Merci à Lereniel, Maman Bouba et Loveyaoi-15 pour leurs reviews.
Au fait, vous avez dû remarquer que l'icône de ma fic a changé. J'ai enfin trouvé une image qui corresponde le mieux à l'idée que je me fais de Niphredil.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Le Hobbit ne m'appartient pas, tout est à Tolkien sauf le personnage de Niphredil, elle est sortie tout droit de mon imagination.
Chapitre 11 :
Muraille de glace dans la lande
« Vert-Bois est malade, Gandalf », dit Radagast. « Une ombre est venue l'envahir. Plus rien ne pousse. Rien de bon en tout cas. L'air est vicié, fétide. Mais le pire, ce sont les toiles »
« Les toiles ? De quoi parlez-vous ? » demanda Gandalf.
« Des araignées, Gandalf. Géantes. Se sont des descendantes d'Ungoliant ou je ne suis pas magicien. J'ai suivi leur piste, elles sont venues de Dol Guldur. »
Gandalf cessa de marcher. Lentement, il se tourna vers Radagast.
« Dol Guldur ? Mais la vieille forteresse est abandonnée… »
« Non, Gandalf. Elle ne l'est pas. »
Adossée à un arbre à quelques mètres des deux magiciens, Niphredil entendait parfaitement leurs paroles. Dol Guldur… Naurendil lui en avait parlé. Étant un rôdeur, il avait déjà été à Mirkwood et il connaissait les ruines de l'ancienne forteresse. Si la moitié de ce qu'il lui avait raconté était vraie, Niphredil avait de bonnes raisons de s'inquiéter.
Elle fut tirée de ses pensées par Bofur qui s'approchait, suivi de Bilbon et les frères Fili et Kili.
« Niphredil, vous allez bien ? » demanda Bofur, l'air concerné.
« Depuis que l'autre… magicien vous a parlé, vous semblez inquiète », dit Fili.
« Ce qu'il vous a dit vous a fait peur ou blessée ? » demanda Kili.
Niphredil fit la grimace. Mais en voyant l'air inquiet des nains et du semi-homme, elle ne put s'empêcher de sourire.
« Vous êtes gentils de vous inquiéter pour moi, mais ça va, je vous assure », dit-elle.
Soudain, un cri retentit, évoquant celui d'un loup en plus rauque.
« C'était un loup ? Y a-t-il des loups dans le coin ? » demanda Bilbon.
« Des loups ? Non, il ne s'agit pas d'un loup », dit Bofur.
Soudain, un Warg jaillit du sommet de la colline et fonça sur les nains. Thorïn l'arrêta d'un coup d'épée qui le fit tomber au sol, quand un second arriva par-derrière et fonça sur Thorïn. En pur réflexe, Niphredil tendit la main. Un pic de glace jaillit de sa main et alla se planter dans la tête du monstre en même qu'une flèche que venait de tirer Kili. Dwalïn acheva la bête d'un bon coup de hache dans la nuque, tranchant net la moelle épinière.
« Des éclaireurs wargs ! cracha Thorïn. « Ça veut dire qu'une bande d'orques n'est pas loin. »
« Une bande d'Orques ? » demanda Bilbon, au bord de la panique.
« À qui avez-vous parlé de votre quête en dehors de votre clan ? » demanda Gandalf en s'approchant de Thorïn avec l'air sévère.
« À personne. »
« À qui l'avez-vous dit ?! »
« À personne, je le jure ! Au nom de Durin, qu'y a-t-il ? »
« Vous êtes pourchassés », dit le magicien gris.
« Il nous faut quitter cet endroit », dit Dwalïn.
« Impossible ! Nous n'avons plus de poneys ! Ils se sont enfuis ! » dit Ori en arrivant au sommet de la pente, suivi par Bifur.
« Et ma jument ne pourra pas porter tout le monde », dit Niphredil, dépitée.
« Je vais les lancer à mes trousses », décida Radagast.
« Ce sont des wargs de Gundabad. Ils vous rattraperont ! » dit Gandalf.
