Un gros pardon pour l'attente. J'ai eu une petite période sans mais maintenant ça va mieux. Du coup, pour me faire pardonner, je vous mets trois chapitres d'un coup!


Quelqu'un frôlait la peau de Byakuya du bout des doigts. Il ne mit pas longtemps à comprendre qui. Après tout, les solutions étaient assez restreintes. Il garda les yeux fermés, savourant la chaleur et la douceur de la peau de Matsumoto, qui était collée à lui. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Devait-il lui faire comprendre que cela ne se reproduirait pas ? Ou devait-il au contraire lui demander quand est-ce qu'ils pourraient remettre ça ? Ca avait été encore plus satisfaisant qu'il ne s'y attendait, et il ne regrettait certainement pas le moment. Mais continuer cette petite aventure la blesserait, car il n'y aurait pas d'issue heureuse pour elle. Il décida d'oublier tout ça pour le moment, et de profiter de l'instant présent.

- Qu'est ce que tu fais ? demanda-t-il, les yeux fermés et la voix endormie.

Un petit sourire se forma sur les lèvres de Rangiku. Il était craquant, comme ça. On aurait dit un enfant. Et puis… il l'avait tutoyée. Cela réglait la question de savoir comment elle devait se comporter pour le moment.

- Je suis la trace de tes cicatrices, répondit-elle simplement.

Elle n'aurait jamais imaginé qu'un homme comme lui aurait autant de cicatrices. Il en avait trois particulièrement importantes, mais également une multitude de petites secondaires. Byakuya ouvrit les yeux et regarda la cicatrice qu'elle traçait du doigt.

- Kurosaki Ichigo, dit-il simplement. Lorsque son Hollow est devenu incontrôlable.

Elle hocha la tête et caressa une cicatrice sur son bras.

- L'arrancar qui voulait tuer Rukia, dans le Hueco Mundo. Il prenait possession de tout ce que ses yeux voyaient. J'ai du me débarrasser de membres réticents.

Elle croisa son regard, et le baissa immédiatement. Lorsqu'elle avait appris qu'elle irait dans la 6ème division, elle avait été paniquée. Elle avait pensé faire face à un homme froid et sans pitié. Mais Kuchiki Byakuya n'était ni l'un, ni l'autre. Il cachait juste très bien ses émotions. Inconsciemment, elle se serra contre lui, comme pour se faire pardonner d'avoir un jour penser de cette façon, et caressa une autre cicatrice, près de son cœur. Quoi qu'il lui fût arrivé, ce n'était vraiment pas passé loin…

- Ichimaru.

Elle arrêta son geste, surprise, et retira sa main. La mémoire lui revint. Gin allait tuer Rukia-san, et Byakuya était intervenu juste à temps, prenant la blessure à la place de sa sœur. Quelques heures auparavant, elle lui racontait comment Gin ne l'avait jamais trahie, alors que lui-même avait failli mourir par sa lame. Il devait probablement détester sa naïveté. Un sentiment de culpabilité l'envahit. La sentant s'éloigner, Byakuya resserra son bras, la forçant à rester collée à lui. Elle resta silencieuse un instant.

- Beaucoup de ces cicatrices sont la parce que tu protégeais Rukia-san, pas vrai ?

- Elle est ma sœur, répondit-il simplement.

Elle sourit, attendrie une nouvelle fois, et se pencha pour déposer un baiser léger sur la cicatrice qu'il portait au dessus de son cœur. Byakuya la regarda faire. Il n'était pas un amant particulièrement tendre. Les câlins et les baisers ne l'attiraient pas plus que ça en dehors de l'acte. Mais, avec elle, il devait bien avouer que c'était agréable. Ils restèrent encore allongés quelques minutes dans le silence, avant que Matsumoto ne se lève et commence à s'habiller. Il l'observa avec intérêt, laissant son regard traîner sur les parties les plus généreuses de son anatomie.


- Byakuya dort toujours ? demanda Ichigo à Yoruichi-san. Ca fait longtemps, on devrait peut-être aller le réveiller ? Rukia m'a dit qu'il ne dormait que peu en général… C'est inquiétant, non ?

- Laisse-le donc, Ichigo, lui répondit Yoruichi avec un sourire mystérieux. Il va probablement avoir besoin de repos ces prochains jours.

- Vous penser que des Hollows vont attaquer une nouvelle fois ? s'enquit-il en regardant tour à tour Yoruichi-san et Urahara-san.

