Bonjour ! Pour ce chapitre je voudrais préciser que les coutumes évoquées ne sont pas celle de Tolkien. Je veux dire par là que ne connaissant pas exactement celles de l'auteur, c'est juste ce que moi il me plait d'imaginer :)

Voilà bonne lecture ! :)

LouOak : J'ai oublié de te répondre sur "Une étoile dans la nuit" :S alors je te répond ici rapidement comme en plus tu me parlais un peu de cette fanfiction :) Ca me fait plaisir que cette courte histoire de plaise aussi :) Ne t'en fait pas pour ton 'retard' c'est largement compréhensible ! Les études passe avant quand même ! :) Donc comme ça tu t'es spoilée ? Félicitation ! ;) Je savais que ce qui est arrivé au pauvre Fíli provoquerait éventuellement des réactions :3 Bon courage pour tes exams, bis !:)


La procession avançait doucement, sans qu'aucun mot ne fût échangé.

Il n'y avait rien à dire.

Seulement à se recueillir intérieurement, et prier Mahal.

Bofur fermât les yeux et inspira profondément l'air frais, laissant l'odeur des pins et de la montagne envahir ses narines. C'était l'odeur dont il avait désiré s'enivrer à nouveau depuis bien des années. L'odeur de leur foyer.

D'Erebor.

Bofur sentit ses muscles se décontracter légèrement quand le vent, seule rumeur accompagnant le cortège funèbre, caressa ses sens. Il avait craint que l'odeur âcre du sang et de la mort soit celle qui flotterait maintenant sur la montagne…

Mais béni soit le vent qui effaçait toutes traces des jours obscures et lugubres pour amener à nouveau l'odeur atypique qu'était celle de la Montagne Solitaire.

Les corps avaient été rassemblés, triés.

Les immondes dépouilles d'orcs, de wargs ou de gobelins, avaient été brulés. Les corps des Hommes avaient été récupérés par ceux encore en vie pour être soit brûlés soit enterrés, aux choix de leur propres familles ou amis proches. Ceux des elfes avaient eux aussi été rendus à leur race. Bofur savait que les elfes avaient leurs propres cérémonies, leurs propres façons d'honorer et de pleurer leurs défunts. Mais seul les elfes eux même savaient en quoi cela consistait. Ce n'était pas exactement un secret à tenir éloigné des oreilles des autres races, mais c'était quelque chose qu'ils considéraient comme personnel, intime. Quelque chose que les autres n'avait pas besoin de savoir.

Les nains eux aussi avaient leurs propres coutumes. Et comme pour les elfes, les autres races ne savaient pas exactement en quoi les funérailles ou le recueillement des nains consistait.

Mais peu importait la façon dont tous ces morts étaient traités. Pour toutes les races, la mort étaient quelque chose de sacrée. Les défunts devaient être traités avec respect et rendue à leurs proches.

Une nouvelle brise effleura la peau du fabriquant de jouet et il ouvrit les yeux. Il regarda à nouveau les nains des Montagnes de Fer qui leur étaient venu en aide, partir dans un long cortège. Ceux qui n'avait été que peu blessés avait commencé de ramener les morts auprès des leurs. Les familles devaient faire leurs adieux avant qu'ils ne soient rendus à la pierre.

C'était ainsi que cela se déroulait chez ce peuple de fiers guerriers. Quand un nain venait à mourir, son âme gagnait les Halls de l'Attente. C'était l'endroit où ils étaient supposés attendre les prières et les dernières bénédictions de leurs proches. Et surtout faire la paix avec leur âme quand cela était nécessaire.

Il était dit qu'un nain pouvait être amené à rester ici jusqu'au moment où un de ses proches lui adresserait enfin ses adieux. On racontait que c'était le seul moyen pour trouver le courage de franchir le dernier pas les séparant du repos éternel. Avec la dernière pensées de ceux que l'on aimait.

Il arrivait parfois qu'un nain refuse d'accepter son destin et que les dernières pensées de ses proches ne lui donne pas le courage nécessaire et au contraire le retienne. Dans ces cas là, un proche venait les chercher, les rassurer, les aider à franchir la porte conduisant aux repos de l'âme.

Mais tous ceci n'étaient que des croyances comme chaque peuple avait les siennes.

S'occuper des défunts avait été la première chose à quoi tous les survivants s'étaient employés. C'est ainsi que les environs avaient rapidement été nettoyés, laissant ensuite aux éléments et au temps le devoir d'effacer ces heures douloureuses. La pluie effacerait le sang. Le vent balaierait la poussière. La terre et l'herbe recouvreraient le sol, lui offriraient un nouveau départ.

Cependant pour ce qui était de l'intérieur de la Montagne, la dure tache revenait aux nains.

Mais le combat ayant crées des alliances plus fortes que prévu, certains elfes s'étaient proposés d'eux même pour aider à reconstruire. Pour certain, c'était l'occasion de se racheter sur le passé.

Peu d'Homme s'était porté volontaire, ayant eux aussi une ville à reconstruire.

Si ce jour n'avait pas été envahit par tant de deuil, Bofur aurait sans aucun doute souri à l'idée de la nouvelle vie qui s'offrait à eux.

Après tout, ils étaient enfin chez eux, leur alliance avec les Hommes était renforcée – notamment grâce à Bard – et l'esquisse d'une paix et forte alliance avec les elfes avait commencé de se construire.

