Chapitre 11 : Retrouvailles


Je devais bien avouer que c'était parfaitement le genre d'anecdote que je pourrais partager avec Spain et France à mon retour. Elle était drôle et facile à raconter. Mais surtout, quand ce jour viendra, je n'oublierais pas d'omettre quelques détails. Comme par exemple le fait que le russe m'est tripoté pendant un certain temps ou alors lorsqu'il m'est aidé à m'en sortir en me jetant son grand manteau beige. Non, je n'oublierais pas.

Courant dans les couloirs pour rejoindre ma chambre, je traînais ce long manteau qui pesait une tonne. Et dire que Russia le portait tous les jours... J'eus un petit frisson que je pris comme une réaction de pur dégoût et continua ma route espérant ne pas croiser Toris. Le communiste me l'avait tendue quelque temps après, juste après avoir réussis à avoir occupé mon frère. Il avait peut-être eu l'extrême gentillesse de me donner quelque chose pour me couvrir mais évidemment il était obligé de prolonger mon humiliation en me passant ce truc de deux mètres de long. Même ma carrure, après tout ces mois d'entraînements, était bien trop fine pour pouvoir épouser parfaitement les formes du manteau. A croise qu'il avait été spécialement cousu pour ce type.

Avec soulagement je tombais enfin sur la porte de ma chambre. J'entrais sans attendre une seconde de plus et vis sur le lit un petit tas de vêtements qui semblait être, cette fois si, à ma taille.

-Merci Toris... Mieux vaux tard que jamais... Soupirais-je en enfilant le boxer.

Quelques minutes plus tard j'étais habillé, coiffé et totalement awesome. M'inspectant devant la glace je souris devant mon élégance et ma forme resplendissante. Le lituanien m'avait apporté un pantalon noir avec une belle chemise blanche, tout dans la simplicité et la classe. Tous ces efforts en valaient vraiment la peine. Je partis de la chambre sûr de moi et traversa les mêmes couloirs que tout à l'heure mais en sens inverse. Soudain je fis une grimace en repensant au russe et à ce qu'il avait osé me faire dans le placard. Ce type était vraiment un pervers ! Et puis...

*** -Tu es magnifique...***

A ce souvenir je tournais frénétiquement la tête de gauche à droite pour le chasser et repris ma route sans y penser d'avantage. Ce n'était ni l'endroit ni le moment d'y réfléchir, Ludwig m'attendait et cette fois ci je ne me débinerais pas.


Lorsque j'arrivais dans le salon, cette fois ci habillé, toutes les têtes se tournèrent vers moi. Lithuania me regardait avec un petit air de reproche mais en même temps de gène. Il avait du me chercher un bon petit bout de temps mais après tout c'était en partie de sa faute donc je ne relevais pas et lui adressa un petit sourire. Le russe me lançait un regard comme un son habitude, faussement aimable avec une pointe de moquerie. Je pouvais parfaitement imaginer la situation de son point de vue et j'aurais été à sa place moi aussi je me serais moqué du type qui venait de se faire enfermer dans un placard totalement nu. Alors je lui envoya un petit salut de la tête tout en plissant les yeux d'un air agacé. Puis je reporta mon attention vers le blond. Celui-ci se leva du canapé et avança vers moi lentement, on pouvait si bien lire toute l'émotion contenue sur le visage de mon frère que j'eus du mal à articuler mes premiers mots.

-Salut petit frère, en forme ? Dis-je en essayant d'être détaché pour ne pas plonger dans le sentimentalisme.

-Mein Bruder... Répondit Ludwig en chuchotant.

Les larmes aux yeux il fit les quelques pas qui nous séparaient et articula en tremblant :

-Tu m'as tellement manqué...

-Moi aussi Ludwig...

Un petit silence se fit dans la pièce où nous nous observions mutuellement un peu mal à l'aise devant les autres nations. C'est à ce moment que Russia se décida à bouger et en quelques secondes il emmena Toris et partit de la pièce. Dès l'instant ou nous fûmes seul mon frère se jeta dans mes bras et éclata en sanglot. Ses larmes coulaient le long de ma chemise si bien que je sentis bientôt le tissus me coller à la peau. Mes yeux me piquaient de plus en plus et même si je faisais des efforts surhumains pour ne pas pleurer devant lui je sentais quand même deux larmes perler au coin de mes yeux.

