Bêta/Lectrice : Manelor. Avec ses doigts de fée qui tapent sur le clavier, elle débusque les fautes, les phrases maladroitement formulées. Sans bêta je serais un peu dans le caca, faites un tour sur son profil car les bonnes fictions y défilent. ( Une âme de Poète )
Arda, la Terre du Milieu et toutes ses merveilles ne sont pas à moi. Elles sont à la Tolkien Estate qui gère les biens des descendants de Tolkien.
Merci pour vos Reviews : Vos encouragements, vos avis précieux. C'est super motivant !
Attention ce chapitre mérite bien le Warning M : « Mmm ça sent les trucs cochons. ». Caliente Mama mia !
Chapitre 9
Irë quen Isil tana lepsënen, i úsaila cenda i lepsë
Quand on lui montre la lune du doigt, l'imbécile regarde le doigt.
Proverbe arabe
- Oh je te hais... je te déteste. .Elle frappa son torse en sanglotant de plus belle. Mais je suis si heureuse en même temps. Plus... plus seule ici désormais. S'étrangla-t-elle. Thomas... sanglota-t-elle.
Elle déposa un doux baiser humidifié de larmes sur sa joue. Les baisers, elle lui en avait tant donné. Tout l'amour qu'elle pouvait offrir, elle lui en avait fait cadeau. Thomas avait choisi de tout briser.
Personne n'était en droit de se moquer d'elle. Comment avait-il pu la tromper ? Éden était belle, drôle, extravertie... Jamais aucun homme ne l'avait rejetée.
Depuis toujours, elle contrôlait et avait ce qu'elle voulait des hommes. Il avait été le seul en qui elle avait pu avoir confiance, le seul avec qui elle avait accepté de baisser sa garde. Et même maintenant, il continuait à lui faire fondre le cœur. Ah ça non, il ne l'aurait pas une nouvelle fois !
Une image s'imposa dans son esprit. La sonnerie de son iPhone jouait, signe qu'elle avait un message. Ensuite, la jeune femme se revoyait relire le sms encore et encore. L'écran du téléphone était mouillé par ses larmes.
Je te retrouve chez toi, mon cœur. T'inquiètes pas, Éden ne se doute de rien. Comme d'hab, elle est trop occupée à se soucier de sa petite personne pour se rendre compte de quoi que ce soit. Hâte d'avoir un câlin comme tu sais si bien me les donner... ;)
- Prends… Prends... Souffla la jeune femme entre ses dents en reniflant. Prends-toi ça dans ta gueule !
Elle lui envoya une claque magistrale. Thranduil vit le fils Isildur passer de la plus totale des incompréhensions à la plus grande des colères. Le clone de Thomas effleura sa joue puis lança un regard interrogateur au prince elfe.
- Que signifie cela ? Je suis le prince Ciryon d'Arnor. Je ne vous permets pas ! Est-ce ainsi que l'on traite ses hôtes chez les elfes ? Vociféra le fils d'Isildur en langue commune dans un timbre rauque. Mademoiselle, lâchez ce panier, s'il vous plait. Le prévînt-t-il les yeux brillant de rage.
Tout son être bouillonnait. Ce connard continuait de lui mentir, après tout ce qu'il lui avait fait. Il méritait un bon coup de poing dans sa tronche d'infidèle.
Sans s'en rendre compte, elle se vit en train de le menacer avec le panier en osier. Les feuilles du contrat de pupille volèrent quand elle s'apprêta à lui déboiter sa tronche d'abruti. Seulement, c'était sans compter Thranduil.
Le prince Thranduil, elle l'avait oublié celui-là... Comment les deux hommes à qui elle pensait le plus pouvaient se retrouver au même endroit ? L'une des mains viriles de l'elfe Sinda lui attrapa la taille, l'autre parée de bagues lui enserra le bras. La jeune elleth alla protester, mais Thranduil tonna d'une voix rauque :
- Il dit vrai, Éden. Lui appris le prince elfe. L'homme que tu as devant tes yeux est le benjamin du Haut-roi d'Arnor et du Gondor. Il porte le nom de Ciryon, et non celui de Thomas.
La jeune femme entortilla son poignet, et lâcha le panier en osier. D'autres feuilles provenant du contrat s'éparpillèrent sur le sol. Une vague de déception la submergea. Malgré sa colère contre Thomas, elle avait été heureuse de le revoir. Cela signifiait qu'elle n'était pas seule ici. Et d'un seul coup Thranduil brisait tous ses espoirs.
- Non, non, je vous jure, je reconnaîtrais cette tête de petit con entre mille. Regardez ! Ces yeux verts qui disent : 'coucou, je suis un beau gosse et je le sais'. Cette bouche en forme de cul de poule. Il n'y a pas de doutes à avoir ! Jura-t-elle.
Le prince d'Arnor avança vers elle, tremblant de rage. Comment cette elleth osait lui manquer de respect ? Est-ce une manœuvre de Thranduil pour le couvrir de honte ?
- Excuses-toi, jeune fille. Dans la Maison de mon père, on t'aurait battue pour moi que cela. Gronda le fils d'Isildur.
- Arrêtes de raconter des conneries ! Ton père bosse à Super U au rayon poissonnerie. Hurla-t-elle.
Elle remua de plus belle dans les bras de Thranduil. Lâchez-moi, Thranduil ! Je dois m'expliquer avec lui. Intima-t-elle.
Le futur roi des elfes hocha la tête et ordonna sèchement :
- Excuses-toi, tout de suite. C'est un ordre.
Et si Thranduil avait raison ? Peut-être que cet homme n'était pas son infidèle d'ex, mais le fils d'Isildur. Pourtant, il lui ressemblait tellement. Son visage était le même... La cicatrice sur le bas de son menton qu'il s'était fait au basket était présente au même endroit, avait la même forme horizontale. Il ne pouvait pas y avoir de doute quant à son identité.
Elle croisa son regard. Thranduil avait l'air aussi troublé qu'elle et, dans ses pupilles de glace, elle réussit même à déceler une étincelle fugace de curiosité.
Avec douceur Thranduil desserra sa prise, puis plongea son regard abyssal dans les pupilles marron du prince humain.
Le regard du prince de Vert bois-le-grand pétrifia Ciryon jusqu'au dernier poil de sa barbe. Jamais on ne lui avait lancé un regard pareil, plus noir que le fleuve éclairé par la lune. Il se jura qu'un jour, le visage parfait de cet immortel prétentieux serait ouvert du front jusqu'au menton.
- Je répète ma question, prince Thranduil. Que signifie ceci ? S'enquit le fils d'Isildur en grinçant des dents.
- J'espère bien le savoir moi-aussi. Gronda Thranduil en se tournant vers l'elleth. « Si ce misérable mortel a touché le moindre cheveux d'Éden, je le jure sur ma Maison, il goûtera à ma dague. »
Frénétiquement elle se frotta les poignets. Elle avait l'impression de devenir maboule. Tout partait en couille, dans ce monde. En soupirant, elle ramassa les feuilles de parchemins éparpillées sur le plancher du navire pour ensuite les remettre dans le panier.
- Je vous prie d'accepter mes excuses, Prince Ciryon. La française prononça le nom de l'homme avec ironie en souriant du bout des lèvres. Cet homme était Thomas. Si ce n'était pas le cas, alors elle était bonne pour se faire interner.
