Disclaimer : Rien n'est à moi (sauf quelques personnages que vous verrez apparaître au fur et à mesure), tout est à J.K. Rowling.
Pairing : Je ne sais pas encore. A priori, aucun qui ne concerne Harry. Un léger soupçon de DM/HP, mais vraiment en arrière-fonds.
Résumé : La guerre avait tout détruit, le monde sorcier n'existait plus. Il avait perdu tant d'amis qu'il n'attendait plus que sa propre mort. Enfin, tout ça c'était jusqu'à ce qu'Hermione ne lui explique son plan complètement fou. TIME TRAVEL.
Avertissement : Plusieurs choses ne collent pas aux livres de notre chère J. Ainsi la scolarité d'Harry et la poursuite de la guerre ne sont pas les mêmes que dans les romans. De même, les âges des personnages ne sont pas toujours respectés (Lucius a bien six ans de plus que les Maraudeurs mais Narcissa a le même âge qu'eux et non pas cinq ans de plus). Mais, SURTOUT, l'époque est différente c'est-à-dire que j'ai situé le présent d'Harry dans notre présent à nous. Son voyage dans le temps se passe donc dans les années 1984 et non pas en 1974. Plusieurs petites autres choses que je vous laisse le plaisir de découvrir au fur et à mesure.
Et surtout, un ENORME remerciement à ma beta, Lily Elebore Michaels !
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Chapitre 10 : Plaisir coupable
When the days are cold
And the cards all fold
And the saints we see
Are all made of gold
When your dreams all fail
And the ones we hail
Are the worst of all
And the blood's run stale
I want to hide the truth
I want to shelter you
But with the beast inside
There's nowhere we can hide
No matter what we breed
We still are made of greed
This is my kingdom come
This is my kingdom come
When you feel my heat
Look into my eyes
It's where my demons hide
It's where my demons hide
Don't get too close
It's dark inside
It's where my demons hide
It's where my demons hide
When the curtain's call
Is the last of all
When the lights fade out
All the sinners crawl
So they dug your grave
And the masquerade
Will come calling out
At the mess you made
Don't want to let you down
But I am hell bound
Though this is all for you
Don't want to hide the truth
No matter what we breed
We still are made of greed
This is my kingdom come
This is my kingdom come
When you feel my heat
Look into my eyes
It's where my demons hide
It's where my demons hide
Don't get too close
It's dark inside
It's where my demons hide
It's where my demons hide
They say it's what you make
I say it's up to fate
It's woven in my soul
I need to let you go
Your eyes, they shine so bright
I want to save their light
I can't escape this now
Unless you show me how
When you feel my heat
Look into my eyes
It's where my demons hide
It's where my demons hide
Don't get too close
It's dark inside
It's where my demons hide
It's where my demons hide
(Imagine Dragon – Demons)
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- Potter ! Vous vous pensez donc si intelligent et au-dessus de tout le monde pour manquer vos entrainements particuliers ?
Harry soupira. Severus Rogue passait sa mauvaise humeur sur lui. Depuis quatre mois la guerre avait repris. Ils avaient à peine finis leur cinquième année que Voldemort avait pris d'assaut l'école et fait tomber les protections. Son anniversaire venait juste de passer que l'Ordre du Phénix entrait en trombe dans la maison de son oncle et sa tante et le pressait pour partir. Il avait fait ses valises en quelques minutes, après tout ce n'est pas comme s'il les avait réellement défaites depuis la fin de l'année, et il était parti. En quatre mois, Voldemort était devenu de plus en plus puissant et Harry ne pouvait rien faire. Il voyait ses amis, ses mentors partir au combat et il était là à attendre leur retour sans pouvoir rien faire. Il suivait avec assiduité les cours que Severus, Remus, Sirius, Tonks ainsi que Filius et Minerva et même parfois Albus lui donnaient mais il avait régulièrement des moments de faiblesse. Il n'était encore qu'un adolescent…Ron et Hermione étaient là pour le soutenir, suivant eux-aussi le même enseignement tout comme la plupart de leurs camarades de Poudlard qui avaient trouvé refuge au Square Grimault mais cela ne l'empêchait pas de se montrer épuisé, assez souvent. D'autant plus que ses barrières d'Occlumencie n'étaient pas assez développées pour qu'il puisse repousser toutes les nuits les attaques mentales de Voldemort. Dumbledore lui avait ordonné de suivre des cours de protection mentale, tous les soirs pendant deux heures avec Severus Rogue et il avait dû faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Au début, ces sessions avaient été insoutenables. Leur inimitié était bien trop ancrée dans leurs esprits pour qu'il en soit autrement. Mais un soir où Harry était extrêmement fatigué et Severus anormalement furieux, son intrusion dans son esprit avait été si puissante qu'Harry n'avait rien pu faire, son corps ne lui répondant plus. Et Severus avait alors tout vu de sa vie. Il avait tant et si bien vu qu'il en était ressorti ébranlé. Pour la première fois de sa vie, Harry avait pu observer un Severus Rogue perturbé, les yeux exorbités et même fuir de la pièce. Harry, bien trop exténué pour pouvoir bouger, s'était simplement endormi là et il ne s'était réveillé que trois bonnes heures plus tard, un peu groggy. Il s'était redressé et avait tenté de rejoindre sa chambre, sans succès. Il s'était alors écroulé dans un coin du couloir et s'était aperçu avec stupeur qu'il était déjà occupé par un Severus Rogue aussi déprimé qu'éméché. L'homme l'avait accueilli avec un simple soupir et Harry bien trop curieux pour son propre bien s'était installé à ses côtés. Ils avaient fini par discuter et Harry avait fait connaissance avec le véritable Severus Rogue. Bien entendu, leur entente ne s'était pas faite en une soirée mais elle leur avait permis de trouver un moyen de se parler et de se comprendre.
