Comme il y a un peu plus d'un mois, Saburo, Takehiko et moi sommes réunis dans le bureau de l'Hokage. Celle-ci me sourit en voyant que je vais mieux. Je lui rends son sourire avec une petite gêne. Elle finit par commencer.
- Je vous envois à Suna, où vous exécuterez quelques missions pour le Kazekage.
Naruto allait répliquer, mais, à la surprise générale, Saburo s'en charge, plus ou moins poliment.
- Hokage-sama... Je refuse d'y aller. La dernière fois, on s'est fait attaqué par des criminels de rang S et Yoko à été gravement blessée! Je... Je veux pas reprendre ce risque.
Je tressaillis en voyant qu'il s'inquiète pour moi.
- Je comprends tes inquiétudes. Mais nos ninjas nous assurent qu'il n'y a pas de trace de l'Akatsuki. Et puis, une fois n'est pas coutume. Vous avez seulement manqué de chance, la dernière fois. Ne vous inquiétez pas. Le plus grand danger sera les ninjas adverses qui s'infiltrent souvent à Suna, mais les Jounins du village caché du Sable sont toujours sur leur garde. La guerre tirant à sa fin, les ninjas ennemis sont de moins en moins nombreux.
Saburo ne semble pas très convaincu, mais il acquiesce, de même que Naruto et le reste de nous, en fait.
- Très bien. Vous partez dès que possible. Restez quand même sur vos gardes.
- Oui!
En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, nous sommes tous dehors.
Quelques instants plus tard, nous sommes tous à la porte du village. La tension est palpable. On se fixe tous un moment avant de se décider à partir.
***
Finalement, le trajet c'est passé sans la moindre encombre, à notre grand soulagement. Nous sommes devant les portes du village. J'ai un peu peur d'entrer. Naruto m'a prévenu que Suna avait beaucoup changé. Je croyais vraiment être prête à tout. Mais franchement, c'était loin d'être le cas.
En effet, lorsqu'on l'on put finalement pénétrer dans le village, je suis restée figée. Je ne croyais pas que ce serait si effrayant. Même Saburo est demeuré bouche-bée.
Au moins la moitié des maisons sont presque entièrement détruites. Les gens qui sortent regardent partout autour d'eux, méfiants. Aucune conversation ne se tient, les cafés et les restaurants sont pratiquement inexistants. Les stocks des épiceries sont pratiquement tous épuisés. Par endroit, le sable qui recouvre le sol se teinte de rose. Du sang. Un gros frisson me parcourt le dos.
Mais se qui me surprend le plus, c'est la grosseur du cimetière. Alors que je m'attendais à en voir un immense, il est presque inexistant. Je lance un regard interrogateur à Naruto. Celui-ci se contente de me faire signe d'attendre, que je comprendrais.
En effet, à peine quelques instants plus tard, alors que nous sommes en route vers le bureau du Kazekage, une puissante odeur de fumée me prend à la gorge, me faisant suffoquer. Un rapport avec le cimetière ?
J'oriente mon regard vers la provenance de l'odeur, qui est aussitôt justifiée. Un ninja de Suna est entrain de brûler un cadavre ! Je mets ma main sur ma bouche pour m'empêcher de vomir. L'odeur produite est au moins aussi pire que la vue !
Fermant les yeux, je continue ma marche. On arrive rapidement au bureau du Kazekage. Lorsque j'entre, je suis ravie de constater qu'il s'agit toujours de Gaara-sama ! D'ailleurs, je lui fais clairement savoir. Avec un grand sourire, les yeux fermé, je m'écrie:
- Bonjour, Gaara-sama ! Ça fait longtemps que nous nous sommes vu pour la dernière fois, non ?
Il lève des yeux surpris vers moi. Il se concentre quelques secondes, ne me reconnaissant probablement pas. Pour l'aider, j'ouvre les yeux, sans me départir de mon sourire. Une étincelle passe dans ses yeux.
- Bonjour. Ça fait longtemps, en effet.
Il continue les salutations avant de venir à se qui nous intéresse: le but de la mission.
- Vos missions seront très simples: de nombreuses missions de Rang D sont disponibles au village et je manque de Genins pour les accomplir. Je compte sur vous. Votre première mission ici consiste à aider les gens à reconstruire leurs maisons et ce, toute la journée. Demain, vous irez chercher du réapprovisionnement pour les épiceries. Ensuite...
Nous sommes de plus en plus découragés par sa longue énumération, mais aucun ne proteste. Je vois même un léger sourire sur les lèvres de Naruto.
***
Mon Dieu que ça fait du bien ! Pour la première fois depuis deux semaines, nous avons congé. En fait, demain, nous retournons à Konoha. Gaara-sama nous à laisser le champ libre, de même que Naruto. J'en profite donc pour faire le tour de ma ville natale.
Je suis déprimée: la vie à l'air si dangereuse, ici ! Je dis bien "à l'air", car pour l'instant, je n'ai vue aucun combat. Mais la guerre tire à sa fin. Il y a quelques années, la vie devait être bien plus mouvementée.