Les elfes de Vert bois-le-grand aux alentours soupirèrent de soulagement. La jeune Éden retrouvait la raison. Insulter ouvertement le fils d'Isildur devant foule était risqué maints tourments. Le pire étant la colère du futur roi Thranduil...
– Juste une question. Tu t'es protégé avec l'autre pute, au moins ? S'enquit-t-elle avec violence. Je demande ça parce que Thomas Valverde, prince des connards, est allergique au latex. Balança-t-elle avec nonchalance en levant les sourcils. Tous les ellyn présent déglutirent en même temps.
Thranduil la retourna brusquement pour qu'elle lui fasse face et lui attrapa le menton, l'obligeant à le regarder dans les yeux.
- Tu es impossible, Pinig. Rentres dans ta cabine... Nous parlerons plus tard. Souffla-t-il d'une voix doucereuse mais empreint de colère.
Rentrer dans sa cabine, s'enfermer et réfléchir. C'était la meilleure chose à faire. Elle lança un regard noir au Prince Ciryon puis adressa un faible sourire à l'ange de la plaine. Le cœur battant, l'esprit rongé par le doute, elle dévala les escaliers menant au pont inférieur, suivie par le regard enragé de Thranduil. Ses boucles blondes se balançaient en rythme avec sa démarche décidée. « Je n'aurais donc jamais la paix avec cette elleth » Pensa-t-il en plissant les yeux.
- Je sais que l'attitude de cette jeune elleth était à désirer. Mais voyez-vous, c'est une très jeune elleth, pupille en mon royaume, traumatisée par les horreurs de la guerre. Les dires d'une enfant ne doivent pas remettre en cause votre avis sur l'hospitalité elfique. Déclara Thranduil avec diplomatie.
Son visage était tout ce qu'il paraissait de plus cordial, la personnification même de la manipulation. Seul le léger pincement de sa lèvre inférieure trahissait son tourment.
Le prince mis un morceau de l'étrange gâteau dans sa bouche. La confiture de framboise lui fit penser à la petite elleth et il eut soudainement envie de la rejoindre dans sa cabine pour lui demander qui était ce Thomas. La curiosité lui rongeait l'esprit à l'usure, comme l'eau dévorait la pierre au fil des millénaires.
Ciryon sourit, sa voix tremblait encore de colère. Jamais femmes n'avaient osées se comporter ainsi avec lui.
Thranduil releva le menton et le toisa soudainement avec mépris. Les Hommes étaient d'une faiblesse à pleurer. Il espérait dans son cœur arriver rapidement en terre elfiques et ne plus en croiser avant quelques centaines d'années.
- Que cela ne se reproduise plus ! Je peux comprendre qu'un esprit faible puisse faillir. Les femmes sont souvent bien trop enclines à se laisser submerger par leurs émotions. Elle est... hum... pleine de caractère. Parla Ciryon en repensant à la gifle qu'elle lui avait donnée.
- Je vous assure que cela ne se reproduira plus. Je m'assurais qu'elle ne se retrouve plus jamais en votre présence. Rassura faussement Thranduil dont l'intensité du regard fit frémir le jeune humain.
« Hors de question qu'elle croise son chemin une nouvelle fois. J'y veillerai personnellement. »
L'échange ne dura pas plus longtemps. Le fils d'Oropher sentit alors la présence d'un elfe qu'il connaissait bien car il pouvait parfaitement reconnaître sa démarche. Une voix belle et forte raisonna parmi le brouhaha des elfes en fête.
- Et bien... L'elleth mystérieuse dont tous parlent vous cause du souci.
Thranduil se retourna, ses mèches platine voletant dans le vent soufflant sur l'Anduin. Glorfindel, Seigneur de la fleur d'or au royaume Noldo du Lindon, marchait dans leur direction.
En cette soirée de fin de l'automne, il portait une tunique tissée d'or et une sous tunique blanche décorée de feuilles de Mellyn. Ses cheveux d'or cascadaient le long de ses épaules et resplendissaient à la lumière de la lune. Son visage, comme d'habitude, était doux, son regard rieur et sans méchanceté aucune. C'était un elfe que Thranduil appréciait car il ne faisait preuve d'aucune vantardise. Mieux encore, ses paroles étaient toujours avisées et pleines de sagesse.
Avec grâce, il se prosterna, la main sur le cœur.
- Cund Thranduil, cund Ciryon. Je ne souhaite point vous déranger. J'espérais boire un verre avec vous, mellon, avant que vous ne regagniez vos appartements. Proposa le tueur de Balrog.
- C'est une idée excellente... J'ai grand besoin d'une coupe de vin pour me détendre. Avoua Thranduil en répondant à son salut.
L'elfe Sinda salua Ciryon de la tête :
- Passez une bonne soirée Ciryon d'Arnor et du Gondor. Pour le présent que vous vouliez me donner cela attendra notre réunion de demain.
- No vêr i thîn, bonne soirée. Répondit l'Homme d'Arnor en Sindarin.
Le fils d'Isildur, la nuque raidie par cet étrange épisode, s'éloigna rapidement bien que quelque peu chamboulé. Dire qu'il avait encore trois mois à tenir avant de rentrer chez lui et de retrouver sa mère et ses frères. Quelque chose lui disait que ce séjour en terre elfique ne serait pas de tout repos.
Thranduil le regarda partir, l'esprit toujours aussi rempli de questions. Il serra les dents. Décidément, il n'aimait pas la compagnie des Hommes, cette race l'excédait au plus haut point.
- Bien, Glorfindel. Je crois que nous avons un verre de vin qui nous attend. Lança-t-il en faisait signe à un ellon sylvain portant un plateau de coupes pleines
- Qu'attendons-nous ? Je me le demande, mon ami. S'exclama Glorfindel avec un sourire éblouissant.
Éden le sentait, cette soirée n'était pas encore terminée. Fête elfique ne rimait pas avec idyllique. Que faisait Thomas sur ce bateau ? Ou meilleure question. Si ce gars n'était pas Thomas, pour quelle raison lui ressemblait-il comme deux gouttes d'eau ? Elle donna un coup de pied dans un petit tonneau dont le vin se répandit sur le sol, tachant le pan de sa robe.
- Haaaaaaa, merde mais ça fait mal ! Hurla-t-elle en se tenant le pied. Putain de tonneau. S'étrangla la jeune femme en titubant.
Elle descendit les escaliers menant aux cabines. Prudemment, elle s'accouda à la rampe. « Je devrais aller dans la salle à manger des officiers boire un verre avec Amàndil, peut-être que la soirée est rattrapable. » Pensa-t-elle avec un petit sourire malicieux. « Je suis plus la bobonne de Thranduil, maintenant je peux faire ce que je veux » Comme une gamine, elle sauta la dernière marche.
- Reviens, Wilwarin ! Je te défends, sale traître ! Je te défends, tu m'entends ! Cria une voix déchirante au bout du couloir.
Wilwarin la fouine faisait encore des siennes. ? Cette voix, elle la connaissait. C'était celle d'Andî. En rage, elle courut dans sa direction. Il lui devait des explications. Soudain, elle percuta Wilwarin.
