Précédemment

Une phrase ne cesse de retentir dans ma tête : c'est une très mauvaise idée. Mais je décide de l'ignorer et de suivre Airi.


La vérité sur ma mère

Chapitre 10 : Espionnage

Airi ouvre délicatement la porte arrière et nous pénétrons à l'intérieur de la maison de Kuga-san. Elle me pousse un peu plus dans la pièce. Je suis actuellement dans l'impossibilité d'avoir une pensée cohérente face à mes actions. Mon esprit rationnel me rappelle que c'est une violation de domicile et que les répercussions peuvent être très graves si Kuga-san décide de porter plainte. Nous nous retrouvons d'ailleurs à quelques mètres de la propriétaire des lieux. Je me fige quand je vois celle-ci s'avancer vers notre position. Je ne veux pas atterrir au commissariat. Pire encore, je ne veux pas expliquer à ma mère la raison de ma présence ici. Je ne la connais d'ailleurs pas moi-même. J'aurais dû m'en tenir à ma première envie. Rebrousser chemin et me rasseoir dans la voiture. Je sens un mouvement rapide derrière moi. Avant même que je ne puisse énoncer le moindre mot, je me retrouve dans un placard. Plutôt un garde-manger à voir la taille de la pièce. Aucune importance. Airi met sa main devant ma bouche pour me demander indirectement le silence. Qu'elle se rassure, je suis tellement paralysée que je ne peux pas faire autre chose que me concentrer sur ma respiration. La porte est légèrement ouverte. Je ne peux pas la fermer sans indiquer notre présence à Kuga-san. C'est un mal pour un bien. Malgré la position assez étroite, j'essaie de me concentrer sur la discussion. Ma mère se pose sur un tabouret pendant que Kuga-san lui verse ce que je présume être du thé. Aucun mot ne semble avoir été échangé. Pas depuis notre entrée furtive en tout cas. Kuga-san s'installe à son tour sur un tabouret et ne quitte pas des yeux l'extérieur. Ma mère prend une gorgée de son thé au moment même où Kuga-san décide de rompre le silence.

- Tu es juste venue pour boire du thé?

Ma mère resserre son emprise sur la tasse et secoue la tête. Je perçois encore cette émotion sur son visage qui me met une boule dans la gorge. Douleur.

- Je suis désolée pour mon comportement.

Kuga-san rit amèrement et se lève brusquement. Elle semble énervée. J'espère juste que la situation ne dérapera pas.

- Tu es désolée?

- Natsuki ...

- Non! Tu es désolée pour quoi au fait? Pour avoir débarqué dans mon laboratoire? Pour me faire une scène? Pour empêcher ta fille de venir? Pour avoir disparu ou pour avoir épouser ce connard? Non parce que là avoue que les possibilités sont larges.

Ma mère se relève et énonce faiblement. Pourquoi semble-t-elle si triste? Attendait-elle une autre réaction de son homologue? Probablement.

- Je n'aurais pas dû venir. Je vais rentrer.

Kuga-san saisit ma mère par le poignet et la ramène contre elle. Ma mère essaie de se retirer de l'emprise mais Kuga-san renforce sa prise.

- Lâche-moi.

- Non ...

Malgré la demande de ma mère, Kuga-san la tient fermement contre elle tout en posant sa tête sur celle de ma mère. Celle-ci reste un instant dans cette position puis finit par se décaler. Je vois une autre émotion dans le regard de ma mère. Une émotion que je n'ai jamais vu. Peut-être le soulagement ou Est-ce quelque chose de plus profond ?

- Je suis désolée pour tout Natsuki.

Celle-ci souffle légèrement et se réinstalle sur son tabouret. La colère semble être dissipée. Kuga-san porte un regard éteint tourné vers le sol.

- Si tu es partie c'est en partie de ma faute.

Ma mère semble troublée par les mots. Je le suis moi-même. Peut-être que Kuga-san a rompu avec elle ou pire l'a trompé avec une autre personne. Je suis arrêtée dans mes suppositions lorsque Kuga-san reprend. Douleurs et impuissance sont les deux choses que je vois dans ses yeux verts.