Je m'arrête soudain face à une maison abandonnée. Mon ancienne maison. Je pose ma main sur la porte, déglutissant. Ouvrir, ou ne pas ouvrir ?
Je soupire en enlevant ma main. Je ne suis pas prête à affronter ça. Peut-être une autre fois, lorsqu'on reviendra. Mais pas maintenant. Je m'en sens incapable.
Lorsque je reprends la route, je ne peux empêcher une larme de rouler le long de ma joue. Ce village à si changé et pourtant... Il me rappelle tant de chose. Je me souviens de mes promenades avec mes parents, des entraînements d'Akio, des nos sorties au magasin... Je pousse un soupir en chassant une nouvelle larme du revers de la main.
Mais voilà que, pour la deuxième fois en moins de cinq minutes, je fige. Je viens de voir quelqu'un que je ne connais que trop bien. Il est facilement repérable, dans les rues pratiquement désertes ! Je me mets soudainement à courir vers lui en fronçant les sourcils. Lorsqu'il est à porté de voix, je demande, incertaine:
- Suigetsu-niichan ? C'est bien toi ?
Le concerné se raidit soudainement. Pour être sûre que se soit bien lui, il faut absolument que je vois ses yeux. Bien sûr, sa chevelure bleuâtre/argentée est un bon indice sur son identité. Mais ses yeux, je ne les oublierais jamais. Tout simplement car je m'y représentais. Ils étaient de la même couleur que les miens. Mais lorsqu'il dit d'une voix philosophique, mais aussi moqueuse "Je ne connais qu'une personne qui m'appelle comme ça !", je sus que c'est bien lui. Il se tourne vers moi et me souris.
- Suigetsu-niichan ! ! !
J'allais lui sauter au coup, mes ses paroles me laissèrent bouche-bée:
- Yoko ! Tu tombe bien, on te cherchait.
Je recule d'un pas, plaçant mes bras en position défensive.
- Qui ça on ? Et pourquoi après plus de huit ans de disparition tu réapparais soudain pour me chercher ? !
Il sourit d'une manière qui ne me rassure pas du tout, bien au contraire.
- Tu vas bientôt savoir qui nous sommes... Pour se qui est de la deuxième question, je crois que tu as quand même un doute, nan ?
Je me crispe.
- Pas toi aussi, quand même ? ! J'ai assez d'avoir l'Akatsuki à mes trousses, tu sauras ! Et puis...
Je me mords la lèvre inférieure.
- Je ne veux pas me battre contre toi, niichan...
- J'ai bien peur que tu n'aie pas trop le choix, "sœurette" !
Sur le dernier mot, il fonce vers moi, armé d'une grande et large épée. J'évite le coup qu'il m'assène avant de créer une multitude de clones. J'en envoi un à la recherche de Naruto, comme je lui avais promis de faire en cas d'ennuis. Du coin de l'œil, j'aperçois une femme aux longs cheveux rouges appuyée sur un mur. Elle me regarde, les sourcils froncés. Je ne m'attarde pas plus à son sujet, évitant de nouveau une charge de Suigetsu.
Je ne peux pas croire qu'il m'attaque, lui. Il doit savoir que je ne me défendrais pas et il en profite. Je ne le savais pas si cruel et sournois. A-t-il tant changé ou était-ce moi qui étais naïve ? Peut-être les deux, en fait.
Moi et mes clones, on saute partout autour de lui, comme des puces, pour éviter ses charges. Il commence à s'énerver et redouble d'ardeur. Nous, on commence à fatiguer. Ce n'est pas très évident, de sauter et d'éviter en même temps !
Je retiens un cri lorsqu'il réussit à propulser l'un de mes clones au sol avec le plat de son épée. La copie disparait dans un nuage de fumée. Je remarque que la fille fronce encore plus les sourcils. Elle se concentre, mais pourquoi ?
Comme si cette semi-victoire lui avait donné de la force, niichan réussit en moins d'une trentaine de secondes à exterminer trois autres de mes clones. Soudain, la femme s'écrit, en me pointant du doigt.
- Suigetsu ! C'est celle-là, la vraie ! Son chakra augmente lorsque l'un de ses clones disparait !
- Co... Comment ? !
Je perds ma concentration pendant une seconde. Grosse erreur. Je sens le métal, froid et dur, du plat de la lame de Suigetsu s'abattre dans mon dos. Je pousse un cri, propulsée à environ dix mètres. Une voix, sa voix, me parvint tout prêt de mes oreilles.
- Ça, c'est son secret...
Je sens une certaine douleur à mon cou, là où il vient d'appuyer. Puis, plus rien.
***
Je me réveille soudainement, ouvrant brusquement les yeux. Je me souviens parfaitement de ce qui s'est passé, seulement je ne sais pas où je suis. Je suis attachée, poignets liés dans le dos, au pied d'un mur, à l'intérieur de ce qui semble être une chambre. Il y a un lit près de moi, ainsi qu'une table basse un peu plus loin. Le sol est en bambou tressé. Est-il utile de préciser que ce n'est pas très confortable pour le derrière ?
J'aperçois soudain Suigetsu du coin de l'œil. Il ne semble pas avoir remarqué que je suis réveillée, puisqu'il se dispute avec la femme de toute à l'heure.
