Miserere Mei Deus

Partie 9

Synchronisation

Cette histoire est inspirée de faits réels.

« Alors on est dans la merde c'est ça ? »

« C'est ça. Ecoute patron j'irais pas par quatre chemins ou même cinq parce que c'est débile d'y aller par plusieurs chemins à la fois, et c'est surtout impossible quand on y pense à moins que y'ai genre deux chemins à peu près colinéaires et qu'on marche avec les jambes écartées ou alors qu'ils sont superposés et du coup marcher normalement bah… »

« Tu la craches ta pastille enculé ? »

« …bah on est dans la merde. »

« Oui on vient d'en arriver à cette conclusion. »

« Oui mais là vraiment genre vraiment. »

« Mais on peut rien faire pour régler ça ? »

« Non, pas vraiment en fait. Là Mathieu va probablement se faire buter, et quand ça arrivera… bah nos réalités vont se collapser tranquillou à la bien quoi, et on va disparaître. »

« Les autres sont au courant ? »

« Le Hippie dort, le Geek aussi, la Fille est bourrée et Maître Panda est en tournée en Europe. »

« Merde. Donc on fait comment ? »

« J'ai bien une solution… »

« Oui bah ponds la fais pas genre on a le choix et genre tu fous du suspense on s'en branle merde. »

« Bah comme tu sais j'ai passé les 5 dernières années à bosser sur un dispositif qui nous permettrait de rejoindre la réalité de Mathieu. »

« Non j'en savais rien. »

« C'est pas faute de te l'avoir dit »

« Coco, je sais pas comment t'avouer ça, mais je m'en branle totalement de ce que tu fais de ta vie et c'est pour ça que j'écoute rarement ce que tu baves. »

« Merci Patron. »

« De rien »

« Donc bref. Le dispositif nous permettrait de nous synchroniser à la réalité de Mathieu. Je sais pas exactement quels seraient les effets directs mais en gros… nos réalités cessent d'exister et on est transportés tels quels dans celle du mignonnet. »

« Nos réalités cessent d'exister… ça veut dire que c'est permanent donc ? »

« Tout à fait couillette. C'est permanent. Mais bon autant être dans sa réalité à lui je t'avoue. »

« Bah, moi j'm'en branle, à la limite ça aura pour effet d'effacer mon casier judiciaire. »

« Oui. Bon par contre la réalité de Mathieu est de loin la moins évoluée de toutes hein, je te dis un bon en arrière de plusieurs années niveau technologique, social, politique… »

« Du genre ? »

« Du genre ils ont le minitel. »

« Oh shit. »

« Par contre Chirac est président. »

« Oh yes. »

« Un mal pour un bien. »

« Du coup comment ça va se passer exactement ? C'est genre on appuie sur un bouton et hop c'est terminé ? »

« Pas du tout. Faut pratiquement se noyer dans un bassin d'un gaz très rare liquéfié tout en s'électrocutant la colonne vertébrale. »

« Ah merde. »

« Yup. Y'a quelques risques de mort, mais on sentira rien par contre. »

« Ah bon ? »

« Nan on va douiller nos mères, t'es con ou quoi ? La colonne vertébrale, la moelle épinière, le système nerveux, ça fait pas ding dans ta caboche enculé ? »

« Tout le monde n'est pas prof, prof. »

« J'oublie que tes notions de biologie sont vachement restreintes. »

« Vous saurez tout sur le zizi »

« Voilà… »

« Donc on fait ça quand ? »

« Ah parce que t'es partant ? »

« C'est toi qui viens de chier qu'on n'avait pas vraiment le choix, ou c'est moi je me rappelle plus. »

« Ouais mais en général t'en fais qu'à ta tête et … putain mec tu pourrais éviter de faire quoi que ce soit de sexuel pendant qu'on discute ? »

« On va dire que c'est un peu l'avantage de discuter par partage de pensées, c'est que je suis pas obligé de regarder ta tronche de cake et je peux faire ce que je veux. »

« Oui mais bon tu pourrais éviter de te faire sucer par une pute russe tout de même, parce que bon, j'ai l'image en tête là. »

« Fais pas gaffe à elle. Figure-toi qu'elle a 15 ans. »

« Mec ta gueule, sans déconner ? Une pute russe de 15 ans ? Tu déconnes ? »

« Mais nan je déconnais… »

« Tu me rassures. »

« Elle est tchèque. »

« Enculé de merde. »

« Rooh c'est bon, humour non ? »

« Ouais. Bon dès que t'auras fini de te faire sucer tu me diras je te donnerai les instructions. »

« En vrai je me fais pas sucer je regarde un porno tchèque dans lequel le type se fait sucer. »

« Mais alors pourquoi je vois… je veux pas savoir en fait. »

« C'est bon j'arrête. »

« Merci. »

« Alors ? »

« Alors. Instructions… »

30 minutes plus tard.

