Quand Hermione transplana dans le salon du Manoir le lendemain, elle trouva une nouvelle fois la pièce vide. Dans la mesure où Malefoy lui avait demandé de venir la veille, elle ne s'en alarma pas outre mesure, se disant qu'elle était peut-être simplement arrivée un peu trop tôt. Ne voulant pas faire intrusion dans la vie privée du Serpentard de si bon matin, elle préféra faire appel à Ginsky. Dès qu'elle eut prononcé son nom, l'elfe déboula dans la pièce en l'accueillant respectueusement.
- Peux-tu prévenir Malefoy que je suis arrivée, s'il te plait ? demanda-t-elle. J'attendrai qu'il soit prêt à partir.
Il acquiesça et s'empressa de quitter la pièce pour transmettre le message à son maître. Pour Hermione, il ne restait donc plus qu'à patienter jusqu'à ce que le propriétaire des lieux la rejoigne. Afin de tromper l'ennui, elle détailla une fois de plus ce salon qu'elle commençait à bien connaître. Elle s'approcha d'un large buffet qui occupait tout le pan du mur qui se trouvait à gauche de la pièce en entrant. Sur sa surface brillante de marbre étaient exposés des dizaines d'objets de décoration. Au centre trônait majestueusement ce que la sorcière identifia comme étant un Œuf de Fabergé ensorcelé. Régulièrement, l'œuf s'ouvrait et un magnifique carrosse miniature en or descendait une route de tissu argenté brodé de fils d'or qui s'ouvrait sous ses roues, puis une fois arrivé en bas, remontait de la même manière. C'était une magie extrêmement belle à contempler. De part et d'autres, des statuettes de différentes tailles et de différentes origines se mouvaient délicatement sur leur socle. Hermione osait à peine y toucher en songeant à la valeur que pouvaient représenter de tels trésors. Son œil fut tout à coup attiré par un petit objet qui était installé sur un présentoir d'allure très simple comparé au faste des autres pièces décoratives. Il s'agissait d'un camée finement exécuté qui, Hermione en était presque persuadée, représentait Narcissa Malefoy.
Quelque peu intimidée par toutes ces merveilles, Hermione préféra s'éloigner du buffet. Machinalement, elle embrassa toute la pièce du regard en se retournant. A ce moment-là, elle fut frappée par quelque chose. Il y avait eu un changement dans la pièce. Quelque chose manquait, mais elle n'aurait su dire de quoi il s'agissait. Pourtant, tout avait l'air à sa juste place. Fronçant les sourcils, la sorcière se dirigea vers la cheminée dont les flammes ronflaient paresseusement dans l'âtre et s'assit dans un des fauteuils lui faisant face. Elle resta un long moment à contempler la danse des flammes qui se reflétait dans ses prunelles tout en se perdant dans ses réflexions.
Elle sursauta presque lorsqu'elle entendit une légère toux sur sa gauche. Elle ne s'était pas rendu compte de la présence de Malefoy. Aussi élégant qu'à l'accoutumée, il portait une robe noire d'aspect simple, mais décorée par de magnifiques broderies de velours vert. La canne au pommeau argenté qu'il tenait dans sa main lui conférait une allure imposante, presque intimidante. Etant plus jeune, cet apparat lui aurait donné un air de suffisance que la sorcière lui avait trop souvent vu. Mais aujourd'hui, cela ne démontrait qu'une calme assurance. En levant les yeux sur son visage, elle décela une lueur étrange dans son regard. Une sorte de satisfaction mêlée à de l'irritation.
- On peut y aller, déclara-t-il de son éternelle voix sans chaleur.
