Blabla de l'auteur : Salut à tous. Et non, vous ne rêvez pas, la suite est enfin on line. ^^ Bon je m'excuse parce que j'ai eu pas mal de soucis de technologie et… Bref, la suite est là. Lol J'espère que ça vous plaira. Merci tout pleins à celenia, nouna, amy_chan, aurore scott1 et lolilol (Salut toi. Ravie de savoir que ma fiction te plaira. J'espère en sera de même pour ce chapitre. Bisous) pour leurs reviews qui m'ont fait super plaisir.

Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections sont de chris87

PS: Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !

PS1 : Par un malheureux concours de circonstance, ce chapitre est posté dans les moments de rentrée donc je dédie ce chapitre à tous ceux qui viennent de retrouver la 'joie' des bancs de l'école. *Love*

Chapitre 10

Quand mon réveil sonna, je grognais de mécontentement. Pas qu'il me dérange dans un rêve intéressant, non parce que être poursuivie par une racine carrée n'a rien de réjouissant vous pouvez me croire. En fait il me rappelait surtout qu'à partir d'aujourd'hui, je retournais sur les bancs du lycée. Je me levais donc sans entrain, en priant que la journée passe vite. Après tout, je n'avais pas oublié ma résolution, être moins distante avec les garçons. Je pris une douche légèrement plus froide qu'à l'accoutumée, afin de ne pas arriver au lycée avec une mine de papier mâché. Pas que j'ai envie de plaire, loin de là mais on se sent mieux en sachant qu'on a le teint frais, que si on a encore les motifs de nos draps imprimés sur la joue.

Une fois habillée d'une tunique en laine, et d'un slim, je descendis soudainement pleine d'énergie. Je saluais mes parents, et papa proposa de m'emmener, à titre exceptionnel. J'allais acquiescer, quand je me souvins de ma résolution. Flûte alors, j'aurais bien dit oui. Je refusais donc, en lui expliquant que j'aimais prendre le bus le matin. C'est vrai, voir tous ces visages endormis, terminant leurs nuits contre le carreau froid, ou tentant vainement de garder les yeux ouverts, étaient réjouissants. Enfin moi, ça me mettait de bonne humeur, même si je n'en avais pas besoin ce matin mais bon. De la bonne humeur, faut en emmagasiner le plus possible, histoire d'avoir des réserves en cas de coup dur ! Une fois rassasiée, je remontais, et après m'être lavée les dents, j'attachais les cheveux avec ma nouvelle pince, puis enfilais écharpe, manteau et gants. Mon sac sur l'épaule, je sortis et claquais des dents jusqu'à l'arrêt. Le car était sans doute passé, allez savoir. Quant au bus, je n'eus pas à l'attendre longtemps. Je saluais le chauffeur en montant avec un grand sourire, puis tout à m'asseyant, j'observais la foule, quand je le repérais. Il était debout, le dos appuyé contre un carreau, et avait fermé les yeux, pour sans doute terminer sa nuit. M'approchant, je posais mon sac à mes pieds, et lui fis la bise. Ça sembla le réveiller, et il me regarda.

« - Salut, m'exclamais-je tout sourire. Tu dors ?

« - Je crois que je rêve surtout !

« - Tiens donc ! Et tu rêves de quoi ?

« - Mais de toi, petit oiseau. J'ai rêvé que tu venais de m'embrasser !

« - Ah non, c'était pas un rêve. C'est une de mes résolutions ! La seule en fait ! Arrêter de vous maintenir à distance, puisque ça ne fonctionne pas, de toute façon…

« - Oh, je vois ! Donc mademoiselle a le droit de nous faire des bisous maintenant, mais pas nous. C'est injuste ! Et c'est notre arrêt, ajouta-t-il moins ravi.

« - Ah mais si, vous en avez le droit. Bon pas la peine de vous rattraper non plus, parce que bon, je commence que depuis aujourd'hui, expliquais-je en descendant.