Finalement, quand le cortège commença de disparaître, Bofur décida qu'il était temps qu'il regagne les camps provisoires qui avait été érigés autour de la Montagne en attendant qu'Erebor soit à nouveau habitable en toute sécurité.

Au lieu de se diriger vers l'endroit qu'il partageait avec la compagnie, il alla en direction des tentes des blessés.

Les nains, Hommes et elfes encore trop faibles pour voyager étaient restés ici le temps de regagner la santé et la force nécessaire pour rentrer chez eux. Différents guérisseurs – humains, elfes et nains – unissaient leurs forces pour soigner ceux qui étaient dans les états les plus critiques.

Bofur pénétra à l'intérieur d'une tente, adressa un signe de tête amical en direction d'un guérisseur elfe et se dirigea vers le fond de la tente ou un petit coin un peu à l'écart avait été aménagé.

Comme il s'y attendait il trouva Ori – avec son bras gauche enfin examiné et placé en écharpe – assit à côté de Fíli. Le jeune scribe n'avait quitté son chevet que pour le strict nécessaire. Dans un premier temps ce comportement avait étonné le nain au chapeau, sachant que depuis l'accident avec Kíli et les wargs, l'entente entre l'héritier et le plus jeune des frère Ri n'avait pas été des plus belles.

Il n'avait pas tenté de demander à Ori pourquoi ce changement d'attitude envers le blond parce qu'en y réfléchissant, il avait deviné que dans leur haine mutuelle et leur inquiétude pour Kíli, un certain lien s'était créer entre eux d'une façon ou d'une autre.

Pas forcément un lien d'amitié mais plutôt un lien de 'soutient', de compréhension. Même sans le comprendre eux même, ils avaient quelque part trouvé la force en l'autre de tenir le coup, de garder du courage. C'était assez étrange mais en y réfléchissant, compréhensible.

- Comment va-t-il ? Demanda le fabriquant de jouet en s'asseyant à côté du scribe.

- Pas tellement mieux. Enfin, un elfe est passé tout à l'heure et a dit que comme il avait déjà survécu à deux nuits, on pouvait espérer qu'il… survive.

Bofur hocha distraitement la tête, ses yeux parcourant le corps immobile de son prince. Il avait été étendu sur l'esquisse d'un des matelas trouvés par des premiers éclaireurs dans Erebor.

Une couverture le recouvrait, cachant son torse nu et le bandage qui recouvrait tout son abdomen. La sueur coulait de son front et de ses tempes, collant ses cheveux contre sa peau.

Fíli avait frôlé la mort de près et sans Beorn, il serait probablement déjà mort. À la plus grande surprise générale, le changeur de peau leur était venu en aide. Et c'est celui ci qui avait transporté le jeune prince à l'écart de la fin du combat et lui avait inculqué les premiers soins.

D'une manière où d'une autre le changeur de peau semblait s'être attaché à ce nain blond. Il s'était remémoré sa discussion avec lui et avait conclu que le prince ne méritait pas de mourir. Les nains n'étaient certes pas une race qu'il appréciait grandement, mais celui ci et son amour pour son frère, bien plus grand que celui pour n'importe quel or, l'avait touché.

Il avait donc ignoré Thorin, lui aussi inconscient au sol, et à la place s'était dirigé vers Fíli. Il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour le sauver. Il avait réussi à maintenir l'hémorragie et à s'occuper des premiers soins. C'était ensuite les elfes, qui possédaient de grandes connaissances en guérison qui s'étaient occupé de lui.

Ils avaient recousu ce qui devait être recousu, replacé ce qui devait être replacé et fait dans l'urgence tout leur possible pour sauver la vie de l'héritier.

Sa survie avait été l'addition de l'affection inattendu d'un être solitaire, de la médecine des elfes et de beaucoup de chances. Mais surtout d'une envie incomparable de survivre.

Mais les plus pessimistes craignaient encore que son âme ne prenne bientôt la direction des Halls de l'Attente.

- Est-ce que … Est-ce qu'il est passé le voir ?

Ori secoua négativement la tête.

- Non. Nori m'a raconté qu'il n'avait pas quitté Thorin une seule fois.

- C'est étrange, commenta Bofur pensivement, tu ne l'as donc encore pas vu ?

À nouveau Ori secoua tristement la tête. Il mourrait d'envie de le revoir, mais il en avait aussi extrêmement peur. Après tout, la dernière fois qu'ils s'étaient parlés, Kíli l'avait embrassé.

Le scribe ne savait pas si cela avait été un réel montre d'affection ou alors un baiser de 'consolation'.De plus, Fíli avait besoin de quelqu'un à ses côtés. Ils avaient tellement traversé tout les deux, malgré leur haine, qu'il ne pouvait le laisser tomber maintenant.

Surtout depuis que Kíli ne semblait pas s'inquiéter pour son frère et – Ori le savait maintenant – amant.

L'absence de l'archer aux côtés de Fíli était d'ailleurs bien étrange. Tout comme l'était son retour sur le champ de bataille.

- Il y a des… des rumeurs qui cours, tu sais…

Bofur fronça les sourcils et répondit d'une voix légèrement contrariée :

- J'en ai entendu parler… mais je n'y ai pas vraiment porté attention en détail.

- On raconte que c'est lui qui a sauvé Thorin et tiré ces flèches.

- C'a n'aurait rien d'étonnant. Jamais il ne l'aurait laissé se faire tuer. En plus, tu connais comme moi ses capacités avec un arc dans les mains.

- Oui je sais. Mais ce n'est pas cela qui agite les commérages.

