Je suis de retour !
J'aurais bien posté ce chapitre avant, mais mon ordinateur m'a abandonnée, et ma connexion internet n'a pas vraiment été des meilleures !
Bref, voici donc le chapitre onze, avec un nouveau point de vue, quelque peu plus… mordant !
Merci à The cat with blue eyes pour sa review et son soutien !
Avril filait à toute vitesse, et les professeurs commençaient déjà à leur conseiller de prévoir un planning de révision en vue des examens de fin d'année. Arya, studieuse, comme toujours, s'y était mise et tentait de convaincre les autres de suivre son exemple, mais Melania et Lizzie pensaient que la dernière semaine de mai et les deux premières de juin leur suffiraient. La lourde ambiance qui avait régné dans le château s'effaçait avec les dernières neiges. L'ouvrage volé au professeur Blue n'était plus qu'un lointain souvenir, et aucune nouvelle mort criminelle n'était à déplorer. La pluie alternait avec le soleil, et, désoeuvrées, les quatre filles en profitaient pour explorer le château. Eviter le couloir maudit était devenue une habitude à laquelle elles ne faisaient même plus attention. Lizzie était convaincue que Poudlard comptait de nombreux passages cachés et autres secrets, qu'elle voulait absolument découvrir avant de partir.
-Il nous reste six ans et demi pour cela, fit observer Arya en haussant les épaules.
Malgré tout, elle se joignait toujours à elles dans leurs expéditions diurnes et nocturnes, s'attirant sa première retenue pour être de nouveau arrivée en retard au cours de sortilège. Melania se sentait grisée par la bonne humeur ambiante. Elle était heureuse de se trouver à Gryffondor, loin de sa famille et de leurs idéaux dérisoires, libre de s'épanouir selon ses propres valeurs –la prise de risque, l'aventure et le courage. Ses amies la laissaient exprimer ses idées, levant les yeux au ciel devant son franc-parler et sa langue acérée. Elle redoutait parfois les vacances d'été. Sa mère pouvait faire preuve d'une patience infinie avant de lâcher sa colère, et la beuglante qu'elle lui avait envoyée restait gravée dans son esprit. Son père s'était contenté d'une missive contenant un simple mot : Déçu. En un sens, ça avait été pire. Elle pensait parfois à sa petite sœur, qui rentrerait à Poudlard au moment où elle serait en troisième année. Elle aurait souhaité que Cassidy se détourne du chemin qu'ils avaient tracé pour elle, et suive sa propre voie, comme elle l'avait fait. Il lui restait quatre mois de vacances et des lettres pour la faire changer, en se basant sur l'admiration que sa cadette lui vouait.
-A priori, on ne connaîtra jamais le fin mot de l'histoire, soupira Lizzie un soir d'orage. Rathbone a prit peur, et cessé d'agir.
-Il va donc rester impuni ? s'indigna Isis.
-Non, rétorqua Melania. Il recommencera tôt ou tard. La seule chose que nous puissions faire est de nous tenir prêtes, et de ne pas perdre les preuves.
La pluie tombait incessamment depuis le début de la semaine, et elle commençait à s'ennuyer insupportablement. Le cours de balai volant du matin avait dû être annulé en raison du déluge, et sa seule source de distraction avec. Regan les faisait participer à des matchs de Quidditch amicaux, désormais. Erin et Isis arbitraient, et les autres testaient tous les postes. Lizzie se révélait bonne dans tous les domaines, bien qu'elle excelle particulièrement en tant qu'attrapeuse ou poursuiveuse. En voyant Arya évoluer ailleurs qu'à son poste habituel, Melania songeait qu'elle avait bien fait de tenter les sélections d'attrapeur. Elle ne possédait pas assez de force pour marquer des buts, craignait les cognards, et s'ennuyait à tourner autour des anneaux. Elle-même s'était découvert une passion pour le poste de batteuse, où elle se débrouillait admirablement.
-Tu pourrais peut-être tenter les sélections, l'année prochaine, avait suggéré Lizzie.
-Sans façons. Je ne vois aucun intérêt à être blessée pour de la compétition, même pour l'honneur de ma maison, avait-t-elle répondu.
