Oh mais qu'est-ce ?

Un... Un chapitre ?

SORCELLERIE !

Huh... Pardon. Encore du retard, plus même que la dernière fois et pourtant vous m'avez vraiment gâtée. 16 mes cocos ! Donc hop comme d'hab les RAR sont ici, regroupées - j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de questions communes, donc... - Kiss, Kiss.

Rar : Guest, yaya, wiame, Joklove, nana, Mwa 3, Guest. (Bisous tout plein tout plein vous)

Pour une scène sensuelle... Pourquoi pas ? Peut-être à la fin ou dans les bonus, je retiens ça, promis. La mère d'Harleen, je ne suis pas sûre qu'on la reverra mais si elle apparaît, je crois que sa fille aurait quelques petits trucs à lui dire ! Laisser sortir le chat veut dire laisser la place à sa deuxième personnalité, le Chat de Cheshire, le laisser prendre les commandes ;) Pour Ethan, vous êtes plusieur(es?) à le détester, donc il aura une fin qui le mettra parfaitement en valeur, pas d'inquiétude pour ça, Harleen et lui ne feront pas long feu. Pour les 100 reviews, je voulais dire 100 au total, ( on en est à 116 vous êtes des dingues, je vous aime trop) Haha bravo Guest pour ton travail de bio ! (oui ça fait longtemps, oui j'ai honte) il serait ra-vi de t'aider !Une scène de romance... ça se rejoint avec la sensuelle, très bien, je vous ferais ça, petit cadeau pour l'attente extrêmeemeeent longue. Je ne suis pas étudiante en psycho mais pas du tout ( mais c'est mon rêve, de finir psychiatre) je suis encore en Première S (même pas L en plus.)

Vous toutes... Je vous adore. Vraiment. Je n'aurais jamais imaginé avoir plus d'une dizaine de reviews en tout et voilà que j'en ai 116 pour 10 chapitres ! Vous êtes des tarées, adorables. Merci infiniment pour chaque encouragement, chaque fois que vous me dîtes que vous appréciez cette fic. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis super contente en lisant ça quand vous me dîtes que ça fait réaliste, IC. (Là je souris encore, je n'ai même ps besoin d'un couteau pour qu'il monte jusqu'à mes oreilles) Merci.

Merci, vraiment, encore et encore, sans vous cette fic n'existerait pas ;)

(Et sans Ledger surtout mama *o*)


Chapter Eleven :

Escape Room

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- Bonjour, salua-t-elle, un sourire aux lèvres. Ses entretiens avec le Joker étaient toujours très attendus de sa part, comme on appréhenderait la caresse quotidienne d'un tigre.

En face d'elle, le silence. Elle refusa de se laisser abattre par cette mauvaise volonté, se tourna vers lui, insista.

- Monsieur J ? Harleen hésita sur ces mots. Flatterie douce. Est-ce que vous refusez encore de me répondre ?

Seul l'écho de sa propre voix résonnait contre les murs.

Et pourtant il était là, bien en vie, à la regarder fixement. Elle pouvait laisser courir ses yeux le long de sa chevelure délavée, de ses mèches qui tenaient plus du blonds verdâtre que de l'émeraude, regarder la peau diaphane - pas blanche néanmoins. Harleen n'était pas seule dans sa cellule, mais il refusait de lui répondre.

Depuis bien trop longtemps maintenant.

- Voulez-vous vraiment me laisser faire la conversation toute seule ?

Elle poussa un soupir. Son patient... Elle avait appris à apprécier ses manières particulières, mais elle devait avouer que même dans ses mauvais jours Alice lui fournissait des réponses - aussi gestuelles soit elles. Là ? Rien. Uniquement le silence et ce regard fixé sur elle, comme une oeuvre d'art à ne pas lâcher à tout prix.

- S'il vous plaît ? commença-t-elle à demander, consciente qu'il lui faudrait se faire pardonner avant de ne daigner obtenir qu'un mouvement de sourcil.

Toujours rien. Encore et désespérément rien.

- Vous savez que ce n'est pas de ma faute n'est-ce pas ? Vous-le-savez ?! glapit la psychiatre d'une voix aigüe. Elle abattit ses mains sur la table, dans un vacarme brisant lourdement le silence. Ce n'est pas de ma faute, j'ai essayé. J'avais essayé. Tout, tout ou presque, continua-t-elle dans son monologue. Je suis allée jusqu'à supplier la direction vous savez, de ne pas... Vous savez. Vous savez. Ce n'est pas de ma faute ! J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir, suis allée jusqu'à proposer ma démission en échange, mais...

Harleen éclata de rire. Un rire étrange, contrastant avec son attitude sérieuse.

- Il faut croire qu'ils sont particulièrement obtus dans cet hôpital, sourit-elle. Un comble. Vous voulez entendre une blague, Monsieur J ? Non ? Dommage j'aurais cru que ça aurait au moins pu vous tirer de votre silence. Vous ne voulez pas parler ? Vous m'en voulez encore n'est-ce pas - n'est-ce pas ? C'est pour ça que vous ne répondez pas... soupira-t-elle. Vous avez toutes les raisons du monde de m'en vouloir - mais je me suis excusée ! C'est ce qu'on attends dans un cas pareil non, des excuses ?

Elle se tut subitement. Son regard courut une fois de plus le long du Joker qui lui faisait face, hésitante. Mais ses doutes furent infirmés quand elle vit les veines, le corps. Non, bien sûr que non, pauvre petite idiote ce n'était pas une poupée. Il était en vie - refusait simplement de lui répondre, huh.

Il finirait par craquer elle le savait. Comment aurait-il pu ne pas le faire ?