Hermione hocha la tête et se leva pour le rejoindre. Ils transplanèrent aux abords d'une grande bâtisse d'architecture classique. Sur son fronton imposant, on pouvait lire : « Museum of Witchcraft and Wizardry ». Un sourire inconscient naquit sur les lèvres de la sorcière. Elle avait toujours eu envie de visiter le Musée de la Sorcellerie et de la Magie, mais n'avait jamais trouvé le temps de s'y rendre. Elle suivit donc Malefoy avec délectation sur les marches qui la séparaient de l'entrée. Elle eut l'impression de pénétrer dans un temple sacré. Elle n'eut jamais autant de plaisir à rester sur les talons du Serpentard qu'à ce moment-là. Il s'arrêtait longuement devant les vitrines qui présentaient les pièces les plus belles, les plus chargées d'histoire ou les plus spectaculaires, ce qui permettait à Hermione de contempler ces merveilles de tout son soûl et de s'en imprégner. Chaque objet qu'elle admirait la renvoyait à la chance que la population avait de pouvoir se délecter d'un tel spectacle. Pour elle, cela représentait un cadeau inestimable offert à la communauté magique.
Ils déambulèrent ainsi pendant un long moment, jusqu'à ce qu'un sorcier aux manières affairées les salue en se présentant comme étant le conservateur du musée. Hermione lui serra chaleureusement la main en le félicitant pour la collection qu'il avait assemblée. Il la remercia d'un sourire et se tourna vers Malefoy.
- C'est un tel plaisir de vous revoir, Mr Malefoy ! Avez-vous repéré quelque chose qui vous ferait plaisir ?
Hermione perdit tout à coup son sourire. La suite ne fit que confirmer ses craintes.
- Avez-vous vu notre dernière acquisition ? demanda le sorcier en se dirigeant vers une des vitrines. Un bâton de guérisseur aztèque datant de VIème siècle. Une pièce particulièrement rare, comme vous pouvez vous en douter !
Malefoy observa le bâton d'un air particulièrement ennuyé qui finit de mettre Hermione hors d'elle.
- Une très belle pièce, en effet, confirma-t-il. Mais j'aimerais plutôt jeter un œil sur les collections que vous n'avez pas encore exposées.
- Mais bien sûr ! Je vous en prie, suivez-moi.
Il les conduisit dans une aile fermée au public où la majorité des objets destinés à l'exposition étaient encore à moitié emballés. Hermione n'en revenait pas. Comment Malefoy pouvait oser ne serait-ce que songer à s'approprier de tels trésors ? Et vu l'attitude du conservateur, ce n'était pas la première fois qu'il venait faire son marché ici. La sorcière regrettait amèrement l'accueil qu'elle avait réservé à cet escroc.
A présent, Malefoy regardait avec intérêt une statue plus grande que nature représentant une femme vêtue d'une toge de marbre qui semblait flotter sur elle et qui tenait d'un air de défi une baguette à la main. Hermione estima que cette sculpture devait probablement dater de l'antiquité.
- Je te l'interdis, siffla-t-elle entre ses dents à l'intention du Serpentard.
- Pardon ? fit-il en se tournant vers elle.
- Tu ne peux pas acheter ce genre de choses ! s'exclama-t-elle.
- Je pensais que tu avais compris que je possédais beaucoup de moyens, répondit-il en reportant son attention sur la statue.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, répliqua-t-elle en se rapprochant de lui. Ces pièces appartiennent à la communauté sorcière ! Vouloir les acheter, c'est… c'est immoral !
- Immoral ? releva-t-il, sceptique.
- Tu prives toute la population de toutes ces merveilles de magie et d'histoire ! s'emporta-t-elle alors qu'un sourire narquois commençait à naître sur le visage de Malefoy.
- Tu es vraiment naïve, Granger.
- Et toi tu es d'un égoïsme sans borne ! Tout ça pour enrichir ta petite collection personnelle !
- Egoïste ? siffla-t-il à son tour. Et comment crois-tu que ta précieuse communauté puisse accéder à tout ça ? Comment crois-tu que ce musée finance ses recherches et ses expositions ? Tu croyais peut-être que ton cher ministère a de l'argent à dépenser là-dedans ? ricana-t-il. Ma parole, tu es encore plus stupide que tu en as l'air.
- Tu es vraiment un être abject, asséna-t-elle après quelques secondes de silence pour ne pas montrer que sa tirade l'avait fait douter.