Dans les yeux de l'ellon sylvain brillaient une lueur de détermination sans faille. Ses mains tremblaient. Il lui lança un regard haineux puis il la bouscula sans ménagement et monta quatre à quatre les marches menant au pont.
Se tenant au mur, Andî essaya de le rejoindre. Son teint était celui d'un mort, ses lèvres bleues étaient rougies par des gerçures profondes. Une chevelure de jais tombait sur ses épaules frêles, contrastant avec sa peau d'albâtre.
- Oh toi, j'ai deux mots à te dire... Souffla Éden en s'avança vers lui. Elle l'attrapa par l'épaule.
Les yeux vitreux du capitaine des éclaireurs se fermèrent et il s'écroula sur le sol. « Qu'est-ce qu'il se passe encore ? ».
Éden écarquilla les yeux et lui toucha la joue, complétement paniquée.
- Ouuuhh Andî... Andî, si tu me fais une blague ce n'est pas très marrant. Tu sais je ne vais pas te tuer, pas besoin de faire le mort. Je veux juste discuter. Ok ? Débita l'elleth avec un sourire mal assuré.
Elle tapota la joue de l'elfe.
- Andî... Dis-moi oui. « J'arrive encore à faire de l'humour dans ces circonstances, je suis plus forte que Chuck Norris, y'a pas à dire... ». Se dit-t-elle.
Elle sentit le capitaine bouger légèrement. Doucement, il ouvrit les yeux, des larmes mouillaient ses joues blafardes.
- Il va tout dire... il va tout dire... Répétait inlassablement Andî entre deux sanglots. Tout dire...
- Qu'est-ce que tu racontes, Andî ? Demanda la jeune femme en elfique. Elle commençait sérieusement à être inquiète. « Ce bouffon m'a trahis mais de là à le laisser crever sur place... » Pensa-t-elle.
Il cracha du sang. « Oula, il est vraiment mal en point. »
Sous la tunique blanche du capitaine des éclaireurs, une tâche noire s'agrandissait. Une odeur putride flottait dans l'air. La jeune femme eu un haut le cœur. Doucement, elle déboutonna les boutons de nacre du vêtement puis défit les bandes ensanglantées enroulées autour du torse de l'elfe... Torse... Poitrine ?
- Andî... T'as des seins ? « Et des gros en plus... » Tu es une elleth... Souffla Éden sous le choc.
L'elfe pleurait de plus belle. Ne sachant pas quoi faire, elle serra son visage contre elle.
- N'aies pas peur... je vais chercher de l'aide. Ne bouge pas... Intima-t-elle en se levant, mais l'elleth lui attrapa le bras.
Non... Ramènes-moi à ma cabine... Je peux marcher... Gémit l'elleth aux longs cheveux brun en s'asseyant sur le plancher froid du couloir.
- Tu as besoin d'aide… Je... Protesta la jeune femme.
Elle lui prit la main. Éden frissonna, elle était gelée. Andî la regardait avec des yeux d'un bleu délavés implorant. Elle hoqueta et toussa bruyamment. Sa voix légèrement cassée, parut soudainement féminine aux oreilles d'Éden.
- Peux-tu garder un secret, Éden Dilaurentis ? Je te promets que je ne t'ai pas amenée sur ce bateau dans l'optique de te trahir. Je t'expliquerai tout, mais tu dois m'aider... Je t'en supplie...
Loin des supplications et des larmes, Thranduil et Glorfindel dégustaient un grand cru en contemplant la beauté du fleuve qui s'étirait au loin.
- N'est-ce pas l'une des plus belles choses que vous avez vu dans votre vie ? Demanda le prince des elfes des bois, le regard perdu dans l'immensité.
- Vous n'avez jamais vu Valinor, Thranduil. Attendez de franchir la mer avant de dire de pareilles choses, Mellon-nîn. Railla Glorfindel en tapant dans le dos de son ami.
- Je ne vous connaissais pas si taquin. Est-ce votre proche mariage qui vous rend de si bonne humeur ? S'enquit Thranduil en riant.
- Vous êtes plus curieux qu'à l'ordinaire, Orophérion. Rit Glorfindel en buvant une autre coupe de vin. Mais vous avez vu juste... Mon cœur est empli de joie à l'idée que cette guerre affreuse soit terminée et que je puisse enfin épouser ma belle. Vous aussi, vous prendrez épouse sous peu, si je ne m'abuse...
- Je ne suis pas aussi sentimental que vous. Le mariage ne me fait ni chaud ni froid. Il perpétuera la lignée de mes pères. C'est seule utilité que je lui vois. Avoua-t-il en trempant ses lèvres dans le vin.
Rien de mieux qu'un verre avec un vieil ami. Après cela, il irait voir Éden et la presserait de questions pour en savoir plus sur ce Thomas. Si Éden venait bien d'un autre monde comme elle le prétendait, il ne pouvait y avoir de similitudes avec Arda.
Il soupira en pensant à cette fille qu'il avait trouvée il y a quatre mois de cela sur la plaine de Dagorlad. Dans sa robe blanche brunie par la poussière, ses cheveux dorées par le zénith et ses grands yeux d'un marron clair. Elle lui avait paru comme une servante de Vairë, l'épouse de Mandos.
Il avait cru qu'elle était venue l'amener dans les palais des morts, mais ce fut tout autre chose. Éden n'était pas une maïa, ni une elleth, elle était autre chose. Il pouvait le sentir lorsqu'il était en sa présence. Dans une semaine, il l'amènerait à Galadriel. Alors, toutes ses questions trouveraient des réponses.
- Mellon... Vous avez l'air songeur. Remarqua Glorfindel en observant le croissant de lune brillant dans le ciel noir. Si vous pensez à votre nouvelle pupille. Il faut que vous sachiez que j'ai déjà croisé son chemin. Elle était vêtue comme un ellon et portait le nom de Laegolas. Si je ne vous en parle que maintenant... C'est que j'attendais que nous soyons seuls.
- Comment ? Tonna le prince en posant brusquement la coupe sur le plateau de son échanson.
- Oui... Le capitaine Andî l'a amenée vers le port éphémère.
Alors c'était comme cela qu'Éden avait pu fuir plus facilement. Elle s'était travestie... Comment avait-t-elle pu avoir une idée pareille ?
Andî avait été malin et d'une façon qu'il ignorait encore, il avait réussi à la piéger. Ce capitaine fantôme, cet Andî, cela faisait une semaine qu'il ne l'avait vu. Il ne s'était pas présenté aux réunions, prétextant les rapports qu'il avait à écrire pour les archives de Vert bois-le-grand.
Thranduil ne pouvait supporter d'être tenu dans l'ignorance plus longtemps, surtout quand il s'agissait de l'elleth de Dagorlad comme ces soldats l'avaient nommée. Il attrapa sa coupe en or et il la vida jusqu'à la dernière goûte.
Quelqu'un approchait... Grâce à leurs sens aiguisés, Glorfindel et Thranduil se retournèrent en même temps. Devant eux se tenait Wilwarin Palantirion, le scribe.
- Que fais-tu là, Palantirion ? S'enquit Thranduil d'une voix rauque.
- J'ai un rapport pour vous de la part du Capitaine Andî... Il a trop de travail et...