Bofur fronça les sourcils. Il avait effectivement entendu parler de la deuxième partie de la rumeur. Mais il refusait tout simplement d'y croire.

- Tu crois sincèrement que Kíli serait resté sans rien faire alors que son frère se faisait attaquer ?

Bofur haussait rarement la voix, ne se mettait rarement en colère. Il avait toujours été celui qui tentait de calmer les tensions par une blague ou une chanson. Mais à chaque fois qu'il entendait cette partie de la rumeur, cela le mettait hors de lui. Tous nains qui connaissaient Kíli un minimum, savaient que le jeune prince était une âme aimante et surtout en ce qui concernait son grand frère. Bofur, sous ses airs d'éternel goguenards malicieux était extrêmement attentif à ce qui l'entourait. Et l'amour qui unissait les deux princes avait été difficile pour lui à manquer lors de leur périple. Jamais Kíli n'aurait laissé une telle chose se produire sans rien faire.

Ori allait protester que non il ne croyait pas à de telles rumeurs, qu'il les trouvait tout autant inadmissible quand, comme si l'entente du prénom de son frère l'avait éveillé, ils entendirent soudain Fíli grogner légèrement.

Ils se turent et se tournèrent vers lui, l'espoir renaissant dans leur cœur.

- Mhhh… K- Kee –

Les yeux du blond papillonnèrent et ses doigts se refermèrent faiblement sur le matelas. Ori qui fut le premier à ce remettre du choque se saisi de cette main et la serra dans la sienne.

- Shhh ne t'inquiète pas Fíli, tu es en sécurité maintenant.

- Kee – demanda le prince, luttant pour ouvrir ses yeux.

- C'est Ori, Fíli. Et Bofur est là aussi.

Fíli entrouvrit enfin les paupières et aperçu l'image flou des deux nains. Il regarda alors vaguement autour de lui, cherchant désespérément un éclat brun. Quand il ne le trouva pas, ses yeux s'embuèrent et des larmes silencieuses dévalèrent le long de ses joues.

Cédant à la fatigue, ses yeux lourds se refermèrent.

- Non… gémi-t-il, n – non Kee – pour – quoi…

Bofur et Ori échangèrent un regard à la fois concerné et peiné.

- Pourquoi quoi, Fíli ? Ne put s'empêcher de demander le fabriquant de jouet d'une voix douce.

- Kee … souffla à nouveau le blond avant de s'immobiliser une nouvelle fois dans le sommeil.

Ori déposa une main sur le front du blond.

- Il a beaucoup de fièvre, commenta-t-il tristement.

- Il a du divaguer, conclu alors Bofur.

Ori hocha positivement la tête alors qu'il se penchait pour attraper à nouveau un bout de tissus qui lui avait déjà servie pour humidifier le visage en sueur du prince. Il le trempa dans une petite bassine et le passa doucement sur le front du blond, dans son cou, sur son visage avant de finalement le laisser posé sur le front.

Certainement Fíli avait gémit et parlé sous l'emprise de la fièvre, mais Ori ne put s'empêcher de repenser à ces quelques mots… Kee, sans grande surprise, mais aussi pourquoi.

Finalement Ori secoua la tête, se disant qu'il se faisait des idée, qu'il ne devait plus laisser ses rumeurs l'atteindre et que le pauvre Fíli était tout simplement fiévreux. Que ces deux mots associés ensemble n'était que le fruit de la fièvre et sans doute de la douleur.

Bofur et Ori restèrent encore quelque temps au chevet du prince, et le fabriquant de jouet allait repartir quand un guérisseur arriva.

- Je viens changer ses bandages. Est -ce qu'il y a eu du changement ?

- Oui, il c'est éveillé l'espace d'une minute ou deux avant de se rendormir. Il a aussi beaucoup de fièvre, l'informa Bofur.

- C'est bon signe s'il s'est réveillé, je pensais même que cela n'arriverait jamais.

Même maintenant que l'espoir grandissait, l'honnêteté des mots de l'elfe fût difficile à entendre pour les deux nains.

- Je ne peux rien faire pour sa fièvre. Je peux lui donner des breuvages pour l'aider à la combattre mais au final c'est à lui que revient le devoir de l'affronter.

Bofur et Ori hochèrent la tête et leurs yeux dérivèrent à nouveau sur le corps immobiles et trempé de sueur de leur prince.

Fíli ne pouvait pas mourir. Il était encore si jeune. Et puis, il ne pouvait pas laisser Kíli tous seul. Il avait toujours été évident pour tout le monde – sans connaître leur relation exacte – que les deux frères ne se quitteraient jamais, même dans la mort. Que le jour où l'un partirait, l'autre le suivrait.

Fíli se bâterait pour Kíli.

Même si ce dernier n'était pas là.

Et puis comme tout Durin, Fíli était un combattant.

Bofur repensa au jour où il avait rencontré Fíli et Kíli, quand les deux princes n'étaient encore que de petits nains.

Ce jour là, les deux petites terreurs, alors âgés de 8 et 3 ans avaient encore échappé à l'attention de leur mère pour aller chahuter dans les rues. Bofur qui tenait un magasins de jouets avec Bifur avait failli se couper alors qu'il taillait un morceau de boit quand un cris aigu avait transpercé ses oreilles. Alarmé il était sortit précipitamment dans la rue pour découvrir un petit tas blond et brun de nain au sol.