-Gilbert... Oh si tu savais... Je... Je sais même pas comment j'ai fais sans toi...

-Je sais je sais... Mais je suis là maintenant, tout va bien. Tentais-je en rassurant tout autant mon frère que moi.

-Je t'aime grand frère... Dit-il entre deux sanglots.

C'était bien la première fois qu'il me le disait et je sentais mon ventre se torde en entendant cette voix si fébrile. J'aurais tellement voulu avoir le pouvoir de le mettre en sécurité, de le protéger de toute ces guerres. Sa soudaine fragilité retourna mon âme toute entière, je ne pensais pas que je lui manquais comme moi il me manquait.

-Moi aussi je t'aime. Ne l'oublie jamais d'accord...

Il hocha doucement de la tête et me serra encore plus contre son torse. Le silence apaisant de la pièce me fit du bien et bientôt je sentis le cœur de mon frère ralentir lentement. En sentant son parfum si doux une larme s'échappa pour atterrir sur son épaule. Tout doucement je me séparais de lui et passa une de mes mains sur son visage pour sécher ses pleurs.

-Allez, ne pleure plus. Je suis là, plus awesome que jamais ! Lui dis-je avec légèreté.

Ma réplique eu l'effet escompté car mon blondinet de frère rigola en s'écartant un peu de moi. Je pris un des mouchoirs posé sur la table et lui passa en souriant. Il le prit en m'envoyant un regard de remerciement et se moucha en vitesse mais alors qu'il allait parler pour se redonner contenance l'émotion reprit le dessus sur lui et un sanglot sortit de sa bouche.

-Un vrai petit pleurnichard notre Ludwig... Fis-je d'un ton gentiment moqueur.

-La ferme ! Rigola-t-il. Je suis sûr que t'as plus pleuré que moi pendant tout ce temps monsieur insensible !

-Mais oui mais oui... Mes larmes sont beaucoup trop précieuses pour pouvoir être gaspillé de cette manière !

Il émit un petit rire en secouant la tête devant ma bêtise et se rapprocha encore de moi. Il mit une de ses mains derrière ma tête et rapprocha nos visages jusqu'à ce que nos front se touchent.

-Plus jamais on se sépare aussi longtemps... Promis ?

-Ludwig... On peux pas savoir, tu sais avec la guerre et...

-Promis ? Continua-t-il en insistant.

Je soupira bruyamment et lui répondit en haussant les épaules.

-Promis...

Il parut satisfait puisqu'il s'écarta instantanément et alla se poser sur le canapé.

-Je n'ai eu aucunes nouvelles de toi...

-Russia refusait que je communique. J'ai reçu ta lettre mais... Je ne pouvais pas y répondre. Dis-je en le rejoignant un peu contrit. Et même lorsqu'il était partit, j'ai essayé mais on filtrait mon courrier...

-Je... J'ai même cru à un moment que tu étais mort...

C'est pas passé loin... Pensais-je amer en repensant à ma tentative d'évasion.

Il reprit d'un ton inquiet en me regardant dans les yeux.

-On m'a raconté de nombreuses choses sur Russia... J'avais vraiment peur pour toi.

-J'ai pas envie de parler de lui. Lui répondais-je en détournant le regard.

Devant mon attitude il n'insista pas et alors qu'il allait changé de sujet il fronça les sourcils.

-Quoi ?

-Tes yeux... ?

Devant mon interrogation il précisa le fond de sa pensée.

-Ils... sont rose ?

Ah oui ça... J'en avait presque oublié mon changement d'apparence, aussi subtile soit-elle.

-C'est une longue histoire. Dis-je en baissant les yeux.

Je n'avais vraiment pas la force de raconter tout ce qui s'était passé dans cette maison. Peut-être un jour connaîtra-t-il la vérité mais pas maintenant. Devant mes silences et mes contrariétés il continua sans s'en formaliser mais je pouvais lire dans son regard toutes les questions qu'il se posait. Des questions au-quelles il faudrait un jour des réponses.