Le prince d'Eryn Galen s'avança vers lui et lui arracha le rapport des mains. « Depuis quand Wilwarin sert de messager à Andî Seregonion ? ». Se demanda-t-il. Ces deux-là se détestent.
- Dis au capitaine que je l'attends dès demain, au déjeuner. Il ne peut fuir ses devoirs mondains plus longtemps, il prendra place aux côtés de son père. Là-bas, il pourra m'expliquer plus en détails son comportement indigne des serviteurs de la couronne. La prochaine fois qu'il doit me donner un rapport, qu'il vienne lui-même. Suis-je clair, Palantirion ?
Tout le long de ces paroles, Thranduil n'avait pas cillé une seule fois. Ses yeux de cristal avaient été fixés dans le vert pâturage de ceux de Wilwarin.
- A propos du capitaine Andî, j'ai des doutes sur... Les mots moururent au fond de sa gorge.
Le scribe baissa les yeux et serra les poings. Il était temps... de dénoncer Isil au prince. Et ainsi de lui sauver la vie. Doucement, il leva les yeux et croisa ceux de Glorfindel. Soudain, il se raidit totalement, sa mâchoire crispée. Il ne pouvait plus articuler un seul mot. Cet homme serait l'époux d'Isil, son amie Isil. S'il la dénonçait à lui, elle appartiendrait à Glorfindel et cela il ne pouvait l'accepter.
- Tu as des doutes sur quoi, Palantirion ? Demanda sèchement Thranduil, excédé par l'intervention de ce serviteur.
- J'ai des doutes sur... la qualité de son travail. Se rattrapa Wilwarin, de nouveau fixés sur le sol.
Il haïssait Glorfindel de la fleur d'Or, les Valars auraient dû lui prendre sa vie sur le champ d'honneur. Ainsi, Isil aurait été libre. Thranduil, Glorfindel... Ils les admiraient, mais au fond de lui il les jalousait. Ces elfes avaient tout eu par le seul fait de leur naissance, alors que lui avait dû se battre depuis son premier souffle.
Thranduil grogna d'énervement. Il était maintenant aussi hors de lui que quand son elleth avait serré le fils d'Isildur dans ses bras.
- Pour qui te prends-tu ? Je suis le seul à pouvoir juger de la qualité du travail de mes conseillers. Andî, par sa naissance, t'es supérieur. Tu lui dois le respect et l'obéissance. J'ai parlé avec son père et il va sans doute lui rendre son héritage d'héritier du Chêne. Ne manque pas de respect à ton futur Seigneur, Palantirion, sinon tu devras rendre des comptes à ma personne. Menaça le fils d'Oropher.
« Andî, redevenir l'héritier du Chêne ? » Wilwarin rit intérieurement. « Mais c'est Andî qui a refusé sa place de futur Seigneur de cette maison. Il n'a cure des affaires de son père. Les puissants... ils sont si présomptueux. »
- Je suis navré de vous avoir importuné, mon prince. S'excusa le scribe en baissant la tête. J'espère que la lecture de ce rapport vous contentera. Seigneur Glorfindel... Wilwarin fit une légère courbette de la tête, la paume de sa main sur son torse en regardant le tueur de Balrog. No vêr i dhû. Bonne nuit. Souhaita-t-il avec un beau sourire hypocrite.
« Je te hais sale Noldo, jamais tu ne poseras la main sur Isil. Pas tant que je serai en vie ». Pensa-t-il avec rage. « Et toi, Thranduil, Éden l'étrangère ne restera pas longtemps dans tes bonnes grâces ».
Il pivota sur lui-même et s'en alla vers sa cabine de sous-officier. Le rapport que Thranduil avait entre ses mains était une preuve écrite que c'était Andî qui avait tout orchestré dans l'affaire des missives. Isil avait raison, il était un excellent scribe.
S'il avait réussi à reproduire l'écriture de Thranduil, il pouvait reproduire celle d'Isil pour un faux rapport. Il avait même dérobé le sceau de signature du capitaine du troisième régiment. La douce damoiselle du Chêne n'avait plus aucun moyen de pression, alors que lui avait toujours le sien.
Un grand sourire s'étira sur ses lèvres. Maintenant il fallait s'atteler à faire partir cette étrangère stupide. Il fallait qu'il fasse en sorte qu'elle ne représente plus aucun mystère pour lui, ainsi il l'abandonnerait comme toutes les choses que Thranduil avait pris dont il s'était lassé au cours des siècles.
- Je n'apprécie pas cet ellon, Thranduil. Il y avait quelque chose de faux dans son regard. Vous devriez le faire surveiller. Conseilla Glorfindel en fronçant les sourcils.
- Ne vous inquiétez point pour moi, Seigneur Glorfindel. Mon père m'a bien enseigné. On ne garde pas un trône en distribuant des accolades.
La cabine d'Andî était plus grande que la sienne. Toutefois, le mobilier et la configuration de la chambre était exactement la même. Contrairement à celle d'Éden, elle était parfaitement rangée. Aucun vêtement ne trainait sur le plancher et aucun des parchemins qu'Éden gribouillaient de lettres elfiques illisibles n'était visible.
La jeune femme effleura le bois du bureau. Une pile de documents éclairés par des bougies faites de cire rouge trônait sur un secrétaire. L'écriture était magnifique, des merveilleuses arabesques décoraient les lignes des parchemins.
Dans cette chambre régnait une atmosphère douce et chaleureuse. Elle sourit, c'était agréable de se dire qu'elle n'était pas la seule femme sur ce navire. De plus, elle était impatiente de savoir ce qu'Andî avait à lui dire.
Après avoir bu une étrange potion couleur diarrhée qu'Éden lui avait servie en grimaçant, Andî s'était sentie mieux. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir pitié de cette curieuse elleth. Son teint était si pâle qu'il en était presque translucide. Assise sur son lit, elle fit signe à Éden de s'assoir auprès d'elle, tandis qu'elle tressait ses cheveux couleur encre. Les veines violacées de ses poignets contrastait avec sa peau blanche. La jeune française prit place à ses côtés, une expression grave flottait sur son visage enfantin.
- Alors Andî, j'attends des explications... Intronisa Éden en prenant sa main glacée dans la sienne.
- Pour commencer, je ne suis pas Andî, je m'appelle Isil... Je suis la sœur jumelle d'Andî. Avoua Isil en baissant ses yeux bleus.
- Que… quoi ?! T'es la sœur d'Andî ? Mais alors, où est Andî ? S'enquit-t-elle brusquement.
Isil regarda tristement le croissant de lune et pensa à son frère. Elle se tourna vers Éden en plongeant son regard dans le sien.
- Tu es une elleth comme moi, Éden. Je te parle comme je le ferais à une sœur. Je vais te raconter mon histoire. Tu sauras alors pourquoi j'ai pris la place de mon frère et pourquoi je t'ai trahie de la sorte. Commença-t-elle avec franchise.
