Et oui c'est moi et avec un jour d'avance en plus, ne suis je pas extremement gentille ? =)

Comme je vous l'ai dit au chapitre précédent, je n'ai plus d'avance sur cette fic ( enfin un tout petit chapitre c'est tout ) et même si on pourrait croire qu'avec l'arrivée des vacances ( à la fin de la semaine pour moi -_- ) j'aurais plus de temps c'est tout le contraire en faite, donc j'essaierais quand meme de maintenir le rythme à un chapitre par semaine mais je ne garantie rien ...

Sinon sachez que toutes vos reviews me font très plaisir, j'adore recevoir un nouveau mail m'informant d'une nouvelle review ( je suppose que c'est pareil pour tout le monde non ? ^^ ) Donc comme d'habitude un grand merci à mes fidèles lectrices : Althea54, mymiss, Elayna Black, fanfantasy07, Atchoum16, Caramelise et Valabo !

Dans ce chapitre un grand changement par rapport à la première version quant à la lycanthropie de Rémus, et là vous vous dites que comme je suis une grande sadique Cassie aura du mal à accepter ... Et bien ... vous verrez Mouahaha ! Bonne lecture ^_^


Réunion du 8 Janvier 1985

Sujet : Tournoi de quiddich interécole

Nom des professeurs Responsables : ,

Organisateurs : Teddy Smith, Edward McNair

Personnes concernées : Vincent Bullstrom, Christopher Emerson, Irina Grey, Cassiopée Black

Motif : Trouver des activités en vue du tournoi qui opposera Poudlard à l'institut magique de Salem. Organiser le bal qui suivra la rencontre. Prévoir des lieux pour accueillir les arrivants.

Ps : Pour les autres préfets prière de communiquer vos idées à l'un des préfets cités ci-dessus qui les défendra.


J'avais reçu cette lettre à la veille de la rentrée. Personnellement ce tournoi était le moindre de mes soucis. Si je n'avais pas été élu délégué des Gryffondors je crois même que je n'y aurais prêté aucune attention. J'avais mieux à faire que de m'occuper d'un bal stupide, quant aux activités je me doutais déjà que le club de supporter de chaque maison voudrait faire des banderoles à l'effigie de leur couleurs. Ce qui de toute manière serait stupide, puisque seul les meilleurs de chaque équipe seraient sélectionnés et porterait les couleurs de Poudlard, un mélange exquis de bleu, vert, jaune et rouge. Je n'osais imaginer à quoi ressemblerait les tenues de quiddich, d'autant plus que McGonagall en avait la charge. Les derniers jours de vacance j'avais essayé de faire comme si de rien n'était, de rire devant mes amis mais le cœur n'y était vraiment pas. Je tentais d'oublier Rémus de toute mes forces mais le moins que l'on puisse dire c'est que mes tentatives restaient vaines.

J'allais le revoir, dans quelques heures quand je serais à Poudlard je reverrais son visage. Je ne savais pas très bien comment j'allais surmonter ça, le mieux était de jouer l'indifférence, j'y étais parvenu la première fois, pourquoi pas une seconde ? Alors que j'étais totalement perdu dans mes pensées la porte du compartiment s'ouvrit. Une délégation de plusieurs filles s'engouffra à l'intérieur de la cabine alors que Victoria les accueillait avec un grand sourire. Il est vrai que nous avions tendance à passer le plus clair de notre temps tous les trois, mais nous avions quand même des amis en dehors des Gryffondors. Bien entendu je savais parfaitement qui elles étaient, puisque toute en septième année, mais je me demandais ce qu'elles faisaient là. Certes, de temps en temps j'avais l'habitude de passer un peu de temps avec Sarah Capland et Bianca Thomas à l'occasion des cours d'histoire de la magie. Deux Serdaigles que j'appréciais plus que les autres mais je ne voyais pas ce que les autres pouvaient bien faire là. C'est vrai-je n'avais pas vraiment d'affinité avec le reste des filles ici présente, elles étaient pour la plupart superficielle et je ne voyais pas vraiment ce que j'aurais à leur dire.