Harleen finit par se lever, prête à ramener la chaise roulante jusqu'à sa chambre. Elle grimaça légèrement devant le poids - comment un homme si mince pouvait peser autant - avant de chantonner.

Elle ne croisa personne dans les couloirs - étrange, étrange, ils devaient être occupés. Sûrement à chanter, concerto en soprano ! rit-elle. Il faudrait donner des pièces aux musiciens.

La jeune psychiatre déposa la chaise dans la chambre, se pencha pour embrasser le front.

- Vous devez vous reposer, murmura-t-elle. Une opération est toujours difficile à endurer.


Harleen se réveilla ce matin-là avec une boule au ventre, signe tangible qu'elle savait.

Quelque part au fond d'elle, elle savait que c'était terminé - que ses petits échanges, son secret douloureusement enfoui était sur le point de se briser avec une violence destructrice. Il n'y avait rien à dire, rien à faire, simplement réaliser la dure réalité qu'elle tentait d'oublier. Rien que deux mots, une phrase, mais qui pourtant allaient la détruire pendant des semaines - des mois.

C'était aujourd'hui.

Sa main glissa lentement sur son front, passa dans les longues mèches blondes. Elle y jeta un coup d'oeil, rien vraiment, mais déjà infiniment plus qu'auparavant.

C'était aujourd'hui et Harleen refusait que ce le soit.

Elle effleura délicatement le dessous de sa paupière, ramena un doigt trempé devant son regard stupéfait. Est-ce que c'était... Elle finit par sourire amèrement, d'un rire jaune. Bien sûr, c'était évident.

Il avait fallu que la pauvre petite idiote qu'elle était s'entiche de son patient, on se serait cru dans un de ces maudits Harlequins ou on aurait appris l'innocence du coupable après une fuite amoureuse, du seul homme qu'elle ne devait pas approcher, et encore moins commencer à apprécier - plus encore. Elle aurait dû s'en rendre compte dès que son indifférence professionnelle avait fondue.

Sauf que désormais, c'était trop tard, remarqua-t-elle avec une ironie proche de l'absolue.

Elle rejeta les draps de son lit avec violence, ne jeta même pas un seul coup d'oeil vers le corps étendu d'Ethan. A part peut-être pour se demander le temps d'une seconde ce qu'il faisait encore là.

Ses sentiments n'en étaient qu'encore plus répugnants.

Comment pouvait-elle ressentir quelque chose pour un criminel ? Quelqu'un qui n'hésitait pas à tuer – dans le dos – à torturer, qui y prenait plaisir ? Des femmes, des mères, des enfants, des pères de familles.. Quelqu'un qui avait fini par arriver à Arkham, plusieurs fois, avait poussé au suicide et à la démission ses psychiatres, qui s'était lui-même infligé au couteau des cicatrices. Comment ? Comment ?

Comment, alors qu'en comparaison, elle avait un homme qui l'aimait, qu'elle aimait – croyait aimer – peut-être sans argent mais aux qualités bien supérieures à celui qui l'attendait, dans une cellule ?

Elle aurait aimé se dire que la réponse vint en se fixant dans le miroir, quand ses yeux se posèrent sur le tube desséché de rouge à lèvres, mais... Non. Harleen n'avait pas de réponse à ses questions.

C'était... Elle frissonna. C'était tout. Tout ce qui faisait le Joker, cette attention morbide qu'il lui accordait, cette jalousie maladive. Ces regards qu'il lui jetait, cette fascination envers elle, cette impression de compter, d'être quelque chose pour quelqu'un.

Harleen ferma les yeux – soupira. Elle était une idiote. Une idiote. Idiote. Idiote. Elle ne supporta soudain plus cette vision dans le miroir, ses cheveux ébouriffés, sa peau trop sombre bien trop miel – dégoûtante – trop claire aussi trop trop trop son poing fonça vers le verre, elle cogna de toute ses forces ne sursauta pas une seconde quand les éclats pénétrèrent sa peau.

« Harleen ? HARLEEN ! »

Elle n'entendit que vaguement Ethan sauter hors de lui, se précipiter vers la salle de bain, attraper son poignet entre ses mains. Ses balbutiement agaçants, incessants. Son prénom qui revenait sans cesse, cette question – INSUPPORTABLE - « Qu'est-ce qui t'as pris ? »

Les larmes avaient commencé à couler, à couler, à couler désormais.

C'était Megan qui avait eu raison. Alice aussi. Elle et ses histoires de reine de cœur ! Au final c'était elle qui avait été trop imbécile pour ne pas remarquer et elles qui avaient eu raison – entièrement raison et jusqu'au bout.

Un nouveau soupir.

Harleen se calma peu à peu, au son des paroles d'Ethan. Peut-être parce qu'à travers sa voix elle en entendait une autre, qui ne supporterait pas qu'elle se blesse sans lui. Peut-être qu'elle se faisait des idées. Sûrement. Ne pas y penser.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ce fut empreinte d'une nouvelle détermination. Ce n'était qu'un amour passager, éphémère. Il allait disparaître dans quelques heures - rien que quelques heures. Et ce serait balayé aux oubliettes et sa vie reprendrait son cours.

Une vie sans la perturbation du Joker. Une vie tout à fait normale, où elle finirait par épouser – elle grimaça – Ethan. Ou un autre, peu importait. Mais pas lui. Elle rit. Comment aurait-elle pu l'épouser de toute façon ?

Non, non, non.

C'était voué à l'échec. Il n'y avait pas d'autres solutions. Harleen serrerait les dents, fermerait les yeux mais elle laisserait la vie suivre son cours. Le Joker allait être lobotomisé – ce ne serait plus un obstacle entre elle et sa normalité. Normalité...

