Chapitre 11 : Attraction Fatale
Quelque part, dans le désert, dans une superbe villa avec piscine.
Après avoir fui le camping, Duo et Sora étaient repartis dans la petite villa de Quatre, l'autre pilote de gundam, dans le désert. Et cette fois-ci, on pouvait dire que Sora prenait vraiment grand soin de ne pas trop s'exposer au soleil. Oh, bien sûr, elle ne s'enfermait pas à l'intérieur, au contraire ! Disons, qu'elle faisait selon... Elle faisait selon les déplacements de Quatre ! Oui, vraiment ! Depuis leur retour ici, elle n'en avait que pour lui ! Déjà la dernière fois, elle faisait sa timide et rougissait chaque fois qu'il lui parlait mais maintenant, ça avait pris des dimensions insupportables ! Sora n'arrêtait pas de lui tourner autour et en avait oublié son travail d'inspectrice ! Elle n'était vraiment pas professionnelle !
« Hé ! Les garçons ! » Appela Sora d'une voix de pimbêche. (Notez qu'elle gardera cette voix pendant toue la scène.)
Les deux garçons, en pleine discussion très sérieuse sur la nouvelle situation politique, s'interrompirent et levèrent les yeux vers elle : habillée d'un paréo attaché autour de sa taille et de son maillot de bain deux pièces blanc à petites fleurs roses, la jeune fille leur apportait sur un plateau une carafe et des verres. Tandis que Quatre semblait plutôt étonné et ravi par cette apparition, Duo, lui, resta figé sur place, les yeux exorbités.
Sora passa entre une chaise et la sienne et se pencha en le frôlant légèrement : « Paaardon ! Voilà ! (Elle sourit largement à Quatre, de façon très mignonne) C'est de la limonade ! Ça devrait vous rafraîchir ! »
Puis elle tira une chaise et s'assit à côté de Duo, sans quitter Quatre des yeux. Tss ! Depuis qu'ils l'avaient rencontré, il n'y en avait que pour lui ! Quatre ceci, Quatre cela... Bon, c'est vrai qu'il était sympa et qu'il avait tout pour lui, mais quand même qu'est-ce que lui avait de moins que Quatre ? Bon, ok, il n'avait pas peut-être pas la même façon de parler, il n'était certainement pas riche, mais l'autre jour, Sora lui avait quand même dit qu'elle l'appréciait ! Et depuis il n'avait pas arrêté de l'observer avec plus d'attention. C'est vrai, jusque là, si on excluait les rares fois où elle ne l'avait pas engueulé, elle avait été sympa avec lui ! Bon, rarement, d'accord ! Mais il y avait quand même des indices qu'il n'avait pas su repérer tout de suite ! Par exemple, quand, chez Howard, elle lui avait demandé de l'embrasser lorsqu'elle était bourrée ! Et puis aussi quand... hm. Nan, en fait, il ne voyait pas d'autre exemple. Il se souvenait juste d'autres moments où il s'était senti troublé mais sinon, rien.
Duo leva les yeux et regarda tour à tour Quatre et Sora : les deux jeunes gens devisaient joyeusement en riant. En tendant l'oreille, il s'aperçut soudain avec horreur que son inspectrice était en train de citer des passages particulièrement embarrassants de leur ancienne vie commune.
« Oui ! Et puis aussi, sur le cargo d'Howard, on dormait dans un même dortoir avec tous les mécaniciens et un soir, alors que nous étions avec Heero et son ancienne inspectrice, Concepciòn, il n'a pas arrêté de me réveiller toutes les deux minutes car il était persuadé qu'ils fricotaient ensemble ! Mais en réalité, ils manigançaient pour lui piquer des pièces de son gundam ! Le lendemain matin, on s'est retrouvé dans l'incapacité de faire la moindre mission alors que le Deathscythe était parfaitement opérationnel la veille ! Ahahahahah !
— Hm, Heero voulait certainement ne pas vous impliquer dans une mission dangereuse tous les deux. Expliqua Quatre avec un sourire indulgent.
— Sora ! Vous ne devriez pas raconter ça ! Je suis sûr que ça n'intéresse pas Quatre ! En plus, on était en train de parler de quelque chose de très important avant votre arrivée ! Protesta Duo, gêné.
Mais Sora, tout sourire (sans doute pour charmer Quatre ! Pfff !), se tourna vers lui avec son sourire innocent et très mignon :
— Oh, Duo ! Enfin, nous sommes un peu en vacances, en repos ! Il faut vous détendre ! (Elle posa une main sur son épaule) Allez, un p'tit sourire ! D'habitude, vous êtes bien plus joyeux !
Bien sûr, cela eut son effet habituel, découvert depuis leur arrivée ici, c'est à dire que Duo rougit, bafouilla, se tut dès qu'elle posa sa main sur son épaule puis n'arriva plus à prononcer une seule parole. Sora put donc reprendre ses minauderies :
— Ah ! En tout cas, je suis contente de vous avoir rencontré Quatre ! Au début, très honnêtement, je voulais vous choisir comme inspecté mais on m'a dit que vous étiez un soldat modèle, un vrai perfect soldier comme on dit chez moi ! Donc, que vous n'aviez pas besoin d'inspectrice !
KIKIYOU ! Ce fut le bruit qui transperça tel un éclair la tête et le coeur de Duo qui ne s'attendait pas à ce qu'on l'ait en réalité choisi comme second choix.
Quatre le modeste se défendit aussitôt sur ce compliment :
— Oh, vous savez, je fais juste de mon mieux pour mettre fin à cette guerre, en y impliquant le moins de gens possible. Avoir la compagnie d'une inspectrice serait sûrement très agréable, mais je serai bien plus inquiet de partir en mission en ayant la responsabilité d'une autre vie que la mienne à l'intérieur de mon gundam.