- Bonjour Cassiopée

La voix mélodieuse et toute en aigue de Elana Peterson me sortit de ma transe. Je pense bien que c'était la première fois que cette Poufsouffle m'adressait la parole. Et je me doutais que ce n'était pas vraiment bon signe.

- Sans vouloir paraitre ingrate, je peux savoir ce que vous faites toutes là ? Demandais-je intriguée

- Nous avons une requête à te soumettre

- Une requête ? Quel genre de requête ?

- Nous voudrions que tu soutiennes notre projet auprès des préfets en chef pour le tournoi de quiddich

- Mais si je ne m'abuse Irina est avec vous, et elle est tout autant délégué que moi

- Oui seulement moi, je n'arriverais pas à les convaincre aussi bien que toi

Je me demandais si j'avais vraiment le choix. Elles avaient toute l'air déterminée, et je ne sais pas si c'était déjà arrivé à quelqu'un de se retrouver devant une meute de dix filles mais c'était assez terrifiant.

- Je crois que vous vous méprenez sur mon compte

- Au contraire, tu es notre meilleur espoir. Tu es la sœur de l'un des professeurs responsables, la petite amie de l'un des préfets en chef. Sans compter que tu es l'une des meilleures élèves de notre promotion.

Le pire c'est qu'elles y avaient bien réfléchi. A quoi bon essayer de refuser j'étais persuadée qu'elles avaient prévu des réponses à chaque argument que je fournirais.

- Quel Est-ce projet au juste ?

- Je suis tellement contente que tu acceptes !

- Mais je n'ai jamais dit que …

- Avec toi dans notre camp on ne peut que réussir

- Mais arrêtez je …

- Tu sais Cassiopée je pense qu'elle ne t'écoute déjà plus

En effet, comme me l'avait suggéré Alexandre, les filles bavardaient désormais entre elles. Visiblement Elana était en quelque sorte le chef du groupe alors qu'Irina et Sarah semblaient être ses bras droits. Apparemment j'allais devoir défendre un projet, qui je ne le doutais pas me déplairait, et cette perspective n'était pas pour me réjouir.

- Excusez moi mais pour défendre votre idée, il faudrait peut être que je sache ce que c'est

Elana s'est retournée, faisant virevolter ses cheveux châtains dans un mouvement fluide et rapide. J'eus l'impression qu'elle me jaugeait du regard, examinant mon jean ainsi que mon tee-shirt avant de se mettre à lisser un pli imaginaire sur sa mini jupe.

- Nous avons prévu d'encourager nos joueurs en constituant une équipe de pom-pom-girl

- Pompom quoi ? Demandais-je perplexe

Au vue de mon air déconfit, Elana parut surprise. A côté de moi Victoria et Alexandre se tordaient de rire et je devinais aisément qu'ils ne devaient pas ignorer ce que ça signifiait. Dans quoi m'étais je embarquée ? Lorsqu'elle se décida à m'expliquer de quoi il s'agissait, les rires de mes amis redoublèrent d'intensité en voyant la tête que je faisais. Je n'allais sérieusement pas défendre cette idée ? Je n'osais imaginer ce qui se passerait si ce projet était accepté. Je voyais déjà le défilé de filles toutes plus vulgaires les unes que les autres se présenter pour faire encore plus parler d'elles. Il était certain que les garçons aux hormones en furie allaient fortement apprécier de voir des filles s'exhiber en mini jupe en faisant des mouvements lascifs, mais Est-ce que cette discipline était vraiment autorisée au moins ? Parce que tel qu'elle m'avait été décrite j'avais l'impression qu'il s'agissait plus d'exhibition que de spectacle au sens propre du terme.