Elle serait triste, elle l'était déjà, elle refusait ce sort pour lui. Mais elle n'avait pas le choix, pas d'autres solutions. Ce n'était pas à elle de décider et cette amourette tordue lui apporterait – lui apportait – bien plus de mal que de bien.

Qu'il ait oublié son prénom était une très bonne chose – décida-t-elle. C'était un mur de professionnalisme de plus entre eux deux. Un patient. Son docteur. Rien d'autre – il ne fallait rien d'autre.

La psychiatre refusait de finir comme les autres, envoûtée ou folle.

Elle ne savait que trop bien de quoi était capable son crazy patient, et se savoir prise dans ses filets ne l'énervait que davantage.

Très bien. Très bien.

S'il finissait lobotimisé – et il n'y avait aucune façon pour que les experts le déclarent sains – elle ferait définitivement une croix sur le Joker. Ne chercherait pas à le sauver ou quelque action héroïque où la guiderait ses sentiments.

Harleen agirait comme on lui avait appris à le faire.

Comme une personne normale.

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.

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Cette a-ttente commençait à... l'agacer.

Il savait que c'était le grand jour aujourd'hui – Mesdemoiselles... ouvrez le champagne, le méchant loup est égorgé. C'était follement ironique, de penser à tout ces... « experts » venant le juger, le regarder comme une.. bête. Risible. Ridicule. A s'en tordre de rire.

Juger la folie humaine, huh... Stupide, stupide, stupide. Un fou... pouvait très bien prétexter ne pas l'être, comme il pouvait jouer les émotions à la gamme. Rire. Pleurer – non, non, non peut-être pas celui-là – sourire, compatir. Comp- quoi ?

Mais ce qui le tuait – c'était l'attente.

La cellule semblait bien vide sans sa psychiatre. Vide. Trop vide. Rien que lui et ses pauvres pensées – rien pour s'am-user huh.

Ces derniers temps il avait senti une sorte de... relâchement. Oui. C'était exactement ça. De re-la-che-ment. Comme si le docteur Quinzel ne se sentait plus la... peine, huh, de venir le.. voir. Et ça, ça le rendait...

Furieux.

Il serra les dents, fusilla le gardien face. Lequel esquissa un pas en arrière, avant de se reprendre. C'est ça, c'est ça c'est ça. Recule, recule, fuis c'est là qu'est ta pla-ce. Il sourit, se lécha le bord de ses cicatrices. Douloureuses. Ses yeux se plissèrent, fixèrent le maton. Encore. Encore. Encore. Jusqu'à presque s'immerger dans son esprit, en voir les rouages... Suin-tants de normalité.

Répugnant.

Il devait reconnaître... Il appréciait ça chez le doc. Appréciait... ? ADORE !

Le Clown rit – s'étrangle dans son amusement. Il fait monter ses longs hurlements jusque dans tout Arkham, fait frissonner le moindre prisonnier et rit, rit, rit comme s'il ne vivait que pour ça – oh c'est le cas c'est le cas scande-t-il, le doigt levé s'il vous plaît – comme si plus rien n'avait d'importance parce que bon sang ! Il rit.

Il veut dérider les visages hostiles de ses matons, il sent, il les sent - oh oui, ils sont là - ces longs tremblements qui secouent son corps, ces aboiement à la limite d'un hurlement qu'il lâche, frénétiquement. Il ne sait pas s'arrêter, oh on lui a déjà dit, et à ça aussi il a hurlé de rire. Exagération. Démesure. Rire. Rire. Rire.

Démence.

Pourquoi faut-il tou-jours qu'on le fixe avec ce visage DESAPPROBATEUR ? Ça lui rappelle son père, oh cher et adoré... paternel. Sentez l'ironie. SENTEZ, le clown a parlé. Il n'y a plus qu'à...obéir huh. Comme des... Chiens, allez, allez, baissez vos museaux, reniflez, un aboiement pour la... route ?

Un tonnerre d'applaudissement ! Il n'y a pas de public, il applaudit de toute ses forces. Seul. Seul, et puis bien ? Ne vaut-il pas tout les autres ?

Il les voit – il est fou pas stupide – ces regards de dégoûts, ces... murmures. On le dit taré. On le dit cinglé. On le dit demeuré. On le dit dangereux. On le dit fou. On le dit bon à interner. Oh. Oups, n'y est-il pas... déjà ? La mémoire s'efface dans ce... huh...pensionnat ! On le dit meurtrier et il rit, il rit, encore et encore et encore et encore MAIS MAIS. A cela il peut di-re NON.

Meutrier – il ne l'est pas.

Oh..Oh. C'est... vrai. Les dommages... collatéraux font partie de son quotidien, mais en quoi est-il plus meurtrier que les hommes ?

- EN QUOI L'EST-IL PLUS QUE LA GUERRE ! Hurle-t-il.

C'est un crédo – enregistrez le comme proverbe, le clown est philosophe – un hurlement en amène toujours un autre. Aaaaah non ? Men-teurs. Men-teurs. Men-TEURS.

Essayez. ESSAYEZ. Allez, il vous... regarde. Comme on parle des clo-o-owns, toujours à vous... observer. Essayez. Essa-yez ! HURLEZ. HURLEZ ET OSEZ DIRE QUE VOUS NE VOULEZ PAS RECOMMENCER.

Il... refuse, huh. Ce maton fait parti des... résistants. Il aime bien ça. Il faut bien réussir à... s'amuser ici. Et que... huh... le temps est l-o-ong. Et pourtant... on dit qu'il est... malade. C'est faux faux faux faux faux faux faux faux faux ! Pas malade. Amusé. Ce ne serait pas drôle sinon, huh ?

- La ferme le clown ! Finit par beugler un maton. Tu n'es pas le seul ici !

