Hola tout le monde ! (Ah, les oraux de langue sont passés par là...)
Comment allez-vous aujourd'hui ?
Bon, cette semaine, je tenais à m'excuser (je commence de plus en plus fréquemment mes entêtes de cette manière... *se file une gifle*) du presque-retard de la semaine dernière, quand j'ai failliiiiii publier dimanche mais c'était quand même encore samedi. Du coup, pour me faire pardonner, je vous publie ce chapitre le samedi matin, trèèèèès tôt... Ou le vendredi soir, quoi. ;). Et puis, aussi, comme l'a souligné Liaryn, le chapitre 10 était plutôt court... Pour une bonne raison : celui-ci est assez long. Mais j'espère que vous l'apprécierez.
Je tiens à remercier du fond du coeur toutes mes revieweuses, j'ai nommé stephnew (mais ne te sens pas coupable, ne t'inquiète pas, je ne vais pas te lancer la première pierre ! Je suis moi-même à la limite de vous laisser poireauter jusqu'après le bac, étant donné la quantité monstrueuse de choses que je dois modifier dans les temps... Mais non, vous êtes trop géniaux, alors.. Alors je publie pour vous. Je vous aime. Bref. Et merde à toi aussi !), ByaRenFangirl (rebelotte, ne t'excuse pas du retard, c'est moi qui ai commencé ^^. D'ailleurs, ton message risque d'attendre dans ma boite un petit moment encore... Désolée :/. Donc je répondrai à ta review avec précision. Pour ce chapitre... CALME-TOI. Tout va bien se passer. Non et puis, plus sérieusement, tu me diras ce que tu en penses. J'espère que tu apprécieras la manière dont c'est tourné. J'ai l'impression de parler chinois, j'vais m'arrêter là), Liaryn (ne t'excuse surtout jamais de me dire des choses négatives ! C'était construit, et ça m'a permis de bien cerner ce que tu n'avais pas apprécié. Tu sais, ce genre de commentaire m'aide beaucoup plus que si tu m'avais juste dit "j'ai pas aimé." Donc juste pour avoir fait l'effort de me dire vraiment ce qui n'allait pas, merci beaucoup ! Pour autant, j'espère que la suite te reviendra plus .), Njut-Gadji (eh bien justement... ! Tu m'diras ce que tu penses de ce chapitre ! :D), et enfin je souhaite la bienvenue à naidaj52200 parmi les revieweuses ! :D (Félicitations, tu as réussi à me faire danser la samba en quelques lignes. Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup...).
Ahem ! *s'éclaircit la voix*. Mes amies, mes amis... C'est avec un grand plaisir, une immense fierté ainsi qu'une gratitude sans fin que je vous annonce que... PULSIONS A DEPASSE LES 10 000 VUUUUUUUUUUES ! *pompilope*
Merci infiniment encore une fois, vous êtes incroyables, et si vous n'étiez pas là, je ne sais pas ce que je serais. *courbette, courbette, courbette* merci !
Eh bien voilà, je pense que j'ai tout dit... et que je peux vous laisser lire. J'espère que vous apprécierez ce chapitre, il est un peu... différent des autres. L'histoire va prendre un tournant différent, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, et surtout que vous comprendrez ce qu'il se passe dans la tête des protagonistes...
Bonne lecture.
Rated du chapitre : Mh... J'ai bien envie de mettre M. Pour être sûre, encore une fois.
Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à Tite Kubo.
Chapitre 11 : Rédemption, partie 1.
Mayuri referma doucement la porte coulissante derrière lui, un fin sourire inscrit sur son visage. Enfin, il avait ce qu'il désirait. Il entrait finalement dans les affaires malsaines de la Soul Society… et celle-là n'était pas des moindres.
Il frissonna de plaisir et s'éloigna peu à peu. Il ne savait pas si Byakuya resterait chez lui en l'attendant ou bien irait rendre visite à son ennemi.
C'était ainsi qu'il avait présenté Gin un ennemi. Un homme qui ne méritait pas de vivre. Pour la simple raison qu'il avait touché à Renji. Mayuri n'était pas bien sûr de comprendre tous les tournants de cette histoire, mais il comprenait aisément que la jalousie prenait une grande part dans la soumission du lieutenant tatoué. Il avait aussi compris que Byakuya voulait qu'aucun mal ne soit fait à sa proie. Ce qui, il fallait en convenir, était complètement paradoxal.
Mais Mayuri s'en fichait – au contraire même, c'était une déviance qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'observer auparavant. Un décalage mental qui affligeait deux des plus hauts gradés du Gotei 13 il avait besoin d'étudier ce cas. Avec un esprit scientifique exacerbé comme le sien, comment aurait-il pu en être autrement ?
Il marcha presque instinctivement vers sa destination. Il savait parfaitement ce qu'il devait faire. Il pouvait presque sentir les piques d'adrénaline qui affluaient de la plante des pieds jusqu'au bout de ses doigts. C'était une sensation exquise qui l'envahissait.
Il se dit qu'il était sûrement fou. Qui se sentirait comme lui se sentait dans une telle situation ?
- Bonjour, Kurotsuchi Taichô.
Mayuri sursauta mais ne répondit pas, trop occupé qu'il était à décrypter ses pensées. Le Shinigami qui l'avait salué passa son chemin, laissant le capitaine tranquille. Cependant, ce dernier reprit rapidement ses esprits. Il ne devait pas se distraire de sa tâche première. A présent qu'il avait un but, une mission dont on l'avait investi, il se sentait revivre. Il voulait voir les choses bouger il voulait faire bouger les choses et observer, être témoin de tout ce qui se produisait. Il ne voulait pas en manquer ne fût-ce qu'une seconde. Car c'était inédit. C'était un cas qui n'avait jamais été étudié auparavant mais lui, Mayuri, allait le faire. Il le pouvait.