Ses pensées s'égarèrent de nouveau sur la séance d'espionnage dont elle avait pris l'initiative à Noël. Le risque, l'exaltation d'être découverte et l'adrénaline qu'elle avait ressentis la poussaient à recommencer. Elle jeta un coup d'œil à Arya, qui caressait distraitement son chat en s'exerçant au sortilège de protection. Il était l'un des plus durs qu'elles aient eu à jeter, et Rathbone leur avait laissé un mois avant d'organiser un nouveau tournoi. Il semblait également de meilleure humeur, mais elles le devinaient tendu et sous pression. Elle se résigna à poser la question, en dépit de la prévisible réponse de son amie.
-Hors de question.
Melania soupira. Elle jouait avec sa baguette magique, et s'était évertuée, faute de mieux, à déchiffrer le parchemin en apparence vierge que la sorcière blonde avait reçu à Noël.
-Je m'ennuie !
-Tu n'as qu'à réviser ta métamorphose, proposa-t-elle en lui tendant un livre.
La jeune fille se renfrogna devant cette stupide proposition. Elle ne ferait que s'ennuyer plus encore. Elle peinait à comprendre un tel intérêt pour les études.
-Oh, allez Arya, fit elle en tapotant une nouvelle fois le papier, je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !
-C'est bien ce qui m'inquiète, grommela la sorcière.
Mel l'entendit à peine. Elle resta les yeux rivés sur l'encre qui remplissait peu à peu le parchemin. Elle déchiffra les écritures qui apparaissaient, choquée.
-Mel ? s'inquiéta Isis.
-Arya… Ce que tu as reçu à Noël est une carte.
Son amie se leva, intriguée, et se saisit de l'objet.
-Messieurs Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue sont fiers de vous présenter la carte du Maraudeur, lut elle. Comment tu as fait ?
-Je l'ignore, avoua Melania. J'ai juste tapoté…
-C'est ta phrase, intervint Lizzie, qui s'était approchée avec Isis. C'est une phrase clef, une phrase révélatrice. La formule est comme une clef qui sert à ouvrir une porte, et nul ne peut le faire d'une autre façon. Bravo, Mel !
-Merci, souffla Arya.
Elle l'étendit sur le sol, et elles la contemplèrent en silence, tentant d'en comprendre le fonctionnement.
-C'est la carte de Poudlard, comprit Lizzie… Et regardez, elle bouge…
Deux points indiquaient Alistair Warwick et Damien Delacour, prêt de la bibliothèque.
-On dirait bien que c'est le neveu de la directrice, commenta Melania, amusée.
Isis déplia un autre pan.
-Nous sommes là, dans le dortoir de Gryffondor, s'exclama-t-elle.
Elles observèrent les autres noms bouger, se déplacer, curieuses et exaltées.
-C'est un trésor précieux ! s'exclama Lizzie. Pourquoi te l'aurait-on donné ?
-Je crois que celle qui me l'a envoyée ignorait ce dont il s'agissait…
Melania ne parvenait pas à détacher les yeux des points et des noms qui se déplaçaient, les yeux écarquillés.
-Vous rendez-vous compte ? Avec la cape et cette carte, nous pourrons hanter les couloirs du château impunément !
Elle était aussi sérieuse qu'amusée. Elle pouvait sentir son cœur battre d'excitation, et souriait largement. La jeune Lupin lui rendit son sourire, pourtant pâle et fatiguée. Elle contempla la carte, puis la replia et la serra, émue. Mel fronça les sourcils. Elle savait qu'elle n'obtiendrait aucune information sur l'expéditeur –son amie pouvant s'avérer plus têtue qu'elle-même parfois-.
-Celle qui te l'a envoyée doit vraiment compter pour toi, remarqua-t-elle.
Lizzie lui flanqua un coup de coude –elle allait finir par ne plus compter les bleus qui lui étaient infligés de la sorte !.
-La carte du Maraudeur, souffla Arya, pensive. Je me demande d'où elle vient. Qui donc a pu créer une telle chose ? Imaginez qu'elle tombe entre de mauvaises mains… Il faut absolument que nous sachions l'effacer.
-Les Maraudeurs, sans doute, répondit Melania en haussant les épaules.
Son amie pensait toujours aux conséquences les plus graves. Elle tapota sa baguette et réitéra la phrase, sans succès. Elle tentèrent une à une plusieurs formules de conclusion, sans parvenir à trouver la bonne. Melania réfléchit à ce qu'elle aurait pu dire en d'autres circonstances, et s'efforça de vider son esprit. Enfin…
-Méfait Accompli !