- Toujours aussi... sérieux, Batsy. (Le maton proteste, il s'en moque. Peu importe. Ha. Ha. HA. Il a besoin d'un... Batsy et celui-ci sera le sien. Le temps... d'un instant. Un mouvement de main – de... coûteau. )Tu sais bien... Que rien ne vaut un-beau-et-grand SOURIRE !

- Comment peux-tu continuer de plaisanter ? ( Bien, bien, il rit, il applaudit. Il s'est pris dans son rôle.)

- Comment peux-tu continuer de ne pas le faire ?

Il lui rit au visage, lui expose son échec, sa persistance à contourner ses règles. Qu'il comprenne un jour, que ça rentre dans sa... petite-tête. Il voit la... cape. Le masque. Le maton n'existe plus, eff-acé. Effa-cé pour devenir le rôle d'un... huh... rêve.

L'air a... un joli goût de chauve-souris. Ce soir, c'est émission chasse et pêche, et il chasse la pipistrelle.

C'est une grossière... imitation. Peu lui importe, peu lui importe ! Batsy n'est pas là, les absents ont tou-jours tort.

Sa main attrape un barreau de fer, c'est un contre un, comme d'habitude, ce joli rendez-vous mensuel. Il n'a pas commencé, rien ne s'est passé, pourquoi aurait-il perdu ? Il ignore ce hurlement... persistant. Agaçant. Un bruit de mouche, d'abeille, rien vraiment.

- Je ne suis pas ce taré de Batman. Il te rejoindra dans ta cellule bientôt.

Il se vexe. Enormément.

C'est qu'il... refuse de jouer le jeu. Un inconvénient... majeur. Sa main attrape un nouveau barreau, il sourit, fait son plus joli sourire – pourquoi fuit-il pourquoi – mais la flamme qui brûle dans ses yeux montre toute sa volonté de … destruction.

- C'est fini, Joker, balbutie l'autre. Mieux... Mi-eux, bien mi-eux, mais si... non. Il secoue la tête, dépité. Tu as perdu, et cette fois, peut-être qu'il y a une chance pour toi.

- Une... chance ?

Il est... magnanime aujourd'hui. Laissons lui une chance de se plonger dans le rôle de la chauve-souris. Personne... Personne ne le fait mieux que l'original. Il rit. Un rôle joué par un rôle, quelle... I-ro-nie !

L'autre bégaye – en perd ses mots. Non non non non. Ça... ça ne va PAS-DU-TOUT. L'acteur est mauvais, décide le clown en croisant ses bras sur sa poitrine. Sa langue vient lécher le contour desséché – douloureux. Encore. Un coup. Un autre.

- Tu seras... huh... Il fait durer le suspens, sourit. Savoure. Le premier à mourir, conclut-il en se renfonçant dans son siège.

Le spectacle commence.

Une façon de... comment dire... passer le temps ? Oui voilà, voilà. Passer le temps.

Il ne manque... que l'actrice principale.

.

.

.

Harleen était en train de suffoquer sous le stress.

Elle se tordait les mains depuis au moins une dizaine de minutes, remontait ses lunettes sous son nez, se regardait depuis la dixième fois au moins dans le miroir en face d'elle - il n'y avait pas un cheveu hors de son chignon non ? Quoi que... Et si... - laissait traîner son regard un peu partout. En un mot : anxiété. Deux peut-être si on rajoutait appréhension.

Et si... Et si ?

Tout lui était passé par l'esprit. Le scénario de son renvoi, du massacre des examinateurs par le Joker, de son exemption à la lobotomie, tout tout tout. Et ça ne faisait qu'augmenter le stress croissant d'Harleen. Son coeur battait à cent à l'heure, son sang bouillonnait dans ses veines et elle avait l'impression qu'elle allait exploser à tout moment. Harleen se rassit, prenant sa tête entre ses mains.

Tout allait bien se passer, tout allait bien se passer, tout allait bien se passer, se répéta-t-elle.

Avant d'éclater de rire.

Comment est-ce que ça pourrait bien se passer ? Au final, il y avait presque cent pour cent de chance pour que son patient - comment le désigner ? - finisse le cerveau remué - écrasé. Dans le pire des cas elle finirait à la rue, renvoyée.

Nouveau soupir. Elle leva les yeux au ciel, se mordit la lèvre. Ne pas envisager le pire Harleen. Rester Optimiste.

Elle se releva de nouveau, faisant les cent pas autour de sa chaise. Elle leva les yeux au ciel - devait sincèrement arrêter de réfléchir à toutes les conséquences et de se torturer pour ça. Il n'y avait qu'à croire que tout irait pour le mieux et l'entretien se passerait magnifiquement.

...

Même elle n'y croyait pas une seconde.

Au moins je rejoindrais Megan parmi les enfants non désirés, songea-t-elle amèrement en pensant à la réaction de sa mère si elle perdait son poste.

- Mademoiselle Quinzel ? la coupa une voix, la faisant se tourner d'un coup sec - faisant craquer son dos - vers son interlocuteur.

Harleen le dévisagea de haut en bas, cherchant quelque chose en particulier chez lui, quelque chose qui le ferait passer pour un inspecteur particulièrement rigide. Rien. Ni le pull gris ni le simple jean ne renvoyait l'image austère qu'elle s'était faite de la personne. Alors elle se contenta de sourire légèrement rassurée.

- Vous pouvez m'appeler Harleen, commença-t-elle, autant se le mettre dans la poche. Je tiens avant tout à vous faire remarquer que nous avons fait beaucoup de progrès pour une personne telle que lui et bien que...

- J'en jugerais par moi-même Harleen, l'interrompit une seconde l'homme, tendant la main. Théophile Nott. Ne perdons pas de temps voulez-vous ?

Elle acquiesça - tournant les talons.