Nous passâmes le reste de l'après-midi ensemble, à rire, à débattre, à pleurer (essentiellement Ludwig) et à nous raconter nos journées au sein de nos ''familles d'accueils'' comme aimait les appeler mon frère. Je préférais le terme de ''tortionnaire'' pour le russe mais je ne préférais pas partager le fond de ma pensée. Je sus alors que, comme je le pensais, l'américain avait tout fait pour mettre à l'aise le blond et c'est avec un grand soulagement que je le vis quitter la demeure Braginsky. Je savais désormais que rien ne pouvait lui arriver en Amérique et qu'il était en sécurité, même si je restais méfiant envers toute nation s'approchant trop près de mon petit frère. Son départ fut assez larmoyant et encore une fois j'avais craqué devant lui en pleurant à chaude larmes. Après un ultime câlin il me quitta à regret et retourna dans la voiture qui le conduisait à l'aéroport tandis que moi je retournais dans ma chambre un peu bouleversé par nos retrouvailles.

Je m'assis sur le fauteuil qui donnait sur le champ de tournesols et me détendis en savourant le thé que Toris venait de me faire. Sans m'en rendre compte mon visage arborait un magnifique sourire que seul mon cher Ludwig arrivait à me donner. J'avais déjà hâte qu'il revienne me voir même si j'aurais voulu moi aussi voyager et aller à sa rencontre aux États-Unis. Malheureusement, connaissant Russia, je doutais fort que sa réponse soit favorable, c'était déjà un miracle en soit que mon frère ait eu le droit de venir ici.

Je posais la tasse de thé vide sur la petite table à côté de moi et me leva pour aller voir Lithuania. Il était juste passé en vitesse si bien que je n'avais même pas eu le temps de lui parler.

Et puis maintenant... Russia était revenue de son voyage. Je m' immobilisais au milieu de la pièce en pensant à lui. Je ne voulais surtout pas le croiser dans les couloirs et encore moins depuis l'incident du placard. En rougissant de gêne je me giflais mentalement en me persuadant que ce n'était qu'une humiliation parmi tant d'autre mais lorsque je ressentis son doigt sur mon corps je ne pus réprimer un frisson. Il m'avait ensuite examiner sous tous les angles avec cette main bien trop chaude et bien trop habile.

-Quel connard ! M'écriais-je en ressentant mon visage chauffer.

Je m'assis sur mon lit et abandonna l'idée de voir Toris. Connaissant ma malchance légendaire j'allais inéluctablement tomber sur le russe et c'était bien la dernière personne que je voulais voir pour l'instant. Je m'allongeais complètement sur le matelas en fermant les yeux dans l'espoir de me relaxer un peu. Je respirais un grand coup et souris en sentant cette odeur familière. Je tournais la tête sur le côté puis ouvris mes paupières lentement. Mon regard tomba sur le manteau de Russia étalé juste à quelques centimètres de moi, me rappelant qu'il était là, que ce soit dans la maison ou dans mon esprit. Je soupirais de désespoir et prit le vêtement du bout de mes doigts. Doucement, comme honteux de ce que j'allais faire, je me faufiler à l'intérieur, enfilant alors avec incertitude le manteau de mon pire ennemi. Les manches étant beaucoup trop grande je ne voyais même plus mes mains et je flottais littéralement dans ce grand bout de tissus. Je l'enroulais autour de moi pour qu'il me colle à la peau et me rallongea sur le lit en sentant le parfum qui me hantait depuis des mois. Ce parfum que je détestais.

Je roulais sur le côté entre réalité et rêve, entre amour et haine, l'esprit déjà avalé par les brumes du sommeil et m'endormis le sourire aux lèvres.


Lorsque je me réveillais le soleil s'était couché et les étoiles avaient prit le relais. Ma première pensée fut pour le russe. Lui qui m'avait dit ''je t'aime'' pour ensuite partir sans plus aucunes nouvelles. Amer et de mauvaise humeur, je me levais avec difficulté et m'étira de tout mon long. Je m'aperçus aussitôt de mon accoutrement et en quelques secondes j'avais déjà jeté le vêtement à l'autre côté de la pièce.

