NdA : Voilà, j'ai encore été très longue, je suis désolée, mais je voulais être sûre d'avoir fini l'épisode Afton avant de publier. Donc ça m'a pris plus longtemps que prévu, sans parler du problème page blanche. Donc je publie ce chapitre, puis le suivant dans la journée ^^. Ce n'est pas la fin de My Sin, loin de là. Ah et je reprends le cours des épisodes, donc ici, on en est à peu-près à l'épisode 4.16, adapté à la sauce My Sin évidemment.

Comme ma chère béta Aly est très occupée (je te fais de gros bisous au passage, et je n'ai pas répondu à ton mail parce que je sais toujours pas si je serai là en août ou pas) ces chapitres n'ont pas été relu, donc toutes les fautes viennent de mes mimines. Alexa, ça y est, j'ai fini mes exam, tu peux recommencer à m'embêter mdr. Florinoir, et non, Dean a rien d'un saint, ça se saurait ^^.

Merci à toutes pour vos reviews (surtout ma lune, j'étais morte de rire en les lisant, c'est comme ça, t'as un don ^^ et à Alyceis, je me lasserai jamais de lire tes analyses approfondies, ça me fait vraiment plaisir, et non, ça n'est pas une death fic, en même temps, dans Supernatural Deathfic veut juste dire, rendez vous à la prochaine saison ^^, quand à Cas envoyant bouler Bobby qui le taquine, je le vois plutôt au-dessus de ça et c'est vrai qu'Anna a un rôle quasi de mission divine dans mon histoire, essentiellement parce que je trouve que son personnage a été mal exploité dans la série, même si c'est que mon avis)

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My Sin, My perdition

11ème partie: I'll find you somewhere, I'll keep on trying

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C'était étrange, songea Castiel, de rêver tout en sachant que l'on rêve… Lui et Dean étaient allongés sur la plage. Du moins, il savait qu'ils étaient sur une plage, mais il ne sentait ni le sable, ni ne voyait la mer. Il voyait Dean en revanche, et Dean lui souriait. Ils discutaient, mais Castiel n'était pas certain du contenu de la discussion. Toutefois, il savait qu'il devait faire comprendre à Dean à quel point ils étaient liés.

-Notre Père est toujours présent Dean.

Dean sourit sans ouvrir les yeux. Castiel lui caressait le visage, penché sur lui. Dean était précieux, il méritait d'être choyé et protégé. Il l'embrassa.

-Ne dis pas des trucs comme ça, on aurait l'impression que toi et moi, on est apparenté…

Castiel sentit ses lèvres s'étirer à cela. Dean…

-Mais nous le sommes tous, Dean. Spirituellement sinon physiquement. Nous faisons tous partis les uns des autres.

Il retira sa main pour la poser sur la poitrine de celui pour qui il avait chu. Mais une sensation humide le fit la retourner et regarder sa paume. Elle était couverte de sang. Il leva les yeux vers le visage du chasseur, l'angoisse lui tordant les entrailles.

Son visage était décomposé, le crâne se dessinant sous les chairs putréfiées. Il se redressa avec terreur.

C'est un rêve ! Tu peux t'échapper ! Réveille-toi ! Réveille-toi !

Mais ses yeux ne s'ouvraient pas. Autour de lui, des murs de chairs, d'où s'échappaient des membres tordus de souffrance. Une main l'agrippa et il se dégagea en tremblant. L'Enfer.

Réveille-toi ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! Réveille-toi !

-Cas.

Il sentit le soulagement l'envahir. Dean était là. Tout irait bien.

-Dean

Mais lorsqu'il se tourna vers son ancien protégé, il vit deux yeux complément noirs et la lame d'un scalpel. Et le sourire sardonique et lascif que Dean arborait en le regardant.

-N'aie pas peur, mon adorable petit ange, je vais bien m'occuper de toi.

-Non, Dean ! Dean, bats-toi !

-Castiel !

L'ange déchu ouvrit les yeux, le souffle haletant, le cœur battant la chamade.

-Dean, gémit-t-il, désespéré, encore prisonnier de son rêve.

Puis il aperçut Bobby, qui cachait mal son inquiétude sous un visage grognon.

-C'est un cauchemar, gamin ! La prochaine fois, vas-y mollo sur les excitants type caféine, ok ? Je suppose qu'un ange qui est allé en Enfer doit en avoir pas mal sur la patate.

Castiel se passa une main sur le visage et tourna le regard vers le paysage qui défilait par la fenêtre. Il ne voulait pas parler à Bobby de ce qu'il avait vu dans l'abîme. Il ne voulait en parler à personne. Pas même à Dean. Il n'existait aucun mot pour décrire l'horreur.

-On y est presque, l'informa Bobby.

L'ange déchu caressa l'amulette protectrice que Bobby lui avait offerte contre les possessions en murmurant une prière. Tout irait bien dès qu'il pourrait voir Dean.

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-…Et c'est pour ça qu'on est venu vous chercher.

Dean quitta son poste de veille pour rejoindre son frère, n'ayant écouté pas même la moitié de la discussion. Qiao An s'était levée et se mordait la lèvre inférieure, les bras entourant sa poitrine, comme pour se protéger. Sam avait les yeux posés sur elle, son visage insondable, ce que Dean trouvait marginalement dérangeant.

