Petit bonus : un chapitre non-mis !

(il est bizarre... Je préviens :) )


Une dernière option s'offre à moi : Tsuru-sama qui a décidé de passer à l'improviste au QG. Sans prendre le temps de saluer mon collègue, je quitte son bureau et pars à la recherche de Tsuru. Je sais que je vais lui poser un sacré problème en lui demandant de garder ma fille, mais elle est maintenant la seule à qui je puisse faire un minimum confiance actuellement. Je marche un peu plus vite dans les couloirs déserts puis arrive devant son bureau. Je souffle un grand coup puis frappe trois coups qui résonnent dans l'ensemble du couloir. Un silence me répond d'abord, puis la porte s'ouvre sur l'amiral en chef Sengoku en personne. Surprise, j'écarquille les yeux et je recule rapidement, en effectuant mon salut règlementaire, tendue comme un arc.

Il m'observe de son regard si particulier en me scannant de haut en bas, puis soupire avant de quitter l'entrée pour partir en direction de son bureau. Drôle de réaction.. Je pensais qu'il allait au moins me faire une quelconque morale… Mais rien.

Tant mieux ! Je prends une profonde inspiration, puis m'avancer le plus sûrement possible dans le bureau.

- Tsuru-sama…

- Aaaah.. Cheesca.. ! Tu toombes bien !

Ah.

Borsalino l'a déjà averti de notre… situation si particulière.

Inquiète, je croise le regard de Tsuru, qui a le regard comme à son habitude, bienveillant. Elle m'adresse un sourire tendre, avant de porter une tasse à ses lèvres. Hum. Si j'en crois l'odeur, quelqu'un a préparé un très trop stock de café à boire dans l'immédiat. Je pivote la tête et remarque que la cafetière est effectivement pleine de café, et je m'avance sans scrupule pour m'en servir. Je tente d'ignorer les deux regards perçants qui observent chaque de mes faits et gestes.

Surtout un qui semble lui aussi vouloir me scanner… Mais avec une forte attirance pour mon dos, et le bas du dos…

Toujours le dos tourné, je me sers d'une grande tasse avant d'aller les rejoindre en prenant place dans le canapé faisant face au bureau de Tsuru. Je fais mine de garder mes distances de sécurité par rapport à Borsalino, mais celui-là ne l'entend pas du tout de cette oreille. Je finis à peine de croiser les jambes pour être plus à l'aise, que Borsalino s'est déjà rapproché de moi, pour venir sur le même coussin.

- Tu ne perds pas ton temps Borsalino, fait doucement Tsuru en nous observant.

Je croise un instant le regard amusé de Tsuru et mes joues s'enflamment immédiatement, rouge de honte. Je dépose ma tasse sur l'accoudoir du canapé et garde le contact visuel avec elle, sans faire attention à Kizaru.

- Tsuru-sama… Je vous jure qu'il y a un gros malentendu…

- N'en dis pas plus, mon enfant. Sengoku m'a expliqué les derniers évènements, et Borsalino m'a apporté des détails supplémentaires… N'aie pas honte de l'amour que tu lui portes, Chesca. Il n'y a rien de plus naturel que l'amour et la jeune Enora en est la preuve aujourd'hui.

- M…mais… !

Je crois rêver….. La sage Tsuru…Qui me félicite de mon aventure avec un amiral ? Surtout avec Kizaru ? Je me rétrécis au fond de coin de canapé, tandis que Borsalino, lui se contente de glousser sans retenue avant de passer discrètement son bras autour de mes épaules. Une étrange décharge électrique me traverse le corps, et je me crispe un peu plus dans mon coin. Tsuru roule des yeux face au comportement de son supérieur hiérarchique.

- Nous nous sommes déjà arrangés avec Borsalino. Soit.. Je garderai votre fille Enora.

- Paaarfaait ! Tu n'aas pas d'excuuses pour t'échappeer à notre reencard Cheesca !

Il se lève joyeusement et m'ébouriffe les cheveux avant de quitter tranquillement le bureau, d'un pas plus qu'heureux. Je me masse les tempes, déjà fatiguée par cet abruti sous le regard amusé de Tsuru.

- Borsalino est un grand gamin, Chesca… Il m'a raconté votre petite aventure dans le futur bien entendu..

- Il a eu le temps de vous raconter ça… ? Et… vous l'avez cru ?