- Si je t'avais donné tout ce que tu voulais, tu n'aurais pas ressenti le besoin de t'en aller. Je suis désolée Shizuru.

- Natsuki ...

- Je pensais que les hommes ne t'intéressaient pas mais je me suis trompée. Je t'ai accusée à tort. Je suis contente de t'avoir vu. Tu connais la sortie.

Kuga-san se relève et s'avance vers son réfrigérateur. Elle en sors une bouteille de vin blanc et commence à s'en servir un verre. Il semblerait qu'elle ait développé une dépendance à l'alcool. Un remède pour oublier ou pour faire face à la réalité? Ma mère reste un instant à fixer la scène puis se lève à son tour.

- Daitaro ne m'a pas laissé le choix Natsuki. Il nous a surpris et a menacé de tout révéler à mes parents.

Kuga-san se contente d'avaler son verre et de s'en resservir un. Ma mère devrait peut-être lui prendre la bouteille des mains.

- Et?

- Mon père n'appréciait déjà pas que je fréquente quelqu'un alors s'il avait su que ...

- Que quoi ? Je t'écoute.

- Mon père t'aurait tué Natsuki.

Celle-ci rigole sous le regard dérouté de ma mère. J'avoue moi-même ne pas comprendre sa réaction.

- Il m'aurait rendu service au final.

- Natsuki ...

Kuga-san dépose son verre et détourne le regard. Serait-il possible qu'elle ait souffert toutes ses années ? ... Pour ma mère? Probablement.

- J'ai essayé de te remplacer tu sais. J'ai même essayé de te détester mais en vain.

Ma mère baisse à son tour la tête. La scientifique reprend plus difficilement. Pourquoi a-t-elle besoin de dire ce genre de chose? Par culpabilité? Pour faire souffrir ma mère? Ou pour soulager sa conscience ? J'ai vraiment du mal à comprendre les deux femmes me faisant face.

- Mai ... Elle savait pour nous deux. Et elle n'était pas la seule Shizuru. Nos amis le savaient mais n'ont rien dit à cause de ta peur.

- Je ...

- Mai m'a ramassé à la petite cuillère alors elle m'a présenté une femme mais je ne voulais pas d'elle. Mais je lui ai promis de me trouver quelqu'un alors j'ai eu deux autres relations sérieuses. Mais chacune d'entre elles est partie en me disant la même chose. Que je devais faire un trait sur mon passé. Faire un trait sur toi.

Kuga-san s'avance vers ma mère et lui prend doucement la main. L'émotion est palpable même dans ce placard.

- Je n'ai pas rompu avec toi. C'est toi qui ... Alors j'ai couché avec des étudiantes parce que j'avais besoin de sentir ... Je suis humaine Shizuru. Mais ... Il n'y a toujours eu que toi dans ma tête. Malgré toutes ses années et tu sais pourquoi?

Ma mère resserre son emprise sur la main de Kuga-san qui poursuit difficilement. Je n'ai jamais entendu une si belle déclaration. J'ai envie de pleurer tellement la situation me fait mal mais je dois rester solide. Encore une fois.

- Parce que je n'ai jamais cessé de t'aimer. Même aujourd'hui que je sais que tu m'as trompée avec lui alors que nous étions ensemble.

Kuga-san se décale et s'appuie sur son comptoir. Ma mère soupire légèrement mais Kuga-san ne lui laisse pas le temps de parler. Elle semble vraiment vouloir tout avouer à ma mère. Le bon comme le mauvais.

- J'ai calculé. Et j'ai beau refaire le calcul, tu étais forcément enceinte alors que tu étais encore avec moi.

- Oui j'étais enceinte.

- Tu avais donc prévu de te marier. Mais je ne comprend pas pourquoi tu ne m'as rien dit.

Ma mère baisse la tête et murmure amèrement. Pourquoi ma mère semble-t-elle autant en colère?

- Tu crois vraiment que c'est ce que je voulais?

Mon ancienne tutrice s'énerve sur le coup tout en saisissant son verre.

- Alors qu'est-ce-que tu voulais bon sang!