Sora rosit :
— Ooooh, Quatre, vous êtes si prévenant ! Quel dommage que je ne sois pas votre inspectrice ! Allez, faites un effort la prochaine fois ! Faites quelques folies ! Lâchez-vous un peu ! Si vous perdiez la tête et que vous vous rebelliez un peu, on me désignerait peut-être comme votre nouvelle inspectrice !
— Quoi ? Alors comme ça, ça ne vous intéresse plus d'être avec moi ? Enfin, de m'inspecter ? Demanda Duo, vexé.
Sora laissa échapper un petit rire cristallin :
— Oh Duo ! Une fois qu'on a inspecté quelqu'un sous tous les angles, c'est à lui de corriger ses défauts ! Et puis, je sais très bien que je ne vous ai pas manqué la dernière fois alors ne faites pas cette tête-là ! Vous avez toujours rêvé de vous débarrasser de moi alors j'ai décidé qu'à partir de maintenant, je ne m'accrocherai plus à vous !
KIKIYOU ! KIKIYOU !
Duo, comme à son habitude, ravala ses sentiments, garda le sourire et rit d'un air gêné. Puis il se servit un grand verre de limonade et l'avala d'un trait, en jetant un regard mauvais vers Sora, qui venait de replonger dans une conversation galante avec Quatre.
Pendant ce temps-là, au pôle nord, quelque part dans une grandeuh base, Siria Black tentait de dévergronder l'innocente Angel.
« Allez allez, un peu de cran ! Tu es une grande fille quand même ! Trowa est un grand garçon, c'est le moins qu'on puisse dire, donc, en tant que jeunes adultes, se fréquentant depuis plus d'un mois, vous devez passer à l'action !
Angel murmura en rosissant :
— Oh non ! Il n'y a rien de tout ça entre nous ! Notre relation n'a rien de professionnel ! Heu, tout de professionnel !
À ce moment-là, Trowa passa dans le coin et s'arrêta près d'elle :
— Angel, je peux vous parler, en privé ?
Angel rosit de nouveau :
— Oui, bien sûr Trowa !
Et elle le suivit en trottinant.
Siria Black, laissée seule, plissa les yeux, telle Colombo plongé dans une tortueuse affaire :
— Ça, ça n'a rien de professionnel. »
...
Trowa et Angel entrèrent dans une petite salle de repos, vide.
« Angel, je dois vous dire quelque chose. » commença Trowa, l'air grave.
— Oh ! Trowa ! Fit Angel, rêveuse.
Le pilote de gundam poursuivit, l'air très sérieux :
— Quand le duel sera fini, je partirai pour l'Espace et je m'engagerai dans OZ.
Angel, catastrophée, terrifiée, bref, le monde s'écroulait pour elle, le regarda avec horreur :
— Oh Mon Dieu ! Non ! Trowa ! Pourquoi ? Pourquoi passez-vous du côté de l'ennemi ?
Mais Trowa posa ses mains sur ses épaules et son regard se radoucit :
— Non Angel, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je vais m'engager dans OZ (Il se pencha vers elle et murmura d'un air secret) pour mieux les détruire de l'intérieur.
— Oh, Trowa ! murmura Angel, émue.
Trowa conclut, d'un ton plus ferme :
— Pour cette raison, nous n'allons pas pouvoir continuer ensemble. J'ai vérifié dans le règlement que vous m'avez donné le jour de notre rencontre...
Angel, les deux mains contre sa bouche, très émue, les larmes aux yeux, laissa échapper un cri de surprise :
— Oh Mon Dieu, Trowa ! Vous l'avez lu !
Trowa, un peu cassé dans son élan, termina son explication :
— Hm, oui. Donc, j'ai vérifié dans les articles et apparemment ces circonstances sont valables. Vous ne pouvez et ne devez pas me suivre. C'est trop dangereux pour vous.
Angel le fixa d'un air résolu, à travers ses larmes :
— Je comprends, c'est comme ça…
Le pilote de gundam tenta de la consoler :
— Je sais que cette mission vous tient à cœur, mais je suis sûre que votre association pourra vous trouver un poste moins exposé. Bonne chance à vous Angel.
L'inspectrice respira une bonne bouffée d'oxygène :
— Oui. Adieu… Trowa… »
Et elle tourna les talons, marchant lentement pour quitter la pièce, puis une fois sortie, elle s'enfuit en courant.
Quelques semaines plus tard, après s'être bien amusés sur Terre, Duo et Quatre, accompagnés de Sora, décidèrent de repartir chez eux, dans les colonies. Malheureusement, OZ profita de leur attaque sur la base de Singapour (Ben quoi ? Il faut bien qu'ils se fraient un passage, non ?) pour les faire passer pour de gros méchants auprès des colonies. Très déstabilisés par ces nouvelles, les garçons tentèrent malgré tout de faire leur chemin vers les navettes de la base mais le combat fut très rude. Heureusement, Trowa, Heero et Wufei, accompagnés de leurs inspectrices, les rejoignirent et, en sacrifiant le gundam de Quatre, tout le monde parvint à décoller vers les colonies !
Heero arriva rapidement sur une colonie du point L-1 et s'inscrivit à l'université. Comme les cours étaient bien ennuyeux, il décida de mettre un peu d'ambiance, à sa façon, c'est-à-dire en effrayant ses camarades de classe par des exposés cruellement réalistes. Comme s'il ne pouvait pas se contenter de danser la Macarena sur le bureau de la prof ! Pfff !
