Merci beaucoup pour vos reviews ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
Yggdrasil
Regina jeta un œil autour d'elle alors qu'ils traversaient l'énorme place. Elle n'aimait pas être dans cette posture, être menacée. Elle n'aimait pas qu'ils les escortent, armes en main. Elle n'avait pas le contrôle. Alors elle esquissait les plans de secours. L'arbre pouvait brûler, il faudrait probablement commencer avec les feuilles. ô combien géantes paraissaient-elles d'ici, elles brûleraient et créeraient la diversion dont elle aurait besoin.
Certainement, le feu était la meilleure possibilité qui s'offrait à elle dans cet endroit.
Ils marchèrent quelques longues minutes, le silence coupé par le bruit de leurs pas. Ils rejoignirent le versant opposé de la place, et on les fit monter sur la branche. L'énorme branche. L'ascension semblait impossible mais une fois encore, elle fut beaucoup plus rapide que ce qu'ils auraient pu penser. Ils arrivèrent rapidement vers d'autres embouchures, la branche donnant naissance à des ramures plus fines. Et plus ils s'enfonçaient, plus ils en voyaient. Ces branches déjà plus fines mais tout de même conséquentes étaient la terre des habitations, comme une rue principale d'un village qui, elle-même, finissait par créer de petites rues - de plus petites branches encore, sur lesquelles les habitations étaient construites. Et la branche principale sur laquelle ils circulaient était comme une autoroute, elle permettait de relier les plus grosses embouchures.
Et puis ces maisons étaient définitivement étranges. Tout en bois elles aussi - ce qui allait faciliter le plan de Regina, elles semblaient être penchées, jamais droites. Ils ne s'étaient cependant pas approchés suffisamment pour en avoir le coeur net.
Au bout d'une dizaine de minutes, ils prirent enfin la direction d'une embouchure, prenant une branche plus fine. Puis, quelques minutes plus tard alors qu'ils arrivèrent presque à la fin de celle-ci, prirent une autre embouchure, s'engageant sur une branche plus fine encore. Ils changèrent de branche encore deux fois, chacune plus fine que l'autre et finirent sur une branche incroyablement petite par rapport aux autres. Une branche qui semblait fragile, cassable, aucunement utilisable par plus d'une trentaine de personnes. Pourtant, les premiers gardes s'y avancèrent sans un doute et celle-ci ne bougea pas d'un centimètre.
Crochet s'arrêta et Emma souffla lourdement, passant directement devant lui. Il commençait sérieusement à lui taper sur le système. David et Mary-Margaret avaient suivis sans aucun problème, accompagné de certains gardes qui semblaient bien entraînés et disciplinés. Quoiqu'ils fassent, ils en avaient toujours 3 sur le dos. Peter Pan avait probablement très bien compris qu'ils étaient dangereux.
Et cela réjouissait Regina, après tout, cela pouvait témoigner d'un manque de force de leur côté. Et un avantage pour eux et Henry.
Dix minutes plus tard - à croire que tout équivalait à une dizaine de minutes entre ces branches, ils arrivèrent à la fin de celle-ci où se tenait une minuscule habitation. Du moins, qui semblait minuscule. Elle n'était effectivement pas droite, plutôt de traviole, comme si quelqu'un s'était amusé à tirer les murs à droite, puis le toit vers le haut mais à gauche de sorte à ce que le toit ne soit absolument pas droit. Rien n'était symétrique.
Quand ils arrivèrent devant la porte - un énorme rond, la même forme circulaire que les fenêtres et vu l'état de leurs maisons, ils ne connaissaient probablement pas la ligne droite, la moitié des gardes se détacha pour rester en ligne devant celle-ci. Et l'autre moitié les accompagna à l'intérieur, formant une ligne derrière eux.
À l'intérieur, Peter Pan attendait déjà accompagné d'une femme, ce qui interpella le capitaine. Le scribe était une femme !
- Bonjour, sourit-elle brusquement.
Elle se leva, laissant Ruby apercevoir que la branche de l'arbre par laquelle ils étaient passés se finissait ici, en plein milieu de la pièce, remontant légèrement le mur.
Peter Pan sembla amusé des têtes de ses invités, assis nonchalamment sur le bureau qui dominait la pièce.