Pourtant malgré toutes mes protestations visiblement je ne pouvais refuser. C'était bien ma vaine d'être la sœur de Sirius, comme si Dumbledore n'aurait pas pu prendre la responsabilité de choisir lui-même les activités qui seraient présentées. Devant le regard noir que me lancèrent plusieurs filles quand je suggérais de peut être s'habiller un peu plus chaudement j'en déduisis que la réponse était non. Et croyez moi mieux valait ne pas provoquer leur colère au risque d'en subir les conséquences, et autant vous dire que toutes ensembles elles pouvaient se montrer redoutable. Je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais pouvoir dire à McGonagall et même aux autres puisque à moi-même ce projet me paraissait totalement insensé. Elles finirent par s'en aller au moment où le train arrivait à destination. Nous avions à peine eu le temps de passer nos uniformes que déjà les calèches nous conduisaient à l'intérieur du château. De temps en temps je voyais Alexandre esquissait un sourire en me regardant et je ne doutais pas qu'il devait être en train de m'imaginer en pom-pom-girl, ce qui était bien sûr totalement proscrit.

En arrivant dans le hall, j'aperçus Teddy qui venait dans ma direction. Dire que pendant les vacances je l'avais totalement oublié. Pas une seule fois je n'avais pensé à lui, et en me remémorant ce que j'avais fait pendant son absence je sentis mon estomac se nouait. J'avais été en dessous de tout, c'était un gentil garçon après tout, et moi je l'avais trompé de la pire façon qu'il soit. J'avais l'intention de rompre, de toute façon je ne voyais pas très bien ce que je pouvais faire d'autre. Teddy était presque arrivé à ma hauteur quand Sirius accompagnait de Rémus descendirent les marches visiblement pour rejoindre la Grande Salle à leur tour. Il ne me lâchait pas du regard et la couleur doré ses yeux faillit me faire flancher. Tout était revenu d'un coup, ses baisers, ses paroles, sa façon de me toucher, de me regarder, j'avais l'impression qu'on venait de m'asséner un nouveau coup de poignard en plein cœur. Je l'imaginais avec elle, les images défilaient en boucle. Je les imaginais enlacé dans un lit, en train de lui murmurer ce qu'il m'avait dit et répété. Je voulais qu'il souffre autant qu'il m'avait souffrir et sans hésiter alors que Teddy venait d'arriver à ma hauteur je me jetais littéralement à son cou, l'embrassant comme encore jamais je n'avais osé le faire.

Au début il parut surpris mais quelques secondes plus tard il répondait à mon baiser, de manière maladroite certes mais il y répondait. Quand mes lèvres quittèrent les siennes, je surpris à nouveau le regard de Rémus. Instantanément je me mis à me maudire d'avoir fait ça. Je regrettais mon geste, certes ça avait fonctionné ses yeux n'exprimaient plus que de la tristesse mais toute cette peine au lieu de me faire plaisir, me faisait me sentir encore plus mal. Bien entendu il avait fait bien pire qu'un simple baiser, mais il ne l'avait pas fait juste devant moi. Enfin il entra dans la grande salle et je reportais mon attention sur Teddy. Ses yeux brillaient plus qu'à l'ordinaire, visiblement il s'était coupé les cheveux. Ca lui allait plutôt bien même si comparé à Rémus il ne ferait jamais le poids je le savais.

- Je ne m'attendais pas à recevoir un tel accueil

- Oh … Je suis désolé je …

-Mais c'était loin de me déplaire rassure toi. Tu m'as manqué pendant les vacances. J'ai voulu t'écrire des lettres mais tu me l'avais interdit alors je me suis contenté de penser à toi. Je voulais aussi m'excuser pour mon comportement avant les vacances. Enfin tu sais je ne savais pas vraiment qui était tes parents, et je n'aurais pas du chercher à m'imposer

- Ce n'est pas grave ne t'inquiètes pas

J'aurais du lui dire que je voulais qu'on en reste là mais je n'en ai pas vraiment eu le courage. Il paraissait tellement enthousiaste, et puis faire souffrir quelqu'un d'autre dans la même journée me paraissait infaisable.