« …et voilà, up in this motherfucker we go, on se retrouve chez l'autre couille et on marave des culs »

« Et quant aux risques de mort ? »

« Bah en fait si tu fais ce que je viens de t'expliquer tu risques pas grand-chose mon con. C'est bien calibré. »

« Doooonc je récapitule il me faut : des tubes de néon, du fil de cuivre, une bobine tesla, une boîte de petits pois à l'étuvés, deux éponges spontex, de l'azote liquide et autres gaz étranges, des gants en caoutchouc, un pianiste homosexuel, un récepteur radio multifréquences et un véhicule ? »

« Pourquoi un pianiste homosexuel ? »

« Le homosexuel est accessoire j'ai juste envie de m'envoyer un pianiste. Les mains mec, les mains. »

« T'es con, merde. Mais ouais. Oublie pas les bottes de pèche et la pile à hydrogène. »

« Tu sais que ça n'a que très peu de sens scientifiquement parlant ? »

« C'est parce que tu connais pas toutes les ramifications mon couillon. »

« Sûrement, m'enfin… et m'appelle pas comme ça on dirait qu'on est potes, ça me file la gerbe, salope »

« T'inquiète, ça va marcher. »

« Donc tu me files les instructions d'installation au fur et à mesure ? Et ensuite ça se passera comment ? »

« Tu te rappelles de retour vers le futur et de la delorean ? »

« Oui bien sûr que je m'en rappelle. »

« Bah en gros le fait de te faire refroidir et de te faire électrocuter c'est pour te réanimer après la synchro, le véhicule c'est pour atteindre une certaine inertie pour pas que tu risques de rester coincé dans un trou de ver ou une merde du genre (et en plus le véhicule sera synchro avec toi si c'est pas joli, d'où la comparaison avec la delorean), le néon c'est pour une réaction chimique nécessitée, les éponges et les petits pois je t'expliquerai, le caoutchouc c'est évident et moi de mon côté je vais engager certaines choses qui vont passer par ton psyché et le récepteur radio pour faire du gloubiboulga cosmique qui n'a pas grand sens pour ta caboche ou pour celle des lecteurs mais qui marchera quand même. »

« Les lecteurs ? »

« Oui les lecteurs de mon article sur le dispositif. »

« Ah pendant un instant je pensais que tu parlais des lecteurs de Miserere Mei Deus. »

« Non, ça n'aurait que très peu de sens, tu sais bien qu'on s'en branle d'eux. »

Après avoir partagé un rire de bon cœur (parce que putain qu'ils sont cons les lecteurs) avec son comparse, le Prof entreprends de donner toutes les instructions au Patron qui va quérir dans différentes enseignes le matos demandé.

« Il manque plus que le véhicule mais j'ai ma petite idée. »

« Tu peux pas juste prendre n'importe quelle bagnole ? Tu la voles juste avant de partir et c'est bon. »

« Non. Il me faut pas n'importe quelle bagnole. Toi tu viens en quoi ? »

« Moi je viens en Kayak. »

« Quoi ? »

« Bah j'vais monter dans un kayak et l'eau va me donner l'inertie nécessaire au déplacement cosmique. »

« Delorean, Tardis, Locomotive, t'avais plein d'idées de véhicule pour un déplacement cosmique et tu pars avec un Kayak ? »

« Moi au moins ça n'a jamais été fait. »

« Je t'assure que personne aura entrepris de voyage spatio-temporel avec le véhicule que je m'apprête à récuperer. »

« C'est quoi ? C'est quoi ? C'est quoiiii ? »

« Une bagnole qui représente totalement le potentiel mécanique et commercial de Renault. »

« Nan, me dis pas que… »

« Si. »

« Une Safrane ? »

« Mais non connard ! Une Fuego ! »

« Ah merde. »

« Merde indeed… »

« Pourquoi une Fuego ? »

« Les deux cons ont une Fuego »

« Et tu penses vraiment que tu vas trouver une Fuego comme ça en claquant des doigts ? »

« T'inquiète je sais où aller. »

Le patron sort de son appart va chez le garagiste d'en face qui est le malchanceux propriétaire d'une Fuego de couleur noire dont il n'a jamais pu se débarrasser.

Ce jeune homme, que j'appelle Pedro Da Silva parce que je suis particulièrement raciste et donc bourré de préjugés, est né sûrement de parents portugais ce qui l'a d'abord mené sur la voie de la maçonnerie. Mais étant manchot il a préféré faire un métier dans lequel aucun talent n'était nécessaire et qui ne nécessitait surtout pas l'usage de ses mains. D'un caractère plutôt chiant, Pedro adore voir les gens s'énerver et perdre leur argent dans des procédures inutiles et est un gros arnaqueur, c'est donc tout naturellement qu'il est devenu garagiste à Paris.
Mais Pedro a un rêve.