Il acquiesça simplement et me fit la bise à son tour. Je lui demandais à quelle heure, il s'était couché pour être si fatigué, alors qu'il semblait rejoindre ses deux amis. Je pris sur moi une nouvelle fois, et les embrassais sur la joue, en leur expliquant ma résolution annuelle. Oui, parce que j'en fais toujours qu'une seule, comme ça, c'est plus simple à suivre. Bon celle de l'année dernière, je ne l'ai pas tenue, puisque je devais parler de ce qu'il m'avait fait, mais tant pis. J'en tiens une tous les deux ans, c'est plus que la moyenne Américaine, donc c'est bon. Les trois garçons dormaient à moitié, ce qui me fit rire malgré moi. Commençant à ne plus sentir le bout de mon nez, je les plantais pour me réchauffer dans le couloir. Il faisait vraiment trop froid. Ils me rejoignirent, peu après, en riant entre eux. Pour ma part, bien que j'acceptais qu'ils se rapprochent ce n'était pas le cas de tout le monde, et je me collais presque à Nate, afin de m'éloigner au maximum d'un blond. Rangeant mes gants, devenus superflus, dans mon sac, j'entendis Jason rire.

« - Je le crois pas, t'as amené le journal avec toi ? C'est risqué, on pourrait te le piquer, tu sais ?

« - Pourquoi me piquerait-on un journal vierge, demandais-je le nez dans mon sac.

Je n'eus pas de réponse, aussi j'en conclus qu'il n'y avait aucun intérêt à me le voler, pour le moment. Me relevant, je les interrogeais sur leurs vacances, afin qu'ils ne me posent pas la question en premier. Alors que Jason était en train de nous faire un résumé de sa soirée de Noël, la sonnerie nous interrompit, et je les quittais un sourire aux lèvres. La rentrée a toujours eu un drôle d'effet sur moi mais ceci dit, j'ai toujours aimé aller à l'école, apprendre de nouvelles choses, même si le côté social me dérange beaucoup. J'entrais donc dans la classe et me remis à ma place, avant de poser mon écharpe sur le radiateur qu'allait côtoyer mon voisin. Le bol ! Celui-ci arriva peu après, et me demanda ce que j'avais à sourire comme une bienheureuse.

« - C'est la rentrée, le soleil brille quelque part, j'ai commencé à tenir ma résolution, le vent est piquant et le froid mordant, un enfant vient de naître quelque part ailleurs, peut-être même à Akron ! Tu veux d'autres raisons, j'en ai tout un stock ?

« - Euh non… ! C'est étrange ! Avant tu semblais avoir comme un mur autour de toi, et on dirait qu'en une nuit, il a disparu.

« - Je les rendu invisible, nuance, plaisantais-je. Non, mais comme je l'ai dit à Shane, j'ai beau faire tout mon possible pour que vous vous éloignez de moi, vous restez, et puis, je ne sais pas, je commence à apprécier votre compagnie. En plus, le fait que vous m'ayez fait chacun un cadeau pour Noël, alors que je passais mon temps à vous ignorer, m'a touchée. Plus que je l'aurais pensé, d'ailleurs ! Et maman a raison, il est temps que j'arrête de fuir tout le monde.

« - Mais tes cadeaux aussi nous ont touchés, puisque aucun de nous ne s'y attendait. Surtout que tu as été plus maligne que nous, puisque tu as attendu qu'on sélectionne quelque chose qui nous plaisait avant de nous l'acheter. Nous on y a été les yeux bandés, vu qu'on ne sait rien de toi, enfin quasiment rien.

« - C'est pour ça, que vos cadeaux me touchent ! Parce que vous ne savez rien presque, et pourtant vous m'avez acheté des trucs qui me plaisent et que j'adore ! Bon je ne promets pas d'utiliser le journal pour raconter mes secrets, il pourrait tomber entre de mauvaises mains, mais je vais lui trouver une utilité. Quant à ta pince, elle est déjà dans mes cheveux.

