Nombre de mots: 2397


Stivy soupira. Devant lui, une Maru se plaignant, en sueur, et rechignant à faire le moindre exercice le traitait de tyran. Mais bon sang ! Il n'avait pas le choix ! Cette gamine n'avait que la peau sur les os, et peut-être, j'insiste sur le peut-être, un pourcent de graisse dans ses joues que le brun aimait pincer.

Alors, bien vite, endurcir cette gamine aussi bien physiquement que psychologiquement c'est montré obligatoire. Sinon, à la première occasion venue, l'ex marchant ne doutait pas que le chirurgien les jetterait à la flotte. Après tout, Maru n'était qu'une bonne à rien. De ses dix doigts, elle ne savait rien en tirer. Elle accumulait les gaffes sur le navire, et Stivy savait pertinemment que tôt ou tard, il ne pourrait pas en rattraper une. Depuis qu'il connaissait Maru, il dénombrait plus de défauts, que de qualités chez elle.

Mais coupant court à ses pensées, Stivy sortit de ses songes lorsqu'il entendu sa petite protégée lâcher brusquement les poids qu'elle avait en main. Puis, agacée et fatiguée, la jeune femme lui adressa un majeur levé avant de pivoter à quatre-vingt-dix degré et de se diriger vers la sortie de la salle d'entraînement. L'interpellant, Stivy ne reçut que l'information que l'entraînement prenait fin ici, et maintenant, pour aujourd'hui. Passant une main dans ses cheveux, le larbin s'avoua vaincu. Il n'était vraiment pas aidé avec cette gamine à la tête de mule !

Sortant à son tour de la salle d'entraînement, le jeune homme alla directement aux douches communes. Devant la porte, il y poirota une vingtaine de minutes, jusqu'à se que finalement sa petite protégée y sorte, et lui laisse la place.

Ainsi, après cette matinée devenue répétitif pour le brun, la journée s'enchaîna. Il retrouva son poste attribué, au sein des machines. Les autres mécaniciens l'avaient adopté, et ils le saluèrent gaiement. Stivy leur renvoya leurs bonjours joyeux et amicaux, avec autant d'entrain qu'à l'accoutumé. Ils discutèrent ensemble, réparèrent se qu'il y avait à réparer, jusqu'à l'heure du repas, où l'ex marchant y retrouva Maru, ayant été placée sous l'aile du cuisinier.

Parfois, si l'on arrivait quelques minutes en avance, on entendait le bonbon et Bonne Patte, surnom donné au cuistot, s'engueuler dans un vocabulaire très varié dans le domaine de la vulgarité. Les deux caractères bien trempés réunis durant plus d'une heure dans la même salle faisaient des étincelles.

Les hommes attablés, mis à part le capitaine, Ban posa lourdement sa marmite sur la table. Remonté comme à chaque midi, un sourire carnassier, Bonne Patte sermonnait Puppy, qui mains dans les poches de son pantalon bouffant fluo, l'ignorait royalement. Le show ayant débuté, les heart se servant copieusement, ne délaissèrent pas des yeux leur spectacle.

Les fourchettes pouvaient bien tracer leurs chemins jusqu'aux bouches des pirates, les mains passaient sel, poivre et pain, mais les mirettes fixaient Maru répondant sans gêne à son aîné.

Ban s'asseyant sur une chaise à son tour, écrasa se qu'il restait de sa cigarette dans un cendrier. Cigarette ayant passée le plus claire de son temps entre son index et majeur, au détriment de sa bouche (heureusement pour ses poumons).

Quand à Maru, heureuse que Daddy jeta l'éponge, elle se plaisait à appeler Ban Daddy, elle se retourna vers son petit auditoire n'ayant pas perdu une miette de sa précédente engueulade. Un sourire à la D sur les lèvres, saupoudré d'un peu de celui de leur capitaine, Maru agita ses petits doigts pansés devant leurs yeux captant le moindre détail.

-Tous morceaux de doigt trouvés dans vos assiettes reviennent au proprio ! Moi !

Plus loin, Daddy, une main sur le front, se demandait comment cette gamine réussissait à se blesser toutes les deux seconde. Un beau jour, ses plats allaient réellement voir apparaître un bout des doigts de cette gamine. Quand aux hearts, ils rigolèrent de bon coeur, alors que les plus impatients dirigèrent à la hâte leurs fourchettes vers leurs assiettes.

Pour se qui l'en était de Bepo, il dû apporter sa part à son capitaine, ne s'étant pas présenté. Enfin, aurait dû. Aujourd'hui, Maru était décidée à passer à l'action. Posant à plat une main sur la table, Maru sûre de rater sa cible, balança son couteau à travers la pièce. Elle ne s'était pas trompée, l'ustensile de cuisine se planta à au moins un mètre de Bepo. Mais cela suffit amplement pour que l'ours tourne de l'oeil.