-Je pense qu'on devrait tenter une sortie avant la nuit…On peut partir à pince dans les montagnes, on verra bien pour la suite une fois que Chiaaao….hem, que vous serez en sécurité avec la bande à plumes.

La jeune femme baissa les yeux.

-Ce lieu est mauvais, approuva la jeune fille énigmatiquement.

Les deux frères échangèrent un regard étonné mais ne développèrent pas, mettant cette réaction sur le compte de la peur. Dean se sentait mal pour la jeune chinoise, de devoir la livrer aux anges, mais ça n'était pas comme s'ils avaient le choix. Sam en revanche hocha la tête avec un plissement caractéristique des lèvres, prouvant sa détermination.

-Dean a raison, on peut pas rester là indéfiniment.

Il se leva du lit et commença à rassembler leurs affaires. Mais Dean n'avait pas la patience d'attendre. Il avait un très mauvais pressentiment. Sans compter que, pour un motel bon marché, le silence ambiant était plus qu'inquiétant.

-Je pars devant, voir ce qui se trame, décida Dean en sortant, le couteau de Ruby serré dans sa main.

Sam secoua la tête avec un grognement agacé et se dépêcha de terminer son ramassage avant de jeter son sac sur son dos et de tendre la main à Qiao An. Celle-ci y glissa la sienne, qui paraissait ridiculement petite par rapport à celle du jeune homme, et lui adressa un sourire un peu hésitant.

-Vous savez Sam, murmura-t-elle, lorsque j'ai dit que vous étiez différent de Dean, je voulais dire que votre aura est assombrie…

Sam fronça les sourcils, son visage se fermant à cela. La jeune fille se lécha les lèvres à cela, un peu embarrassée, mais continua rapidement.

-Mais je ne sens pas le mal en vous. Vous avez subi des influences négatives contre lesquels vous ne pouvez rien. Nous avons tous eu affaire à de telles influences.

Son regard se fit lointain, un peu triste. Puis ses yeux plongèrent dans les siens, et ils communiquaient toute sa sincérité.

-Vous êtes une personne de foi. Comme moi. Ne l'oubliez jamais.

Sam pensa aux anges, à leurs plans inhumains, à leur cruelle indifférence, mais n'eut pas le cœur de s'en prendre à elle. Même s'il ne supportait plus ce genre de discours depuis qu'il savait ce qui se passait réellement au Paradis. Et quoiqu'en disent Dean et Qiao An, il ne voulait plus avoir la foi. Il n'en avait plus besoin. Son avenir était entre ses mains. Il se contenta de briser leur échange de regards et de la conduire vers la porte. Mais au moment où il allait saisir la poignée, la porte s'ouvrit violement, son frère entra en trombe, la referma aussitôt derrière lui, et la coinça avec une chaise avant de se tourner vers lui.

-Dean ?

Son frère frissonnait légèrement, les yeux exorbités, luttant de façon visible pour retrouver un semblant de calme. Il prit une inspiration puis leur adressa un sourire tremblant avec un petit geste faussement désinvolte de la tête.

-On sort pas, il fait pas beau dehors de toute façon.

Il lui jeta un regard entendu et le jeune Winchester comprit que, quoiqu'ait pu voir son ainé qui ait pu le choquer à ce point, il n'était pas disposer à en parler devant la jeune chinoise. Ce qui paraissait compréhensible vu la force de la réaction d'un chasseur aguerri. Ca ne fit qu'inquiéter Sam davantage.

Dean lui prit le sac des mains et s'appliqua à remettre toutes les protections, en ajoutant de nombreuses nouvelles. Comme pour affirmer ses dire, un lourd grondement suivit du fracas des éclairs et du tonnerre se firent entendre. Pourtant, aucun son de pluie sur le toit. Sam passa le bras autour des épaules de Qiao An et la serra contre lui, sentant le corps chaud se lover contre le sien avec gratitude.

-Que se passe-t-il, finit-elle par dire face à leur silence. Répondez ! Ma famille est là, dehors ! Qu'est-ce que c'est que cet orage ? Il n'est pas naturel n'est-ce pas ?

Il vit que Dean hésiter à lui répondre et soupira intérieurement. Si Dean était devenu trop sensible pour mentir dans leur intérêt à tous, il le ferait, lui.

-Votre famille vit de l'autre coté de la ville, je doute que l'orage ou les démons les atteignent, c'est nous qui les intéressons.

Il resserra son emprise sur elle et lui caressa le dos, apaisant. Il vit du coin de l'œil son ainé détourner la tête, mais eut le temps de voir son visage mi-triste, mi-dégouté. Cela le mit en colère. Dean ne pouvait pas lui reprocher de faire ce dont lui était visiblement incapable, trop lâche et… Il ne termina pas cette pensée. Ca n'était pas de la faute de Dean, c'était l'Enfer qui l'avait rendu faible. Il n'y pouvait rien. Mais il le protégerait.

-Nous avons vu votre mère ce matin, dit-il en jetant un regard appuyé à son frère, exigeant son soutient, elle va bien.

