Hello tout le monde!! Je suis trop fière de moi!!

Avouez que cette fois-ci l'attente n'a pas été longue (je mets à contribution ma période de révisions... mwahahhaha)

Enfin donc le dernier chapitre en date avec un peu plus de Harry (because he's worth it! ;))

Biz à tous et régalez-vous!

11. Affrontement, épuisement et révisions.

Le reste de la semaine passa normalement, dans la routine de Poudlard. Aussi normale que puisse être la routine de Poudlard.

Ils eurent leur premier cours d'Astronomie le jeudi après-midi avec le Pr Mercurion, un petit homme replet qui semblait perpétuellement dans la lune, suivi par potions où ils continuèrent l'étude de l'Esperencia, à partir de l'échantillon le mieux réussi. Harry éprouva un plaisir féroce quand il vit Rogue manquer de s'étouffer lorsque Slughorn se saisit du flacon de Summers et lui.

La fin de l'après-midi se solda par Soins aux Créatures Magiques, avec un nouveau devoir, sur les Botrucs, cette fois-ci.

Le vendredi fut accueilli avec joie par Harry qui attendait avec impatience les cours de Défenses contre les Forces du Mal : cela faisait un an qu'il n'avait pas eu de professeur correct et malgré les plaisirs procurés par l'A.D, il était ravi de pouvoir pratiquer la magie défensive sans avoir à supporter la face de crapaud au cardigan rose qu'était Ombrage.

Le professeur les accueillit avec son fameux sourire timoré et leur fit signe d'entrer. Les cours du matin furent consacrés à la théorie mais, l'après-midi, ils purent pratiquer.

Comme l'avaient supposé James, Sirius, Remus et Peter, Hayden Wynne fut placé avec Aléa J. Exbrayat.

La jeune fille le dévisagea froidement alors que Rogue partait se mettre avec Sirius (qui tentait vainement de persuader le professeur qu'il pouvait rester avec Remus).

Harry se sentit frémir d'anticipation. Il se surprit à apprécier l'attente qui précédait l'échange de sortilèges. Se forçant à se concentrer sur autre chose que le joli minois de son adversaire, Harry fixa un point par-dessus l'épaule de cette dernière.

Au bout de quelques secondes, il s'autorisa à la regarder. Il était perplexe : cela faisait bien 5 minutes que les autres groupes avaient commencé à pratiquer. Pourquoi la jeune Serpentard ne l'attaquait-elle pas ? Il s'attendait à ce que ce soit elle qui ouvre le combat. Or, elle restait immobile, les yeux fixés sur lui, attentive, comme si elle attendait le premier mouvement de sa part pour riposter.

Harry sentit sa nervosité croître. Il se demandait désormais avec une certaine crainte quelles étaient réellement les capacités de la jeune fille.

« - … En Défenses Contre les Forces du Mal ? C'est un Monstre ! » Avait déclaré James.

Pour la première fois face à une élève, Harry songea qu'il n'était peut-être pas de taille à l'affronter. Qui savait quel sort de magie noire elle connaissait ? Comment savoir si elle ne prévoyait pas de jeter n'importe qu'elle maléfice tortueux ?

Il se tendit imperceptiblement. Non le Pr Pride ne tolèrerait jamais l'utilisation de tels sortilèges.

Cependant la dureté du regard de la jeune femme le faisait douter légèrement.

Très bien. Elle ne souhaitait pas commencé à attaquer ? Il allait s'en charger lui-même.

Apparemment Exbrayat avait eu la même idée que lui, à savoir attendre que l'autre débute pour observer son style d'attaque.

Aujourd'hui était consacré à la pratique du Charme du Bouclier.

Il pointa donc sa baguette sur l'adolescente qui ne broncha pas et lança :

- Stupéfix !

La réaction fut immédiate. Alors qu'un éclair rouge sortait de la baguette de Harry, Exbrayat leva gracieusement sa baguette avec une rapidité surprenante et murmura pour elle-même : « Protego ».

Une immense barrière brumeuse se matérialisa entre Harry et elle, qui se fit plus solide lorsque le sort ricocha dessus, repartant directement droit sur le Gryffondor.

Mais Harry avait déjà anticipé et le sortilège ne rencontra qu'un autre mur de magie pure. Il fit donc plusieurs rebonds entre les deux murailles protectrices avant qu'Harry ne se décide à prononcer :

- Finite Incantatem.

Exbrayat abaissa alors son bouclier, neutralisant le charme.

Les deux adolescents se fixaient désormais avec curiosité. Qui allait entamer le prochain affrontement ?

Harry laissa le temps à la Serpentard de commencer. Vive, elle souffla le nom d'un sortilège si bas qu'Harry n'eut aucune idée de celui choisi.

