vifs, comme prédit par Drago, apparaissaient noirs comme le charbon, une odeur âcre de chair brûlé se dégageait de cette horreur. En regardant de plus près on pouvait voir des sortes de copeaux sur mes muscles, probablement des restes de peaux non consumés. Tout mon coté droit n'était plus qu'une sombre tâche, un mince filament noir s'était propagé jusqu'à mon nombril. Ce désastre ne m'attristait pas, je n'avais qu'amplement mérité cette punition pour mon crime.

Drago le vit dans mon regard inchangé, la fureur l'envahissait peu à peu, je ne l'avais jamais vu dans cet état.

- Hermione, tu n'as pas à endossé cette culpabilité qui va te ronger aussi surement que ce maléfice ...

J'en avais marre à présent, je me sentais me remplir de colère comme lui, son regard plein de compassion me débectait, je n'en pouvais plus j'explosais.

- C'est facile pour toi ! Tu n'as pas tué le père de la personne que tu aimes !


Je restais scié, je ne l'avais pas vu depuis une éternité et quand je la revis de nouveau, ce n'était qu'une coquille vide, tout son être semblait brisé. J'avais l'impression que toutes les paroles de réconfort qu'on lui disait Blaise et moi ne faisaient qu'aggravé son accablement, ce malgré ma sincérité à propos de la mort de mon paternel. Même quand je lui montrais l'horreur que lui avait fait celui-ci elle ne réagit pas. Mais au moment où je commençais à désespérer qu'elle ne réagisse ne serait-ce que d'un mouvement de sourcil, elle explosa littéralement de colère, m'avouant la raison profonde de son mal-être nouveau, elle m'aimait et ne supportait pas d'avoir tué le père de l'homme qu'elle aimait. Une tornade se déclencha en moi, les pensées et sentiments tourbillonnaient pris dans chacun de ses anneaux que le vent emprisonnait, je n'étais plus capable d'exprimer une pensée cohérente, un brasier s'enflamma du plus profond de mon coeur, l'apocalypse était en moi, je restais sans réaction jusqu'à ce qu'un cri me sortit de ma torpeur.

Un spectacle de démence se déroulait sous mes yeux, Hermione se frappait puis passa à la vitesse supérieure, la scène était comme au ralenti, ses longs ongles aux vernis noir écaillé plongèrent vers son horrible blessure, elle se grattait le peu de cicatrice qu'elle avait sur sa chair à vif, le sang se remit à couler, noir comme ses blessures, elle hurlait de douleur et de démence mais continuait, sa souffrance intérieure plus forte que celle physique. Déjà sous ses ongles on pouvait voir des petites parties de ses muscles, je réagis enfin. Je bondis avec rapidité sur son lit et lui pris les poignets fermement les emprisonnant de mes mains, elle se débattait avec fureur essayant d'atteindre sa tête avec ses genoux, je les immobilisais en m'asseyant dessus, je me libérais une main contenant les deux siennes de l'autre, je coinçais son menton le maintenant fermement stable devant mon visage.

- Pourquoi te fais tu autant de mal mon amour ?

Elle sanglotait, les yeux obstinément fermés ne voulant pas croiser mon regard.

- Ouvre les yeux, tu ne verras que tendresse en face de toi, je ne te veux aucun mal, je ne souhaite que ton bonheur et te redonner goût à la vie après cette malheureuse erreur de parcours.

- Tu qualifies le meurtre de ton père comme une malheureuse erreur de parcours ! Je l'ai assassiné par pur égoïsme, je l'ai tué pour te protéger, pour me protéger car ta mort m'aurait détruite, j'aurais dépéris pour me laisser mourir à mon tour.

- Mais Hermione, tu es déjà en train de dépérir ! Tu meurs à petit feu à cause d'un salopard qui n'a causé que mort, chagrin et destruction autour de lui, mais je ne te laisserais pas te détruire, tu n'as pas le droit de choisir de rester dans cet état quand moi je t'aime et souffrirais de te perdre.

Elle redoubla de sanglots et se libérant de mon emprise pour se jeter dans mes bras, on resta tout le reste de la journée ainsi, je consolais du mieux que je pouvais Hermione, tandis que j'étais en proie à d'affreux doutes, comment avait-elle pu me toucher du plus profond de mon âme que je pensais insensible, déclenchant cet apocalypse d'émotions ?