Malefoy se contenta de lever les yeux au ciel, ce qui eut le don d'exaspérer un peu plus la sorcière. Il appela ensuite le conservateur pour lui demander d'emballer la statue et de l'expédier chez lui. Il répéta les mêmes ordres à l'intention de plusieurs autres objets dont les prix qu'il négocia avec le conservateur dépassaient l'entendement d'Hermione. Et que le directeur du musée se complaise dans cet échange frauduleux l'énervait encore plus. Comment pouvait-il laisser s'envoler toute une partie de sa collection sans broncher ? La sorcière était tout simplement outrée. Elle repensait à l'œuf de Fabergé qu'elle avait admiré le matin même dans le salon du Manoir comme s'il s'agissait d'un souvenir de famille, alors qu'en réalité, cette pièce magnifique devait certainement provenir de ce musée où les particuliers fortunés pouvaient venir s'approprier tout ce qu'ils désiraient.
Quelle injustice ! pensa-t-elle en suivant Malefoy à l'extérieur. Elle prit la ferme résolution d'aller en parler à qui de droit au Ministère dès qu'elle en aurait l'occasion. A quoi pouvait donc servir le département de la Culture si ce n'était cela ? Comment les autorités compétentes pouvaient-elles fermer les yeux devant ce genre de trafic ?
Hermione fulminait. Pourtant, elle n'était pas tellement surprise de ce qu'elle venait de découvrir. Alors qu'ils venaient de transplaner au Manoir, elle se disait en regardant ce qui l'entourait qu'elle aurait dû s'en douter bien avant. Malefoy l'abandonna dans le Hall en lui indiquant qu'il devait encore sortir et qu'il devait se changer avant de repartir. Hermione se serait bien passée de cette information, songeant que ce n'était pas tellement le moment de lui rappeler l'étendue de sa garde-robe et la séance de Shopping forcée qu'elle avait dû subir.
Comme plus tôt dans la matinée, elle trompa l'attente en observant les décorations du Manoir. Sauf que cette fois-ci, elle n'y voyait que des trésors cachés aux yeux du public. Elle soupira plusieurs fois de déception et de colère. De longues minutes plus tard, Malefoy réapparaissait devant elle.
Il portait à présent une tenue beaucoup moins voyante et avait laissé sa canne de côté. Il ressemblait maintenant à quelqu'un qui ne désirait pas attirer les regards sur lui, bien qu'affichant toujours l'assurance qu'Hermione lui avait remarquée le matin-même. Cet homme est le roi du déguisement, pensa-t-elle malgré elle. Tout l'apparat dont il s'était vêtu pour visiter le musée n'avait été qu'une mise en scène visant à intimider le conservateur. La sorcière se demandait bien pour quelles raisons Malefoy voulait rester discret à présent.
- J'ai un rendez-vous à Pré-au-Lard, l'informa-t-il en avisant son regard suspicieux. Je pense qu'il est préférable que tu te métamorphoses pour l'occasion.
Hermione saisit sa baguette avec lenteur et prit l'apparence de la femme « banale » qu'elle avait déjà revêtue lorsqu'ils étaient allés sur l'Avenue du Phénix. Le Serpentard émit un grognement d'insatisfaction en la redécouvrant ainsi, mais ne prononça pas une parole devant le regard implacable que darda Hermione sur lui. Il se contenta de tendre son bras, et une fois qu'Hermione eut refermé sa main dessus, ils transplanèrent aux abords de Pré-au-Lard.
- Où as-tu rendez-vous ? demanda-t-elle en rabattant sa capuche sur son visage.
- A la tête du Sanglier.
Hermione se retint à grand peine de faire un commentaire sur l'adéquation de la clientèle de cet établissement et de la personnalité du Serpentard et se contenta de lui expliquer la façon dont ils allaient procéder pour ne pas qu'on remarque qu'elle l'accompagnait.