- Vous êtes le scribe ? Fit David, méfiant.
Elle rit. Elle était jeune, elle aussi. Moins que Peter, peut-être 22, peut-être 23 ans. Extrêmement belle. Rire cristallin.
- Effroyable surnom, n'est-ce pas ? Mais je le crains, oui.
- Vous avez mon fils, trancha Regina. Elle n'en pouvait plus d'être là sans en être réellement, de savoir qu'il était ici tout en se tournant les pouces, subissant plus qu'elle ne réagissait.
- Henry, c'est cela ?
Les yeux se relevèrent brusquement et Peter Pan rit. Toujours aussi hautain.
- En effet, je crains l'avoir.
Elle resta sagement à sa place, debout, sans ajouter quoique ce soit. Et Mary-Margaret ouvrit la bouche avant que Regina ne perde le contrôle de la sienne.
- Où est t-il ?
- Je crains que vous ne pourrez le voir.
- C'est autre chose que vous allez craindre si vous ne me rendez pas mon fils immédiatement, siffla Regina en s'approchant d'elle. Les gardes s'étaient immédiatement avancés, comme d'un seul homme. Et le scribe lui lança un petit regard, amusée.
- Je crains effectivement d'avoir de très mauvaises habitudes de langage.
- Je crains que ça ne puisse un jour s'arranger, ma chère, enchérit Peter Pan d'un ton des plus différent, complètement snobe et tout à fait amusé.
- C'est ce que je crains également, sourit-elle avec un clin d'oeil.
- Vous avez finit ? S'énerva Crochet. Où est Henry ? Qu'est-ce que vous pouvez bien faire de lui ? Et c'est quoi cette putain d'histoire de scribe ?
Regina n'avait pas quitté la blonde des yeux. Une planche de bois, ce serait parfait pour elle. Après tout, c'était définitivement le thème, non ? Le bois, les arbres, les branches. Oui, définitivement, elle la transformerait bien en une foutue blanche de bois, elle et son putain de snobisme.
- Je crains ne pouvoir répondre à ces questions.
Le feu apparut tout aussi rapidement dans la paume de la maire, cette fois-ci c'en était de trop. Elle allait faire de cet arbre un véritable tas de cendres. Le scribe la regarda, sûre d'elle.
- Croyez-moi, vous ne voulez pas faire ça.
- Croyez-moi, vous ne voulez pas me dire ce dont j'ai envie de faire ou non.
- Vous n'avez vraiment aucune idée d'où vous êtes, n'est-ce pas ?
Elle rit doucement et s'adossa contre le bureau.
- Si cet arbre disparaît, tout ce que vous connaissez disparaît. Non, je crains de n'être assez précise. Disons, que si cet arbre disparaît, vous n'aurez plus accès à tout ce que vous connaissez. Je vous présente Yggdrasil, sourit-elle en montrant d'un geste de la tête la terminaison de la branche derrière elle.
- L'arbre qui relie l'ensemble des mondes.
- Le fait que cet arbre ait un nom est censé l'empêcher d'y mettre le feu ?
Peter Pan soupira, exaspéré.
- Elle est en train de vous dire que tout les mondes sont connectés par Yggdrasil, ce n'est pas compliqué à comprendre.
- Littéralement, Yggdrasil est le centre du monde. Sans lui, il n'y aurait pas de connexions entre les mondes et vous n'auriez pas pu utiliser un chapeau ou un haricot comme portail. D'où croyez-vous que le premier haricot vient ? Yggdrasil est l'essence-même des mondes. Si vous le faîtes disparaître, non seulement vous n'aurez pas le temps de trouver Henry, mais vous ne pourrez plus rentrer chez vous. Ah, et j'ai faillis oublier, le feu n'est pas efficace contre Yggdrasil.
Regina étira un sourire. Elle mentait. Elle le sentait. Le feu était efficace, et cette idiote avait extrêmement peur que la maire ne passe à l'action.
- Nous ne sommes pas venus pour écouter ce genre d'histoire. Henry, intima Emma
- Vous ne comprenez pas, vous ne l'aurez pas. Vous ne le récupérerez pas.
- Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi ce gamin nous attendait-ils ? Pourquoi avoir Henry ? S'exaspéra David
- Parce qu'ils n'ont rien, souffla Regina. Ils n'ont rien pour nous contrer.
- Vous nous avez attaqué pour nous tester, fit Emma, et vous avez compris que vos gamins étaient insuffisants. Vous nous avez laissé venir ici.
- C'était idiot, peu m'importe si je dois brûler le soi-disant centre du monde pour récupérer mon fils. Je le ferai.
- Je le sais, sourit le scribe. Je sais ce que vous avez fait. Et le feu ne marchera pas.
- Nous verrons ça, enchérit la maire.
- REGINA ! S'écria Mary-Margaret alors que le feu réapparu brusquement au creux de la main de la maire.
- Si elle dit vrai, il y a mieux à faire. Henry est ici. Faire brûler l'arbre ne rendra les choses que plus compliquées. C'est immense, on doit avoir le temps de chercher partout !
Le scribe étira un sourire, jetant un oeil à Regina.
- Vous devriez peut-être l'écouter.
La maire ferma ses poings, le contrôle était dur. Dur comme jamais. Elle pourrait en finir, maintenant, tout de suite, là. Et emporter Blanche-Neige dans son sillage. Ne laisser plus que des cendres.
- Elle a raison Regina, appuya Emma, Henry est ici, à quelque part. Mettre le feu la seule chose qui le protège n'est vraiment pas judicieux.
- Non, fit Ruby alors que tous se retournèrent vers elle. Elle avait vu le regard brillant de la scribe, le petit sourire de Peter. Elle avait compris. Non, ils n'avaient rien. Rien pour combattre Regina. Rien pour combattre Gold. Et il n'y avait qu'une seule façon de s'en sortir dans ces cas-là : leur faire croire qu'ils avaient le contrôle.
- Vous saviez que nous réagirions ainsi, vous saviez exactement ce qui allait se passer parce que vous nous connaissez.
Crochet haussa les sourcils, voyant où la serveuse voulait en venir. Peter Pan savait tout sur eux, ils les avaient observés, connaissait leurs habitudes et leurs haines. Il fallait surprendre. Le capitaine attrapa rapidement un des couteaux qu'il gardait toujours sur lui et, précisément, l'envoya tout droit dans la branche qui terminait dans la salle.
Le scribe et Peter se sont brusquement retournés, cette fois-ci pris par surprise. Et ils assistèrent tous à l'épouvantable échec du capitaine. La lame se contenta de basculer en arrière, tombant sur le sol. Le trou qu'elle aurait dû laissé dans le bois qu'elle venait de perforer n'existait pas. Il n'y avait rien.
- Enfoiré ! S'écria Peter qui perdit d'un coup son assurance.
La femme rejoignit son bureau comme si de rien était, laissant ses invités complètements perdus. D'une, cet arbre n'avait rien alors même qu'une lame venait de s'y enfoncer. De deux, qu'est-ce qui mettait le gamin dans un tel état alors que l'arbre n'avait aucun dégât ? Et de trois, qu'est-ce qu'elle foutait avec un crayon ?
Et Peter Pan s'impatientait, lui aussi.
- Alors ? ALORS ?
Elle releva enfin les yeux de son bureau.
- Wendy.
- Putain, salopard !
Le coup parti rapidement, prenant le capitaine par surprise. David voulut intervenir, mais Peter Pan n'était pas à coup d'essai. Alors que Crochet était à terre, sonné, le gamin esquiva le bras de David, s'en empara, il tira dessus, accompagnant son geste d'un coup de coude dans le bas du dos et Charmant se retrouva à terre. Le coup de pied du capitaine échoua tout aussi lamentablement, Peter était rapide.
Il avait eu un siècle et demi pour apprendre à se battre. Ce n'était plus un gamin de 17 ans.
Les gardes arrachèrent les quelques armes qui restaient, empêchant Mary-Margaret d'intervenir d'une flèche. Ruby et Emma avaient été facilement maîtrisés, surprises par le brusque retournement de situation. D'autres entrèrent en trombe et Peter Pan s'occupa de Blanche Neige comme s'il s'agissait d'une vulgaire mouche. Une fois Mary-Margaret et David attrapés par une bonne poignée de gardes, les empêchant de faire tout mouvement, ceux-ci jetèrent un oeil à Regina et Gold.