Harleen esquissa le geste pour passer sa main dans ses cheveux, ne s'arrêtant que lorsqu'elle se rappela de son chignon. Elle grimaça - faute d'habitude. Elle qui avait pris l'habitude de les laisser lâchés - ou noués rapidement - pendant les entretiens... C'était une façon de déstresser, de se rappeler qu'elle n'était qu'en face d'un homme de toucher ses mèches.

Stupide, c'était vrai.

Elle mena en silence l'homme jusqu'à la salle d'entretiens - ne savait pas vraiment quoi en penser. Son maintien droit trahissait une habitude fréquente des hautes sphères mais elle n'arrivait pas à le cibler. Dure réalité quand on avait passé neuf ans à travailler jusqu'à en perdre ses forces dans ce but. Harleen détourna les yeux, collectant dans sa mémoire le peu qu'elle avait réussi à comprendre à son sujet.

Rien de bien probant.

Elle pila net devant la lourde porte, anxieuse. A présent il 'y avait plus qu'à espérer que son patient y mette du sien - elle doutait qu'il veuille finir à l'état de légume pour le reste de ses jours - et peut-être, peut-être, que ça se passerait bien.

Soupir profond - Harleen poussa les portes, fataliste.

La psychiatre n'adressa pas un seul sourire à son supérieur - ça ne jouait pas en sa faveur mais elle ne s'en sentait pas la force - traçant directement jusqu'à sa place. Derrière la vitre teinté devait s'être installés son inspecteur et son supérieur, et le simple fait d'être épiée donnait déjà un caractère moins naturel à leur entretien.

Elle déposa sa mallette à côté de la table, s'asseyant sans dire un mot. En face, le visage du Joker s'était éclairé - un sombre sourire illuminant ses traits un court instant. Son sourire doubla de volume alors qu'il se penchait sur la table, léchant consciencieusement ses lèvres scarifiées. Elle-même ne put réprimer un léger sourire, habituée par ce rituel quotidien.

- Bonjour, le salua-t-elle formellement, n'oubliant pas les indiscrets visiteurs.

Il posa ses mains à plat sur la table, se pencha davantage, contrarié de leur distance.

- Que voilà un bien froid... bon-jour. Vous avez des... huh... problèmes doc' ? - Un point pour elle. Elle s'évertua à cacher son sourire intérieur, remerciant mentalement son patient.

- Rien qui ne puisse être réglé, éluda-t-elle d'un geste de la main, s'asseyant déjà plus confortablement dans le fauteuil. S'est-il passé des choses... déplaisantes durant mon absence ?

Il sembla réfléchir, se prêter au jeu. Avant qu'il ne darde son regard dans le sien, la transperçant.

- Vo-tre, il marqua une pause, railleur, absence. Arkham... est douloureusement... ennuyante quand vous n'êtes pas, huh, présente. Et pourtant... Ils peuvent dire que le Clown a été un enfant modèle.

- Vous m'avez parlé déjà de vos séances de théâtres. Comment se déroulent-elles ?

Il se contenta de sourire davantage, ses plaies fluidifiées d'un coup de langue.

- Vous... aimez le théâtre doc ?

- Je dois reconnaître que je n'ai pas eu le plaisir d'y aller souvent. Mais nous ne parlons pas de moi, n'essayez pas de changer de sujet, finit par dire Harleen. Vos pièces à Arkham ?

Il se renfonça dans son fauteuil, croisant ses bras sur sa poitrine.

- Inté-ressantes. Réunissez... plusieurs loups dans une étable, doc. Combien de temps leur faudra-t-il... pour imiter les moutons huh ?

- Alors selon vous, vous ne faîtes qu'imiter les plus grands ? le provoqua-t-elle, le sourire au lèvre.

Le Joker secoua la tête négativement, son doigt levé.

- T-t-t-t. Ne me faîtes pas... dire ce que je n'ai pas dit. Je sais que c'est... huh... le principe d'un psychiatre mais... écoutez. C'est... amusant, je disais. Imaginez-vous - ses mains bougeaient au même rythme que ses paroles, illustrant - spectatrice. Vous voyez... Mettons... John. Les américains aiment ce prénom - vous rappelez-vous... de leur normalité effrayante ? - John, donc. La trentaine - le cerveau finit toujours par être touché à cet... âge. Je suis l'exception. - deux enfants puis... POUF ! Magie, rit-il. John a une envie. Une... Vous appelez ça comment ? Aaaah. Pulsion. Oui. Pulsion. Il voit le couteau. Son enfant. Le couteau. Son enfant. Vous pouvez facilement imaginer la suite.

- Facilement, grinça Harleen, fascinée malgré elle. Et bien ?

- Voilà John. Voilà une charmante infir-mière - elle veut bien faire, remarquez-vous doc qu'elles veulent toujours bien faire ? - qui a un éclair, oui-oui, de génie. Par-fai-te-ment. Là-voilà qui sautille, la chanson à l'appui - pas une guillerette noon-non, prenez les dernières du... moment. - vient... soumettre son idée. Une pièce de théâtre ? singe-t-il. Pourquoi... pas ? Et voilà John réduit dans rôle de Roméo, oh John pourquoi es-tu Roméo ?

Le Joker s'arrêta, se pencha encore et encore, presque allongé sur la table.

- Quelle est votre... impression face à ce spectacle ?

- De l'amusement ? De la dérision ? tenta Harleen, perdue.

- Précisément.

Il se cala dans son siège, ravi.

- Alors c'est cela qui vous amuse ? La dérision ?

- Oh doc... Vous devriez... huh savoir. Tout m'amuse.