De temps en temps, Severus avait des accès de fureur lorsqu'il trouvait Harry trop paresseux ou trop lent ou simplement parce qu'il était de nouveau espion et que cela signifiait que, certains jours, il devait faire face à la propre colère de Voldemort. Aujourd'hui était un de ces jours. Severus était revenu la veille, éreinté d'avoir subi trois doloris d'affilée de Voldemort et il était encore tendu en se réveillant ce matin. Mais il avait quand même décidé d'entrainer Harry.
- Professeur…
- Qu'est-ce qu'il y a Potter, votre bêtise vous empêche de vous exprimer correctement ?
- Monsieur ! Il soupira. J'ai rêvé de Voldemort hier…
Cette simple phrase voulait tout dire et Severus se calma.
- Harry…
- Ce n'était pas que des doloris ! Vous avez simplement soigné les blessures les plus graves pour que Madame Pomfresh ne les voit pas ! Et vous avez soigné les hémorragies, juste après être rentré !
Étonnamment, malgré leur passé, Harry s'était très rapidement attaché au professeur de potion. C'était d'autant plus dur qu'avec sa connexion avec Voldemort, il assistait à toutes les séances de torture du Lord. Severus posa une main amicale sur l'épaule du Griffondor et c'était le contact le plus humain qu'il pouvait avoir. Il détestait être touché même par Madame Pomfresh alors qu'elle voulait le soigner.
- Ecoute, tu sais comment tout cela se passe avec Lui. Je peux supporter ça donc tu dois pouvoir supporter de me voir ainsi.
- Mais…
- Non écoute, je sais que ça peut être dur mais on est en guerre. Malheureusement, tu verras bien pire si elle continue.
Harry ferma les yeux et retint ses larmes. Il en avait assez de voir ses proches souffrir à cause de lui.
- Et cesse un peu avec ton complexe du héros. Les membres de l'Ordre et moi-même luttions contre Voldemort bien avant ta naissance !
L'adolescent acquiesça timidement.
- Bien, maintenant reprenons. Où en sont tes barrières ? Tu peux les tenir combien de temps ?
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Harry se réveilla, un étrange sourire aux lèvres. Il ne savait pas trop pourquoi mais ces dernières nuits, il rêvait souvent de ses proches. Drago, Hermione, Ron, et maintenant Severus…
Puis ce qui s'était passé la veille lui revint en mémoire. Le décompte final des morts et blessés n'était pas encore fixé mais cela ne cessait d'augmenter. Toute la journée, des lettres noires étaient arrivées, informant les élèves du décès d'un ou même de plusieurs de leurs proches. Harry ne comptait plus le nombre d'élèves qu'il avait trouvé en larmes dans un couloir. Il soupira. Il n'avait pas spécialement faim mais il descendit quand même dans la Grande Salle. L'ambiance était tendue et Dumbledore était absent. Minerva était en train de boire une double dose de café noir bien serré quand il s'assit à ses côtés. Filius lui-même buvait un cappuccino alors qu'il détestait cela. Dumbledore devait probablement être au ministère en train de régler les affaires courantes ou d'informer la cour du danger que représentaient les Mangemorts. Avec un rire jaune, Harry se rendit compte que l'attaque de Samedi avait au moins eu le mérite de faire cesser le petit harcèlement auquel il était soumis par Lily et Severus. Il passa une main dans ses cheveux, il aurait largement préféré le contraire.
Le petit-déjeuner passa rapidement mais l'ambiance ne changea pas. Personne n'osait rire et même les Maraudeurs n'avaient fait aucune blague. Harry se douta que l'ambiance en cours serait tout aussi morne. Et en effet, quand les cinquièmes années de Serpentards et Griffondors s'installèrent, ce fût dans un silence presque absolu.
- Jeunes gens…Je crois que vous savez tous ce qui s'est passé ce weekend. Certains d'entre vous ont perdu des proches et pour eux, j'aimerai que l'on respecte une minute de silence.
Il compta trois étudiants pleurant silencieusement. La minute fut scrupuleusement respectée et Harry reprit son cours.
- Bien. Je crois que vous avez maintenant un aperçu plus…réel de ce qui se passe à l'extérieur de l'école et que vous vous rendez maintenant compte de l'importance de ces cours. Nous allons donc reprendre là où nous en étions avec plus d'ardeur encore si c'est possible.
Il allait débuter son monologue habituel de première heure sur les créatures magiques et les sorts de défense du niveau de cinquième année avant de passer à des sortilèges plus poussés quand plusieurs mains se levèrent.
- Oui, il y a un souci ?
- C'est-à-dire que…commença une jeune brune dont Harry ne connaissait pas le nom. Elle devait parler pour la première fois dans son cours. Avec ce qui s'est passé…On est inquiet.