Un rêve de longue date.

Un rêve qu'il a laissé grandir tel une orchidée fragile, protégé du froid dans sa graisse portugaise et sa pilosité excessive, ce rêve c'était de devenir un cornet pistache-fraise.

Le Patron entre chez le garagiste, récupère les clés de la Fuego dans le bureau de Pedro qui ne se rend compte de rien parce qu'il est trop occupé à répondre au téléphone avec ses pieds, puis s'en va dans son nouveau véhicule flambant pas si neuf que ça mais flambant tout de même, parce que merde, c'est une Fuego.

« Prof, tu m'entends ? J'ai la Fuego. C'est bon, on peut commencer l'opération Retournelle. »

« Bien. Alors tu rentres vite à ton appart et tu suis totalement ce que je vais te dire à le lettre. »

« Ok. »

« Première étape : rentre à l'appart. »

« Ok. »

Le patron rentre à l'appart.

« Ok et maintenant ? »

« Il faut que tu refroidisses ton corps avec le gaz, que tu te branches les électrodes dans ta colonne et que tu oublies pas le récepteur radio et la bobine Tesla. »

« Ok. Brancher dans la colonne. Comment je fais ça ? »

« Euh, faudrait que quelqu'un t'aide. Tu peux pas demander au garagiste ? »

« Il manque de bras »

« Ah merde, alors qui peut t'aider ? »

« J'ai peur que si quelqu'un est derrière moi avec quoi que ce soit capable de transpercer ma peau il en profitera pour me buter plutôt que de m'aider, je suis pas forcément en odeur de sainteté ici. »

« Comme je comprends… »

« Je peux me passer de tes commentaires merci grosse merde. »

« Du coup y'a un autre moyen, tu t'l'a fous dans le cul. »

« Dans le cul ? T'es pas con ? Pas que l'idée me déplait mais… »

« Nan nan, je suis pas con. Par le cul tu peux atteindre la colonne. »

« Ce sera bien la première fois que tu m'encourageras à m'enfoncer quoi que ce soit dans le cul mon con. »

« Espérons que ce soit la dernière. »

« Oh non j'espère pas cochonou. »

« Je pense que je vais te laisser gérer ça tout seul et tu me dis quand t'es prêt. »

« Non mais ça y est déjà. »

« Putain… »

« Des années d'entrainement Babette. »

« T'es franchement un gros dégueulasse. »

« Je sais poupon. Alors, c'est quoi la suite ? »

« Bah la suite c'est tu vas conduire, tu te réfrigères jusqu'à ce que t'ai l'impression de crever et là je balance la sauce. »

« Owi. »

« Rappelle moi de ne plus jamais dire balance la sauce quand t'as quoi que ce soit dans les fesses. »

Tant de cochonneries finissent bien par mener quelque part puisque le Patron et le Prof sont prêts à rejoindre Mathieu avec force et honneur.
On est d'accord qu'en général ce genre de dispositifs à la con totalement irréalistes aurait du prendre un paquet de temps à confectionner (même avec une science aussi fiction que ça) mais là on est face à un héros et un sidekick qui sont contraints par le temps. Je me dois bien de leur filer un coup de pouce scénaristique les croquants, comprenez-moi, je suis pieds et poings liés.

Mais bon quand même ça vaut le coup de savoir que le Prof va électrocuter le cul du Patron non ?

Dans tous les cas tant pis pour vos gueules c'est une histoire vraie.

Après les derniers bidouillages effectués sous les ordres du prof, le patron entre enfin dans la Fuego noire magnifique avec le barda enfoncé dans ses fesses et attaché de partout.

« Alors Patron maintenant tout ce que tu dois faire c'est donc conduire et atteindre une certaine vitesse. »

« 88 miles à l'heure ? »

« Non, on est pas dans une fiction »

« Alors combien ? »

« J'sais pas, on va aller le plus vite possible en espérant que ce soit pas stupide comme idée. »

« Super, je me sens en confiance. »

« Tu vas pas me faire croire que t'as peur ? »

« Bien sûr que non Ginette, tu me prends pour qui ? J'y vais moi, à fond les bananes, je baise des putes pendant et je saute sur un tremplin en écoutant du Ram Jam. »

« Alors c'est parti. »

Le patron monte dans la Fuego qui est désormais chargée de saloperies qui font bzzt et drrrt et tutututu (ainsi que vrrrt et claclaclaclaclaclaclac ou encore bip) et actionne le contact.