L'enfant blond était à genoux, le petit brun assis inconfortablement sur eux. Les bras du plus jeune étaient fermement cramponnés autour du cou de l'ainé alors qu'il pleurait bruyamment le nez enfoui dans les cheveux blonds. En s'approchant Bofur avait remarqué que le blond tenait fermement son bras droit plaqué contre son ventre alors que des larmes silencieuses coulaient sur ses joues.

- Ca va Kee, ca va Sannadadith, parvenait-il à articuler d'une voix essoufflée.

Quand le fabriquant de jouets avaient voulu les séparer pour voir s'ils étaient blessé, le petit brun lui avait littéralement grogné au visage tel un chaton effarouché en s'agrippant encore plus étroitement à son frère pour le protéger.

Après quelques minutes de discussion, Bofur avait réussi à gagner la confiance de Fíli et finalement comprit que les deux enfants étaient en fait les deux héritiers de Thorin. L'ainé avait réussi à rassurer son cadet et à laisser Bofur les entrainer à l'intérieur de son magasin.

Le nain au chapeau avait remarqué que le blond s'était cassé le bras et disloqué l'épaule.

Sachant comment la remettre en place, il avait demandé au jeune prince de lui raconter ce qu'il s'était passé pour le distraire alors qu'il se préparait à remettre le membre à sa place.

C'est ainsi qu'il avait appris qu'alors qu'ils jouaient dans la rue, le cheval effrayé d'un Homme avait chargé le petit Kíli. Fíli s'était alors jeté sur lui pour le jeter au sol et s'il avait empêché l'animal effrayé de toucher son petit frère, il n'avait en revanche pas été assez vite et s'était lui même retrouvé renversé. Et manque de chance, son bras s'était retrouvé en dessous.

Kíli, excepté une grosse frayeur n'avait que quelques égratignures. Il avait surtout été effrayé pour son grand frère quand des larmes de douleurs silencieuses s'étaient misent à couler sur son visage d'habitude souriant et rassurant.

Ce n'était pas la première foi qu'il rencontrait une blessure de ce genre alors Bofur n'avait pas mit beaucoup de temps à remettre l'épaule de Fíli en place. À l'aide de bouts de boit, il lui avait ensuite crée une attelle. Pas une fois le prince et malgré son jeune âge n'avait gémit ou pleuré. C'était le petit Kíli qui s'était une nouvelle fois mis à sangloter devant le visage de son grand frère tourné dans un rictus de douleur, se mordant violemment la lèvre pour éviter de craquer devant son petit frère.

Quand Fíli avait été soigné et Kíli calmé, Bofur avait laissé le magasin aux mains de Bifur pour reconduire les deux petits princes chez eux.

Il savait où habitait Thorin et n'avait donc eu aucun mal à trouver le chemin. En arrivant sur place c'est le roi déchu lui même qui les avait accueilli. Pour montrer sa reconnaissance, l'oncle des deux frères l'avait invité à diner avec Bifur et Bombur. Et c'est ainsi qu'était né leur amitié.

Bofur avait été impressionné non seulement par le lien qui unissait ces petits nains, mais aussi par le courage et la force dont avait fait preuve l'héritier à un si jeune âge.

Sortant de ce souvenir le nain au chapeau sourit chaleureusement.

- Fíli est fort, dit-il la tête encore à moitié dans son souvenir, il va se battre, comme il l'a toujours fait.

En repartant du chevet de son prince et ami, Bofur s'était dirigé vers une autre tente.

Evidemment Oin était sur place et sans grande surprise entrain de tenir tête à un guérisseur elfe.

- Non ! C'est hors de question !

- Ce serait pourtant la meilleure solution, répliqua l'elfe dont, si la voix était maitrisé, le visage en revanche trahissait l'agacement.

- Je refuse de faire avaler à mon frère cet étrange breuvage !

- Et pourtant cela pourrait l'aider !

- Je ne me répèterait pas ! Je suis son frère et guérisseur en plus de ça. C'est moi qui décide ce qui est bon pour lui ou non !

- Laissez moi essayer au moins !

- Quoi ? Comment ca loin ?

- Non, j'ai dit au moins.

- Au loin ? Cria le guérisseur en amenant son instrument à son oreille.

- Au moins ! Avec un M.

- Oui vous avez raisons, partez au loin ! Et moi je ne vous aime pas.

Finalement entièrement agacé, l'elfe ne répondit rien et se contenta de tourner les talons pour aller auprès d'un patient qui n'aurait pas un gardien aussi pénible. Il comprenait que les nains les plus âgés auraient du mal à faire confiance à son peuple, mais il ne comprenait pas comment celui ci pouvait s'obstiner à refuser que son frère boive un breuvage qui pourrait l'aider. Tant pis. D'autres patients avaient besoin de lui.

Bofur ne put s'empêcher de rigoler légèrement face à la comédie de Oin. Finalement il fit demi tour, se disant qu'à l'instant présent, le guérisseur voulait sans doute être seul avec Gloin.

Lui avait failli rejoindre Mahal, abandonnant derrière lui sa femme et son petit Gimli. Cependant, et contrairement à Fíli, son état avait été stabilisé plus rapidement car moins d'organes vitaux que le prince n'avaient été touchés. Mais si son état de santé était presque or de danger, il ne s'était pas encore réveillé comme il aurait déjà du le faire. Il en avait été conclu que le guerrier était dans le coma et personne ne savait réellement quoi faire pour l'aider à en sortir.

