Chapitre 11

En atterrissant au département des mystères, Mélissa est secoué d'un frisson de peur incontrôlable. N'étant pas encore habituée à ce mode de transportation particulier, elle atterrit les fesses premières, recouverte de suie, sur les dalles d'un corridor aux allures inquiétantes. Son souffle devient aussitôt erratique et, chancelante, elle tente de se relever le plus rapidement possible.

Elle est censée faire quoi maintenant ?

Sa dispute avec Rogue - la force qu'il avait osé exercer sur elle - avait dérouté tous ses repères et la voilà prête à se lancer dans les plus grandes folies ! Elle avait sauté tête première dans la cheminée la plus proche sans y réfléchir à deux fois, la belle idée !

Elle ne peut même pas faire de magie !

Que pensait-elle, en atterrissant dans ce bâtiment inconnu, dans ce monde bien trop dangereux pour elle ? Elle n'a ni arme, ni défense contre les pouvoirs détenus par les sorciers, ils vont la tuer au premier regard. Et si elle tombait sur Bellatrix ? Sur Voldemort ? Cette simple pensée lui donne la chaire de poule jusque dans le cou.

Même en cessant de réfléchir au danger, un problème de taille reste : elle ne sait même pas comment retrouver Harry ou même s'il est déjà en direction. Elle sait qu'il allait être bloqué en chemin par Ombrage, ralentissant sa quête de sauvetage, mais il va finir par réussir à venir avec Ron, Hermione, Neville Londubat, Ginny et Luna à dos de Sombrals. La seule raison de sa venue est d'empêcher Harry de se rendre dans le hall des prophéties et de se fait contrecarrer les plans de Voldemort d'accéder à la vérité sur son lien avec l'élu. Ça et empêcher la bataille qui allait couter la vie de Sirius, ainsi que plusieurs blessures tout de même significatives pour ses camarades.

Mélissa se met à marcher le long du corridor, une main posée sur la roche des murs, comme pour se convaincre ou se rassurer. Si elle n'avait pas été autant chamboulée par son altercation avec Severus, elle aurait sans doute réfléchi à deux fois avant de se lancer à pieds joints dans une mission fatale. Il aurait fallu qu'elle vérifie si Harry et ses amis étaient déjà partit de Poudlard. Si ça se trouve, ils y étaient encore lorsqu'elle a pris la cheminée et en allant les avertir, tout ce merdier aurait été évité.

Quoi que Harry ne l'aurait sans doute pas vraiment cru, elle n'est que la nouvelle et l'entendre parler de ce qu'il voit dans son esprit aurait sans doute plus alarmé Harry qu'autre chose. Son intervention aurait peut-être aggravé la situation, le faisant courir jusqu'ici sans aucun filtre. Sera-t-il plus disposé à l'écouter dans l'enceinte grise et mal éclairée ? Rien n'était moins sure.

Mélissa marche aussi rapidement que ses nerfs le lui permettent, croisant en chemin plusieurs portes n'ayant pas l'inscription qu'elle recherche. À chaque fois qu'elle doit marcher devant une porte, elle retient son souffle et jette un coup d'œil par la vitre, terrorisée de tomber sur un sorcier trop curieux.

Elle navigue aveuglement depuis au moins trente minutes, déjà prête à sonner la défaite, lorsqu'elle entend des voix de l'autre coté du mur. Lentement, de peur de faire du bruit, elle longe le mur, de plus en plus grelottante à mesure qu'elle approche de la porte. Le panneau de métal porte une inscription et elle reconnait la voix de Ron en même temps qu'elle déchiffre « Hall des prophéties » sur la plaque métallique.

- Penses-tu vraiment qu'on va trouver Sirius au milieu de ce fouillis ? Je ne vois que des sphères et sérieux, ça fait plus aseptisé que morbide cette pièce.

- Ron a raison, Harry, acquiesce une Hermione soucieuse, les mains cramponnées à sa baguette, je trouve étrange que Tu-Sais-Qui ait choisit cet endroit pour séquestrer ton parrain.

- Toute cette histoire sonne étrange, ajoute Neville. Nous aurions mieux fait d'aller directement parler aux membres de l'ordre. Je ne le sens vraiment pas, moi.

Sur cette dernière affirmation, Mélissa fait son entrée le plus doucement possible, les mains tendue devant son visage pour leur montrer qu'elle n'était pas venue en ennemie.

- Sacrebleu ! Sursaute Ginny tout en pointant sa baguette sur elle. Reconnaissant la nouvelle venue, Ginny hésite un instant, mais baisse sa baguette après avoir lu le visage ouvert de Mélissa. Fichtre, tu m'as foutu une de ces peurs, ne me fait plus jamais ça.

- Je suis désolé, s'excuse platement Mélissa à Ginny, qui avait carrément bondit en apercevant la nouvelle venue.