- Tu aurais pu la tuer comme ça ! T'aurais dû être plus prudent !
- Je savais très bien se que je faisais, Karin !
- Tu imagine se qui se serait passé si elle serait morte? Sas...
- Mais elle n'est PAS morte, bon sang !
Une larme roule sur ma joue. Il se fout pas mal de mon état de santé, en fait.
- Et pourquoi elle semblait te connaître, d'abord ?
Niichan hausse les épaules.
- Ses parents m'ont recueilli lorsque j'étais môme. J'avais déserté mon village et je me suis retrouvé à Suna. Malgré mes actes, ils m'ont accepté chez eux. La petite à grandit en ma compagnie, pendant environ quatre ans. Puis, un jour, alors que je me baladais en ville, Orochimaru m'a mit le grappin dessus. Fin de l'histoire.
- Elle semble très attachée à toi...
Cette fois, j'intervins, leur faisant savoir ainsi que j'étais réveillée.
- Je ne fais pas que sembler. Tu m'as horriblement manqué, Suigetsu- niichan... Et dès que je te vois, tu m'attaques !
J'avais craché les derniers mots avec haine. À ma grande colère, il sourit.
- Allons... On va pas en faire tout un plat ! Allez je vais me reprendre. Comment va...
Il est interrompu par l'entrée d'un homme. Un homme que je ne connais que trop bien. Dès que je l'aperçois, je sens mon chakra s'emballer. C'est lui. Il n'y a aucun doute possible. Il n'a pratiquement pas changé, depuis la dernière fois. Je me mets à gigoter, puis à crier.
- TOI ! ! ! Espèce de monstre ! Laisse-moi partir tout de suite, où je te promets que tu vas le regretter ! ! !
Je ne retiens pas mon chakra, qui sort maintenant en trombe de mon corps. Sasuke, car c'est bien lui, si vous n'aviez pas deviné, me regarde, perplexe. On dirait qu'il me reconnaît finalement.
- Je ne savais pas qu'il s'agissait de toi. Mais bon, ça ne change rien.
- Tu l'as connais, Sasuke ?
- Ouais, en quelque sorte.
Suigetsu semble surpris, de même que la dénommé Karin. Et pas seulement à cause du chakra qui sort de mon corps. Probablement car ils ne s'attendaient pas à ce que Sasuke me connaisse.
Moi, je suis toujours aussi furieuse. Mais je ne montre pas mon Dôjutsu. Ça servirait à rien sauf piquer leur curiosité et se n'est pas se que je veux. Il y a soudain un homme, bien bâti mais à l'allure sympathique, qui s'approche de moi. Il pose la main sur mon épaule.
- Calme-toi, petite. Ça ne sert à rien de t'énerver.
D'un mouvement brusque, j'enlève mon épaule de sous sa paume pourtant amicale. Je grogne, mais j'obéis. Cependant, je détourne la tête, refusant catégoriquement de regarder l'Uchiwa. Le flot de chakra finit par se calmer, puis disparaître complètement. Mais je suis encore terriblement en colère. Soudain, comme pour détendre l'atmosphère, Suigetsu pris la parole.
- Comme je m'apprêtais à te demander tout à l'heure, Yoko. Comment va ta famille ?
Lorsque je reporte mon attention sur lui, mon regard est gorgé de colère et de haine. Cependant, je ne peux empêcher une larme de perler au coin de mes yeux. Je fixe soudainement mon regard sur Sasuke.
- Demande à Sasuke, il saura mieux te répondre que moi !
Niichan semble surpris. Il se tourne vers l'Uchiwa, le regard interrogateur.
- Sasuke ?
- C'est compliqué.
Cette fois, je m'énerve sérieusement.
- COMPLIQUÉ ? ! C'est très simple ! Je vais te dire se qui c'est passé moi ! Cet espèce de monstre est entré chez moi un soir et à assassiner toute ma famille de sang froid ! Il m'aurait tué moi aussi, si Naruto ne serait pas intervenu !
J'ai un petit rire rempli de dédain.
- Ce lâche n'a pas osé me tuer devant lui. Ou bien il avait juste peur d'un possible combat, puisqu'il s'est enfuit !
Je vois le possesseur du Sharingan se raidir. Mais il ne répond pas. Je ne sais pas si c'est l'insulte non dissimulée qui le fait réagir ou bien le nom de Naruto, vu les souvenirs que ce-dernier doit lui rappeler.
Suigetsu hausse les épaules.
- Ha, c'est dommage. Dis donc Sasuke, tu as le don de te faire apprécier !
Étonnamment, ce ne fut pas le concerné qui répondit, mais Karin. Elle lui asséna un violent coup de poing sur la tête, qui se transforma en... eau?!
- Qu'est-ce que...?!
- La beauté de la science d'Orochimaru, se contente de répliqué niichan, don la tête est redevenue normale.
Je remarque que sa voix est mi-sarcastique, mi-amusée, probablement par ma surprise. Je me mets donc à bougonner dans mon coin, sans même réfléchir à qui est cet Orochimaru et pourquoi ce nom me dit quelque chose.