Cependant, il fit aussitôt apparaître un champ magique devant lui, bloquant le sort. Mais, au lieu de rebondir comme précédemment sur la paroi, le jet de lumière s'éleva plus haut, heurtant à nouveau le mur, puis passa au dessus, tombant sur Harry. Ce dernier, trop surpris, n'échappa au sort que grâce à ses réflexes développés par le quidditch. Il s'écarta si brutalement qu'il bouscula une Gryffondor, Rimms Sheffield, dont le sortilège fut dévié et fonça droit sur Lucius Malefoy, qui ne s'y attendant pas, le reçut de plein fouet.

Harry n'eut pas le temps de s'excuser. Exbrayat, un sourire narquois aux lèvres, avait déjà envoyé un autre sortilège et dans sa confusion, son bouclier avait disparu. La main serrée sur sa baguette, Harry cria une nouvelle fois :

- Protego !

Un immense dôme argenté le recouvrit. D'une blancheur laiteuse, il formait une demi-sphère immatérielle, floutant le visage du Gryffondor. Sa démonstration fut accompagnée de cris d'admiration de la part de ses camarades.

Son charme fut tellement puissant que le bouclier d'Exbrayat trembla, projetant la jeune fille à terre sous la force de l'impact. Quand elle se releva, Harry s'attendait à voir une jeune fille échevelée et furieuse.

Au lieu de ça, elle semblait plutôt amusée.

- Finite, déclara-t-elle, clairement.

Sa voix, désormais très claire, était un délice, songea Harry.

Elle l'observa avec curiosité, repoussant une mèche blonde qui s'était échappée de son chignon. Cependant, elle reprit une expression neutre dès que le professeur les eut rejoints pour les féliciter.

Ils s'entrainèrent encore un peu puis observèrent chaque groupe. Le niveau de la classe était plutôt bon.

James et Remus semblaient maîtriser le sortilège à la perfection, le groupe de Lily et un autre Gryffondor dont Harry ne connaissait pas le nom, ne se débrouillait pas trop mal, Kalyan qui avait hérité de Lucius Malefoy s'en sortait mieux, surtout depuis que ce dernier avait été touché par le sortilège de Sheffield, Summers semblait parée toutes les attaques de son adversaire, même si ses propres attaques n'étaient pas toujours réussies. Enfin, en regardant l'équipe de Sirius et Rogue, on ne pouvait renier le fait que leur niveau était excellent même si aucun des deux ne mettait en pratique le charme requis mais tentait plutôt d'ensevelir l'autre sous une pluie de sorts douloureux.

- ça suffit ! S'exclama le Pr. Pride d'une voix dangereusement calme.

Les deux jeunes hommes arrêtèrent l'exercice sans pour autant baisser leur baguette, chacun tentant de fusiller l'autre du regard.

- Mr. Black, Mr. Rogue, vous viendrez me voir à la fin de l'heure. Je ne tolèrerai pas que des élèves désobéissent. Lorsque je demande de pratiquer le Charme du Bouclier, j'entends que vous l'exécutiez et non que vous fassiez étalage de votre talent indéniable en maléfice. Suis-je assez claire ?

Les deux élèves hochèrent la tête en se fixant toujours avec hargne.

- Si au moins, vous aviez tenté de parer vos attaques avec ce sort, soupira-t-elle.

Harry haussa les sourcils. Cette femme était étonnante. Elle ne semblait pas s'inquiéter du fait que deux élèves s'entretuent mais plutôt qu'ils ne suivent pas ses ordres. Et en plus, elle leur glissait des compliments déguisés dans ses remontrances. Surprenante, oui.

Le dernier cours du vendredi fut Botanique et se passa sans encombre.

En rentrant au château, Harry se plongea dans un livre de métamorphose, écoutant distraitement les Gryffondors qui ne tarissaient pas d'éloges sur sa performance de l'après-midi.

Seul Remus restait silencieux, particulièrement pâle depuis le matin. La pleine lune tombait le lendemain. Quand ils descendirent manger, i grignota à peine, semblant morose malgré les invectivassions de ses amis.

Harry remarqua que les trois maraudeurs se montraient très soucieux de son bien-être, protecteurs, ce qui le fit sourire.

Après le repas, Harry se remit dans la lecture fastidieuse de Les secrets de la Métamorphoses : tout ce que vous rêvez de faire d'Elzeard Muriforme.

Il s e trouvait dans le chapitre Transformation partielle du corps humain, lorsqu'il sentit une présence à sa droite.

Levant les yeux, il découvrit James, penché sur son épaule, concentré sur ce qu'il lisait. Le cœur d'Harry fit un bond dans sa poitrine.

- Besoin d'un coup de main ? Proposa James.

La bouche du jeune homme s'assécha. Combien de fois avait-il rêvé d'obtenir de l'aide ou un simple conseil de son père ?

Il jeta un coup d'œil à Remus, qui affalé sur un fauteuil, écoutait Peter et Sirius essayés de lui remonter le moral.

- Pourquoi pas, finit-il par répondre en adressant à son père un sourire de remerciement.

Il se poussa légèrement afin de lui laisser une place sur le canapé en velours.