L'écriture disparut et elles poussèrent un soupir soulagé.
-Tu m'inquiètes, parfois, avoua Lizzie. On ne connaît rien de ceux qui l'ont fabriqué si ce n'est leurs pseudonymes, et tu as réussi à te calquer sur leur mode de pensée alors qu'ils pourraient être de dangereux psychopathes.
-Détends toi un peu, lui ordonna la jeune Black.
-Cela dit, ajouta la sorcière rousse avec un sourire malicieux, puisque c'est la carte du Maraudeur et que nous la détenons… Autant nous appeler les Maraudeurs également, non ?
Melania répéta silencieusement le mot. Il résonnait agréablement à leurs oreilles, et elles n'avaient pas besoin de plus.
Elles passèrent leurs journées suivantes à observer curieusement la carte, et à déduire les affinités de chacun. Bientôt, cependant, Melania recommença à s'ennuyer, et à revenir à son idée initiale : écouter indiscrètement des conversations privées.
-Honnêtement, notre enquête n'avance pas. Les professeurs doivent savoir quelque chose, n'est ce pas ? Même si les meurtres ont cessés, ils doivent toujours être en état d'alerte. Les écouter pourrait nous fournir de nombreuses informations.
Cet argument se révéla plus efficace que n'importe quel autre sur la jeune Lupin, qui consentit à leur laisser la carte. Melania et Lizzie se portèrent volontaires, et elles commencèrent à chercher son nom. Elles le trouvèrent près du couloir de sortilèges.
-Oh non, gémit la jeune Potter. Isis, une ballade ça te dit ? Il est hors de question que je m'y rende.
-C'est étrange, commenta leur amie sans répondre, la carte n'indique pas son prénom.
Elles se penchèrent un peu plus, et constatèrent que sous les pas, seul était marqué . Melania se souvint du repas de Noël.
-Ewan Rathbone, indiqua-t-elle. Pourquoi la carte ne donne-t-elle pas son nom complet ?
-C'est un mage noir de haut niveau, fit remarquer Arya. Il doit être suffisamment puissant pour troubler un objet magique.
Elles reportèrent leur attention sur le parchemin, et constatèrent qu'il avait disparu.
-Il y a un passage secret par là ? demanda la jeune fille aux cheveux ondulés en fronçant les sourcils.
Elles secouèrent la tête, et déplièrent curieusement le papier afin de voir les autres ailes du château.
-Là ! s'exclama Isis, dans la salle des trophées.
-Comment s'y est-il prit ? demanda Lizzie.
Mais elles connaissaient déjà la réponse.
-Ca explique comment il a pu continuer à commettre des meurtres, tout en enseignant à Poudlard, commenta Arya, songeuse.
-Viens, Lizzie. Avant qu'il ne file de nouveau.
Elle enfila la cape, garda la carte repliée dans sa main, et elles descendirent les escaliers.
-Tout cela est stupide, maugréa son amie. Ca ne servira à rien d'autre qu'à satisfaire ta curiosité !
-Ose prétendre que tu ne t'amuses pas !
La sorcière rousse marmonna un peu plus puis elles traversèrent la grande salle et trouvèrent Regan et Rathbone plongés dans la contemplation de trophées. Melania fronça de nouveau les sourcils.
-Pourquoi se donnent-ils toujours rendez-vous dans des endroits déserts ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-A Noël, Regan a insisté pour que Rathbone vienne faire un tour dans le parc. Tu crois que c'est lui, son maître ?
Elles se plaquèrent contre le mur, assez proches pour entendre leur conversation.
-…t'inquiéter, disait Regan. Les élèves sont en sécurité.
Rathbone répondit à voix si basse qu'elles ne purent discerner un seul mot. Le professeur de vol répondit sur le même ton, puis enchaîna sur un tout autre sujet, qui concernait ses projets de vacances et de voyages.
-J'aurais aimé visiter l'Afrique Noire, expliqua Rathbone.
Melania se sentir furieuse de ne pouvoir connaître l'expression de leur visage, et d'être arrivée trop tard. Lizzie la tira en arrière.
-Où vas-tu ? murmura la jeune Black.