- Pas la peine, fit Peter Pan, le sourire aux lèvres. Ils vont adorer ce qu'ils vont voir ! Lèves-toi !
À présent, une trentaine de gardes entouraient Peter et Crochet, laissant tout juste leurs prisonniers voir le spectacle. Le poing de Peter parti une nouvelle fois, percutant de plein fouet la mâchoire déjà bien abîmée du capitaine. Celui-ci avait du mal à tenir le rythme. Ce gamin était rapide et efficace.
- ALORS ? Un gamin de 17 ans, HEIN ? Salopard ! Tu viens juste de tuer une gamine de 15 ans ! Regardes ce que le gamin va te faire, ENFOIRE !
Il attrapa le capitaine en piteux état, le soulevant juste assez pour envoyer son genou dans son visage. Le capitaine retomba dans un boum fracassant. Gold ne bougeait pas, se délectant du spectacle comme jamais. Il riait silencieusement, amusé comme un fou.
- Regina ! Appela vainement Emma. Regina, putain !
Elle ne tourna pas la tête, elle n'entendait pas.
- Regina, il va le tuer, bon sang !
Le gamin se retourna brusquement vers elle, la tunique pleine de sang, les poings abîmés d'avoir autant frapper la chair.
- Tu comptes faire quelque chose, Regina ? Qu'il sourit, moqueur.
Elle leva la paume de sa main, le projetant contre le mur. On ne l'insultait pas. Nouveau mouvement de main, Peter Pan alla s'écraser contre le sol dans un horrible bruit sec. Ca avait été rapide, assez pour que les gardes n'aient que le temps de lever leurs armes.
Et le scribe s'avança enfin.
- Non, cracha Peter, tu me le laisses !
Elle s'interposa entre les deux, le capitaine batallait pour rester conscient.
- Clochette, laisses-le moi ! Cet enfoiré a tué Wendy !
- Tu te tapes la première pute que tu as sous la main, répondit-elle simplement. Elle fit un signe de tête et des gardes se détachèrent du reste du peloton pour récupérer le capitaine.
- Emmenez-le au calme. Et veillez à ce que Peter ne puisse tomber dessus.
- Ca n'a rien à voir avec ça, elle était comme une soeur pour moi !
Elle se retourna vers le gamin, l'ignorant totalement.
- Et toi aussi, au calme.
Il cracha et sortit, emmenant avec lui le reste des gardes. Il n'en restait plus qu'une dizaine.
- C'est quoi ce bordel ? Explosa Emma alors que les gardes la lâchèrent enfin. Crochet n'a tué personne !
- Je vous avais prévenu qu'Yggdrasil n'était pas n'importe quel arbre, fit Clochette. Des gens donnent leurs vies pour le protéger. En essayant d'attaquer Yggdrasil, votre capitaine a attaqué une fée. Elles sont là pour le protéger, faire en sorte que personne ne puisse jamais l'atteindre.
- Des gamines, enchérit David
- Je le crains.
Elle utilisait des gamins comme mercenaires et des gamines comme protectrices. Ruby secoua la tête, c'était le monde à l'envers.
- Pourquoi ? Demanda la serveuse.
- Pourquoi tout ça ? Pourquoi ces fées, ces gamines, ces garçons perdus ? Pourquoi Henry ?
Clochette rit doucement.
- Les garçons perdus amusent et divertissent Peter. Et les fées ? Les fées vivent ici depuis toujours. Elles ont toujours mit leurs vies au service d'Yggdrasil. Vous devez comprendre à quel point il est important, vraiment. Elles sont connectées avec lui dès leur naissance.
- Et vous l'êtes aussi.
- Différemment. Les fées ne sont que des fées. Elles vivent entre ces branches, honorent leur pacte avec Yggdrasil pour vous protéger tous. Les autres ... habitants, sont aussi là pour protéger Yggdrasil mais ce ne sont que des êtres humains. Ils ne peuvent pas faire grand chose. Les fées, elles, ne vivent que jusque leur 15 ans. Une fois atteint l'âge de maturation, elles ne vieillissent plus.