Plusieurs de ses camarades approuvèrent avec vigueur. Un autre garçon du nom de Selin continua.
- On est bien d'accord pour dire que vos cours sont les meilleurs et les plus durs qu'on n'ait jamais eu. Mais…est-ce qu'ils sont suffisants ?
Harry eut un mouvement de recul.
- Que voulez-vous dire Monsieur Selin ?
Le garçon hésita, se mordit la lèvre et n'osa pas continuer. Lily vint à son aide.
- On se demandait si c'était possible d'avoir des cours en plus. Les vôtres sont très bien mais on n'a pas assez de temps pour apprendre à se déplacer correctement ou à tenir durant un duel…On ne sait pas comment rester en vie, murmura-t-elle. Le souvenir de sa confrontation avec Voldemort devait être encore vivace dans son esprit.
- Je vois…
Il dévisagea un à un chacun de ses élèves et hocha la tête.
- Ecoutez, tous, je ne vous promets rien. Cependant je vais voir avec le directeur pour des cours en plus. Mais il faut que vous vous rendiez compte que cela va représenter une charge de travail des plus conséquentes qu'il vous faudra assumer. Vos notes dans les autres matières ne devront pas s'en faire ressentir. Est-ce que vous êtes prêts à endosser cela ?
Il y eut un silence.
- Il s'agit de notre vie Monsieur ! S'écria Sirius. Ce n'est pas n'importe quoi !
Harry eut un sourire en coin qu'il réprima rapidement.
- Bien. Dans ce cas reprenons. Je verrai ce que je peux faire.
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Ils courraient à en perdre haleine. Harry sentait son sac frapper son dos à intervalles réguliers et son sous-pull se coller comme une seconde peau à son torse suant. Il avait du mal à respirer mais il savait que s'il s'arrêtait, il était mort. Hermione cavalait à quelques mètres derrière lui et ses cheveux étaient plaqués sur son front et dégoulinaient de transpiration. La forêt se faisait de plus en plus sombre mais s'ils n'y entraient pas plus profondément, les Mangemorts les trouveraient et les tueraient. Cela faisait plusieurs mois qu'ils avaient quitté Square Grimault et ils essayaient tant bien que mal de fuir les Mangemorts présents dans tout le pays. Ils avaient perdu tout contact avec l'extérieur, avec les résistants et hormis les quelques rencontres avec les déportés dans les camps moldus et sang-de-bourbe, ils n'étaient plus que tous les deux.
Ils filèrent ainsi deux heures durant jusqu'à atteindre le cœur même de la forêt. Harry s'étonna d'avoir pu tenir aussi longtemps et admira l'influence qu'avait la peur sur le corps. Quand ils s'arrêtèrent, ils s'écroulèrent sur le sol, le cœur battant, l'estomac au bord des lèvres. Ce ne fut qu'après avoir retrouvé un semblant de respiration qu'ils purent avaler une potion revigorante. Hermione se remit immédiatement debout et lança plusieurs sorts de détection pour s'assurer qu'ils n'étaient plus suivis. Harry se tenait derrière elle, la baguette relevée, examinant les alentours pour trouver des auras menaçantes. Quand ils furent sûrs d'être complètement seuls, leur tension ne se relâcha par pour autant et ils se dépêchèrent de monter leur base. Ce ne fut que lorsqu'ils s'installèrent sur leurs lits de camp, sans un mot, que leurs épaules se détendirent. Hermione rabattit ses cheveux en arrière et commença à pleurer de frustration. Harry n'était pas loin de faire de même il ne voulait pas craquer devant son ami. La nuit était tombée depuis une demi-heure et le bruissement de feuilles était le seul bruit qu'ils entendaient. Hermione soupira.
- Ça va durer encore combien de temps ?
Ce n'était qu'une question rhétorique, Harry le savait. Pour ce qu'il en pensait, ils allaient probablement fuir ainsi toutes leurs vies. Mais comme celles-ci ne seraient pas très longues… Il se prit un coup de tee-shirt sur le visage.
- Arrête d'être aussi cynique Harry !
- Je n'ai rien dit !
- Je te connais ! Tu étais en train de penser qu'on allait mourir bientôt donc que ça ne te dérangeait pas si on faisait ça toute notre vie, non ?
Harry s'avachit sur son lit de fortune.
- Tu me connais trop bien, 'Mione.
Ils se turent.
- Je me demande ce que fait Drago.
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- Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée Albus ?
Harry était dans le bureau du Directeur, exceptionnellement présent depuis l'attaque du ministère. Il était tranquillement assis sur l'un des sofas que son supérieur avait fait apparaitre quelques minutes plus tôt. Il lui avait rapidement expliqué les désirs des étudiants et il attendait son avis. L'homme était confortablement placé sur son fauteuil, les doigts liés sur son ventre et il regardait dans le vide d'un air pensif. Il avait l'air exténué et Harry n'osait pas imaginer la somme de travail que l'attentat lui avait rajouté.
- C'est en effet une idée très intéressante.
Il chercha ses mots et décroisa ses jambes.
- Je pense aussi mais cela signifie que l'on va devoir trouver un autre professeur pour ces cours. En toute honnêteté, je me vois difficilement mener de front mes cours de défense, mon combat contre Voldemort et ses cours de duel, seul.