James s'y assit aussitôt et regarda à nouveau le livre qu'Harry tenait.

- La transformation partielle semble plutôt compliquée au départ, mais quand tu as compris le système, ça devient très simple.

Harry acquiesça, observant fixement son père.

- La difficulté réside dans la visualisation, continua James, sans remarquer l'attention qu'Hayden lui portait. Si tu réussis cette partie, tu as gagné. En fait c'est basique : il faut te dire que tu dois y arriver. Pas essayer. Tu comprends ?

Il leva enfin les yeux sur le visage perplexe d'Harry.

- Pas vraiment…

- C'est comme pour un match de quidditch. Ton but doit être clairement visible pour que tu l'atteignes. Tu espère gagner quand tu as repéré le vif d'or, non ?

Harry acquiesça.

- Mais tu n'es sûr que lorsque tu peux voir ses ailes clairement, et les dessins sur la sphère ? C'est exactement la même chose. I faut que tu visualises dans les moindres détails ton objectif. Par exemple, si tu veux faire pousser tes ongles, il faut que tu imagines la courbure, leur texture, la couleur à la base, la peau à la jointure, bref que tu ne te cantonnes pas à dire : « des ongles ». L'image doit être complètement saisie, précise et pas une idée floue.

- D'accord… répondit d'un ton incertain Harry.

James sourit.

- C'est la partie la plus difficile à réaliser. Ne t'inquiète pas si tu ne réussis pas tout de suite. Je ne connais pas une seule personne qui ait réussit du premier coup.

- Pas même Dumbledore ? Demanda une voix féminine.

Harry sursauta et croisa le regard vert émeraude, identique au sien, de sa mère.

James éclata de rire, la surprise passée.

- Pas même Dumbledore, non ! Enfin, j'imagine….

Lily eut une petite moue que le garçon qualifia de « charmante », et se laissa tomber à côté d'Hayden.

Ce dernier essaya de cacher son trouble. Entouré de ses deux parents, il se sentait étrangement en paix, même si la situation n'avait rien de naturel.

Certains mots brûlaient d'envie de jaillir de sa gorge mais un coup d'œil aux traits juvéniles de son père suffit à les lui faire ravaler. Alors, ils e contenta de graver chaque instant dans sa mémoire, et de les ranger précieusement : de l'admiration contenue dans les yeux noisettes de son père, à la cascade de cheveux auburn qui se déversait sur son livre dès que Lily penchait la tête.

- Tu m'as l'air bien studieux, Hayden, remarqua-t-elle.

Ce dernier eut un sourire amusé, ne quittant pas des yeux la jeune fille.

- J'ai un examen la semaine prochaine. Pour vérifier mon niveau.

Lily acquiesça.

- Senna m'en a parlé. Elle s'occupe avec un kit de potions dans la chambre.

Les yeux d'Hayden s'écarquillèrent.

- Elle révise les potions ? Articula-t-il.

La Gryffondor hocha la tête.

- Elle est en train de préparer une potion de ratatinage.

Harry secoua la tête. Pourquoi Summers s'évertuait-elle à préparer un examen qu'elle avait d'avance ? Cela le dépassait. Surtout après les deux heures qu'ils avaient passé mercredi à réviser.

Lui, par contre, aurait bien besoin de revoir certaines choses… dans les plus courts délais.

Heureusement, ses révisions en métamorphose étaient déjà bien entamées. Il y avait bien consacré 4 heures la veille, et il comptait continuer dans la soirée.

Il referma le livre, prenant soin de marquer la page et se tourna vers James et Lily qui partageaient, pour une fois, une conversation civilisée.

Vers 10h, il se replongea dans sa lecture et ne consentit qu'à monter se coucher que 2h30 plus tard.

Ses quatre camarades de chambre s'étaient couchés tôt, trois aidants un Remus exténué à monter les marches. Lorsqu'il pénétra dans le dortoir, il vit que ce dernier connaissait un sommeil agité.

Luisant de sueur, le visage baigné par la lumière de la lune, il semblait fiévreux, quelques gémissements douleurs s'échappant de ses lèvres gercées.

En observant les traits prématurément marqués de l'adolescent, Harry songea que Summers connaissait probablement la marche à suivre pour la potion Tue-loup et il se promit de lui demander le plus vite possible.

Une pâle lumière se déversait à travers les rideaux lorsqu'Harry se réveilla. Il chercha des yeux son réveil puis se souvenant qu'il ne l'avait pas apporté, il jeta un coup d'œil à la table de chevet voisine. En plissant les yeux, il réussit à déchiffrer le cadran, subitement flou sans ses lunettes.

9h04.

Promenant ses yeux myopes sur les lits voisins, il s'aperçut que seul le lit de Remus était vide. Et en juger par ses draps entortillés, le reste de sa nuit n'avait pas été meilleur que le début. Harry repoussa sa couette, se saisit de ses lunettes et attrapant son uniforme au passage, il partit en direction de la salle de bain.