-Au dortoir, siffla son amie, et tu me suis. Arya a raison, ça ne nous regarde pas. Et je suis sûre que Regan est innocent. Quand à Rathbone…
Mel la suivit en fulminant, et se jeta sur son lit, frustrée, à peine furent-elles rentrées au dortoir.
-Je vais voir ma mère, leur apprit Arya.
Elle paraissait pâle et nauséeuse, et ses yeux bleus étaient brûlants de fièvre. Melania avait du mal à concevoir qu'elle puisse s'inquiéter autant, mais sa vision de la famille était dérangée par les fous qui lui servaient de parents.
-Fait attention à ton poignet, lança Isis. Il est suffisamment abîmé comme ça !
La sorcière blonde lui adressa un mince sourire contrit, puis quitta discrètement leur dortoir.
-Wingardium Leviosa, marmonna Melania lorsqu'elle fut partie, et son livre de potion s'envola pour venir atterrir sur ses genoux.
Elle avisa Lizzie qui jouait avec Fenouil, et décida de tenter la formule apprise le matin même.
-Locomotor Mortis.
Son amie trébucha et le chaton s'écarta aussitôt en crachant.
-Tu te crois drôle ? demanda-t-elle, les mains sur les hanches.
-Je m'entraîne juste, répondit la jeune Black innocemment.
-Je crois qu'il faut faire quelque chose pour guérir ton syndrome d'hyperactivité, soupira Isis en levant ses yeux d'un livre espagnol.
Melania poussa une exclamation méprisante. Elle avait l'impression d'avoir passé la plupart de son temps libre de première année dans le dortoir où à la bibliothèque, à disserter sur Rathbone ou à rechercher des informations. Le caractère privé de leurs discussions ne leur permettait pas de s'installer dans la salle commune autrement que pour des devoirs et des parties d'échecs. Elle remarqua à ce moment là combien elles étaient fusionnelles. Elles passaient leur temps ensemble, et se connaissaient mieux que quiconque, et n'avaient jamais de secret les unes pour les autres, ou presque. Calmement, la jeune fille ferma les yeux, apaisée. Une amitié de cette force était rare. Elles connaissaient à peine les autres premières années, hormis Rowle et sa clique, et Henry Abbot. Elle se leva pour aller ouvrir la fenêtre et profiter de l'air frais. Dehors, la pleine lune brillait. Mel contempla le ciel magnifiquement étoilé, regrettant presque que ce ne soit pas le soir de l'astronomie, avant de se figer et de contempler la lune, la bouche bée. Elle brillait déjà le premier soir de septembre où Arya avait subitement déclaré devoir rendre visite à sa mère. La lune éclairait le couloir maudit de façon inquiétante, selon Lizzie. Arya disparaissait toujours en fin de mois…
-Est-ce que l'une d'entre vous sait quelle est la maladie de la mère d'Arya ? demanda-t-elle, prudente.
-Cancer, répondit Isis. Des cellules malades détruisent les cellules en bonne santé, en l'occurrence, il s'agit d'une leucémie –un cancer du sang.
Mel eut envie d'envoyer une réponse cinglante, mais elle n'y parvint pas. L'idée qui lui avait traversé l'esprit quelques secondes plus tôt l'obsédait, et elle n'arrivait pas à la tourner en dérision. Arya était pâle, nauséeuse, presque malade…
-En est-on sûre ? questionna-t-elle de nouveau, plus calme qu'elle ne l'avait été.
Elle se tourna pour faire face à ses amies, qui levèrent les yeux vers elle, déconcertées.
-Je pense que les médecins… Mel, tu es livide ! Qu'y a-t-il ? s'inquiéta Isis.
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais resta sans voix. Elle se répugnait à accuser son amie de mensonge.
-Mel ? insista Lizzie.
-Arya disparaît toujours à la pleine lune, murmura-t-elle.
Une telle phrase n'engageait rien, n'accusait personne.
-Non.
Lizzie secouait virulemment la tête. Melania esquissa un faible rictus. Isis les dévisageait sans comprendre, ce qui rappela à la jeune Black les origines moldues de leur amie. Elle ne parvenait à prononcer le mot cependant, toujours sous le choc.
-Vous pensez que la mère d'Arya est… un loup-garou ? demanda enfin la jeune Pettigrow, sans trop y croire.
