CLARKE POV
Je me réveillai, comme tous les matins depuis un mois, dans les bras de Lexa. Pour une fois, elle dormait encore. Ce qui était rare car habituellement elle était réveillée et me regardai dormir le sourire aux lèvres. Je souris à mon tour. Cette fois c'était à moi de la regarder dormir. Elle paraissait si paisible. Elle n'avait plus rien de la Commandante, froide et sans cœur.
Durant ces quatre dernières semaines, j'avais vécu comme dans un rêve. J'avais complètement oublié la trahison de Lexa, Mais oui ! C'est ça ! Et moi je suis reine ? Se moqua la voix dans ma tête. Je tentai de la faire mais en vain, elle avait décidé de s'exprimer. Tu essayes de convaincre tout le monde, même toi, que tu as pardonné à Lexa et que maintenant tout va aller pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Mais qui tentes-tu de convaincre ? Toi ou les autres ? Allez avoue ! Au fond tu n'as pas oublié du tout ! Tu l'as même encore bien en travers de la gorge hein ! Et tu t'attends même à ce qu'elle te refasse un coup foireux hein ? Je la fis taire en lui lançant un oreiller. Non je ne suis pas folle ! C'est juste que lorsque j'entre en débat avec ma conscience, ma voix intérieure, appelez ça comme vous voulez, je la vois littéralement se tenir devant moi et sa voix résonne dans ma tête. C'est comme mon reflet mais sans miroir.
Du fait de mon mouvement brusque, j'avais réveillé Lexa.
"Clarke... Grogna-t-elle, qu'est ce qui se passe ?
- Juste un faux mouvement désolée, dis-je en essayant de paraître crédible
- Mmmm, répondit-elle en se retournant et en cachant sa tête sous l'oreiller, tu m'as réveillée
- Désolée... M'excusai-je
- Et Clarke ! Je blague ! Ri-t-elle
- Ah parce que tu as de l'humour toi maintenant ? La taquinai-je
- Évidemment !"
J'allais répondre lorsqu'un "HEDA !" retentit à l'extérieur. Lexa me fit un sourire désolé, d'un air de dire "Il faut que j'y aille". Elle se leva, s'habilla rapidement, m'embrassa tout aussi rapidement et sortit. Je ne protestai pas. C'était comme ça presque tous les matins. On se réveillait, on discutait et il y avait toujours quelque chose qui la poussait à s'en aller, quoi que ce matin c'était vraiment tôt. Moi, handicapée que j'étais, j'avais interdiction de bouger. Non pas que je n'ai pas essayé, mais bien évidemment Lexa avait prévu le coup et avait placé deux gardes devant la porte prêts à me clouer au lit si jamais je ne mettais ne serait-ce qu'un orteil en dehors de la tente. De toute façon ma jambe me faisait encore trop souffrir pour que je puisse gambader. Bien que depuis ces derniers jours cela s'était nettement amélioré. Ma mère avait laissé un talkie-walkie afin de pouvoir suivre mon état. Mon œil oui ! Elle veut surtout me surveiller ! Je la soupçonnais même d'avoir demandé à Raven de le régler de telle façon qu'il soit en permanence sur écoute. Dans le doute j'avais demandé à Lexa de le conserver en dehors de la tente.
Je m'assis sur le lit et comme tous les matins j'inspectai mes blessures. Les coupures avaient toutes cicatrisées et certaines commençaient même à disparaître. Je bougeai ma jambe pru-demment et à ma grande surprise je parvins à la déplier complètement et quasiment sans dou-leur. Je tâtai ma côte, celle-ci me faisait encore quelque peu souffrir mais rien d'insupportable. Toute excitée, je tentai de me mettre debout, opération d'habitude très périlleuse se terminant souvent par une chute magistrale sur le sol. Je me levai prudemment, sans prendre appui sur ma jambe gauche. Une fois debout je posai mon pied gauche et répartis lentement mon poids du corps sur les deux jambes. Et là miracle ! Je parvenais à tenir debout ! Et la douleur était plus que supportable : un simple petit élancement de rien du tout ! Si ta mère était là... Commença ma conscience. Mais je ne la laissai pas finir. Je pouvais marcher ! Enfin ! J'allais pouvoir sortir de cette tente ! Je m'habillai rapidement et m'apprêtais à sortir lorsqu'Octavia rentra, le sourire aux lèvres. Elle avait quasiment fini de récupérer et ses ecchymoses n'étaient plus qu'un mauvais souvenir.