Il sourit, et la seconde sonnerie, l'empêcha de répliquer. Je quittais donc mon air joyeux, et me concentrais sur le cours. Même si je savais déjà tout sur le chapitre, vu le nombre de livres de bio que j'avais lu…

La leçon passa rapidement, et Nate me donna rendez-vous au réfectoire quand je me stoppais d'un coup. Il me demanda ce que j'avais, et les joues rouges, je lui dis :

« - J'ai oublié de prendre de quoi manger… Y a un magasin ou quelque chose dans le coin ?

« - On te montrera, petite tête !

Je lui tirais la langue, et partis. Ce n'est qu'une fois en math que je me souvins que j'avais oublié mon écharpe sur le radiateur. Décidément ! Je suis tête en l'air ce matin. Le cours passa rapidement, et lorsque la sonnerie nous libéra, je retournais à la salle de bio, seulement, le prof me dit qu'il n'avait vu aucune écharpe. Flûte quelqu'un a du la prendre ! Bon heureusement que mamie m'en a fait une nouvelle. Enfin tout un ensemble, mais j'avais envie d'être en harmonie aujourd'hui. Bon, demain, je viendrais avec du violet, tant pis ! J'allais devant ma salle d'anglais, en réfléchissant à ce que je pourrais mettre, et m'appuyais contre le mur, les yeux fermés. Soudain, on me donna une petite tape sur l'épaule et je sursautais. Les garçons étaient là. Jason était mort de rire, et les deux autres souriaient de toutes leurs dents. Soupirant, je secouais la tête et m'apprêtais à replonger dans les méandres de mes pensées, quand Nate me tendit mon écharpe perdue.

« - Tiens petite tête, t'as oublié ça tout à l'heure !

« - C'est toi qui l'a pris ? T'es génial, j'ai cru que je l'avais perdue, dis-je avant de lui faire un bisou pour le remercier.

Je l'enroulais autour de mon cou, tandis que le comique du groupe s'amusa à me taquiner sur mon absence de la terre. Visiblement, il était également au courant pour mon déjeuner. Déjeuner qui devait encore m'attendre sur le comptoir de la cuisine !

La journée passa vite, et au déjeuner, ils m'emmenèrent au fast-food qui était tout près. J'observais le menu d'un œil critique. Les hamburgers, ça a jamais été mon truc, mais là… Ils me donnent carrément envie de m'enfuir. Je pris un menu qui semblait mangeable, et nous nous assîmes, le temps de nous restaurer, avant de regagner le zoo, euh pardon le lycée.

Installé dans un coin, les garçons discutèrent, pendant que je les écoutais. Je repensais à notre premier cours de boxe. Il n'avait pas été génial puisque nous avions seulement appris les règles de sécurité. La leçon commençait réellement demain. Dire que j'ai hâte est un euphémisme, je bouillais littéralement d'impatience ! Une main passa devant mes yeux, et je revins à moi, enfin à eux et à leur conversation.

« - Qu'en penses-tu, t'es d'accord avec nous bien sûr, me demanda Shane.

« - Alors que j'ignore complètement de quoi, vous parlez ? Je vais choisir la prudence et dire que je suis sans avis… ! Vous parliez de quoi ?

« - De rien, soupira-t-il. Alors tes vacances ?

« - Euh, comme chaque année… De longues discussions près du grand feu de cheminée, quinze parties d'action ou vérité avec la marmaille, où Maria m'a, évidemment, questionné sur toi, dis-je en le regardant, pleins de cadeaux supers, et beaucoup de batailles de neige ! Sans compter pleins de randonnées dans la campagne environnante et les petites montagnes, des virées obligatoires au magasin pour acheter de quoi faire le repas oh, et le faire naturellement ! Et pendant les deux soirées, éviter maman et son appareil photo ! C'est le sport le plus compliqué, si vous voulez mon avis.

« - Parce que t'as des photos, demanda Jason.