Sa voix faible était pas plus forte qu'un murmure. Eden dû s'approcher d'elle, pour l'entendre mieux. Écoute... Tout commença lorsque mon frère parti de la maison, furieux contre mon père. Il était amoureux d'une humaine de Dale, Joanna, qu'il avait épousé en secret... mais mon père ne voulait rien entendre à propos de leur mariage. Il quitta alors notre maison, pour rejoindre la Maison de la fleur du Seigneur Lorgan dont les mœurs étaient moins strictes que les nôtres. Cela a beaucoup affecté mon père... Vois-tu ? Il aimait mon frère et était si fier de son héritier. Le voir épouser une mortelle était inconcevable pour un elfe qui avait toute sa vie œuvré pour un respect des traditions elfiques... Il ne restait plus que moi pour assurer l'honneur de la famille. J'ai alors fait de mon mieux pour être parfaite en tout point, j'ai même accepté un mariage avec le Seigneur Glorfindel... A cette époque, je n'avais que cinquante ans, j'étais si jeune et insouciante. Je suis tombée folle amoureuse de lui, mon destin était tout tracé, mais plus le temps passait et plus mon âme s'asséchait. Je me suis rendue compte que je n'étais qu'une décoration, qu'une pièce sur un échiquier... Je me suis isolée des autres, mon humeur est devenue sombre. Je n'étais que l'ombre de moi-même.
- C'est pas joyeux d'être une femme dans votre monde, dis-donc... Et alors, t'as décidé de faire ta Mulan et de remplacer ton frère à la guerre ou un délire du genre ? Et t'es la fiancée de ce beau gosse magnifique Glorfindel ?! Demanda Éden en langue commune avide de connaître la suite.
- Oui c'est cela, fiancée à Glorfindel... J'ai choisi mon destin pour la première fois. Mais attends de connaître la suite... Soupira-t-elle pour tousser quelques instants plus tard. En 3320, Sauron s'installa dans sa forteresse du Mordor. Mon fiancé possède le don de voyance, par son passage aux cavernes de Mandos. Il a écrit à mon père, lui disant qu'il serait mieux pour moi d'être pupille en Lindorinand et de suivre l'enseignement de Dame Galadriel, car les ténèbres se rependaient à une telle vitesse que Glorfindel était sûr que la guerre était proche. Je suis alors partie et presque cent ans plus tard, l'alliance des elfes et des hommes se forma. Mon frère, mon père, mon fiancé, mon prince, mon roi... Tous ceux que j'aimais et admirais partaient goûter à une mort prochaine... Les années passèrent... J'attendais, je me morfondais dans l'inquiétude et la peur. Puis, il y a trois ans, Dame Galadriel alla me voir et m'apprit que mon frère et quelques elfes venaient pour la relève des troupes.
Une larme solitaire coula sur la joue de porcelaine d'Isil. J'étais si heureuse... mais ça ne dura pas. Mon frère n'était plus celui qu'il était. Une partie de lui avait été dévorée par les ténèbres du Mordor. Il avait été traumatisé par tant de mort et d'atrocité... Quand vînt le moment du départ, il m'expliqua qu'il avait choisi de déserter et de partir le plus loin possible... D'après lui, je ne devais pas m'inquiéter, tout se passerait bien. Il était convaincu qu'on allait perdre cette guerre alors il voulait profiter de ses derniers moments avec ses enfants. Son épouse étant morte de vieillesse. Moi, je savais que le châtiment réservé aux déserteurs était la mort. Quand mon frère est parti, j'ai alors décidé de prendre sa place. Pour lui laisser le temps d'aller au loin, sans risquer qu'il se fasse exécuter. Dame Galadriel fut la seule à être au courant. Elle me parla d'une manière si douce et compréhensive. Je me rappellerais toujours de ses paroles :
« Ma mère m'appela Nerwen 'Jeune fille homme'... et mon père "Artanis" noble dame. J'ai toujours pensé que le prénom Nerwen me correspondait mieux Ainsi, j'ai toujours fait ce que je désirais faire et je suis devenue ce que je voulais être. Pars et tu sauras enfin ce que tu es. »
Éden tapota sa lèvre inférieure avec son index, puis croisa les jambes. Dame Galadriel avait l'air d'être plutôt cool.
- Ton histoire est digne d'un blockbuster hollywoodien. Alors t'es aussi pupille donc ? S'enquit-t-elle en levant un sourcil.
- Blockbuster... ? Isil regarda son amie perplexe. Cette elleth avait vraiment une manière étrange de s'exprimer. Hum... Oui je suis pupille pour encore trente ans environ... Une année Valar, donc cent quarante-quatre années humaines... Pourquoi dis-tu que tu es une pupille ?
- Quoi ?! Tu te fous de ma gueule ? Attends j'ai signé un contrat il y a même pas une heure... Je suis maintenant une pupille de la couronne de Vert bois pour un an... Déplora Éden totalement perdue.
- Un an... Ce n'est pas possible… Cela doit être une année Valar. Comment as-tu pu signer un tel contrat ? Le prince s'est joué de toi, Éden... Lui apprit Isil en langue commune en fronçant ses sourcils sombres. Je t'avais pourtant prévenue... Tu ne peux faire confiance à personne.
« Saches que tu ne peux faire confiance à personne. »
Isil avait totalement raison. Thranduil s'était encore joué d'elle. 144 années, piégée dans un royaume d'elfe, ce n'était pas gagner au Loto. Elle enfouit sa tête dans ses mains, ses épaules frémirent. Les larmes commençaient à perler dans ses yeux. « Thomas est de retour... Et maintenant ça ? »
- Ouais, on peut dire que t'avais raison, Isil ! T'as gagné, t'es contente. D'ailleurs, si je me base sur ta logique, je ne devrais pas non plus te faire confiance. Tu m'as bien roulé dans la farine à me faire croire que tu voulais m'aider... Cria-t-elle en se levant comme un ressort. Tu es autant une traitresse que Thranduil. Conclu-t-elle en la pointant du doigt.
- Si j'ai fait cela c'était pour discréditer Wilwarin... Il voulait t'éloigner de Thranduil. Tu es une menace d'après lui. Je voulais t'aider ! Tu n'aurais pas tenue trois jours toute seule. Avoua-t-elle, ses lèvres légèrement tremblantes. Wilwarin me faisait du chantage... Si je ne l'avais pas aidé, il m'aurait dénoncé à Thranduil, à mon père et à Glorfindel... J'aurais tout perdu.
Éden la regarda de haut, dégageant une mèche rebelle de son visage. Elle fit un pas en avant, s'apprêtant à partir, puis elle se retourna et s'assit sur le lit, les poings serrés contre ses cuisses.
- Et merde... Wilwarin est vraiment la pire des fouines. Je ne lui ai rien fait pourtant... Souffla Éden.
- C'est un ami d'enfance. Il n'est pas totalement mauvais, tu sais... Il a beaucoup souffert du départ de son père, Palantir, qui est un grand voyageur. Un jour, il décida de quitter sa femme et ses trois enfants pour suivre une bande de saltimbanques humains sur les routes de la Terre du Milieu. Wilwarin ne lui a jamais pardonné et depuis, il se méfie des étrangers qui lui ont enlevé son père. Expliqua Isil en buvant son mélange infect.
- Pff... Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, celui-là. Tu bois quoi depuis tout à l'heure ? Ça a l'air horrible ! S'exclama la jeune femme en montrant le gobelet fumant. Puis elle éclata de rire.