Evidemment, la compagnie entière avait été affectée par leurs deux blessés. Et – ignorant la triste vérité – ils étaient heureux à s'imaginer que les responsables avaient finalement péri. Sinon, chacun ce serait fait une joie de faire souffrir lui même les deux créatures qui avait bien failli être responsable de la mort de deux membres de la compagnie.

Seulement ils ignoraient que les 'créatures' n'en étaient en fait, d'une certaine manière qu'une, et que celle ci était bien plus proche d'eux que ce qu'il ne le pensait.

Le seul à avoir vu l'abominable vérité en face était Gloin. Mais Gloin ne pouvait pas parler. Pas tant qu'il serait dans le coma.


Contrairement à tous ceux qui avaient été présent à la bataille des Cinq Armées, les jours suivant le combat n'avaient pas été très éprouvant pour Morinehtar.

Une fois qu'il avait vu sous ses yeux le blond se faire tuer par un orc, il s'était précipité sur Thorin, feignant l'inquiétude.

Le but du magicien était entre autre de voir Thorin mort, mais pas dans l'immédiat. Il avait encore besoin de lui et surtout le moment venu, il tenait à lui ôter lui même la vie pour pouvoir lire dans ses yeux la surprise de la trahison.

Une fois au pied d'un Thorin inconscient, il avait parfaitement joué la comédie. Il avait porté du mieux qu'il le pouvait le roi à l'écart et avait entreprit de rechercher ses blessures les plus graves. Heureusement, le nain n'avait eu que des coupures, et peu étaient réellement profonde. En revanche à en juger par le sang qu'il avait sur la tête, il semblait s'être pris un cou assez violent. Mais une fois encore, la blessure ne semblait pas extrêmement profonde.

Il ne souffrirait sans doute que d'un léger traumatisme crânien. Morinehtar était resté aux côtés de Thorin, attendant que la bataille se termine. Durant le peu de temps que cela avait pris après la mort du leader des orcs, Morinehtar avait une fois de plus royalement ignoré Kíli. Celui ci avait hurlé désespérément, l'avait insulté, avait pleuré, puis l'avait supplié. Supplié d'aller rejoindre Fíli. La réponse que lui avait offert le magicien avait planté une dague glacée dans le cœur de l'archer.

Ton frère s'est fait transpercer le ventre par une lance. Il est mort maintenant.

Après ces paroles Kíli s'était 'effondré ' il n'avait plu eu la force de pleurer ou même d'insulter le magicien. Il s'était simplement laissé entrainer au fin fond de son être au point que Morinehtar avait à peine sentit sa présence.

Finalement la prise en charge des blessés avait rapidement été mise en place et Thorin avait été le premier à être pris en mains par les guérisseurs.

Evidemment Morinehtar avait eu ses premières confrontations avec certains membres de la compagnie. Notamment Dwalin et Balin. Mais insistant pour que l'on reste concentré sur Thorin avant tout il avait plus ou moins réussi à éviter les questions les plus pénibles.

Il s'était contenté de dire qu'il leur raconterait tout quand les choses seraient plus calmes. Comme il y avait beaucoup de travail pour tout le monde et que Balin et Dwalin faisaient partis des moins blessés, ils s'étaient contenté de cette réponse et étaient partis aider les autres.

Morinehtar n'avait donc pas quitté Thorin, repoussant ainsi sa rencontre avec les autres. Quand le roi avait eu de la visite il avait plusieurs fois feint d'être endormis et personne ne semblait avoir eu le courage de réveiller leur prince revenant. À chaque fois on lui avait laissé de quoi manger et ainsi il n'avait pas eu besoin de sortir, excepté pour se soulager.

Le moment où on lui avait annoncé que Fíli était encore miraculeusement en vie grâce au changeur de peau, Morinehtar avait du lutté contre l'envie de hurler de mécontentement et contre la force renaissante de Kíli à l'entente de la nouvelle.

Et puis il y avait eu ce moment. Celui où Thorin s'était réveillé. Sa première approche avait été tellement plus simple. Il avait retrouvé dans la mémoire de Kíli un souvenir de celui ci, un souvenir que lui avait raconté Thorin à lui et son frère quand ils étaient plus jeunes.

C'avait été si facile de trouver un élément qui toucherait le roi.

Kha' i.

C'est fou comme un seul mot pouvait faire la différence.

Thorin n'était pas resté éveillé très longtemps, pas plus de quelques minutes. Et Morinehtar n'était même pas sur que le nain ce souviendrait vraiment de leur échange.

oOo

- Kha' i ?

- Oui, c'est moi Nadad.

Croyant finalement être encore entrain de rêver, Thorin refermât les yeux et soupira. Il aurait aimé que ce soit vrai. Le roi tendit faiblement la main, cherchant à se saisir de celle de celui qu'il pensait être son frère.

- Kha' i… tu me manques tellement…

- Tu m'as manqué aussi Thorin, répondit Morinehtar en serrant sa main dans la sienne.

- Si tu voyais notre plus jeune neveu… continua le roi sans écouter l'autre, il te ressemble beaucoup tu sais. Vous avez les mêmes manies, le même sourire, les mêmes yeux…

- C'est parce que j'ai toujours été là, avec lui, répondit le sorcier mais en comprenant petit à petit que Thorin pensait encore être entrain de rêver.

Celui ci soupira doucement et continua son discours :

- Parfois je venais à m'imaginer que c'était le cas. C'était à la fois réconfortant mais tellement effrayant.

Ayant abandonné l'idée de convaincre le nain qu'il ne rêvait pas Morinehtar continua dans son sens, cherchant ainsi à trouver des éléments qui pourrait lui servir plus tard.