Lizzie et Melania s'entre-regardèrent. La jeune Potter avait brusquement pâli, elle aussi, tandis qu'elle avait recherché les souvenirs dans sa mémoire.
-C'est une…forte possibilité, dit enfin la sorcière rousse. Mais… il me semblait qu'elle était née-moldue.
-Elle ne l'a jamais confirmé, la contredit Melania.
-Mais pourquoi irait-elle la voir le soir de la pleine lune ? insista Isis. Je n'y connais peut-être pas grand-chose, mais ça me paraît dangereux… D'autant plus que, si au début, elle revenait le lendemain soir, donc elle restait avec sa mère pendant la journée, récemment, elle revient toujours au matin.
Et, songea Melania, elle avait un frère et un père, qui devaient être aptes à veiller sur sa mère en son absence.
-Pourtant, murmura Lizzie, ça tient debout, comme explication.
Elle refusait d'envisager l'autre possibilité.
-Ne fais pas comme si tu n'avais pas compris ! lança Melania.
Malgré ses efforts pour retrouver sa voix sarcastique, son ton était tremblant. Elle ferma les yeux et réfléchit intensément, tentant de trouver un élément qui viendrait fausser sa théorie. D'autres images lui venaient. Arya avait l'ouïe fine. Selon les moments du mois, elle était plus ou moins pâle, et, réalisa la jeune fille, cette particularité suivait les phases de la lune. Elle semblait toujours malade et fatiguée le matin de la pleine lune. Elle ne se prononçait jamais au sujet du couloir maudit, mais elle ressentait une force maléfique. Le seul point dérangeant était son piètre sens de l'orientation, un détail par rapport au reste. A présent, Melania se demandait comment elles avaient pu se montrer aussi aveuglément stupides.
-Pourquoi ne nous a-t-elle rien dit ? s'emporta-t-elle.
Les épaules de Lizzie s'affaissèrent, comprenant qu'il était inutile de nier plus longtemps. Isis avait une expression un peu effrayée, qui se mua en peine.
-Mel…murmura la jeune Potter.
-Nous sommes ses amies ! Nous nous faisons mutuellement confiance, nous nous sommes juré de ne jamais nous trahir ! Pourquoi n'a-t-elle pas eu suffisamment confiance en nous pour nous le dire ?
-Tout le monde à ses secrets, Mel. Arya n'a pas confiance en elle, tu le sais très bien. Elle n'a pas voulu nous perdre. La situation des loups-garous est bien loin d'être idyllique, les préjugés se muent en haine…
Melania balaya les paroles de Lizzie d'un geste de la main, mais elle se souvint de sa discussion avec l'enfant blonde, le lendemain de la pleine lune de décembre. « Lizzie, Isis et toi êtes mes premières amies. J'ai peur de vous perdre. » Elle envoya valser sa table de nuit sous l'effet de la rage.
-Nous allons partager le dortoir pendant sept ans. Pensait-elle vraiment que nous ne le remarquerions pas ?
Elle s'efforça de se calmer, le cœur serré par ce que leur amie devait endurer chaque mois et par la peur qui s'allumait dans ses yeux dès qu'elle se disputait avec l'une d'elles.
-Mel, l'avertit Lizzie. Nous ne pouvons pas l'accuser sans preuve. Que ce soit Arya ou sa mère, il faut que nous en soyons sûres.
-Mais de toute façon, gronda férocement la jeune Black, ça ne change rien. Arya est toujours la même, nous sommes d'accord ? Quoi qu'il arrive, nous la soutiendrons.
-Toujours, approuvèrent les deux autres.
Rassérénée, elle proposa à son amie aux cheveux roux de s'entraîner en duel avec elle. Elles avaient besoin de se changer les idées.
Arya revint le lendemain matin, livide, la main de nouveau en mauvais état. Melania détailla son comportement. Elle les salua faiblement, donna des nouvelles de sa mère, les yeux baissés, la gorge nouée, et changea rapidement de sujet. Lorsque Rowle les bouscula violemment, heurtant l'épaule gauche de leur amie, celle-ci chancela et se mordit la lèvre, les larmes aux yeux. Les trois autres se regardèrent, et Melania secoua tristement la tête. Elle n'avait plus aucun doute sur la nature de la jeune sorcière blonde.
-Alors Lupin, on ne tient plus debout ? ricana Rowle.
