Titre : Cœur d'Enfant
Rating : T
Note : Par les pépins de la pomme de Newton, vous allez me détester en lisant la fin de ce chapitre. Ne me lancez pas de cailloux pitié ! Je promets que le prochain chapitre arrivera très vite pour éviter que vous soyez trop frustrés.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à James Dashner et la franchise du Labyrinthe.
Chapitre 11 : Inquiétude
14:10
L'avion de Newt allait décoller dans quelques minutes, un dernier instant que ses amis devaient certainement partager avec lui afin de profiter de quelques minutes supplémentaires en sa compagnie. Seulement, Thomas n'en faisait pas parti. Il ne souhaitait pas le voir, ni lui parler et encore moins faire face à cette seule vérité, celle de son départ et de ce sentiment de solitude qui allait l'envahir par la suite. C'était cruel de penser cela alors que Minho et lui avaient eu la même nounou à la crèche, que l'asiatique avait toujours été là pour lui, dans n'importe quelle situation, quelque soit la raison et encore aujourd'hui, il le supportait dans toutes ses bêtises. Alors, pourquoi avait-il l'impression que son monde s'effondrait autour de lui ? Pourquoi son cœur était-il compressé entre les mains d'un scientifique fou, testant différentes expériences sur lui pour déclencher et analyser ses réactions ? Il n'avait pas dormi de la nuit mais n'avait pas allumé sa console de jeux comme il le faisait en général lorsqu'une nuit blanche pointait le bout de son nez. Il n'avait envie de rien. Même lorsque le blond était venu frapper à sa porte pour s'assurer qu'il était bien rentré, étant donné qu'il n'avait pas répondu à ses nombreux messages, il ne s'était même pas précipiter pour lui ouvrir la porte et Arianna fut obligée de lui refuser l'accès à la maison, respectant les volontés de son enfant.
14:23
Plus que sept minutes. Même en grillant tous les feux rouge et en dépassant les limites de vitesse, il n'aurait aucune chance de le voir une dernière fois. Les remords commençaient peu à peu à le dévorer, grignotant lentement avec une certaine cruauté, tous les sentiments positifs qu'il avait eu en la présence de cet étudiant si brillant et si apprécié de tous. Il avait été injuste avec lui. Il s'en voulait. Newt allait partir avec une mauvaise image de lui. Toutefois, une partie de Thomas continuait de lui assurer qu'il n'était pas totalement en tort et que son aîné avait aussi des choses à se reprocher, comme le prévenir au dernier moment d'une chose aussi importante. Il enfouit profondément son visage dans son oreiller pour étouffer ses hurlements désespérés. Qu'avait-il fait pour mériter pareille douleur ?
14:34
Ça y est. Il ne le reverrait plus. Pas avant quelques années en tout cas. À moins qu'il ne veuille plus le voir ? Était-ce pour cela qu'il était parti ? Parce qu'il ne voulait plus être près de lui ? Le brun était-il une si mauvaise personne ? Si détestable ? La suspicion l'envahit en plus de sa détresse et de sa colère, et il perdit tout sens des réalités, des larmes coulant le long de son visage sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Il se mit à pleurer sans se retenir, lâchant des plaintes que même sa mère entendit dans le salon, alors que la télévision était allumée avec le volume légèrement trop fort. Cette dernière grimpa les marches en vitesse pour voir ce qui mettait son fils dans un tel état.
-Tom mon chéri, que se passe-t-il ? Dit-elle en ouvrant la porte. Thomas ! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Elle s'avança vers le lit en désordre du concerné et s'assit à ses côtés, touchant du bout de ses doigts la partie découverte de son corps pour lui faire part de son entrée. Et à sa grande surprise, l'être en proie à la tristesse se jeta dans ses bras, quémandant réconfort et soutien à une personne qui n'avait jamais été là pour lui par le passé. Il en avait besoin, ici et maintenant. Arianna posa une main sur son crâne et une autre sur son dos, le caressant avec tendresse tout en lui soufflant des phrases rassurantes.
-I-il m'a abandonné … I-il ne m'a j-jamais voulu … C-comme tous l-les autres … bafouilla-t-il contre la poitrine chaude de sa génitrice.
-Pourquoi dis-tu cela ? Newt t'a toujours aimé. Tu étais son ami, tu as toujours été là pour lui et il en a fait de même avec toi.
-Alors … p-pourquoi ?