Envoyant valser toutes les affaires qui étaient posés sur ma commode, je tapais du poing contre le mur. La douleur n'était rien en comparaison de ce que je ressentais à l'instant présent. Elle l'avait embrassé, elle s'était jetée à son cou et elle l'avait embrassé. Elle m'avait regardé dans les yeux avant de l'embrasser, lui. J'avais voulu le tuer, je ne supportais pas de voir ses mains à lui, posés sur elle. J'avais senti une telle rage m'envahir quand elle avait fait ça et plusieurs heures plus tard ça n'était toujours pas passé. Je ressentais toujours ce feu constant, incontrôlable à l'intérieur de moi. Le loup aussi l'avait choisi, et à présent il était tout aussi déchainé que je pouvais l'être. La pleine lune était seulement dans quelques jours et déjà je pouvais ressentir ces effets. Dans deux jours, j'allais la voir en cours. Dans deux jours ce serait la pleine lune. Je ne savais pas encore comment j'allais faire pour me contrôler, pour m'empêcher d'aller briser le cou de ce parfait petit idiot qui ne réalisait sans doute pas sa chance.

Du sang perlait sur la jointure de mes doigts mais ça ne m'empêcha pas d'envoyer balader la table devant moi ainsi que tout ce qu'elle contenait. C'était la première fois que je me mettais dans un tel état. Quand elle avait quitté la demeure de Lily et James je m'étais persuadé qu'à notre retour à Poudlard les choses allaient s'arranger mais là tout me paraissait perdu. Je ne pouvais comprendre comment les choses avaient pu dégénérer aussi vite et je savais que je serais totalement incapable de n'être que son professeur, de la voir évoluer avec lui, de la voir l'embrasser, d'imaginer qu'ils pourraient entreprendre de faire des choses plus sérieuses. A cette évocation, je sentis mon sang bouillonnait à l'intérieur de mes veines. Si une telle chose venait à se produire je ne sais pas si je serais sérieusement capable de rester maître de moi-même.

Plus la pleine lune approchait, plus j'étais nerveux. Les cours étaient une véritable torture pour moi. Contrairement à d'habitude, je ne me sentais ni fatiguée, ni même malade, juste profondément furieux. Cette haine me maintenait en forme et j'avais peur de ne pas pouvoir me contrôler quand je la reverrais. J'attendais dans la salle, prêt à leur donner un devoir à faire. Je n'aurais pas supporter de la voir bouger, rire avec ses amis, et surtout je n'aurais pas toléré de la voir avec lui. Les élèves s'engouffrèrent dans la classe et tête basse elle rejoignit sa place prenant soin de s'installer à côté de Victoria au fond de la salle. Comme si ça pouvait changer quoique ce soit. Je distribuais les sujets d'examen, j'essayais de ne pas la regarder mais ce fut plus fort que moi. Son cou était dégagé à cause de la coiffure qu'elle s'était faite, laissant l'odeur de son parfum venir chatouiller mes narines. C'était le même que lors de la sortie à pré au lard lorsque je l'avais embrassé, et en rejoignant mon bureau je ne pus m'empêcher de lancer un regard haineux vers Teddy qui déjà commençait à remplir sa copie. Il ne l'emporterait pas au paradis, ça c'était certain.

Pendant les deux heures que durèrent l'épreuve, je restais assis à mon bureau, essayant de ne pas déchiqueter le crayon que je tenais à la main. Les soupçons à ce moment là étaient les dernières de mes préoccupations. Je ne cessais de la regarder, me rendant compte de chacun des mouvements de tête qu'elle faisait. De cette façon qu'elle avait de jouer avec les mèches de ses cheveux quand elle réfléchissait. Mais pas une fois elle ne releva le regard vers moi. L'épreuve se termina et chacun des élèves vint me rendre sa copie la posant sur le bord de mon bureau. Je la voyais avancer doucement et lorsqu'elle ne fut qu'à quelques centimètres de la porte prête à partir ce fut plus fort que moi, il fallait que je la retienne.

- Miss Black, pourriez vous rester quelques instants ?

Ses amis me dévisagèrent avant d'attendre fidèlement près de la porte alors que contrainte et forcée elle revenait vers moi.