Heero commença, l'air grave : « La Terre. Cette pla... »
Il s'interrompit brusquement car un gros éclat de rire retentit dans l'amphithéâtre. Siria Black, affalée sur sa table, se redressa pour donner quelques coups de coude complices à son voisin de table : « Comment il dit ça ! »
— Tais-toi donc, tout le monde te regarde ! » lui intima son voisin, l'air intimidé.
Siria Black tenta de se calmer. Heero reprit donc son exposé une seconde fois : « La Terre. » Trop tard, son inspectrice repartit de plus belle dans un formidable éclat de rire. La prof commença à s'impatienter : « Oh ! Mais enfin ! Quel âge avez-vous ? Allez-vous donc laisser votre camarade parler ? Ce n'est déjà pas facile de passer à l'oral devant tout un amphithéâtre ! Un peu de respect pour lui enfin ! Vous allez l'intimider ! »
Siria Black se tassa sur elle-même, pinça les lèvres et écouta sagement. Heero put donc enfin reprendre son exposé sur la Terre, les hommes, leur colonisation de l'espace, qu'ils avaient transformé en un gigantesque champ de bataille, sur leur pacifisme artificiel et leur manie de vouloir contrôler leur environnement. Bref, dans son exposé, les êtres humains n'avaient pas l'air très commode. À ces mots, plusieurs élèves se levèrent et prirent des airs choqués.
Un élève lança soudain : « C'est scandaleux ! C'est totalement faux ! Nous, on est des gentils ! »
— Ouais, c'est scandaleux d'être aussi emmerdant. Renchérit Siria Black, à moitié endormie.
Le professeur, agacée, se vit donc obligée d'interrompre le festival de gentillesse de Heero :
— Très bien, ce sera suffisant Monsieur Yuy. Nous allons changer de sujet, je crois. Vos paroles sont en train de troubler vos camarades. Pour ma part, je ne pense pas que le choix de ce sujet ait été judicieux pour une dissertation orale. L'analyse de l'Homme, pour le sujet Décrivez un animal était totalement hors de propos ! Retournez à votre place ! ... Élève suivant ! »
Le voisin de table de Siria Black se leva et rejoignit l'estrade : « Hum hum. Le Dauphin. Le dauphin est le plus joli poisson de la Terre. De mes vacances là-bas, j'en ai ramené un œuf ! Il est très gros. Il est de couleur beige, avec des toutes petites tâches noires. Je l'aime beaucoup.
À ces mots, Siria Black se leva d'un bond :
— Le dauphin, c'est pas un poisson, banane ! Ça pond pas des œufs !
— Et si c'était l'œuf d'un gros condor royal ? Ou d'une autruche ? Proposa une élève.
La prof, désemparée, leur désigna à tous la porte de l'amphithéâtre :
— Fin du cours ! Sortez d'ici immédiatement ! Je ne veux plus vous voir ! »
Au même moment, Duo et Sora vivaient une situation tout aussi dramatique. Hum, si ce n'est pire ! Après quelques jours de voyage dans leur capsule spatiale, ils venaient d'être repérés par OZ et le Deathscythe n'étant pas vraiment fait pour les combats dans l'Espace, ils ne tardèrent pas à être encerclés et neutralisés.
Sora, soudain très angoissée, fixa avec horreur les armures mobiles ennemies qui leur tiraient dessus sans qu'ils puissent rien faire : « Quoi ? Ça y est ? Le combat est déjà fini ? Mais, qu'est-ce qu'on va faire ? Ils vont nous emmener, nous emprisonner, nous torturer ! C'est terrible ! (Elle se tourna vers Duo et s'accrocha à son bras) Oh, je vous en prie ! Dites-moi que vous avez une solution ! Un plan de secours !
Duo acquiesça silencieusement et appuya sur un bouton : sur le tableau de bord du gundam, un panneau métallique coulissa pour révéler le bouton du système d'autodestruction :
— Ceci pourrait faire l'affaire si j'étais seul, mais...
Il se tourna vers elle et la regarda sans un mot de plus. Sora baissa les yeux, hésita un moment puis releva la tête d'un air déterminé :
— Je suis une inspectrice professionnelle ! Mon destin est d'accompagner mon inspecté jusque dans la mort. Faites ce que vous avez à faire, je vous suivrai quoi qu'il arrive.
Duo sourit faiblement :
— Sora, vous regrettez vraiment de m'avoir eu comme inspecté, à la place de Quatre ?
Sora posa les yeux sur le bouton d'autodestruction :
— Je l'ai certainement regretté les premiers jours, mais maintenant, mon seul regret est de ne pas avoir eu le temps de mieux vous connaître. Je m'en veux tellement d'avoir été si sèche avec vous. Vous êtes quelqu'un de si gentil. C'est injuste ce qui arrive.
Sans la quitter des yeux, Duo posa sa main au dessus du bouton :
— Oui. (Il approcha son visage du sien et elle passa ses bras autour de ses épaules) Prête ?
Sora hocha la tête, les larmes aux yeux et la voix tremblante :
— O-Oui. »
Ils se rapprochèrent encore l'un de l'autre et s'embrassèrent, tandis que Duo, en fermant très fort les yeux, appuyait sur le bouton qui devait les séparer pour toujours. (Petite larme)
...