Qiao An releva les yeux vers lui et lui sourit faiblement.

-Oui, approuva Dean avec une certaine réticence, c'est elle qui nous a dit où vous trouver.

Contre toute attente, cela amena une expression vaguement perplexe chez la jeune fille.

-J'ignorais que vous parliez chinois, finit-elle par dire avec un demi-sourire hésitant.

Dean leva un sourcil avec un gloussement qui évoqua à Sam l'écho de la bravade passée de son frère.

-Chinois ? Vous rigolez ! J'arrive même pas à prononcer votre nom correctement. Et puis je suis nul en langue. A part un mot d'allemand et du latin, je parle nada.

La sainte leva les yeux vers Sam, interrogative. Celui-ci secoua la tête. Non, il ne parlait pas chinois. Il avait fait de l'espagnol à la fac, mais à part ça… Comme son frère, mieux que lui en fait, son domaine c'était les langues anciennes. Celle-ci fronça les sourcils avec une certaine angoisse.

-Mais… Mais ma mère ne parle pas l'anglais ! Elle ne parle que chinois ! Elle n'a pas pu vous expliquer où j'étais !

Un silence de mort tomba sur la pièce. Il suffit aux Winchester d'échanger un regard pour savoir qu'ils pensaient la même chose.

-Au moins, murmura l'ainé, ça répond à notre question. Les démons savaient qui était la sainte.

La jeune femme se dégagea des bras de Sam et se laissa tomber sur le lit, le souffle haletant, tremblante. Elle murmurait des mots incompréhensibles en secouant la tête. Du chinois, déduisit Sam en s'asseyant à coté d'elle et en l'entourant à nouveau de ses bras. Elle ne le repoussa pas, mais se mit à pleurer silencieusement.

-Qu'est-ce qu'on fait, Dean ?

Son frère secoua la tête avec impuissance alors qu'un autre grondement suivit de bruit de déchirements annonçant des éclairs violents se faisaient entendre. Il fit signe à son petit frère de le suivre à l'écart. Après avoir brièvement serré les épaules de la jeune fille en signe de réconfort, Sam s'exécuta.

-Alors ?

Dean détourna les yeux avec un soupir.

-C'est une boucherie, Sammy. La rouquine à l'entrée, ils ont…ils l'ont… crois-moi, tu veux pas savoir. Et dehors, c'est pire. La bande est encore là, mais il y a des monceaux de cadavres un peu partout, des familles entières. C'est…à vomir. Je pense pas qu'il reste une personne vivante dans cette maudite ville qui ne soit pas possédée. A part nous. Je sais vraiment pas comment on peut s'en sortir cette fois.

Sam grinça des dents puis fronça les sourcils, une idée lui venant.

-Tu as dit qu'il y avait des monceaux de cadavres partout ? Ils étaient entassés comme ça, au hasard, ou ça avait l'air organisé ?

Ce fut au tour de Dean de froncer les sourcils.

-J'ai pas fait vraiment attention, mais maintenant que tu le dis, non, ça avait pas l'air fait au hasard… Ils forment une espèce d'allée qui mène au motel, un tas tous les deux mètres environ.

Sam serra les dents et se tendit, le regard sombre.

-C'est mauvais.

-Mauvais ?

-Très mauvais. Je pense que c'est une allée d'hécatombe.

-Ouch.

-Comme tu dis.

-Sam, je sais pas ce que c'est.

Secouant la tête avec agacement, son cadet leva les mains comme lorsqu'il se préparait à donner une explication imagée. Explication qu'il attaqua immédiatement d'un ton docte.

-C'est une allée qui sert à mener à un endroit profané. De la même façon qu'on se purifiait avant d'entrer dans un lieu saint, souvent en marchant sur un chemin assez long, les rituels noirs nécessitent de se souiller. De nombreux cultes bienfaisants demandent également de se laver, au moins les mains et le visage. L'allée d'hécatombe, au contraire, par la vue, l'odeur et le mal dégagé par les cadavres sacrifiés puis laissés pourrir à l'air libre sert à annihiler toute pureté en ceux qui se présentent.

Dean se lécha la lèvre inférieure, tenant d'intégrer ce que voulait dire son frère.

-Attends attends. Tu me fais flipper là. Les lieux profanés, c'est comme les églises maudites ? Les endroits où on, enfin où les démons, sorcières et autres malades pratiquent les messes noires ?

Sam acquiesça avec une grimace.

-Tu veux dire que, que ce motel c'est un lieu profané ?

-Si ça l'est pas, ils ont l'intention que ça le devienne.

Dean jeta un coup d'œil suspicieux autour de lui.

-Comment on peut savoir ? On a pas pris les crucifix avec nous, ils sont toujours dans l'Impala.

-Mais on de l'eau bénite. Va en chercher une flasque, ça sera vite vu.