« Et ce sont des lapins de Rhosgobel ! Qu'ils essaient donc pour voir », dit le magicien Brun avec une note de défi dans la voix.
« Bon… Tenez-vous prêts », dit Gandalf.
Aussitôt, tout le monde se dépêcha de mettre son paquetage sur son dos. Radagast se dirigea vers son traîneau quand il s'arrêta. Se tournant vers Niphredil, il hésita puis dit :
« Je m'excuse pour tout à l'heure, jeune fille. »
Puis, se penchant vers elle, il ajouta : « Ne perdez pas le contrôle, restez vous-même. »
Niphredil n'eut pas le temps de lui demander ce qu'il voulait dire. Les lapins se mirent en marche et le traîneau fila à travers les bois.
Le groupe prit un chemin partant sur la gauche, jusqu'à arriver en bordure de la forêt, derrière des rochers. Bientôt, un cri de Radagast résonna.
« Venez m'attraper ! » cria le magicien, tandis que les Orques se lançaient à sa poursuite.
Cachée derrière le rocher avec les autres, Niphredil regarda le groupe s'éloigner. Elle devait le reconnaître, ce Radagast avait un sacré cran !
« Venez », dit Gandalf en sortant de sa cachette.
Le groupe se mit aussitôt en branle et suivit le magicien à travers la lande. Niphredil reconnaissait ce paysage, elle l'avait tant de fois traversé à cheval, seule ou avec des elfes lors d'une promenade ou d'une partie de chasse d'Orques !
Tandis qu'ils courraient, elle lança plusieurs fois un regard en direction de Radagast. Le magicien menait le groupe de cavaliers Wargs à peu près dans la même direction qu'eux, mais jamais sans se diriger droit sur eux. Il maniait son traîneau avec brio, il semblait glisser sur le sol et faisait parfois des mouvements ou se penchait d'une manière vive et agile en totale contradiction avec son âge.
Thorïn finit par s'arrêter. Radagast passa à quelques mètres d'eux, suivi par les monstres.
« Restez groupés », dit Gandalf avant de se retourner pour courir un peu plus loin de leurs poursuivants.
« Allez ! » dit Thorïn tandis que les autres suivaient le vieux magicien en bas d'une pente.
Alors que le groupe allait dépasser un rocher, les Wargs apparurent à quelques mètres devant eux. Tous s'arrêtèrent, sauf Ori qui n'avait pas encore réalisé ce qui se passait devant.
« Ori, non ! Recule ! » cria Thorïn en le retenant en arrière.
Gandalf entraîna le groupe en sens inverse, vers un autre défilé rocheux.
« Venez tous, dépêchez-vous, vite ! » dit Gandalf à voix basse en leur montrant la direction d'un geste de la main.
Tandis que le groupe filait dans la direction indiquée en restant à l'abri derrière les rochers, Thorïn demanda au magicien :
« Où nous conduisez-vous ? »
Gandalf fit la moue, mais ne répondit pas. Thorïn leva les yeux au ciel puis le suivit.
Ils s'arrêtèrent bientôt tous derrière un énorme rocher. Là, ils se figèrent. Au-dessus d'eux, ils pouvaient entendre les grognements d'un Warg. Niphredil leva doucement la main vers la roche et ferma les yeux.
« Niphredil ? » demanda Bilbon, tout près d'elle.
Sans lui répondre, la jeune fille baissa la tête. Elle relâcha à nouveau son pouvoir. Une vague de froid remonta le long de la roche et atteignit bientôt le Warg, enfermant sa tête dans un cocon de glace. La bête se débattit. Kili sortit alors de sa cachette et tira une flèche qui abattit la créature. Elle tomba au sol, mais son cavalier était toujours en vie.
Dwalïn s'élança et abattit son énorme marteau sur le Warg, tandis que Bifur acheva l'Orque avec sa lance en poussant un cri.