Morgane s'était réveillée sous un ciel assombrit. Dehors la lune était haute, joufflue. Prenant soin de ne réveiller personne, elle s'était glissée hors du dortoir et confortablement calée dans la salle commune vide, devant les dernières braises, elle avait commencé à réviser sa métamorphose. Ils possédaient tellement peu de temps pour réviser !

Et Morgane s'était jurée qu'elle les réussirait à cette époque même si elle devait repasse ses buses plus tard, lorsqu'ils seraient rentrés. S'ils arrivaient à rentrer.

Pour le moment, elle ne s'en était pas trop préoccupée, trop emportée par les évènements, mais il faudrait s'y mettre au plus vite car fabriquer une potion s'étalait sur plusieurs mois.

Il fallait donc qu'elle réussisse ses examens. Ne serait-ce que parce que les cours en compagnie de James, Sirius, Remus et Peter étaient si distrayants !

Lorsque les premiers Gryffondors émergèrent, elle leur emboita le pas, les suivant jusqu'à la Grande Salle quasiment vide. Il était 8h15 et peu d'élèves se levaient si tôt un samedi matin. Trop préféraient profiter d'un peu de repos. Morgane aurait été ravie de rester également sous sa couette, s'il n'y avait pas eu ses fichues révisions.

Elle se dirigea vers un coin de table désert, se servit un bol de thé et retourna à l'étude de la métamorphose en tournant pensivement sa cuillère.

Sirotant son thé brûlant, elle ne leva les yeux de son livre que lorsqu'elle sentit une masse tomber sur le banc en face d'elle.

Ennuyée, elle releva la tête et croisa le regard terne de Remus Lupin. Le teint cadavérique, ses yeux étaient cernés et rouges et ses cheveux tombaient misérablement sur son front, luisant de sueur. Il eut le courage de lui adresser un sourire douloureux auquel elle décida de répondre chaleureusement.

Malgré tout, son regard resta inquiet. Elle venait de se souvenir que cette nuit ce serait la pleine lune et tout ce que cela impliquait.

La journée allait se passer dans une atmosphère joyeuse d'avant-fête mais pour Remus Lupin, ce ne serait qu'une journée crainte et détestée, passée à appréhender le soir, trop courte et en même temps, si longue.

Le jeune homme se servit un verre de jus de citrouille avec lassitude, tendit la main pour saisir une tranche de bacon mais grimaça en entant le fumet qui s'en échappait. Sa main retomba lourdement sur la table.

Depuis la veille, ses sens avaient décuplés et l'odeur de la viande cuite lui donnait la nausée. Son corps réclamait un morceau cru, tout comme il aspirait à être au calme et à éviter le brouhaha continuel des élèves.

- Pas faim ?

Remus releva la tête. En plus des courbatures, et des douleurs physiques qu'il subissait avant ses transformations, il devait supporter le trop plein d'odeurs, de bruit. Les odeurs corporelles de chacun se mélangeaient et finissaient par l'écœurer.

Il reporta son attention sur la jeune fille en face de lui. Ses narines furent assaillies par des effluves nouvelles, mélange de gingembre et de savon, odeur de sueur également, toujours présente, surtout le matin.

Et cette odeur le fit sursauter. Il la connaissait… Ou du moins, elle lui semblait familière.

L'adolescente le fixait avec douceur, expression qu'il n'avait jamais encore vu dans ses prunelles.

- Si, si…, chevrota-t-il plus qu'il ne parla, la viande est juste un peu trop cuite.

Summers hocha la tête, jeta un coup d'œil à l table des professeurs, puis pointa sa baguette sur un des morceaux entassés.

- Temposa, chuchota-t-elle.

Le morceau de bacon grillé se mit à changer doucement de couleur et sembla comme être gonflé sous les yeux fatigués de Remus.

Il observa, éberlué, le porc à peine cuit qui se trouvait devant lui. Une délicieuse odeur de sang vint chatouiller ses narines mais il se maîtrisa.

- ça te va ? Demanda-t-elle s'un ton enjoué.

Remus la regarda avec stupéfaction.

- Comment tu as fait ça ? Dit-il en reprenant ses esprits.

La jeune fille sourit.

- C'est un sortilège de ma composition…

Comment pouvait-elle expliquer que c'était un sortilège basique, qu'elle avait appris lors d'un séjour en France dans un restaurant chic sorcier alors qu'il n'existait pas à cette époque.

Le jeune homme l'observa pendant quelques minutes, sceptique.

Tout d'un coup, une armée de doutes s'infiltrait dans son esprit fatigué. Comment Summers pouvait connaître ses convenances de lycanthrope ? Aurait-elle simplement rendu la viande saignante parce qu'il avait laissé entendre qu'il l'aimait comme ça ? Mais Dieu ! Le porc ne se mangeait jamais saignant !