- Pourquoi est-ce que cela t'effraies Nadad ?

- Que dirais notre petite Dís ? Elle aimait tellement ses fils. Elle serait hors d'elle. Même si c'était pour toi. Elle voudrait que son bébé soit entièrement lui même tu comprends…

- Et toi Thorin que veux tu ?

- J'ai presque élevé moi même Kíli, je ne veux pas perdre mon neveu… marmonna l'ainé des Durin, prêt à retomber dans le sommeil.

- Kíli et moi n'avons toujours fait qu'un Thorin. Je n'étais juste pas encore 'réveillé'. Je suis lui tout comme il est moi, insista Morinehtar espérant faire rentrer l'idée petit à petit dans l'esprit du nain qui devait être son frère jusqu'à ce qu'il le tue lui même.

Thorin ne répondit rien et Morinehtar sentit sa poigne se desserrer.

- Tu me manque Kha' i, murmura Thorin presque imperceptible juste avant que le sommeil ne le clame complètement.

oOo

L'échange s'était produit dans la matinée et depuis le roi n'avait pas réouvert les yeux.

Alors que le soleil se couchait Thorin s'éveilla à nouveau et cette fois ci beaucoup plus alerte.

Il grogna légèrement suite à un bourdonnement dans la tête et s'assit péniblement les paupières closes. Il se laissa le temps de s'adapter au changement de position et quand il ouvrit à nouveau les yeux, il remarqua enfin le nain assis à ses côtés. Il fut d'abord choqué mais très vite des images affluèrent dans son esprit.

Dans plusieurs flashs, il se revit tomber lourdement au sol, Azog lever son bras pour lui donner le coup fatal. Et soudain une flèche s'était plantée dans le cœur de l'orc pale, puis une autre sans sa tête. Il se revoyait tourner la tête pour chercher la provenance des flèches qui lui avait sauvé la vie. Et là l'image le frappa de plein fouet, lui coupant le souffle.

C'était Kíli. Kíli l'avait sauvé.

Prise par une certaine vague de gratitude et d'affection Thorin caressa tendrement les cheveux de son neveu depuis trop longtemps perdu et maintenant à ses côtés, paisiblement endormis.

Il n'arrivait d'ailleurs toujours pas à croire que Kíli leur était revenu. Pas plus qu'il ne réalisait que sans lui il ne serait plus de ce monde.

Mais aussi soudainement qu'il s'était remémoré ce souvenir, il se rappela de ses rêves. Il était certain que le premier en avait bien été un mais il doutait du deuxième.

Est-ce que Kíli lui avait vraiment dit être Frerin ? Ou alors Frerin, Kíli ? Il ne savait pas, tout était embrouillé dans son esprit.

Il avait envie d'y croire et en même temps cela lui paraissait improbable.

Et puis pourquoi Kíli ne les avait pas rejoint à Laketown ?

Malgré toutes les questions qu'il se posait et l'urgence qu'il avait de le serrer dans ses bras, il ne le réveilla pas. À la place il se leva doucement pour ne pas avoir de vertige. En dépit de ses précautions la tête lui tourna légèrement et il du faire un pose, avant de continuer son chemin.

Il contourna son matelas pour attraper son manteau, déposa un baiser sur la tête de son neveu et sortit de la petite tente qui semblait avoir été aménagé spécialement pour lui.

Thorin fut soulagé qu'il fasse nuit car ainsi il ne fut pas agressé par la luminosité du jour.

Le roi marcha précautionneusement dans le camp qui avait été installé rapidement après leur victoire.

Il regarda autour de lui, regrettant finalement de ne pas pouvoir apercevoir les alentours à cause de la nuit noire. Il inspira alors profondément l'air et se sentit instantanément de meilleure humeur.

Il avait réussi.

Non ils avaient réussi.

Leur peuple trop longtemps expulsé de chez lui allait enfin pouvoir retrouvé ce qui lui appartenait. La Montagne Solitaire était à nouveau sous le pouvoir des Durin.

Thorin n'eu pas à marcher bien longtemps car il dépassa une tente d'où la voix de Dwalin lui parut.

Il entra alors sous la tente et tous les regards se tournèrent vers lui.

- Thorin !

Le guerrier aux tatouages sourit joyeusement et s'approcha de son meilleur ami et maintenant roi sous la Montagne pour le serrer dans ses bras.

Le roi sourit et rendit l'étreinte à son ami avant de passer de nain en nain pour un serrement de bras fraternel avec tous ceux qui l'avaient accompagné dans cette folle quête.

C'est ainsi qu'il remarqua l'absence de Gloin, Ori mais surtout de son héritier.

Observant les yeux de son roi se froncer Balin parla immédiatement.

- Fíli s'est fait gravement blessé après que Azog soit tombé. Mais si son état n'est pas encore tout à fait stable, l'espoir grandit d'heure en heure. Il s'est même éveillé quelques instants dans la journée. Ne t'en fait pas Ori est avec lui, il n'est pas seul.

Ayant du mal à avaler la nouvelle, Thorin ne fit aucun commentaire concernant le changement de comportement d'Ori.

- Et Gloin ? Demanda-t-il la voix serrée.

- Son état est stable, mais il ne s'est pas encore réveillé. Les guérisseurs pensent qu'il est dans le coma…

Le visage de Thorin se crispa.

- Emmène moi à eux Balin.