Hélas, d'autres hurlements plus lointains remplacèrent ceux des monstres abattus. Le bruit les avait fait repérer ! Niphredil, dont l'ouïe était très fine, entendit un Orque crier quelque chose dans la langue noire du Mordor. Le sang de dragon lui permettant de comprendre toutes les langues de la Terre du Milieu, la jeune fille comprit tout de suite ce qu'il disait :
« Ces sales Nains sont là-bas ! Capturez-les ! »
« Ils nous ont repérés ! » dit Niphredil.
« Fuyez ! Vite ! » cria Gandalf, toute discrétion oubliée.
Tout le monde se remit aussitôt à courir. Ils arrivèrent bientôt sur une étendue herbeuse moins pentue, entourée de rochers.
« Ils arrivent ! » cria Gloín.
« Par ici ! Vite ! » dit Gandalf.
Ils prirent un autre chemin en sens inverse, les menant près d'un groupe de rochers. Là, ils virent que d'autres cavaliers Wargs approchaient. Tous lancèrent des regards alentour, mais ne virent aucune échappatoire. L'ennemi arrivait de tous les côtés !
« En voilà d'autres ! » cria Kili.
« Kili ! Tue-les ! » cria son oncle.
« On est cernés ! » cria Fili.
Kili arma son arc et tira une flèche qui abattit un Orque. Mais il en restait encore d'autres. Comprenant que c'était à elle d'agir, Niphredil se tourna vers Cristal, sa jument qui les avait suivis depuis le début.
Se penchant vers elle, la jeune fille lui dit en elfique : « Pars ! Rejoins la cité, je t'y retrouverai. »
La jument émit un hennissement et piaffa, en signe de protestation.
« Obéis ! » cria Niphredil.
La jument poussa un dernier cri, puis s'éloigna au galop, loin du groupe.
Une fois qu'elle l'eut jugée assez loin, Niphredil ferma les yeux et tendit les mains devant elle. L'air devint glacial autour d'elle. Les nains se tournèrent vers elle pour la regarder avec inquiétude. Les cheveux de la jeune fille se mirent à flotter autour de sa tête, animés par un vent qui semblait émaner d'elle. Un globe de lumière d'un bleu lumineux se forma dans chacune de ses mains. Soudain, elle rouvrit les yeux puis tomba à genoux et abattit violemment ses poings au sol.
Aussitôt, celui-ci se recouvrit de glace. Celle-ci s'étendit autour d'eux, puis forma une épaisse muraille de glace circulaire les séparant des cavaliers Wargs.
« Ça ne durera pas longtemps ! » dit la jeune fille en se redressant avec peine.
« Où est Gandalf ? Il nous a abandonnés ! » dit Dwalïn en regardant autour de lui.
Niphredil entendit un craquement inquiétant. Elle se retourna et vit qu'une fissure se formait déjà dans une zone de sa muraille. Elle s'effrita, révélant le visage hideux d'un Orque. Son armure était hérissée de pics noirs. Surmontant sa peur, Ori arma sa fronde et lui lança une pierre. Elle atterrit sur le museau du Warg qui continua d'avancer sans broncher.
« Tenez bon ! » dit Thorïn en dégainant son épée, qui luisait d'une faible lueur bleue dans la lumière du jour.
Soudain, Gandalf apparut derrière un des rochers derrière eux.
« Par ici, pauvres fous ! » dit-il, avant de disparaître à nouveau.
« Suivez-moi ! » dit Thorïn en courant vers le rocher où avait disparu le magicien.
Niphredil courut avec les autres vers la cachette, mais alors qu'elle arrivait à mi-chemin, elle sentit ses jambes la lâcher. Elle tomba au sol en gémissant. Bilbon, qui était le plus proche d'elle, s'en aperçut et courut près d'elle.
« Niphredil ! » cria-t-il.
Alertés par ses cris, les nains se tournèrent vers eux. Bofur, Kili et Fili se précipitèrent aussitôt près d'eux. Tous entendirent alors des craquements autour d'eux et virent la muraille de glace tomber en morceaux. La glace sous leurs pieds fondit, imbibant la terre d'eau.