« - J'aurais pas du en parler, marmonnais-je, mais oui, j'ai des photos. Tout pleins, des portraits de familles, aux individuelles en pyjama ou bien habillée pour les fêtes, tout un éventail !

Ils rirent, et me demandèrent si j'accepterais de les leur montrer. Heureusement pour moi, c'est impossible, puisqu'elles ne sont que sur mon portable, et je refuse de l'apporter en cours. Sauf que Nate étant le plus rapide à réfléchir, me proposa de les leur montrer la prochaine fois qu'ils viendraient à la maison. Bah voyons ! J'acceptais, du bout des lèvres, en songeant que j'allais devoir faire un sacré tri… Un de ces quatre ! Ils sourirent de ma moue, et j'allais me défendre, quand le club d'horticulture arriva. Je me refermais aussitôt comme une huître, et les écoutais draguer, alors qu'elles m'ignorèrent royalement. Ignorance que je leur rendis, en fouillant dans mon sac. J'avais soudain l'impression d'avoir les mains vraiment dégoûtantes, et je partis les laver, en oubliant de prévenir les garçons. Bon, de toute façon, ils semblent plus qu'occupés, là.

J'arrivais aux toilettes, et tout en nettoyant mes doigts, j'écoutais les conversations de couloir. La plupart se racontaient leurs vacances, parlant de lieux magiques comme Aspen ou Hawaï, d'autres préférant grimacer des réunions de familles atroces et interminables, et je souris. J'imagine qu'ils n'ont pas encore compris que quoiqu'on fasse, la famille sera toujours là pour vous soutenir. Enfin de mon point de vue. Je me séchais les mains et pris tranquillement la direction de mon cours de Civilisation. Lorsque j'arrivais, le couloir était bondé, mais je me frayais un passage, laissant les radiateurs aux autres. J'ai toujours été une vraie bouillotte. J'avais chaud rapidement, ce qui expliquais que je n'enviais que rarement les gens près des radiateurs. Sauf le matin. La première sonnerie retentit et tandis que mes condisciples terminaient leurs conversations, j'entrais dans la salle, et saluais le professeur au passage. Je n'ai jamais vraiment aimé cette matière, pas plus que les math mais bon, monsieur Madia était très enthousiaste et je suivais donc son cours avec passion. Les autres entrèrent au compte-goutte, et j'eus la surprise de voir Shane faire un saut rapide dans mon cours.

« - Tu prends le bus ce soir ou pas ?

« - Comme d'hab, pourquoi ?

« - Tu es pressée ou tu pourras m'attendre ?

« - Euh non, ça devrait être bon. On se retrouve à l'arrêt ?

« - Je risque d'être long. Daniels veut me voir donc, chuchota-t-il à mon oreille avant d'être interrompu.

« - Monsieur Gray, vous n'être plus mon élève, me semble-t-il ?

« - Euh, c'est exact monsieur Madia… Oh ! Je vous empêche de faire cours peut-être, s'amusa-t-il.

Je le regardais les yeux ronds, en me retenant non sans mal, de monter mon choc à le voir aussi familier avec un prof. D'ailleurs celui-ci acquiesça et lui désigna la sortie. Hochant la tête, il me marmonna un :

« - Attends-moi dans le hall. Bon cours, professeur, ajouta-t-il avant de fermer la porte au moment où la seconde sonnerie retentit.

L'après-midi passa rapidement, et je m'étonnais d'être pressée que le cours d'espagnol se termine. C'est vraiment étrange. A croire que leur présence me guérit de ma peur, ce qui est ridicule. Enfin, on verra ! Au pire, je demanderais conseil à ma petite maman, après tout, elle pourra peut-être m'aiguiller sans que je sois obligée de lui dire pourquoi les garçons me rebutent.

