Une autre année passa. Elrond considérait désormais Aryane comme sa propre fille, et Arwen, Elladan et Elrohir comme leur petite sœur. Elle avait vaincu Glorfindel dans un duel à l'épée, ainsi qu'aux dagues, connaissait la cité comme sa poche, et elle avait découvert de nouveaux pouvoirs. En effet, en plus d'être télépathe, de savoir voler et de pouvoir maitriser le feu, elle pouvait guérir les blessures et surtout, « transformer le mal en bien ». En fait, elle avait appris que les orcs étaient en réalité des elfes, capturés et torturés par Melkor, un ancien démon. Après quoi, quand elle a fait sa première patrouille avec Elladan, Elrohir, Aragorn et Glorfindel, alors qu'elle allait tuer un orc, elle a eu un instant de pitié et, d'un coup, une vive lumière dorée a émané d'elle et illuminé tous les bois sur une distance de plusieurs mètres. Peu après, lorsque tout le monde a rouvert les yeux, à la place de voir des orcs devant eux, ils ont vu des elfes tout à fait normaux et qui semblaient royalement perdus. Puis, il y a eu un cri, et un autre, et plusieurs elfes de la patrouille ont serré les anciens orcs car il s'agissait de vieilles connaissances perdues de vue depuis des lustres. Ce n'est qu'une vingtaine de minutes plus tard que l'excitation descendit d'un cran et que Glorfindel trouva Aryane, évanouit. Ce ne fut que trois jours plus tard qu'elle se réveilla, dans sa chambre. D'abord interloqué, tout lui est ensuite revenu en mémoire, et elle est sortit en vitesse pour voir si elle n'avait pas rêvé. Ce qui n'était pas le cas. Par la suite, une grande fête avait été organisée pour fêter le retour des elfes, et plusieurs d'entre eux étaient venus la remercier. Depuis, lorsqu'ils rencontraient des groupes d'orcs durant les patrouilles, ils évitaient les bains de sang et laissaient faire Aryane, ramenant toujours de ce fait des connaissances, des amis, des frères, et réunissant des familles. Elle maitrisait de mieux en mieux son pouvoir, mais il lui prenait toujours beaucoup d'énergie. De plus, elle ne pouvait utiliser son pouvoir pour un groupe trop important d'orcs, environ une quinzaine maximum. Sinon, ça ne marchait que sur quelques uns d'entre eux, et ça lui faisait perdre énormément d'énergie. À part ça, elle maitrisait ses autres pouvoirs, dont celui de la guérison, à la perfection, et passait souvent à la maison de guérison pour aider les guérisseurs. Ça faisait donc un an maintenant qu'elle était à Fondcombe, et elle et Aragorn partaient à Bree dans une heure à peine, afin de remplir une mission de la plus haute importance que Gandalf était dans l'incapacité d'accomplir. Après les au revoir, Aryane et Aragorn quittèrent Fondcombe. La jeune fille avait tenu à l'accompagner car, seul, ça ne risquait pas d'être facile. Aragorn voulait refuser, sachant que les Nazgûls seraient à leur trousse et donc son père serait de la partie aussi, mais il savait aussi qu'elle viendrait le rejoindre malgré tout, alors il se contenta de la prévenir de la possible réunion de famille. Elle avait frissonner, mais affirmais qu'elle devait passer par là et que, de toute manière, ça arriverait tôt ou tard.

- Aryane ? Nous y sommes, déclara le rodeur, la sortant de ses pensées.

Bien sûr, Aryane ne voyait rien, mais l'odeur et le bruit parlaient d'eux même : C'était vraiment une ville paumée. Aussi, elle avait fait bien attention à cacher ses ailes autant que possible par une cape, les pliant autant qu'elle le pouvait, pour passer inaperçu. Leurs visages dissimulés par d'amples capuches, le Dunedain et sa protégée entrèrent dans la ville et prirent place au Poney Fringant, tout en louant une chambre dans l'auberge d'en face. Assis dans un coin obscur de la salle, ils examinaient chacune des personnes présentes ou, plutôt, Aragorn faisant ainsi pendant qu'Aryane les sondait. Aucun d'entre eux ne semblait avoir réellement de mauvaises intentions, mais ils risquaient de devenir violent s'ils buvaient trop, et Aragorn n'était pas très apprécié dans cette ville, car on le croyait dangereux.

- Alors, nous sommes ici pour trouver des Hobbit, c'est ça ? demanda Aryane.