« Je n'ai plus de forces », gémit Niphredil.
« Tenez bon,allez ! » dit Bofur en passant la tête sous son bras.
Fili se glissa sous son autre bras et les deux nains entraînèrent la jeune fille vers les rochers. Sitôt arrivée devant l'ouverture, Niphredil se dégagea de leur étreinte en se laissant tomber en avant dans l'ouverture. Elle roula le long de la pente et atterrit au sol près de Gandalf.
Ce dernier regarda son élève, les nains et le Hobbit tomber l'un après l'autre et les compta.
Tandis que les nains gardaient leurs yeux et leurs armes levés en direction de l'ouverture, Bilbon se précipita près de Niphredil. Cette dernière était restée allongée et semblait avoir du mal à respirer.
Soudain, un cor de chasse retentit, suivi des cris et des bruits de lames s'entrechoquant. Soudain, un cadavre d'Orques passa l'ouverture et atterrit au pied du groupe. Le monstre ne réagit pourtant pas. Thorïn vit qu'une flèche était plantée dans son cadavre. Il l'arracha et l'examina de près.
« Les elfes », dit-il en jetant la flèche au sol avec dégoût.
« Gandalf ! Aidez-la ! » dit Bilbon.
Tous se tournèrent vers le Hobbit et virent qu'il se tenait au chevet de Niphredil. Cette dernière avait le visage en sueur, sa poitrine se levait et s'abaissait à un rythme rapide.
Gandalf s'agenouilla près d'elle et posa une main sur son front. Il ferma les yeux et murmura une formule. La respiration de Niphredil se fit plus calme. Elle finit par ouvrir les yeux et se prit la tête dans les mains.
« Niphredil… Vous allez bien ? » demanda le magicien.
« Oui… Mais j'ai une de ces soifs ! » gémit la jeune fille.
La voix puissante de Dwalïn résonna au fond de la caverne, devant l'ouverture d'un couloir rocheux.
« Je ne vois pas où mène ce passage. Devons-nous le suivre ? » demanda le guerrier nain.
« Nous le suivons, bien sûr ! » dit Bofur, en se dirigeant vers lui.
« Je pense que c'est plus sage », dit Gandalf.
Niphredil se figea en reconnaissant l'endroit où elle avait atterri. Elle leva les yeux vers le magicien qui, tout en l'aidant à se lever, lui répondit par un sourire malicieux.
Le groupe s'enfonça dans la galerie rocheuse. Il n'y avait pas de plafond au-dessus d'eux, ils pouvaient voir le ciel et la lumière du soleil s'engouffrer dans le passage, leur éclairant la voie. Le groupe fut par deux fois ralenti par Bombur, qui avait plus de mal à passer dans le chemin étroit que les autres.
Le chemin déboucha sur une ouverture donnant sur un escalier rocheux. Sur le flanc rocheux à leur gauche coulait une cascade. Niphredil se précipita pour prendre de l'eau dans ses mains en coupe et la but avec avidité. Elle sentit le liquide délicieusement frais couler dans sa gorge puis parcourir son corps, faisant disparaître la sensation de brûlure étouffante qui la paralysait depuis sa dernière prestation magique.
Elle se tourna vers alors vers les autres et sourit en découvrant le même spectacle qu'eux : la cité d'Imladris.
Les maisons elfiques étaient telles que dans son souvenir : grandes, majestueuses, dressées sur les falaises boisées parmi les chutes d'eau et baignées par la lumière dorée du soleil.
« La vallée d'Imladris ! dit Gandalf. Dans la langue commune, on la connaît sous un autre nom. »
« Fondcombe », souffla Bilbon, d'une voix émerveillée.
« Ici se trouve la dernière maison simple à l'Est de la mer », dit Gandalf.
Niphredil poussa un soupir de soulagement. Elle avait tant espéré revoir cet endroit ! Furieux, Thorïn fit volte-face vers le magicien.