Harleen fronça les sourcils - non. Elle ne pouvait pas le laisser avoir le contrôle sur cet entretien, sur celui-là. Elle ne pouvait pas perdre pied alors que son inspecteur était juste en face et qu'il écoutait la moindre de ses paroles, pas si elle voulait avoir une chance de le sauver alors que cet imbécile sautait à pied joints dans sa tombe. Elle finit par esquisser un sourire, dénichant la faille.

- C'est pour cette raison que vous aimez tant le Chaos ? Parce qu'il vous amuse ? Mais vous le dîtes vous-même implacable - juste. Et on se rapproche de l'idée de la Justice. Ce qui vous contrarie n'est-ce pas que la Justice n'est pas... juste selon vous ?

- C'est.. faux, grimaça-t-il. Ne parlez plus... jamais de ça.

- Et pourtant c'est juste n'est-ce pas ? C'est pour cette raison que vous appréciez autant le Batman, parce qu'il est votre opposé. Que vous le voyez lui comme l'allégorie de ce que nous devrions être ?

Sa main frappa le plat de la table alors qu'il secouait la tête.

- Batsy... me complète. Doc, doc, doc, n'essayez pas de vous... huh... glisser dans ma tête. Beaucoup trop de... ques-tions aujourd'hui. Est-ce parce que nous avons des... spectateurs ?

Durant une fraction de seconde elle faillit balbutier, nier en bloc. Sauf qu'Harleen le connaissait depuis une certaine durée maintenant et qu'elle avait appris à réagir rapidement à ses... révélations.

- Vous paraissez bien informé, sourit-elle. Vous confirmez nos soupçons sur des complices éventuels dans l'établissement. Mais peu importe, ce n'est pas un interrogatoire - il siffla un Ah oui ? qu'elle ignora, continuant - vous me parliez d'un rêve la dernière fois. En avez vous fait de nouveaux ? Des souvenirs peut-être, aussi ténus soient-ils sur un passé enterré ?

- Et moi... qui commençait à vous... huh... apprécier, soupira-t-il. Vous me... dé-ce-vez.

Une partie d'elle sembla hurler tandis que la deuxième s'évertuait de faire taire la première. Peu importe chuchota-t-elle furieusement dans l'esprit d'Harleen, l'important est de le sauver.

Harleen réprima un nouveau soupir - essayant tant bien que mal de mener l'entretien sur un sujet qui amènerait son patient à parler. C'était peut-être ça le plus important, montrer les légères différences entre les premiers entretiens et désormais. Même si à l'instant présent elle avait l'impression de n'avoir fait aucun progrès. Peut-être... Elle hésita. Lui demander de lui parler de son passé ? Selon la nouvelle version qu'il lui offrirait, peut-être pourrait-elle donner l'impression d'un changement...

La psychiatre eut soudain une énorme envie de claquer la porte et de rentrer.

En quelques secondes son patient venait de lui donner l'impression qu'aucun effort n'avait été fait et que ses impressions de réussite ne venaient que de son imagination.

Elle se força à sourire, renvoyant une image d'une assurance qu'elle aurait aimé avoir.

- Mes... excuses, hésita-t-elle, si je vous ai offensé. Voulez-vous bien passer à un test ? Il serait bon de convaincre les Messieurs derrière que nos entretiens n'ont pas mené à rien.

Autant jouer carte sur table, s'il savait déjà.

- Soit. Je dois... a-vouer que vous êtes... huh... pleine de surprises.

Harleen se contenta de sourire davantage, disposant déjà plusieurs cartes sur la table. Il s'y pencha avec un éclat curieux dans le regard, intéressé, sa langue venant pourlécher les contours desséchés.

- Une bombe. Un masque. Un couteau. Un Joker. Une chauve-souris. Lequel choisirez vous de prendre ?

Il éclata de rire, lui jetant un regard appréciateur. La partie dans son crâne qui avait hurlé poussait désormais de tout nouveaux hurlements, Harleen se refusant d'afficher autre chose qu'un air sérieux.

- Bien. Très bien.

Il fit courir ses mains sur les cartes, les effleura. S'arrêta devant la bombe - sourit. Il se prépara à la porter à la hauteur des yeux d'Harleen avant de brusquement changer d'avis et de prendre la chauve-souris. Harleen exulta intérieur - s'applaudit. C'était ce qu'elle avait prévu, ce qui pourrait l'amener sur le chemin de la guérison aux yeux de l'inspecteur.

Le chemin de sa... Elle grimaça. Nor-ma-li-té. Ecoeurante.

- Alors c'est ça le plus important, le Batman ? Plus encore que vos blagues, vos... jouets. Vous préférez la... huh... chauve-souris au couteau ?

Il acquiesça d'un signe de tête, perplexe.

Harleen posa ses mains sur la table, pinça ses lèvres vierges de maquillage. En parlant de maquillage... Il ne restait plus rien du masque de foire que s'était forgé le Joker. Rien qu'un homme, ses cheveux tendant vers le blond sale, ses cicatrices artistiquement sculptées sur une peau diaphane mais pas blanche craie. Mais il restait ce sourire, ce sourire en coin et cette étincelle dans ses yeux quand il se penchait vers elle.

Ses tics de langages qui montraient que le maquillage ne faisait pas l'homme. Que l'homme faisait le maquillage.

Un nouveau sourire de sa part. Fascinant. Magnifique. Il l'était, magnifique. Dans sa vision ouverte du monde, non tordue et étriquée, ridiculement bornée de ses collègues, du reste des hommes. Dans sa manière d'être, dans l'attention fascinée qu'il lui portait.

Magnifique.

Elle se reprit en secouant la tête. Le Batman.