- Et ce sont ces fées que l'arbre utilise lorsqu'il est attaqué, continua David
- Je le crains, oui. N'importe quelle fée de 15 ans aurait pu être touchée par ce ... poignard, Yggdrasil a choisit celle qui lui était le plus dévoué, Wendy.
- Vous êtes censée être la fée dans l'histoire, enchérit Emma alors que sa mère roula des yeux, elle n'allait pas recommencer avec ces histoires, quand même ?
- Je crains d'en être une, sourit Clochette. Mais je suis également le scribe, j'avoue que c'est une combinaison très rare.
- Quel est le rapport avec mon fils ? S'impatienta la maire
- Henry est très important, pour tout le monde. Un peu trop important. Voyez-vous, je crains de ne pouvoir me permettre de le laisser vivre.
Le sang ne fit qu'un tour chez la maire, la main de Ruby sur son bras l'arrêta avant qu'elle ne saute à la gorge de cette stupide fée. L'attaquer maintenant était vraiment la dernière chose à faire. La maire se dégagea violemment.
- Il est toujours vivant, sourit Clochette. Je ne peux pas encore m'en occuper mais ça ne serait tarder. Il faut d'abord que l'initiation commence, sinon ça risque d'être problématique.
- De quoi est-ce vous parlez à la fin !?
- Henry est le prochain, souffla Gold.
- Je le crains, oui. Yggdrasil choisis des histoires clés, vous savez. Et votre fils est au milieu d'un beau bordel. Yggdrasil l'a su bien avant sa naissance et dès sa naissance Henry était prédestiné à devenir son scribe. Je vous ai déjà dit que ce n'était pas qu'un arbre ? Il connecte les 9 mondes ensemble. Mais, Emma, vous qui venez d'un monde différent des leurs, vous êtes vous déjà demandé comment les habitants ont pu avoir accès aux histoires de la Forêt Enchantée ? Comment les gens de votre monde ont-ils pu, même avec toutes les fautes qu'ils ont fait, connaître l'existence de la Forêt Enchantée, en faire des contes, des livres, des films, des séries ? Le petit chaperon rouge, blanche neige et les sept nains ? Comment Henry avait-il pu avoir le véritable livre, les véritables histoires ?
Clochette étira un sourire, jetant un oeil à la porte d'à côté que personne n'avait véritablement vu. Elle se recula jusqu'à l'ouvrir, passant à l'intérieur en les invitant à en faire de même.
C'était une immense pièce, de la même manière que cet immense tronc et ces énormes feuillages, la pièce semblait ne jamais prendre fin, que ce soit en hauteur, largeur ou profondeur. Une véritable bibliothèque s'étalait sous leurs yeux, et plus Ruby levait les yeux, plus le vertige la secouait. Ces bibliothèques ne finissaient pas, jamais. Elles semblaient s'envolées toujours plus haut.
- Yggdrasil est le témoin de l'Histoire ! S'écria Clochette alors qu'elle s'avançait au travers des milliers de livres, colonnes et armoires.
- Et il a besoin de quelqu'un pour l'aider dans cette tâche. Il a besoin d'un scribe !
Regina déglutit lentement.
- Quel rapport avec mon fils ?
- Eh bien, voyez-vous ... Le scribe est là pour mettre sur papier tout ce qu'il se passe dans l'entièreté des 9 mondes. Peu importe les histoires, rien n'échappe à Yggdrasil. Il a ses racines dans chaque monde et est l'essence-même de chacun d'entre eux.
- D'où le fait qu'elle sache tout sur nous ... Souffla Mary-Margaret.
- Par Yggdrasil, je vois ce qu'il s'est passé. Littéralement. Je vois le passé. Mais Yggdrasil a besoin de son scribe plus que tout au monde, l'Histoire doit être archivée ici. Je vois les images, entends les voix, sens les odeurs. Et Yggdrasil se sert de moi pour écrire et dessiner dans la plus grande exactitude possible. Bien sûr, avec la quantité d'informations à prendre en compte, j'ai du retard dans ce que je sais du passé, parfois quelques jours, d'autres fois quelques mois. Je ne sais les choses que quand je les mets sur papier, pas avant, pas après. Mais Yggdrasil n'est pas dupe. Il sait que donner à quelqu'un autant de savoir est très dangereux, alors il choisit plusieurs scribes, dans différents mondes et utilise des cycles.