Dumbledore acquiesça.
- Oui, oui bien sûr. C'est ce à quoi j'étais en train de réfléchir. Filius aurait été mon premier choix s'il n'avait pas déjà été professeur de sortilège et directeur de la maison Serdaigle. Et puis, à son âge, le corps humain a plus de mal à supporter la pression d'un bon duel. Mais je ne doute pas qu'une rencontre entre vous deux serait des plus…captivantes.
Il eut un drôle de rire et Harry rosit légèrement. Sans être du niveau de Voldemort ni même de Dumbledore au meilleur de sa forme, Harry pouvait, sans fausse modestie, admettre que ses capacités en défense étaient parmi les meilleures du monde sorcier. Harry savait que le seul moyen dont il disposait pour tuer Voldemort était l'effet de surprise. Il avait développé ses compétences au maximum et quoi qu'il fasse, rien ne le rendrait aussi fort que Voldemort. A son époque, Harry estimait donc avec réalisme qu'il n'avait aucune chance de battre Tom. Mais ici…ici, le mage noir ne savait pas qui il était ni ne connaissait ses aptitudes réelles. Harry devait donc garder un certain mystère autour de lui pour que le Lord ne sache rien de sa véritable identité. S'il pouvait le faire le sous-estimer, Harry en serait des plus heureux mais il savait qu'il ne fallait pas trop en demander. Et l'empressement de Lily et Severus à tout savoir de lui pouvait tout gâcher…
- Est-ce que vous avez déjà des noms en tête ?
Albus hocha la tête mais mit plusieurs minutes avant de lui répondre.
- Kessy McKay est un duelliste dont on entend de plus en plus souvent parler. Plus que son jeune âge, c'est l'art de retourner une situation défavorable à son avantage qui l'a rendu populaire. Son…don lui est très utile en duel.
Harry haussa un sourcil intéressé. Et Dumbledore gloussa discrètement.
- En réalité, Filius n'arrête pas de me vanter ses mérites. Depuis qu'il a entendu parler de ce projet de duel grâce aux étudiants, il est des plus impatients et n'arrête pas de me presser pour que nous fassions appel à lui.
Ce fut au tour d'Harry de pouffer. A son époque, il avait eu l'occasion de discuter de nombreuses fois avec l'ancien professeur et il connaissait son ardeur pour certains duellistes. Harry avait fini par enregistrer mentalement la liste des idoles du petit enseignant et la plupart d'entre elles n'étaient déjà plus de ce monde dans les années 1980.
- Quel âge a-t-il ?
- Humm, Dumbledore prit un temps de réflexion. Je dirai 27 ou 28 ans peut-être plus, je ne sais pas exactement.
Harry hocha la tête.
- Pourquoi ne le contactez-vous pas ?
- Avec ce qui s'est passé dernièrement, il eut un ample mouvement de la main, disons que je n'ai pas vraiment eu le temps.
Ooooh, Harry était familier de ce genre de méthode. Il avait suffisamment côtoyé Dumbledore dans son présent pour connaître par cœur tous ses petits tours de passe-passe.
- Vous voulez que je le contacte ?
Le petit air innocent qu'afficha son Directeur ne le trompa pas et Harry soupira, amusé. Il accepta et quitta la pièce pour envoyer un hibou au duelliste.
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A l'attention de Monsieur McKay, maître-duelliste, Valloesgade 21, 7100 Vejle, Danemark,
Maitre McKay,
Je vous écris aujourd'hui pour vous demander de bien vouloir accepter d'aider l'école de sorcellerie Poudlard, Ecosse, Grande-Bretagne.
En effet, aux vues de la situation politique actuelle dont vous avez probablement entendu parler, certains de nos étudiants se sont manifestés pour recevoir des cours de duel en plus de leurs cours habituels. En accord avec le Directeur Albus Dumbledore et sous les fortes recommandations du maitre de duel Filius Flitwick, nous aimerions que vous enseigniez l'art du combat à nos étudiants.
Ces cours, qui auraient lieu dans la journée du Samedi, se feraient en collaboration avec le maitre de duel Flitwick et moi-même, le professeur de Défense contre les forces du mal.
A ce titre, vous trouverez ci-joint le contrat d'emploi proposé par le Directeur Dumbledore contenant notamment toutes les informations relatives à votre salaire, à votre logement de fonction ainsi qu'aux obligations liées au poste que vous occuperez.
Je reste joignable par hibou pour toute demande d'information supplémentaire.
Dans l'attente d'une réponse de votre part, veuillez agréer Maitre McKay, l'expression de mes sentiments distingués.
Eden Reece,
Professeur de Défense contre les Forces du Mal
Ecole de Sorcellerie Poudlard
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Harry ne reçut la réponse du duelliste que deux bonnes semaines plus tard. Alors qu'il s'attendait à recevoir un hibou, il rencontra l'homme en personne.
- P'fesseur Reece ?
La voix était bourrue et un peu hésitante. Harry se retourna. Ils étaient au beau milieu d'un couloir, Harry sortant de cours. Avec une agréable surprise, il s'aperçut que c'était Hagrid qui l'avait hélé.