Il laissa échapper un rire amer devant les sourcils froncés de la brune. Et dire qu'hier, c'était lui qui réprimandait James et Peter pour leur suspicion ! Et voilà qu'aujourd'hui, il se posait un millier de questions pour un morceau de viande. Un coup d'œil au ledit morceau chassa tous ses doutes. Pour l'heure, son estomac grondait et le bacon se trouvait fort appétissant.

Tentant de contrôler les tremblements de ses mains, il saisit le morceau, remercia Summers et entreprit de petit déjeuner correctement.

L'adolescente en face de lui se replongea dans son exemplaire de Métamorphose élémentaire et complexe en 10 leçons, tout en finissant son bol de thé. Cependant, Remus nota qu'elle ne cessait de lui jeter des coups d'œil par-dessus la couverture.

Lorsqu'il eut terminé son bacon et las de sentir les regards de la jeune fille, il finit par prendre la parole.

- Bien dormi ? S'enquit-il, poliment.

Summers passa sa tête par-dessus le livre.

- Oui, affirma-t-elle.

Elle marqua un temps d'arrêt.

- Je ne te poserai pas la question, la vérité saute aux yeux. Tu as l'air exténué, Remus.

Ce dernier hocha simplement la tête.

Summers se pencha vers lui.

- Tu devrais aller voir Pomfresh, continua-t-elle, bien qu'il secouât la tête frénétiquement, tu as du attraper quelque chose avec le froid qu'il fait !

Remus eut un pâle sourire.

- Non ça va…, je suis juste un peu inquiet… Ma mère ne va pas très bien, ajouta-t-il devant le regard interrogateur de la jeune fille.

Il refit un de ses sourires contrits faussement rassurants, auquel Senna répondit par une mine désolée… toute aussi factice.

Elle savait parfaitement que Remus n'était pas inquiet pour sa mère. Cette maladie était un prétexte pour justifier ses absences fréquentes. Sa mère devait se porter pour le mieux… et réellement, elle, s'inquiéter pour son fils.

- Excuse-moi…, souffla-t-elle. Je ne savais pas qu'elle était malade.

Remus se composa u masque de douleur mais ne répondit rien.

Au fond de lui-même, il s'écœurait pour son attitude, pour ses mensonges. Au fond de lui-même, il savait qu'il n'avait pas le choix.

La jeune fille dévida de changer de sujet et se mit à le questionner sur la difficulté des devoirs de Mc Gonagall et de Slughorn, ce à quoi le garçon répondit de bonne grâce.

Ils furent bientôt rejoints par Harry, qui salua chaleureusement Remus, sous l'œil torve de Summers, à qui, il ne prêta aucune attention.

- Tu te lèves bien tôt Remus !

Ce dernier hocha la tête avec lassitude.

- Je n'étais pas fatigué…

Le jeune homme n'insista pas au grand soulagement de Remus, qui pu retourner à son verre de jus de citrouille.

Une troupe de filles de Gryffondor descendirent parmi lesquelles Lily et Kalyan.

Harry observa les deux autres compagnes de chambres de Summers et leur fit un sourire. Les jeunes filles ne firent aucun commentaire concernant Remus, sa réputation de petite nature n'étant plus à refaire.

James, Sirius et Peter ne descendirent que plus tardivement et se préoccupèrent tant de Remus, que ce dernier finit par se lever, excéder, et sortir.

Sirius accompagna son départ d'un bâillement.

Se tournant vers la table, il posa son regard sur Senna qui, absorbée dans son livre, n'avait pas daigné lever les yeux.

- Qu'est-ce que tu lis ? Demanda-t-il, curieux.

La jeune fille écarta les doigts, de façon à ce qu'ils puissent tous apercevoir le titre sur la couverture.

Peter fit une grimace en le déchiffrant.

- Tout un programme ! Laissa-t-il échapper avec un soupir.

Senna lui jeta un coup d'œil puis esquissa un mince sourire.

- Au fait, Summers, s'enquit James. Tu vas avec qui au bal ?

Mâchouillant leur bacon, trois visages intéressés se tournèrent vers elle.

La jeune fille ne leva pas les yeux de son livre.

- Duchemin, déclara-t-elle posément.

James manque de s'étouffer.

- Pardon ? !

Senna le va lentement les yeux et fixa le brun.

- Adrien Duchemin.

Il y eut une minute de silence perplexe où tous les garçons observaient, incrédules, la Gryffondor.

- Je croyais que tu le détestais, finit par lâcher Peter.

Senna eut un regard exaspéré.

- Je ne le déteste pas. Il me fatigue, c'est tout.

- Alors pourquoi avoir accepté ? Continua James, cherchant à comprendre le brusque revirement de la jeune fille.

Un sourire effrayant étira ses lèvres d'un demi-centimètre.

- Parce que, en voyant l'enfer que je vais lui faire vivre durant cette soirée, il va préférer définitivement m'oublier.

Hayden se mit à rire, provoquant l'étonnement général. Senna se contenta de le regarder avec satisfaction.