Il le devait.
Il constata avec un petit rire qu'il était arrivé à destination. Il leva les yeux pour observer la fenêtre qu'il visait, ainsi que les alentours. Tout semblait si calme. Pas un bruit ne semblait vouloir perturber le silence serein qui s'étendait sur toute la zone. Les énergies spirituelles des Shinigamis qui vivaient par ici ne fluctuaient pas. Tout était d'un calme plat.
Mayuri se rendit d'un simple bond sur le balcon et, sans attendre, frappa contre le carreau. Il entendit qu'on s'agitait à l'intérieur, et une silhouette se dessina de l'autre côté du verre.
La fenêtre coulissa, laissant apparaître le Shinigami qu'il recherchait.
- Kurotuchi Taichô, fit Renji, l'air préoccupé. Si vous cherchez Hitsugaya Taichô et Matsumoto Fukutaichô, ils viennent juste de partir, je…
- Ce n'est pas pour ça que je suis venu, Renji, coupa Mayuri, un sourire s'étirant de plus en plus sur son masque. Puis-je entrer ?
Izuru se retourna, regardant Kurotsuchi Taichô s'éloigner rapidement. Il haussa un sourcil. Mayuri lui avait paru étrange. Pourquoi lui avait-il paru différent de l'accoutumée ? Après tout, ce scientifique fou était toujours dérangé. Son reiatsu était toujours perturbé par les innombrables questions – existentielles ou non – qui encombraient son esprit. Cependant, il y avait quelque chose qui chiffonait Izuru, aujourd'hui. C'était comme s'il se passait quelque chose.
Il ne s'était jamais vraiment intéressé à Mayuri, se concentrant uniquement sur son propre capitaine, Gin, qui était le centre de son monde. Il n'aurait su dire si Kurotsuchi était effectivement bizarre ou non, mais il était au moins sûr d'une chose il était différent aujourd'hui.
Soudain, il se figea. Etait-ce possible que… ? Non, non, ce n'était pas possible, il devait s'imaginer des choses. C'eût été trop de coïncidences. C'était presque inimaginable.
Pourtant, quelque chose mettait bel et bien la puce à l'oreille de Kira. Et il se rappelait parfaitement ce conseil particulier, où Byakuya était arrivé en retard, et où il avait soutenu que le katana au centre de la pièce était le sien… Et où Mayuri avait été le seul à valider cette affirmation.
Etait-il possible que Mayuri soit avec Byakuya ? Ou bien se faisait-il des idées ?
Il secoua la tête et se dit que de toute façon, mieux valait prévenir que guérir. Il effectua un sort de kidô et envoya un papillon des enfers au capitaine Hitsugaya et à son lieutenant Matsumoto, disant que Mayuri se dirigeait droit vers la maison de Renji avec un air suspicieux.
Quand le papillon s'envola loin de lui, il soupira intensément. Cette histoire le suivrait-elle donc pour toujours ? Il était déjà suffisamment peiné d'avoir perdu son amant – pour ne pas dire qu'il ne dormait presque plus la nuit, et qu'il se sentait de plus en plus insignifiant à mesure que Gin ne montrait plus aucun signe d'intérêt pour lui. Il ne voulait plus être mêlé à tout ça. Il avait trop souffert.
Bien trop souffert.
Renji entendait des bruits diffus. C'était comme si ses oreilles étaient sur le point d'exploser, pourtant, les seuls sons qui lui parvenaient lui donnaient l'impression d'être dans une bulle. Il bougea la tête et se rendit compte que ses yeux étaient fermés. Il plissa les paupières. L'arrière de son crâne le lancinait. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Son cerveau refusait de collecter les informations pour les mettre en commun. Il avait juste des perceptions, il savait qu'il y avait quelque chose, mais il n'arrivait pas à déterminer quoi.
Avec une difficulté immense, il ouvrit les yeux. Aussitôt, la lumière l'aveugla et il plissa les paupières en grognant. Il voulut lever les bras pour se protéger des rayons du soleil. Et ce fut à cet instant précis qu'il se rendit compte que quelque chose n'allait vraiment pas.
Il baissa les yeux. Ses mains étaient retenues par de simples cordes à une chaise en bois sur laquelle il était assis. Une autre corde lui entourait la taille, l'empêchant de se lever de même pour ses chevilles. Il n'eut même pas le réflexe de se débattre. La peur le tétanisait. Il aurait pu faire appel à ses pouvoirs et se sortir de cette situation, seulement son esprit s'était perdu dans une marre de peur à l'état pur, il n'arrivait même plus à bouger un seul muscle.
Devant lui, la porte s'ouvrit, laissant apparaître Mayuri qui le considéra avec un sourire, dévoilant ses dents. Il frissonna, mais l'autre ne dit rien. Le capitaine fit le tour de la chaise et se plaça derrière Renji à distance respectable, de manière à ce que le prisonnier ne puisse le voir même s'il tournait la tête.
- K-Kurotsuchi Taichô, parvint finalement à articuler Renji malgré le tremblement incontrôlable de sa lèvre inférieure et de son corps tout entier. Que… pourquoi ?
- Oh, tu vas vite comprendre, répondit simplement Mayuri, le rire dans la voix.
Et le monde de Renji s'écroula.
Tout ce pour quoi il s'était battu jusqu'à présent fut balayé en un instant. Toutes les choses qu'il avait accomplies furent oubliées, comme si elles n'avaient jamais existées.