-Non mais qu'est-ce qui me prend. Soupirais-je d'un ton lassé en baissant les yeux.

Encore une fois j'avais la preuve que Russia avait tout simplement joué avec moi pendant tout ce temps. S' il se préoccupait de moi comme il lui plaisait de me faire croire pourquoi ne m'avait il pas fait un signe ? D'ailleurs j'étais presque sûr que le long monologue de Toris sur le prétendue bon côté du russe n'était que comédie, il avait du le contraindre à dire tout ça. Je lançais un regard glacial au manteau qui gisait dans un coin et alla le récupérer avec hargne. Je sortis de la pièce en claquant la porte et me dirigea droit vers la chambre du communiste. Sans toquer je fis irruption dans la pièce et aperçus, comme à son habitude, Russia en train d'écrire à son bureau. Et toujours comme à son habitude il fit semblant de ne pas m'entendre et continua ses activités comme si de rien n'était. Encore plus en colère je lui lança le vêtement en pleine figure puis sans vouloir voir sa réaction, je fis volte-face pour sortir de là. Mais alors que j'avais ma main sur la poignée de porte il me prit par le bras et me repoussa violemment derrière lui. Se mettant entre la sortie et moi il me lança un regard agacé.

-Qu'est-ce qui se passe encore ? Je commence à en avoir plus que marre de tes sautes d'humeurs.

-Je te demande pardon ?! De MES sautes d'humeurs ! Criais-je à bout de nerf. Tu te foutrais pas un peu d' ma gueule par hasard ?

Il fronça les sourcils pour essayer de comprendre mais continua sur le même ton.

-J'ai tout fait pour te satisfaire. C'est grâce à moi que tu as pu voir ton frère, que tu as pu passer la journée avec lui sans te couvrir de ridicule.

En faisant allusion à ma petite aventure dans le meuble ma colère augmenta.

-Tu... Mais tu... Tu comprends rien ! Dis-je en bafouillant tellement je perdais mes moyens.

Il ne se souvenait même plus de la veille de son départ ? De quand il m'avait embrassé ? Soudain Russia repris un visage neutre et ouvra la porte en se mettant sur le côté.

-Non je ne comprends rien. Maintenant laisse moi, j'ai du travaille. Dit-il calmement en me faisant signe de partir.

Je restais bouche bée devant son comportement et sans que je m'en rende compte mon corps prit les commandes. Au moment où je passais devant le russe il détourna la tête vers l'autre côté de la pièce et esquiva mon regard. Dès que j'eus posé le pied dehors il ferma la porte doucement, comme si il ne voulait pas faire de bruit. Je me retrouvais dans le couloir en train de fixer le mur d'en face, vidé de mon énergie. Je lui avait laissé une chance de s'expliquer, de dire quelque chose. N'importe quoi. Mais il n'avait rien fait, seulement me mettre à la porte.

Fatigué, blasé de tout ça, de nous deux, je retournais à ma chambre pour attendre le repas du soir.


-Alors ? Demanda Lithuania plein d'espoirs dans les yeux.

-Pas mal... Grommelais-je en poussant une pomme de terre du bout de ma fourchette.

-J'adore, tu fais des progrès.

Devant le compliment du russe le cuisinier en herbe souria et lui adressa la politesse.

-Merci Russia !

Il tourna ensuite son regard vers moi et haussa les épaules dans une attitude de dépit, il savait que j'étais de mauvaise humeur alors il ne fit aucun commentaire et continua à nous raconter quel ingrédient il avait utilisé pour sa fameuse sauce. Au bout de cinq secondes je ne l'écoutais déjà plus et me contenta de regarder mon plat avec amertume. Je repris vite fait une gorgée de vin et souris en sentant ce merveilleux goût fruité sur mon palet, au moins l'alcool était bon. Je tournais ensuite discrètement mon regard vers le russe et souffla d'un air moqueur en le voyant faire exprès d'être captivé par le monologue du lituanien. Je reporta mon attention sur mon assiette et attendit, les coudes posés sur la table, que le repas se termine. Alors que j'étais plongé dans mes pensées, réfléchissant au meilleur moyen de torturer Russia, ce dernier s'adressa à moi d'un air désinvolte.