Lorsqu'ils sortirent de la salle, l'hilarité d'Hayden ne s'était pas calmée. En réalité, c'était plus une forme de soulagement exprimée en joie, qu'un simple rire. Morgane Evans restait fidèle à elle-même. Etrangement, cette constatation le rassurait. Chaque jour semblait l'éloigner de sa réalité, de son époque et de tous les évènements, le plongeant un peu plus dans ce passé, si simple, sans réel souci, si bien qu'il souhaitait parfois s'y perdre.

Le peu de choses qui le raccrochait à son ancienne vie, aussi détestable soit-elle, l'aidait à ne pas perdre pied et à oublier son but premier : retourner à son époque. Son époque. Que se passait-il à Poudlard en ce moment même ? Une semaine s'était écoulée ici et Ron et Hermione avait dû subir 5 heures de cours avec Ombrage. Etaient-ils morts d'inquiétude ? Comment Dumbledore gérait-il leur disparition ?

Ce dernier point le taraudait un peu moins car s'il y avait un homme capable d'expliquer la disparition soudaine de deux élèves, c'était Albus Dumbledore.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que les autres s'étaient écartés et percuta brutalement une pile de citrouilles géantes.

Projeté au sol, il aperçut la citrouille du sommet tanguer dangereusement pour finalement venir s'écraser devant lui, l'aspergeant copieusement de purée orange.

- Mince ! Grommela une voix bien connue.

La masse hirsute qui portait les citrouilles les déposa rapidement sur le sol avant de se pencher sur Harry. Ce dernier vit deux petits yeux en forme de scarabée scruter son visage.

- Toi, tu devrais faire attention où tu vas, dit-il d'une voix bourrue.

Il lui tendit une main aussi grande qu'une cymbale et continua plus doucement.

- ça va ?

Harry lui offrit en retour son plus beau sourire.

- Très bien, merci !

Il accepta la main tendue et se releva en tentant d'essuyer les morceaux de citrouilles de ses vêtements.

- Je suis désolé pour la citrouille, s'excusa Harry avec sincérité.

Hagrid le regarda avec surprise, puis sourit. Un sourire familier, même si, aujourd'hui, il engendrait moins de rides autour des yeux.

- Pas bien grave… Il m'en reste encore plein.

Il le dévisagea un moment, soucieux, semblant chercher à placer un nom sur ce visage.

Harry lui rendit son regard en souriant, heureux de retrouver un ami, avant de se rendre compte du malaise du garde-chasse.

- Hayden Wynne, déclara-t-il, en lui tendant amicalement la main. Et je suppose que vous êtes Mr. Hagrid ?

Ce dernier le regarda avec étonnement avant de lui broyer les doigts dans une étreinte énergique.

- James, Sirius et Peter m'ont parlé de vous, expliqua-t-il en désignant les trois garçons qui arboraient toujours une mine moqueuse depuis qu'il s'était fait copieusement asperger par la citrouille.

Hagrid leur jeta un coup d'œil et un sourire chaleureux apparut sur ses lèvres.

- Cela fait une éternité que vous n'êtes pas venu me raconter une de vos farces, vous trois, les gronda-t-il gentiment. D'ailleurs où se trouve Remus ?

Harry n'entendit pas la réponse donnée par James. Une bouffée de nostalgie l'avait envahit en songeant aux nombreux instants passés dans la cabane d'Hagrid avec Ron et Hermione.

Il ne réagit que lorsqu'Hagrid se tourna à nouveau vers lui avec un nouveau sourire, lui montrant toutes ses dents.

- Tu es le nouveau c'est ça ? Demanda-t-il gentiment. Dumbledore m'a parlé de l'arrivée de deux élèves. Un grand homme Dumbledore. Accepter en cours d'année comme ça. Oui, un grand homme.

Harry hocha la tête distraitement.

Hagrid reporta son attention sur les Gryffondors et posa un regard bienveillant sur Summers.

- Je suppose que cette petite jeune fille est votre nouvelle camarade ?

A ces mots, James, Sirius et Peter éclatèrent de rire sous les yeux éberlués du garde-chasse. Même Harry s'autorisa un sourire.

Summers ne se laissa pas démonter pour autant. Se plantant devant le demi géant, elle attrapa l'énorme main qui tombait sur son flanc, la secoua vigoureusement en déclarant d'une voix remplie de sarcasme :

- Je m'appelle Senna Summers… vu que mes « camarades » sont incapables de nous introduire.

Hagrid la contempla avec stupéfaction, avant de serrer machinalement à son tour sa main. Elle lui adressa un clin d'œil et lui désigna les quatre garçons franchement amusés.

Hagrid lui lâcha la main, s'avéra ravi d'avoir fait leur connaissance mais avoua qu'il devait retourner à ses citrouilles afin de laisser le temps aux préfets de préparer la salle.

Les oreilles des maraudeurs se dressèrent aussitôt.

- Quelle décoration sublime, ils ont prévu ! N'est-ce pas ? S'enthousiasma Sirius.