Mais, rien ne se passa... mis à part que tous les deux continuaient de s'embrasser, de plus en plus passionnément ! Puis, comme des Taurus d'OZ s'emparaient de Deathscythe, le mouvement du Gundam ramena les jeunes gens à la réalité. Duo se détacha légèrement de Sora et posa les yeux sur le bouton d'autodestruction : « Zut, ça n'a pas marché. C'est vraiment pas notre jour de veine... (Il se tourna vers elle et sourit faiblement) ou alors c'est peut-être notre jour de chance ? »
Sora, complètement bouleversée, se mit à pleurer en tapant du poing sur son épaule : « Quoi ? Pervers ! Je suis sûr que vous l'avez fait exprès ! Espèce de minable ! »
Sous le poids de l'émotion, Duo s'évanouit tandis que Sora regardait avec désespoir la base de OZ qui se rapprochait d'eux pour les engloutir.
Sur une plage, au coucher du Soleil, ils marchaient tous les deux, côte à côte, silencieux. Et puis soudain, elle s'arrêta et un mot tomba, juste entre eux, ne demandant qu'à les lier l'un à l'autre.
« Sexe...
Troublé et un peu choqué, il se tourna vers elle :
— Sexe ?
Sora se rapprocha de lui et commença à tripoter sa chemise :
— Je vous avais déjà dit que j'étais encore totalement vierge ?
— Vierge ? répéta Duo, écarlate.
La jeune femme commença à déboutonner sa chemise :
— Vierge de toute caresse, de tout baiser, de tout. Mais peut-être plus pour longtemps ?
Duo écarquilla les yeux d'étonnement :
— Quoi ? Vous voulez dire que, vous voulez... Vous, moi... ?
Sora acquiesça avec un grand sourire, ce qui ne fit que le perturber davantage :
— Ici ? »
La jeune femme regarda autour d'eux : la plage était couverte de couples occupés à se rouler sur le sable par groupe de deux, prémices à une sorte de gigantesque foire de la copulation. Non, décidément, ce n'était pas l'endroit le plus romantique pour...
Soudain, comme pour répondre à son souhait, Duo se retrouva comme par magie dans la salle de bain de leur hôtel. Par la porte entrebâillée, il entendait Sora chantonner tranquillement dans la chambre, à côté. Elle avait l'air bien détendu pour une fille encore... hum.
« Ah la la ! J'ai peur d'avoir mal compris : est-ce qu'elle veut vraiment … ? » Murmura Duo pour lui-même, tendu. « Elle est tellement compliquée ! En plus si c'est le cas je ne dois pas la décevoir ! D'après ce qu'elle a dit, elle n'a jamais... En plus elle est tellement bizarre ! D'ailleurs peut-être qu'elle aime les trucs bizarres ? (Pendant un bref instant, il eut un petit air dégoûté puis déterminé) C'est pas grave, je suis trop motivé pour laisser passer ma chance ! » Il entrouvrit son peignoir de façon très recherchée, dénoua sensuellement ses cheveux et lança un prometteur : « Hmmm. Sora, ce soir... »
Il sortit de la salle de bain et se retrouva dans une grande chambre où Sora l'attendait, debout sur le lit, en déshabillé sexy et dans une pose dominatrice.
La jeune femme lui lança avec un air supérieur : « Alors, on est prêt ? (En la voyant, les yeux de Duo sortirent de leurs orbites) Apparemment non. Tant pis, on fera avec, amenez-vous !
Soudain très intimidé, Duo sentit ses forces et sa détermination l'abandonner :
— Non, Sora, attendez ! Il vaudrait mieux, ne pas se hâter ! Prendre notre temps et...
Mais Sora bondit du lit pour atterrir à quatre pattes par terre et commença à ramper vers lui en feulant :
— Grrrr ! Duooooo !
— NONNNNNNNNNNNNNNNN ! »
Duo se réveilla brusquement dans une cellule. Sora était assise à côté de lui et l'observait d'un air très inquiet : « Ça va aller ? Ils ne vous ont pas trop malmené ?
C'est vrai. La capture, l'interrogatoire... Est-ce que Sora avait subi la même chose ?
— Ça va. Et vous ? L'interrogea-t-il, inquiet.
Sora répondit avec un faible sourire :
— Bah, quelques gifles, mais ça va. J'ai juste un peu mal à la mâchoire.
En disant cela, elle frotta un peu le bas de sa joue rougie, près de ses lèvres, avec une petite grimace. Le souvenir du baiser revint alors immédiatement à la mémoire de Duo, ainsi que son rêve et il passa rapidement à l'écarlate :
— Aaah. On n'est pas sortis de l'auberge. Mais ne vous en faites pas. On va sortir d'ici, je vous le promets. »
Il se releva avec difficulté puis alla s'affaisser contre le mur, sous l'œil suspicieux de Sora. C'est sûr, vu son état, ils étaient vraiment tout proches de retrouver leur liberté ! Et là, soudain, alors que son humour habituel, joyeux et optimiste cédait la place à l'ironie la plus cinglante, miracle ! La porte de leur cellule s'ouvrit ! Heero se débarrassa du garde et le balança négligemment aux pieds de Sora qui poussa un cri d'horreur.
Siria Black sortit de derrière Heero et s'exclama joyeusement : « Salut la compagnie ! On s'amuse ici ?
Sora croisa les bras et tourna la tête, d'un air grognon et boudeur :
— Ouais, comme un dimanche à la plage !
Duo lança à son collègue, avec un faible sourire :
— Je suis surpris, Heero. Tu apparais vraiment dans les lieux les plus inattendus. Bien.
Pour seule réponse, Heero le mit en joue. Sora écarquilla les yeux et se leva d'un bond :
— Hey ! Mais qu'est-ce qu'il fait ?
Siria Black haussa les épaules :
— Ben quoi ? Vous avez été capturés donc vous avez dû révéler plein de trucs aux ennemis ! C'est pas bien du tout ça ! C'est pour ça que Heero est venu vous tuer ! Oh, je peux m'occuper de Sora, Heero ? Elle a failli me tuer l'autre jour après tout !