Quand la sonnerie retentit enfin, je ne pus m'empêcher de sourire comme une idiote et tentais de le réfréner en me mordant l'intérieur de la joue. Bon, de toute façon, il allait être en retard, j'avais donc le temps. Cinq minutes, au moins. Une fois que toutes mes affaires furent rangées, je sortis de la salle, et rejoignis le point de rendez-vous, en cherchant à comprendre mon attitude. Je me faisais brièvement penser à une adolescente amoureuse pour la première fois, sauf que ce n'était pas la première fois et que je n'étais amoureuse de personne. Sauf de ma solitude, mais bon, elle m'a quitté depuis plus d'un mois, donc…

Adossée au mur, face au panneau d'affichage, je pris un roman policier et me plongeais dans l'intrigue avec ferveur. - … Elle entra dans la vieille maison. Depuis qu'elle était enfant, cette bâtisse à l'abandon, construite durant l'époque gothique, l'avait toujours fascinée. Les gens du pays, disait qu'elle était à l'abandon et sûrement hantée par le fantôme de la dernière propriétaire, une jeune femme à l'allure ravageante. Marie Mildway avait été, durant son temps, une croqueuse d'homme, d'après ce que Kay en avait lu, durant ses recherches. La disparue avait eu plus d'amants en dix ans, que la jeune femme n'en n'aurait tout au long de sa vie, mais ça ne la dérangeait pas. Elle aimait son mari et ses deux filles, d'un amour profond et n'imaginait pas, échanger tout cet amour, contre un papillonnage, passant d'un homme à l'autre, sans rien connaître d'eux, ne serait-ce que leurs noms. A cette pensée, elle eut un sourire, et observa le décor. Tout était en ruine, comme elle s'y était attendue. La poussière semblait avoir élue domicile depuis quelques décennies, mais quand Marie Mildway avait disparue mystérieusement, personne n'avait voulu racheter la maison, et celle-ci était à l'abandon à présent. Etant antiquaire de métier, Kay remarqua plusieurs vestiges de meubles témoignant du bon goût de la propriétaire. Certains fauteuils dataient de l'époque révolutionnaire, et s'ils avaient été entretenus, auraient rapportés des sommes vertigineuses aux vendeurs. Elle commença sa lente ascension dans les escaliers, et sursauta lorsqu'une marche grinça. Elle n'avait aucun droit d'être ici, et si la police venait à la découvrir, elle risquait une amende salée, mais rien au monde n'aurait pu décourager Kay. Elle avait toujours été curieuse, trop peut-être ! Se reprenant, elle évita de poser ses mains sur la rambarde, pour ne pas laisser trop de traces de son passage, puisque déjà, la forme de ses chaussures montrait chacun de ses pas dans la poussière. S'attendant, à être surprise à chaque seconde, elle soupira lorsqu'elle arriva au premier étage. Pourquoi cette maison la hantait-elle ainsi ? Elle n'y était jamais entrée, elle en était certaine, et sa mère était formelle ! Lorsqu'elles avaient emménagées dans la banlieue de Paris, cette maison était inhabitée depuis longtemps. Mais si elle n'était jamais venue, comment savait-elle que la porte devant laquelle elle se tenait, contenait une chambre de petite fille ? Elle n'avait pas encore ouvert le lourd panneau de bois, mais la certitude était ancrée en elle ! Dès que la porte serait ouverte, elle découvrirait un berceau garni de ruban et de gazes roses, une petite armoire, contenant des vêtements de naissances, qu'un coffre remplie de jeux, ainsi qu'une table à langer, et des peluches ! Prenant une lente inspiration, elle poussa le panneau de bois. Comme elle l'avait prévue, une