Derek avait mal à la tête. C'était aussi simple que ça.

Il s'était forcé à ne pas écouter la conversation de Stiles et d'Isaac qui étaient au deuxième, même s'il entendit le nom d'Érica à un moment donné, et cela ne fit qu'ajouter à sa confusion. Mais tout se mit à aller de travers quand l'Alpha de l'autre Meute, la Meute qui essayait de prendre leur territoire, arriva. Il ne s'était pas adressé à Derek, il avait seulement attendu et Derek avait pu renifler l'odeur soudaine d'excitation et de douleur dans l'air lorsque Stiles était sorti de la maison.

Avec rien d'autre sur le dos qu'une paire de jeans!

Ça le mit en colère pour environ cinq seconde que Stiles se positionne devant lui. Son loup avait paniqué, voulant protéger Stiles, voulant l'emporter loin de l'autre Alpha. Mais il fut réduit au silence lorsque Stiles se mit à parler. Il ne voulu pas penser à la raison pour laquelle les deux hommes se connaissaient et il eu la parfaite excuse lorsqu'ils firent mention d'un certain Rory.

Le seul Rory qu'il connaissait était un Alpha qui était installé quelques territoires plus loin. Apparemment il avait pris de l'importance depuis que Derek l'avait vu, il y avait de cela un peu plus d'une décennie alors que sa famille était encore en vie. Rory était reconnu pour prendre sous son aile les âmes égarées, mais il avait toujours été quelqu'un qu'on pouvait relativement facilement renverser. Il n'avait jamais été un combattant. Jusqu'à récemment si les rumeurs étaient vraies. Mais même si c'était le cas, c'était son Béta de tête qui faisait la plupart des combats pour lui.

Cependant, ce qui fit faire les cents pas et grogner le loup à l'intérieur de lui, c'est qu'il se concentra sur la conversation que Stiles avait avec l'autre Alpha et il commença à réaliser quelque chose. Quelque chose qui fut confirmé par le baiser. Le baiser qui fit bouillir les sangs de Derek et qui le fit se transformer dans sa forme béta. Il ne se soucia même pas que sa Meute le regarde étrangement, la seule chose sur laquelle il arrivait à se concentrer était le battement régulier du cœur de Stiles et sur le fait qu'il avait été dans une relation avec l'autre Alpha.

Une autre personne avait touché son Stiles. Son Compagnon. Son loup n'aimait pas ça et pour être complètement honnête, Derek non plus. La seule chose qui le retenait était que la seule excitation qu'il détectait était celle de l'autre Alpha. Avec un air suffisant, Stiles recula en pressant son téléphone contre son oreille, mais il n'avait pas l'air particulièrement excité. C'était plus comme s'il l'avait fait seulement parce qu'il le pouvait, plutôt que vraiment par désir.

Le fait est qu'il n'avait jamais réalisé avant aujourd'hui que Stiles était gay. Il se demanda si les choses avaient pu être différentes s'il avait su que Stiles était gay à l'époque.

Il ne réalisa pas vraiment de quoi Stiles parlait au téléphone, ni à qui il parlait. Il essayait de se concentrer sur les mots, mais il était sans cesse distrait par d'autres bruits. Comme le son des battements de cœur de Stiles, le son de sa respiration, le son de Stiles qui donnait de petits coups de pieds dans la poussière. Il ne pouvait s'empêcher de remarquer que sa voix semblait plus basse qu'elle l'était avant, qu'elle était pleine de confiance, plutôt que sur ce qu'il disait vraiment. Il ne pouvait non plus s'empêcher de se concentrer sur sa bouche, plus rouge qu'a l'habitude et légèrement enflée, il ne pouvait en détacher les yeux, mais il ne pensa pas à discerner les mots que la bouche de Stiles formait.

«Alors, c'est qui lui déjà?» demanda Cooper, un de ses nouveaux loups; et par nouveau il voulait dire qu'il avait été transformé après le départ de Stiles. Il oubliait que ce n'était pas tout le monde qui connaissait Stiles.