- Que fais tu ici ?

Harry lui pose la question avec inquiétude, toutes ses défenses levées comme une murale entre eux. Il fronce les sourcils, le menton avancé, en attente de sa réponse. Les autres semblent de leur part surtout surpris ou curieux, dans le cas de Ron, qui ne comprends déjà pas trop ce qu'il fait ici.

- Écoute, Harry, ce que je vais dire va sembler étrange et j'adorerais tout t'expliquer, mais le temps nous manque.

Sans baisser les bras, Mélissa avance d'un pas sans quitter Harry du regard. Elle lui sourit, mais elle se sent si craintive elle-même qu'elle est certaine que sa peur transparait sur son visage tendu.

- Tu as été trompé par vol… par Tu-Sais-Qui. Il voulait que tu viennes ici alors il a utilisé la connexion que vous partagez pour te faire croire que Sirius était emprisonné. C'est faux, Harry, Sirius est avec les membres de l'ordre, qui vont sans doute arriver bientôt.

- Quoi, attends-je ne comprends pas, mais de quoi tu parles ? Ça ne fait pas de sens.

- Regarde autour de toi, Harry, les sphères en cristal sont des prophéties, mais seules certaines personnes peuvent les regarder. Harry écoute, c'est impérial, hurle brusquement Mélissa en le voyant diriger son attention vers la gauche, tout à coup plus intéressé par les prophéties. Tu es ici parce qu'il veut une prophétie te concernant. C'est la seule raison. Il s'en vient, attroupé de Mangemorts, il faut déguerpir au plus vite ! Je t'en supplie, il faut quitter les lieux.

- Il y a une prophétie ici à mon nom ? Fut la seule réponse d'Harry, dont les traits trahissent une réelle confusion. Il me la faut, je ne partirai pas sans l'avoir.

- Mec, tu entends mal ou quoi, siffle Neville, s'il y une infime chance que les Mangemorts débarquent, je préfère courir le risque de me sauver en vitesse.

- Pas sans la prophétie, c'est trop important.

- On reviendra. S'il te plait, Harry, écoute-moi. Fais-moi confiance, je t'assure que dès qu'on va rejoindre Dumbledore, tout va s'éclaircir mais on manque de temps, ils vont arriver d'une minute à l'autre.

- Et tu dis que Sirius ne craint rien ?

- Je t'assure qu'il ne craint rien, il est en vie, sain et sauf avec les membres de l'ordre. Maintenant il faut partir. On va tous mourir si on ne se grouille pas.

- MAIN-TE-NANT

C'est la première fois que Ginny prend parole et son ton secoue Harry, qui zieute une dernière fois en direction des bibliothèques contenant les boules de cristal.

- D'accord, partons. Partons vite, mais tu me dois des explications.

- Je t'offrirai toutes les explications du monde, mais sortons de ce pétrin d'abord.

Tournant à gauche, le groupe se met à courir avec toute leur volonté, espérant trouver une cheminée au plus vite.

Leurs souffles, l'odeur de leur peur, le froid de leur sueur, leurs cheveux qui fouettent l'air ; tout se mélange en un cocktail de terreur et d'adrénaline électrisante. Mélissa pense soudainement à demander à l'un d'entre eux d'avertir l'ordre qu'ils allaient bien afin qu'ils ne se déplacent pas. Elle voulait empêcher toute possibilité que la soirée termine comme dans le livre, avec la mort de Sirius.

Sans briser son rythme, Neville lance un expecto patronum, qui les devance pour traverser le plafond. Ils atteignent enfin la cheminée, mais Ginny tourne brusquement la tête en entendant un bruit de transplanage derrière eux. Elle a déjà un pied dans la cheminée et elle n'a pas le temps d'hurler qu'Harry a la poudre de cheminette en main.

Lorsque son coup d'œil rapide lui confirme que tout le monde est dans la cheminée, il annonce « Poudlard ». Juste lorsqu'il fait le geste de jeter la poudre, Lucius apparait et saisit férocement l'épaule de Mélissa, l'attirant vite contre lui.

Le choc est douloureux pour elle, qui sent son épaule claquer. Tous ses muscles se tendent et elle hurle, hurle, hurle.

Médusé, Harry voit Mélissa, qui hurle comme un beau diable de l'autre coté du nuage de poudre, se faire retenir par l'homme qu'il détestait autant que son fils.

Il a à peine le temps d'ouvrir la bouche pour protester que la magie fait effet, transportant toute l'équipe d'étudiant aux portes sécures de l'école de la Magie.

Dumbledore, alerté par le Patronus de Neville, les attendait, accompagnée de tous les membres de l'ordre.