Duo fronça les sourcils et déclara d'un ton ferme :
— Heero, je préfère être tué par toi plutôt que laisser moi et mon gundam être utilisés par eux. Approches et fais-le. Mais s'il te plaît, épargnes Sora. Elle n'a rien à voir avec nous.
Heero appuya un peu sur la détente, sans un mot. Siria Black haussa donc les épaules et s'approcha de Sora, avec un large sourire inquiétant :
— Hein hein hein ! Œil pour œil, dent pour dent !
Duo ferma les yeux et demanda avec un sourire crispé :
— Vous avez vraiment l'intention de nous tuer tous les deux, n'est-ce pas ?
Heero baissa son flingue et tourna la tête :
— Seulement si c'est ce que vous voulez.
Sora, qui tentait de repousser les mains de Siria qui voulait l'étrangler lui répondit hâtivement :
— Nonnn ! On ne veut pas ! On ne veut pas ! On a encore plein de trucs à faire avant de mourir !
Heero balança son pistolet à Duo et se tourna vers son inspectrice :
— Très bien. Siria, arrêtez maintenant. Ce n'est pas le moment de jouer.
Siria fit la moue, déçue :
— Oh ! Quel rabat-joie ! Vous êtes pas drôle ! »
Sora rejoignit Duo pour l'aider à se relever et tous les quatre se dépêchèrent de quitter la base.
Et ainsi, après avoir installé Duo et Sora dans une sorte de chambre universitaire, Heero décida de partir de nouveau au combat avec Siria Black qui, elle, aurait préféré rester sur la colonie pour s'amuser à faire semblant de vouloir tuer Sora. Mais cette dernière ne s'en souciait guère, déjà très occupée à jouer les infirmières auprès de Duo, qui lui-même était impatient de retourner au combat.
« Pourquoi n'irais-tu pas étudier à ma place ? J'ai déjà pris toutes les dispositions pour que l'inscription soit faite à ton nom. Lança négligemment Heero à son camarade.
Il était sur le point de partir et admirait des photos de la Lune, sa prochaine destination.
— Moi ? Etudier à ta place ? Nan mais tu plaisantes ? S'écria Duo, scandalisé. Je sais que sous ton nom tu te ferais tout de suite repéré mais de là à ce que je te remplace !
Heero ouvrit la porte de la chambre et lui lança un dernier regard :
— Au lieu de te plaindre, tu ferais mieux de consacrer ton temps à te reposer et à te remettre sur pieds.
Siria Black se pencha vers Sora et lui chuchota à l'oreille :
— Héhéhé ! On compte sur toi pour prendre biennnn soin de lui !
Heero laissa Siria sortir en sautillant, puis sortit à son tour et referma brutalement la porte derrière eux.
Duo soupira :
— Et tâches d'être prudent surtout ! Comme s'il allait m'écouter ! Autant parler à un mur, il n'en fera qu'à sa tête !
Sora lui tourna le dos, pour cacher la rougeur qui avait envahi ses joues et déclara d'une voix agacée :
— Il ne fallait pas s'attendre à grand-chose de sa part ! Après tout, c'est l'ancien protégé de Concepciòn : elle ne prend toujours que les mal élevés en espérant pouvoir refaire leur éducation ! Tss ! Finalement, je ne suis pas trop mal lotie avec vous ! »
— C'est vrai ? Vous trouvez ? Lui demanda Duo, étonné. Alors, c'était vrai ce que vous m'avez dit l'autre fois ? Vous ne regrettez plus de m'avoir comme inspecté ?
Sora s'empressa de le détromper avec un air gêné :
— Je, je ne sais plus ce que j'ai dit, ni ce qui s'est passé. J'étais, sous le choc ! Angoissée ! N'oubliez pas, je suis une pauvre folle psychologiquement fragile !
Le pilote de gundam la corrigea aussitôt :
— Hein ? Pourquoi vous dites ça ? Vous êtes juste très sensible, c'est tout ! Vous êtes un peu fragile, c'est vrai, mais c'est normal, non ? Nous sommes des êtres humains !
Sora baissa les yeux :
— Oui. (Elle releva la tête brusquement d'un air déterminé) C'est pour ça qu'il va vous falloir garder le lit pendant plusieurs jours ! Vous n'êtes pas en état de retourner vous battre !
Duo haussa les épaules d'un air insouciant et déclara avec un fin sourire :
— Bah, rester seul m'aurait dérangé mais… si c'est vous mon infirmière, pourquoi pas ?
À ces mots, Sora passa immédiatement à l'écarlate et lui balança un oreiller à la figure : « Hmpf ! Pervers ! »
Duo para en levant un bras :
— Hey ! Arrêtez ! Je suis blessé ! Hé ! »
Quelques jours plus tard, Trowa passait son entretien d'embauche dans les forces armées de OZ. Lady Une ne le vit pas entrer. Elle lui tournait le dos et était encore insensible à son charme divin, pouvoir d'attraction sur toutes les créatures de l'univers : licornes et dragons, dauphins et chevaux, panthères et tigres blancs, ours polaires et crocodiles, éléphants et hippopotames, rats musqués et chauves-souris, chenilles et cafards ! Enfin, bref, tout ça elle s'en foutait, vu qu'elle ne le voyait pas.
D'une voix dure, elle lui dit : « Asseyez-vous !
Il s'exécuta et, de sa voix sensuelle à ondes molletonnées, il lui répondit :
— Comme vous voudrez Colonel Une.