Dean s'exécuta pendant que Sam retournait réconforter la jeune sainte et lui parlait à voix basse, tentant de lui assurer que tout irait bien. Il regarda du coin de l'œil son frère s'accroupir et verser quelques gouttes d'eau bénite au sol en récitant une bénédiction simple en latin. Le sol se mit immédiatement à fumer comme si l'on y avait versé de l'acide. Dean échangea un regard avec son frère. En effet, songea Sam avec dépit, ce lieu est mauvais. Il tendit la main vers la table de nuit et ouvrit le tiroir. La bible était bien là, mais couverte d'un liquide noir et visqueux, purulent, qui s'échappait des pages. Il entendit le cri étouffé de Qiao An et la sentit se réfugier contre lui.

-Ca me brûle, confia-t-elle dans un souffle.

Sam baissa les yeux et vit que la peau de la sainte avait pris une vilaine couleur cendre.

-Cet endroit est vicié, chuchota-t-elle, je le sens. Ca fait mal.

Il resserra ses bras autour d'elle et cala le joli visage dans son cou en jetant un regard à son ainé.

Celui-ci résuma le sentiment général avec sa verve habituelle.

-Et ben on est pas dans la merde…

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Le pick-up s'arrêta à l'extérieur d'Afton, sur le bas coté, près de la falaise. La route serpentait en montant pendant encore environ un kilomètre avant d'entrer dans la ville. Celle-ci était étonnamment discernable au dessous des nuages noirs, pas une goute de pluie ne venant en gâcher la vue. Bobby, les mains sur les hanches, les sourcils froncés, observait les premières maisons. Tout était trop calme. Et ils n'avaient croisé aucune voiture en montant. En fait ils n'avaient croisé personne depuis un sacré moment.

Castiel s'extirpa du véhicule et se laissa glisser à terre. Il avait mal au crâne, et tout son corps se rebellait contre l'afflux des auras démoniaques qu'il sentait venir d'Afton. Le grondement du tonnerre était presque permanent et des éclairs ne cessaient de déchirer le ciel. La nature était pleine de relents immondes. Il pouvait presque les voir. Il pouvait les sentir. Et il n'avait plus le pouvoir de sa Grâce pour se protéger.

-Castiel ? Qu'est-ce qui a ?

L'ange déchu se releva avec difficulté. Et s'accrocha au bras de Bobby.

-Ca va. C'est juste que… Je ne me sens pas très bien.

Bobby approuva, le visage sombre, tout en le soutenant.

-Ouais, je sais. Moi aussi j'ai un putain de mal de crâne. Ca doit être le démon.

Lorsqu'il fût sûr que Castiel pouvait tenir seul sur ses jambes, il retourna au volant. Castiel, cependant, ne remonta pas en voiture. Il fit un signe de main à Bobby, puis s'écarta de la route et grippa un peu dans les fourrés.

-Anna, conjura-t-il à voix basse, je t'en pris, Anna, j'ai besoin de ton aide.

Il espérait que le voile protecteur des démons ne s'étendrait pas jusque là. Mais rien ne se produisit. Il l'appela pendant encore quelques minutes avant de renoncer et de retourner au pick-up, une main sur le front, tentative qu'il savait futile de maintenir la douleur éloignée.

-La sainte mafia te répond pas, questionna brusquement Bobby, on est seuls, hein ?

Castiel acquiesça en montant à ses cotés. Il posa la tête contre la vitre.

-Bon, pas le temps de revenir en arrière. J'ai l'impression qu'on va se jeter dans le piège à notre tour, mais au moins ils ne nous attendent pas. Première chose à faire, localiser les deux terreurs. Les connaissant, ils doivent déjà être dans le pétrin jusqu'au cou.

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Lorsque les chants commencèrent, ils crurent d'abord que c'était le vent. Lorsqu'ils s'intensifièrent, ils ne purent les ignorer plus longtemps. Qiao An ne cessait d'émettre des murmures entre le couinement et le gémissement, terrorisée. Dean comprenait. Après tout, il y avait de quoi vous rendre dingue, entre les grondements de l'orage, les cœurs… Même lui et Sam étaient sur les dents. Surtout que les démons évitaient soigneusement d'être visibles depuis l'unique fenêtre de la chambre. Il fallait qu'ils s'échappent.

-On pourrait essayer un exorcisme de masse ? Proposa-t-il finalement.

-Avec quel moyen de diffusion ? C'est pas comme si on avait des baffles et un ampli à proximité…

Dean grimaça et se mit à faire les cents pas.

-Ca fait mal de l'admettre, mais on a besoin des lumières de Cas…

Et Dean se surprit à souhaiter que Castiel soit encore un ange. Qu'il puisse hurler « Castiel !» à loisir jusqu'à ce que sa très gracieuse angélitude se décide à descendre de son nuage. Mais non, même si Cas avait encore des plumes, il ne pourrait pas venir ici. Quel cauchemar…

Les murs se mirent soudainement à trembler et les chants s'intensifièrent. Dean resserra la main sur son arme. Il s'avança vers la fenêtre et l'ouvrit, penchant précautionneusement la tête par l'ouverture. Rien. Des arbres, le mur de la maison suivante avec ses rideaux lilas et les poubelles contre le mur du motel. A part l'inhabituelle lumière grise, le tonnerre, les éclairs et ces putains de chants, rien de bien anormal.

Puis il remarqua quelque chose. Quelque chose de presque anodin. Insignifiant dans d'autres circonstances.