- Oh oui ! Renchérit Hagrid, quelle idée géniale d'avoir pensé aux chauves- souris !

- Ah oui, les chauves-souris, dit James avec un sourire en coin, leur entrée va sûrement être spectaculaire. ..

- Spectaculaire ? S'exclama Hagrid en mordant à l'hameçon, le ballet aérien prévu va être GRANDIOSE ! Moi je vous le dit, celui qui va gagner le concours de costumes va être surpris lorsqu'il les verra fondre sur lui !

Il secoua doucement la tête.

- Et c'est sans parler des bougies…

Un immense sourire s'étala sur les visages des trois Gryffondors sous l'œil désabusé d'Hayden et Senna. « De vrais Serpentards… », Songea cette dernière.

- Des bougies ? Demanda innocemment Sirius.

Hayden et Senna passèrent la matinée à réviser dans l'atmosphère joyeuse des préparations de fêtes. James et Sirius se proposèrent pour aider respectivement la jeune fille et le jeune homme, l'un en métamorphose, l'autre en potions, mais, cédant à la bonne humeur générale finirent par engager une bataille rangée sous l'œil désapprobateur d'Amelia Bones. Hayden et Senna y participèrent un moment avant de se remettre à leurs révisions.

Cela faisait une heure que Peter et Remus étaient descendus et que les quatre compères avaient disparu, apportant à la salle commune une tranquillité relative.

Senna soupira une énième fois, en jetant un regard furibond aux filles de deuxième année qui gloussaient au sujet de leurs cavaliers.

Malheureusement pour elle, la journée était trop belle pour être gâchée par un de ses regards, aussi glacés soit-ils.

Cependant, la mine exaspérée de la sixième année rafraîchit légèrement l'enthousiasme des fillettes qui partirent glousser plus loin.

Harry les suivit du coin de l'œil, avec soulagement. Les gloussements, roucoulements ou autres son typiques des oiseaux qui résonnaient depuis ce matin, dans la pièce commune, le fatiguaient.

Ne s'étant jamais sentit l'âme d'un ornithologue, il ne comprenait pas grand-chose aux regards appréciateurs, ni à la cour à laquelle certaines s'adonnaient et était secrètement ravi que Lily lui ait proposé d'aller au bal avec elle. Quoi que « proposé » ne soit pas réellement le mot adéquat.

Il leva les yeux au ciel en surprenant une cinquième année qui le dévisageait avec insistance, détourner brusquement la tête en ricanant bêtement.

Senna fusilla du regard un dernier groupe de quatrièmes années, qui pépiaient dans leur coin avant de reporter son attention sur le bouquin volumineux qui l'intéressait.

Jetant un regard vitreux sur la description de la potion de babillage, il se risqua à demander ce qui le taraudait depuis ce matin.

- Summers ?

La Gryffondor tourna ses yeux vides vers lui. Elle non plus ne semblait plus capable d'ingurgiter aucune connaissance. Cela faisait tout de même 3h30 qu'ils travaillaient d'arrache-pied mis à part la pose ludique avec James et Sirius.

- Connais-tu le mode de préparation de la potion Tue-loup ?

Le regard de Senna se fit plus acéré. Cependant, elle hocha simplement la tête et se remit à lire sans grande conviction.

- Tu saurais donc la réaliser ? Continua Harry.

La jeune fille le fixa intensément et un éclair de compassion brilla dans ses yeux.

- Oui, mais…

Harry ne fit pas attention au « mais ». Son visage s'éclaira d'un coup. Il reprit, beaucoup plus rapidement, et à voix basse :

- Ecoute, ce serait bien de pouvoir en préparer pour Remus. En troisième année, le Pr. R…, de potions, lui en donnait régulièrement et cela améliorait énormément les nuits de Lupin. Ça le rendait inoffensif ! Enfin, tu dois connaître les effets, bien sûr, mais si tu pouvais en prép…

- Je ne le ferai pas, coupa Senna.

Harry la fixa, interdit.

- Pour ce soir, c'est certain, articula-t-il lentement, je sais qu'il faut du temps pour la préparation, mais…

- Je ne peux pas le faire Hayden, déclara-t-elle avec douceur, c'est interdit…

L'emploi du prénom le frappa plus fortement que ses paroles. Que cherchait-elle à lui dire ? Elle ne semblait pas encline aux respects des règles, alors… ?

Il se pencha un peu plus sur la table.

- Senna, (si elle l'appelait par son prénom, il pouvait bien se le permettre, surtout pour la sensibiliser), on se contrefiche du règlement ! Tu as vu l'état de Remus ? Je peux te dire qu'il n'a presque pas dormi de la nuit t que le peu de sommeil qu'il a eu a été très douloureux ! Que va-t-il se passer ce soir d'après toi ? La douleur sera bien pire ! Cette potion lui épargnerait toutes ses souffrances et tu le sais ! Alors qu'est-ce que ça peut te faire que Poudlard n'autorise pas la confection de potions de ce genre ?!