Pendant la semaine qui suivit, mon moral remontait peu à peu, je n'avais pas perdu Drago qui ne m'en voulait pas, notre lien s'était comme renforcé. Depuis que je mangeais de nouveau, mes forces me revenaient, je me sentais reprendre du poil de la bête, et à la fin de la semaine je sortis enfin de l'infirmerie.

Tandis que je rassemblais mes affaires, je fis face à mon visage dans un des miroirs de la pièce, il était tel que je ne l'avais pas vu depuis longtemps, d'un rosé normal sans cette pâleur que je me donnais grâce au maquillage, avec des lèvres rouges comme n'importe quelle fille en bonne santé, mais au dessus de tout ça ce fut mon regard qui me frappa, mes yeux chocolats sans crayon et eye-liner pour les entourer me changeaient, j'avais l'impression qu'une étrangère me dévisageait. Celle-ci paraissait à la fois triste et heureuse, mais au fond de ses yeux je lisais une catastrophe qui ne laisserait apparaître qu'une seule chose dans son regard. Je sursautais quand la porte d'entrée grinça faisant apparaître mon obsession, une pointe de culpabilité ressortait comme à chaque fois que je le voyais, lui et son visage si ressemblant à celui que j'avais tué.

- Prête pour ton retour à la civilisation ?

- Non, je n'arrête pas de me poser des questions, quels seront les réactions des personnes, je n'ai pas réussi à empêcher la mort de Weasley et de 5 autres personnes, j'aurais tellement voulu ...

- Tu ne peux pas protéger tout le monde Hermione, on a déjà réussi grâce à notre efficacité et à la vanité de mon père à sauver Potter et d'autres vies, c'est énorme ...

- Si seulement je pouvais voir les choses comme toi ...

Je me tournais vers lui et l'enlaçais, son contact me faisait tellement de bien, je me sentais vivante comme je ne l'avait jamais été depuis 10 ans, depuis qu'une immonde personne m'a détruite, ce que je croyais irréversible se guérissais au contact de Drago. Ce mouvement était devenu spontané, ses bras devenaient mon havre de paix, mon port d'attache. Ensemble on sortit de l'infirmerie, quel ne fut pas ma surprise quand je vis les élèves de la sortie de Pré-au-Lard qui m'attendaient dans le couloir. Chacun d'entre eux se précipita vers moi, se renseignant sur mon état de santé me remerciant de les avoir sauvés. Les larmes me montaient aux yeux, tant de compassion, de reconnaissance et d'inquiétude se lisaient dans leurs regards, j'étais accepté pour ce que j'étais on ne me rejetait plus pour ma différence et je ne cherchais plus à m'éloigner, c'était le début d'une nouvelle vie pour moi. Harry Potter s'avança vers moi, je redoutais des reproches mais bien au contraire il s'approcha de moi et me serra fort contre lui balbutiant des remerciements. Ce fut trop pour moi, les larmes coulèrent, trop d'émotions, trop de tout … et cela pour avoir tué un homme, une voix me le répétait inlassablement dans ma tête. Peu à peu le couloir se vida me laissant avec Drago.

- Tu vois, ils débordent de reconnaissance pour toi, tu as fait mieux que beaucoup d'élèves réunis et tu as sauvé Potter, le héros du lycée, mais à présent c'est toi l'héroïne Hermione.

Je hochais lentement la tête, je devais passer à la salle sur demande, je n'étais plus moi-même dans ces vêtements si normaux qu'on m'avait prêté. Malgré ce nouveau départ, ma noirceur vestimentaire me manquait.

- Drago, je reviens, je monte vite fait dans ma chambre et je te rejoins dans la grande salle. Tu m'y attends ?

- Je t'attends même devant la porte de la salle sur demande si tu veux.

- Si ça ne te dérange pas, avec plaisir.

- Rien ne me dérange pour toi.

Sur ces mots, il me déposa un petit baiser sur le front. Le contact de ses lèvres m'électrisa, cela faisait si longtemps que je n'avais pas senti cela.