« Prof, on se retrouve de l'autre côté ? »

« Ouais, je monte dans mon kayak moi »

« Super classe. Comment on va faire pour se retrouver ? »

« Je peux sélectionner notre destination. »

« Mais c'est pas un peu de la triche ça ? »

« Mais non, à quoi ça sert de bricoler des trucs incompréhensibles en utilisant un matériau trouvable uniquement dans les spontex si on peut pas choisir d'atterrir là où on veut en changeant de dimension ? »

« J'arrive pas à concevoir, je comprends rarement quand tu parles de toutes façons»

« A quoi ça sert d'avoir une bite si on peut pas niquer des putes ? »

« Ah là je vois. »

« Bien. Bon faut y aller parce que là ils sont grave dans la merde. »

« Let's go. »

Le Patron enfonce dans le poste de la Fuego nouvellement acquise une cassette contenant uniquement une boucle de Black Betty de Ram Jam

Lorsque le riff éclate il se met à accélérer, sortant de son quartier à toute berzingue en essayant de gagner le plus de vitesse possible.

« Patron t'es à combien de vitesse ? J'approche d'une cascade j'vais devoir profiter de cette occasion pour nous téléporter, faut pas que tu ralentisses ! »

« Là j'ai les flics au cul et j'suis à 90 km/h, je garde le pied sur le champignon et je fonce dans un mur. Je pense que dans 30 secondes j'y suis. Dis-moi que c'est bon putain. »

« 30 secondes ça va être short ! »

« Merde. Sa mère la pute. »

« Exactement. »

« Comment on fait ? »

« Ralentis surtout pas, ça va passer. »

« Sûr ? Me la fais pas à l'envers enculé. »

« Sûr. Ça va passer. »

« 10 secondes ! »

« LA CASCADE, ON Y VA ! »

Les policiers freinent d'urgence en voyant la Fuego foncer à sa perte dans un bâtiment à plus de 100km/h avec Black Betty se finissant son à fond dans les hauts parleurs de piètre qualité de la bagnole.
Une explosion retentit et un grand flash efface totalement tout élément autre que la Fuego du champ de vision du Patron. C'est dans un silence absolu que celui-ci se retrouve, se sentant flotter légèrement sans ressentir quoi que ce soit. Ni le contact du siège, ni ce qu'il s'est foutu dans le cul ni le volant sous ses mains.
Il n'entends plus non plus la musique, ou le moteur de la voiture, ou même ses pensées et celles du Prof.
C'est dans un état de stase qu'il se retrouve pour une fraction de seconde qui semble durer plusieurs minutes.
Il ressent enfin à nouveau le poids de la gravité et chaque sensation se réinstalle d'un coup lui donnant l'impression de faire une chute libre de plusieurs mètres instantanément.

Devant lui apparait un décor, comme un ballon qui se gonflerait sous ses pieds d'un grand souffle puissant. La Fuego atterrit au sol dans un fracas assourdissant précédée par un énorme bruit sourd heureusement camouflé par l'explosion d'un hélicoptère au-dessus de la maison de Charles.

Un grand « FUCK YEAH » retentit à la suite de cette même explosion, crié si fort que le Patron a pu l'entendre depuis la lisière du bois.

Le patron freine d'un coup et le choc de l'arrivée a eu pour effet d'éjecter la cassette de Ram Jam qui va se loger sur la banquette arrière.

Après un moment à reprendre son souffle il retire tout le matos de ses orifices et jette le tout sur le côté du véhicule. Il coupe le contact et sort de la voiture pour se dégourdir les jambes qui lui semblent lourdes, et remarque un peu plus loin la fumée et le bordel sans nom qui émane de la maison de Charles un peu plus loin.
En cherchant une clope dans sa poche il tente de contacter le Prof par la pensée, sans succès.

« Mec »

« Ah t'es là connard » répond le Patron en regardant vers l'origine de l'interpellation, un arbre juste au-dessus de sa tête. « Qu'est-ce que tu fous dans un arbre enculé ? »

« Je vois que t'as récupéré ta politesse légendaire. »

« Tu sais que t'as l'air très con dans ton kayak ? »

« Je sais. Je pensais que ça aurait la classe je me suis trompé, ok ? Tu peux m'aider ? »

« Et c'est quoi ce nœud papillon… putain… »

« C'est mon nœud fétiche, je t'emmerde oh »

« T'as l'air d'une tarlouze. Allez descends de là. »

Tentant de se mettre debout dans le kayak le Prof se met à trembler alors que le Patron s'allume une clope en regardant les dégâts au loin et les voiture se ramener continuant de troubler le calme de la campagne française.

« Tu peux m'aider ? »

« Non »

Le poids du Kayak rempli de matériel finit par avoir raison des branchages qui s'affaissent laissant tomber le Prof et son véhicule aquatique au sol dans un bruit ridicule de crac-frouf-crac-bam.

« Aïe »

« Ta gueule il se passe un truc. »

« Je vais m'asseoir dans la voiture. »

« Ta gueule putain. »

« Ouille. »

« Mais tu vas la fermer ? »

Le Patron la clope en bouche regarde Antoine Mathieu et Charles se faire embarquer dans plusieurs véhicules alors que le Prof se rend enfin compte de la situation et ferme bien sa gueule, les yeux écarquillés fixant la ruine fumante de ce qui était le repaire de Charles.