chambre rose, de nourrisson lui fit face. Chaque objet y était à sa place. Au fond d'elle-même, elle ne fut pas surprise, légèrement triste de savoir que cette chambre n'avait jamais servie, certes, mais aucune surprise. Comment savait-elle que l'enfant, tant attendue n'était jamais entrée ? Que jamais, cette petite fille n'avait joué avec ses jeux, ou enfiler les petits bodys, ni même posé les yeux sur toutes ses peluches duveteuses ? Elle l'ignorait, mais elle savait qu'elle avait raison. Il faudrait qu'elle en parle à Charles, quand il rentrerait de son travail. Soudain, la marche du rez-de-chaussée grinça, la faisant sursauter. C'était certain, quelqu'un l'avait vu entrer, et avait appelé la police ! Mais si c'était la police, pourquoi ne se présentaient-ils pas ? N'était-ce pas une obligation ? Elle ne put s'interroger plus longtemps. Les pas lourds, se rapprochaient lentement d'elle. Ne prenant pas le temps de réfléchir, et sans bruit, Kay entra dans la chambre d'enfant, et referma derrière elle. Dès qu'elle fut dos à la porte, elle se frappa le front. Les traces qu'elle avait faites dans la poussière étaient une trace encore plus voyante que les cailloux du petit Poucet, la personne allait forcément la trouver. De plus, la pièce n'ayant aucune autre porte, lui interdisant toute retraite. Faisant face à la porte, elle se recula jusqu'à ce que son dos soit contre le mur, et fixa la poignée sur ces gardes. Sans pouvoir se l'expliquer, elle angoissait à l'idée qu'on la trouve ici. La peur s'insinuait lentement dans chaque cellule de son corps, la paralysant d'angoisse ! Elle ignorait qui était derrière la porte, mais elle savait une chose. Qui que ce soit, il n'allait pas laisser quitter cette maison indemne. Kay eut une pensée pour ses deux filles, Judith et Carrie. Elles allaient bientôt rentrer de l'école, et trouveraient son mot, expliquant qu'elle avait une course urgente à faire, et qu'elle ne reviendrait pas avant minuit. Judith, âgée de quinze ans, prendrait les commandes, aidant sa jeune sœur à faire ses devoirs puis, elles mangeraient et iraient au lit, sans savoir que leur mère ne rentrerait plus jamais. Quant à son mari, Charles… Ils s'étaient quittés sur une dispute. Elle ne voulait pas qu'il s'engage dans l'armée, de peur de ne jamais le voir revenir, et lui avait fait promettre de sauver sa vie, au détriment de son devoir patriotique, et pourtant, c'est elle qui allait le quitter la première. La cliche s'abaissa lentement, et elle sentit son souffle se couper dans sa poitrine. Plus que quelques secondes, et elle saurait ! Oui, elle saurait ce qui était arrivée à Marie Mildway, parce qu'elle allait subir le même châtiment. Elle le savait depuis le début. La porte s'ouvrit lentement, rallongeant sa vie de quelques seconds touts au plus, mais elle en profita pour penser à sa famille qu'elle ne reverrait jamais. Enfin le panneau de bois cessa de bouger, et elle eut un sursaut, en voyant celui qui lui faisait face. …- Une main se posa sur mon épaule, et je hurlais de terreur. Complètement plongée dans mon livre, j'en avais oublié Shane, qui me regardait interdit, ne sachant s'il devait rire ou non, de ce qu'il venait de se passer. Je posais une main sur mon cœur en me répétant en boucle de me calmer, afin de reprendre mes esprits. Quand ce fut fait, et que mon rythme cardiaque fut redevenu approximativement normal, je le regardais. Il semblait se mordre la joue pour ne pas rire du comique de la situation, puis me demanda :