L'être qu'il craignait le plus au monde passa la porte et la referma derrière lui, avant de lui faire face, de toute sa hauteur.
Inconsciemment – de toute façon, Renji venait de perdre tout repère, sa conscience n'était plus qu'un enchevêtrement de pensées plus effroyables les unes que les autres – le tatoué se replia sur lui-même.
Byakuya n'avait pas changé. Il avait toujours ce regard hautain, cette expression dans le regard qui le faisait se sentir, lui comme tous les autres, comme s'il n'était rien et n'avait jamais rien été. Cette façon de regarder les autres de manière hautaine, arrogante, méprisante, le menton relevé, les yeux d'un noir profond scrutant son vis-à-vis – tout dans l'attitude de l'ancien capitaine de la sixième division ne faisait que tirer un peu plus Renji dans le gouffre de terreur qui l'envahissait peu à peu.
Le noble s'avança de quelques pas, vaporeusement. Le cœur du tatoué manqua un battement. Renji se mit à haleter irrégulièrement.
- Ce n'est pas…
Il allait dire « réel », mais la main de son ancien tortionnaire s'emparant de sa mâchoire le convainquit du contraire. Ce n'était pas une hallucination. Pas cette fois. Il aurait pu prier pour que ce soit le cas, mais non. Byakuya était véritablement là. Pour de bon, de nouveau, et cette fois-ci, il en avait l'absolue certitude.
Byakuya lui releva la tête et plongea son regard sombre dans les yeux terrifiés de celui qui lui avait tant manqué pendant trois mois. Renji sursauta lorsque les mains de Mayuri, derrière lui, se posèrent sur ses épaules. Ce ne fut qu'à ce moment qu'il commença à se débattre, tout d'abord de manière presque inconsciente, puis de plus en plus fort, des marques rougeâtres ne tardant pas à apparaître au niveau de ses poignets et de ses chevilles. Byakuya se pencha en avant, et posa une main sur la tête de son ancien lieutenant. Celui-ci se figea, le souffle court.
- Non…
- Shh, fut la seule chose que répondit Byakuya.
Il passa sa main derrière la tête de Renji qui frissonna, les larmes aux yeux. Ses mains, douces et sûres, parvinrent jusqu'à sa nuque, y laissant un sillon de frissons. Elles remontèrent progressivement, jusqu'à toucher le lacet qui retenait la quantité impressionnante de cheveux rouge sang. Renji ferma les yeux lorsque Byakuya lui retira le lacet, laissant ses cheveux se répandre sur sa nuque, sur son dos et sur ses épaules, telle une cascade rougeâtre.
- C'est impressionnant, comme il est envahi par la peur, entendit-il de la bouche de Mayuri.
Byakuya s'éloigna enfin pour contempler le visage terrorisé de sa victime qui n'osait même pas le regarder. Il ne répondit pas à l'autre capitaine.
Mayuri renforça la pression qu'il exerçait sur les épaules du lieutenant.
- C'est vraiment, vraiment intéressant.
Renji secoua les épaules, moins effrayé par Mayuri que par Byakuya. Le capitaine de la division, mécontent, plaqua brutalement Renji sur son torse, la main posée sur son cou. Ce dernier eut le temps de voir le visage désapprobateur de son ancien geôlier avant de sentir le souffle de Kurotsuchi sur sa nuque.
- J'ai plein d'expériences intéressantes que je te réserve.
- Mayuri.
Byakuya avait l'air véritablement énervé. Une ride était apparue sur son front, et son regard était devenu glacial. Renji frissonna. Heureusement pour lui et pour sa santé mentale – qui était sur le point de basculer – ce n'était pas lui que son ancien tortionnaire regardait de cette manière, mais Kurotsuchi.
- Oui ? Fit la voix nasillarde et moqueuse derrière lui.
- Ne le touche pas.
Renji écarquilla les yeux.
Il n'était qu'un objet. Etait-ce cela ?
- Il est à moi, fit Byakuya comme pour confirmer les pensées du shinigami apeuré.
- Je croyais que nous avions un marché, Byakuya, susurra Mayuri. Il me semble me souvenir que je pouvais étudier son cas si je t'aidais à le récupérer.
Byakuya ne répondit pas il n'adressa pas même un hochement de tête à son vis-à-vis. Au lieu de ça, il ignora totalement sa présence et reporta son attention sur un Renji pétrifié.
- Tu m'as manqué.
- Pas à moi, s'entendit répondre le prisonnier de manière bien téméraire.
Qu'est-ce qui l'avait motivé à répondre à son ancien tortionnaire sur ce ton ? Il n'en avait aucune idée. Il déglutit difficilement alors que le visage de Byakuya s'assombrissait plus encore. L'ancien capitaine s'humecta les lèvres et caressa subrepticement la garde de son arme, pendant à sa ceinture, du bout des doigts.
- J'aimerais que tu viennes avec moi.
Renji haussa un sourcil en frissonnant. Il avait dit cette dernière phrase comme s'il cherchait une approbation quelconque. Depuis quand Byakuya s'embarrassait-il de son avis ?
- J-je…
Il jura intérieurement et se maudit. Pourquoi était-il si faible ? Comment avait-il pu en arriver là et se laisser diminuer jusqu'à ne plus rien représenter aux yeux de quiconque ? C'était comme s'il n'existait que par le biais de ses terreurs passées, des souvenirs malsains qui le hantaient. Et malgré tout ce qu'il avait pu dire ou faire, malgré l'aide de Matsu et Hitsugaya Taichô, rien n'avait changé. Rien du tout.
Il craignait toujours autant le retour de son ancien capitaine. Et à présent qu'ils se faisaient face, plus rien d'autre ne comptait. Sa vie prenait fin. C'était terminé.
