Merci pour les commentaires!
Voilà la deuxième version de ce lemon. Eh oui, je n'ai pas pu résister à la tentation de l'écrire du point de vue d'Oga, qui se retrouve uké bien malgré lui, vous allez voir... Si vous trouvez ça répétitif, je suis désolée, mais c'était nécessaire.
Maintenant, parlons de choses moins importantes. J'ai vraiment adoré écrire ce chapitre, même si je devais constamment aller voir le chapitre précédant pour être certaine que je ne faisais pas d'erreurs, ce qui pouvait s'avérer éreintant. Ceci dit, j'aime beaucoup trop écrire de son point de vue pour me soucier de ce genre de choses! Eh oui, même si j'ai plus de difficulté à écrire en tant qu'Oga que Furuichi, je préfère écrire du point de vue d'Oga, pour une raison qui m'échappe... Ce chapitre-ci est mon préféré, alors vous pouvez me dire ce que vous en pensez!
Bonne lecture!
POV: Oga
Je commence vraiment à douter de moi.
Je sais que je suis celui qui a proposé de faire tout ça et que donc, j'ai pas mon mot à dire là-dessus, mais je peux pas m'empêcher de me dire que ça a pas de bon sens. C'est pas vraiment ce à quoi je pensais quand j'imaginais ce que faire l'amour voulait dire – pas que je l'ai imaginé souvent, mais tout de même... J'aurais jamais pensé que ma première expérience se passerait de cette façon-là : attaché sur un lit, complètement passif pendant que Takayuki fait ce qu'il veut de moi. Bon, je sais que si je le voulais, je pourrais facilement me défaire de mes liens – c'est juste une cravate après tout –, mais c'est pas ça le but de la manœuvre, je dois au contraire employer toute ma force à essayer de pas les défaire, sinon tout ça perd vraiment son sens.
Je sens qu'il est aussi perdu que moi et je me demande sincèrement si je devrais pas lui proposer de tout arrêter. Il est encore temps, on a toujours rien fait, mais ce serait avouer la défaite. Je doute que mon idée soit bonne, mais je continue à penser que c'est mieux que de rien faire.
Il prend finalement ses résolutions et se penche sur moi. Je ferme les yeux, goute à son baiser. Ce dernier me semble hésitant, mais il me fait quand même ressentir toutes sortes de choses. Dire que ça fait à peine deux semaines que j'ai eu mon premier baiser et là je m'apprête à vivre ma première expérience sexuelle, c'est un peu rapide comme développement. Mais encore une fois, je suis pas en droit de protester, je suis celui qui l'a proposé.
Il descend ses mains vers mon torse et me chatouille par la légèreté de ses doigts sur ma peau. Je réagis vivement à ses caresses indécises et interromps notre baiser pour pouvoir respirer. Ses mains sont froides, ce qui n'aide en rien mon trouble. Il décide finalement de m'embrasser dans le cou, ce qui me fait frissonner de plaisir. Ses caresses gagnent en confidence et je me retiens du mieux que je peux pour pas gémir.
Takayuki se relève et me regarde. Je le fixe à mon tour. Je voudrais qu'il continue, cette pause me rend mal à l'aise. J'ai l'impression de perdre toute ma volonté. Je voudrais soudainement me sortir de tout ça, mais j'en fais rien et me contente de le regarder me regarder. Je sais pas à quoi il pense, comme d'habitude, mais j'ai l'impression que, comme moi, il doute. Si on est deux à douter, je pense pas qu'on va y arriver, alors j'espère vivement qu'il va s'en remettre et continuer.
Ça y est, il se lève. Je lui demande ce qu'il fait, mais il me répond pas. Je prends un peu peur soudainement. Et s'il abandonnait? S'il me laissait là et s'enfuyait en courant? S'il avait pas le courage?
Heureusement, il revient vers moi. J'essaie de cacher mon trouble du mieux que je peux. Je remarque seulement à la dernière minute qu'il tient une autre cravate et me l'attache devant les yeux. Je suis trop surpris pour réagir. Sans que j'aie même le temps de me remettre de mon étonnement, le revoilà sur moi et il me caresse de plus belle. Je réponds au baiser qu'il me fait avec le plus de conviction possible pendant que dans ma tête c'est le vide.
