POV Fred :
Elle l'avait planté sans rien dire. Ce n'était pas vraiment sympa. Et pourtant, ses foutus poussées d'hormones ne se calmaient pas !
À peine était-elle sortie dans la cour que Fred avait du refréner son envie d'elle. D'accord... À ce niveau-là ça ne pouvait pas être sentimental, c'était juste sexuel. Il avait fallu qu'en plus elle se retrouve juste en face de lui. Ginny avait bien tenté de prendre la place mais leur mère, tel un dragon, lui avait sauté dessus en lui indiquant la place qu'elle lui avait désignée.
Et maintenant, Fred parlait avec Bill et Tonks, assis de part et d'autre de lui, tout en tentant d'éviter le regard de la brune. Brune qui gardait le nez plongé dans son assiette d'ailleurs.
Mais malgré ça, le repas se passa assez calmement jusqu'à l'arrivé du dessert. Pour dix personnes, la mère de Fred s'était surpassée. Un immense gâteau flottait à présent entre le rouquin et Hermione. Celui-ci poussa un soupir de soulagement quand la brune échappa à sa vue. Soupir qui n'échappa ni à son jumeau, ni à Bill. Fred évita le regard interrogateur de son double et se concentra sur son aîné, qui n'avait absolument rien compris à l'affaire.
« Qu'est ce qu'il y a Fred ? Ne me dis pas que tu n'as déjà plus de place ! Un si magnifique gâteau, tu ne vas pas le laisser comme ça ! S'exclama-t-il.
- Hey ! C'est Ron et toi les gouffres sur pattes ! Pas moi ! »
Haussant les épaules avec désinvolture, le premier gouffre surnommé répliqua :
« Tu n'es qu'un p'tit joueur Fred.
- C'est un défi ? »
Arborant un grand sourire, Ron se prépara à répondre quand la voix de leur père les interrompit.
« Ah non les garçons ! Vous n'allez pas vous lancer dans des concours stupide de nourriture qui vous laisseront malades toute la semaine !
- Oh aller papa ! S'écria George. C'est pas comme si on ne voulait pas assister au mariage...
- À peine. », marmonna son jumeau.
Il fit un grand sourire à son frère aîné qui lui lançait un regard meurtrier et attaqua la part de gâteau que lui avait passé sa mère après une taloche.
Le gâteau rétrécit très vite. Bien trop vite au goût de Fred. Il était bien quand il était intact ! Il cachait Hermione à ses yeux. Là, le rouquin avait une vue plongeante sur la brune. Une vue magnifique évidemment, mais qui ne lui faisait pas vraiment du bien.
Il fit tout ce qu'il put pour éviter le regard de la jeune femme mais bientôt, n'en pouvant plus, se leva brusquement de table et retourna dans la maison sous les regards surpris de l'assistance.
Il s'effondra sur le canapé et fixa la fenêtre. Après tout, pourquoi devrait-il se forcer ? Elle ne voulait pas de lui, très bien. Mais il n'était pas obligé de faire semblant.
Très vite, il fut rejoint par George. Son jumeau se planta devant lui, les bras croisés sur sa poitrine et le fixa, sans rien dire. Le silence dura longtemps. Au bout d'une dizaine de minutes – ils avaient une patience à toute épreuve – Fred décida tout de même de rompre le silence.
« Quoi ? Siffla-t-il d'une voix agacée.
- À ben quand même, railla son jumeau. J'ai cru que tu avais perdu l'usage de la parole !
- Si tu avais pu perdre l'usage des sarcasmes ça m'aurait fait des vacances. Je suis pas d'humeur.
- J'ai cru comprendre. Et puis-je savoir pourquoi ?
- Hermione ne veut pas de moi. »
Sans rien dire, George s'affala dans le canapé à ses côtés.
« C'est une raison pour planter tout le monde ? »
Le rouquin fit la grimace. Qu'est-ce que son jumeau pouvait être agaçant !
« Lâche moi je te dis ! S'il te plaît Forge, laisse-moi tranquille.
- Pas avant que tu m'aie expliqué ce qu'il s'est passé. »
Fred fronça le nez mais rendit les armes.
« On était sur le canapé tout à l'heure et... Bon c'est vrai que je n'ai pas vraiment été malin... Un peu rapide aussi... Mais elle aurait pu me le dire quand même ! Au lieu de ça elle s'est enfuie en courant !
- Oulà oulà, on se calme ! Tu as fait quoi ? »
Le rouquin regarda son frère, surpris par sa réaction, puis, son cerveau entra en action et il se récria.
« Mais non ! Je n'ai pas essayé de la violer ! T'as craqué ou quoi ?
- Ta phrase pouvait tout de même prêter à confusion, le railla son double.
- T'es con, sourit Fred. Bon, disons qu'on s'est retrouvés dans une situation un peu... particulière et que j'avais complètement oublié qu'on était dans le salon. Du coup je me suis laissé emporter et...
- Et elle a eu peur et elle s'est enfuie. », compléta George.
Fred le regarda un instant sans comprendre. Peur ? Peur de quoi ? Peur de lui ? Mais pourquoi ? Elle avait sincèrement cru qu'il pourrait la violer ?
« Tu crois qu'elle a vraiment eu peur que je... que je...