- Oh, bonjour Hagrid. Vous allez bien ?
- Hein ? Oh oui m'ci m'sieur. C'est juste que…y a là un homme qui dit qui doit vous pa'ler.
Hagrid mâchait toujours autant ses mots. Harry ne se laissa pas le temps de devenir nostalgique.
- Un homme ?
- 'Ui, qui dit qui s'appelle M'kay, qu'que chose comme ça. Il se retourna légèrement. Sans offense m'sieur.
- Il n'y a pas de problème.
La voix lui était inconnue. Légèrement rocailleuse, avec un poil d'accent étranger qu'Harry ne reconnut pas. Mais faisant le lien avec ce que lui avait dit Hagrid, il jugea qu'il devait s'agir de Kessy McKay et qu'il avait donc un accent danois. L'homme s'avança et Harry put enfin le dévisager. Il était blond mais d'un blond très clair, platine et non pas presque blanc comme Drago. Ses yeux étaient clairs, d'un bleu virant au vert. Il devait faire un mètre quatre-vingt-cinq, peut-être un peu plus, Harry avait du mal à juger. Ses épaules étaient grandes, carrées et son allure était imposante sans non plus être terrifiante. Harry devait admettre qu'il était bel homme. Kessy le regardait droit dans les yeux et Harry sentit son cœur se réchauffer. Le Danois l'étudia lui aussi et Harry appréciait sentir son regard sur lui. Avec la guerre, il n'avait pas pu nouer de relations et il n'avait pu évacuer sa frustration sexuelle qu'à deux reprises. Alors répondre aux critères du jeu de la séduction…
- Maître McKay je suppose ?
- En effet, Monsieur Reece ?
- Tout à fait ! Enchanté de vous rencontrer ! Je ne pensais pas vous voir si tôt. A vrai dire, j'attendais encore votre réponse par hibou.
- Kessy sourit et rit doucement.
- Disons que vous avez su atteindre mon ego. Je ne pouvais pas refuser une telle proposition.
Harry rit franchement.
- Je suis on ne peut plus fier dans ce cas. Mais venez, allons dans ma salle de classe, nous pourrons discuter calmement. Il se tourna vers Hagrid. Merci beaucoup de m'avoir prévenu Hagrid. A ce propos, j'ai entendu parler de plusieurs créatures et le Directeur m'a assuré que vous vous y connaissiez très bien dans ce domaine. Accepteriez-vous de prendre le thé avec moi pour en discuter ?
Le garde-chasse parut surpris mais ravi. Il paraissait même gêné mais aussi très fier. Harry apprécia créer chez son ancien ami de telles émotions. Il ne s'en rendait compte que maintenant, mais l'homme lui avait énormément manqué.
Les deux adultes se retrouvèrent rapidement dans la salle de classe qu'occupait Harry et ils se mirent rapidement à l'aise. Harry débuta la conversation par des questions innocentes.
- Depuis quand vous passionnez-vous pour les duels Maître ?
Kessy McKay eut un rire discret.
- S'il vous plaît, nous devons avoir à peu près le même âge, appelez-moi Kessy.
- Entendu Kessy, sourit Harry. Mais appelez-moi Eden dans ce cas.
- Comme vous voulez…Eden. Sa voix avait pris un ton sensuel sans être non plus provocateur. Et pour répondre à votre question, j'ai commencé à pratiquer l'art du duel vers l'âge de cinq ans.
- Cinq ans ? Harry se redressa, tout à fait intéressé, oubliant à quel point c'était perturbant d'être séduit par quelqu'un d'autre que Drago. Si jeune ?
- Jeune ? Kessy paraissait surpris. Pas vraiment. Vous venez du monde moldu ?
Harry était maintenant décontenancé.
- Pourquoi ? Il fronça des sourcils.
- Oh non, n'y voyez pas là un intérêt malsain pour vos origines. Simplement, dans le monde sorcier, il est courant que les enfants soient éduqués à la magie dès leur plus jeune âge. Pour qu'ils puissent mieux se défendre en cas d'attaque. C'est comme ces polies cirés ? Je ne sais plus le mot exact, il eut un air contrit et se mordit délicatement sa lèvre inférieure.
- Vous voulez dire policiers ?
- Oui, oui exactement ! Il eut un regain d'énergie et de bonne humeur. Ces policiers apprennent à leurs enfants comment bien manier un…pistolet ?
Il regarda Harry dans l'attente de son approbation. Harry acquiesça dans un sourire.
- Aussi, si jamais les enfants sont attaqués, qu'il y a un cambrioleur chez eux et que les parents ne sont pas là, ils peuvent se défendre. C'est la même chose ici. Mon père était un professeur de duel sorcier à l'épée et il a commencé à m'enseigner tout ce qu'il savait dès mon plus jeune âge.
- Je ne savais pas…Harry se reprocha d'être parti au quart de tour quand Kessy lui avait demandé ses origines. Ma situation personnelle et familiale est un peu…particulière, on va dire.
Kessy eut un rire franc.
- Il n'y a vraiment aucun problème ! Et vous depuis quand vous intéressez-vous aux forces du mal ? J'ai vu que vous n'étiez professeur que depuis récemment.
- Depuis toujours, Harry eut un sourire nostalgique. Sans ça, je ne serais pas vivant aujourd'hui.