L'armée se retire petit à petit, laissant derrière elle la maison à moitié détruite et le Patron ne prononce pas mot. Il laisse tomber sa cigarette à moitié consumée sur le sol, l'écrase dans la terre et retourne vers la Fuego noire. Il vérifie la présence de son flingue dans son holster et prends la place du conducteur sans dire quoi que ce soit.

« Patron, ça va ? »

« On va régler ça une bonne fois pour toute mon con, je vais leur foutre mon flingue si profond dans le cul que chacune de leurs pensées va devoir passer par le canon pour atteindre leur bouche. »

« Si tu le dis, enfin ils ont l'air plutôt bien armés. »

« Fais pas ta tarlouze. On va se les faire, et bien comme il faut. »

Les véhicules militaires poursuivent leur route vers le dernier repaire des enflures, dans un endroit paumé en Bretagne, dans le massif Armoricain. A quelques kilomètres du cortège seulement la Fuego noire du Patron continue de suivre et s'arrête sur une colline légèrement distancée du reste, de façon à pouvoir observer la base ennemie et les mouvements de troupes.

Antoine, Mathieu et Charles sont emmenés à l'intérieur là où leur ennemi les attend.

Toujours un peu secoués par les évènements, ils ont du mal à comprendre où ils sont, mais au final ils comprennent pas souvent quoi que ce soit à quoi que ce soit.

Charles est juste content de sentir son collier tasse miniature contre son torse.

« Bon vous nous emmenez voir qui, vous pouvez pas juste nous buter qu'on en finisse ? » demande Antoine plein de fougue et de hargne. Graou.

« On vous emmène voir un vieil ami ! Quant à vous buter ça va arriver juste après, on s'est pas faits chier à vous garder en vie jusqu'en Bretagne pour vous buter maintenant dans les couloirs. »

« Ouais, j'imagine que ça se tient. »

Mathieu quant à lui n'ouvre pas sa gueule, visiblement encore troublé du fait que personne ne soit plus connecté à lui.

Ils arrivent dans un grand bureau situé au dernier étage de la base, bureau dont les murs sont une grande baie vitrée très épaisse donnant une vue sur les environs et permettant même de voir la mer.

Un homme se trouve près de la vitre, de dos, et regarde stoïque le paysage dressé devant lui.

Ils sont détachés et les deux gardes retournent près de l'entrée, à la surprise d'Antoine qui semble être le seul à peu près alerte en ce moment.

« Bon, on est là, t'es qui et tu nous veux quoi ? »

L'homme se retourne et les deux héros écarquillent les yeux à la vision de son visage.

Pendant ce temps, sur la colline voisine dans la Fuego noire, le Patron explique son plan au Prof.

« Toi tu restes ici, je fonce et j'bute tout le monde. »

« Je peux pas venir plutôt ? »

« Si tu viens tu risques de te faire buter. »

« Oui mais si je reste aussi. »

« Pourquoi ? »

« Si y'a des gens qui se ramènent je suis tout seul. »

« Bon alors tu veux venir ? »

« Bah je préfère, et puis je pense que je pourrais être utile aussi. »

« Tu t'es choppé une paire de couilles entre quand et quand ? »

« Je te signale qu'on a traversé le temps et l'espace et que moi je l'ai fait en Kayak, on peut quand même dire que j'en ai une belle de paire de boules. »

« Oui c'est pour ça, je suis étonné de constater ça tout seul sans que t'ais besoin de les sortir. »

« Accepte le fait que les gens puissent changer Patron. »

« Moi je change jamais. »

« Mais bien sûr… »

« En quoi est ce que j'ai changé ces derniers temps ? A part que j'suis passé des japonaises aux russes ? »

« T'es venu avec moi tenter de sauver Mathieu. »

« En même temps j'ai pas tellement le choix. »

« Si, justement, t'as toujours le choix, t'aurais préféré crever que prêter main forte aux deux couillons mais là t'as accepté de foncer contre un mur à 100km/h avec une sonde dans le cul et des électrodes de partout pour aller leur sauver les miches. Je te le dis, t'as changé. »

« Mais je t'emmerde espèce de gros suceur de queues. »

« Tu sais que j'ai raison. »

« Va chier. »

« Alors Patron, on y va ? »

« On y va. »

Le Patron démarre la Fuego et commence lentement à s'engager sur la pente dans la colline menant directement à la base des enculés.

Mathieu regarde en face de lui un visage qu'il aurait cru ne pas revoir.