Ou tout du moins aurait-il désiré que tout s'arrête maintenant.
Il parvint cependant à secouer la tête. Il redoutait une gifle. Il redoutait les coups.
Mais ce ne fut pas de Byakuya qu'ils vinrent.
Mayuri empoigna brutalement les cheveux de Renji et rejeta sa tête en arrière, exposant son cou. Le prisonnier en eut le souffle coupé. Il tira inconsciemment sur ses liens qui ne voulaient pas céder. Bordel. Il aurait pu se libérer s'il n'avait pas eu aussi peur. Il aurait pu utiliser sa puissance spirituelle si Byakuya n'avait pas été là. Mais la simple présence de cet homme qu'il redoutait par-dessus tout suffisait à couper court à toutes ses ressources. Cette fois-ci, il ne pouvait rien faire.
- Bien trop insolent, siffla Mayuri derrière son oreille. Tu n'as pas le choix de toute façon. Byakuya t'emmène av –
- Lâche-le.
Renji redressa la tête malgré la poigne de Mayuri, surpris. Il considéra le visage de son ancien capitaine. Il était glacial, tout comme son regard, mais ça n'était pas contre lui que cette colère froide était dirigée. Non c'était vers Kurotsuchi lui-même.
Ce dernier s'exécuta et Renji reprit lentement son souffle, le plus silencieusement possible. Il voulut porter les mains à son cuir chevelu qui s'échauffait, mais les liens le retinrent. Il serra les dents et ferma les yeux.
Il se concentra intensément. Calme-toi. Ca ne pouvait pas être si compliqué. Calme-toi. Ca devait être un jeu d'enfant, après tout, il était Abarai Fukutaichô. Calme-toi.
- Pardon ?
Derrière lui, il perçut le reiatsu malsain de Kurotsuchi le dépasser et venir se poster juste devant lui, formant une barrière entre son ancien tortionnaire et lui-même. Il sentit la force de persuasion qui émanait des capitaines. Il sentait à quel point l'énergie de Byakuya était sombre et froide, tandis que celle de Mayuri était curieuse, amusée, mais ponctuée d'irritation. Tous deux avaient cependant un point commun ils étaient imprévisibles. Et c'était ce qui les rendait terrifiants.
Renji secoua la tête. Il ne devait pas se laisser aller à des pensées si déstabilisantes. Il devait reprendre confiance en lui. N'avait-il pas combattu Matsu, quelques heures plus tôt ? Ne l'avait-il pas emporté contre son adversaire ?
Ne pouvait-il pas être aussi puissant qu'il l'avait toujours désiré ?
Soudain, il ouvrit les yeux et prit une grande inspiration. Il sentit une énergie nouvelle monter en lui, une chaleur se répandre dans tout son corps, recouvrant chaque membre après l'autre. Il sentit le bout de ses doigts picoter sous l'assaut de ce flux d'énergie. Il retint son souffle et, sans même que les deux capitaines ne le remarquent, trop occupés qu'ils étaient à se jauger l'un l'autre, Renji expira profondément et libéra d'un seul coup une fantastique quantité de puissance spirituelle. Celle-ci détruit les faibles liens qui le retenaient, ainsi que la chaise de bois qui se désintégra sous sa jubilation de retrouver une force nouvelle. Il sauta en arrière et s'adossa contre le mur. Il n'eut qu'à tendre la main pour récupérer Zabimaru. D'un coup sec, il tira la lame de son fourreau. Brillante comme au premier jour, il semblait à Renji que son compagnon de combat était à nouveau fier de lui, après tout ce temps passé à essuyer échec sur échec et déception sur déception.
Les deux autres Shinigamis présents dans la pièce reportèrent rapidement leur attention sur lui. Mayuri grimaça affreusement, laissant apparaître un sourire tordu à travers les traits grossiers de son masque. Il tira lui aussi son sabre et le soupesa prestement avant de se mettre en garde.
- Où crois-tu aller, mh ?
Renji, bien décidé à ne pas se laisser envahir par la présence toujours plus oppressante de Byakuya, se prépara lui aussi à attaquer.
- Cessez.
L'ordre sec de Byakuya le coupa net dans son élan. Son émission de reiatsu eut un raté, tout comme les battements de son cœur. Momentanément, il ne put se concentrer sur autre chose que ce ton sec, entêtant et glacial.
- Mayuri. Il est à moi. Tu comprends ? A moi. Je t'interdis de le toucher.
Mayuri haussa un sourcil mais, désireux sans doute de garder un œil sur Renji, ne se retourna pas pour répliquer :
- On fait équipe je décide autant que toi, maintenant.
Byakuya jura entre ses dents.
- Je n'aurais jamais du t'impliquer là-dedans. C'était une erreur.
Le noble tira, à son tour, son sabre de son fourreau.
Le simple bruit métallique de la lame raclant le fourreau fit sombrer Renji dans un océan de souvenirs morbides. Il se souvint des coups. Il se souvint des mutilations. Il se souvint des si nombreuses humiliations subies.
Tout lui revint.
Soudainement accablé, il prit sa tête entre ses mains et pressa autant qu'il le put les paumes contre ses tempes. Les bras tremblant sous la force qu'il devait utiliser, il releva subrepticement le regard et constata avec horreur l'impensable.
Mayuri et Byakuya étaient sur le point de se battre. Ils allaient se battre pour savoir lequel d'entre eux était le plus apte à donner les ordres dans leur alliance. N'était-ce pas totalement puéril ?
Peu importait. Renji avait de nouveau perdu toute notion de rationalité de toute façon.