Kessy parut étonné mais Harry ne développa pas pour ne pas se trahir et le danois respecta son silence.
- Vous n'avez pas peur de la malédiction ?
Harry s'esclaffa franchement.
- Vous n'êtes pas le premier à me poser la question, répondit-t-il en s'étonnant que l'homme connaisse les rumeurs locales. Non je ne la crains pas et à vrai dire, cela m'arrange un peu. Je ne comptais pas rester plus d'un an professeur.
Et c'était vrai. Si au bout d'un an Voldemort était toujours vivant, Harry comptait bien donner sa démission et ne se concentrer que sur lui. Kessy eut un air circonspect mais ne répondit rien.
- Vous êtes particulier, reprit-il après quelques secondes de silence.
- Est-ce une mauvaise chose ? Interrogea Harry, curieux.
- Non. Harry vit Kessy se mordre la langue. C'est même plutôt séduisant.
Harry eut une bouffée de chaleur et se flagella mentalement. Il n'était plus un adolescent. Il ne manquerait plus qu'il rougisse ! Il lui adressa un sourire mutin auquel Kessy répondit, amusé.
- Ah, tenez, avant que je n'oublie. J'ai signé tous les papiers du contrat.
Harry s'en saisit, parcouru le dossier pour vérifier qu'il ne manquait aucune signature et se redressa.
- Dans ce cas, peut-être aimeriez-vous visiter l'école ? Nous terminerons par le bureau du directeur.
- Avec plaisir !
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Lily et Severus arpentaient le couloir adjacent à la salle de classe d'Eden Reece, en long, en large et en travers. Lily se mordillait le bout des lèvres avec un air inquiet tandis que Severus essayait de la calmer, sans succès.
- Sev' !
Son cri le surprit et le fît sursauter.
- Quoi ? Lily, un peu plus de discrétion, Reece va nous entendre !
- Oh. Pardon.
Elle se tut et sembla chercher ses mots.
- Il faut qu'on recommence.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
- Mais on a besoin d'informations !
- Et tu crois réellement qu'il va nous les donner ? Severus la dévisagea avec exaspération. Lily, on a déjà eu cette conversation des dizaines de fois. Reece ne nous dira rien de plus que ce qu'il ne nous a déjà dit.
- Mais peut-être…Enfin…Il y a forcément un moyen !
- Foutue Griffondor, grommela Severus.
- Quoi ? Lily se tourna vers lui.
- Rien, rien, s'empressa-t-il de répondre.
- Si Reece ne veut rien nous dire, alors on doit aller voir Dumbledore !
- Sérieusement ? Lily…
La jeune fille qui n'avait eu de cesse de bouger, abaissa le bras qu'elle avait relevé quand elle avait proposé d'aller voir le directeur. Elle soupira, dépitée.
- Oui. C'est stupide, je sais. Excuse-moi. C'est juste que…Il se passe quelque chose d'énorme à l'extérieur et Reece…Je suis certaine qu'il a quelque chose à voir avec cela.
Severus ne répondit rien. Que pouvait-il dire de toute manière ? Ils restèrent ainsi, collés au mur pendant de longues minutes jusqu'à ce que des bruits de pas ne se fassent entendre.
- Severus, Evans. Mais qu'est-ce que vous foutez là ?
Regulus et Narcissa venaient de les rejoindre. Lily se tendit légèrement mais ne les attaqua pas. Sans être des plus sympathiques avec elle, ils n'étaient pas non plus insultants. Et Lily savait que Severus ne permettrait jamais à ses deux amis de la dénigrer.
- On attend Reece, répondit Severus.
- Oh.
Le jeune potionniste avait bien évidemment mis ses deux camarades au courant de l'altercation qu'ils avaient eu avec le professeur.
- Vous espérez l'avoir à l'exaspération ? Taquina Narcissa.
Lily souffla fortement et grogna pour montrer sa désapprobation. La jeune Black retint un ricanement mais ne put s'empêcher de sourire largement. Contre toute attente, Severus ne rit pas à sa blague et se figea.
- C'est ça !
Ses trois compagnons se tournèrent vers lui, interrogateurs.
- Réfléchissez ! Si vous deviez ranger Reece dans une des maisons, laquelle lui irait le mieux ?
- Griffondor, répondit Regulus après une longue hésitation.
- Quoi ? Pourquoi ? S'écria Lily étonnée.
Ce fut Narcissa qui répondit.
- Il a de nombreux côtés Serpentard mais…il parait très soupe-au-lait parfois et il s'enflamme rapidement quand on parle de chose qu'il aime. Un Serpentard ne réagirait pas comme ça. On est plus réservé avec les étrangers. Il est plus impulsif.
- Exactement, fit Severus, enjoué. Et comment réagirait un Griffondor mis sous pression ?
- Si on parle de Potter et Black, probablement en nous mettant un poing dans la gueule, maugréa Regulus. Mais Reece…
Il y eut un silence.
- Attends, Severus, balbutia Lily. Tu n'es quand même pas en train de me dire qu'on va harceler Reece pour savoir qui il est réellement ? Il est notre professeur ! Il peut nous coller, nous faire perdre des points, en parler à Dumbledore qui pourra nous suspendre ou pire nous renvoyer…
- C'est un risque à prendre.