« - C'est bon, tu vas mieux ?

« - Ouais, marmonnais-je les joues rouges.

« - Tu m'attends depuis longtemps ?

« - Quelques minutes, peut-être plus, éludais-je en rangeant mon livre. On peut y aller ?

« - Je t'attends… Alors dis-moi, reprit-il alors que j'enfilais mes gants avant de passer la porte, que lisais-tu pour faire un bond pareil ?

« - Amnésie, de Margaret Mendel*… Fais-moi penser à ne plus emmener de thrillers au lycée.

« - Tu m'étonnes ! C'est dangereux… Autant pour toi que pour les autres. Non, parce qu'au cas où tu l'ignores, tu cris aigue, s'amusa-t-il.

Je rougis, puis lui demandais pourquoi, il avait voulu que je l'attende. Il haussa les épaules.

« - Je ne sais pas ! J'ai pris l'habitude de prendre le même bus que toi. Ça m'aurait fait bizarre de ne pas pouvoir t'observer préserver ton territoire mental, au maximum. Pourquoi, tu y vois une autre raison ?

« - Du tout ! Je m'interrogeais, c'est tout. C'est la première fois qu'on me demande d'attendre quelqu'un. Je pensais que tu avais quelque chose à me dire, par exemple.

Il haussa les épaules, puis fit signe au bus qui arrivait. Je me levais à mon tour et, par galanterie, j'imagine, il me laissa monter la première. Le bus n'était pas spécialement rempli, aussi nous nous assîmes face à face. Durant le trajet, il me demanda pourquoi j'étais partie sans les prévenir, plus tôt dans la journée, et je lui expliquais simplement mon point de vu. Ils étaient trop occupés pour que je leur signale que je gelais sur place, et il fronça les sourcils.

« - Non mais, fallait le dire, on serait rentrés avec toi.

« - Oui peut-être, mais franchement, vos oiseaux, je m'en passe volontiers.

« - Crois-moi, nous aussi ! C'est juste qu'on est trop bien éduqué pour les envoyer balader. Et comme, on ne trouve jamais de bonnes excuses pour partir, on reste.

« - Et c'est aussi le cas avec moi ? Vous restez, juste parce que vous ne savez pas comment me dire de partir ?

« - Non, on reste avec toi, parce qu'on t'apprécie, malgré ce que tu sembles penser. T'es agréable et douce, bien que très timide et secrète, mais tu es vraie ! Les volatiles comme tu les as si gentiment surnommés, ne cherchent qu'à nous plaire, en se mettant dans des situations stupides, et c'est fatigant à voir ! Ce qui n'est pas ton cas ! Bon, on ne sait jamais si ce qu'on te propose de faire te plait, puisque tu restes toujours vague, mais bon.

« - Désolée !

Mon arrêt arriva, et il le signala au chauffeur, plus rapidement que moi. Quand le bus s'arrêta, j'amorçais un geste pour lui dire au revoir, mais il se leva, arguant qu'il ferait le reste de son trajet à pied. Comme il veut ! Durant les deux minutes de marches qui me séparaient de la maison, il me questionna sur ma passivité. Je leur donnais l'impression que rien ne me touchait, comme si j'étais étrangère à ce qu'il se passait autour de moi. Mettant la clé dans la serrure, je répondis :

« - Tu sais, ce n'est que mon point de vue, il ne vaut pas grand-chose, mais avec toutes les horreurs qu'il y a dans le monde, les gens qui meurent de faim et de soifs, d'autres à la guerre, et même aux Etats-Unis, il y a encore des hommes et des femmes, battus ou violés, par leur conjoint ou conjointes, des enfants qui subissent la violences de leurs aînés, et mêmes des gens qui meurent de froids dans les rues. C'est atroce ! Entre reste pas dehors, me coupais-je avant de reprendre. Quand on a conscience de tous ces malheurs, on en vient à rire de ceux de nos camarades qui se plaignent parce qu'ils sont punis et qu'ils ne pourront pas aller à la fête d'un tel, ou qu'ils n'ont pas pu voir l'épisode de leurs séries la veille. Ce genre de malheurs, entre guillemets me laisse de marbre. Tu veux boire quelque chose ?

« - Je voudrais pas déranger.

Je haussais les épaules. Mes parents étaient habitués à me voir seul avec l'un des trois, à présent. Vu le nombre de fois qu'ils passaient à l'improviste, maman s'amusait souvent à s'étonner qu'ils n'aient pas encore la clé. Je secouais la tête et fis chauffer deux tasses de chocolats, en l'écoutant répondre à mon monologue.