« Van Brugel, putain d'enculé d'ancien nazi de mes deux couilles » laisse échapper Antoine

« Content de me revoir Antoine ? Coucou Mathieu, ça faisait longtemps. Et Charles ! Même Charles est ici. C'est magnifique, la fine équipe réunie. Vous allez pouvoir voir tout ce que j'ai accompli et tout ce qu'il me reste à accomplir. »

« Accompli ? Mais t'as rien branlé, votre plan de merde sert à que dalle personne bite ce que vous voulez faire. »

« C'est pas gentil de dire ça »

« Mais c'est la vérité »

Charles hoche la tête et Mathieu ajoute un petit « oui » à peine audible.

« C'est peut être vrai que nous avons échoué dans notre entreprise première, mais là on passe au plan B. Si on a pas le monde, personne ne l'aura. On a décidé de détruite toute l'humanité avec une bombe à radiations sergelama de notre invention pour buter tout le monde et repartir à zéro. Quant à nous, nous serons protégés de la bombe dans notre base ultra sophistiquée anti rayons sergelamas »

« C'est complètement con putain »

« C'est peut être con mais c'est comme ça qu'on fait, et t'as pas le droit de parler chut. »

Un militaire s'approche et place un canon sur la tête d'Antoine qui s'arrête juste avant d'ouvrir sa gueule encore une fois pour insulter Van Brugel.

Deux autres font de même avec Charles et Mathieu.

« Je vais vous laisser en vie juste à temps pour que vous puissiez observer avec moi à travers les baies vitrées et mes écrans de surveillance satellitaire et tout le toutim le résultat de notre travail. »

Van Brugel se déplace vers son bureau en acajou et pose sa main sur une manette étiquetée « Ouroboros – phase finale (du plan B (aka la bombe sergelama))»

« Van Brugel tu peux pas faire ça putain réfléchis, tu vas détruire toute l'humanité d'un coup, dedans y'a plein de choses que tu aimes, comme les employés burger king ! Rappelle toi ! » S'écrie Mathieu en brandissant la photo de Van Brugel au Burger King.

Van Brugel regarde la photo, s'approche de Mathieu et s'en saisit avant de retourner vers son bureau en contemplant le polaroïd.

« C'est vrai que c'était bien… »

« Reprends toi, c'est une mauvaise passe, t'es fâché parce que t'as pas réussi à annexer l'alsace, on comprends, mais c'est pas pour ça qu'il vous tout jeter en bloc… »

« Mais… »

« Fais le bon choix Joseph. »

« Tu ne comprends pas. »

« Quoi ? »

« Vous ne comprendrez jamais… abattez les » laisse échapper enfin Van Brugel qui repose la main sur la manette et s'apprête à l'actionner. Les militaires quant à eux sont sur le point de tirer sur les trois comparses.

« VAN BRUGEL NON ! » crie Mathieu dans une dernière tentative de le stopper.

Un premier coup de feu retentit et tout le monde s'arrête d'agir.

Du sang gicle sur les vêtements de Mathieu, Antoine et Charles alors qu'un des militaires s'effondre sur le sol lentement.

Le canon de l'arme ayant tiré s'ajuste sur le côté pour abattre les deux autres militaires dont les corps s'effondrent sur le sol dans un léger fracas.

Un quatrième coup part, touchant Van Brugel à l'épaule qui tombe contre sa baie vitrée dans un cri de douleur.

« Dis donc mon salaud tu savais que tes gardes s'amusaient à mater des pornos plutôt que de garder le hall ? C'était très très trèèès facile d'entrer dans ta soi-disant base militaire. Ridicule. Bon, j'avoue, le porno était bien, mais c'est quand même pas une raison pour pas réagir quand une Renault Fuego entre en dérapant dans le domaine et que deux connards passent la porte armés jusqu'aux dents pour abattre tout ce qui bouge. Enfin moi j'dis ça… »

Derrière le Patron se trouve le Prof qui examine le bureau, légèrement choqué par la scène, tentant de détourner le regard des cadavres sur le sol.

« Mais t'es qui gros connard ? » demande Van Brugel, la main plaquée sur son épaule.

« Oh, c'est vrai qu'on a pas été présentés ma couille. Je suis comme qui dirait ton pire cauchemar. J'suis ton Némésis, ton lex luthor. Ton bouffon vert, ton Joker. Ta fissure anale, ton cancer de la prostate. J'suis la plus grosse épine que t'auras jamais eu plantée dans ton putain de cul de fritz. Qui suis-je ? »

« Le Patron » Chuchotent Antoine et Mathieu avec un léger sourire aux lèvres.

« Mais comment… ? Et ça c'est le prof c'est ça ? » Ajoute Mathieu

« Oui, salut Mathieu, ça fait bizarre de t'avoir en face enfin, mais je suis ravi qu'on ait réussi. » réponds le Prof

Pendant ce temps Charles ne comprend rien à ce qu'il se passe et le Patron s'approche de Van Brugel le flingue toujours à la main.