- C'est insensé… Lily dut se tenir au mur pour ne pas tomber.
- Lil's…Je croyais que tu voulais des informations ?
- Oui mais…
Elle allait ajouter « pas comme ça ». Mais en y réfléchissant bien…Cela pouvait effectivement être la solution. Elle le dévisagea, tiraillée.
- Tu penses réellement que si on harcèle Reece un peu chaque jour, il finira par craquer ?
- C'est risqué, confirma Narcissa. On n'a pas affaire à n'importe quel vulgaire griffy de seconde zone. On parle d'un véritable professeur de défense qui a certainement déjà fait la guerre et donc vu pire que quatre pauvres étudiants interrogateurs. Elle fit une pause et épousseta ses vêtements. Je ne suis pas sûre que cela marche.
Comme Regulus acquiesçait discrètement à son petit discours, Severus répliqua, agacé.
- Vous êtes bien mignons tous les trois, à vouloir des réponses sans jamais rien tenter. Si vous voyez un autre moyen, surtout n'hésitez pas, je suis toute ouïe.
Oubliant toute inimitié, Regulus, Narcissa et Lily se questionnèrent du regard, silencieux.
- Eh bien eh bien. Qu'avons-nous là ?
Ils sursautèrent tous les quatre.
- Pro…Professeur Reece ! Balbutia Lily.
Severus, Narcissa et Regulus reprirent immédiatement un visage de marbre. Mais leur surprise ne passa pas inaperçue. Harry eut un sourire en coin et se tourna vers son collègue.
- Kessy, je vous présente quatre de nos élèves, Mesdemoiselles Black et Evans et leurs deux camarades, Messieurs Black et Rogue. Il désigna chacun d'eux d'un petit geste de la main. Nous avons là une jolie preuve de l'amitié inter-maison, ricana gentiment Harry.
- Enchanté jeunes gens.
- Nous…nous aussi, continua Lily. Monsieur…heu…
- Je vous présente Maitre Kessy McKay. Il sera celui qui vous enseignera l'art du duel dans les cours supplémentaires que vous avez demandé. Le professeur Flitwick et moi-même l'appuieront.
Les yeux des trois Serpentards se firent de suite plus intéressés et ils étudièrent calmement le nouveau venu. Lily était plus inquiète de savoir si les deux hommes les avaient entendus que d'analyser son nouveau professeur.
- Bien, sur ce, Kessy, et si nous continuions cette visite ?
- Avec plaisir !
C'était étrange de voir Eden si reposé et amusé se dit Lily comme elle les regardait partir. Mais le voir interagir avec le Danois lui fit prendre conscience qu'il s'agissait peut-être là de la meilleure occasion dont ils disposaient pour en apprendre plus sur Reece. Si McKay l'aidait dans les cours de duel, il pouvait aussi l'aider pour les cours de défense. De plus, l'avoir dans l'école permettait d'améliorer le niveau de protection des élèves. Enfin, c'était à relativiser mais au moins, il y aurait un professeur compétent en plus dans l'établissement. Reece serait donc moins sur ses gardes et plus amène pour écouter leur demande. Quand elle fut certaine que Reece et McKay étaient suffisamment loin pour ne pas entendre ce qu'elle avait à dire, elle se tourna vers les trois Serpentards.
- C'est okay. Je veux le faire. Dès demain, on harcèle Reece chacun notre tour. Il faut jouer sur ses sentiments et voir ce qui le touche personnellement pour pouvoir le faire craquer.
Le visage de Severus se détendit imperceptiblement, un sourire narquois commençant à naître au coin de ses lèvres.
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- Alors, vous en pensez quoi ?
- Je ne sais vraiment pas James…Le moment parait vraiment mal choisi…
- Justement ! Répliqua-t-il. Enfin, les gars, vous vous rendez bien compte que tout le monde va mal ? Que plus personne n'ose rire ! C'est pile poil le bon moment pour une blague !
James, temporisa Remus. Il faut que tu te rendes compte que cette attaque est particulière.
- Quoi ? En quoi ? S'écria le brun.
Remus rabattit une mèche de cheveux derrière son oreille et avança d'un pas ou deux pour se mettre au même niveau que James. Sirius et Peter ralentirent un peu pour se mettre derrière les deux autres.
- Toi, et donc nous par la même occasion, sommes au courant depuis longtemps que Voldemort et ses hommes attaquent les gens au petit bonheur la chance. Mais pour le reste de l'école…C'est la première fois qu'ils en entendent parler. Pour eux, les attaques précédentes n'étaient que l'œuvre de délinquants, de petits groupes de sorciers mécontents. Malgré tout ce que Reece a pu dire pour nous prévenir, personne n'y croyait réellement. Cette attaque…ça devient réel pour eux. Ils commencent à comprendre qu'on va peut-être entrer en guerre…
- Enfin la guerre…c'est un peu extrême non ? Grimaça Peter. Je veux dire, bien évidemment, on va lutter contre les Mangemorts et tout mais de là à ce qu'il y ait une guerre…
Ils se turent quelques minutes.