« C'était votre plan depuis le début. Trouver refuge chez notre ennemi ! »
« Vous n'avez aucun ennemi ici, Thorïn Ecu-De-Chêne. La seule animosité dans cette vallée est celle que vous avez apportée avec vous », dit Gandalf.
Bilbon fit une petite moue, comme pour dire que Gandalf n'avait pas tout à fait tort. Niphredil lui répondit par un haussement de sourcils, en signe qu'elle partageait son avis.
« Vous croyez que les Elfes nous encourageront à poursuivre notre quête ? Ils voudront nous en empêcher. »
« Sans aucun doute. Mais nous avons besoin de réponses à nos questions. »
Thorïn ouvrit la bouche pour protester, mais seul un soupir résigné s'en échappa tandis qu'il baissait la tête, vaincu.
« Si nous voulons réussir, il nous faudra faire preuve de tact, de respect et d'une bonne dose de charme. C'est pourquoi vous devrez me laisser parler moi. »
Niphredil se retint de rire. Il n'y avait que Gandalf pour dire ça ! Mais bon, elle n'allait pas en rajouter. Elle se joignit à Gandalf en tête du cortège tandis qu'ils descendaient dans la vallée, vers la demeure du Seigneur Elrond.
Lorsqu'ils arrivèrent sur le pont, Niphredil sentit la nostalgie l'envahir. C'était là, dans la rivière, sous le pont, que les fils jumeaux d'Elrond l'avaient trouvée.
Une fois le pont franchi, tous arrivèrent dans la cour devant l'escalier menant à la demeure du seigneur de Fondcombe. Niphredil vit deux elfes près d'une maison sur leur droite les regarder en murmurant. Apparemment, ils se demandaient qui étaient ces voyageurs et ce qu'ils venaient faire ici.
Plusieurs nains regardaient autour d'eux avec un mélange de curiosité, de méfiance et d'admiration, tant la cité elfique était resplendissante, imprégnée de paix et de lumière. Niphredil s'aperçut que Bilbon regardait autour de lui avec un air serein et heureux, le plus heureux qu'elle ne lui avait jamais vu depuis le début de leur voyage. Certains comme Thorïn et Dwalïn semblaient plutôt moroses et secouaient la tête, comme s'ils se demandaient comment ils avaient pu se laisser entraîner dans un tel endroit.
« Mithrandir ! » dit une voix en haut de l'escalier.
Niphredil leva la tête et sourit en reconnaissant Lindir. Ce dernier descendit les marches et salua Gandalf, la main sur la poitrine.
« Ah ! Lindir », dit Gandalf.
Niphredil entendit clairement Thorïn chuchoter à Dwalïn : « Ouvre l'œil ».
Mais elle n'en tint guère compte, trop heureuse de voir l'elfe s'approcher d'eux. Enfin un visage amical !
« Nous vous savions dans la vallée », dit Lindir en elfique.
« Je dois parler au seigneur Elrond », dit Gandalf.
« Le seigneur Elrond n'est pas ici », répondit l'elfe.
« Pas ici ? Où est-il ? »
Lindir allait répondre, quand un bruit de cor de chasse retentit. Acquiesçant, Gandalf se retourna. Tous se retournèrent pour voir un groupe de cavaliers travers le pont et arriver sur la place. Tous manœuvraient habilement leurs chevaux et parvinrent à les arrêter tout en entourant le groupe de nains qui, méfiant, avait resserré ses rangs et brandi ses armes avec méfiance. Niphredil analysa rapidement tous les visages des cavaliers. Elle sourit en reconnaissant les jumeaux et Elrond. Ce dernier héla le magicien.
« Gandalf ! »
« Seigneur Elrond », dit Gandalf en s'approchant du cavalier. « Mon ami ! Où étiez-vous ? »
« Nous chassions des Orques venus du Sud. Nous en avons tué au Col Caché », dit Elrond en descendant de cheval pour s'approcher de son vieil ami, à qui il donna une accolade.
Les nains écoutèrent leur échange en silence. Ils ne comprenaient rien, mais se méfiaient.