Byakuya fut le premier à s'élancer. Sans que Mayuri ne puisse le voir, il se déplaça vivement sur sa gauche et abattit sa lame sur l'épaule gauche du capitaine de la division. Ce dernier grogna et riposta en infligeant un coup circulaire sur une très grande surface autour de lui, si bien que, compte tenu des petites dimensions de la pièce, il toucha son adversaire presque immédiatement. Byakuya effectua un salto arrière et se réceptionna sur le mur, pour repartir de plus belle, et surtout avec plus d'élan, sur Mayuri. Le capitaine masqué plaça sa lame de telle manière qu'elle arrêtât le coup de son ennemi. Cependant, Byakuya, cette fois-ci, au lieu de se reculer, appuya davantage Senbonzakura sur le zanpakuto de son adversaire, une lueur de détermination dans le regard. La force de l'impact provoqua un violent souffle d'air chaud qui se répercuta sur les murs de la pièce, tremblants.
Renji se mordit la lèvre, conscient qu'il ne pouvait rien faire, pas même partir. L'un des deux le retiendrait, il en était persuadé. Mais pourtant, malgré l'angoisse sourde qui l'envahissait peu à peu, il ne pouvait se résoudre à rester là et à attendre que le combat prenne un tournant décisif. Non, il devait agir. Il devait…
Il n'eut pas le temps de réfléchir d'avantage. Un énième coup de l'un des deux puissants combattants envoya une déflagration de puissance spirituelle en sa direction. Il effectua une pirouette rapide mais maladroite, évitant le coup de justesse. Mais celui-ci atteint le mur dans son dos, qui s'écroula presque instantanément. La chute du mur porteur entraîna celle du toit, ainsi que celui de quelques autres habitations autour, touchées, elles aussi, par quelques déflagrations. Le capitaine de la 12ème division et l'ancien de la 6ème ne s'arrêtèrent pas pour autant. Au contraire, le combat ne se fit que plus intense, à présent qu'ils avaient plus d'espace.
Alors que Renji se décidait enfin à utiliser le shunpo pour partir d'ici pendant que chacun des deux combattants était occupé, il fut surpris par un nouvel effondrement d'habitation. Pris de panique, et l'angoisse dévorant ses entrailles depuis trop longtemps, il ne put percevoir l'énorme pan du mur qui tombait sur lui avant que celui-ci ne se fracasse sur le sommet de son crâne.
- Bordel, mais c'est pas vrai !
Toshiro jura pour la énième fois de la journée. Il se maudissait profondément d'avoir oublié à quel point Mayuri était dangereux. Et il avait aussi oublié que le capitaine au masque étrange ne pouvait se retenir de fourrer son nez partout où il en avait la possibilité. Il savait, pourtant, à quel point Byakuya était retord et possédait de nombreuses ressources auxquels les éléments du Gotei 13 n'avaient pas encore pensé – un allié au sein même du Conseil.
Mais comment avait-il pu oublier un élément aussi capital ? Comment avait-il pu faire abstraction de ce qu'il connaissait, alors que la vie d'un Shinigami – de son ami – était en jeu ?
- Matsumoto !
- Oui, Taichô !
Les deux shinigamis, qui se trouvaient jusqu'alors dans la salle d'attende de la salle d'audience de Yamamoto – eh bien oui, le Sôtaichô avait énormément de travail et il n'aimait pas qu'on le dérange dans ses tâches – en attendant que celui-ci veuille bien leur accorder une entrevue dans le cadre de la ré-insertion de Renji au sein du Gotei 13, s'envolèrent d'un bond vers le ciel tout en scrutant les énergies aux alentours. Ils repérèrent bien rapidement celle de Mayuri, toujours aussi malsaine et emplie de questions, dont certaines avaient un véritable intérêt scientifique alors que d'autres s'en privaient bien, et suivirent immédiatement sa trace, conscients tous deux qu'ils devaient se hâter s'ils ne voulaient pas arriver trop tard. A mi-chemin, lorsqu'ils comprirent tous deux qu'ils se dirigeaient vers l'habitation même de Renji, qu'ils avait quitté quelques heures plus tôt, ils accélèrent davantage la cadence, Matsumoto en venant même à dépasser son capitaine, omnibulé par sa stupidité et son aveuglement.
Ils arrivèrent sur les lieux quelques minutes plus tard, pour constater qu'un combat avait déjà éclaté et était même en train d'avoir lieu entre Mayuri et Byakuya. Toshiro ne s'étonna pas de revoir ce dernier, dans le sens où son reiatsu était revenu depuis maintenant cinq bonnes minutes parmi leur monde, et que de toute façon il savait pertinemment qu'il allait revenir, à un moment ou à un autre.
Matsumoto, à ses côtés, était déjà en garde, jaugeant la situation. Il sonda de son regard clair le combat qui se déroulait devant eux. Aucun des deux belligérants ne semblait l'emporter sur l'adversaire. Ils prenaient tout deux l'avantage l'un après l'autre, mais jamais aucun n'était amené à toucher l'autre. Pas de manière suffisamment sérieuse.
Toshiro se demanda un instant s'il devait intervenir. Il devait mettre fin à ce combat, évidemment, mais s'il se glissait entre les deux Shinigamis, ils risquaient de se retourner tous deux contre lui, et dans ce cas, rien ne garantissait que Toshiro l'emporte.
Il tira tout de même Hyourinmaru et attendit, hésitant.
- Taichô ? Interrogea son lieutenant.
Pas besoin d'en dire plus. Toshiro avait compris que la jeune femme ne savait pas quoi faire, elle non plus.