-Tu n'as pas faim ?

-Non. On m'a coupé l'appétit.

-A cause de ton frère je présume ? Dit-il en rigolant. Tant de niaiserie et de sentimentalisme... Je te comprends, ça couperait la faim à tout hommes qui se respectent.

Je ne répondis pas à sa provocation et me contenta de me lever, les poings serrés et la mâchoire horriblement crispé, pour rejoindre ma chambre le plus vite possible. Alors que j'étais dans l'encadrement de la porte il rajouté une dernière réplique.

-Tu pars déjà ? C'est vrai que ça à était une bonne journée pour un grand garçon comme toi... Je te ferais un bisous de bonne nuit avant que t' ailles au dodo, da ?

Je fis volte-face en quelque secondes et avant qu'il est le temps de faire quoi que ce soit j'étais sur la table à lui sauter dessus. C'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase, je n'en pouvais plus. Il se renversa sur le côté et tomba par terre emportant la nappe avec lui. A califourchon sur lui je tentais de l'étrangler avec toute la rage que j'avais accumulé mais en quelques gestes le russe réussit à reprendre le dessus en me tenant par les poignées. Du coin de l'œil je vis Toris complètement paniqué en train d' essayer de ramasser ce qui était tombé, c'est à dire presque tout y comprit les assiettes et le vin qui se déversa bientôt sur nous. Russia me lança un regard amusé et éclata de rire pendant que je tentais tant bien que mal de le prendre par la gorge.

A quoi avait servit ces mois d'entraînements si ce n'est pour essayer de tuer ce psychopathe ?

Trempé de vin rouge, j'eus un long frisson le long de ma colonne vertébrale mais l'adrénaline me faisait horriblement transpirer et en quelques secondes j'eus une grosse bouffée de chaleur. Une fois sa crise de rire passé Russia se mit assit, en me rapprochant de son torse, et me chuchota à l'oreille :

-Maintenant tu me crois pour tes sautes d'humeurs ?

Je lui envoya un regard féroce et tenta de reprendre le contrôle mais le communiste me tenait trop fermement.

-Prussia ça suffit ! Cria Toris en me tirant par le bras. Russia lâche-le, arrêtez de vous battre !

Aucun de nous deux fit attention au brun et alors que j'allais administrer au russe un bon coup de boule il me poussa sur le côté et se plaça au dessus de moi. Après quelques minutes de lutte où Russia me regardait avec un petit sourire moqueur il s'adressa à Lithuania.

-Toris sort de cette pièce, je ne lui ferait pas de mal, crois moi.

-Mais Russia...

-Je vais juste le calmer, aller sauve-toi. Dit-il avec légèreté comme s'il s'adressait à son fils.

-Si tu lui fait du mal Russia je ne te le pardonnerais pas...

Le concerné envoya un regard surprit à Lithuania et le rassura en quelques mots. De mon côté je préférais ne rien dire et utiliser cette courte pose pour reprendre mon souffle et mes forces. Sans un mot de plus Toris quitta la pièce et bientôt on pouvait entendre le bruit de ses pas dans l'escalier.

-Enfin seul... Reprit le russe en se penchant vers moi.

-Lâche moi enfoiré... Soufflais-je menaçant.

-Sinon quoi ? Tu vas me taper ? Je ne pense pas que tu sois en position pour exiger quoi que ce soit.

Après un petit silence où je perdis soudain toute répartie je tournais mon visage sur le côté comme vaincu et chuchota lassé :

-Tu ne sais pas à quel point je te déteste. Je voudrais te voir mort, étripé par Alfred et pendu dans ton putain de champ de tournesols.

-Moi aussi je t'aime.

Mon cœur commençait peu à peu à reprendre un rythme normal et tout doucement mes muscles se décontractèrent. Je fis semblant de ne pas entendre la dernière phrase du russe et continua de me calmer.

-Eh bien voilà, c'était pas si compliqué. Dit-il en souriant.

-Dégage. Je veux aller dormir.

-Après avoir voulu m'étrangler ? Tu risques de faire des cauchemars... Continua-t-il rieur.

-Russia, s'il te plais... J'en ai assez...