Elle fixe un instant ma mère et repose son verre quand celle-ci commence à sangloter.

- Shizuru ... Je suis désolée ... Je voulais pas m'énerver sur toi.

Ma mère arrive à articuler difficilement malgré son torrent de larmes. Elle ne sait jamais montrer en public de cette manière. Aussi faible ... Aussi humaine.

- Il a ... Natsuki. Il ... Il m'a promis son silence si ...

- Si quoi?

- J'acceptais de faire une seule fois l'amour avec lui.

Kuga-san frotte doucement le dos de ma mère qui finit par s'écraser dans son torse. Celle-ci continue tout en pleurant. La boule dans ma gorge se fait encore plus présente.

- Le mariage ... C'était juste un moyen de masquer ma grossesse hors mariage.

- Quand as-tu su que tu étais enceinte ?

- Le jour avant ma remise de diplôme.

Kuga-san reste silencieuse mais je peux voir sur son visage un regard sombre et fermé. Elle se contente de conserver son attitude droite et solide. Ma mère finit par se décaler. Elle porte un véritable sourire. Jamais elle n'a sourit à mon père de cette manière.

- Je dois rentrer.

- Non attends. Je t'ai menti.

Ma mère fronce légèrement les sourcils. Se pourrait-il que Kuga-san soit une personne manipulatrice comme mon père? Si tel est le cas, ma mère n'a vraiment pas de chance.

- Tu m'as menti?

- Je savais qu'elle était ta fille.

- Mais ...

Alors que je suis moi-même troublée, je distingue un léger sourire sur le visage de Kuga-san.

- Je l'ai su quelques mois après qu'elle ait rejointe mon laboratoire.

- Elle t'a parlé de moi?

Kuga-san secoue la tête. Je suis curieuse de savoir comment elle l'a su et surtout pourquoi elle ne m'a rien dit.

- Elle croise ses doigts et pose son menton dessus quand elle écoute. Il n'y a que toi qui fait ça. J'ai eu un doute à partir de là alors j'ai demandé à Midori et elle me l'a confirmé quelques jours plus tard.

Kuga-san caresse doucement le visage de ma mère et l'embrasse sur la joue.

- Ne punis pas ta fille pour les agissements de son père. Je sais ce que c'est d'être un enfant non désiré. Ta fille est quelqu'un de bien Shizuru.

Elle caresse les cheveux de ma mère et murmure doucement avec un léger sourire.

- Elle a certaines de tes mimiques que je ne remarque que maintenant.

Ma mère tente d'alléger un peu l'atmosphère.

- Ara Ara Natsuki aurait-elle des vues sur ma fille?

Kuga-san embrasse doucement ma mère sur les lèvres. Celle-ci se décale doucement. Je commence vraiment à regretter mon espionnage.

- Natsuki ...

- Empêche-moi si tu ne veux pas.

Elle réitère son baiser tout en encerclant ma mère dans une étreinte. Ma mère ne se décale pas malgré sa plainte du départ. Au contraire, elle finit pas répondre aux baisers de Kuga-san et même à passer ses mains autour de son cou. Celle-ci se décale doucement à mon plus grand soulagement. Je ne suis pas prête à voir ce genre de démonstration publique. Surtout pas lorsque ma mère y participe.

- Restes avec moi Shizuru.

- Tu sais très bien que je ne peux pas.

Kuga-san caresse doucement le visage de ma mère.

- Ta fille est bientôt majeure Shizuru. Que deviendras-tu une fois que tu te retrouveras seule avec lui ?

Ma mère caresse à son tour le visage de Kuga-san. Je n'ai jamais vu ma mère aussi faible, aussi ouverte. J'en déduis que j'ai en face de moi la véritable personnalité de ma mère.

- Je ne veux pas perdre ma fille. Daitaro la montera contre moi ... Mes parents aussi.

- Par rapport à ton homosexualité?

Ma mère baisse la tête pour toute réponse. Kuga-san sourit légèrement et prononce des paroles que je n'aurais pas voulu entendre. Déjà que je me sentais mal à l'aise à les surprendre de cette manière mais la discussion prend une tournure plus personnelle.