Un rat.

En soit ça n'avait rien d'étonnant pour une ville de campagne, à l'arrière d'un motel miteux. Quoique pour un rat des villes, nourri aux déchets plus que conséquents de la population, il était étonnement malingre. Il était même famélique. Il lui manquait des touffes de poil un peu partout. Il semblait regarder Dean tout en reniflant. Puis un deuxième rat le rejoignit. Puis un troisième. Puis un quatrième. Rapidement, il y en eut une vingtaine.

Dean ferma violement la fenêtre. Il jeta un coup d'œil à Sam et celui-ci hocha la tête et le rejoignit. Il lui montra le groupe de rat, à présent une cinquantaine, grouillant, se chevauchant les uns les autres.

-Pour un démon de la maladie, ça n'est pas étonnant, marmonna son cadet avec inquiétude. Je te parie que ces bestioles véhiculent tout un tas de saloperies.

Dean serra les dents et se saisit d'un flacon d'eau bénite.

Le mot peste planait silencieusement.

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Castiel ouvrit la gourde et laissa glisser le chapelet à l'intérieur en murmurant une bénédiction puis la posa à coté de ses consœurs devant ses pieds. Ils venaient d'entrer dans Afton et son mal de crâne n'avait cessé d'empirer. Il avait peur. Non. Plus que ça. Son ventre lui faisait mal, ses mains étaient moites et il ne cessait de ravaler sa salive, mouvement qu'il trouvait très désagréable. Il savait ce que ça signifiait. Il était terrifié.

Bobby grommelait dans sa barbe. Ca ne serait pas une chasse comme les autres, il le savait. Il n'était même pas sûr qu'ils puissent s'en tirer vivants. Le vieux chasseur jeta un coup d'œil à l'ange déchu. L'ambiance était lourde. La ville paraissait en pleine torpeur. Il n'y avait pas un passant. Pas un bruit. A part ce foutu tonnerre. Il crispa les mains sur le volant.

-Comment va-t-on les retrouver ? Questionna Castiel à voix basse.

Bobby allait répondre lorsque son regard s'arrêta sur un groupe de gens bigarrés, anormalement figés, enfants et adultes qui leur barraient la route en les regardant fixement.

-Tu sais gamin, je pense pas que ça sera notre principal problème… Du moins pas dans l'immédiat.

Il posa le pied sur l'accélérateur. Castiel saisit l'une des gourdes d'eau bénite et ouvrit sa fenêtre avant de lui faire un signe de tête.

-Accroche-toi !

Pressant la pédale sèchement, il fonça sur le groupe, mais pivota au dernier moment pour prendre une enfilade entre deux maisons. Les pneus crissèrent à quelques mètres des démons. Ceux-ci ne bougèrent pas, ne firent aucun geste vers eux, et déjà Bobby reprenait la petite rue parallèle à celle qu'ils venaient de quitter.

-Ca s'annonce mal, commenta-t-il avec un grognement.

Il avait interdit à Castiel de porter une arme à feu, et il ne s'en voulait pas, le gosse pourrait se blesser ou blesser quelqu'un, mais il regrettait de ne pas avoir pu l'entrainer. Il ne savait pas conduire non plus, ce qui signifiait que Bobby ne pouvait pas lui laisser le volant pour tirer à toute volée. Castiel, présentement accroché à la portière sous la conduite sèche de Bobby, regardait autour de lui frénétiquement, cherchant la moindre trace de Dean et Sam.

Une odeur immonde envahissait peu à peu l'habitacle et se fut l'ange déchu qui le premier s'en rendit compte. Il fronça le nez avec un air vaguement maladif.

-Bobby… Qu'est-ce qui sent comme ça ?

D'abord, le vieux chasseur ne répondit pas, faisant mine de se concentrer sur sa conduite. Puis, sous le regard insistant de l'ange déchu, il grommela.

-De la chair humaine. Du sang. Ce genre de truc.

Castiel pâlit significativement, mais son regard resta clair et il affichait toujours une expression résolue. Le rythme latin d'une prière s'échappant lentement de ses lèvres entrouvertes. Il n'y avait personne, ni dans les jardins, ni sur le trottoir, et Bobby commençait à être sérieusement anxieux. Il imaginait assez bien le sort des habitants de la ville.

-Alors la messe noire a déjà commencé, commenta Castiel à mi-voix. Il nous faut trouver le lieu où elle se déroule. Ca doit être un lieu profané.

-Qui peut être n'importe où, grogna Bobby, un démon peut profaner un lieu avec son seul sang d'après ce que j'ai lu.

Mais Castiel secouait la tête.

-Non, c'est faux. Une messe noire ne peut avoir lieu que si toute trace de pureté a déserté l'autel. Cela nécessite une série de rituels et de violations très difficiles à mettre en œuvre. Au cours de mon existence, je n'ai observé qu'environ un demi-millier de réelles messes noires.

Le vieux chasseur leva un sourcil.

-Sur combien d'année ?

-Beaucoup, fut sa seule réponse.