- Un problème professeur Lupin ? Murmura-t-elle

- J'aimerais qu'on discute Cassie

- Je suis désolé je n'ai pas le temps, j'ai cours

- J'aimerais t'expliquer par moi-même ce qui s'est passé

Levant pour la première fois le regard vers moi depuis le début de ses deux heures, je vis qu'elle se retenait de pleurer. Des larmes brillaient dans ses pupilles alors que le pourtour de ses yeux étaient rougis. Je m'en voulais d'être la cause de tout ça, vraiment elle ne méritait pas ça.

- Pourquoi tu ne veux pas comprendre que je n'ai pas envie de te parler moi ? Ca fait trop mal quand je te vois. Je crois que je me suis trompée, je regrette de t'avoir fait confiance. En faite, j'aimerais mieux ne jamais t'avoir connu.

Encaissant le choc je restais immobile, j'avais l'impression de sentir chaque petite partie de mon corps. Chaque battement de mon cœur était pour moi d'une souffrance intolérable. Cette phrase tournait dans ma tête ne me laissant aucun répit. Elle ne pouvait pas penser une telle chose, parce que si c'était vrai tout était définitivement fini et ça je ne savais pas si j'étais en mesure de le supporter. La suite de la journée je la passais comme dans un brouillard alors que l'animal en moi lui grondait de plus en plus fortement à mesure que la nuit approchait. Sirius vit tout de suite que quelque chose n'allait pas lorsque nous rejoignîmes la cabane hurlante mais je n'avais pas envie de parler et encore moins de lui expliquer. Même la douleur provoquait lorsque la lune apparut et que le monstre se libérait n'était rien en comparaison de ce que j'avais ressenti lorsqu'elle m'avait parlé. Je sentais que cette nuit allait être l'une des pires de ma vie, et pour la première fois j'avais l'impression de le mériter.


J'essayais de suivre la partie d'échec qui se tenait devant moi mais devant mes sérieuses lacunes mon partenaire semblait s'impatienter. Victoria et Alexandre étaient sortis mais je n'avais pas eu envie de les accompagner. Au départ ils avaient voulu rester avec moi mais je les avais convaincu de suivre leur plan originel. A savoir sortir en douce de Poudlard avant de rejoindre l'une des boites moldus dont-ils raffolaient. Visiblement ils s'y étaient plu puisqu'à sept heures du matin ils n'étaient toujours pas rentrés. Alors que Daniel essayait de m'enseigner les bases de ce jeu tout en dégustant une multitude de viennoiseries dont j'avais arrêté le compte à six, une fille de cinquième année à Gryffondor s'installa à côté de ses amies à seulement quelques sièges de là où j'étais.

- Vous n'allez jamais croire ce que je viens de voir ! Le professeur Black et le professeur Lupin en sang. Pomfresh les accompagnait à l'infirmerie. Vous imaginez ? Si ça se trouve ils se sont battus pour une fille.

Je n'eus pas besoin de dire quoique ce soit, Daniel m'encouragea à y aller d'un signe de tête alors que la fille qui avait dit ça se mordait la lèvre inférieure en me voyant passer. Dur de dire pour qui je marchais aussi vite. Sirius ou Rémus ? Comment étaient-ils possible qu'ils soient blessés tous les deux ? J'avais peur que ce ne soit à cause de moi. J'avais dit des choses horribles à Rémus la veille. Des choses que je ne pensais pas mais qui étaient sorti toutes seules sous le coup de la tristesse. Je craignais que quelque chose de grave ne leur soit arrivé. Franchement qu'Est-ce qui m'avait pris de lui dire des choses pareilles ? Et si jamais il mourrait avant que j'ai le temps de m'excuser ? Non non je ne devais pas penser à ça, peut être même qu'il n'avait rien qu'une écorchure. Mais comment expliquer que lui et mon frère se soient retrouvés au même moment à l'infirmerie ? Une petite foule de filles se tassaient devant l'entrée et je dus prendre mon courage à deux mains pour les affronter. Elles exprimèrent leur mécontentement par de petits cris aigus alors que je passais enfin la porte avant de la refermer derrière moi m'attirant encore plus leurs foudres, mais au point où j'en étais ça m'importait peu.