- Trouve Renji, fit-il après une courte hésitation. Eloigne-le d'ici et appelle des renforts. D'ici là (il renforça la prise sur son sabre), je m'occupe d'eux.
Il prit une grande inspiration et, avec un grand cri, s'interposa entre les deux capitaines qui s'éloignèrent soudainement.
Rangiku comprit, aux lèvres de son capitaine, que ce dernier disait quelque chose, puis le combat reprit, plus acharné encore.
La jeune femme fonça vers les décombres de l'habitation de Renji. Il lui semblait percevoir une faible puissance spirituelle, mais il lui était impossible de déterminer où l'ancien lieutenant se trouvait exactement. Elle rangea son sabre pour avoir les mains libres et commença à fouiller, le plus silencieusement possible elle espérait, en camouflant son propre reiatsu, que les capitaines au-dessus de sa tête ne la remarqueraient pas. Elle avait une confiance aveugle en son supérieur mais elle doutait sérieusement qu'il puisse la protéger contre deux capitaines.
- Matsu…
Elle se figea, tentant de trouver l'origine de la voix de Renji. Tâche difficile, compte tenu des bruits d'explosion qui la surplombaient et des grands cris menaçants des trois capitaines.
Cependant, elle ne fut pas longue à trouver. En quelques secondes, elle dégagea Renji des décombres et le hissa sur son épaule.
Le lieutenant avait une arcade sourcilière ouverte, et la lèvre fendue. Ses bras étaient couverts d'ecchymoses – sans doute avait-il tenté de se protéger de la chute des débris avec ses bras. Il était toujours conscient, mais semblait extrêmement fatigué et las. De plus, il tremblait sans pouvoir s'arrêter entre les bras de Rangiku.
Elle pencha la tête vers lui et lui intima d'une voix maternelle :
- Je te tiens. Ne t'inquiète pas. Je t'emmène loin d'ici.
Soudain, elle ressentit une douleur fulgurante derrière le genou droit. Elle trébucha et s'effondra en silence. Renji roula à quelques mètres d'elle, toussant et crachant, et tenta de se relever.
Matsumoto, elle, sauta sur ses pieds sans attendre. Son genou la lançait, mais elle chassa toute pensée qui eût pu lui rappeler la douleur et se dirigea vers Renji pour le reprendre dans ses bras. Cela n'était qu'un débris. Sans doute.
- Où est-ce que tu crois aller ?
Elle fit volte-face pour se retrouver face à un Mayuri souriant comme jamais derrière son masque.
- Tu ne le toucheras pas, menaça-t-elle en levant Haineko.
Mayuri ricana et, sans attendre, fonça vers la jeune femme. Rangiku se décala et s'apprêta à assener un coup vertical dans le dos de son adversaire, mais à la place, celui-ci lui infligea un coup à l'arrière du crâne. Matsumoto chuta et roula aussi bien qu'elle put, sonnée, mais cela ne suffit pas. Elle eut le temps de voir la lame avant que celle-ci ne transperce sa peau. Sa clavicule émit un craquement horrible, et elle hurla de douleur avant de s'effondrer. De la main qu'elle pouvait encore bouger, elle tenta d'attraper une quelconque arme de jet qu'elle cachait dans sa tenue, à l'abri avec son opulente poitrine, mais elle eut tout juste le temps de voir Mayuri saisir Renji par la mâchoire et s'envoler, arrachant un grognement à l'ancien lieutenant blessé.
La jeune femme jura en plaquant une main sur la plaie béante à son épaule qui ne cessait de saigner. Elle ne pouvait plus rien faire. Elle resta là, étendue sur le sol, dos contre terre, et regarda le combat au-dessus d'elle, priant pour que cela se termine bien.
Toshiro haletait. Son cœur ne battait plus régulièrement. Un filet de sang roula devant ses yeux, l'aveuglant momentanément. Il l'essuya du revers de la main, tâchant sa tenue de capitaine de rouge.
Byakuya, face à lui, semblait reprendre son souffle, lui aussi. Il le considérait d'un regard hautain et froid.
Toshiro chercha Mayuri du regard. Le capitaine de la division avait disparu.
- Tu n'aurais pas du revenir, déclara Toshiro d'une voix grave.
- Tes menaces ne m'arrêteront pas, Hitsugaya, répondit du tac au tac Byakuya sur le même ton. Je ne suis venu que pour une seule chose, et je l'obtiendrai.
Toshiro arqua un sourcil.
- Comme je te disais – tu n'aurais pas du venir. Les gens savent, Kuchiki. Ils sont au courant. Ils te recherchent. Tu ne pourras pas te cacher éternellement.
- Ça m'est égal. Je n'ai plus rien à perdre.
Mayuri émergea subitement des décombres, tenant Renji par la mâchoire inférieure. Celui-ci ne se débattait pas, accablé par les blessures trop nombreuses et son incapacité à délivrer ne fût-ce qu'une fine quantité d'énergie spirituelle. Toshiro prit son élan pour se propulser vers les deux Shinigamis mais Mayuri leva son zanpakuto d'un geste vif et le pointa vers la gorge offerte du tatoué.
- Pas un pas de plus. Ni l'un ni l'autre, ordonna-t-il, son regard circulant de Toshiro à Byakuya.
- Kurotsuchi… Grogna Toshiro.
Du coin de l'œil, le petit capitaine vit Byakuya serrer les mâchoires. Ses tempes se mirent à battre un peu plus fort, et une ride apparut entre ses deux sourcils.
- Mayuri. Lâche-le.
L'interpellé éclata de rire.
- Quelle ironie du sort… dit-il simplement.