-Je pense qu'il a des choses à régler. Des problèmes qui ne te concernent pas et dans lesquels il n'a pas envie que tu sois entraîné. Ne lui en veux pas, je suis sûre qu'il a ses raisons.
Thomas n'accepta que partiellement les réponses que sa mère venait de lui donner et se laissa bercer par ces paroles qui se voulaient apaisantes, tel un enfant qui aurait fait un terrible cauchemar. Soudain, il se souvint du sien, de ce cauchemar qu'il avait eu après avoir chuté de l'arbre, celui dans lequel le blond l'abandonnait parce qu'il ne l'aimait pas, parce qu'il ne l'avait jamais aimé, parce qu'il ne méritait pas d'être aimé, parce qu'il ne comprenait pas ce qu'était un véritable sentiment d'amour. Ses larmes redoublèrent en pensant que cette vision qu'il avait eu durant la nuit, avait plus été un rêve prémonitoire qu'un simple cauchemar. Il se mordit violemment la lèvre inférieure pour retenir ses sanglots, se concentrant sur la voix de sa mère et sur les caresses qu'elle lui procurait pour échapper à cette terreur qui lui rongeait désormais les tripes. Ses troubles disparurent finalement les uns après les autres lorsque Morphée le réclama dans le monde du sommeil, afin de lui faire rattraper les heures qu'il avait perdues et il put oublier un instant la douleur qui grignotait petit à petit, son corps en manque de sa tendresse et de sa présence.
Quatre mois s'écoulèrent depuis son départ. Cent vingt longues journées se déroulèrent sans une nouvelle de lui. Le lycée avait déjà débuté, les cours s'étaient multipliés, les professeurs s'étaient affirmés, le groupe s'était agrandi, certains secrets furent révélés, d'autres restèrent cachés sous plusieurs grammes de remords et d'appréhension, et tout ne ressemblait plus qu'à un vulgaire mensonge à ses yeux, une façon de lui dire qu'il lui faut continuer à avancer malgré tout, que la pierre désormais accrochée à sa cheville ne devait pas le ralentir. Chaque matin, il se réveillait en pensant qu'il recevrait un SMS, un coup de fil ou une lettre de sa part, afin qu'il puisse se rassurer et se dire que ce n'était pas de sa faute si le blond avait laissé derrière toutes les personnes qui comptaient le plus pour lui. Toutefois, ce n'était qu'un rêve illusoire et ses espoirs étaient peu à peu écrasés par la dure réalité. On s'inquiétait pour lui. Brenda essayait de lui remonter le moral en lui montrant différentes preuves d'affection, allant du simple câlin au bref bécot sur la joue. Minho tentait de le raisonner, de lui expliquer que tout cela n'était pas de son fait, que Newt avait juste besoin de continuer ses études ailleurs, qu'il reviendrait une jour. Ses parents se faisaient un peu plus présent à la maison, entamant parfois des conversations avec lui bien qu'il ne répondait que très rarement, et cherchaient eux-mêmes à comprendre pourquoi cette séparation blessait tant leur fils. Thomas ne voulait pas de leur pitié. Il souhaitait être seul. Il désirait se morfondre seul, jusqu'à ce qu'un signe lui parvienne. Sans un forfait monde, il ne pourrait pas contacter son ancien babysitter. De plus, il avait changé de numéro de téléphone et celui-ci leur était totalement inconnu. Alors à quoi bon.
-Tom, tu viens avec nous au laser game ? Ou tu continues de jouer au malheureux ? S'égosilla Ben en lui tapant dans le dos.
-Je ne sais pas trop …
-Oh allez ! Cesse de te morfondre ! Tu vas pas t'arrêter de vivre parce que ton ancien gardien s'est barré, râla Winston en levant les bras au ciel.
Un grimace apparut sur le visage de Minho alors que le concerné par la conversation se mordillait toujours autant la lèvre, réprimant toutes sortes d'injures à leur encontre. Ces personnes ne pouvaient pas comprendre la douleur qu'il ressentait car tous avaient eu la chance d'avoir des parents aimant, ou une famille suffisamment omniprésente pour répondre à n'importe quel caprice. Toutefois, il lui était impossible de les blâmer. Leur acharnement était louable. Ils cherchaient seulement à lui remonter le moral, à le faire sortir de son cocon de désespoir et à lui faire oublier un instant à quel point il se sentait misérable.