- Oui. L'un d'entre eux va se faire passer pour un certain Monsieur Soucolline, mais il s'agit en réalité de Frodon Sacquet, le porteur de l'Unique pour l'instant, expliqua le rodeur.

- C'est une lourde de tâche qui lui revint, ascquisa-t-elle. Et nous devons donc les mener à Fondcombe ?

- C'est ça. Par contre, comme je te l'ai dit, nous serons sans aucun doute poursuivis par les Nazgûls, et… tenta-t-il.

- Alors nous ne serons pas trop de deux pour les combattre ! s'exclama-t-elle, attirant quelques regards.

Les deux amis restèrent silencieux quelques minutes, le temps que plus personne ne leur porte attention, puis reprirent leur conversation.

- Je sais, mais je ne voudrais pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.

- Il ne se passera rien, promit-elle. Je serais prudente !

- Il faudrait que tu sois plus subtile, aussi, fit-il remarquer avec un sourire en allumant sa pipe.

- Ah, non, je ne veux pas de tes cochonneries à table, tout de même ! se plaignit-elle.

Elle saisit la pipe, l'éteignit, et la fourra dans sa besace, sous le regard amusé et désespéré du rodeur.

- Tu savais que fumer diminue ton espérance de vie ? dit-elle. Tes poumons vont devenir noirs, et tu vas mourir comme ça ! Ça serait bizarre, non, que l'un des plus grand épéiste de tous les temps finisse sur son lit de mort à cause d'une pipe ?

- Je sais tout ça, c'est la énième fois que tu me le dis, soupira-t-il.

- Mais tu t'en fous, répondit-elle sur le même ton.

- Mais je m'en fous, confirma-t-il.

La porte de l'auberge s'ouvrit alors en grand, laissant passer quatre Hobbits frigorifiés et trempés. On les conduisit à une table, et ils commencèrent à manger avec appétit.

- C'est eux, fit remarquer Aryane. Je peux ressentir le pouvoir maléfique de l'anneau, c'est horrible ! Dis, tu crois que mon pouvoir pourrait fonctionner dessus ? Tu sais, « transformer le bien en mal » ?

- Non, je ne crois pas, et oui, c'est eux. Mais ton pouvoir ne fonctionnerait pas, puisque ton pouvoir n'agit que lorsqu'il y a déjà eu une part de bien dans la personne, la créature ou l'objet. L'Unique est entièrement maléfique, expliqua son compagnon.

Ils gardèrent ensuite le silence, se contentant de fixer Frodon pour Aragorn, et surveillant les intentions des hommes alentours pour Aryane. L'un des Hobbit, Frodon, leur lança alors un regard apeuré, et demanda au gérant du Poney qui ils étaient.

- Pour la petite dame, je n'en sais rien, c'est la première fois que je la vois. Par contre, l'homme, c'est un rodeur, dangereux et violent à ce qu'on dit. Ici, il est connu sous le nom de Grand-Pas. Je vous déconseille de le fréquenter. Je ne le chasse pas d'ici car il n'a jamais ternit la réputation de mon auberge, mais il reste que les clients le craignent, expliqua Poirredebeurrée.

- Quoi ? Dangereux ? Violent ? s'insurgea Aryane.

Elle s'apprêtait à se lever pour aller remettre Prosper à sa place, mais son ami la retint.

- Calme, il ne faut pas se faire remarquer, fit-il.

- Oh, il va m'entendre parler, le salop… sais pas de quoi il parle… ne connais rien… imbécile… marmonna Aryane entre ses dents en lançant un regard noir vers le gérant.

Aragorn sourit. Elle était beaucoup trop protectrice. Soudain, Frodon, qui s'était levé pour se rendre au bar, disparut d'un coup.

- Aragorn, une puissante magie est à l'œuvre, signala Aryane. Et… WHAT !

- Que se passe-t-il ? s'inquiéta le rodeur.

- Je… je peux le voir, balbutia Aryane en fixant l'endroit où se tenait Frodon, invisible aux yeux de tous sauf elle. Je le vois, Aragorn, mais seulement lui ! Comment est-ce possible ?

- Il a enfilé l'anneau, comme il est en quelque sorte devenu un spectre le temps qu'il met l'anneau, tu peux le voir. Il faut y aller. Je m'occupe des trois Hobbits qui l'accompagnent, occupe toi de Frodon.