- Le problème Pet', commença Sirius d'un ton hésitant, c'est que les Mangemorts ont trop de relations. Un seul de leur membre peut influencer tout le monde sorcier à coup de pots de vin ou de menace de mort. Je n'ai aucun doute quant au fait que si ma mère ou mon père décide d'entrer clairement dans le jeu, le ministère ne tiendra pas bien longtemps…Une guerre est tout à fait possible.
Peter déglutit difficilement et Remus se concentra sur ses pieds. James grommela.
- Alors, pas le bon moment pour une blague, hein ? Fit-il, amer. Faire une blague était sa façon à lui de faire son deuil.
- Pas encore non, c'est trop tôt. Peut-être la semaine prochaine. Beaucoup d'élève continuent de pleurer la perte de leurs proches.
- En plus, ajouta Peter, les autopsies des victimes viennent à peine d'être terminées. Les familles n'ont pu enterrer leurs morts qu'il y a quelques jours.
- Il faut qu'on recommence.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
- Mais on a besoin d'informations !
Les quatre garçons se figèrent. James tendit l'oreille pour mieux entendre.
- C'est Lily, murmura-t-il. Je reconnaitrai sa voix entre mille. Et elle est avec Servilus, grogna-t-il.
Remus et Sirius gloussèrent discrètement tandis que Peter se transformait en rat. Il se faufila en toute discrétion vers les deux amis. Leurs deux voix se firent plus inaudibles et même en se rapprochant de plus en plus, ils ne parvinrent pas à en entendre plus. Le couloir dans lequel Rogue et Lily discutaient était celui où Reece avait sa salle de classe. Sirius, James et Remus se tenaient cachés dans l'ombre d'un mur et chacun tentait de voir ce qu'il se passait sans être découvert. De l'autre côté du passage, Regulus et Narcissa arrivèrent. Sirius se tendit, certain qu'il allait assister à un pugilat mais à sa grande surprise, les quatre étudiants discutaient tranquillement.
Lorsque Reece et un autre homme qu'aucun d'eux n'avait jamais vu sortirent de la classe, les trois garçons se firent encore plus discrets. Finalement, les deux adultes partirent et les Lily et les trois Serpentards finirent par faire de même. Peter revint une fois que tous eurent disparus, complètement perturbé.
- Alors vieux frère, qu'est-ce que t'as appris ? S'excita James.
- Je…Je ne sais pas vraiment…
Devant leurs regards perdus, Peter décida de développer.
- Ils parlaient d'obtenir des informations de Reece. Qu'il fallait le mettre sous pression pour qu'il cède et qu'il leur dise tout.
- Des informations ? Quel genre d'informations ?
Remus se fit soudain plus distant et il se tut laissant ses deux camarades soumettre Peter à un véritable interrogatoire. Il espérait se faire le plus discret possible mais Sirius qui le connaissait décidément trop bien s'aperçut que quelque chose clochait.
- Rem'…est-ce que tu sais quelque chose ?
- Non, s'empressa-t-il de dire, malheureusement un peu trop vite.
James et Sirius abandonnèrent Peter pour s'intéresser à Remus.
- Allez, on sait que tu mens. Tu vas pas nous la faire à l'envers quand même ?
Remus déglutit et tenta de ne faire plus qu'un avec le mur derrière lui.
- J'ai promis de ne rien dire.
- A qui ? Interrogea Sirius avec empressement.
- Je ne te dirais rien Patmol. C'est une promesse que je veux respecter.
James fronça des sourcils, pensif.
- Il y a peu de gens à qui tu ferais une telle promesse Remus. Depuis le temps, on te connait. Qu'est-ce que Lily t'a dit que tu refuses de nous révéler ?
Peter s'approcha lui aussi plus près de son ami comme pour mieux entendre sa réponse. Remus soupira et ferma fortement les yeux trois fois pour se ressaisir. James prit un air concerné et conspirateur.
- Je te promets qu'on ne dira rien.
Remus expira encore plus longuement.
- Raahh…De toute manière, si je ne vous dis rien vous aller me harceler…
Il se détacha légèrement du mur et s'installa plus confortablement sur le sol. D'une voix hésitante, il leur fit part de tout ce qu'il savait. Les couleurs des visages de ses amis disparurent peu à peu et Peter finît même par devenir verdâtre.
- Mais…mais…
- C'est complètement…
- C'est plus que surréaliste !
Les trois amis se complétaient bien quand il s'agissait d'exprimer la surprise.
- Et mon frère et ma cousine sont au courant ? Ânonna Sirius.
Remus hocha la tête dans un signe d'approbation.
- C'est même eux qui aurait mis Severus et donc Lily au courant…
- Et qu'est-ce qu'ils comptent faire ?
- Apparemment le harceler, souligna Peter.
- Mais…Mais…répéta James qui ne semblait plus connaître que ce mot.
Ils se turent tous, complètement confus. Sirius se releva, sérieux au possible, déterminé.
- Je vais parler à Reg' et Narcissa. Je pense que c'est juste le coup de pied au cul dont j'avais besoin pour me bouger et aller les voir.
- Je viens avec toi, déclara James en reprenant brutalement ses esprits. Ce n'est plus une simple question de famille ou pas famille mais une question de guerre et d'espion. On a besoin de mettre à plat tous nos différends et résoudre la question Reece.
Peter acquiesça et Remus se mordilla les lèvres.
- Lily va me tuer de vous avoir tout dit.