Une fois arrivés devant ma chambre, j'entrais et mon univers me sauta aux yeux. Lui aussi m'avait manqué. Mon regard dérivait sur tout, embrassant chaque objet du regard. Je me dirigeais vers mon armoire et l'ouvris mes vêtements m'apparurent plus beau que jamais. Je réalisais à quel point il comptait pour moi, ils étaient devenus une part de moi même. J'enfilais rapidement une jupe, des guêtres et un t-shirt à multiples fermetures éclairs et épingle à nourrice. Devant moi, ma trousse à maquillage et mon miroir m'appelaient pour cacher mon visage une fois de plus. Cette fois-ci, je choisis le rouge vif pour mes lèvres, la poudre me redonna mon teint blafard. Je pensais à ces jours de deuils et de douleurs, ma main s'empara spontanément de mon eye-liner rouge et bientôt des larmes sanglantes coulaient sur mes joues. J'ouvris les fermetures éclairs sur le côté droit de mes cotes révélant ma peau noire qui ne cicatrisera jamais comme le veut la magie noire. Je voulais montrer ma douleur qu'avais occasionné cette bataille.

Quand je ressortis Drago leva un sourcil mais ne fit pas de commentaires. Ensemble et en silence on se dirigea vers la Grande salle, ne croisant pas âme qui vive dans le château. Quand nous arrivâmes devant les portes en bois de la Grande Salle, elles me parurent d'une difficulté insurmontable à ouvrir. Nous fîmes notre entrée pas dans la plus grande des discrétions. Au début un silence de mort pesa dans la salle puis Harry Potter se leva et applaudit, il fut très vite suivi des professeurs Mc Gonagall et Dumbledore, puis toute la salle se leva à son tour nous applaudissant avec perte et fracas.

On s'assit à la table des Serpentards et le calme revenait peu à peu. Le professeur Dumbleore s'éclaircit la gorge et parla.

- Les deux derniers mois de Poudlard ont été dur, les élèves ont subi une attaque à Pré-au-Lard, vous n'êtes pas sans le savoir. Nous avons eu le choc de voir revenir sept élèves vivants sur les douze qui étaient partis, mais le bilan aurait pu être pire. Grâce à l'entre-aide exceptionnelle et au sang-froid de certains de ces élèves le pire a été évité. MM Malefoy et Zabini et Miss Granger ont joué un rôle déterminant dans cette bataille et c'est pourquoi je nomme Miss Granger préfète pour remplacer Mr Weasley, maintenant je demande aux sept élèves de bien vouloir se lever qu'on les acclame comme il se doit pour leur héroïsme.

De nouveau, nous fûmes applaudi bruyamment, certains élèves sifflaient, je sentais les bras de Drago m'enserrer, je savais à présent ce qu'étais le bonheur. Préfète … je ne respectais pas moi même le règlement et il voulait que je le fasse respecter, une nouvelle méthode peut-être ? Le reste du repas se déroula comme avant, rien n'avait changé en apparence. Évidemment il serait naïf de penser que j'étais appréciée de tous, le monde continuait de tourner, les abrutis incapables de rester une journée sans m'emmerder avec leur réflexion étaient fidèles au poste bien entendu mais je m'en moquais comme toujours. J'étais en permanence avec Blaise et Drago, les Gryffondors ne m'en tenaient plus rigueur mais les Serpentards eux avaient toujours du mal à avaler la pilule. Je le voyais au regard furibond qu'ils me lancèrent quand je me levais avec Drago. Les élèves fixaient avec insistance ma blessure, dévoilée par provocation, je les entendais murmurer mais rien de plus. Je montais les marches tranquillement avec Drago quand le Baron Sanglant surgit devant nous. Si je n'y étais pas habituée j'aurais fait un bond de trois mètres.

- Hermione, ça faisait longtemps, je suis désolé je ne vais pas pouvoir faire causette longtemps, il y a des petits soucis que je dois régler. Dumbledore sait mon affection pour toi alors il m'a demandé de prévenir qu'il te convoquait pour t'informer sur ta nouvelle fonction.

- Merci, Baron, rien de grave tes problèmes j'espère ?

- Rien ne t'inquiètes pas pour moi, allez, à la revoyure.

Et il s'en traversant le plafond nous laissant seuls. Drago me regardait fixement dans les yeux, gênée je les détournais.

- Je ne comprends toujours pas comment tu as pu devenir amie avec le Baron Sanglant, même à moi, il me parle pas beaucoup.