« Nan, laisse-moi tranquille ! Je te connais pas enculé ! » Bafouille Van Brugel apeuré par le grand homme brun et baraqué s'approchant de lui calmement.

Le Patron continue d'avancer et dit « Tu ferais mieux de commencer ta prière, mon con, vu la croix sur ton bureau j'imagine que t'es catholique alors tu ferais mieux de commencer à demander pardon parce que sinon tu vas te retrouver dans un endroit encore moins marrant que Clermont Ferrand. »

« Tu vas quand même pas m'abattre comme ça ? Comme un chien ? Je suis sûr que t'es un homme avec plein de jugeotte. »

« De la jugeotte, moi ? J'agis uniquement par pulsions, et là j'ai une énoooorme envie de te coller une balle dans ta caboche. Alors, mon petit bijou, tu as intérêt à te manier pour faire ta prière. »

Van Brugel lie ses mains et les place sur sa bouche en tremblant puis commence à marmonner en latin le début de sa prière.

« Miserere mei

Le coup de feu éclate et le crâne de Van Brugel aussi.

« Désolé, rien que le début semblait méga chiant. »

Antoine Mathieu et Charles regardent le Patron ranger son flingue et s'allumer une clope pendant que le Prof examine le bureau et ne savent pas comment réagir à la scène qui vient de se dérouler.

« Mec, mais, comment vous avez fait ? » demande Mathieu toujours sur le cul de voir le Patron en chair et en os devant lui. « Vous êtes revenus pour nous aider ? »

Un clic se fait entendre suivi d'un « Oups » du prof qui active la manette d'un mouvement maladroit. « Merde. Je crois que j'ai fait une connerie. »

Les lumières s'éteignent et le bâtiment se met à trembler alors qu'un énorme missile en forme de dragon s'élève du sol un peu plus loin, visible au travers de la grande baie vitrée, et éclairé par plusieurs spots lumineux alors que la nuit est en train de tomber.

« Bon bah on est morts les croquants » souffle Antoine en se laissant tomber sur le sol.

Le Patron quant à lui allume une clope et regarde le missile décoller dans les airs, décollage révélant la tête du dragon qui ressemble à un chanteur Français célèbre.

Le Prof et les autres regardent également, confus et impuissants, un grand flash lumineux se répandre dans le ciel accompagné d'un grand souffle agitant toute la végétation sur des milliers de kilomètres. Tout le monde ferme les yeux pour se protéger du flash à part le Patron muni de ses lunettes de soleil.

Une fois le souffle passé, le silence s'installe pour plusieurs secondes avant que Mathieu tente d'ouvrir les yeux pour constater qu'il est toujours envie. Les autres font de même, à l'exception du prof qui n'a pas l'air de vouloir les ouvrir.

Les quelques nuages peuplant le ciel ont disparu, soufflés par l'explosion de la bombe à radiations sergelamas révélant un ciel qui se peuple peu à peu d'étoiles alors que les héros semblent avoir du mal à réaliser que devant leurs yeux vient de se dérouler une véritable apocalypse.

Le Prof ouvre enfin les yeux et se touche le visage pour constater qu'il est également en vie, et pour constater également que le Patron sort de la pièce sans dire un mot.

« Tu... tu vas où ? Tu sors ? »

Pas de réponse. Mathieu le suit, suivi de près par Antoine et Charles. Le prof se retrouvant seul décide d'enjamber maladroitement les cadavres de militaires et les suivre vers la sortie, avec un peu de retard. « Attendez-moi ! »

Dehors, c'est le calme plat. Il n'y a aucun bruit, le paysage est clair, à l'exception des quelques cadavres de gardes, victimes du Patron, restant sur le sol. Le Patron d'ailleurs s'avance vers la Fuego pour aller y chercher un autre paquet de clopes.

« On sait pas si ces radiations sont mauvaises, si ? Si c'est fait pour éradiquer l'humanité pourquoi on est là ? » demande Charles

« Peut être que prof aurait une idée » remarque Mathieu pendant que Antoine est juste content que tout ça soit fini, sans vraiment se rendre compte de la situation.

« Eh bien j'en ai aucune idée, je sais pas du tout ce que c'est que ces radiations sergelama… »

Malaaadeuh… complètement malaaadeuh…

« … qui a chanté ? »

Tout le monde se regarde et personne ne semble savoir qui a chanté.

« Nan sans déconner qui a chanté ? »

Pour quand ma mère sortait le soir…

« Putain, quoi… ? » dit le Patron en localisant la source du chant, l'un des cadavres, fraichement relevé, titubant et chantant. « Sans déconner ? Je t'avais pas tué toi ? » commente-t-il avant de l'abattre d'un coup de feu.