"Hey ! lança-t-elle
- Hey ! Répondis-je
- Comm...commença-t-elle, mais elle s'arrêta lorsqu'elle remarqua que j'étais debout au lieu d'être couchée. Qu'est-ce que tu fais debout ?
- Hum... Je m'apprêtais à sortir...
- Mais... Et ta jambe ?
- Guérie !
- Clarke... Tu ne...
- Je ne rien du tout O', la coupai-je, ça fait un mois que je suis reste cloitrée dans mon lit toute la journée ! Alors maintenant que je peux marcher si tu crois que je vais m'en passer !
- Mais Clarke...
- Pas de mais ! S'il faut je t'assomme pour que tu me laisses sortir !
- Ah Ah Ah ! Explosa-t-elle de rire. Comme si tu pouvais me battre ! Bon puisque ton entêtement légendaire n'a apparemment pas disparu durant ces dernières semaines je te laisse sortir.
- Tu vois quand tu veux! Me moquai-je.
- MAIS ! Je viens avec toi ! Je veux assister au retour de l'homme, enfin la femme, des cavernes, à la civilisation !
- Femme des cavernes toi-même ! Allez viens !"
Nous sortîmes donc. Je marchai lentement. Je tenais debout certes mais je ne galopais pas encore. Je redécouvris le camp comme si c'était la première fois. Savourant chaque son, chaque odeur. Tu veux pas te rouler par terre non plus ? Pour sentir la terre. Se moqua ma conscience. Je continuai sans m'en préoccuper. Octavia m'observait. D'un côté riant de me voir ébahie devant quelque chose de naturel et de l'autre scrutant chacun de mes gestes avec précision pour être sûre que j'aille réellement bien.
Je cherchais Lexa du regard. Je ne la trouvais pas. J'interrogeais Octavia, mais elle n'en savait pas plus. J'attrapai un garde au hasard et lui posais la question.
"Elle est à l'infirmerie il me semble. Avec la fille blessée." Me répondit-il
La fille blessée ? Quelle fille blessée ? Je remerciai rapidement le garde et allai à l'infirmerie. Suivie de loin par Octavia.
J'entrai et vis Lexa de dos. Elle était penchée au-dessus de quelqu'un. Je me décalai pour voir. Effectivement c'était une fille. Elle avait de longs cheveux blonds presque blancs. Ils étaient magnifiques. En observant plus attentivement je remarquai le sang son séché sur son front. Elle avait les yeux fermés. Était-elle morte ?
"Lexa ? "Appelai-je doucement
Elle retourna, lentement. Très lentement. Trop lentement. Son regard croisa le mien. Une dé-charge électrique me traversa. Son regard... Je ne l'avais vue comme ça. Elle qui portait toujours un masque de self-control infranchissable. Elle paraissait abattue. Brisée. Dévastée. La lueur dans son regard s'était éteinte.
"Clarke ? Demanda-t-elle d'une voix que je ne connaissais pas. Qu... Qu'est-ce que tu fais ici ? Pourquoi tu n'es pas couchée ?
- Ma jambe va beaucoup mieux ! Annonçai-je. Et je voulais te le montrer. Mais comme tu l'air occupé je vais y aller"
Elle me fixa. J'attendais qu'elle me dise que non elle voulait que je reste. Qu'elle était heureuse que j'aille mieux. Que maintenant on allait pouvoir passer plus de temps ensemble. Mais elle ne dit rien de tout ça.
"Oui s'il te plait. Je te retrouve ce soir. " Me répondit-elle sur ton plus que froid. PARDON ? S'insurgea ma conscience. Déjà que je l'aime pas celle-là !