- Que veux-tu c'est comme ça, on a du charme ou on en a pas, répliquais-je.

Il s'approcha de moi sa main en appui à côté de ma tête. La chaleur commençait à monter en moi, il était si désirable, ses yeux gris barrés par quelques mèches blondes.

- Alors comme ça je n'ai pas de charme.

- Pas le moindre, désolé de te l'apprendre de manière si brutale.

- Je suis bien ennuyé, pourquoi personne ne me l'a jamais signalé, toutes ses filles qui ont défilé dans mon lit aucunes ne me l'a dit je suis vexé.

Je le repoussais doucement mais fermement. Avec une phrase il m'avait énervée. Je le savais pourtant qu'il avait collectionné les conquêtes mais je ne pouvais pas m'empêcher de les mépriser. Mes bouffées de chaleur étaient devenues des sueurs froides, j'étais jalouse. À un point que je ne me pensais pas capable.

- Hermione, je rigolais, pourquoi tu pars ?

Je m'éloignais sans tenir compte de ses paroles vers la Gargouille à Dumbledore. J'étais en colère mais je ne voulais pas lui en expliquer les raisons, il me trouverait puérile et il aurait raison. La gargouille me fit fasse, j'ouvris la bouche et la referma. Les lèvres chaudes de Drago venaient de se poser sur mon cou.

- Serais-tu jalouse ?

- …

- Hermione, c'était de l'humour, je n'aime que toi à présent.

- Je n'aime pas que tu évoques toutes tes conquêtes j'ai l'impression d'être qu'une sur ton tableau de chasse.

- Théoriquement tu n'y es pas encore, et tu n'y seras jamais, tu seras sur le tableau de celle qui ont capturé mon coeur, et sur celui-ci il n'y a que toi.

Il débordait de sincérité, et je ne pus que le croire. Mes bras l'entourèrent, mon visage se nicha dans sa nuque, je sentais son odeur si agréable. Mes lèvres se posèrent à leur tour sur sa nuque remontant jusqu'aux siennes. Les deux mois d'inconscience n'avaient pas effacé les souvenirs brûlants de chaque baiser volé. Ses bras me serrèrent davantage contre lui. Des picotements envahissaient tout mon corps, mais je me détachais de lui avant que tout ne s'emballe davantage.

- Je t'aime Drago, tu m'as rendue vivante, tu m'as sortie du cauchemar qui duraient depuis plus de dix ans. Tu m'as appris tant, tu es tout mon univers maintenant, plus rien n'a d'importance si ce n'est toi. Je sais que si tu n'étais plus là j'en mourrais, tu es mon oxygène ma seule raison de rester sur cette Terre. Si jamais tu m'abandonnais parce que tout ceci est un jeu pour toi, je serais détruite et contrairement aux poupées cassées, on ne pourra pas me réparer. Promets moi de ne pas m'abandonner …

- Je te le promets Hermione, tu es la chose la plus précieuse que j'aie.

Les larmes me montaient aux yeux, je ne savais pas s'il était vraiment sincère, mais je n'avais pas le courage d'en douter, je n'avais plus l'énergie de rester méfiante, j'étais corps et âme à lui, je me jetais sans défense vers lui. Je me tournais de nouveau vers la gargouille, les grandes déclarations d'amours on arrêtait là.

- Fraise Tagada.

La gargouille pivota dévoilant les grands escaliers qui menaient au bureau directorial. Je les gravis rapidement et on arriva face au directeur. Fumseck laissa échapper une longue plainte mélodieuse et se rendormit, Dumbledore nous regardait tout sourire.

- Bien alors, pour commencer Mr Malefoy vous avez du rouge à lèvre qui a bavé, et bienvenue à vous deux.

Je me sentais rosir gênée, tandis que mon cher et tendre se passait un rapide coup de main sur la bouche. Je décidais de contre-attaquer.

- Alors comme ça vous êtes friand de ces petites fraises professeur ?

- Que voulez vous, les moldus inventent des choses vraiment surprenantes.

- C'est étrange, je disais ça des sorciers quand je les ai découverts.

- Bref, nous avons donc décidé de vous nommer préfète pour deux raisons miss ...

- Mon grand respect du règlement et ma répugnance de la violence peut-être ?