- Que tu lui sautes dessus et que tu la prennes violemment sans lui demander son avis et n'importe où ? Oui, je crois que c'est ça. », Répliqua George un grand sourire sur les lèvres.
Mais Fred n'arrivait pas à sourire. Elle croyait sincèrement qu'il était du genre à la violer ? Il ne pouvait pas lui laisser croire ça ! Son jumeau anticipa sur sa réaction car son bras empêcha le jeune homme de bondir du canapé.
« Stop ! Ne bouge pas ! Tu vas déclencher une hécatombe ! Tu vas dans la chambre et je vais parler à Hermione. Toi, tu ne fais rien. C'est bien clair ? Rien de rien ou je considère que tu as rompu ta promesse et je te pète le nez. »
POV Hermione :
Pourquoi était-il parti si soudainement ? Comme ça, sans rien dire ? Il avait plutôt bien supporté sa présence tout au long du repas alors pourquoi craquer tout d'un coup ?
Septique, Hermione commença à débarrasser en tentant d'orienter son esprit vers des sujets de préoccupation un peu plus important que l'étrange comportement de son ami/copain tels que ce bout de gâteau abandonné de tous et qu'elle se fit un plaisir d'engloutir, ou bien ce magnifique papillon ou encore Ginny qui lui lançait des regards de plus en plus inquisiteur.
« Qu'est ce qu'il y a ? Grinça tout d'un coup la brune, à bout de nerfs.
- Tu devais parler à Fred, répliqua sa cadette. Je constate juste que ce n'est toujours pas fait.
- En même temps, tu m'as demandé de le faire juste avant le repas et il ne m'en a pas vraiment donné l'occasion. Et puis pour tout te dire, je ne le comprends même plus ton frère alors...
- Comme je vois qu'on parle du loup, je vais en profiter pour y mettre mon grain de sel. »
La voix de George avait retentit derrière la jeune femme si soudainement qu'elle fit un bond de trois mètre de haut – au moins –. Elle se retourna ensuite et le fusilla du regard.
« Ne viens pas te mêler de ça toi ! Ça commence à bien faire ! Ça ne vous regarde absolument pas cette histoire ! »
Le jumeau eut un petit rire narquois, bien vite rejoint par sa sœur. Ils se ressemblaient à en faire peur à cet instant. Le même sourire mesquin, le même regard agacé, le même visage ovale, les mêmes yeux vert profond. La même expression que Fred se surprit à penser Hermione.
« À part qu'on parle de notre frère et de notre amie, je ne vois pas en quoi ça nous regarde effectivement, ironisa Ginny.
- Mais je... ! Enfin ! Fred n'a pas... Commença la brunette qui commençait sérieusement à s'échauffer.
- Il croit que tu crois qu'il a voulu te violer. »
La fin de sa phrase resta bloquée dans la gorge de la jeune femme. Même Ginny avait abandonné son sourire pour regarder George avec de grands yeux étonnés. Le jumeau, lui, fixait Hermione avec sérieux. C'était déroutant de voir cette expression si peu familière aux deux frères sur son visage.
« Il-Il croit que quoi ? Bafouilla la brune.
- Que tu penses qu'il a voulu te violer, répéta George, imperturbable.
- M-Mais pas du tout !
- En fait, c'est moi qui lui ai mis cette idée dans la tête.
- Mais pourquoi ? T'es stupide ? »
Le sourire taquin reprit ses droits sur le visage de George et Hermione ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait les même fossettes que son frère.
« Évidement puisqu'ils sont jumeaux ! Réveille-toi ma grande ! » se secoua la jeune femme.
« Si je n'étais pas intervenu, votre histoire n'aurait jamais avancée, expliqua le rouquin. Maintenant, tu vas gentiment aller le voir et lui expliquer pourquoi tu l'a planté.
- Mais je...
- Hermione, reprit George, de nouveau sérieux. Depuis hier soir, mon frère ne voit que toi, ne parle que de toi et ne jure que par ton nom. Je ne le reconnais plus et je ne supporte pas de le voir comme ça. Alors tu vas te dépêcher de monter dans notre chambre et lui expliquer la situation, sinon je vais vraiment m'énerver. Cette attitude n'est pas la sienne, et je ne te laisserai pas transformer mon frère en ado pré-pubère. »
Interloquée, Hermione se surprit à obéir aux ordres du rouquin. Au passage, elle nota que Ginny regardait son frère avec un étonnement non feint. Ça ne devait pas être courant d'entendre le jumeau donner des ordres aussi sérieusement.
À la vérité, la tirade de George avait beaucoup inquiété la jeune femme. Si vraiment Fred se comportait comme son frère l'avait dit, cela signifiait sans doute qu'il avait des sentiments pour elle. Il lui avait pourtant assuré le contraire ! Et Hermione n'avait vraiment pas besoin de ça au moment même où elle s'apprêtait à partir en compagnie d'Harry et Ron à la chasse aux Horcrux !
Il fallait qu'ils s'expliquent. Marche par marche, Hermione grimpa les deux étages qui la séparaient de la chambre des jumeaux. Fred ne devait pas s'enfoncer plus loin dans son erreur et elle devait lui expliquer précisément pourquoi il ne pouvait pas – ne devait pas – tomber amoureux d'elle.
Enfin parvenue devant la porte, elle la poussa doucement et entra dans la chambre.