« C'est étrange que des orques s'approchent si près de nos frontières. Quelque chose ou quelqu'un les a attirés par ici. »
« Ah… Il se peut que ce soit nous », dit Gandalf.
Le Seigneur Elrond se retourna pour faire face à l'attroupement et regarda chacun. Son regard se posa en dernier sur Niphredil, qui fut la seule à ne pas ciller ni le fusiller du regard.
Le visage du seigneur Elrond s'éclaira en la voyant. Il s'approcha d'elle et posa la main sur son cœur pour la saluer.
« Heureux de te revoir, Niphredil. Je commençais à croire que tu nous avais quittés pour de bon. »
La jeune fille sourit, puis lui rendit son salut tout en répondant en elfique : « Je suis également heureuse de vous revoir, seigneur Elrond. Jamais je ne serais définitivement partie sans dire au revoir. »
Elrond lui sourit, puis lui caressa doucement les cheveux, comme un père avec sa fille. Ce geste surprit fortement les nains, plusieurs se mirent à chuchoter entre eux devant un geste si familier, qui plus est de la part d'un elfe pour une humaine !
« Ta jument est arrivée peu avant toi, elle a nous raconté ce qui s'est passé dans la lande », dit Elrond.
L'un des jumeaux approcha son cheval. Il tenait la bride d'un autre. En le reconnaissant, Niphredil sourit et prononça le nom de sa jument. Celle-ci répondit par un hennissement joyeux et s'approcha pour laisser sa maîtresse la caresser.
Elrond se tourna ensuite vers le chef des nains.
« Bienvenue Thorïn, fils de Thráin. »
« Il ne me semble pas vous connaître », dit le nain sur un ton froid.
« Vous me rappelez votre grand-père. J'ai connu Thrór quand il était roi sous la montagne. »
« Ah oui ? Jamais il n'a parlé de vous. »
Niphredil leva les yeux au ciel. Elle savait que le seigneur Elrond ne s'offusquerait pas, il en fallait plus pour qu'il perde son sang-froid, mais franchement, Thorïn faisait tout pour être grossier ! Elrond se mit à parler en elfique sans lâcher Thorïn du regard.
« Qu'est-ce qu'il a dit ? Est-ce qu'il vient de nous insulter ? » s'insurgea Gloín, le diplomate du groupe, énervant les autres nains.
« Non, maître Gloín, il vient de nous inviter », dit Gandalf.
Le nain roux se tourna vers ses compagnons. Tous chuchotèrent un moment entre eux avant de se tourner vers l'elfe et le magicien.
« Eh bien… Dans ce cas, allons-y », conclut Gloín.
Le groupe suivit Elrond et Lindir vers le haut des escaliers. Ils franchirent les portes de sa demeure et s'engagèrent dans le couloir menant aux chambres.
« NIPHREDIL ! » cria une voix.
La jeune fille sourit en reconnaissant cette voix d'enfant. Dépassant le groupe, elle s'agenouilla et tendit les bras vers Estel, qui accourut pour lui faire un câlin.
« Estel ! Tu m'as manqué, mon grand ! » dit la jeune fille en le serrant contre elle.
Les nains se remirent à chuchoter entre eux. Ils voyaient bien que cet enfant était humain, sa chevelure brune courte montrait des petites oreilles rondes. Qui était-il pour Niphredil ? Son frère, son fils ?
Elrond se tourna vers les autres voyageurs.
« Lindir va vous conduire à vos chambres. Estel, je compte sur toi pour mener Niphredil à la sienne. »
Acquiesçant, l'enfant prit la jeune fille par la main et l'entraîna vers un couloir sur la droite, tandis que les autres suivirent Lindir vers la gauche. Gandalf suivit Elrond à travers le couloir du centre.
Je m'arrête ici. J'espère que vous avez apprécié. Dans le prochain chapitre, on aura droit à un dîner, mais aussi à pas mal de découvertes concernant Niphredil. Leur séjour à Fondcombe ne sera pas de tout repos. Mais je n'en dis pas plus, vous verrez !