- C'est une tisane à base de feuilles qui contre les effets du poison de Morgul provenant de ma blessure. Il retarde le poison. Ainsi, dans une semaine, lorsque nous arriverons, Dame Galadriel pourra me soigner et personne ne découvrira mon secret. Je ne pense pas que Wilwarin me dénoncera tant que j'ai des preuves contre lui. Il m'a menacé avant, je l'ai cru un instant, mais je pense qu'il ressent encore de l'amitié pour moi.
- J'espère pour toi... Méfies-toi, quand même. En tout cas, t'inquiètes, je garderai ton secret. Maintenant que tu m'as tout expliqué, je suis rassurée. Chuchota Éden au creux de son oreille en souriant.
Derrière la porte, Wilwarin avait tout entendu. Il plaqua sa main sur sa bouche essayant de contenir un fou rire. « Deux poissons dans le même filet ! ». Il avait toutes les cartes en mains pour agir. « Éden Dilaurentis, tu espères trop, quelque chose me dit que tu ne riras pas bien longtemps ».
Deux heures plus tard...
Thranduil traversa le couloir menant à la cabine d'Éden. Cette discussion avec Glorfindel l'avait détendu malgré l'intervention énervante de Wilwarin. Dès qu'il prit congé de son ami, il déroula le rapport du capitaine d'Andî et le lu attentivement.
Alors c'était pour cela qu'Elrond n'avait jamais reçu sa missive, Andî avait fait modifier la missive afin de piéger Éden. Son regard s'assombrit.
Il connaissait le capitaine Andî depuis des centaines d'années. D'ailleurs, il lui avait confié des missions hasardeuses qu'il avait toujours exécutées avec succès. Cependant, il avait toujours pris le soin de l'avertir en amont de son plan car Thranduil aimait tout savoir.
Pour cette mission, Andî avait agi à sa guise, ce qui était très étrange. De plus, le fait que Wilwarin lui donne son rapport, l'avait étonné.
Il arriva devant la cabine de cette elleth. Les questions sur Andî et Wilwarin attendraient... Pour l'instant, il fallait qu'il sache pourquoi Éden avait réagi de la sorte en voyant Ciryon pour la première fois. Il tourna la poignée, mais s'aperçu que la cabine était fermée à clé.
- Éden, ouvre cette porte immédiatement ! J'attends tes explications... Gronda-t-il en frappant à la porte.
Une petite voix ensommeillée lui répondit.
- J'ai pas envie de vous parler... Vous n'êtes qu'un menteur doublé d'un manipulateur. Je ne parle pas aux menteurs.
- De quoi parles-tu Pinig ? S'enquit-t-il en arquant un sourcil.
- Je parle des putains de 144 années où je moisirai dans votre forêt. Hurla-t-elle. Puis il n'entendit plus que des pleurs. En plus... En plus, je déteste la nature, ça pue, il y a des bêtes et des insectes partout. Je vais faire quoi moi, chez vous ? Devenir Bucheron ? Couina-t-elle. Thranduil entendit un objet se briser contre la porte.
- Ouvres cette porte et nous parlerons. Dit-t-il d'une voix suave et grave en caressant la poignée.
- Non.
Le fils d'Oropher leva les yeux, choqué par sa réponse. Cette elleth lui disait non. Jamais il n'avait entendu ce mot de la bouche d'une femme. Elle commençait à lui faire dangereusement perdre patience.
- Comment cela, non ? Veux-tu que je fasse enfoncer cette porte? Menaça Thranduil en reculant, sa belle mâchoire contractée par la colère.
- A défaut de pouvoir m'enfoncer autre chose... Insinua-t-elle dans un rire.
- Elleth stupide... Je reviendrai demain soir te voir. Nous verrons bien qui rira le dernier. Personne ne se moque de...
- Ouais, ouais, je sais. Personne ne se moque du prince d'Eryn Galen. Je connais la chanson. Claironna la voix de l'elleth avec nonchalance en gloussant.
Thranduil donna un coup de poing dans la porte et rebroussa chemin. Dès demain, il s'appliquerait à la dresser. Sinon il perdrait patience pour de bon.
Firith Étiolement
Girithron 6 décembre
Ormenel « Aux cieux » Vendredi
L'an 1 du Tiers âge du Soleil.
Ciryon flânait sur le pont en attendant le déjeuner. Il s'accouda à la rambarde du navire et caressa sa barbe touffue. Ce qui s'était passé la veille l'avait réellement troublé. Généralement, il avait un franc succès avec les femmes et celle-ci l'avait frappé dès qu'elle l'avait vue.
Pourtant, il ne se souvenait pas avoir fait l'amour avec une femme elfe. D'ailleurs, il n'en n'avait jamais vue, ni eût dans son lit. Bien qu'il aurait aimé... Ce séjour en Lindorinand et à Vert bois-le-grand rectifierait ce manque d'expérience avec les damoiselles elfes.
- Bonjour, prince Ciryon ! S'exclama une voix féminine.
Encore cette étrange femme elfe. Légèrement méfiant, il croisa les bras sur son torse en la toisant.
- Bonjour, damoiselle. Souhaita le fils d'Isildur avec toute la politesse dont il pouvait faire preuve à cet instant.
Il n'avait côtoyé que des hommes elfes jusqu'à présent. Son père lui avait ordonné cette mission diplomatique car il parlait le Sindarin et le Quenya avec une fluidité incomparable à celle de ses frères ou des nobles d'Annúminas (capitale du Royaume d'Arnor) ou de Minas Anor.
C'était la première une jeune fille elfe qu'il voyait et... Il devait se dire qu'elle ne correspondait pas au tableau enchanteur qu'on avait pu lui décrire. Elle était de toute beauté, certes, mais elle n'était pas la dame Elfe magnifique qu'il s'attendait à voir la première fois à un bal. Ciryon soupira. Rien ne se passait comme il l'aurait voulu. Il sortit une pipe de sa poche ainsi que de l'herbe à fumer de la meilleure confection hobbit du Champ des Iris.
- Vous fumez, Prince Ciryon ? S'exclama la jeune femme elfe avec entrain. Pourquoi lui demandait-t-elle une telle chose ? Les jeunes filles elfes étaient d'après ce qu'on lui avait raconté les plus douces créatures au monde, pleine de grâce. Jamais Dame Luthien ou la légendaire Galadriel n'aurait demandé une chose pareille.
- En effet. Cela est une herbe très douce. Mon frère Aratan m'en a fait cadeau avant mon départ. Informa-t-il avec un beau sourire. Il remplit sa pipe sous les yeux gourmands de la femme elfe. Décidément, il la trouvait étrange. Il alluma sa pipe et fuma doucement en regardant un instant l'horizon.
- Dites-moi, ça vous dérange si je fume une latte ou deux ? S'enquit-t-elle avec un sourire à faire fondre la neige de la Montage solitaire.
Il tourna brusquement la tête vers elle et toussa bruyamment. Les femmes elfes étaient vraiment différentes de son idéal. Violente un jour, agréable un autre jour. Surpris, il tendit sa pipe à la jeune femme. Celle-ci la pris et fuma en savourant chaque bouffée. « Par mes ancêtres, elle fume comme un homme ».
- Dites-moi, Ciryon, que faites-vous sur ce beau bateau ? L'interrogea-t-elle.