Sachant qu'il ne pourrait pas lui faire changer d'avis, le vieux conseiller hocha la tête et lui et Dwalin sortirent de la tente pour accompagner Thorin d'abord à Gloin puis à Fíli.

Le roi profita du chemin pour se renseigner sur tout ce qui s'était passé le temps de son inconscience. Il apprit donc comment Balin et Dwalin avaient, aidé par les autres membres de la compagnie, réussi à gérer toute l'organisation du camps mais aussi l'évacuation des défunts, les premières visites d'Erebor, les premiers accords passé avec Hommes et elfe etc.

Thorin remercia ses deux amis et se dit qu'il avait décidemment choisi les meilleurs nains des Montagnes Bleues pour l'accompagner. La preuve que encore une fois, sans eux, peux de choses auraient été possible.

Très vite la question de Kíli lui brula les lèvres.

- Est-ce que… Est-ce que vous avez pu parler à Kíli ?

Les deux frères échangèrent un rapide coup d'œil avant que Balin ne soupire.

- Non pas vraiment… Quand nous avons voulu lui parler il était soit endormi ou alors nous disait que c'était une longue histoire et qu'il préférait attendre que les choses soient moins mouvementées pour nous en parler. Nous avons préféré respecter sa demande.

Thorin hocha la tête. Ce comportement ne l'étonnait pas. C'était même plutôt quelque chose que lui même aurait fait.

- Où est-il d'ailleurs ? Demanda Dwalin.

- Endormis dans ma tente.

- Il ne t'as pas quitté tu sais, commença Balin, même pas pour aller voir son frère…

Ces derniers mots cependant attisèrent la curiosité du roi qui écarquilla les yeux.

- Il n'a pas été le voir… du tout ? J'aurais pourtant pensé qu'il ne l'aurait pas quitté un seul instant.

- C'est aussi ce que l'on pensait, marmonna pensivement Balin ne pouvant s'empêcher de penser aux rumeurs, Kíli n'a jamais supporté d'être loin de son frère.

De son frère…

Thorin n'eut pas l'occasion de répondre car ils rentrèrent dans la tente où était Gloin et plusieurs autres blessés. Il ne s'attarda pas longtemps ici pour pouvoir gagner rapidement la tente où se trouvait son héritier.

La vue de son neveu dans un aussi mauvais état lui brisa le cœur. Fíli d'habitude si rayonnant et plein de vie était maintenant réduit à une forme en sueur luttant pour la garder.


Morinehtar s'éveilla en sursaut quand il entendit des pas près de lui.

La première chose qu'il remarqua fut que Thorin n'était plus sur son matelas. C'est seulement ensuite qu'il remarqua le Hobbit.

- Maître cambrioleur, le salua t-il hésitant, que faites vous ici ?

Bilbo se balança d'un pied à l'autre, gêné à l'idée d'avoir été surpris. Il savait qu'il aurait du mettre son anneaux.

- Oh Kíli, alors c'est vrai vous êtes revenue ! S'exclama-t-il en se rappelant soudain que c'était un miracle qu'il ait réussi à revenir parmi eux.

- En effet, acquissa le sorcier subitement intrigué par l'étrange pouvoir qui semblait émaner du Hobbit.

Sans vraiment s'en rendre compte Morinehtar s'était levé brusquement pour venir aux côtés du semi homme.

Ne lui fait pas de mal ! Protesta faiblement Kíli encore affaibli par toutes les émotions qui l'avaient traversé en seulement 3 jours.

- Que… que faite vous ? S'étonna Bilbo quand Kíli se pencha sur lui, presque comme s'il essayait de le sentir.

- Rien du tout.

Morinehtar s'éloigna de lui et se dit qu'il faudrait qu'il garde un œil sur cet étrange Hobbit.

- Vous savez où est Thorin ?

Bilbo rougit légèrement et sembla soudain peu à l'aise.

- Non, je... non je ne sais pas… J'habite chez Bard pour le moment…

Kíli et Morinehtar furent tout les deux surpris pas la nouvelle.

- Pourquoi n'êtes vous pas avec la compagnie ?

Cette fois le Hobbit baissa la tête pour cacher ses yeux qu'il savait étaient embués. Il expliqua ce qu'il avait fait avec l'Arkenstone et comment après cela Thorin l'avait bannit de la compagnie.

- Pourquoi être venu le voir alors ?

- Je voulais m'assurer qu'il allait bien, répondit doucement le Hobbit avec ce qui sembla aux oreilles de Kíli une pointe d'inquiétude et d'affection.

Le jeune prince compris immédiatement que leur cambrioleur était bien plus attaché à Thorin que ce que son frère et lui avait pu le penser auparavant. Lisant les conclusions de l'archer, Morinehtar comprit à son tour.

- Je pense que vous devriez retournez à Laketown et revenir dans quelques temps, quand Thorin sera entièrement remis des derniers évènements. Je viendrais même vous chercher si vous le désirez.

Il ne savait pas pour quelle raison, mais Morinehtar savait qu'il devait impérativement garder le Hobbit à proximité. Il sentait que ce Bilbo pouvait lui être utile.

- Vraiment, vous feriez cela Kíli ?

- Evidemment, nous ne serions pas là sans vous Bilbo, je vous doit bien ça.

Le Hobbit hésita encore un instant avant de serrer le jeune prince dans ses bras.

- Merci Kíli.

Et sans un mot de plus il repartit dans la nuit.

- Merci à vous cher Bilbo, répondit pensivement Morinehtar une fois qu'il fut seul.