Il se redressa légèrement.

- En plus, cela nous ferait travailler nos potions, ajouta-t-il, bien plus que ces fichues révisions.

Le regard de Senna se fit franchement plus amusé.

- Wynne (Tiens, on repassait aux noms ?), je ne suis pas Hermione Granger. Ton idée d'évoquer le travail pour me convaincre n'est donc pas concluante, tout simplement parce que ce n'est pas un règlement de Poudlard qui nous l'interdit mais nous !

Harry la regarda, sidéré.

- Tu peux approfondir ?

Elle eut un léger soupir mais y consentit.

- Nous ne sommes pas de cette époque et nos connaissances non plus, Wynne. La potion Tue-loup n'a pas encore été trouvée… on ne peut pas influencer sa découverte. Ça briserait complètement les lois naturelles… et notre avenir.

Harry inspira un grand coup. Pourquoi n'avait-il pas pensé à ça ? La réponse de la jeune fille était sensée. Préparer une telle potion susciterait trop de questions curieuses auxquelles ils ne pourraient malheureusement pas répondre. Et si la nouvelle se répandait, quels évènements dramatiques adviendraient lorsqu'ils auraient modifié la découverte de cette potion, en quoi auraient-ils changé leur avenir ?

Avenir, présent, passé, tout se mélangeait rapidement dans sa tête, si bien qu'il n'arrivait plus à démêler les évènements.

Se sentant complètement idiot, il posa ses paumes sur la table, doigts écartés.

- Tu as raison, dit-l, s'étonnant lui-même. J'espérais seulement…

L'adolescente en face de lui écarquilla les yeux de surprise. Wynne reconnaissait rarement ses torts et n'avait jamais, oh grand jamais !, avoué qu'elle pouvait avoir raison !

A croire que leur séjour dans le passé avait déjà changé beaucoup de choses : 5 années d'hostilité par exemple.

« Pas d'hostilité », corrigea-t-elle, mentalement, plutôt 5 années à s'ignorer mutuellement.

Au fond, Harry Potter n'était pas si inintéressant que ça, songea-t-elle, il pouvait même s'avérer sympathique. Et se préoccupait pas mal de ses amis à en juger par la mine soucieuse et ses questions désespérées auxquelles il ne semblait pas avoir pris le temps de réfléchir, trop heureux à l'idée d'avoir trouvé une solution pour penser aux nombreux problèmes qu'elle engendrait.

- Et s'il ingurgitait la potion sans savoir ce que c'est ?

Senna haussa u sourcil. Potter avait retrouvé ses yeux verts plein d'espoir.

- Je m'explique, dit-il posément, disons qu'on arrive à glisser la potion discrètement dans son jus de citrouille… le tour est joué !

La Gryffondor considéra un instant cette possibilité puis secoua la tête.

- Trop risqué. Avec la bande d'infirmiers qui l'entoure, on nous verrait forcément.

Harry eut un mince sourire.

- ça vaut le coup d'essayer.

- Non.

- Bien sûr que si !

- Non.

Harry sentit sa patience s'effriter.

- Summers ! Explosa-t-il, faisant sursauter le groupe de quatrième année, tu sais très bien que ça peut marcher ! Alors je me contrefiche qu'il y ait un infime risque qu'on nous surprenne si cela fait cesser le calvaire de Lupin !

Les quatrièmes années le fixaient avec des yeux ronds désormais.

- La ferme, Wynne ! Siffla dangereusement la jeune fille dont les yeux brillaient d'un éclat meurtrier.

Elle jeta un coup d'œil aux Gryffondors et reprit à voix basse :

- Bravo pour la discrétion ! Tu vas bientôt pouvoir faire une annonce officielle ! Et j'ai dit non, c'est trop risqué.

Harry se sentit vaguement coupable devant les regards fixes des quatrièmes années mais, toujours énervé, il posa un regard furibond sur la jeune fille.

- ça peut marcher, s'entêta-t-il, il suffit de faire ça discrètement (il s'attira un regard moqueur). Et puis qu'est-ce que tu crois que cela ferait si on nous surprenait ? Ce n'est pas trois malheureuses gouttes qui vont provoquer un chaos absolu ! Et même si c'était le cas… cela veut dire que notre arrivée l'a déjà provoqué ! Tu es simplement égoïste !

Summers ferma sèchement son livre, prit ses affaires et déclara sans s'inquiéter de baisser la voix.

- C'est justement parce que nous ne savons pas ce qu'il se passerait que je ne le ferais pas ! Je ne souhaite pas provoquer un désastre pour aider une personne. Et si tu n'es pas d'accord, c'est toi qui es égoïste !

Dans un tourbillon de robes, digne de Rogue, elle monta s'isoler dans son dortoir afin d'avoir la paix. Harry en fut pleinement satisfait et s'arrêta de déchiqueter furieusement son parchemin.