Chaque partie de mon corps que sa main parcourt me semble devenir plus chaude, plus réelle. Je savais même pas que j'étais sensible à ces endroits-là. J'essaie le plus possible de reprendre le contrôle de mon corps, mais c'est peine perdue, je contrôle plus rien du tout et je peux même pas anticiper son prochain mouvement. Plus rien m'appartiens, je comprends plus du tout où je suis ou ce que je fais. Tout ce que je comprends, c'est mon désir qui monte de plus en plus et les caresses qu'il me fait.
Soudain, sans prévenir, il défait ma braguette. Je me raidis inconsciemment. Il s'arrête et je prends tout à coup toute la portée de la situation. Maintenant je suis attaché sur un lit et j'ai les yeux bandés. J'ai aucun contrôle et je peux même pas comprendre ce qui m'arrive.
C'est fou, je pensais jamais ressentir une pareille sensation un jour, et encore moins à cause de Takayuki, mais j'ai peur. J'ai vraiment peur, une peur absurde, déraisonnable. J'ai du mal à seulement imaginer que c'est bien lui qui me touche, que ces mains sont bien les siennes. J'ai du mal à seulement imaginer que c'est pas un violeur. Il m'a influencé ces derniers temps, moi aussi je vois des maniaques partout, par transposition. J'ai l'infime impression de vivre ce qu'il a vécu et ça me fait encore plus peur. Lui, il était pas consentant, alors que moi je le suis. J'ose pas imaginer ce que ça devait être, par rapport à ce que je vis en ce moment.
Il m'enlève mes vêtements et je sens qu'il tremble. Merde, on est deux à avoir peur comme ça se peut pas! Pourquoi on fait ça déjà? Où ça nous mène? Pourquoi j'ai proposé quelque chose comme ça? Qu'est-ce qui m'a pris, bon sens, mais qu'est-ce qui m'a pris?
Quelque chose enserre mon sexe et commence un mouvement. Je me cambre sans le vouloir et prononce son prénom. J'en peux plus de pas le voir, de pas savoir ce qu'il me fait avant qu'il me le fasse, j'en peux juste plus de rien savoir. Il m'embrasse pour me faire taire et je réalise enfin que je murmurais son prénom à répétition. Je dois absolument me reprendre, je dois pas me laisser aller comme ça. J'ai dit que je ferais tout pour lui, c'est pas le moment de me contredire.
Autre chose se frotte sur mon sexe et je réalise que c'est celui de Takayuki. La sensation est vraiment merveilleuse et je décide de fermer les yeux, pour me faire croire que je vois rien parce que j'ai les yeux fermés et non pas parce que j'ai un bandeau sur le visage. Ça marche pendant un moment et je me laisse aller dans mon plaisir physique. C'est vraiment mieux encore que ce que j'avais jamais imaginé, c'est plus vrai, tangible. Je jouis et, sans le vouloir, mes jambes entourent le bassin de Takayuki. Presque immédiatement, je me traite de stupide et les ouvre à nouveau. Je dois pas le toucher, c'est pourtant évident! Pourquoi je me suis laissé aller comme ça?
Il jouit aussi et se laisse tomber sur moi. Il commence à pleurer à chaudes larmes dans mon cou et à se traiter de tous les noms. Je sais plus quoi faire. Je suis aussi perdu que lui, mais je dois absolument le réconforter. Merde, j'aimerais pouvoir le prendre dans mes bras, ce serait tellement plus simple! Mais si c'était le cas, on serait pas dans cette situation, je sais bien. À la place, j'essaie de me faire rassurant et de lui dire que tout est correct, que je suis consentant, que tout va bien aller. Je suis le premier à pas croire à tout ce que je dis, mais j'espère pouvoir le convaincre lui.
Il se relève finalement et arrête de pleurer. J'ai réussi. Je sens son regard sur moi, mais peut-être bien qu'il regarde ailleurs. Je peux que présumer. Il recommence à me caresser doucement, puis plus franchement et je ferme les yeux à nouveau. Je me laisse aller le plus que je le peux et tente d'enfermer ma peur irraisonnée au fin fond de mon cœur.
Il se relève à nouveau et toutes mes résolutions partent en fumée. Je voudrais lui demander ce qu'il fait, mais j'ose pas. J'entends des bruits qui ressemblent à l'ouverture d'un tiroir et à quelque chose que l'on ouvre. Je me sens vraiment anxieux. Takayuki, mais que fais-tu? Dépêche-toi de me toucher à nouveau, j'en peux plus d'attendre de la sorte sans savoir.