«C'est Stiles,» expliqua Lydia, «Il faisait parti de la Meute quand il était humain, il est la kryptonite de Derek genre.»

Ce qui était un euphémisme. Stiles était celui qui pouvait tout se permettre. Stiles n'arrêtait pas de pousser les limites de Derek, essayant de provoquer une réaction chez lui, mais il ne semblait pas comprendre que chacune de ses menaces étaient vides. Il ne ferait jamais de mal à Stiles, il ne lui arracherait jamais la trachée avec ses dents ou n'endommagerait sa peau parfaite. C'est juste qu'il ne savait pas comment le lui dire. Il n'avait jamais vraiment voulu le dire à Stiles, parce que pour être complètement honnête, il avait peur.

Il avait peur du fait que Stiles lui tienne tête, mais aussi de la façon dont il se souciait de lui. Quand Derek s'était fait tiré dessus par les chasseurs – pas la première fois, mais la seconde – Stiles était resté avec lui, lui caressant légèrement le visage pour le calmer, même s'il pensait que Derek était endormi. Surtout qu'il pensait que Derek était endormi. Il avait peur de ce que Stiles lui faisait ressentir, parce que ça avait été hors de question lorsque Stiles était humain. Il aurait pu blesser Stiles, il aurait pu le ruiner et le briser.

Maintenant qu'il était un loup-garou, il ne savait plus quoi penser.

À seulement quelques pas, Stiles relâcha un soupir et raccrocha le téléphone, le fermant et le remettant dans sa poche. Il se retourna vers Derek et lui envoya un sourire nerveux qui fit sursauter légèrement le cœur de Derek dans sa poitrine. Il ne manqua pas la façon dont Stiles fronça un peu les sourcils lorsqu'il le remarqua.

«Nous sommes chanceux parce qu'ils étaient déjà en route pour me faire une surprise ou je ne sais pas trop, ils devraient être là dans environ une heure,» expliqua Stiles, leur parlant à tous même si son regard était dirigé sur Derek, «Nous voudrions demander le droit de camper sur votre territoire et bien sûr nous allons tout faire pour vous aider à éliminer la menace qui pèse sur vous. Par contre, nous voudrions demander de nous réserver le droit de mettre à mort le frère de Mason dû à un droit de longue date. Nous avons aussi un petit dans nos rangs, nous aurions donc besoin d'avoir au moins l'un d'entre nous présent avec lui en tout temps.»

Stiles était si formel, comme un vrai Alpha ou un béta de tête dans une négociation de Meute. C'était étrange d'entendre ces mots venir de la bouche de Stiles. Mais cette surprise fût mélangée avec le choc alors qu'il comprit ce que disait Stiles. Les implications de ce que disait Stiles. Il avait une Meute, Stiles avait une Meute. Il négociait les droits de passage et de mise à mort, la présence d'un petit, Stiles avait une Meute.

Stiles ne faisait pas parti de sa Meute.

Derek se senti stupide de ne pas avoir réalisé cela, de ne pas avoir compris pourquoi il y avait autant d'odeurs rattachés à la peau de Stiles. Dieu merci, ce n'est pas lui qui posa la question. Ce ne fut pas lui qui eut l'air d'un idiot et honnêtement, Scott en avait si souvent l'air de toute façon que Stiles ne sourcilla même pas. «Attends, quoi, tu as une Meute?»

Envoyant un regard de côté à la personne qui avait été son meilleur ami, Stiles roula les yeux au ciel. «Oui, j'ai une Meute, ça fait huit ans que j'ai une Meute, ce n'est plus vraiment une nouvelle pour moi maintenant,» dit Stiles, se massant le cou, «Je leur ai dit de venir directement ici, est-ce que c'est correct?»

Il regarda Derek en disant cela, mais il avait l'impression que Stiles essayer de ne pas le regarder du tout.