Ses mots doux pénétrant dans ses oreilles, tel un stylo dans son capuchon, Lady Une reconnut que cette voix était celle du nouveau maître de son cœur. Aussitôt elle ôta ses lunettes, dénoua ses cheveux et les secoua dans une tornade de sensualité débridée. Elle se tourna ensuite vers le nouvel arrivant et murmura d'une voix perdue :
— Qui a parlé ?
Trowa se leva et se mit au garde à vous :
— Candidat pilote No1, Trowa Barton.
À ce nom, Lady Une émit un gémissement de plaisir et se laissa tomber sur un divan :
— Oooooh !
Plusieurs secondes s'écoulèrent durant lesquelles, Trowa resta parfaitement immobile, fixant Lady Une, en attendant qu'elle recouvre ses sens. Enfin, elle posa la paume de sa main contre son front et entrouvrit les yeux, pour murmurer :
— Est-ce que vous êtes majeur ?
— Oui. Répondit Trowa, très calmement.
Lady Une passa sa langue sur ses lèvres :
— Très bien. Avez-vous, des malformations particulières, dans des endroits, particulièrement intimes ?
Trowa haussa un sourcil :
— Je ne vois pas en quoi cela pourrait perturber mes qualités de pilote, mais sachez que je n'ai aucune malformation, et je n'ai jamais subi aucune opération chirurgicale.
Lady Une tripota le bas de sa jupe nerveusement, pour la rabaisser ou la remonter, on ne savait pas trop :
— Avez-vous déjà passé… la visite médicale ?
— Il me semble que c'était écrit sur le rapport qu'on vous a remis à mon sujet. J'ai passé la visite médicale à mon arrivée ici et juste avant notre entretien. Aucune maladie n'a été détectée chez moi. » Expliqua le jeune homme, très sérieusement.
De la paume de sa main, Lady Une essuya une goutte de sueur qui perlait sur son front et ses yeux devinrent rêveurs :
— Aucune allergie particulière ? Métal ferreux, bois, cuir… latex ?
Trowa commençait à s'impatienter. Il essaya cette fois de lui répondre de la façon la plus complète possible :
— Aucune, Colonel. Je suis en parfaite santé. Mes conditions morales et physiques sont prêtes à résister à toutes sortes d'épreuves.
Lady Une soupira et ferma les yeux :
— Vraiment ? Seriez-vous capable d'endurer la torture ?
Trowa hocha la tête, après un court silence :
— Absolument. J'ai une endurance à toute épreuve.
Lady Une gémit et s'étala davantage sur le divan, tant et si bien qu'elle s'écroula par terre. Un peu inquiet, Trowa s'approcha d'elle et lui demanda d'un air perplexe :
— Est-ce que cela signifie que je suis engagé ?
Lady Une se releva en s'agrippant à lui et commença à le tripoter :
— Ouiiiiiii ! »
Le soir, dans les rues de la colonie où il avait trouvé refuge, Duo déambulait, l'âme en peine. L'air sombre, il marchait, tête baissée, pour ne pas être reconnu, et arrachait les affiches sur lesquelles sa tête avait été mise à prix par OZ. Ayant découvert sa fuite, Sora le suivait discrètement, très inquiète pour son état physique et moral. Pour marcher ainsi, le dos voûté, les mains dans les poches, il devait vraiment aller très mal ! Comment devait réagir une inspectrice dans une telle situation ?
D'habitude, avec ses anciens inspectés, quand ils allaient mal, ils fuguaient dans leur armure mobile et se tuaient dans la bataille, avant qu'elle ait eu le temps de les aider ou de mieux les cerner. Mais là, c'était différent ! C'était Duo ! Elle commençait à le connaître maintenant : apparemment, c'était le stéréotype du faux joyeux qui cache ses douleurs. Elle avait été bien bernée au début et des excuses ne suffiraient jamais ! Il fallait qu'elle l'aide ! Que ce soit ou non dans le manuel de la parfaite inspectrice !
Il s'était arrêté devant un écran géant qui retransmettait les tests d'entrée dans l'armée de OZ qui s'étaient déroulés dans la journée et observait tout ça avec colère, comme en témoignait sa main crispée sur la boisson qu'il tenait à la main. Tout doucement, elle se rapprocha de la foule pour mieux examiner l'écran : un candidat, particulièrement doué, était sur le point de passer une épreuve supplémentaire, déterminante. Il fallait qu'il... Hein ? Il fallait qu'il détruise le Deathscythe ! Hey ! Non ! NON !
Très peinée, Sora se tourna vers Duo qui en avait lâché sa boisson. Très inquiet pour son partenaire, il se rapprocha de l'écran et murmura avec un faible sourire : « Ne t'en fais pas mon vieux Deathscythe ! Allez tiens bon, ça va aller ! Je sais que tu t'en sortiras ! Tu t'en sortiras quoi qu'il arrive, comme tu l'as toujours fait. »
Peut-être. Ou peut-être pas. Sora baissa les yeux et tenta de reprendre le contrôle de sa respiration, en fermant les yeux pour retenir ses larmes. Au dessus d'elle, en provenance de l'écran, elle entendit le son du tir puis de la gigantesque explosion, les exclamations étonnées des gens et leurs remarques joyeuses. Quelle bande d'idiots ! Elle se retourna alors avec appréhension vers Duo, qui tournait à présent le dos à l'écran. Elle s'approcha de lui timidement et, comme elle s'apprêtait à poser une main sur son épaule…
« Oh non. ! »
Sora écarquilla les yeux et se tapota l'oreille : il avait failli la rendre sourd ce crétin, mine de rien ! Maintenant, elle était passablement agacée : après tout, même si pour lui, Deathscythe était un ami, un confident, un partenaire, un frère, etc., etc., pour elle, ce n'était qu'un robot de métal qui l'avait empêché de mourir quelques nombreuses fois ! Pfff ! Déterminée à le lui faire comprendre, elle posa une main ferme sur son épaule et le tourna vers elle : « Duo ! Ça suffit, tout le monde vous reg... »
Non. C'était loin d'être les mots dont il avait besoin. Il avait… les larmes aux yeux ! Il n'avait pas besoin qu'on lui dise que cette peine était inutile et ridicule, surtout pas. Elle radoucit donc sa voix et lui sourit légèrement : « Tout va bien Duo. Deathscythe n'est pas un être humain, on pourra toujours le reconstruire ! Plus fort, plus puissant, et vous pourrez vous... venger de OZ.