- Pour votre attachement à défendre les autres élèves et pour votre appartenance à la maison Gryffondor. Votre rapprochement notable auprès de Mr Malefoy a conduit à une restructuration des équipes, dorénavant vous exécuterez les tâches en équipe avec Mr Malefoy au lieu de votre partenaire de votre maison. Il en est de même pour les autres préfets des autres maisons qui se verront attribuer un nouvel équipier.

On hocha la tête et prit conger de notre directeur. Je serais encore plus avec Drago, comme si c'était possible. Comme si je l'aurais laissé faire ses rondes tard dans la nuit avec une autre fille. Drago me regardait, enfin pas moi, mais ma blessure. Je zippais la fermeture, je n'aimais pas qu'il la regarde, c'était étrange, je m'étais baladée toute la journée sous les regards des autres élèves dessus sans la moindre gêne. Mais c'était dérangeant que lui la regarde, moi même je ne comprenais pas pourquoi. Il s'approcha l'effleurant du bout des doigts. Le contact ne fut pas désagréable comme je m'y attendais, ni même douloureux.

- Je le hais de t'avoir fais ça. Tu le porteras à vie mais ce que je hais le plus c'est que tu aies eu cela à cause de moi …

Sa tête était baissée, vers la dite blessure. Doucement je la pris entre mes mains et la remontait au niveau de mon visage.

- Tu mélanges tout, ce n'est pas de ta faute, c'est de la mienne, si je n'étais pas intervenue rien ne se serait passé ainsi ...

- Tu es blessée à vie, condamnée à porter cette marque et tu trouves le moyen de l'excuser encore.

Puis soudain, il me fixa avec un air grave, passant du coq à l'âne.

- Hermione, pour la première fois je sais ce que signifie aimer, je voudrais que toi et moi on se mette ensemble, de manière officielle, je veux dire.

- Je serais complètement stupide de refuser Drago, je ne peux plus me passer de toi, tu le sais très bien.

- Ce serait un oui alors ?

- Bien sûr.

Et avec une douceur et une tendresse que je ne lui connaissais pas il m'embrassa dans ce couloir enténébré.


Journal de Drago Malefoy, quelques mois après sa septième année à Poudlard.

Je m'appelle Drago Lucius Malefoy et je vis dans le passé. Si je tiens ce journal c'est pour revivre encore et encore les deux dernières années de bonheur que j'ai passé avec elle. Je revois aujourd'hui avec mélancolie et douleur, le jour où on se mit ensemble officiellement, je ne voulais pas l'avouer à l'époque mais j'étais amoureux et heureux. Je n'étais plus moi-même, je ne contrôlais plus rien, je ne savais plus quoi faire, je l'avais entre mes bras, cette fille si fragile que je devais faire souffrir. Mes certitudes s'étaient envolées, j'étais déboussolé mais trop orgueilleux pour le reconnaître et c'est ce qui nous conduisit à notre perte. Je ne m'en remets toujours pas, je m'en veux et je m'en voudrais toute ma vie quoique je fasse pour me racheter. Mes amies au ministère me disent de sourire et de profiter de la vie, de me trouver une femme aimante. Ils ne voient pas le malheur et la tristesse dans mes yeux. Ils ne voient pas comme le mot « femme » m'écorche vif, ils ne voient pas que le bonheur je me le suis à jamais enlever. Je m'en suis privé il y a quelques mois, m'arrachant un bout de moi même sans en prendre conscience. Ma tante me l'aurait prise si elle n'était pas partie d'elle même. En y repensant je me dis que c'est mieux ainsi. Mais une partie de mon âme me susurre que je me mens et je ne peux que lui donner raison. Rien n'est mieux sans elle, je ne suis qu'une épave, un navire maudit sans port. Et je resterais ainsi jusqu'à ce qu'elle me revienne.


Et oui, c'est sur ces lignes que se finit ce chapitre plus court que la normale d'ailleurs, je m'en excuse. Je suis aussi désolée pour ce temps énormissime que j'ai mis à le poster mais je me suis lancé dans l'écriture d'un roman et ça me prends un temps fou ! Ce chapitre n'apporte pas grand chose je trouve, mais bon je vous laisse seul juge, voilà encore merci à tout les reviewers. Bisous à tous je vous remercierais jamais assez. Love love love

Misa-or-Pigloo