Thomas était tout de même heureux de les avoir à ses côtés, même si parfois ils pouvaient être très prise de tête. Brenda, qui se tenait à juste à sa droite, frottant leurs épaules dans une approche très peu catholique, lui rappela rapidement pourquoi il ne passait pas autant de temps avec eux.
Finalement, le brun accepta de les accompagner pour passer du bon temps. Après tout, une pause dans ses réflexions tortueuses ne lui ferait pas de mal. Ses pensées concernant Newt s'évaporèrent donc pendant quelques heures, le temps de faire trois parties au laser game, assistant à une volée d'injures de la part du maître des jeux à envers son camarade à la peau légèrement colorée, et déjouant à deux reprises la stratégie bouclier de l'asiatique qui croyait être capable de bloquer n'importe quel rayon grâce à son doigt. L'après-midi fut réellement agréable et ce n'était pas un euphémisme. Le jeune homme se sentait un peu plus calme et en paix avec lui-même. Il se souvint que, malgré le départ de son ami, sa vie était toujours illuminée par d'autres sourires et qu'il pouvait encore compter sur certains de ses proches. Enfin, il essaya de s'en convaincre.
Lorsque toutes leurs poches furent vidées, leurs corps épuisés et leur combativité éteinte, ils décidèrent de répondre à un des plus gros péchés de l'Homme : leur gourmandise. Ils s'installèrent dans une petit café pour reprendre des forces et soulager leurs membres raidis, et commandèrent des crêpes et autres gâteaux sucrés pour satisfaire leur appétit insatiable.
-T'es qu'un pauvre tricheur Min, c'est pour ça que tu as gagné ! Se plaignit Brenda en croisant les bras contre sa poitrine.
-Ce n'est pas vrai, je suis juste très bon à ce jeu, répondit le concerné en mettant ses mains devant lui en signe de défense.
Ben se mit à rigoler à sa droite, se pliant presque sur la table tant l'hilarité le prenait, et Thomas ne put s'empêcher de sourire à son tour face à cet échange plus qu'amusant.
-Ben quoi ?
-Tu as mis ton doigt sur le viseur durant les trois parties, alors ne fais pas l'innocent ! On n'avait plus beaucoup d'options pour marquer des points, ajouta Winston en buvant un peu de son jus de pamplemousse.
L'accusé se mit à faire la moue tandis que tout le monde commençait à le charrier sur son esprit de mauvais perdant. C'était bon enfant, il n'y avait pas de sous-entendu méchant. Il était de notoriété publique que l'asiatique était le meilleur sportif de l'école et également, qu'il n'aimait pas du tout perdre face à un gringalet ou à un nouveau venu. Alors, dès qu'une petite défaite pointait le bout de son nez, ses camarades le lui faisaient toujours remarquer d'une manière moqueuse. Son meilleur ami lui donna une petite tape sur l'épaule en affichant un sourire compatissant, avant de se reconcentrer sur sa part de gaufre à peine grignoter. Ils quittèrent les lieux en fin d'après-midi, suite à une bonne crise de rire et une petite engueulade avec le gérant du café car les adolescents chahutaient un peu trop fort.
Sur le chemin du retour, le groupe se sépara au fur et à mesure, chacun partant de son côté pour rejoindre son foyer, et au final, il ne resta plus que Minho et Thomas. Les deux garçons n'échangèrent que très peu durant le trajet. Il n'y avait pas grand chose à dire. L'excitation du jeu s'était évaporée en même temps que les heures passées avec ses compagnons, et les sentiments négatifs refaisaient leur apparition, doucement mais sûrement. Le jeune coureur sembla le remarquer et se gratta l'arrière de la nuque, avant de lâcher un long soupir qui attira l'attention de son voisin.
-Tu devrais aller voir Gally. C'était la personne la plus proche de Newt non ? Il doit bien avoir des informations à te transmettre, ou même un numéro de téléphone à te communiquer, l'informa-t-il en passant ses mains derrière sa tête.
-Cela fait un moment que je ne suis pas allé le voir et je n'ai jamais su comment l'aborder si … si Newt n'était pas là.
-Ce n'est pas comme s'il allait te virer de chez lui avec pour seule réponse, un coup de pied dans l'entre-jambe, non ? Ce n'est pas spécialement dans ses habitudes.
-Tu dois mal le connaître alors, plaisanta le brun.
-O.K ses sourcils font carrément flipper, mais il est plutôt amical en règle général, donc je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas te filer un coup de main.