La vengeance, un mot prohibé par le manuel des inspectrices. Mais bon, si ça pouvait lui permettre d'aller mieux, de retrouver un tout petit peu le sourire... Duo, le regard dans le vague, lui prit la main et l'attira contre lui pour la serrer dans ses bras :
— Sora...
— On… ferait mieux de rentrer. Ces gens, pourraient se poser des questions, tout ça, et puis, cette ambiance est trop malsaine. Allons-nous-en. Proposa la jeune femme, écarlate.
Duo ferma les yeux et acquiesça :
— Oui, vous avez raison. »
Pendant ce temps-là, sur la Base Lunaire, Lady Une assistait à une démonstration des capacités du Mercurius et du Veyeate. Enfin assistait, c'était vite dit ! Au lieu d'écouter les scientifiques, elle était plutôt occupée à écouter la sublimissime voix de Trowa Sexy À En Mourir Bâton. Hum hum, pardon, elle voulait dire, Barton.
Bref, dans un étrange état de flottement, elle entendait les paroles de Trowa et ne quittait pas ses lèvres des yeux. Sublimissimes ! Aaaah ! Nonnnn ! Bougez encore petites lèvres ! Ouiiiiii ! Ah ? Mais pourquoi s'arrêtaient-elles ?
Elle sentit des bras l'envelopper et tomba par terre. Ouuuh ! Trowa l'avait-il renversée ? ... Suspense, hein ? Hé bien non, un lourd grondement lui fit reprendre conscience et elle s'aperçut qu'un des soldats larbins l'avait protégée du tir d'une des deux armures mobiles à l'essai. (Elle n'en connaissait pas le nom vu qu'elle n'avait rien écouté au discours des scientifiques) L'armure, qui s'était écrasée par terre, s'ouvrit pour en laisser sortir un jeune homme tout maigrichon et une jeune femme, heu, dynamique qui courut aussitôt vers eux.
Siria Black salua l'ancien pilote de gundam, en faisant de grands signes de bras : « Youhou ! Trowa ! C'est nous ! Angel va bien ? »
Heero lui fit un croche-pied et elle se ramassa par terre de tout son long. Aussitôt, pour régler l'affaire et ne pas être découvert, Trowa exécuta un de ses super sauts et vint se poser telle une fleur délicate sur le point d'éclore juste devant Heero.
« Oh, Trowa ! Vous êtes merveilleux ! Vous devez absolument monter en grade ! Prenez le contrôle de cette base ! S'exclama Lady Une, ravie.
Un des soldats osa s'opposer à sa décision :
— Colonel ! Ce n'est pas un peu exagéré ?
Lady Une le gratifia d'un regard glacial puis s'approcha de lui, le gilfa et lui arracha ses galons :
— Vous êtes dégradé ! À présent fermez-la et allez aider le commis de cuisine ! Ce soir, nous mangeons des huîtres et du poulet au gingembre ! »
Le soldat, très choqué, resta un moment tétanisé, avant d'obéir aux ordres. Lady Une se tourna alors vers Trowa, les yeux plein d'étoiles, pour le regarder. Mr Sexy Bâton, heu Barton, s'avançait pour lui amener une belle prise.
Quelque part, sur une colonie, Angel faisait la queue, devant un guichet, pour déposer son dossier d'inscription dans OZ. Enfin, elle allait revoir Trowa ! Son cher et tendre ! Son amouuuur ! Son prince ! Son trésor chéri ! Son fiancé ! Le futur père de ses enfants ! Celui avec lequel elle partagerait son cercueil, et d'ailleurs, sur la pierre tombale, elle ferait graver l'épitaphe : La Terre n'engloutira pas leur amour !
Elle arriva devant le responsable du guichet en pleurs et lui tendit son dossier. Celui-ci, évidemment, interpréta cela comme de l'émotion due à son engagement dans OZ : « Allons mademoiselle, ne vous inquiétez pas ! (Il jeta un coup d'œil à son dossier) Puisque vous n'avez pas de formation pour le combat, vous n'avez rien à craindre ! Vous serez tranquillement à l'abri dans une base. Rien ne peut vous arriver.
Angel essuya ses larmes et murmura d'une voix faible :
— Ce n'est pas ça : je pense à mon fiancé que je vais rejoindre, bientôt.
— Ah bon ? Il travaille sur une de nos bases ? Lui demanda le réceptionniste.
Angel répondit d'une voix émue :
— Oui, sur la Base Lunaire.
Le réceptionniste la regarda alors avec un petit air attendri :
— Oh, bah ne pleurez pas pour ça ma choute ! Je vais vous diriger sur la même base. Comme ça, vous pourrez plus vite le rejoindre !
Angel, folle de joie, lui sauta au cou, par-dessus le bureau de la réception :
— Oh ! Merci !
— Heu, par contre, vous aurez sûrement un petit boulot du genre commis de cuisine ou responsable de l'hygiène des commodités. lui rappela le réceptionniste, gêné.