« Le type s'en sort vivant et il préfère chanter Serge Lama et se faire buter que juste fermer sa gueule ? » remarque Antoine

Je suis, maladeuh !

« Un autre ! » s'exclame Mathieu en voyant un nouveau soldat se relever.

Le Patron l'abat lui aussi.

« Attendez c'est quoi ce délire tous ces cons ont des trous dans le bide certains ont même le cou déchiqueté et ils sont encore vivants ? » dit Charles en regardant les soldats se relever en chantant de plus belle.

« Ah merde. Ah merde ! »

« Quoi Prof ? »

« Les radiations sergelama, ça doit transformer l'humanité en zombie Serge Lama ! »

« Tu te fous de ma gueule ? » réponds le Patron en abattant plus de soldats. « Putain montez dans la Fuego y'en a un paquet ! »

Tout le monde se précipite dans la Fuego et le Patron prends le volant, démarre, et repars en s'éloignant du quartier général de Van Brugel, laissant les zombies à leur concert.

Le Prof ajoute « Il me semblait bien avoir vu ça sur un des papiers du bureau de Van Brugel, mais bon ça paraissait bizarre je croyais juste que j'avais mal lu. C'est quand même étrange de vouloir détruire l'humanité en transformant chaque humain en chanteur de variété. »

« Tu y vas fort en euphémisme toi » commente Antoine.

Mathieu et Charles ferment leur gueule et regarde par la vitre arrière les zombies monter une scène devant la base, alors que la Fuego s'éloigne pour atteindre les hauteurs de la petite colline sur laquelle se trouvaient le Patron et le Prof tout à l'heure.
Une fois arrivés en haut le Patron ressort et scrute le bas de la colline pour voir que les zombies ont installé des projecteurs et placent des chaises devant la scène pour que tout le monde puisse assister au concert.

« J'attends toujours de me réveiller de ce cauchemar bizarre, mais j'ai l'impression que ça va pas arriver. » dit Mathieu la voix fatiguée

« Putain, et moi qui croyais que tout ça était fini… » commente Antoine

« J'espère que ma femme va bien… » ajoute Charles.

« T'inquiète pas, d'après moi le bunker de ta maison l'a protégée des radiations. » le rassure le prof.

Les 5 hommes se laissent tomber dans l'herbe et se mettent à regarder le ciel qui est désormais rempli d'étoiles, et parfaitement dégagé. Un ciel d'été.

« Qu'est ce qu'on va faire dans ce putain de merdier maintenant… » dit Antoine après un petit moment de silence.

« J'en sais rien du tout, franchement, j'ai toujours du mal à comprendre tout ce qu'il nous est arrivé. » réponds Mathieu.

« Fermez vos mouilles, j'ai mal au crâne. »

« Non mais c'est vrai, qu'est ce qu'on va faire Patron ? Nous il faut qu'on retrouve les autres… »

« Les autres ? » demandent le Patron et Mathieu en même temps.

« Bah oui, en venant ici j'ai aussi ramené les autres, le geek, maitre panda, la fille, le hippie… mais étant donné que j'ai pas réussi à les briefer avant parce qu'on manquait de temps, j'ai pas pu contrôler leur destination je sais pas où ils sont… et si c'est pas devenu des zombies du coup. »

« Eh bah, ça promet des nuits paisibles. » commente Antoine

Le silence s'installe et les regards sont tournés vers le ciel, toujours.
Après plusieurs minutes à observer la voute céleste aux sonorités d'un concert de Serge Lama encore plus mou qu'un vrai concert de Serge Lama, le Patron ouvre enfin la gueule à nouveau.

« Alors c'est deux putes qui entrent dans une Synagogue… »

FIN.

Une dernière petite musique pour le générique : Creedence Clearwater Revival – Bad Moon Rising


Et voilà, c'est fini !

L'aventure est enfin terminée, je vous avoue que ça aura pas été facile d'écrire ça, parce que mine de rien, c'était quand même amusant de dire n'importe quoi en continu et d'avoir des personnages suivre ce n'importe quoi, ça donnerait presque des idées pour le futur, m'enfin bon.

J'espère que toute l'aventure aura fait rire des gens, j'espère que la fin sera assez bien pour vous, j'ai essayé de rester dans le style mais je sais pas si y'a vraiment de style dans MMD.

Et si ça vous plait pas, à la limite, c'est pas très grave. Vous aurez le droit de m'insulter dans les reviews.

Ceux qui ont suivi tout entier, merci, ceux qui n'ont pas suivi, pas merci, ceux qui ont laissé des reviews gentilles et qui ont tout simplement aimé tout ça, merci, je vous fais des bisous et je vous dis à la prochaine.

Comme dirait un type dont je connais pas le nom parce que en fait il a jamais existé

"Je sais, c'est triste, c'est fini, mais ça aurait pu être pire, ça aurait pu continuer."

Gilberts. (bécots)