Les trois autres –Isis étonnamment comprise- sortirent leur baguette d'un seul mouvement.
-Vous voulez vraiment jouer à ça ? grinça Rowle.
-Je ne ferais pas trop la maligne, si j'étais toi, Black. Rappelle toi que nous nous croiserons aux dîners mondains, cet été, l'avertit Nott.
-Toi, c'est sûr, cracha-t-elle, et cet idiot prétentieux de Malefoy également. Rowle, certainement pas, c'est une sang-mêlée !
Le poing de la gamine s'abattit sur son nez, et le sang se mit à gicler. Faisant fi de la souffrance, elle lança sa baguette à Arya et se jeta sur elle, lui tirant les cheveux, lui lacérant le visage de ses ongles.
-Arrêtes ça ! ordonna son amie en la tirant en arrière.
Elle se prit un coup de Rowle à son tour, et montra les dents. Si Melania n'avait pas eu aussi mal, elle aurait éclaté de rire. La pleine lune laissait des ravages.
-Federlum !
Pour la première fois, Arya venait de prendre part à l'un de leurs duels. Une once de fierté s'empara de la jeune Black, qui profita de l'immobilisation de la Serpentard pour récupérer sa baguette, et lui lancer le sortilège de bloque-jambes.
-Je me dois de te remercier pour m'avoir servi de cobaye, Lizzie, lança-t-elle, moqueuse.
Nott riposta avec un sortilège de pétrification, qui atteignit la lycanthrope. Comme si cet enchaînement de catastrophe ne suffisait pas, Malefoy s'approcha d'eux. Il posa sa main sur le bras de Nott, qui se dégagea virulemment.
-Foutus Gryffondor ! cracha-t-il. Vous trahissez votre sang !
-Mon sang ne détermine pas ce que je suis, et j'ai le courage d'assumer mes idées. Pouvez vous en dire autant ? Vous êtes des lâches, Goyle, Malefoy et toi !
Malefoy dégaina sa baguette et lança un sort argenté qu'elle évita. L'envie de les pousser à bout l'envahit sans qu'elle puisse la contrôler. Isis se tenait le poignet en gémissant et Lizzie avait disparut de la circulation.
-Ruse, ambition ? Vous parler de valeurs !
-Tu prétends que les murmures sur ton admission à Gryffondor ne te gênent pas, mais tu te défends chaque fois que quelqu'un ose t'en parler en face, fit remarquer Malefoy. Et tu n'es pas si différente de nous : tu viens de traiter Rowle de sang-mêlé. Tu as beau combattre, tu te tiens droite. Tout ce que tu feras n'y changera rien, tu es une vraie Black !
Il possédait un don inouï pour blesser le autres.
-Tes précieux parents savent-ils que tu es un chapeauflou ?
La haine tordit ses beaux traits enfantins.
-Federlum Maxima !
Un bouclier l'empêcha d'être blessé, et Blue et Rathbone, précédés de Lizzie, les immobilisèrent. D'un simple geste, ils réveillèrent Arya. La métamorphomage s'agenouilla à ses côtés et l'aida à se relever.
-Potter, emmenez vos trois amies à l'infirmerie, mais je vous informe que vous venez d'écoper d'une retenue collective vendredi soir. Vous quatre également. Nott, emmenez Rowle et Goyle, et si jamais vous vous battez en route, j'enlève 200 points à chaque maison.
-Mr Malefoy, venez avec moi.
Le ton de Rathbone était glacial, et Melania vit dans le regard des trois autres la même peur que dans la sienne : qu'allait-il lui faire ? Elle ne pouvait pas supporter son cousin, mais ne souhaitait ni sa mort, ni son ascension vers la magie noire.
-Désolée, mais vous alliez vous entretuer, s'excusa Lizzie. Et Rathbone discutait avec Blue, donc je n'ai pas eu d'autres choix que de le prévenir également.
-Un jour, j'effacerais ce sourire suffisant du visage de Rowle, râla Melania, les dents serrées.
Les trois autres lui adressèrent un sourire contrit. La jeune fille regarda Arya, et sa découverte lui revint. Une discussion s'imposerait bientôt, à moins qu'elle ne choisisse d'être honnête avec elles avant. Elle passa une main sous son nez afin d'essuyer les litres de sang qui avaient ruinés sa robe de Gryffondor.