Ils avaient à peine pénétré dans l'enceinte du village à quelques mètres l'un de l'autre qu'Hermione sentit qu'elle devait être sur ses gardes. C'était un samedi, et beaucoup de monde se pressait dans les rues. A la vue des nombreux élèves de Poudlard enthousiastes qui déambulaient dans le village, elle conclut que ce devait être pour eux la première sortie de l'année. Mais comme toujours, il y avait également beaucoup de sorciers et de sorcières aux mines trop enjouées ou trop discrètes pour ne pas être suspectes. La main crispée sur sa baguette à l'intérieur de son manteau, elle s'efforça de ne pas perdre Malefoy des yeux. Tout en le suivant, elle passa au crible tous les détails qui s'offraient à elle.
Les battements de son cœur se précipitaient à chaque fois qu'un passant jetait un coup d'œil vers Malefoy, qui avançait d'un pas assuré au milieu de la foule sans un regard en arrière. Alors qu'il tournait dans la rue moins fréquentée qui menait à la Tête du Sanglier, Hermione remarqua du coin de l'œil une sorcière qui regardait avec un peu trop d'insistance à son goût la direction qu'empruntait le Serpentard. Tout, dans son attitude, indiquait qu'elle était sur le point de le suivre.
Hermione força un peu l'allure et tourna dans la rue au moment où Malefoy passait la porte de la Tête du Sanglier. Elle ralentit un peu lorsqu'elle arriva près de l'établissement pour constater que la sorcière ne les avait pas suivi. Elle soupira, soulagée de ne pas voir ses impressions fondées.
Elle attendit quelques secondes, puis pénétra à son tour dans la taverne. Elle était aussi poussiéreuse et lugubre que dans son souvenir. Le nouveau propriétaire n'avait apparemment pas jugé utile de refaire la décoration. Elle chercha rapidement Malefoy des yeux et le vit attablé seul devant un verre crasseux. La personne avec qui il avait rendez-vous ne devait pas encore être arrivée. Elle s'installa dans un coin, à quelques tables de distance de lui et commanda une bièreaubeurre que le serveur lui amena quelques instants plus tard dans un verre où on ne distinguait pas le contenu. Elle savait déjà qu'elle ne toucherait pas à sa boisson, mais de toute façon, elle n'était pas venue pour cela.
Pendant que Malefoy attendait son rendez-vous, elle détailla discrètement les clients présents dans l'établissement. A quelques mètres d'elle, il y avait un sorcier emmitouflé dans une lourde cape de voyage qui semblait à moitié endormi. De l'autre côté de la salle, deux hommes se regardaient en chien de faïence, semblant attendre que l'autre goutte en premier son breuvage. Un peu plus loin, une sorcière à la mine pâle jetait de fréquents coups d'œil nerveux à la porte de la Taverne. Ceux-là représentaient sans aucun doute les personnes les plus suspectes dans la salle, et Hermione s'obligea à les surveiller discrètement.
Quelques instants plus tard, un homme brun ouvrit la porte et vint s'asseoir directement en face de Malefoy. Curieuse de savoir ce qui allait se dire, Hermione se redressa subrepticement, son attention concentrée à la fois sur les deux hommes et sur les autres clients. Malheureusement, elle n'entendit pas grand-chose du début de la conversation de Malefoy, car un groupe de cinq ou six personnes arriva à ce moment-là et prit place à quelques tables d'elle dans un joyeux brouhaha. Elle maudissait l'endroit d'être aussi fréquenté ce jour-là. Les Trois Balais offraient tout de même un cadre plus apte à supporter une ambiance aussi animée que la Tête du Sanglier !
De longues minutes s'écoulèrent sans qu'Hermione ne puisse entendre quoi que ce soit. Elle voyait juste que l'entretien de Malefoy ne se passait pas dans la bonne humeur. Le Serpentard semblait chuchoter des choses à un rythme rapide à l'homme assis en face de lui. Elle ne distinguait pas grand-chose des réactions de celui-ci, car il lui tournait le dos. Mais elle retint son souffle lorsque la conversation s'anima soudain. Elle pouvait entendre quelques unes des paroles qu'ils échangeaient, entrecoupées par les rires du groupe qui était à côté d'elle.
- Tu me menaces ? s'exclamait l'homme en se redressant à moitié.