Pomfresh était en train de préparer une potion dans l'arrière salle et en me voyant arriver elle se contenta de m'indiquer le lit de Sirius. Il était là tranquille, apparemment il dormait. Son œil droit était tuméfié alors que son cou était écorché et semblait avoir été comme mordu. Son bras aussi présentait des traces de morsures et je me demandais qu'Est-ce qui avait bien pu lui faire tout ça. Passant ma main dans ses cheveux je lui déposais un baiser sur le front.

- Il n'a rien de grave, d'ici une semaine il n'y paraitra plus lança l'infirmière avec un sourire

- Je peux savoir ce qui lui a fait ça ?

- Secret professionnel

- Je comprends dis je dans un souffle avant d'à nouveau jeter un coup d'œil à mon frère

- Il faut que j'aille chercher des plantes dans la serre, cela vous dérangerait-il de le surveiller un peu le temps de mon absence ?

J'hochais la tête alors que l'infirmière disparaissait refermant la porte derrière elle. Sirius dormait à poing fermé était-il si mal que je l'abandonne quelques instants pour aller voir comment se portait Rémus ? Etais ce la même bête féroce qui l'avait attaqué ? Prenant mon courage à deux mains je fermais le rideau qui séparait mon frère du reste de l'infirmerie me dirigeant vers Rémus qui était dans le fond de la pièce. J'espérais qu'il soit endormi parce que je ne savais pas si j'aurais le courage d'affronter son regard après ce que j'avais osé lui dire. Il était retourné dévoilant son dos empli de cicatrices. Je ne pus m'empêcher de me demander si c'était une si bonne idée que ça de m'approcher. Peut être qu'il ne voulait plus me voir, ou entendre parler de moi. Les cicatrices étaient multiples mais ne semblaient pas avoir été faite au même moment. Les plus anciennes n'étaient plus que des traces rougeâtres alors que les plus récentes semblaient encore être sur le point de saigner. Mais qu'Est-ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'il soit dans un tel état ?

Alors que j'arrivais à quelques centimètres de son lit j'eus soudain envie de faire demi tour. J'avais été odieuse, de quel droit je me serais permise d'aller lui parler à nouveau. J'avais été sotte, je l'aimais toujours et plus j'y réfléchissais plus je trouvais que je lui en voulais pour un motif qui n'avait rien à voir avec lui. Certes il avait couché avec cette fille, mais avais-je le droit de lui en vouloir pour ça ? Nous n'étions pas encore réellement ensemble à ce moment là. J'avais été blessé, je ne me sentais plus à la hauteur quand j'avais su ça mais je le laissais se sentir coupable alors que les raisons en faite venaient essentiellement de mon manque de confiance en moi. Je restais là hésitante sans savoir quoi faire quand il se retourna se mettant sur le dos avant de tourner la tête vers moi. Il me souriait sincèrement et je ne me trouvais pas le droit de mériter un tel sourire. Son torse était lui aussi tout autant mutilé alors qu'à présent une grimace déformait son visage. Il avait voulu lever le bras dans ma direction et voilà la douleur que ça lui infligeait.

Je m'asseyais sur le bord de son lit, examinant plus en détail les blessures qui étaient visibles sur son corps. Je me rendis compte que ses bras non plus n'avaient pas été épargnés, je m'en voulais tellement. Peut être était il sorti pour se changer les idées après ce que j'avais dit et c'était là qu'il s'était fait attaquer. Mais dans ce cas pourquoi y auraient-ils des marques plus anciennes ? Comme s'il s'était fait attaquer plusieurs fois ? Je ne supportais pas de le voir ainsi, j'avais tellement envie de pouvoir le soigner, le réconforter. J'avais les yeux sur son cou quand ses doigts se posèrent sur les miens et instantanément le rouge me monta aux joues. J'en aurais presque oublié qu'il était à moitié nu et que j'étais en train de l'observer sans la moindre vergogne. Je ne cherchais pas à retirer ma main, au contraire je le laissais me caresser la paume avec son pouce et visiblement ce simple geste le rendait heureux au vue du sourire qu'il continuait à m'accorder.