Elle ne voulait pas arrêter avec ses questions. Il devait bientôt aller manger avec le Haut-prince des Noldor et d'Eryn Galen, non qu'il fût impatient loin de là. Il n'aimait pas beaucoup ces deux-là. Tout particulièrement le prince Thranduil, la caricature de l'arrogance elfique. Mais il voulait juste fumer en paix, c'est tout...
- Je suis envoyé par mon père Haut-Roi d'Arnor et du Gondor, afin de représenter la race des Hommes lors du couronnement des trois princes elfes : Thranduil, Ràvion et Amroth. S'impatienta-t-il. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser.
Il tenta de reprendre sa pipe. A sa plus grande déception. Elle fumait de nouveau. A croire qu'elle parlait avec lui juste pour cela.
- Intéressant... Une sorte de diplomate en fait ! Constata-t-elle. La jeune fille elfe marqua une pause et regarda le soleil mourir derrière l'horizon. Ses yeux se voilèrent d'une pâle mélancolie. Vous savez, je suis désolée pour la dernière fois... Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. S'excusa-t-elle d'une petite voix.
- Quelqu'un d'autre... Répéta-t-il en se grattant le menton. Cette jeune personne était mystérieuse. Il rit intérieurement.
« Jeune personne... Elle doit surement avoir quelques centaines d'années. »
- Un véritable trou du cul, je vous dis ! Il m'a trompé avec un thon qui se prenait pour Miss Monde. Moi j'aurais plutôt dit Miss camping. Explique-t-elle avec dédain. Elle fuma une dernière fois, ses yeux de biche pétillaient de colère.
- Trou du cul... Thon... Souffla-t-il
Il allait lui arracher sa pipe et prendre congé poliment de cette curieuse fille quand il aperçut les deux dernières personnes qu'il voulait voir. Les futurs convives... Thranduil, fils d'Oropher et Ràvion fils de Gil-Galad.
- Am man oduleg hi ? Que fais-tu là ? Interrogea Thranduil d'une voix grave, inquisitrice. Lui aussi remarqua la pipe et Rauros vit la bouche de son souverain s'ouvrir légèrement pour claquer si fort qu'il entendit ses dents s'entrechoquer.
- Vous voulez fumer, vous aussi. La jeune femme lui tendit la pipe sous les yeux embrasés du Prince d'Eryn Galen. Il me l'a gentiment prêté. Expliqua Éden tout naturellement. Il n'allait pas lui faire un caca nerveux à cause de ça. En plus, elle était immortelle alors pour le cancer, il n'y avait aucune chance.
Ràvion, toujours le sourire aux lèvres, se dit que si les yeux de Thranduil pouvaient tirer des flèches, le pauvre fils d'Isildur serait mort.
- Éden, rendez ceci au Prince Ciryon. Hortho tout de suite. Ordonna-t-il, sa voix claqua comme un fouet. C'était la dernière chose qu'il aurait voulu voir. Éden sur le pont en train de fumer avec un Homme.
- De toute manière, j'allais lui rendre. Se justifia Éden en levant les yeux au ciel. Avec un beau sourire, elle rendit la pipe à Ciryon. Hannon le, Prince Ciryon. C'était cool.
Ciryon rangea sa pipe dans la poche de sa cape. « Cool ? »
Le plaisir était partagé, mademoiselle. Dit-t-il avec un léger mouvement de la tête.
Il remarqua le regard noir du Prince d'Eryn Galen, il devait se rattraper de ce litige.
- Thranduil Ernil, j'espère que cela ne vous a pas dérangé. Elle me l'a demandé si poliment, je ne pouvais refuser. C'est la galanterie Arnorienne. Nous désirons toujours être agréables aux femmes. Se justifia le fils d'Isildur dans un Sindarin parfait.
Déjà qu'ils se disputaient au sujet de politique, il ne voulait pas enflammer les choses sur d'autres plans.
- Nous les elfes, n'avons pas les mêmes critères de galanterie. Que cela ne se reproduise plus. Gronda Thranduil d'une voix glaciale. Ses lèvres affichèrent un sourire de façade. Il dénotait énormément avec ses yeux toujours brûlants de colère.
- Bien entendu. Je propose que nous allions manger. Parla Ciryon.
Il ne se démonterait jamais devant un elfe. Le fils d'Oropher était impressionnant, mais lui était d'un sang aussi royal que le sien. Lui aussi descendait d'immortels. Le roi Thingol de Doriath était son ancêtre, comme Luthien. Il possédait aussi comme ascendance glorieuse Turgon, roi de Gondolin.
Il croisa le regard de Ràvion. Bien entendu, il était aussi apparenté à Gil-Galad. Il n'avait pas à courber l'échine devant eux. Ces elfes étaient des lointains parents. Son père Isildur méritait d'avoir l'Unique, il était le wergeld « Le prix du sang » pour le roi Elendil mort au combat, et pour son oncle Anàrion. Un roi prenait ce qu'il voulait, il n'avait besoin de l'autorisation de personne. Ces elfes se croyaient plus intelligents de part leur immortalité, mais ils n'étaient en rien supérieurs à son père.
- Allez-y sans moi, je dois régler quelques affaires urgentes. Articula Thranduil en regardant Éden.
Celle-ci déglutit et regarda ses pieds. Il n'avait pas digéré leur échange de la veille. Peut-être qu'elle avait été un peu loin dans ses propos.
- Bien. Prince Ciryon venez avec moi. Le cuisinier a préparé un ragoût qui m'a l'air des plus exquis. S'exclama Ràvion en riant.
Il ne se fit pas prier et partit vers la salle à manger, accompagné du Haut-prince des Noldor.
Lorsqu'ils furent partit, Thranduil attrapa le bras de la jeune elleth et la poussa vers lui.
- Viens avec moi... que je te donne la preuve qu'on ne se moque pas du prince d'Eryn Galen impunément.
Thranduil claqua la porte de la cabine d'Éden, sa poigne toujours ferme sur son bras. Il se tourna vers elle et la plaqua contre le mur.
- Qui est Thomas ? Interrogea-t-il dans un timbre rauque. Et que signifie l'épisode d'hier soir ?
La jeune femme essaya de lui mettre un coup dans l'entre jambe, mais il se pressa plus fort contre elle. Éden pouvait sentir son souffle contre sa nuque.
- Cela ne vous regarde pas... Pourquoi voulez-vous savoir ça ? S'enquit-t-elle.
Un frisson lui parcourut l'échine. Elle sentit la main de Thranduil remonter sa robe, caressant sa cuisse lentement. Ses doigts sur sa peau, la froideur des bagues. Son pouls s'accéléra. L'odeur de ses mèches de cheveux lui incendiait la poitrine.
- C'est moi qui poserais les questions et tu y répondras... Penses-tu qu'il est intelligent de déclencher ma colère ? Demanda-t-il avec une voix dominatrice.
La main du roi était arrivée au niveau de la taille et caressait sa peau nue.
- Si je ne réponds pas, vous ferez quoi ? Demanda-t-elle ses yeux braqués dans les siens.
Thranduil éclata de rire, et mordit sa lèvre inférieure. Ses yeux de braise lui brûlaient la peau. Tout d'un coup, à sa plus grande stupeur, il déchira sa robe du décolleté jusqu'à la taille, se reculant légèrement pour la contempler quelques secondes.