« - C'est bizarre ! Quand tu parles de la vie, tu ne sembles voir que le malheur. Les guerres, les personnes battus ou violés, les sans abris morts, mais il n'y a pas que le moche dans la vie. Que fais-tu de la joie, du bonheur, et même de l'amour ?

« - La joie est accessible à tous, dis-je en haussant les épaules. Le bonheur est une chimère après laquelle tout le monde court, et l'amour… Juste un sentiment grotesque inventé par l'homme pour mettre une femme dans son lit, quand l'argent ne suffit pas !

Il me regarda interdit, puis fronça les sourcils. Pour ma part, cette conversation me mettait mal à l'aise. Je devais trouver le moyen de l'orienter vers un chemin moins dangereux, ou sinon je risquais d'être très méchante avec lui, sans qu'il n'en comprenne la raison.

« - Qu'as-tu donc pu subir dans ta vie pour parler ainsi du bonheur et de l'amour, demanda-t-il en plongeant ses yeux dans les miens.

Embarrassée, je pris les tasses et les déposais devant nous, afin de me donner une contenance. Que pouvais-je répondre à ça ? Qu'après un viol, on a beaucoup de mal à croire que le bonheur existe ? Non ! Même si c'est vrai, je ne lui dirais pas ! Il ne doit pas savoir, comme personne ! C'est mon secret, et je compte bien mourir avec. Si quelqu'un l'apprenait un jour, je ne pourrais plus le regarder en face, tant la honte me consumerait. C'était de ma faute, si ça m'était arrivée, je devais en payer les conséquences. Même si elles étaient trop lourdes pour moi. J'apprenais chaque jour à vivre avec.

« - Je… Rien, soupirais-je. Je ne fais que constater ce que je vois chaque jour aux infos. Partout on parle de guerres, de meurtres ! Les images sont toutes sanglantes, et je me dis que l'homme n'est finalement qu'une créature bien primaire. Il a toutes les cartes en mains pour être heureux, et il s'amuse, si je puis dire, à tuer son prochain pour des raisons plus stupides les unes que les autres. Que ce soit, pour l'argent, par dégoût, ou juste une histoire de fierté mal placée.

Il fronça, à nouveau, les sourcils en me fixant avec intensité. J'eus soudainement l'impression qu'il passait mon cerveau au rayon X pour essayer de connaître tous mes secrets, et je fus mal à l'aise. Je reculais, malgré moi, bien que la table nous séparait, et il s'en aperçut. Buvant rapidement son chocolat, il me dit qu'il devait rentrer, s'il ne voulait pas en subir les conséquences. Il paraît que sa mère peut être très sévère. Je le raccompagnais, et fermais à clé derrière lui. J'avais été à deux doigts de lui en parler, et seul quelque chose au fond de ses yeux m'en avait empêché. Il avait, dans son regard, quelque chose qui me faisait me sentir comme les autres. Comme si ce viol n'avait jamais existé, et je ne voulais pas que cette étincelle disparaisse, pour voir apparaître celle de la pitié. Et puis, c'est stupide mais quand Shane me regardait, j'avais l'impression d'être une jeune femme belle, et intéressante, et non simplement un morceau de viande devant un animal affamé.


* Ne cherchez pas ce livre dans les librairies, il n'existe pas. Je viens de l'inventer. Ceci dit, si jamais quelqu'un a écrit un récit similaire, je m'excuse du plagiat, indépendant de ma volonté.

Et voilà, pour aujourd'hui, c'est tout. Bon je file au lit, parce qu'il n'est pas loin de deux heures et demi, et demain, je bosse ! (Bon c'est pas vrai mais tant pis.) Pour l'anecdote, le fait de lire un thriller et qu'au moment le plus haletant, quelqu'un vous tape l'épaule, est arrivé à ma mère. Elle a fait peur à toute la salle ! Allez-y, riez, vous gênez pas ! :p J'espère que ce chapitre vous a plu ?

Miss Tagada (L)