- Je m'excuse, je ne pensais pas tout ce que je t'ai dit

- C'est plutôt moi qui devrait m'excuser tu ne crois pas ? Me répondit-il gentiment

- Rémus qu'Est-ce qui t'es arrivé ?

Son visage s'est assombri suite à ma question, ses yeux se sont voilés et j'ai eu l'impression que j'avais un autre homme devant moi. Serrant sa main plus fort je la portais à mes lèvres pour qu'il me regarde à nouveau. Mon geste eut l'effet escompté, à nouveau un sourire envahit son visage et je me demandais comment après tout ce que je lui avais fait il pouvait toujours me regarder de cette façon.

- Je n'aurais pas du poser cette question, excuse moi après tout ça ne me regarde pas

- Je ne veux pas t'effrayer

Il s'est redressé de façon à se mettre assis gardant ma main dans la sienne. Comment aurait-il pu m'effrayer ? Il avait le pouvoir de me faire souffrir, de me faire l'aimer mais certainement pas de me faire peur.

- Tu ne peux pas m'effrayer Rémus quoique tu fasses ou quoique tu dises

- Si tu savais ce que j'étais tu ne dirais pas ça souffla-t-il

- C'est parce que tu n'as pas confiance en moi ? Je suis désolé de t'avoir dit de telles choses mais j'étais blessée. Tu avais le droit de faire ce dont tu avais envie, on était pas ensemble et peut être même qu'on ne l'a jamais été vraiment. Je m'étais fait des idées, je croyais que … enfin c'était une sorte de relation monogame mais je m'étais trompée et …

- Je n'ai toujours désiré qu'être avec toi crois moi

- Alors pourquoi Est-ce que tu as fait ça ?

Dans un geste hésitant il a levé le bras avant de me caresser doucement la joue. Je ne pouvais pas me passer de lui, j'aurais du le savoir mais j'avais été trop orgueilleuse.

- Je voulais t'oublier, je ne te mérite pas. Je ne pensais pas avoir le droit de t'embrasser alors j'ai pensé qu'en allant là bas je réussirais à oublier ce que j'avais fait. Mais visiblement tu es bien trop irrésistible pour ton propre bien dit-il en un sourire

- Est-ce que tu l'aimais ?

- Je n'ai jamais aimé personne d'autre que toi

- Rémus je …

Il m'a empêché de poursuivre ma phrase, passant un doigt sur mes lèvres pour me faire taire alors que je le regardais sans comprendre. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, pourquoi refusait-il que je lui réponde ? Avait-il peur que je lui dise que ce n'était pas réciproque ? Il devait pourtant savoir tout ce que j'éprouvais pour lui.

- Ne réponds pas tout de suite, avant il faut que je te dise quelque chose

Je l'interrogeais du regard silencieusement, il paraissait si sérieux à cet instant là. Tout ce dont j'avais envie c'était de me blottir contre lui, de panser ses blessures, de l'aimer tout simplement.

- Tu as sûrement du remarquer que certains soirs je disparaissais, que j'étais absent quelques jours par mois. Ces blessures c'est … moi qui me les inflige

- Toi ? Mais pourquoi Est-ce que tu te … ? Et comment Est-ce que tu pourrais …

- J'ai conscience qu'en te disant ça je risque de perdre toutes mes chances, mais je pense qu'il vaut mieux que je sois honnête avec toi parce que je ne supporterais pas une nouvelle fois de te perdre après t'avoir récupéré.