Toshiro profita de ce que l'attention de Mayuri était portée uniquement sur Byakuya pour avancer lentement vers lui, bien décidé à sortir Renji des griffes de ce tordu. Mais le capitaine masqué le remarqua aisément. Il serra le cou de Renji, jusqu'à ce que celui-ci, suffoquant, empoigne le bras de Kurotsuchi et se hisse dessus, tentant par tous les moyens de trouver de l'air.
Byakuya serra les poings.
- C'est mon dernier avertissement, Kurotsuchi. Lâche. Le. Immédiatement.
- Sinon quoi ? Minauda Mayuri. Si tu t'approches, je le tue. Et ce n'est pas ce que tu veux, si… ? J'ai cru comprendre que tu tenais à ce moustique.
Il plaqua brutalement la lame contre la joue de Renji dont le visage tournait au violet et y laissa une marque sanguinolente.
- Quelle ironie… continua-t-il.
D'un seul coup, il lâcha Renji qui s'effondra immédiatement. Il tomba en chute libre la tête la première. Juste avant de heurter le sol, il utilisa une faible dose de reiatsu, seule quantité qu'il pouvait contrôler dans son état terrorisé, pour se réceptionner tant bien que mal et ne pas se rompre plus d'os que nécessaire.
Aussitôt, Byakuya bondit et atterrit à quelques pas devant lui. Renji eut un mouvement de recul mais ne put fuir. Ses jambes ne lui obéissaient plus.
Toshiro voulut, lui aussi, s'élancer, mais Mayuri lui barra le passage, menaçant :
- Je ne crois pas qu'ils t'aient donné la permission de se joindre à eux, Toshiro.
- C'est Hitsugaya Taichô ! Rugit Toshiro en fonçant sur Mayuri pour lui infliger le premier coup.
Renji frissonna au bruit des lames qui s'entrechoquaient. Mais ce n'était pas tant cela qui l'effrayait le plus. Son ancien capitaine, celui qui l'avait torturé des jours entiers, durant des semaines, se tenait là, à quelques mètres de lui.
- Bonjour, Renji. Je n'ai pas eu le temps de prendre de tes nouvelles. Comment vas-tu, depuis la dernière fois ?
Renji déglutit et adressa un regard haineux à son interlocuteur.
- Pourquoi reviens-tu maintenant ?
- Tu me manquais.
Il s'approcha de sa victime, tel un prédateur, lentement mais sûrement. Chacun de ses pas, silencieux, semblait faire un vacarme assourdissant aux oreilles de Renji qui recula au même rythme que son agresseur.
Etrangement, la peur ne l'envahissait pas, comme il aurait pu le penser. C'était une sorte de rage, de colère sans nom, qui le consumait, et il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ses pensées. Il aurait du se sentir apeuré, terrifié, à l'idée de se retrouver une nouvelle fois entre les griffes de Byakuya, pour autant, il avait presque l'impression d'être… il n'arrivait même pas à nommer cela.
Comment était-ce possible ? Renji lui-même ne le savait pas.
- Je ne suis pas venu te faire du mal.
- Pardon ?
- Ne m'oblige pas à me répéter.
Le shinigami tatoué fronça les sourcils. D'un geste gauche, il essuya sa joue du revers de la main. Il laissa sur sa joue une tâche de sang grotesque sur laquelle Byakuya porta une attention plus appuyée.
- Il t'a fait mal ?
Renji ne daigna pas répondre.
- Ecoute, Renji, je…
- Mais à quoi tu joues, bordel ?! Explosa Renji, hurlant au visage de Byakuya. Tu n'as pas assez réfléchi à ce que tu voulais, pendant trois mois ? C'est quoi, ton putain de problème ?
Le noble eut le souffle coupé face à l'audace du plus jeune.
- Tu me kidnappes, tu me livres à un pseudo psychopathe, et ensuite tu me demandes s'il m'a fait mal ? Si je vais bien ? Qu'est-ce que tu attends pour me demander si tu m'as manqué ?! C'est ça, j'ai envie de te sauter dans les bras !
- Je…
- Non ! Ta gueule. Tu me laisses parler. J'en ai marre, tu comprends ? Marre que ma vie soit de la merde à cause de ce que tu m'as fait. Je veux que tu te barres. Que tu te barres, et que tu ne reviennes plus.
Renji haletait. Il laissa retomber sa main, qu'il avait agitée pendant tout son discours.
Byakuya le considéra d'un regard vide. Le lieutenant ne parvint pas à déchiffrer les émotions qui envahissaient son ancien tortionnaire, mais il était clair qu'il était noyé sous une avalanche de sentiments. Un instant, Renji craignit qu'il ne se jette sur lui et ne lui fasse mal. A la place, le noble ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose mais, comme un aucun mot ne semblait vouloir venir, il ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, Renji émit un hoquet de surprise.
Il n'avait jamais vu son capitaine dans un tel état de détresse. C'était comme si ces yeux étaient noyés par le regret, les remords, la solitude, et surtout, surtout, le désir de rédemption. En effet, Kuchiki suppliait son ancien lieutenant du regard. Il le suppliait de comprendre.
Renji avait été surpris, lorsque son ancien capitaine avait commencé à changer de comportement, trois mois auparavant. Lorsqu'il émettait un rire machiavélique, chose qui n'arrivait jamais. Lorsqu'il souriait alors que Renji agonisait, se tordant en tous sens sous la lame de Senbonzakura. Il avait été bien plus que surpris. Il avait été horrifié. Déboussolé. Terrorisé.
Mais aujourd'hui, c'était pire encore. Aujourd'hui, Byakuya était… faible. Il se dévoilait complètement. Les yeux humides, il avança vers son ancien lieutenant, la main tendue.