Il fronça les sourcils comme s'il réfléchissait et soudain il perdit cette expression agaçante qu'il aimait afficher sur son visage. Il s'écarta lentement et se mit assit à côté de moi en silence me permettant ainsi de partir. Affalé sur le sol, couvert de nourriture et de vin, je soupirais puis frotta mes yeux dans une attitude fatigué et blasé. Je me m'y assit à mon tour et jeta un coup d'œil au russe qui n'avait toujours pas bougé. Celui-ci regardait dans le vide avec une expression troublée mais alors que j'esquivais un mouvement pour partir il émit un petit rire sans joie.

-Et dire que je vais devoir nettoyer tout ça...

Je ne répondit pas et haussa les épaules d'un air morne. Comme si j'allais le plaindre. Je me mis debout doucement, faisant attention à ne pas tomber, et observa tout le désordre que j'avais mit. Je souris en imaginant ce crétin de communiste en tablier en train d'astiquer chaque centimètres de la pièce puis me reprit et entama un mouvement en quête de partir de cette horrible pièce. Encore une fois Russia m'empêcha d'aller plus loin en m'agrippant par la manche de ma chemise. Lorsque je baissais les yeux vers lui je ne vis que ses cheveux, le russe semblait regardait le sol comme si c'était la chose la plus intéressante du monde. Il releva la tête lentement et me regarda avec des yeux torturés.

-Reste avec moi... Dit-il tout bas.

C'était le signe que j'attendais, le signe que j'avais espéré.

Comme brûlé par son contact j'envoyais balader sa main facilement et me détourna de lui de quelques pas.

-Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Tentais-je difficilement. Tu... Tu n'agis jamais comme je le voudrais...

-Toi non plus.

-Je sais. Soupirais-je en m'accrochant à la table pour ne pas vaciller.

Je sentais mon cœur battre de plus en plus vite, tout mon corps se réveillait, se rappelant ces sensations si difficile à oublier. J'entendis derrière moi le russe se lever et avancer doucement vers moi en marchant sur les différents bouts de verres qui jonchaient le sol. Il passa ses bras autour de mes hanches et fourra sa tête dans mon coup me rendant tout fébrile par ce simple contacte.

-Excuse moi. Pour tout.

Je ne pouvais répondre, ma gorge noué restait obstinément fermée mais de toute façon je n'avais jamais été un grand locuteur. Alors je fis ce que j'avais toujours fait dans ce genre de situation : j'agis. Je m'écarta de lui fermement et lorsque je me retournais je vis dans son regard qu'il me suppliait de rester à ces côtés. Prudemment, en un pas, je me collais à lui et passa une de mes mains sur son torse. Il l'a prit contre lui et enroula ses doigts aux miens. D'un geste il alla baiser le dos de ma main et déplaça lentement sa bouche jusqu'à mon oreille.

-''Les espaces entre les doigts ont été créés pour laisser une autre personne les combler'' Chuchota Russia en me donnant des frissons. Crois le ou non mais ça à toujours était mon proverbe préféré.

A mon tours je partis en exploration dans son coup et alla le mordiller avec de plus en plus d'impatience. Je fis un énorme suçon sur sa jugulaire comme pour marquer mon territoire et chuchota de la même manière que lui avec un sourire songeur.

-Bizarrement, je te crois...

Il me lança un regard intense et me poussa contre la table violemment. En une fraction de seconde l'atmosphère autour de nous avait changé, on pouvait sentir toute l'électricité qui régnait dans l'air. Je ne perdis pas la face et enleva ma chemise tout en arborant une expression provocatrice. Russia fit passer son pull par dessus sa tête et pendant deux secondes j'avais l'impression que le temps venait de se figer, comme le calme avant la tempête. A un mètre de moi, il se contentait de me regarder de haut en bas en arborant des yeux gourmands. De mon côté je ne restais pas inactif et déboutonna lentement mon pantalon tout en lorgnant sur les pectoraux plus que conséquent du russe. Soudain nos regards se croisèrent et à l'intérieur de ces pupilles violettes je vis une étincelles dominatrice et horriblement excitante.