- Il a choisit Henry ...
- Je le crains, oui.
- Alors pourquoi vouloir le tuer ?
- Parce qu'un scribe est immortel, rit-elle brusquement. Je suis le témoin du monde, le seul témoin. En échange de ma servitude envers Yggdrasil, celui-ci m'octroie l'immortalité durant mon cycle. Si le scribe meurt, l'Histoire meurt avec lui et l'équilibre est rompu, Yggdrasil se fragilise. Le scribe a l'immortalité nécessaire à l'équilibre du monde.
- Je ne vois toujours pas où est le problème !
- D'autant plus que Peter Pan aussi est immortel !
- Peter ? Rit-elle à nouveau. Non, il ne vieillit pas, tout comme le reste des garçons perdus, mais il n'est pas immortel. Si une lame le transperce, il meurt. Henry a bientôt l'âge de vérité, s'il est réellement le choix d'Yggdrasil comme je le pense, d'ici quelques jours son initiation va commencer.
- Son douzième anniversaire ... Souffla la maire
- Je le crains, sourit Clochette.
- Pourquoi le laisser en vie jusqu'à ce que l'initiation commence, si c'est ce que vous voulez éviter ?
- Parce que si le nouveau cycle n'est pas entamé, l'arbre va utiliser un autre garçon qu'elle devra à nouveau traqué dans les neuf mondes.
Clochette se retourna vers Ruby, un sourire aux lèvres.
- Je crains que vous ayez raison, ma chère. Il me suffit d'attendre l'initiation, le début du nouveau cycle. Les cycles mettent en général quelques jours à se transposer. Je me débarrasse d'Henry juste avant la fin.
- D'où les garçons perdus ... Vous cherchez les gamins qu'Yggdrasil pourrait avoir choisis avant que les cycles ne commencent pour pouvoir vous en débarrasser avant que ceux-ci ne prennent votre place. Et Peter s'amuse avec ceux qui ne sont pas les bons.
- Vous m'avez mise à découvert, rit le scribe en s'approchant de Ruby. Je plaide coupable. C'est mon 5ème cycle et je compte bien en faire un sixième, je le crains.
- Henry n'a qu'à renoncer à ce délire ! Cria Emma. On le ramène chez nous, sans discuter et vous obtenez votre putain d'immortalité !
- Ce n'est pas possible. Si Henry ne meurt pas, il deviendra le scribe d'Yggdrasil et sera à son service pour les ... 40 ans à venir, probablement. Parfois il y a quelques retards de 10 ou 20 ans, dépendant des autres garçons.
- Pourquoi l'arbre choisirait-il des gamins ?
- Oh, il ne choisit pas que des gamins. Il choisit les scribes à l'âge qu'il pense être le plus opportun, le plus important et le plus sage vis-à-vis de ce qu'ils feront devant tout ce savoir. Pour Henry, c'est maintenant. L'initiation commence toujours à l'anniversaire. C'était mes 22 ans, en ce qui me concerne. Vous pourrez, cependant, assister au dernier anniversaire de votre fils, Regina. Je ne suis pas un monstre non plus.
Yggdrasil est issu de la mythologie scandinave. C'est un arbre qui relie 9 mondes, dont celui des hommes, des Dieux, des géants tout ça (wikipédia est votre ami :D).
Pour reprendre l'esprit de OUAT, j'ai essayé de m'écarter des histoires tout en respectant certaines parties (Peter Pan et Crochet qui deviennent ennemi, la relation entre Clochette et Wendy - elle crève et Clochette s'en fout complètement).
Je me suis un peu attaqué au plus gros non sens de la série : comment Henry est-il tombé sur un miraculeux livre racontant les histoires dans des détails hallucinants et comment les contes sont-ils venus jusqu'à chez nous ?
Bon, y'aura d'autres infos encore plus tard, évidemment, mais voilà, j'ai commencé à m'attaquer gentiment à ça parce que bon, c'est quand même une grosse anomalie dans le scénario.
Et j'espère que ce chapitre vous a plu :)
(Et vous inquiétez pas, je n'oublie pas le RedQueen, il arrive ! Doucement mais sûrement ;)