- Vous l'admirez - il s'apprêta à protester elle le coupa - mes excuses, mauvaise formulation. Il vous captive, vous fascine. Vous vous revoyez en lui alors qu'il est votre opposé, votre... Comment dire... Némésis. Vous voulez être proche de lui mais en même temps lui montrer votre vision du monde, vous voulez lui prouver que vous avez raison, qu'il doit sortir de ce cercle infernal où le monde l'a plongé - parce qu'il en est... digne. Digne de comprendre, d'être un de ceux qui savent. Vous voulez voir sa transformation de chrysalide en papillon, n'est-ce pas ?

Le Joker la fixa avec un mélange de fierté et d'incrédulité. Elle... Il finit par sourire démesurément, une fois de plus, secoua la tête pour faire valser ses mèches emmêlées, la pencha sur le côté. A l'écoute.

Un geste du poignet pour l'enjoindre à continuer.

- Il n'est pas seulement un ennemi qui contrarie vos plans, il est bien... plus. Elle appuie sur le mot. Elle se perd dans son explication - submergée. N'a jamais été aussi proche de le comprendre. Vous... ça vous ronge, vous haïssez ça. Le fait qu'il ne comprenne pas ce que vous essayez de lui dire, qu'il soit si... comment... ob-tus. Alors vos entrées sont de plus en plus... spec-ta-cu-lai-re, vous voulez attirer son attention, qu'il soit focalisé sur vous. Comme...

Harleen s'arrêta. Perdue. C'était exactement ça, il ne l'aurait jamais avoué mais elle comprenait - elle savait désormais. La solitude pesante d'être le seul à comprendre, à savoir la réalité sans que personne ne vous croie. Mais il n'était pas seul ! Non-non-non-non, elle... elle voulait... comprenait...

Ce fut ce dernier mot qui la ramena à la réalité, horrifiée. Elle... Elle ne pouvait pas se permettre de continuer comme ça, de s'embarquer en riant sur le chemin de la démence.

- Mais il y a d'autres moyens de le rendre proche de vous, continua-t-elle s'obligeant à rester professionnelle. Vous savez qu'il estime les autres, qu'il a un espoir pour vous de rédemption - vous pourriez, huh... Elle se mordit la lèvre, devant ce tic familier. L'aider, finit-elle dans un murmure. Et vous seriez plus proche de lui qu'aucun criminel de Gotham ne l'aurait jamais été.

Le sourire du Joker retomba aussi sec, se cala davantage dans le siège, croisant ses bras sur sa poitrine dans une moue contrariée.

- Vous connaissez... Arkham ? l'interrompit-il avant qu'elle ne recommence.

Elle fronça les sourcils, sans comprendre. Où était le rapport ?

- Je suis psychiatre ici, je-

- Non-non-non. Arkham. Les mauvais... Sa langue passe sur ses cicatrices, les lèche avec frénésie. Se-crets de ce... coin de paradis. Connaissez-vous ce que le directeur s'évertue à cacher ?

Malgré le changement de sujet, Harleen sourit. Parce que derrière la vitre, ils ont sûrement notés sa phrase prononcé normalement si ce n'était l'éclat railleur qui le caractérise. Elle plissa les yeux, l'écouta en faisant un hochement de tête négatif.

- Alors vous avez raté... la meilleure partie, déplora-t-il. Vous ne connaissez pas... les meurtres qui reposent sous... ses fonda-tions ? Dommage, dommage, dommage, jolie doc'. (Son coeur rata un battement, elle se sentit comme une adolescente idiote) N'oubliez pas... de-demander-à-la-sortie !

Elle acquiesça vaguement, toujours sans comprendre ce que... Ah ! Elle se pencha vers lui, ça s'éclaira enfin.

- Vous vouliez détourner le sujet n'est-ce pas ?

- Touché, grinça-t-il, impressionné.

- Y avez-vous déjà pensé ? A... rejoindre le Batman.

Il se mit à rire, éclata d'un hurlement aigu en secouant la tête. Harleen frissonna, reculant un instant. Ce rire... encore, encore, encore toujours plus fort et perturbant.

- Aah, doc. Adorable... petite idiote. Pourquoi le voudrais-je ?

Harleen s'apprêta à répondre - à protester, se rendant compte qu'elle était plus amusée et heureuse de l'insulte que vexée. Marque... Elle sourit, d'affection. Peut-être ne déplaisait-elle pas autant à son patient qu'elle l'aurait cru.

Sauf que la porte s'ouvrit tout d'un coup, laissant entrer son inspecteur et son supérieur.

- Oh... des in-vités. Bonjour, susurra le Joker. Ses yeux brillèrent une seconde d'amusement. Inutile de faire les... présentations.

- Sortez de là, Quinzel. L'inspecteur veut vous voir avant de décider, expliqua l'autre sans se démonter. Il ignora superbement le patient d'Harleen, sans même un seul regard.

- Je suis... vexé de cet accueil si, hm, chaleureux.

Harleen surprit un échange de regard entre Théophile Nott et le clown, une sorte d'échange muet. Elle fronça les sourcils, ne dit rien. Il lui faudrait essayer de comprendre plusieurs choses sur lui, sur son.. étrange imperméabilité.

- Je vous suis tout de suite. Elle se tourna vers son patient, sourit encore. Au revoir, Mr. J.

- Au... plaisir, doc'.

Harleen les suivit d'un air torve à travers les couloirs, jetant des coups d'oeils furtifs sur ses mains. Elle en était à envisager l'option « ronger ses oncles » tant elle commençait à être stressée, le destin d'une personne – de lui – dépendant de ce qui allait se décider.

On l'installa dans une chaise face au bureau de Nott, son appréhension ne faisant que grandir.

« - Alors ? Finit-elle par bredouiller, anxieuse.

L'autre l'ignora, laissa traînr son regard partout sauf sur elle. Avant de le fixer sur sa personne, comme un radar la transperçant.

« Vous avez l'air d'avoir une relation... très proche avec le patient. Trop, peut-être. Il se confie à vous, vous avez remarqué ? Vous... Je dirais, estime.