Mais face à cette action, la salle se figea dans le temps. Il avait des fourchettes à mi-chemin jusqu'aux bouches, des filets de bave dégoulinants des mâchoires ouvertes, et surtout, des yeux braqués sur la rosée. Remonté, Ban se demanda qu'est qu'il put bien encore passer comme information entre les deux neurones de cette gamine écervelée chipant des pattes du pauvre Bepo l'assiette du capitaine.

A la porte, un clin d'oeil adressé au cuisinier, et Maru s'éclipsa tout en hurlant :

-Tu m'gronde plus tard Daddy! J'ai le room service de monsieur le capitaine à faire!

Pour toute réponse, Maru entendu son prénom être hurlé dans un accès de rage. Bien entendu, elle fit la sourde, et poursuivit sa route tout en songeant aux mauvais coups que le tyran des lieux lui avait faits.

Ses corvées étaient triplées, enfin, elle devrait inclure Stivy et Tim réduis en esclavage, et donc dire leurs corvées. Mais non, ses corvées effectuées à trois, avaient été triplées. Entre autre, la rosée avait eut un test, dont l'évaluateur fut le toubib lui-même. De ce combat visant à connaître ses compétences, elle en gardait encore des bleues.

Quand à la chambre froide...elle ne préférait plus y songer. Monsieur le bouché s'amusait à congeler des corps ?! Et ce point ne l'enchantait guère. Elle y fut allée une fois, et s'était la fois de trop. Une fois sortie, elle avait bien dû verser toutes les larmes de son corps contre le torse de Stivy, et cela, devant un Trafalgar Law froid et indifférant.

Enfin, tout cela pour dire que Maru passa son trajet à ressasser ses malheurs. Une fois devant la cabine de son capitaine, elle toqua à la porte. Elle entendu un entré froid et direct, et ne se pria pas pour obéir vivement à l'ordre.

Evoluant dans l'entre de la bête avec autant d'assurance qu'un canard boiteux, Maru sous le regard froid, et calculateur du ténébreux déposa le plateau sur son bureau. S'apprêtant à décocher quelques mots, prête mentalement pour tenter une discussion avec le glaçon, Maru fut coupée dans son élan.

-Sors.

...Pinky n'eut pas besoin qu'on le lui redise et détala comme un lapin, sous le regard amusé de Law, accompagné d'un sourire au coin.


Le chasseur blanc en compagnie de sa coéquipière Tashigi foulait de leurs pieds le sol de l'île Matryo. Ils avancèrent sans difficulté entre les habitants, s'écartant prestement devant le marine.

Une aura noire flottait autour de Smoker, étant très rancunier. Et depuis un moment, l'albinos méditait sur des pensées sombres, toutes dirigées vers une gamine s'étant jouée de la justice, et ayant coulé sa moto.

Arrivant devant un petit hôpital reconstruit dans une ancienne école, le chasseur blanc y entra sans plus attendre. Ses mains fourrées dans ses poches, il passa entre les lits de fortunes occupés par quelques agriculteurs, qui en voyant leurs champs brûler avait tenté de sauver les récoltes. Mais, se n'était pas pour ces citadins que le colonel était venu. Bien au contraire, il était là pour des collègues.

Arrivé dans une salle à part, séparée en deux par un rideau blanc, Smoker eut une courte entrevue avec le médecin chargé des survivants du CP8. Chose faite, le colonel fut invité à rejoindre Ron et Maxime.

L'ancien fan de lance-flamme offrit un regard en biais à son collège, se leva de son lit, et de sa main non brûlée, l'autre était couverte de bandages, serra celle du marine. Quand à Ron, peu stable sur la protège remplaçant sa jambe, il préféra attendre que leurs deux nouveaux visiteurs ne viennent à lui pour le saluer.

Par la suite, durant de longues minutes, l'atmosphère fut pesante pendant lesquelles seules des phrases appropriées aux circonstances ne furent échangées. Les habituelles navré de se qu'il vous arrive, la marine ne vous sera jamais assez reconnaissante pour vos sacrifices, et dans ce monde pourris, nous sommes la justice furent dites.

Et ces mots sonnèrent tels une défaite aux oreilles de Ron apportant inconsciemment, sa main où devait se trouver sa jambe droite. Mais il n'eut que le vide, aucune forme ne se referma sous ses doigts ne saisissant que le drap blanc qui le couvrait. Un picotement inexistant lui remonta de nouveau le corps, la sensation d'une brûlure pourtant ancienne au niveau de son moignon. L'agent du CP8 souffla par le nez, ferma les yeux, et revu derrière ses paupières closes, dans plusieurs flashs, ce pan de mur s'écrouler sur lui. Ses réflexes aiguisés lui ayant sauvé la vie, ne purent malheureusement pas le faire en entier. Derrière lui, sa jambe resta sous les décombres.

De nouveau, la désagréable brûlure d'un membre absent trompa son esprit, et lui fit reprendre pieds avec la réalité. La retraite...ô que non. Il comptait bien un jour, tout comme Maxime, se venger de cette gamine ressemblant à un bonbon.