Décidant qu'il devait mettre Rómestámo au courant pour que celui ci garde un œil sur le Hobbit et cherche à en apprendre plus sur cet étrange aura qui émanait de lui, Morinehtar sortit de la tente. Il fallait qu'il retrouve son corbeau.

Discrètement il se faufila à l'écart du camp. Comme si Búrz avait sentit que son maitre avait besoin de lui, il arriva silencieusement à travers la nuit et se pausa sur le bras du nain.

Le sorcier n'ayant pas de papier et ne pouvant pas transmettre des paroles via le corbeau, il se contenta de poser sa paume sur la tête de l'animal et de lui implanter les images du Hobbit et d'autres qui permettrait, il l'espérait, à Rómestámo de comprendre que ce semi homme était à surveiller.

Une fois fait il leva son bras, envoyant Búrz au loin.

Après cela il regagna le camp et décida de trouver Thorin. Il fallait absolument qu'il arrive à lui faire croire qu'il était Frerin avant qu'il n'ait à s'expliquer devant d'autres personnes.

Inconsciemment Kíli pensa à Fíli et Morinehtar comprit que c'était effectivement le premier endroit où avait du se rendre le nain qui n'était pas seulement un roi mais aussi et avant tout un oncle.

Kíli fut à la fois excité et inquiet à l'idée de revoir Fíli. Il avait peur de ce qu'il découvrirait. Il n'avait aussi pas envie que Morinehtar s'approche de lui.

Je t'en pris, ne lui fait pas plus de mal, supplia Kíli.

Ne t'inquiètes pas, finalement je crois que je vais apprécier voir la souffrance dans ses yeux quand il comprendra que tu n'es plus son frère. Et puis, j'ai envie de jouer un peu, répondit le sorcier énigmatiquement avec un petit sourire.

Pourquoi tiens tu tant à ce que tous le monde crois que je suis Frerin ? Ne put s'empêcher de demander Kíli qui n'avait toujours aucune idée du réel plan du magicien.

Morinehtar hésita un instant à dévoiler son plan. De toute façon ce n'était pas comme si le petit prince avait la moindre chance de le stopper. Son plan concernant l'archer était juste de le voir souffrir jour après jour. Finalement, il décida d'en dévoiler un peu plus sans pour autant tout révéler.

Parce que de cette manière, Fíli pourra dire au revoir à son titre d'héritier.

Jamais Thorin ne feras de toi son héritier !

Moi ou toi non. Mais son cher petit Kha' i retrouvé après tant d'années de séparation, si. Vois tu, continua le sorcier soudain emballé à l'idée de raconter son plan machiavélique et de surprendre son prisonnier, si je m'étais simplement fait passer pour toi, je n'aurais eu aucune chance de prétendre au titre d'héritier. Mais si je suis le petit frère du roi, ce petit frère qu'il chérissait tellement, alors je n'ai aucun doute sur le faite qu'il reconsidérera sa succession.

Kíli ne répondit rien, trop abasourdi par le plan du magiciens. Il avait raison. Si Thorin pensait réellement avoir retrouvé Frerin, il n'y avait que très peu de doute sur le fait qu'il ne lui refuserait pas la demande d'être son héritier. Après tout, le trône lui serait revenu de droit après Thorin.

Chez les nains, la succession se passait certes de l'ainé au plus jeune, mais le roi avait toujours le droit de choisir un autre nain. Fíli avait donc la chance de rester l'héritier mais Kíli savait que Thorin ferait de Frerin l'héritier.

Avec horreur il réalisa que le plan de Morinehtar était extrêmement bien réfléchit et cela, dans tout les détails.

Si le magicien s'était juste fait passer pour lui, Kíli, et avait tué Thorin et Fíli, le trône ne lui serait pas revenu puisqu'il n'était pas encore majeur. Il n'avait que 77 ans et un nain ne pouvait devenir roi que quand il en avait 80. Erebor serait donc revenu de droit à Dáin et après lui son fils, Thorin III. Le trône aurait donc été perdu pour lui. C'était certes injuste mais la loi.

Pour que Morinehtar ait le trône il fallait donc impérativement que Thorin le renomme héritier sous le nom de Frerin.

Mais que veux tu faire du trône d'Erebor ? Lui demanda Kíli dont les émotions trahissait l'horreur et l'inquiétude pour sa famille.

Morinehtar, fier de l'effroi qu'il avait provoqué chez son prisonnier rigola vicieusement.

Ca mon jeune ami, tu le découvrira bientôt.

Leur conversation n'alla pas plus loin puisqu'ils arrivèrent enfin devant la tente abritant le futur ex héritier.

Morinehtar se fit craquer le cou et inspira profondément pour s'aider à rentrer dans son rôle.

Avant de rentrer dans la tente il ne pu s'empêcher de lancer une dernière remarque salace à Kíli.

Profites bien du spectacle, petit prince.


Bon et bien voilà, Morinehtar ( que je sais que vous adorez :p ) révèle un peu plus de son plan… J'ai hésité à tout dévoiler maintenant mais finalement je me suis dit que garder encore quelques éléments maintiendrait un peu de suspens…

D'ailleurs, j'aurais éventuellement une question… Parfois quand j'écris j'ai tendance à m'emballer un peu et si pour moi c'est parfaitement clair, je me demandais si pour vous tout était encore compréhensible ? J'ai du mal à m'en rendre compte… Du coup si non, n'hésitez pas à me le dire pour que je tente de rectifier ce qui ne vas pas ! :)

Voilà voilà à la prochaine ! :)