Le rodeur se leva sans que personne ne le remarque, et tenta d'approcher les Hobbits. Pendant ce temps, Aryane s'approcha de Frodon et, sans plus de cérémonie, le tira par le bras et le força à monter à l'étage, dans la chambre que les Hobbits avaient loué. Aussitôt arrivés, elle ferma la porte et retira vivement l'anneau du doigt du porteur, qui disparut de sa vue mais réapparut à celle des gens normaux.

- Qui êtes vous ? Que me voulez-vous ? Et comment m'avez vous vu ?

- Il a y de nombreux dangers qui rôdent, Frodon Sacquet, répondit-elle. Mais je n'en fais pas parti. Je suis avec un ami, Gandalf nous a envoyé vous guider jusqu'à destination. Oh, et je m'appelle Aryane.

- Pourquoi n'est-il pas ici ? Où est Gandalf ? se méfia Frodon.

- Nous n'en savons rien, répondit Aragorn en entrant, bien vite suivit des trois autres semi hommes. Vous voyez, votre ami va bien, ajouta-t-il à leur intention.

- Nous avons loué une chambre dans l'auberge d'en face. Les Nazgûls sont à vos trousses et il nous faut vous mettre en sécurité, conclut Aryane. Suivez nous !

- Et pourquoi on vous ferait confiance ? demanda un Hobbit joufflu.

- Avons nous l'air d'ennemis ? demanda le rodeur en baissant sa capuche.

Il y eu un silence.

- Il ne faut pas se fier aux apparences, lâcha Frodon. Et pourquoi l'autre ne se découvre pas ?

- Parce que « l'autre » comme vous dites, est aveugle, et quelle ne voudrait pas vous effrayer, siffla-t-elle entre ses dents.

- Aveugle ? s'étonna Frodon. Mais vous m'avez vu, pourtant.

- C'est une longue histoire, et nous n'avons pas le temps de l'expliquer pour l'instant. Mais si vous ne faites pas confiance à un rodeur, peut être ferez vous confiance à une elfe, répondit-elle en abaissant sa capuche.

Les Hobbits hoquetèrent de stupeur en voyant ses oreilles pointues et ses yeux blancs.

- Pouvons nous y aller, maintenant ? demande le Dunedain.

Les semi hommes acceptèrent, et tous se rendirent sans se faire remarquer dans l'auberge d'en face, dans la deuxième chambre louée.

- Je vous conseille de vous reposer, dit alors le rodeur. Une longue route nous attends demain, et nous partirons aux premières lueurs de l'aube.

- Mais avant, pour faire un peu plus « formel » si on peut dire ça comme ça, je m'appelle Aryane Whitehope, ajouta la jeune fille en inclinant la tête. Lui, c'est Aragorn, mais le gérant vous l'a désigné comme Grand-Pas.

- Je suis Meriadoc Brandebouc, dit alors un Hobbit. Mais tout le monde m'appelle Merry.

- Et moi, c'est Peregrin Touque, mais on m'appelle Pippin.

- Je suis Samsagace Gamegie, ajouta le joufflu. Mais on me surnomme Sam.

- Et moi, même si vous le savez, je suis Frodon Sacquet, conclut le dernier.

- Maintenant que c'est fait, tout le monde au lit, ordonna le rodeur.

Ils acceptèrent en silence et se couchèrent. Pourtant, une heure plus tard, ils furent réveillés par d'horribles cris qui déchirèrent le silence de la nuit. Ils se redressèrent dans leur lit, et virent Aragorn serrer Aryane contre lui. Celle-ci semblait en état de choc, et des larmes coulaient sur ses joues.

- Dame Aryane ? demanda Sam.

Cela sembla la tirer de son état de choc.

- Pas de formalités avec moi, Sam, juste Aryane, dit-elle. Et vous pouvez tous me tutoyer, ajouta-t-elle à l'encontre des autres.

- Pourquoi pleurez vous ? Et quels étaient ces cris ? demanda Pippin.

- C'était les Nazgûls, ils sont tombés dans notre piège, répondit-elle. Et si je pleure, c'est parce que je viens de découvrir que je peux comprendre et parler le Noir Parler, soit la langue des Nazgûls.

- Comment ? s'étonna Merry.

- Elle vous l'expliquera demain, affirma Aragorn. Enfin, si tu t'en sens capable. Pour l'instant, que tout le monde tente de dormir.

Tout le monde obéit et, bien vite, le silence de la nuit fut entrecoupé par les ronflements des Hobbits.