C'est que j'ai préféré tisser une relation de confiance, ça aide plus les patients...

Mmh.

Et votre diagnostic, l'interrompt son supérieur. Quel jugement ?

Et voilà. On y était. Il ne fallait qu'une phrase, qu'une phrase pour sceller le destin d'Harleen, de la faire basculer ou non. Une... piche-nette hein... Rien qu'un coup de pouce. Elle serra les dents, agrippa le bord de son fauteuil - bien se passer, ça allait bien se passer, ça allait... Ne pas penser au pire. Cette vision... Le Joker, inerte.

Perdant son identité. Non-non-non-non-non-non-nononononNON.

Pas ça - pitié pitié pas ça.

- Vous avez fait des progrès évidents. Mais le Joker est bien trop dangereux, trop instable, docteur. Il faut appliquer l'opération

- NON !

Elle manqua de bondir de son siège, abattit ses mains sur le bureau.

Harleen frissonnait, tremblait.

- Vous... Vous ne pouvez pas, balbutia-t-elle éperdue, non, non, non, pas après tant d'efforts, tant de jours, non !

- Reprenez-vous Quinzel, la fusilla du regard son supérieur. Avez-vous oublié à qui nous avons affaire ?

Elle se tourna vers lui, éplorée. Perdue. tremblante.

Nononononnonnonnonnonnonnon ! NON. Pas ça, Pas ça.

- Je- je- Nous progressons ! Il y a espoir !

- Harleen, reprit l'autre plus doucement, calmement. Vous devez vous concentrer sur vos autres patients, la petite Alic-

- Je me moque d'Alice ! s'écria-t-elle, furieuse. Comment osez-vous décider de la vie d'un homme ?

- Harleen Quinzel ! Reprenez vos esprits !

Elle s'apprêta à faire quelque chose - elle ne savait pas quoi mais quelque chose qui aurait changé la donne, qui aurait brisé son avenir - lorsque les alarmes s'enclenchèrent brutalement. Tous se levèrent d'un bond, prêts à se précipiter vers les cellules lorsqu'un maton entra en courant dans le bureau, le visage en panique et fiévreux.

Il bégaya un moment, finissant par respirer un grand coup pour annoncer sa nouvelle.

- C'est le Joker, put-il enfin expliquer.

Son coeur rata un battement.

- Il s'est enfui.

S'arrêta.

.

.

.

A force de tourner en rond dans son appartement à se ronger les sang et à hurler, Harleen s'était écroulée sur son canapé.

Elle... Elle ressentait un mélange de fureur fiévreuse et de bonheur incandescent - il s'était enfui, s'était enfui, enfui, enfui. Plus d'entretiens, plus jamais elle ne verrait son visage. Jamais. Mais d'un autre côté... Elle poussa un soupir extatique. Laissa un sourire dévorer ses traits. Pas de lobotomie, pas de lobotomie, de larve. Juste... Il resterait comme à jamais.

Le Clown de Gotham.

Ell avait envie de rire - de pleurer. De pleurer encore et encore, jamais s'arrêter. Son coeur s'était déchiré en deux. Il l'oublierait, il l'avait déjà oubliée, plus jamais elle ne verrait son sourire, son regard, plsu rien. Sa façon de se lécher les lèvres... Elle hésita. Osa. Sa langue à elle, plus rose, plus courte vint tâtonner avec lenteur les lèvres. Douces. Rien. Pas de peau desséchée, pas de douleur.

Harleen se rappela alors. Comment avait-il appelé ça ? Pulsion. Pulsion.

Pulsion.

Elle se précipita vers sa cuisine, attrapa un de ses couteaux. Le fixa avec une fascination morbide, le tâta de la main. Elle finit par le positionner au coin de ses lèvres, sentant le métal froid contre sa gencive. Il ne fallait qu'un coup... Un coup...

Un seul coup...

Harleen lâcha brusquement l'arme qui tomba sur le sol. Que.. Qu'allait-elle faire ?

Elle fixa avec horreur le couteau. Tout ça l'avait bien trop chamboulée, les cris des patients dans les autres cellules, la police qui était venue. Qui allait l'interroger demain. Trop d'émotions, bien trop d'émotions.

Elle avait besoin de se laver, de faire couler tout ce trop plein de sentiment en même temps que l'eau, décida-t-elle.

Et oublier tout ça.

Se reposer.

Se reposer.

Elle ferma les yeux, fila s'enfermer dans la salle de bain.

Sentir la sensation de l'eau brûlante contre sa peau lui fit le plus grand bien, alors qu'elle fermait les yeux, savourant. Plus de Joker. Plus de problèmes, rien qu'elle et Ethan.

Ethan et elle.

Elle finit enfin par esquisser un sourire. C'était sûrement le mieux en fin de compte.

Ce fut quand Harleen sortit de sa douche qu'elle entendit les derniers frappements à la porte - la faisant se précipiter vers elle.

Plus que jamais elle avait besoin d'Ethan, de lui raconter sa journée et de l'entendre la rassurer, que le Joker l'oublierait, son coeur se serra, et qu'il n'y aurait aucun problème.

- Ethan ! s'écria-t-elle en ouvrant la porte en grand. Si tu savais...

- Qui est Eth-an ? grinça une voix familière.

Harleen lui claqua la porte au nez.

Elle resta la main collée sur la poignée, glissant le long du bois vernis. Est-ce que... est-ce que..

Est-ce qu'elle venait vraiment de refermer sa porte au Joker ?


Promis, cette fois la suite arrivera plus vite. Sous moins d'un mois au plus tard sous moins de deux semaines au plus tôt.

Vous savez qu'on se rapproche dangereusement de la fin ?