Urahara-san cacha le bas de son visage derrière son éventail, mais un sourire dansait dans ses yeux. Ichigo n'en pouvait plus. Il avait l'impression que tout le monde participait à quelque chose de secret et que lui seul en était exclu. Il fronça les sourcils et s'apprêta à répondre lorsque Rangiku-san apparut dans la pièce, sortant du bain, des vêtements humains sur le dos. Comme d'habitude, elle avait une chemise un peu trop ouverte et une jupe un peu trop courte. Lorsqu'elle le vit, elle hésita un court instant, avant de crier son nom et de tenter de l'étouffer dans sa poitrine. Rangiku fut heureuse de voir qu'Ichigo était toujours aussi naïf… et vierge. Il rougissait comme un adolescent et se débattait sans succès. Cela le rendait beaucoup moins effrayant que lorsqu'il portait son masque de Hollow. C'est sur cette scène qu'entra Byakuya. L'homme devait avouer que cette habitude avait tendance à l'agacer. Passe encore qu'elle étouffe Hitsugaya (ce n'était qu'un enfant), mais Kurosaki Ichigo et Muguruma-taicho étaient des hommes en pleine possession de leurs moyens, et la voir se frotter les seins contre eux était une chose qu'il n'appréciait guère. Sa réaction n'était pas un mystère pour lui. Etant de la haute noblesse, il avait toujours été très possessif et jaloux de ce qui lui appartenait. Ils n'étaient peut-être pas mariés, mais ils avaient couché ensemble, et il estimait que cela suffisait à déclencher cette réaction.

- Kurosaki Ichigo, dit-il pour rompre le silence. N'as-tu donc rien d'autre à faire que de venir trainer ici ?

- Yo, Byakuya, répondit le concerné après avoir retrouvé sa liberté. Pour ton information, c'est les vacances scolaires, et mon père essaye de m'attaquer dès que je suis dans la maison, alors, non, je n'ai rien de mieux à faire.

Byakuya ne répondit rien mais regarda Matsumoto. La jeune femme frissonna en voyant le regard que son amant lui lançait. C'était un regard possessif. Pas jaloux, non, possessif. Elle aurait du s'offusquer du fait qu'il la regarde comme une possession, mais, elle était à peu près sûre que, s'ils avaient été seuls dans la pièce, il lui aurait fait comprendre avec des gestes, et non un regard, qu'elle était à lui. Et cette idée lui donnait des frissons d'excitation. Mais d'un autre côté, elle essayait de vaincre la peur qu'elle avait d'Ichigo en agissant comme elle le faisait auparavant, alors ne devrait-il pas l'encourager ?

- Rangiku-san, vous avez encore une blessure au cou, lui fit remarquer Ichigo.

Qu'il était naïf, pensa-t-elle, attendrie. Son regard croisa à nouveau celui du capitaine mais, cette fois, ce fut lui qui frissonna. Oh, tout ce que ce regard promettait, se dit-il. Peut-être que, finalement, cela arriverait plus d'une fois. Il arqua un sourcil avant de s'asseoir pour déjeuner.


Le reste de la journée passa très vite et, vers 17 heures, Byakuya entendit un cri provenant de l'entrée.

- Rangiku-saaaaaaan ! cria Keigo en se jetant dans la poitrine de la fukutaicho. Vous allez bien ? J'ai su que vous étiez blessée ? demanda-t-il en pleurant toutes les larmes de son corps.

- Tout va bien, tout va bien, le rassura-t-elle en lui tapotant sur la tête. Juste une blessure mineure.

- Ohhh, j'ai eu tellement peur !

L'adolescent, sentant un frisson lui remonter le long de l'échine, regarda par-dessus l'épaule de la femme et croisa le regard glacial d'un homme. Il l'avait déjà vu, mais n'avait plus aucun souvenir de qui il était. Cependant, son regard en disait long sur ce qu'il lui ferait si jamais il n'ôtait pas très vite sa tête du décolleté de Rangiku-san. Il avala sa salive, difficilement, et recula prudemment, comme si une bête menaçait de se jeter sur lui.

- Je… Je dois y aller ! A plus tard, dit-il en détalant.

Rangiku tourna un regard accusateur vers le capitaine qui leva un sourcil, innocemment. Joueuse, elle s'approcha de lui en faisant de petits bonds et s'accrocha à son bras, collant son imposante poitrine contre le biceps musclé de Byakuya.

- Taichoooo ! Ne faites pas peur à Keigo, il n'est qu'un enfant ! dit-elle joueuse.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Matsumoto.

Yoruichi, la seule autre personne restante dans la pièce, observait l'échange avec fascination. Il était évident, pour elle qui connaissait bien Byakuya-boyo, qu'il jouait. Il avait beau employer le même ton qu'à l'ordinaire, quelque chose était différent. Il semblait presque taquin. Un petit sourire lui échappa et elle se sauva, laissant les deux dans leur intimité.

- Pas besoin d'être jaloux capitaine ! Après tout, Keigo n'a ni l'importance, ni le porte-monnaie des Kuchiki, dit-elle en lui faisant un clin d'œil.

- Ah oui ? demanda-t-il en arquant de nouveau un sourcil. Et c'est tout ce qu'ont les Kuchiki ?

- Les vieux snobs, oui ! répondit-elle franchement.