Renji fut incapable de bouger. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait plus. Mais avait-il jamais compris ?
- Est-ce que c'est ce que tu veux ? Fit Byakuya, la voix brisée, alors qu'il touchait la joue de Renji du bout des doigts. Que je m'en aille ?
Il faisait sombre, mais le tatoué perçut tout de même la larme qui roula le long de la joue de son ancien tortionnaire.
- J-je…
Il n'arrivait plus à dire quoi que ce soit. Il aurait du répondre que oui, c'était bien ce qu'il voulait, qu'il s'en aille et ne revienne plus. Qu'il le laisse tranquille. Mais quelque chose en lui, une petite étincelle d'un quelque chose qu'il ne connaissait pas, l'enjoignait à revoir son jugement.
Pourtant, après tout ce que Byakuya avait fait… C'était impossible. Pourquoi diable le cœur de Renji se mettait à battre la chamade ? L'appréhension ? L'incompréhension du comportement de son ancien capitaine ?
Il était perdu. Complètement perdu.
- Je considère ton silence comme une affirmation. Très bien. Je m'en vais.
Quelque chose à l'intérieur de Renji se brisa en mille morceaux lorsque son ancien capitaine fit volte-face et s'éloigna.
Il s'arrêta, de dos, et Renji put voir le tremblement presque imperceptible de ses épaules.
- Je suis désolé.
Et il disparut. Comme s'il n'avait jamais été là.
Renji tomba à genoux. Détruit. Il était détruit. Pourquoi se sentait-il si vide ? Après tout, Byakuya avait bien dit qu'il ne reviendrait pas. N'était-ce pas quelque chose de positif ?
Non. Ça ne l'était pas. Pas du tout.
Renji s'affala au sol et prit sa tête dans ses mains. Pourquoi avait-il si mal ? Pourquoi se sentait-il si… brisé ?
Quelques minutes plus tard, Toshiro se posa à quelques pas de lui. Il lui tapota doucement l'épaule, pour l'informer que c'était terminé. Renji leva vers lui un visage mouillé de larmes. Le petit capitaine lui proposa de l'aide pour se relever mais le tatoué déclina poliment.
Il ne voyait rien de ce qu'il se passait autour de lui. Ni même devant lui. Tout ce qu'il voyait était le visage de son capitaine, le visage de Kuchiki Taichô, une larme coulant sur sa joue pâle. Pourquoi cette image obsédait-elle son esprit ? Il ne savait pas. Il ne comprenait pas.
Renji était perdu.
Et me revoilà...
L'ambiance de ce chapitre est totalement différente des précédents. Vous ne trouvez pas ?
Bon, alors, j'ai plusieurs questions à vous poser :
1. Qu'avez-vous pensé de ce revirement de situation, de ce changement de comportement de Byakuya ? Pour ma part, j'ai pensé que s'il s'était, en quelque sorte, révélé, lors des premiers chapitres de Pulsions, alors cela signifiait qu'il pouvait faire preuve d'autres sentiments, si on l'y poussait. Donc, dans le cadre de son caractère que je qualifierais de "mur de glace", étant donné qu'il cache quelque chose de plus profond, ces nouveaux sentiments qu'il montre à Renji symbolisent le fait que, peut-être, il comprend enfin pourquoi il est comme il est, et d'où lui vient sa folie. Oui, c'est un peu tordu, c'est pour ça que je vous demande votre avis...
2. J'espère aussi que la manière dont Matsu se fait "battre" par Kurotsuchi (vous appelez ça vous battre ?) ne vous a pas trop déplu... A vrai dire, je voulais décrire tout un combat, mais il fallait aussi que les renforts n'arrivent pas avant que Byakuya soit parti, et le combat aurait été très déséquilibré de toute façon. Donc j'espère que cette rapidité d'action ne vous a pas trop fait grimacer ! (Et puis, note à part, ce chapitre est suffisamment long, non ?)
3. Le plus important : qu'attendez-vous pour la suite ? Renji a ordonné à Byakuya de ne plus jamais revenir le voir, et donc, implicitement, de ne plus jamais l'importuner... Le noble va-t-il tenir sa promesse ? Et en ce qui concerne Renji... je sais que vous n'êtes pas bêtes et que vous voyez le syndrome de Stockholm arriver de loin. Mais n'oubliez pas que Renji avait une admiration sans borne pour son capitaine, avant. Je pense que ce genre d'admiration ne s'oublie pas aussi facilement, si je puis dire.
Eh bien voilà, c'est à peu près tout.
Vous avez dû remarquer que ce chapitre est une partie 1. La partie 2 viendra dans deux semaines... Et la partie 3 sera le tout dernier chapitre, soit le 20ème (sans compter l'épilogue) de cette fiction. (Petite parenthèse, j'ai enfin terminé le prologue. Il faut donc juste que je modifie quelques scènes, que j'en écrive une et que je trouve où la placer, et j'aurais terminé Rédemption pour de bon).
Donc comme vous l'avez sûrement compris... La semaine prochaine, pas de Renji, ni de Byakuya ! Non non, la semaine prochaine, on retourne rendre visite à Gin, au sommet de sa tour, tel une princesse de conte de fées... *toussotte* ainsi que son (sa ?) nouveau/nouvelle gardien(ne). Une idée de qui il s'agit ?
J'ai fini mon monologue !
A très bientôt, tout le monde, portez vous bien. Merci d'être passé, merci d'avoir lu, n'oubliez pas de commenter, même quelques lignes, ça fait toujours plaisir.
A la semaine prochaine (oui, encore une fois, je ne pourrai pas répondre à vos messages, le bac approche...), et surtout, que la force soit avec vous !
Bisous à tous.