Angel répondit distraitement :
— Hein ? Ah oui ! J'ai compris ! Les commodités !
Le réceptionniste, gêné, lui indiqua la prochaine étape de son périple :
— La navette pour la Base Lunaire est par ici. Tenez !
Il lui montra la navette en question et lui rendit son dossier d'inscription. Angel acquiesça vivement et trottina dans cette direction.
Sora se réveilla, totalement dans les vapes. La nuit qu'elle avait passée lui semblait avoir été trop courte, comme si elle avait passé la nuit à se battre à mains nues contre des ours, ou comme si elle avait fait une méga teuf parce que c'était la fin de la guerre, mais tout ça était impossible. Elle était sûrement fatiguée parce que Duo lui avait encore tapé sur les nerfs.
Toujours dans le brouillard, elle frotta ses yeux et regarda autour d'elle. Ah, ouais, la petite chambre universitaire aux frais de Heero. Ouais, et où il était encore passé Duo ? ... Hein ? Elle baissa les yeux et s'aperçut que, visiblement, elle ne portait pas de vêtements. Un peu inquiète, elle repoussa toute pensée perverse : pourquoi aurait-elle couché avec ce crétin de Duo, après tout ? Même s'il était pas mal du tout côté physique et qu'elle éprouvait pour lui une sorte d'affection qu'elle voulait absolument ne pas admettre en sa présence, il n'y avait aucune raison pour laquelle elle aurait...
S'enroulant dans le drap, elle se leva et s'apprêtait à marcher vers le petit coin cuisine de la chambre lorsqu'une voix l'interpela :
« Tu pourrais éviter de prendre tout le drap ma chérie ? Tu voudrais quand même pas que j'attrape un rhume en plus de mes blessures, hm ? »
À ces mots, elle retint à sa respiration et se crispa brusquement en sentant un baiser se poser sur son épaule ainsi que des bras se nouer autour de sa taille. Cette voix, c'était... IMPOSSIBLE ! Elle n'avait quand même pas fait un truc pareil ? Pas elle !
Avec difficulté, elle se retourna et se retrouva nez à nez avec Duo. Elle le toisa rapidement de haut en bas, détourna les yeux en rougissant puis le repoussa violemment : « Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Vous êtes... NU !
Duo sourit d'un air embarrassé et se gratta l'arrière de la tête :
— Ben, ça pourrait s'arranger si tu me prêtais un bout de drap ! Et puis, tu ne vas quand même pas reprendre cette habitude de me hurler dessus en me vouvoyant, n'est-ce pas ? Où est donc passé mon gentil chaton d'hier soir ?
Écarlate, Sora baissa les yeux par terre et commença à ramasser les habits de Duo pour les lancer de son côté :
— Non, non, non ! Je ne sais plus ce qui s'est passé hier soir mais une chose est sûre, il ne faut plus en parler ou y penser ! J'ai fait une terrible erreur ! Une inspectrice ne doit jamais coucher avec son inspecté, sauf s'il lui révèle quelque chose de compromettant ! C'est écrit dans le manuel de la parfaite inspectrice !
Duo commença à s'habiller en souriant finement :
— Tu as l'air de bien connaître cet article de ton manuel ! Si ça peut te calmer, je peux te raconter tout ce que tu veux savoir ! Après tout, maintenant qu'on est ensemble, on n'a plus de secret à avoir l'un pour l'autre !
Sora se tourna vers lui en rugissant :
— C'est faux, c'est faux, c'est FAUX ! Ma vie est banale ! Je n'ai rien à dire là-dessus ! Surtout pas à mon inspecté ! ... OH ! Je suis sûr que vous m'avez droguée, ou fait boire hier soir ! C'est pour ça que je ne me souviens de rien !
Devant cette agressivité, Duo redevint immédiatement sérieux. Il reboutonna sa veste noire silencieusement puis s'approcha de Sora :
— Si tu ne t'en souviens pas, c'est parce que tu ne veux pas t'en souvenir ! Tu es tellement accrochée à ton fichu manuel que tu ne t'autorises rien. Si tu veux qu'on oublie ce qui s'est passé hier, dis-le moi clairement ! (Il s'arrêta juste devant elle et se saisit de ses épaules en les caressant, avec un sourire sur les lèvres) Sinon, je continuerai à faire comme si on était ensemble, jusqu'à ce que tu craques !
Sora bredouilla, écarlate :
— Je, je veux... Je... Entre nous, c'est...
Duo haussa un sourcil en réprimant un sourire :
— Fini ?
— Non... Fit Sora, réticente.
— L'amour fou ? la taquina Duo avec un sourire malicieux.
Son inspectrice pinça les lèvres :
— Pas exactement, non.
Satisfait par ces deux réponses, Duo l'enlaça par la taille et l'embrassa passionnément. Sora le repoussa vaguement, puis se ramollit complètement. Duo se détacha d'elle et se dirigea vers la porte avec un air joyeux :
— Je vais nous ramener quelque chose à manger, à tout de suite mon cœur !
La porte se referma brusquement derrière lui et laissa place au silence. Sora resta un long moment silencieuse, clouée sur place... avant d'éclater :
— Non mais qu'est-ce que ça veut dire ? Personne ne vous a autorisé à me tutoyer et surtout pas moi ! Comment osez-vous m'embrasser et me tripoter ainsi, espèce de pervers dégénéréééééééé ! »
Elle ramassa par terre le premier vêtement qui lui tomba sous la main avant de le lancer vers la porte avec rage. La petite culotte tomba ridiculement sur la poignée. Totalement désemparée, Sora s'en détourna en soupirant.
À SUIVRE...