À la seconde qu'il atterrit, Harry, encore sonné par ce qu'il venait de voir, saute au cou de son parrain, soulagé au delà des mots. Il s'y accroche comme si sa vie en dépendait, inspirant profondément l'odeur devenue synonyme de famille.

Sirius, ne sachant pas encore la tenue de la situation, accepte cette étreinte spontanée avec un sourire attendrit, caressant les cheveux emmêlés, soulagé par ce contact agréable.

- Vous voilà enfin, encore deux minutes et nous venions malgré votre message ! Dumbledore leur sourit et aide Luna, qui avait trébuché en arrivant, à se relever.

Aucun n'ose répondre et c'est Ginny, en s'étouffant sur ses sanglots, qui brise le silence.

- Mademoiselle Weasley ? Qu'y a-t-il ? Êtes-vous blessée ?

- C'est la nouvelle étudiante, professeur. Mélissa, c'est elle qui est venue nous avertir que tout n'était qu'un piège et elle… elle était avec nous mais …

Devant l'état trop bouleversé de Neville, Luna enchaine.

- Tout s'est passé si vite. Nous avons couru aussi vite qu'on le pouvait et on croyait être seuls dans le hall, je ne sais pas comment il a fait pour arriver si vite.

- Qui, Miss Lovegood, qui est arrivé ? Mais répondez clairement par Merlin ! McGonagall se couvre aussitôt la bouche, honteuse d'avoir élevé ainsi la voix sur une élève.

- Je ne suis pas sure, mais je pense que c'était le père de Draco.

L'information fit l'effet d'une douche froide sur l'assemblée. Adultes comme étudiants prirent quelques secondes à encaisser la nouvelle. Severus se sent détaché devant la nouvelle, comme si le tsunami émotionnel allait prendre une seconde de plus à le détruire que pour les autres.

Une vive douleur le transperce néanmoins un instant plus tard, douleur qu'il aurait pensé plus grave encore face à la nouvelle. Le geste involontaire de sa main vers son avant bras lui fait soudainement réaliser que la douleur qu'il ressentait n'avait rien à voir avec le désespoir ou la terreur : le Lord l'appelait.

Sous cet appel opportun, Severus retombe le premier sur la terre ferme. Une vague d'angoisse traverse enfin son corps, lui mettant les pires images en tête. Pour se calmer, il se met à se répéter en boucle que tout allait bien se passer.

Sans succès.

À la place, il réalise que Mélissa avait été attrapée par un des Mangemorts les moins logiques et des plus spontanés.

- Le lord m'appelle, Dumbledore. J'imagine que cela a un rapport avec sa nouvelle… protégée disons.

- Allez vite, Severus et je sais que vos actions sont limitées, mais faites-en sorte que miss Tremblay s'en sorte indemne, elle est un atout crucial pour l'avenir du monde de la Magie.

- Elle est avant tout une jeune femme aussi désarmée qu'une moldue, sans doute terrorisée par ce qui va se passer. Il faut la sauver coute que soute, elle est notre responsabilité !

- Je pense être capable de saisir la gravité de la situation, Minerva et postillonner aussi vertement sur Albus ne va certainement pas ramener la jeune femme plus vite. Sur ce, j'y vais. Je vous contacte le plus vite possible.

Dans un tourbillon de tissu, Severus disparait, laissant tout derrière lui, se concentrant mentalement à l'avance sur ce qu'il allait devoir fermer les yeux dans les prochaines heures.

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- Severus. Comme il est agréable de voir que tu fais toujours partit des rares Mangemorts capable d'arrive à l'heure. Regarde, nous avons de la visite. Son uniforme me laisse croire que tu la connais sans doute déjà. Mélissa, c'est bien ça ma chérie ?

Severus doit faire preuve de tout son sang froid en entrant dans le manoir de Voldemort. Garder un visage placide est devenu aussi naturel que sa réelle attitude, mais ce n'est pas le problème que Severus rencontre en mettant le pied dans la pièce. Son premier regard intercepte le bout des doigts de Mélissa et ce bref aperçu tend son corps en entier, un signe qui allait vite le trahir s'il ne se raisonnait pas. Tout son être veut se précipiter à ses pieds, soutenir sa tête et lui murmurer que tout allait bien se passer. Il doit serrer les poings pour reprendre contenance.

Presqu'inconsciente, Mélissa est assise aux pieds du Lord, les paupières mi-closes et du sang sur le menton. Ils ont déjà commencé leur travail. D'une main baladeuse, Voldemort passe ses doigts dans les cheveux de Mélissa, visiblement fier du spectacle qu'il affiche.

Tu nous rejoins juste à temps, le plaisir ne fait que commencer.

Fin chapitre 11

J'espère que vous aimez ça, j'ai tellement hâte d'écrire le chapitre 12, je sens que les émotions vont être vives ! 3

À la semaine prochaine

xoxo

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