- Tatsumi, je suis désolé, ça pourrait faire mal.
J'ai aucune idée de quoi il parle avant que je sente quelque chose entrer en moi. Je me mords la lèvre pour pas hurler, mais finalement un gémissement sort quand même de ma bouche. Ça bouge et ça me fait sentir bizarre. Je comprends plus rien. J'ai jamais pensé à comment on a du sexe entres hommes, mais je pensais pas que ce serait de cette façon. Il insère un deuxième doigt, puis un troisième. Ça fait mal, mais c'est en même temps plaisant. Je sais plus du tout ce que je ressens.
Il enlève ses doigts et je sens quelque chose proche de mon orifice. J'ai les jambes écartées et je me sens tout à coup étrangement embarrassé par la situation. Je pensais jamais me retrouver dans cette position devant Takayuki.
- Ça risque d'être douloureux. Est-ce que t'es prêt?
Je hoche la tête. Je suis pas prêt du tout, mais devant la question, je peux que répondre par la positive. Ce serait le comble qu'il s'arrête maintenant. Tout ce que j'ai enduré jusque-là aurait servi à rien.
Quelque chose de chaud et humide s'enfonce au fond de moi. Je peux pas réprimer un cri de douleur. Je crois gouter du sang dans ma bouche, je sais pas trop pourquoi, et mes mains sont douloureuses. Je crois que Takayuki se penche sur moi pour m'embrasser, mais je suis plus sûr de rien. Je sens du liquide sur mes joues et me demande si je pleure. Je réalise alors que c'est plutôt lui qui pleure sur moi. Je voudrais lui demander pourquoi et essayer de le consoler, mais il commence à bouger et mon cerveau devient vide.
Les mouvements se répètent et au travers de la douleur je sens un plaisir insoupçonné. Bientôt, la souffrance laisse la place totalement à la jouissance. Je pense que je gémis, mais je suis plus sûr de rien. Mon corps est vraiment plus à moi, Takayuki a carte blanche dessus et il me fait sentir des trucs que j'aurais jamais pensé ressentir. J'ouvre les yeux sur du noir alors je les ferme et les rouvre et je sais même plus s'ils sont ouverts ou fermés, si je suis bien éveillé ou si je fais un rêve. Tout ce que je comprends, c'est que c'est à la fois affreusement bon et génialement horrible. J'arrive pas à sentir ses émotions à lui, à comprendre comme il se sent, j'arrive à peine à sentir sa présence alors qu'elle est si proche, en fait ma propre existence me semble éloignée, étrangère. Tout ce que je ressens, c'est un plaisir mêlé de souffrance et j'arrive même plus à les différencier.
Je sens un liquide sur moi et réalise que j'ai joui. La présence se retire et j'arrive pas à décider si elle me manque ou pas. Takayuki se laisse tomber sur moi et je le sens pleurer contre mon torse. Il recommence à s'insulter et j'en peux plus de l'entendre se condamner alors que je suis coupable, j'en peux plus de l'entendre se traiter de tous les noms alors que c'est moi qui le mérite. Je crois que je parle à voix haute, mais je suis plus sûr de rien et je sais encore moins ce que je dis.
Takayuki se relève et m'enlève mon bandeau. Je vois enfin ses yeux, son visage. Ça me fait revenir complètement dans la réalité. Ma peur a disparu avec toutes mes appréhensions. Tout ce que je vois, c'est ses yeux argentés, d'une couleur indescriptible, dans lesquels brille une lueur d'amour qui me fait sentir tout drôle. Je t'aime tellement, Takayuki, tellement que j'ai l'impression que mon cœur pourrait exploser.
Il m'embrasse doucement, si doucement que j'ai envie de pleurer. Je me retiens et replonge mon regard dans le sien. Je passerais ma vie à regarder ses orbes bruler d'une telle passion, d'une pareille tendresse.
- Tatsumi, c'est pas ta faute, ni la mienne. C'est la faute à la vie et à ce salaud, mais c'est pas la tienne ni la mienne. Tatsumi, promets-moi de plus te sentir coupable et je fais de même, okay?
Encore une question à laquelle je peux que hocher la tête. Je tente un maigre sourire et il me répond. Si l'expérience lui a au moins permis de se sentir moins coupable, alors elle aura pas été vaine.