Dans un sens, Minho avait raison et Thomas se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt. Gally était l'ancien colocataire de Newt et également, son protecteur depuis qu'il avait déménagé de Londres pour venir dans cette petite bourgade, alors il devait forcément savoir quelque chose. Une vivacité nouvelle s'empara de son corps et il remercia son meilleur ami pour son conseil, avant de filer à toute allure vers la ruelle où se trouvait l'ancienne résidence de son gardien. Le cœur battant la chamade, il s'arrêta après quelques minutes devant la porte de cette petite maison qu'il considérait presque comme son deuxième foyer, et frappa vigoureusement contre la surface en bois.
Rien ne vint.
Il réitéra son action deux ou trois fois, avant qu'un grognement ne se fasse entendre de l'autre côté, signalant que le propriétaire des lieux était bien présent. Le grand blond ouvrit à son invité et haussa un sourcil en le voyant, une expression déterminée peinte sur le visage.
-Tiens tiens, regardez qui vient me voir après presque quatre mois d'absence. Qu'est-ce que tu veux le bleu ?
Le ton de reproche qu'il venait d'employer pour le saluer, n'était pas réellement celui auquel Thomas s'attendait et il fit un pas en arrière par réflexe. Qu'est-ce qu'il espérait ? Que l'adulte l'accepterait sans rien dire, alors qu'il l'avait ignoré pendant plusieurs mois sans lui donner de nouvelles de son côté ? Le brun ne valait pas mieux que la personne qu'il poursuivait. Tout deux blessaient leur entourage sans le vouloir.
-Pardon.
-T'as que ça à me dire ? Pardon ? Vous êtes irrécupérables autant l'un que l'autre. Qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour avoir des amis pareils ? Entre, dépêche-toi.
L'adolescent s'exécuta sans poser de questions et s'installa sur le sofa, observant le salon avec une certaine curiosité. Beaucoup d'objets avaient disparu, la plupart appartenant à Newt ou le concernant tout simplement. Même les photos s'étaient faites plus rares. L'unique locataire restant vint se mettre en face de lui avec deux verres et une bouteille d'eau. Thomas le remercia et en but une gorgée pour se soulager de sa course effrénée.
-Je suppose que tu es venu pour avoir des nouvelles de notre futur avocat ? Déclara Gally en frottant son front à l'aide sa paume.
-Oui. Il ne m'a pas recontacté depuis son départ.
-En réalité, il n'a pas parlé à grand monde. Tu n'es pas le seul. Il m'a seulement donné son numéro de téléphone et m'a appelé deux ou trois fois, mais c'est tout. Cela fait un mois que je n'ai plus aucune nouvelle.
Alors il n'était pas le seul dans cette situation. Pourquoi Newt s'éloignait-il autant ? Si même Gally avait perdu contact avec lui, alors peut-être que ce n'était pas de sa faute s'il avait décidé subitement de s'en aller ? Une petite lueur d'espoir s'éveilla dans le cœur de Thomas, bien qu'il ne voulait pas faire de conclusions hâtives. Il souhaitait toujours avoir une conversation avec le londonien et il l'aurait, quitte à se mettre à genoux devant son hôte pour qu'il lui donne les informations nécessaires pour le contacter. À sa plus grande surprise, il n'eut même pas le temps de prononcer le moindre mot que déjà, l'adulte à la carrure imposante pianotait les chiffres sur son portable et lui tendit celui-ci. Le brun le prit avec une main hésitante, collant le combiné à son oreille. Ils attendirent tout deux que le destinataire décroche et plus les sonneries se multipliaient, plus l'adolescent perdait espoir. Peut-être que les deux adultes s'étaient disputés lors de leur dernière conversation ? Peut-être que Newt ne voulait tout simplement plus répondre à Gally ? S'il ne répondait pas sur ce téléphone, peut-être pourrait-il essayer avec le sien ? Soudain, une voix à l'accent britannique très prononcé se fit entendre à l'autre bout du fil. Thomas put sentir un mélange d'exaspération et de fatigue dans celle-ci.
«-Je n'ai pas le temps de discuter Gal, alors dépêche-toi.» fit-il sèchement.
Le lycéen ne savait pas quoi dire, il avait complètement perdu ses moyens et entendre à nouveau la voix de son ancien babysitter, fit sauter son cœur de joie. Un sourire triste apparut sur son visage, une grande colère se mêlant à son bonheur. La seule chose qu'il fut capable de murmurer fut un bref :
-Salut Newt … c'est Thomas.