- Je ne pense pas que ta fille soit homophobe.

- Comment peux-tu le savoir ?

- Quand elle venait au labo, elle passait tout son temps avec Airi.

Ma mère se repose sur son tabouret.

- J'ai déjà entendu ce prénom.

Kuga-san poursuit sur un sujet encore plus gênant.

- Airi est l'une de mes étudiantes les plus prometteuses ... Elle est accro à ta fille.

- Ara?

- Non je te jure ... Elle me rappelle mon moi adolescente.

Ma mère enlace doucement la main de Kuga-san qui poursuit en rigolant.

- La dernière fois que ta fille est venue, j'ai surpris Airi en train de transvaser le contenu d'un gobelet dans un autre. Quand je lui ai demandé la raison, elle ma dit que c'était pour ta fille. J'ai donc ramassé le gobelet et tu ne devineras jamais d'où il provenait.

Ma mère sourit légèrement.

- De l'Orangerie?

- Exact. Airi y allait tous les jours pour offrir le meilleur thé vert à ta fille. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a dit que le thé est très cher là-bas alors elle le transvasait dans un gobelet de machine à café. Ta fille ne s'en ait jamais rendu compte je pense.

- Cela me rappelle de bon souvenir.

- Tu te rappelle? Je faisais la même chose quand tu étais coincé dans la salle du conseil. Sauf que moi je te le donnais par la fenêtre pour ne pas subir la colère de Haruka qui me croyait bien sagement en salle de colles.

Ma mère rigole légèrement alors que je porte une légère rougeur. Je n'ose pas me retourner pour voir la tête de Airi. Kuga-san reprend, essayant sans doute de détendre ma mère.

- Une autre anecdote. Airi aime la génétique mais venait uniquement lors de ses jours d'obligations. Quand ta fille a fait son apparition, elle venait quasiment tous les jours.

- Je me souviens aussi de ta participation active aux préparatifs des fêtes lorsque j'étais réquisitionnée.

Natsuki fredonne une réponse.

- Ouai ... Airi est comme moi au final. Tu sais j'ai l'impression qu'elle m'en veut d'avoir congédié ta fille. Et elle a peut-être raison. C'était idiot de ma part.

- Tu devrais dire à cette jeune femme de ne pas s'approcher de Shizuki.

- Et pourquoi cela?

Ma mère hésite un instant puis finit par lâcher.

- Daitaro.

Kuga-san hausse les épaules.

- Il ne lui fera rien ... Il ne fait pas le poids.

- Comment ça?

Celle-ci soupire légèrement.

- Promet-moi que ça restera entre nous. Même ta fille ne doit pas être au courant. C'est à Airi de lui dire.

- Lui dire quoi?

Kuga-san frotte l'arrière de son cou. Je m'attends au pire.

- Le nom de famille de Airi n'est pas celui inscrit sur sa fiche d'inscription. C'est un anagramme.

Ma mère fronce légèrement les sourcils sur quoi Kuga-san s'empresse de rajouter.

- C'est la fille du premier ministre.

J'ai dû faire de mon mieux pour ne pas énoncer à voix haute le 'quoi' résultant de cette nouvelle. Ma mère reste d'autant plus sous le choc. Kuga-san reprend plus doucement.

- Son père est venu me voir avant son admission et m'a fait promettre de la traiter comme il se doit. Pas de favoritisme et surtout pas de traitements de faveurs. Je suis l'une des seules de l'Académie au courant.

- Tu es proche du premier ministre?

Kuga-san hausse de nouveau les épaules.

- J'aurais son soutien si je lui demande quelque chose. Mais je ne compte pas là-dessus pour mes travaux. Je me débrouille seule en continuant les recherches de ma mère.

- J'ai appris pour ta mère ... Je suis désolée.

- Tu n'y es pour rien. Elle a vécu sa passion jusqu'au bout. Tu sais ... Ma mère me manque malgré qu'elle n'était pas une mère exemplaire.

- Je l'aimais bien.

Kuga-san hoche la tête.

- Elle t'aimait bien aussi. Ce que je veux te faire comprendre c'est que ta fille t'aime Shizuru.