- Je te donne simplement des conseils, répondait Malefoy, un sourire aux lèvres. Je t'avais pourtant prévenu, le but de notre…
Un bruit de verre cassé suivit d'un grand éclat de rire venant de la table voisine empêcha Hermione d'entendre la suite. Elle lança au groupe un regard assassin qu'il ne remarqua pas. Ne pouvaient-ils pas faire moins de bruit ? S'énerva-t-elle. Elle reporta son attention sur Malefoy au moment où celui-ci glissait quelque chose sous sa cape avec un sourire satisfait à l'adresse de l'homme qui lui faisait face. La sorcière poussa un juron couvert par un nouvel éclat de rire de la table d'à côté. Elle était persuadée que l'homme venait de donner quelque chose au Serpentard, et elle avait manqué l'échange. Elle se maudissait intérieurement d'avoir été distraite.
La porte de la taverne s'ouvrit brusquement et Hermione sentit son cœur s'emballer. La sorcière qu'elle avait croisée dans les rues de Pré-au-Lard venait d'entrer dans l'établissement. Elle jeta un coup d'œil circulaire dans la salle et ses yeux semblèrent se poser sur Malefoy pendant une seconde de trop. Hermione la suivit du regard tandis qu'elle allait s'installer à une table. Elle remarqua que la sorcière choisissait une position où elle pouvait observer le Serpentard sans être remarquée.
Hermione n'aimait pas du tout ce qu'elle venait de voir. Ce ne pouvait pas être une coïncidence. Elle aurait bien voulu rester passive et attendre que quelque chose se passe pouvant confirmer ses soupçons, mais les consignes étaient claires. Sa seule préoccupation devait être d'éviter à Malefoy de se faire agresser, et non d'attendre que l'occasion se présente. Elle reporta donc son attention sur Malefoy et tenta de capter son regard pendant ce qui lui parut une éternité. Enfin, le Serpentard daigna tourner la tête vers elle pendant une fraction de secondes et elle accrocha son regard pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'ils partent sur-le-champ. Elle attendit nerveusement qu'il réagisse, espérant qu'il ait compris le message.
Quelques secondes plus tard, Malefoy se levait.
- J'espère que tu agiras mieux dans nos intérêts, maintenant, déclara-t-il à l'intention de l'homme en guise de salut.
Suite à quoi, il tourna les talons et sortit. Hermione jeta rapidement quelques Mornilles sur la table pour payer la boisson qu'elle n'avait pas touchée tout en observant la sorcière suivre des yeux le Serpentard. Elle se leva prestement et sortit à son tour de la taverne. Malefoy l'attendait un peu plus loin. Elle s'assura que personne ne sortait à leur suite et saisit rapidement le bras de Malefoy avant de transplaner.
- C'était cette femme ? demanda-t-il dès qu'ils atterrirent dans le salon du Manoir.
- Oui, souffla Hermione après que son cœur ait repris un rythme normal. Elle te suivait, j'en suis certaine.
- Je me demandais si tu l'avais remarquée, répondit-il après quelques secondes.
Hermione était estomaquée par cette insinuation. La croyait-il aussi inutile et inexpérimentée que cela ?
- Tu penses que je suis aveugle, ou quoi ? s'emporta-t-elle.
Il eut l'air surpris, comme s'il venait de comprendre quelque chose.
- Ce n'est manifestement plus le cas, murmura-t-il avant de quitter la pièce.
Etonnée, Hermione le regarda s'éloigner sans rien dire. Que voulait-il dire par là ? Qu'il la prenait pour une véritable cruche avant aujourd'hui ? D'un autre côté, ce n'était pas vraiment surprenant vu la façon dont il l'avait traitée au début de la mission. Décidément, elle avait bien du mal à le comprendre…
Elle poussa un soupir en reportant son regard sur le sol de la pièce. Elle se figea tout à coup. Elle venait de comprendre ce qui avait changé dans ce salon, ce qu'elle n'avait pas réussi à discerner lorsqu'elle était arrivée ce matin-là. Elle savait maintenant pourquoi elle se sentait beaucoup moins oppressée dans cette pièce. Le tapis sur lequel elle avait été torturée dix ans plus tôt avait disparu.