- Rémus tu ne me perdras plus jamais crois moi

- Ces absences surviennent pendant les pleines lunes et à ces moments là je ne suis plus maitre de moi-même prononça-t-il douloureusement

J'essayais de comprendre ce qu'il tentait de m'expliquer. Que voulait-il dire par là ? Je rassemblais ce qu'il venait de me dire dans ma tête, essayant vainement de donner un sens à ses paroles. La pleine lune me rappelait un des cours qu'on nous avait enseigné en troisième année mais je doutais qu'il puisse s'agir de ça. Pourtant, ses blessures, ses absences. Non il ne pouvait pas sérieusement être un …

- Loup garou murmurais-je

Il hocha la tête et j'avais encore du mal à croire que Rémus puisse être l'un d'entre eux. Mes parents me les avait toujours dépeint comme des monstres sanguinaires, des êtres abjectes même sous leur forme humaine. Pourtant l'homme en face de moi n'était rien de tout ça. Il était l'être le plus gentil, le plus adorable qu'il m'ait été donné de connaître. Est-ce que c'était lui qui avait fait ça à Sirius ? Enfin ce n'était pas vraiment lui qui l'avait fait, mais la chose en lui. Je savais que je ne risquais rien en sa compagnie, après tout il me suffirait de ne pas sortir pendant les nuits de pleine nuit. Il venait de me lâcher la main détournant le regard. Pensait-il que j'allais le rejeter à cause de ça ? Certes ça me faisait un choc, mais qui n'en aurait pas eu un en sachant la vérité ?

Est-ce que ça changeait quelque chose pour moi ? Savoir qu'il se transformait me faisait de la peine pour lui, toutes ses blessures et les souffrances qu'il devait endurer. Mais en sa présence mon cœur ne s'était pas arrêté de battre plus vite. Au contraire, il venait de se confier à moi et je devinais que ça devait lui être douloureux. Je l'aimais toujours autant qu'avant et je ne voyais pas comment ça pourrait changer. Me penchant vers lui, je lui déposais un baiser timide sur la joue prenant appui sans le vouloir sur ses épaules au moment où je me sentis tomber en avant. Instantanément ses mains se refermèrent autour de mes hanches m'empêchant de basculer alors qu'à nouveau ses yeux me scrutaient semblant chercher une réponse à l'intérieur d'eux.

- Ca ne change rien pour moi, j'ai envie d'être avec toi et disons qu'on évitera juste de se voir certains soirs

- Comment Est-ce que tu peux réagir comme ça alors que je …

- Que tu quoi Rémus ? Tu es toujours le même pour moi.

Je pense que cette phrase lui a suffi puisque à peine quelques secondes plus tard ses lèvres se scellèrent aux miennes. Je ne voulais pas trop m'appuyer sur lui de peur de lui faire mal mais il m'enlaçait de telle façon que j'y étais obligé. L'une de ses mains se perdit dans mes cheveux alors que l'autre me retenait par la taille. J'avais presque oublié comme c'était agréable de l'embrasser. Me gardant dans ses bras je remarquais qu'il était essoufflé.

- Rémus tu n'aurais pas du m'embrasser, regarde toi maintenant

- Ca valait le coup crois moi me répondit-il avec un petit sourire

- Il faut que j'y aille, Pomfresh ne va pas tarder à rentrer

- Cassiopée je ne supporterais pas de te revoir avec lui

- Mais qu'Est-ce que tu … Oh … dis je rougissante

- Je veux que ça soit une vraie relation, je ne veux que toi et je ne sais pas si j'aurais le courage de te voir dans les bras d'un autre à nouveau

- Il n'y aura personne d'autre que toi, je te le promets


Lui révéler mon secret a été l'une des choses les plus pénibles qu'il m'est jamais été donné de faire. J'étais persuadé qu'elle allait s'en aller, fuir pour toujours. D'ailleurs j'avais du mal à soutenir son regard tellement j'avais peur d'y voir du dégout. Pourtant, contre toute attente, elle est restée à mes côtés, silencieuse d'abord certes, mais je n'aurais pu espérer meilleure réaction. Il fallait que je le lui dise si je ne voulais pas risquer de la perdre une nouvelle fois. Je n'ai jamais regretté ce choix, elle méritait de savoir parce qu'elle avait toute ma confiance. Mais à ce moment là j'étais loin de me douter que quelque chose aurait encore pu nous séparer. Je ne comptais plus revoir Georgia, elle connaissait mon secret, je l'aimais plus que de raison, alors comment aurais-je pu prédire ce qui allait ensuite se passer ?