Mais coupant court à ses pensées, la porte de la salle claqua. Les membres de la justice se retournèrent tous d'un bloque, et tandis que leurs oreilles captèrent les réprimandes d'un médecin, ils virent débarquer Lilith.

En voyant la jeune femme, Tashigi apporta ses mains à sa bouche. La mauve était méconnaissable. Qu'elle soit encore en vie ressortait du miracle. Elle était défigurée à vie, sa peau était rougie, et tirée sur les quatre-vingts cinq pourcent de son corps. Sa tignasse mauve autrefois épaisse avait été rasée.

Mais sans sourciller devant le choque qu'elle provoqua chez Tashigi, dans sa blouse de patiente, elle renvoya balader le médecin prenant soin d'elle. S'approchant d'une démarche assurée jusqu'au chasseur blanc, Lilitn n'alla pas par quatre chemins, et lui demanda de suite d'entrer dans ses rangs. Elle avait une vengeance à prendre sur cette morveuse l'ayant humilié. Sa fierté en avait prit un coup, elle comptait bien se redorer à l'aide du sang de cet insecte, qui coulerait sur ses mains.

Plus question de jouer, plus question de prendre son temps. Son petit programme était déjà ficelé, Maru ne lui échapperait pas de nouveau. Et en l'observant, Ron sentit sa brûlure imagée s'estomper. Pourquoi ? Voir cette démence briller dans les yeux d'autrui, dont le sort était pire que le sien, apaisait ses peines. L'élevait plus haut que Lilith, il en était là humain. Admirant la douleur d'un autre, pour que ses propres plaies guérissent plus vite. Il ne pouvait que plonger dans ses sombres cotés, pour apaiser ses peines.

Coulant un regard vers Maxime, il s'entendirent sur un point. Avec certitude, ils ne suivraient pas cette dégénérée, alors que Smoker acceptait d'intégrer dans ses rangs Lilith, souriant au coin.


-Comment ça dégage?!

Sur les quais de l'île suivant celle des zombis, Maru affrontait du regard le chirurgien de la mort appuyé contre la barrière blanche de son navire.

Deux semaines?! Deux semaines qu'il devait supporter cette gamine, il avait hâte de s'en débarrasser. Son équipage derrière lui était lessivé. Cette tête rose avait manqué de les couler cinq fois ?! Et si Maru était encore en un seul morceau, s'était uniquement grâce à Stivy ayant été une perle, réparant avec efficacité toutes les bavures de sa petite protégée. Et cette efficacité lui causait aussi du tord, car conséquence, le brun se retrouvait enrôlé de force par le chirurgien ne voulant pas laisser pareil personne derrière lui.

Maru quand à elle, assurait le show. Bien décidée à ne pas être laissée derrière, elle étalait tout son joli vocabulaire. Autour d'elle, les habitants de la petite île observèrent ce phénomène, tout en couvrant les oreilles des plus jeunes. Pour sa part, Law tourna le dos à Pink Puppy, trouvant qu'il avait largement donné de son précieux temps.

Mais le toubib s'y attendant, fit face à son équipage. Un sourire narquois naquit sur ses lèvres, alors qu'il observa ses hommes, tout en s'interrogeant sur qui ferait le premier pas. Et sans surprise, se fut son cuisinier qui contredit sa décision, et fut vite suivit par Shachi et Penguin. Cette « petite mutinerie » se poursuivit, or le toubib avait déjà fait son choix.

Un regard par dessus une de ses épaules, et Law s'adressa à Maru dont le coeur se gonflait d'un sentiment indescriptible en voyant les hearts prendre sa défense. Le sourire énigmatique de son capitaine attira son attention, alors qu'elle gravait les paroles du médecin dans ses pensées, dans la petite boite bien surveillée, et à ne jamais oublié. Cette petite boite était nommée : souvenirs précieux.

-Gamine, va me tatouer mon emblème.

La langue pendue du chiot revint, tandis que la petite boite se dit qu'enfin, elle allait pouvoir se remplir de beaux moments.

-Hey ! Ô ! Monsieur le capitaine, ô mon bon m'sieur, le fait comment ton tatoo sans un sous en poche?

-Ca, s'est le cadet de mes soucis, rétorqua Law tout en regagnant les entrailles de son navire. Après tout il avait mieux à faire, comme trouver une punition collective à son équipage.

Quand à Pen et Shachi, ils lâchèrent Stivy, un peu penaud devant la drôle de tournure de la situation, et déboulèrent aux côtés de Maru. Quelques berrys en poche, bras par dessus les épaules de leur nouvelle nakama, les deux hommes l'accompagnèrent dans sa quête pour trouver un tatoueur.

Quand à Maru, une larme solitaire roula sur sa joue. L'orpheline avait trouvé une maison, l'orpheline était adoptée par les hearts.


Une petite review? ^^