-Alors, t'attend quoi ? Que j'aille faire dodo ? Dis-je moqueur en reprenant sa précédente insulte.

Russia ne répondit pas et se contenta de combler les centimètres qui nous séparaient en m'embrassant à pleine bouche. Nos langues de mêlèrent dans un féroce duel de domination mais le russe gagna le combat en me massant soudainement l'entrejambe. Je sursautais devant ses attentions plus qu'appréciable et m'abandonna dans les bras du russe. Dans un soupir de satisfaction je passais mes mains autours de son coup et ondula du bassin pour encore plus de sensations. Nous nous séparâmes à bout de souffle mais je n'eus pas le temps de me reposer que l'autre m'avait déjà mit assit sur la table. Il alla me mordiller le coup de plus en plus brutalement, presque jusqu'à me mordre jusqu'au sang, et déboutonna à son tour son propre pantalon. D'un mouvement rapide et brutal il me poussa sur le dos et grimpa sur la table pour se mettre au dessus de moi. Lorsque je sentis le bois dur contre ma colonne vertébrale j'émis un petit grognement de douleur.

-Tu veux pas aller dans notre chambre plutôt ?

-Madame est délicate ? Me répondit Russia dans un sourire moqueur.

Je lui lança un regard provocateur puis lui souffla à l'oreille.

-Non mais je ne pense pas que la table supportera ta... corpulence...

Sans dire un mot de plus il enleva violemment mon pantalon ainsi que mon boxer pour ensuite me présenter trois de ses doigts. Je les léchaient volontiers tout en essayant d'atteindre à mon tour son pantalon mais lorsque le russe s'aperçut de mes tentatives il me prit les poignées de sa main libre.

-Je t'ai donné ma permission ?

Il retira ses doigts mouillé de salive et m'embrassa passionnément tout en descendant sa main jusqu'à mon entré. Je fronçais les sourcils en tentant de me dégager mais sa poigne était bien trop forte. Je n'aimais pas ça, je n'arrivais plus à rien contrôler et être à la merci du communiste de cette façon me rendait bien trop nerveux.

-Tu n'apprendras jamais n'est-ce pas ? Dit le russe en me voyant résister. Je suis plus fort que toi et je le serais toujours.

Je souriais d'un air supérieur devant son attitude dominatrice et continua à me tortiller sous lui pour essayer de me dégager les poignées. Je voulais reprendre un minimum les choses en main mais le russe me coinça les bras au dessus de la tête et alla ensuite sucer mes tétons déjà durci par le plaisir. Il fit alors quelques mouvements de poignées sur ma virilité et face à mon début d'érection il s'écarta ravi de son petit effet. Il me fixa pendant un certain temps ce qui me permit de reprendre un peu mes esprits et le foudroya du regard.

-Ah je comprends... C'est une question de fierté ? Rigola-t-il en scrutant chacune de mes réactions.

Je détournais les yeux et lui répondit d'un air préoccupé.

-Ce n'est pas juste... Je... Je n'aime pas être comme ça...

Il me regarda surprit et alla m'embrasser dans le coup.

-Pourtant moi j'adore... Me chuchota-t-il contre ma peau rosie par ses attentions.

Il commença à faire entrer un premier doigt en moi bientôt suivit d'un deuxième. Je soupirais de plaisir et de douleur mêlée et crispa mes muscles à fond devant toutes ces sensations.

-Et tu semble apprécier aussi je me trompe ?

-Ferme ta gueule connard de communiste... Dis-je en sentant ma respiration s'accélérer.

Il ne releva pas mon insulte et se contenta de faire entrer un dernier doigt dans un petit sourire de satisfaction.

-Avoue le... Tu n'es qu'un menteur...

Ne voyant pas ou il voulait en venir j'abandonnais l'idée de lui répondre et me contenta de fermer les yeux de plaisir, savourant chaque frissons parcourant mon corps.

-Et tu n'as pas à mentir... Prussia je t'aime, abandonne et laisse toi faire. Dit Russia en me lâchant les poignées.