Ensuite, il passa ses mains dans ses cheveux, en souriant. Le désir commençait à monter en elle, une douce chaleur lui parcourant les entrailles. Un sentiment qu'elle essaya de mettre de côté. Elle tourna la tête, faisant voler ses boucles d'un or sombre, exposant son cou au prince. Cependant, celui-ci ne la laissa pas l'ignorer. Il chercha ses lèvres parmi les boucles éparpillées sur son visage.
« Je veux juste y goûter, il n'y a aucun mal à cela. » Pensa-t-il.
Aspirant légèrement son odeur, il toucha de ses lèvres son menton, ses baisers l'effleurant à peine, telle une brise de printemps. Voulant qu'elle s'ouvre à lui lentement, il écarte du bout des doigts quelques-unes de ses mèches de cheveux et put voir qu'elle avait les yeux fermés. Tout à son plaisir, il amena un doigt jusqu'à son menton et lui fit tourner légèrement la tête, pour que ses belles lèvres soient enfin à portée. Le baiser qu'il lui donna alors était vorace et presque douloureux. Caressant lentement sa lèvre inférieure et essayant de dompter son impatience, il souligna de sa langue les contours de sa bouche, avant qu'un gémissement ne s'échappe des lèvres d'Eden, lui permettant de l'embrasser à pleine bouche durant quelques secondes.
- Regardes moi... Souffla-t-il lorsque sa bouche se sépara de la sienne. Il descendit alors ses mains jusqu'à sa poitrine et il la caressa distraitement. Tu as une très belle poitrine, Éden... Je n'avais pas eu le temps de te le dire la dernière fois. Très belle...
Elle se pinça les lèvres lorsque sa bouche tiède descendit le long de sa nuque, effleurant de son souffle chaud et parfumé sa peau devenue sensible. Un baiser s'imprima sur sa peau, puis un deuxième. Petit à petit, il atteignit sa poitrine, mordillant son téton rose.
Thranduil sourit lorsqu'il entendit un soupir de contentement. Les sensations qu'elles ressentaient lui faisaient peu à peu perdre l'esprit. Il lâcha la main d'Éden, mais elle ne bougea pas.
Il attrapa alors fermement sa cuisse, lui écartant les jambes. Une de ses mains se posa sur une de ses fesses, alors que l'autre se faufila jusqu'à son intimité encore recouverte de tissu. Sa bouche était rougie par ses baisers, légèrement entrouverte par son désir.
Déplaça le tissu, il plaça un doigt entre ses lèvres intimes, la caressant doucement à l'endroit où elle en avait le plus envie.
La respiration de la jeune femme devenait de plus en plus forte et erratique. Descendant lentement, il fit tomber la robe pour avoir un meilleur accès, laissant trainer çà et là une ligne de baisers brûlants et promesses de moments de délices. Arrivant sur son ventre aux hanches délicieusement arrondies, il embrassa son nombril et elle se sentit comme si elle allait perdre la tête.
Plus rien n'avait d'importance, elle le voulait un point c'est tout. Chacun de ses baisers la rendait folle. Elle gémissait d'anticipation, avant même qu'il ne la touche. Son cœur bondit dans sa poitrine lorsqu'il enfonça un doigt curieux en elle.
La bouche du prince continuait à descendre, implacable. Posant ses mains sur sa tête, effleurant légèrement ses oreilles pointues, elle ferma les yeux, abandonnant sa raison pour le plaisir. Sa langue titilla alors son clitoris gonflé par le désir. Thranduil Oropherion lui donnait du plaisir avec sa bouche.
C'était si bon que ça lui faisait presque mal. Des fourmillements lui parcouraient les jambes. Elle serra les cuisses alors qu'il arrêtait, levant les yeux pour la regarder, une lueur étrange dans le regard.
– Non… Ouvre tes cuisses pour moi.
S'avouant vaincue, elle ouvrit légèrement les jambes, Thranduil se chargeant de terminer la manœuvre pour avoir toute la place qu'il désirait. Une vague de plaisir la submergea, elle sentit même l'orgasme arriver quand...
Le fils d'Oropher se leva et s'essuya les lèvres de sa langue, lentement, le regard lascif. Il la regardait avec un grand sourire.
- Tu vois maintenant ce que cela fait de se retrouver devant une porte close. Ne t'inquiètes pas, je n'irai pas plus loin. Je n'accorde ce privilège qu'aux femmes qui le méritent. Bonne journée. souhaita-t-il avec un timbre de miel.
Il sortit de la cabine en riant. Les réponses à ces questions viendraient tôt ou tard. Il avait apprécié de s'amuser avec elle.
- Thran... Murmura-t-elle au bord de l'explosion.
Éden le fixa, la bouche entrouverte, gênée et frustrée. Elle s'écroula sur le sol, la respiration haletante.
A suivre...
N'hésitez pas à me laisser une Review au passage, comme dit mon petit frère : ça fait toujours plaizzzz !
Personnages du Chapitre :
Eden Dilaurentis : Jeune femme de 25 propulsée en Terre du Milieu. Elle a acceptée d'être la pupille de Thranduil, mais découvre grâce à Isil que c'est pour 144 années solaires. Lors de la fête en l'honneur des futurs couronnement, elle claque Ciryon fils d'Isildur en le prenant pour son ex Thomas Valverde. Elle est la seule avec Wilwarin a connaître le secret d'Isil.
Thranduil Oropherion : Fils d'Oropher, prince d'Eryn Galen. Il trompe Eden en lui faisant signer le contrat de Pupille. Les questions à propos d'Eden fourmillent dans sa royale caboche. Entre autre, il se demande pourquoi Éden a appelé le prince Ciryon : Thomas. L'homme dont elle murmure le prénom dans son sommeil. A la fin du Chapitre, il montre à Eden son talent " bucale".
Glorfindel Ilfirinion : Seigneur de la Fleur d'Or et membre du conseil du Haut-roi des Noldor. Grand ami d'Elrond. Il est le fiancé d'Isil et est impatient de la revoir.
Wilwarin Palantirion : Scribe du Seigneur Seregon, membre de la Maison du Chêne. C'est un ami d'enfance d'Isil. Il se dit expert du recopiage de lettres et missives. Dans ce chapitre, il donne une fausse missive " Encore !" à Thranduil, indiquant que c'est Andî l'auteur de la fausse missive destinée à Elrond.
Isil Meltintallë Seregoniel : Fille du Seigneur Seregon, soeur Jumelle d'Andî, fiancée de Glorfinel. Elle prend la place de son jumeau et se travestie en ellon. La blessure qu'elle porte à la poitrine la tue à petit feu. Galadriel pourra sans doute l'aider quand ils arriveront en Lorinand.
Ciryon Fils d'Isildur : Benjamin de la fratrie princière d'Arnor et du Gondor. Ciryon sait qu'il a très peu de chance d'accéder au trône, alors il voyage et profite de son statut. Il est l'ambassadeur de son père pour les couronnements elfiques à venir. Son sindarin et Quenya sont parfait. Sans comprendre il se fait baffer par Éden qui taxe ensuite sa précieux tabac hobbit. Il ressemble trait pour trait à Thomas, le copain infidèle d'Éden.
Ilfirin : Immortel.