Castiel doutait que l'humain puisse comprendre, ou même envisager, l'étendu de son existence angélique. Contrairement aux humains, il n'était pas né, n'avait pas grandi. Il était apparu, né de la lumière, façonné dans la Grâce même, celle de Dieu, par Ses mains. Il eut une expression douloureuse en réalisant que lui non plus n'arrivait plus à le concevoir. Il savait, mais n'arrivait plus à comprendre. Appréhender ce qu'être un ange signifiait n'était pas à l'échelle humaine, songea-t-il avec regret. Et il était humain à présent.

Il fut brutalement ramené à la réalité lorsque le pick-up stoppa net, projetant ses occupants en avant. Castiel cria de douleur lorsque sa ceinture mordit dans ses chairs et il entendit le juron de Bobby. Il se laissa retomber contre le siège et regarda le chasseur faire jouer en vain la clef pour remettre le contacte.

-Putain de bordel de saloperie, tu vas démarrer oui !

Mais rien n'y fit. Castiel se mordit l'intérieur de la lèvre, soucieux du calme ambiant. Il fixait les alentours anxieusement. Ils étaient arrêtés eu milieu d'une petite rue. Quelques voitures étaient garées sur la droite. Le bruit du tonnerre déchirait parfois le silence, le faisant sursauter. Et vaguement, à la frontière de ses perceptions, il pouvait presque entendre un murmure, comme des chants…

Et soudainement, il les vit. Une demi-douzaine d'homme et de femme, les yeux entièrement noirs, arrivant de toutes les directions, des sourires cruels ou moqueurs au coin des lèvres.

-Oh merde, gronda Bobby en sortant précipitamment de la voiture, un barillet d'eau bénite dans une main, un fusil dans l'autre. Castiel prit deux des gourdes à ses pieds et l'imita. Humain et ange déchu faisaient dos à la voiture, tentant de garder un œil sur autant de leurs assaillants que possible.

-Tss tss tss, siffla l'une des femmes, une brunette en robe de chambre, vous n'imaginez pas avoir la moindre chance avec ces babioles ?

Parfait, songea Bobby avec une grimace, ceux qui sont les plus bavards sont toujours les plus idiots. Cela ne remontant bien sûr leurs chances que très marginalement, mais on faisait avec ce qu'on pouvait.

-Pourquoi tu viens pas plus près pétasse, qu'on en discute ?

La femme eut un rictus méprisant et s'avança avec deux de ses camarades, mais précautionneusement.

-Il faut être dingue ou désespéré pour venir ici alors qu'on est aussi nombreux. Les chasseurs sont vraiment des andouilles. Je vais me faire un nouveau calice avec ton crâne, vieillard, gronda-t-elle avant de faire un brusque signe de tête.

L'ensemble de la bande se précipita sur eux dans un même mouvement. Bobby jeta un long trait d'eau bénite sur la brune et sa consœur la plus proche, avant de tirer sur le troisième démon à porté, le faisant s'arrêter pour un bref moment. Il était sur le point de lui jeter de l'eau bénite à son tour et de hurler à Castiel de courir, lorsqu'il entendit une voix grondante, montant en puissance, terminant une phrase en araméen. Un hurlement suivit immédiatement. Il tourna brièvement la tête et vit du coin de l'œil l'un des démons s'effondrer en crachant la fumée noire qui le composait. Il revint immédiatement sur ses adversaires. Les deux femmes fixaient médusées quelque chose derrière lui, Castiel probablement et l'homme commençait lui aussi à être agité de soubresauts. La voix avait repris, en latin cette fois, implacable bien qu'un peu essoufflée.

Castiel sentait chaque muscle de son corps humain se tendre sous l'effort, protestant dans la douleur contre l'énergie sacré qui l'envahissait. Ces exorcismes n'étaient pas pour le commun des mortels, ils n'étaient inscrits nulle part, tenu secrets par les soldats de Dieu. Pourtant ils coulaient sur sa langue avec facilité, soutenu par l'instinct du guerrier saint qu'il avait été. Castiel savait que son Père était avec lui, chaque mot soutenu par Sa Grâce. Il s'appuya contre la voiture alors que le monde tournait autour de lui, ses yeux noyés par la sueur ne percevant plus que des flashs de couleurs, le tonnerre envahissant ses oreilles, couvrant à peine les cris de rage et de souffrance des démons. Le sang bâtait dans ses tempes, sa tête bouillonnait, chaque bouffée d'air lui brûlait la gorge et les poumons. Son cœur battait follement, trop vite. Il se sentait noyé dans les flammes, perdant peu à peu pied… Puis il murmura le dernier mot, scellant finalement l'exorcisme, laissant autour de lui un silence d'outre-tombe. Sa vision s'étrécie et tout devint noir.

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Le motel semblait vibrer. C'était ridicule, dit comme ça, mais c'est ce que Dean ressentait. Il avait l'impression que les murs pulsaient. Ou peut-être était-ce sa vue qui souffrait. Il se passa pour la énième fois la main sur les yeux. La fatigue commençait à le rattraper malgré l'adrénaline. Il ne savait toujours pas comment les sortir de là et commençait sérieusement à envisager de juste foncer dans le tas en espérant que Sam et la sainte se frayent un passage. Mais il jeta un coup d'œil à Qiao An et abandonna l'idée. La jeune fille était épuisée, appuyée sur l'épaule de Sam, le visage ravagé par les larmes. Il ne la pensait pas capable de faire quoique ce soit d'aussi périlleux. Il échangea un regard lourd avec Sam avant de retourner vérifier les symboles et les lignes de sel.