Ce fut comme si un énorme poids s'abattait sur ma tête. Comme si on me plongeait la tête sous l'eau en m'empêchant de sortir. J'avais du mal à respirer. Mais je ne dis rien. Je me contentai de détourner les talons. Je n'accordai même pas un regard à Octavia. Je marchais droit jusqu'à la tente. J'aurais aimé courir mais malheureusement je ne pouvais pas. J'entendais Octavia qui me rattrapait et qui me harcelait de question mais je n'écoutais pas. Je rentrai dans la tente et me ruai sur le lit et m'enfouis sous les draps. Octavia tenta de me faire parler mais lorsqu'elle com-prit que je ne parlerais pas elle sortit.
Je restai dans la même position toute la journée. Recroquevillée sur moi-même. Je n'arrivais pas à penser. Mon esprit était vide. Complètement vide. Je ne voulais pas pleurer. Mais au bout d'un moment mes yeux s'humidifièrent et des larmes roulèrent sur mes joues.
Dans la soirée, Lexa rentra. Je ne bougeai pas. Je m'attendais à ce qu'elle parle. À ce qu'elle s'excuse. Mais elle n'en fit rien. Elle se contenta de se glisser dans les draps et de me tourner le dos.
LEXA POV
Je me réveillais tous les matins aux côtés de Clarke. Je vivais sur un petit nuage. Même si nous n'avions jamais beaucoup de temps je savourais chacun de ces instants.
Mais ce matin nous avions à peine eu le temps d'échanger quelques mots. Un de mes guerriers m'avait appelée en urgence. J'étais partie rapidement.
Je l'avais rejoint et lui avait demandé de me briefer sur la situation. Il m'a expliqué qu'une jeune fille était arrivée seule, à cheval et grièvement blessée.
Je l'avais suivie jusqu'à l'infirmière où elle avait été transportée. On m'avait guidée jusqu'à elle.
Lorsque je l'ai vue la terre s'est arrêtée de tourner. Cette fille ressemblait comme deux gouttes d'eau à Costia. Elle avait les mêmes cheveux blonds presque blancs et ce visage ovale. Contrai-rement à Costia, celui-ci était constellé de tâches rousseurs. Je ne savais plus quoi penser. J'étais perdue complètement perdue. Costia...Cette fille... Costia...Ce visage... Costia... Pourquoi ? Cela faisait remonter tellement de souvenirs. Nyko s'occupa d'elle. Il dit qu'elle allait s'en sortir. Costia pourquoi m'as tu abandonnée ? Je hochai la tête, sans trop vraiment écouter. J'étais ailleurs. Je pensais à elle. Dans la matinée, j'entendis quelqu'un rentrer à l'infirmerie.
"Lexa ?" Entendis-je
Non non non pas cette voix. Pas maintenant. Je ne voulais pas. Non je ne pouvais pas voir Clarke maintenant. C'était trop. Je mélangeais tout. Je voulais disparaître. Ne plus ressentir. Ne plus ressentir cette douleur qui me vrillait la poitrine. Alors je lui ai répondu sur un ton que je ne connaissais pas. Et lorsqu'elle a proposé de s'en aller, je l'ai encouragée. Son regard, la lueur dans ses yeux à ce moment n'a fait qu'accentuer la douleur dans ma poitrine. Je voulais lui courir après. Lui dire que j'étais désolée. Que c'était à cause de cette fille. Mais je n'en fis rien. J'étais comme figée. Incapable de bouger.
Je passai ma journée au chevet de cette fille. Lorsque je pénétrais dans ma tente, je trouvais Clarke emmitouflée dans les draps en position fœtale. Cette vision acheva de me briser le cœur. Je ne parlais pas pour autant. Je me contentai de me glisser dans les draps. En silence. Je ne pouvais pas parler. Les mots restaient coincés dans ma gorge.
CLARKE POV
Je me réveillai frigorifiée, seule. Lexa était déjà partie. Tu vois ? Je te l'avais dit... Ricana ma conscience. Je n'avais même pas la force de la faire taire. Je peinais encore à comprendre ce qui s'était passé la veille. Tout allait si bien. Et puis là d'un coup, plus rien.
Je décidai de me lever. Pas question de rester encore une journée à me morfondre dans mon lit. Je me levai et m'habillai. Ma jambe était un peu engourdie mais je parvenais tout de même à m'appuyer dessus. Je sortis de la tente.