- Et j'aime ma fille. C'est la seule chose importante à mes yeux.

- Alors pourquoi agis-tu de cette manière avec elle?

- Je veux juste la protéger. Daitaro n'acceptera pas que ma fille soit à mes côtés. J'ai donc fait la seule chose que je pouvais. Je lui ai laissé le bon rôle. Mais Shizuki ... Malgré qu'elle ne s'en rend pas compte ... Elle est comme moi. Regarde même toi tu l'a remarqué. Tout ce qu'elle possède de son père sont des choses apprises.

- Mais quoi qu'il fasse ... Elle est toi.

Ma mère hoche la tête et finit par se relever.

- Shizuki ne va pas tarder à rentrer Natsuki.

Kuga-san hoche la tête et enlace doucement la main de ma mère.

- Je dois te demander autre chose avant que tu t'en aille.

Ma mère hoche la tête.

- Est-ce-que tu ... Tu as pris ... Des précautions ... Avec lui?

Je n'ai pas compris de quoi Kuga-san parlait mais ma mère semble avoir compris car elle secoue la tête.

- Il avait pris ses précautions.

Kuga-san secoue alors la tête.

- Je pense qu'il ne l'a pas fais. Il avait tout prévu Shizuru.

- Natsuki ... Il n'est pas aussi manipulateur que ...

Kuga-san passe une main sur son front.

- Tu n'es même pas convaincue toi-même. Il te voulait alors je suis sûre qu'il était prêt à tout pour ça. Il savait que tu ne prenais pas de précautions. Et il savait aussi que tu ne penserais jamais à ça.

- Natsuki ...

- Il a été surpris quand tu lui as dis? Ou il avait refusé d'être ton omiai comme il te l'avait promis?

Ma mère semble légèrement troublée mais finit par secouer la tête. Natsuki serre fortement les poings.

- Cet enfoiré va me ...

Ma mère saisit la main de Kuga-san.

- S'il te plaît ... Ne fais rien. Il va vraiment te faire du mal.

- Il m'en a déjà fait. Où est-il?

- Je ne sais pas. Il ne réside plus avec nous depuis un moment.

Kuga-san semble légèrement rassurée. Elle embrasse doucement ma mère sur les lèvres.

- Je dois vraiment y aller Natsuki. Je ne veux pas que Shizuki soit seule quand elle rentre. Elle est fragile en ce moment.

- Permet-moi de te raccompagner ... Je te déposerais un peu plus loin de chez toi.

Ma mère semble hésiter mais finit par hocher la tête.

Entendant le son caractéristique d'une fermeture de porte, je sors du placard. Je n'ose pas me retourner pour faire face à Airi. Celle-ci est d'ailleurs bien silencieuse. J'essaie alors de rester le plus stoïque possible en lui demandant la question qui me trottait à l'esprit avant notre espionnage.

- Comment as-tu su pour ... Enfin comment?

Airi me tourne le dos et fixe la fenêtre.

- J'ai entendu Natsuki parlait à ta mère au téléphone et lui donnait rendez-vous chez elle. Je pensais que tu aimerais savoir ce qu'il en était.

- Mais comment connais-tu l'acheminement de cette maison?

- Natsuki me laisse étudier ici quand c'est trop bruyant à la bibliothèque ou dans la résidence. Elle ne ferme jamais la porte de derrière.

Je ne sais pas quoi demander d'autre suite à la discussion que nous avons perçu. Elle semble distinguer mon malaise car elle se dirige vers la porte de derrière en murmurant un 'viens je te raccompagne'. Le trajet se fait dans le silence. Elle a les yeux rivés sur la route pendant que je ne la quitte pas des yeux. Arrivées à quelques rues de chez moi, elle se gare sur le côté et éteint le moteur.

- A propos de ... Enfin de ce qu'a dit Kuga-san, je ...

- Elle parlait de préservatif.

Je reste surprise par sa réponse mais reprend directement.

- Je parlais de toi. Je ...

Airi secoue la tête et souffle légèrement.

- Je sais que tu ne ressens pas ce que je ressens pour toi alors ... Oublie tout s'il te plaît.