Il souhaitait presque que les démons se décident. Tout plutôt que cette attente. Castiel devait être mort d'inquiétude à l'heure qu'il était, songes-t-il en renforçant la ligne de sel sous la fenêtre. Mais si quelqu'un pouvait gérer un ange frénétique c'était bien Bobby. Au moins était-il en sécurité.

Toutes les lumières s'éteignirent.

-Bordel !

Il entendit un grattement, puis un autre, un petit cri de panique de la sainte et la voix de Sam, perturbée.

-Mon briquet marche pas.

Il tenta à son tour vainement d'allumer la lampe torche. Le bouton s'enclenchait mais ne faisait jaillir aucune lumière. Il sentit un mouvement à sa droite et tendit la main d'instinct pour saisir celle de son frère. Les Winchesters, après un petit ajustement, se mirent dos-à-dos, la jeune sainte entre eux. Celle-ci tentait vaillamment d'étouffer ses gémissements de crainte.

La lumière revint aussi subitement qu'elle avait disparu. Seulement, elle ne provenait plus des mêmes sources. Des bougies s'allumèrent instantanément aux quatre coins de la pièce. Qu'est-ce que… Les glyphes de protections étaient éventrés. A leur place trônait des symboles sanguinolents que le chasseur n'avait jamais vus.

L'odeur était atroce et ça n'était pas seulement le sang. Dean jeta un regard suspicieux aux bougies. De la graisse humaine, génial ! Il cligna des yeux, cherchant la moindre trace de démon. Ca n'était pas normal. Les démons aussi puissants qu'ils soient, n'auraient pu pénétrer la chambre. Lilith peut-être et encore…Comment ont-ils pu passer les glyphes… ? Un bruit familier attira son attention, le rassurant d'abord, l'effrayant ensuite. Ce léger changement dans l'air, se bruissement d'aile qu'il associait habituellement à Castiel…

-Hello, Dean.

Il sentit Sam se tourner à son tour vers l'origine de la voix. C'était un jeune homme, Dean lui aurait donné un peu moins de trente ans, des cheveux ailes de corbeau en bataille et des yeux d'un noir profond, brillant d'un éclat surnaturel. Il portait un vieux jean noir et une chemise blanche.

Son instinct hurlait « ange ». Mais c'était impossible. Il entendit le cri étouffé de Qiao An et lui fit un meilleur barrage de son corps.

- Qui t'es toi encore ? Grogna le chasseur.

L'homme eut un sourire an coin, ses yeux semblant le transpercer. Il ne répondit pas, se contenta de le fixer de ce regard pénétrant, si semblable à celui de Castiel lorsqu'il... Dean entrevit un mouvement à sa droite, et Sam jaillit, plantant le couteau de Ruby dans la poitrine de l'homme.

Et ce fut comme le « moment Castiel » une nouvelle fois.

Autrement dit, la lame s'enfonça comme dans du beurre jusqu'à la garde… et rien ne se produisit, si ce n'est un étirement plus prononcé des lèvres de l'homme.

-Il faudra faire mieux que ça, Samuel.

Dean cria son avertissement beaucoup trop tard.

-Sam !

L'homme fit un léger mouvement de tête et Sam se retrouva collé contre un des murs, entre une lampe hideuse et une armoire crasseuse. Cela finit de convaincre Dean qu'il avait raison. Mais pourquoi un ange s'en prenait-il à eux ? Ok, c'était des cons, mais pour autant qu'il le sache, ils étaient tous volontaires pour arrêter l'Apocalypse. Pourtant les glyphes de sang sur les murs et les bougies au sol chantaient une tout autre chanson.

Il tourna son regard de nouveau sur l'inconnu, tout en gardant un œil sur son frère, alors que peur et colère saisissaient ses tripes. L'homme inclina la tête et retira le couteau, le faisant tourner entre ses doigts lentement avant de poser à nouveau les yeux sur Dean.

-Ton frère est d'une grande impolitesse, Dean. Mon nom est Rochel.

Son ton était impersonnel, ne comportait aucune trace de moquerie ou de mépris. Dean se détendit un tout petit peu. Les anges étaient dangereux, mais au moins savait-il à quoi s'attendre. S'il était venu pour Sam ou Cas par contre, Dean les défendrait bec et ongles.

-Je croyais que vous autre pouviez pas voleter ici ?

L'ange écarta les mains, paume en avant, en un geste d'indifférence. Puis il sourit, un sourire anormal, hors du monde.

-Je ne suis plus tout à fait comme les autres anges, Dean.

Il se déplaça lentement vers l'un des lits, celui où ils étaient assis un moment plus tôt. Se penchant en avant, il saisit un mouchoir abandonné-là, qui avait servi à essuyer les larmes de la jeune chinoise.

-Qu'est-ce tu veux dire par là ?

Il regarda Rochel ranger le mouchoir dans une des poches de son jeans.