Dehors, j'errais sans but. Je fis plusieurs fois le tour du camp sans trop savoir pourquoi. Les Terriens me regardaient d'un œil étrange. Je ne leur en tenais pas rigueur : je devais avoir une mine épouvantable. Je finis par me diriger vers la porte Sud. Elle était souvent déserte et je ne demandais pas mieux. Je m'assis sur une pierre et attendis. Quoi ? Je n'en savais rien. Sans doute que le temps passe. Où qu'Octavia débarque en hurlant qu'elle me cherchait partout et qu'elle était morte de trouille et que j'étais complétement inconsciente. Je souris à cette idée. Oui c'était surement ce qui allait se passer.
Lorsque j'entendis des pas dans la fin de matinée, je me retournai, m'attendant à trouver Octa-via, fulminant de rage. Mais au lieu de ça, je tombais nez à nez avec Lexa. Je reculai, surprise. Elle était différente d'hier. Elle n'avait plus son air dévasté de la veille. Ou du moins il était beaucoup moins présent. Je ne parvenais pas à déterminer son état.
LEXA POV
Je m'en voulais tellement. Chaque fois que je repensais à ma réaction avec Clarke, j'avais envie de me gifler. Pourquoi avais-je agi de la sorte ? Il aurait suffi de lui expliquer la situation. Cela faisait près d'une heure que je la cherchais. Je devais lui parler. Lui expliquer. Le matin même, j'étais partie avant qu'elle ne se réveille, je ne pouvais pas affronter son regard, pas comme ça. Je devais d'abord réfléchir. La fille s'était réveillée dans la matinée. Elle s'appelait Carla. Ce n'est pas Costia. Costia est morte. Elle ne se souvenait pas vraiment de ce qui s'était passé mais sa famille avait été attaquée par des gens dont elle ignorait l'identité. Ils avaient massacré sa famille et avaient l'avoir aussi mais elle avait réussi à s'échapper à temps pour échouer ici. Elle était encore très faible mais sa vie n'était plus en danger.
Lorsque j'avais été sûre qu'elle était entre de bonnes mains je m'étais lancée à la recherche de Clarke. J'avais fini par la trouver. Assise sur une pierre non loin de la porte Sud. Je m'avançai lentement vers elle mais elle dû m'entendre car elle se retourna. Le regard qu'elle me lança me fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Il était froid et empreint d'une profonde déception.
"Clarke... Commençai-je
- Tu es encore venue me dire de m'en aller ? Répondit-elle sur un ton agressif
- Non, non je voulais... T'excuser Lexa, t'excuser ! Ce n'est pas bien compliqué tout de même !
- Je vois bien que ma présence t'est inconfortable ! Ne t'en fais pas je m'en vais !"
Elle se leva et me dépassa. Mais je la retins par le bras.
"Clarke ! Attends ! Écoute-moi ! S'il te plaît !
- Qu'est ce que tu veux ? Soupira-t-elle. Vas-y je t'écoute.
- Ce qui s'est passé hier. Je suis désolée. Je ne voulais pas réagir de la sorte. C'est juste que... cette fille, Carla, m'a rappelée tellement de souvenirs ! Je la vis se crisper à l'évocation de Carla.
- Quels souvenirs Lexa ? Qui-est-ce ?
- Ce n'est personne, je ne l'avais jamais vue avant hier. Mais...
- Alors de quels souvenirs parles-tu ? Me coupa-t-elle
- Je n'avais jamais vu Carla, c'est vrai. Mais j'avais déjà vu son visage. C'est... C'est le même que celui de Costia. Elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau !"
Clarke laissa échapper un "oh" de stupeur. Elle se couvrit la bouche des mains. Elle comprenait à présent mon attitude, ou du moins commençait à comprendre. Je vis plusieurs émotions passer sur son visage. La tristesse, le regret.
"Je... Je suis désolée Lexa... Je ne savais pas...
- C'est moi qui suis désolée Clarke, je n'aurais pas dû t'ignorer de la sorte. J'aurais dû t'expliquer. Lexa qui s'excuse ? Plaisanta ma conscience C'est une première !
- Je te pardonne, murmura Clarke
- Merci. Durant les prochains jours je vais être souvent avec Carla, elle a été attaquée et nous avons besoin de découvrir qui est l'auteur.