Byakuya, pour la première fois depuis très longtemps, fut tenté de rire. Personne ne critiquait les aînés des Kuchiki ainsi. Personne n'osait. Et pourtant, cette femme le faisait sans la moindre hésitation ou le moindre regret. Quelque part au milieu de leur conversation, Rangiku avait remarqué que Yoruichi-san était partie. Profitant de l'intimité de la pièce, elle glissa un doigt dans l'écharpe du capitaine, la faisant glisser à terre.

- Mais toi, en revanche… dit-elle d'une voix basse, séduisante.

- Tu es au courant que le tissu que tu viens de laisser négligemment tomber vaut près de 10 manoirs ?

Il n'attendait pas de réponse, et elle ne lui en donna pas. Elle ne fit que sourire, avant d'entrouvrir le shihakusho du capitaine et d'y glisser une main langoureuse, qui descendit lentement, jusqu'à ce qu'elle fut forcée de s'arrêter par la ceinture qu'il portait à la taille. Byakuya, aussi tenté qu'il fut, lui attrapa la main, la stoppant. Il ne voulait pas qu'on tombe sur eux dans une situation compromettante. Mais Rangiku n'était pas de cet avis. Elle s'approcha de lui, se leva sur la pointe des pieds et l'embrassa, le distrayant le temps nécessaire pour passer doucement son écharpe rose autour de ses poignets. Malheureusement pour lui, il ne le remarqua que trop tard, lorsqu'elle serra tellement qu'il lui fut impossible de s'échapper. Il la regarda, surpris. Que mijotait-elle donc ? Bien sûr, il aurait pu faire passer Senbonzakura en shikai et se libérer, mais quelque part, cela l'excitait. Jamais personne n'avait fait preuve d'autant d'audace et d'esprit joueur avec lui. Elle lui fit un clin d'œil, et le fit reculer jusqu'à ce qu'il trébuche et tombe sur une chaise. Elle ramassa l'écharpe du capitaine et lui banda les yeux, avant de poser un bref baiser sur ses lèvres. Byakuya aima tout de suite moins. Si jamais ils se retrouvaient attaqués, il était impuissant, sans ses mains, ni ses yeux. Il s'apprêta à riposter lorsqu'on lui mordit le téton. Il eut un sursaut, la morsure ayant été assez douloureuse, mais se rendit compte bien rapidement que le nerf qui avait réagi avait envoyé un signal jusque dans ses parties intimes. Quelques secondes passèrent avant que Matsumoto ne lui morde l'autre. Il laissa échapper un grognement. Rangiku regarda cet homme si fier se laissant totalement aller, à sa merci, et ressentit un pointe de fierté d'avoir réussi ce que tant d'autres avaient échoué. Elle le griffa, des épaules jusqu'aux cuisses, et lui mordit le lobe de l'oreille. S'asseyant sur lui, elle frotta leurs bassins, l'excitant davantage. Pendant de longues minutes douloureuses, elle le tortura ainsi, le tentant, l'excitant, sans jamais lui donner la chance de se libérer. Alors, lorsqu'elle décida enfin de le laisser pénétrer sa chair déjà prête à le recevoir, il utilisa Senbonzakura pour se délivrer, et la souleva pour la prendre contre le mur. Rangiku laissa échapper un petit cri de surprise, rapidement suivi par un cri de plaisir lorsqu'il la plaqua contre le mur et s'enfonça profondément en elle.

- Byakuya, gémit-elle.

Il accéléra au mieux la cadence, tentant de la faire à nouveau gémir son prénom. C'était un son qu'il aimait particulièrement. Elle s'accrocha à lui, comme si sa vie en dépendait, comme si elle voulait ne plus jamais le lâcher.


Le reste de la semaine passa rapidement pour tout le monde. Aucune information n'avait pu être trouvée concernant l'attaque des arrancars, et tous étaient à cran lorsque les deux shinigamis utilisèrent le Senkaimon. Heureusement pour eux, ils aperçurent la sortie sans qu'aucun incident ne soit arrivé. Matsumoto s'arrêta, forçant Byakuya à s'arrêter à son tour. Plus que quelques mètres, et ils seraient à nouveau dans le Sereitei. Plus que quelques mètres, et tout redeviendrait comme avant. Matsumoto caressa tendrement la joue du capitaine. Ces quelques jours passés sur terre avec lui lui avaient fait un bien fou, et elle ne savait pas comment le remercier.

- Byakuya, murmura-t-elle.

C'était la première fois qu'elle utilisait son prénom en dehors de l'acte. La première, mais également la dernière fois. Il l'attira à elle et l'embrassa durement. C'était la dernière fois qu'il goutait ces lèvres.

- Au revoir, Rangiku, dit-il en sortant du tunnel.

La jeune femme resta quelques instants interdite. C'était la première et la dernière fois qu'il l'appelait par son prénom. Elle ferma les yeux, inspira un grand coup, et sortit à son tour.


Et voila une image que j'ai trouvée qui est vraiment bien dessinée, pour illustrer le tout : art/Rangiku-Matsumoto-and-Byakuya-Kuchiki-36519229 5