Il ne comprenait pas, j'avais tout perdu pendant cette guerre et je voulais juste ressentir un sentiment de pouvoir une dernière fois, pouvoir redevenir le Prussia fière et fort. Mais alors que j'étais perdu dans mes pensées le russe fit tomber son pantalon et son boxer pour me se placer devant mes entrée, attendant sûrement ma permission. Il me lança un regard que je pouvais qualifier d'amoureux et me fit un bisou sur le front.

-Tu n'as rien à prouver, surtout à moi.

Je restais bouche bée en entendant sa dernière réplique et le regarda avec des yeux hagards. Ce qu'il disait été pourtant vrai et pour le première fois depuis mon arrivé ici je consentis à lâcher prise, à m'abandonner complètement à quelqu'un d'autre. Je levais mes jambes pour les mettre sur ses épaules et lui envoya un regard pervers. Le russe ne se fit pas prier et me pénétra brutalement jusqu'à la garde. J'émis un grand cris de satisfaction et enroula mes jambes pour que l'autre ai une meilleur prise. Bientôt Russia fit de long aller-retour en percutant chaque fois ma prostate qui ne demandait rien d'autre que ce délicieux traitement. On pouvait entendre les pieds de la table grincer sur le sol bougeant de quelques centimètres à chaque coup de rein du russe. Fermant les yeux, j'enroulais mes bras autour de son coup et ondula à mon tours le bassin pour être en rythme. Mon visage étant dans les cheveux parfumés de Russia j'entendais sa respiration haletante sous l'effort et bientôt je sentis le russe se faire encore plus impatient. La cadence de ses coups de butoirs s'accéléra tellement que je sentis bientôt mon esprit divaguer sous la déferlante de sensations qui m'assaillais. Russia s'occupa de mon érection déjà bien gonflée et en quelques va et viens je sentis l'orgasme arriver. Les minutes passaient, de longues et délicieuse minutes ou j'avais l'impression que nos cœur battaient à l'unisson. Le russe faisait tout pour prolonger au maximum l'instant, stoppant tout mouvement lorsqu'il sentait l'un de nous atteindre le point de non retour mais au bout de tout ce temps je commençais à être épuisé.

-Russia... Soufflais-je entre deux coups de rein.

-Oui ?

Il me regardait avec son célèbre regard moqueur et accéléra la cadence encore une fois. Je n'en pouvais plus, il fallait que je jouisse sinon j'allais mourir de plaisir.

-Dit le avant...

Je grognais en voyant que ce petit con me regardait encore de son air supérieur.

-Dire quoi ? Dis-je essoufflé et en sueur.

-Que tu m'aimes.

-Non.

Ma décision était sans appel, je ne l'avais jamais dit à personne mise à part mon frère et ce n'était pas lui qui allait me forcer à dire une chose pareille.

-Dit le. Insista Russia en stoppant tout mouvement.

Le silence avait reprit sa place dans la pièce et un long défi de regard s'opéra entre le communiste et moi.

-Non.

Devant mon obstination à toute épreuve il haussa les épaules indifférent et me donna un grand cou de rein que j'accueillis dans un cris de plaisir non contenue. En quelques secondes il se déversa en moi et après un dernier regard vers Russia je fermais les yeux et accueilli le puisant orgasme qui me fit monter au paradis. Il se retira doucement, en faisant particulièrement attention à ne pas m'écraser comme il avait l'habitude de le faire, et se coucha prudemment à côté de moi. Je tournais la tête vers lui et observa son profil pendant qu'il tentait de reprendre sa respiration mais en se sentant observer il se tourna à son tour et prit la parole d'une voix douce.

-En tout cas moi je t'aime. Dit-il en me lançant un de ses plus charmant sourire.

-C'est vrai ?

Il secoua la tête pour confirmer ses dires et me tira vers lui pour me faire un câlin. Ma tête reposant sur son épaule je sentis sa longue respiration dans mes cheveux et en voyant mes paupières s'abaissaient dangereusement je voulu résister au sommeil mais après tout ces efforts mon esprit s'enfonça dans l'inconscience.


Bon je l'admet... Mon lemon est vraiment fleur-bleue ! Mais j'ai pas pu résister, je suis une romantique :')

J'espère que vous avez aimé ce chapitre, un des derniers normalement. Passez une bonne rentrée !

(merci pour les reviews !) \o/