- Pas de problème je comprends, me répondit-elle en souriant mais je vis bien que même si elle comprenait il y avait quand même un problème
Je hochai la tête en souriant. Mon coeur s'était allégé. Je n'aurais pas pu supporter son regard déçu plus longtemps. Qu'est-ce que me fait cette fille bon sang ? Il y a encore quelques temps je n'en aurais rien eu à faire du regard qu'elle pouvait porter sur moi. Nous restâmes face à face sans rien dire. Puis finalement je m'avançai vers elle et effleurai doucement ses lèvres des miennes. Puis je m'écartai en souriant et repartis vers le camp.
CLARKE POV
Lexa était venue s'excuser. J'avais enfin compris l'origine de son comportement. Cela avait dû être horrible pour elle de voir débarquer comme le fantôme de Costia. Mais pourquoi n'en avait-elle pas parlé plus tôt ? Je ne parvenais pas à comprendre.
Nous avons repris notre routine habituelle, comme au début. Non pas comme au début. Rien n'était pareil. Je me mentais à moi-même. Faisant comme si je ne voyais rien. Me persuadant que ce n'était rien.
Lexa n'était plus jamais là lorsque je me réveillai. Elle était toujours partie voir Carla. Et lorsque celle-ci avait commencé à aller mieux, Lexa se levait aux aurores pour la retrouver et parler de son attaque. Elles en discutaient toute la journée et Lexa rentrait tard le soir. Et lorsqu'elle n'était pas à avec Carla elle devait remplir son rôle de commandante. Nous n'échangions plus que de simples banalités. Et quand il nous arrivait d'avoir une vraie conversation, Lexa n'avait que Carla à la bouche.
Je pleurais silencieusement. Lorsqu'elle ne me voyait pas. Mais pas question de lui en parler. Elle prendrait ça pour une faiblesse. Et puis après tout elle avait le droit d'avoir des amies non ? Amie qui est le portrait craché de son ancienne copine décédée... Chuchota ma conscience. Et alors ? Ça ne voulait rien dire, si ?
Je passai les deux semaines suivantes à me poser cette question. Hésitant tous les soirs à aborder le sujet avec Lexa. Devais-je réellement lui en parler ? Le prendrait-elle mal ? J'en avais discuté avec Octavia. Elle, bien-sûr, était d'avis que je mette mon poing dans la tête de Carla en lui ordonnant de quitter le camp. Mais je préférais de loin ma méthode. Et puis un soir je me décidai.
J'attendais dans la tente. Assise sur le lit. Il était déjà tard et Lexa n'était toujours pas rentrée. Elle devait être en réunion avec le conseil. En ce comment son rôle de commandante lui prenait beaucoup de temps. Non Clarke... La réunion c'était hier. Aujourd'hui elle était avec Carla. En réfléchissant je me souvins qu'effectivement la réunion était la veille. Qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre autant de temps ?
Quelque peu inquiète je décidai de partir à sa recherche.
Dehors, la nuit tombait. J'allais d'abord à l'infirmerie. Je rentrai et trouvai l'endroit désert.
"Lexa ?"
Pas de réponse. Elle doit être ailleurs. Je ressortis et réfléchis. Où pouvait-elle être ? Je pensais à la salle du conseil. Je traversais le camp et rentrai dans le bâtiment en ruines. Là encore j'ap-pelais Lexa. Toujours aucune réponse. Je pensais alors la porte Sud. Je sortis en courant du bâtiment et y allai. Mais comme précédemment, Lexa n'y était pas.
Découragée, je fis demi-tour en direction de la tente. Je croisais quelques Terriens qui me sou-haitèrent bonne nuit. Je leur répondis par un sourire. Pour rentrer je passai devant l'infirmerie. J'allais la dépasser lorsque j'entendis un bruit. Je reculai et passai ma tête dans l'embrasure de la porte.
Je me figeais sur place. J'eus l'impression que l'on venait de me verser un seau d'eau glacée sur la tête. Non non non ce n'est pas possible ! Je clignais des yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Rien à faire. L'image ne disparaissait pas. J'avais l'impression que quelqu'un me plantait des agrafes dans le cœur puis les retirait une à une.