-Les larmes d'une sainte sont puissantes, murmura l'ange, c'est un bien précieux.

Puis il se tourna à nouveau vers Dean et plissa les yeux.

-Tu n'es pas au courant ? Certain d'entre nous ont choisi une nouvelle voie, différente de celle tracée par nos supérieurs. J'en fais parti.

De prime abord, ça ne paraissait pas une mauvaise chose, connaissant les ordres habituels des dits-supérieurs. Mais Dean pourtant était sûr qu'il n'allait pas aimer la suite.

-Le secret a été mieux gardé que ce que je ne pensais, si même la mort de d'Uriel ne les a pas alerté.

Dean se tendit et vit du coin de l'œil Sam se débattre contre le pouvoir qui le maintenait prisonnier. Il sentait les mains de Qiao An agripper sa veste et le souffle de la jeune femme dans son cou. Elle murmurait quelque chose avec urgence, mais il n'arrivait pas à comprendre quoi.

-Casse-couille number one est mort ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?

Dean ne pouvait pas dire que la mort d'Uriel l'attristait plus que ça, mais cette histoire n'était pas claire du tout. Il continuait à pointer son arme sur Rochel, même s'il savait que c'était futile.

-Celle que tu appelles Anna l'a tué.

Le chasseur fronça les sourcils. Si Anna avait tué Uriel, l'avait-elle fait pour se défendre ? Uriel n'avait jamais caché qu'il ambitionnait de la tuer pour sa trahison…

-Elle n'a pas été réceptive à nos arguments je suppose. Je dois dire qu'en lui rendant sa grâce tu ne nous as pas rendu service. Tout comme en retirant celle de notre frère Castiel.

Il secoua lentement la tête.

-Décidément tu nous créés plus de problèmes que ce que tu vaux.

Dean ignora la pique, préférant se concentrer sur l'urgence, à savoir dégager Sam et se barrer d'ici. Mais il ne se sentait vraiment pas de laisser Qiao An avec Rochel. Ce type avait trahi le Paradis, ça paraissait assez évident. Qu'avait dit Anna ? « J'ai désobéi, ce qui est la pire chose que nous puissions faire. » Castiel avait été déchu pour ça également. Visiblement, Uriel avait lui aussi tourné le dos à son Créateur, et il s'était permis de juger les deux anges de Dean. Connard. Mort maintenant, ça lui fera les pieds ! Bien vu Anna !

-C'est quoi vos arguments, grinça-t-il.

Les yeux de Rochel s'ouvrirent plus largement, brillant d'un nouvel éclat, plus inquiétant.

-Ca ne te concerne en rien, Dean, tu n'es qu'un humain et nous n'avons pas besoin de toi. Mais je suis prêt à me montrer charitable. Si vous laissez la sainte ici, je vous laisse partir en vie toi et ton frère. Je vous garantis qu'aucun démon ne vous attaquera.

-Même pas en rêve. Même si je te croyais à propos des démons, ce qui n'est pas le cas, je la laisserais pas seule ici. Qu'est-ce que tu lui veux ?

Rochel pencha légèrement la tête sur le coté, mais pas comme Cas, nota Dean. Castiel arborait toujours un certain intérêt, une certaine curiosité lorsqu'il faisait ce mouvement. Rochel ressemblait plus à un oiseau de proie se préparant à prendre son envol pour fondre sur sa proie.

-Tu n'as pas encore compris ? Tu sembles un peu lent à a détente. Il y a un sceau à briser ici. C'est pourquoi je suis là.

Il fit un ample geste de la main, englobant la main.

-Tout ceci est nécessaire à la rupture du sceau de la peste. C'est l'un des sceaux les plus difficiles à briser, mais c'est aussi l'un des plus puissants.

-Tu veux…

-Libérer mon frère, oui. Je n'ai pas eu besoin de la conversion d'Uriel pour ça. Je l'aurais suivi lors de sa déchéance si j'avais pu…

Attends, ce con d'Uriel voulait ressusciter Lucifer ? Mais quel boxon ! J'y comprends plus rien à leur délire ! Il sortit de ses pensées en voyant l'expression presque triste qui passa sur le visage du réceptacle de Rochel.

-Il me manque. Je suppose que tu peux comprendre l'amour qu'on peut avoir pour son frère ainé… Et encore… Tu ne peux pas appréhender ce qu'il était. Combien il était magnifique. Sa lumière irradiait les Cieux. Sa voix nous guidait…

Son visage reprit son impassibilité.

-Mais peu importe. Ca ne vous concerne en rien. Encore une fois, Dean, je te pris de prendre ton demi-démon de frère et de quitter ce lieu.

Dean lui adressa un sourire arrogant. Il ne savait pas pourquoi l'ange tenait tant que ça à les épargner, et il essaierait de le savoir au plus tôt, mais pour le moment, il y avait plus urgent. Parce que leur situation était très loin de s'être améliorée.

-Pas la peine de te fatiguer. Je la laisse pas ici.

Rochel soupira.

-Comme tu veux.

Plus vite que la vue il était devant Dean et ses doigts se posèrent sur son front. Il perdit connaissance.

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*La suite tout à l'heure*