Il hocha la tête d'un air hébété, ne faisant pas confiance à sa voix, parce que ça n'arrivait pas souvent que Derek ne soit pas en contrôle, mais c'était le cas présentement. C'est juste qu'il y avait quelque chose à voir Stiles être aussi sérieux et aussi… confiant qui était ridiculement sexy. Et il savait que les gens autour de lui pouvaient sentir son excitation dans l'air, mais il s'en foutait. Rien ne le préoccupait sinon le rouge qui montait aux joues de Stiles lorsqu'il s'en rendit compte. Et le fait que cette rougeur se répandait à son cou, soulignant la peau pâle de ses clavicules.

C'était magnifique.

«Nous sommes quatorze,» dit Stiles, répondant à la question que personne n'avait encore demandé, «Quatre femelles et un petit.»

Derek décida qu'il n'aimait pas là façon dont Stiles avait dit 'nous' et ne voulait pas dire 'eux'. Il était si concentré à détester ce fait qu'il manqua presque la question indiscrète de Lydia, «Alors, comment est-ce que tu as connu cet Alpha?»

Stiles haussa les épaules, s'appuyant sur la véranda. Isaac se déplaça instantanément et vint s'asseoir à côté de lui, se pressant à lui comme si Stiles avait tout ce qu'Isaac ne pourrait jamais vouloir. Derek soupçonna qu'il devait y avoir une histoire de cachée là, c'était obligé, mais il ne pensait pas qu'il y avait quoi que ce soit de sexuel. Les odeurs qu'émettaient Isaac était la confiance et le réconfort, rien de connecté au désir sexuel. Derek ne manqua pas de remarquer que les doigts de Stiles se refermèrent autour de l'avant-bras d'Isaac sans même y penser.

«Nous nous sommes fréquenté pendant un moment,» expliqua Stiles, «Puis son frère a tué Sam, un de mes frère de Meute et tout es parti en l'air, c'est aussi simple que ça.»

«Combien de temps vous vous êtes fréquenté?» demanda Allison, s'assoyant en indien sur le sol à côté de Stiles. Le jeune Stiles qui était vierge lorsqu'il était parti était maintenant revenu avec beaucoup de confiance et apparemment expérimenté, devenu loup-garou et trainant derrière lui une Meute. Derek n'arrivait pas à s'y faire, comme il ne pouvait pas s'empêcher de penser aux choses que Stiles pouvait faire avec sa bouche auxquels l'autre Alpha avait fait allusion.

Cette pensé rendait Derek jaloux et curieux à la fois.

«Environ un an je pense,» dit Stiles, haussant les épaule comme si c'était sans importance, «Sa Meute est ce qu'on pourrait appeler nomade, mais ils sont resté aux alentours pendant qu'on est sorti ensemble.»

«C'était le grand amour alors,» dit Lydia, et c'était une observation, non pas une question.

Derek tressaillit et pensa qu'il était sur le point de vomir.

Stiles renifla. «Pour lui,» répliqua-t-il, «T'as manqué le bout où il a reconnu qu'il m'avait dit que j'étais émotionnellement handicapé?» Derek se demanda pourquoi Stiles ne semblait pas être surpris de se faire surnommé de cette façon.

Quelque chose à l'intérieur de Derek sembla se détendre, mais il n'arrivait pas à se laisser aller et s'installer au sol avec Stiles comme le reste de la Meute était en train de faire. Même les membres qu'il ne le connaissait pas.

Et puis ils commencèrent à poser des questions sur la Meute de Stiles. Derek était si concentré sur ce que disait Stiles, l'observant avec tant d'intérêt qu'il n'entendit même pas le grondement de la moto ou l'odeur d'un autre loup jusqu'à ce que Stiles soit sur ses pieds. Il se jeta littéralement sur la personne vêtue de cuir qui s'éloignait de la moto. Le loup garou rejeta la tête vers l'arrière et se mit à rire en attrapant Stiles, les deux s'écrasant au sol sans s'en soucier le moins du monde.

Ce fut à ce moment là que les implications du fait que Stiles ait une meute se firent clair dans l'esprit de Derek. À l'intérieur de lui, son loup gémit.


Oui, je sais, c'est cruel, on a envie de lire la suite hein? Ne vous en faites pas, c'est un de mes chapitres préférés, vous devriez l'avoir sous peu :)