- Borsalino n'a jamais été doué pour mentir. Et là, il était si sincère mais profondément bouleversé. Tu ne devrais pas sous-estimer ces sentiments et sa capacité à aimer…

- … Je ne remets rien en cause chez lui.. Mais nous sommes…si différents.

- … Dans cas, apprends à le connaître ce soir. Peut-être découvriras-tu quelque chose que tu n'aurais pas imaginé.

Elle m'offre son sourire en coin le plus mystérieux, et se convie gentiment à sortir du bureau. Je la remercie d'un signe de tête, lui ordonne mon salut réglementaire puis quitte son bureau, la tête ailleurs.

Je trace mon petit bout de chemin entre les soldats, en ignorant les sifflements et les murmures autour de moi. Ils ne m'atteindront pas aussi facilement ! J'ai aujourd'hui une carapace de fer aux insultes et moqueries en tout genre ! Je fonce à mes appartements le plus rapidement possible et m'y enferme à double tour. Je pivote la tête vers ma vieille penderie avec un maigre sourire.

- Voyons ce que tu as encore dans le ventre toi.


Quelques heures plus tard..

Après une bataille acharnée pour nettoyer mon vieux placard contenant mes vêtements, celui-ci a tenté de m'assassiner en me tombant dessus ! Heureusement qu'un amiral du nom de Kizaru est passé quelques instants plus tard pour me donner des consignes pour notre rendez-vous du soir même.


Flash-Back

Je jette un énième vieux vêtement qui s'était caché au vieux de l'armoire et regarde mon reflet au visage déconfit. Je le pointe du doigt, vexée.

- Ah franchement ! Si t'avais pas autant pris de la poitrine, ces vêtements m'iraient encore très bien ! Vilain corps !

Je fronce les sourcils pour tenter d'impressionner mon reflet, mais aucun effet : enfin si… j'arrive à me faire un mono-sourcil une seconde. Je soupire puis commence à ramasser les vêtements à mes pieds. Je commence lentement à me faire des scénarios complètement barré pour ce soir… Du plus normal, dans lequel je fous un vent à Borsalino en décidant de ne pas venir au final, parce que…pas envie. Mais mon cerveau et mes hormones imaginent aussi des scénarios très… érotiques…. Je me gifle mentalement et secoue la tête.

- S'il s'attend à plus qu'un rencard pour ce soir, je crois qu'il va être déçu.

Je chantonne alors quelques chansons pour me donner du courage, et ma voix recouvre le léger grincement de l'armoire qui se détache lentement du mur. Je m'essuie le front et commence à me dandiner joyeusement en m'imaginant sur la piste de danse, une musique dans la tête. L'armoire craque à nouveau, mais bruyamment et bascule en avant. Je tourne la tête pour la voir tomber sur moi, mais j'ai à peine le temps de ralentir sa chute avec mes mains. Je trébuche en arrière et tombe violemment sur le dos, l'armoire couchée en diagonale, me bloquant les jambes.

- Putain ! C'est bien ma veine !

Je tente de m'extraire de ma position, mais le bois de l'armoire est horriblement lourd et fait pression sur moi. Je grimace et tente le tout pour le tout en essayant de pousser l'armoire à l'aide de mes petits bras, mais elle refuse net de bouger. Je serre très fort la mâchoire, et réfléchis rapidement à une solution. Crier à l'aide en est une mais ma fierté personnelle en prendrait un deuxième coup après l'arrivée d'Enora dans ma vie.

- On est dans de beaaux draaps iciii…

Merde.

Parmi toutes les personnes qui me côtoient, faut vraiment que ce soit lui qui viennent me rendre visite dans les pires situations qui soient ?

- Borsalino…. Aide moi et ne discute pas, s'il te plait.. C'est déjà assez grotesque comme situation que je sois à moitié dénudée et couchée sous une armoire, ET en plus, devant un amiral de la Marine…

- Suurtoout dans le coontexte actuel heeein…

- … Sans commentaire…


Fin du Flash-Back

Finalement, j'ai opté pour un jean moulant blanc, un débardeur noir, une vieille veste de jogging blanche elle aussi et une paire de scandale noire. Tenue simple, efficace, et pas du tout adaptée pour un rendez-vous digne de ce nom. Avec un peu de chances, il va me refouler tellement que j'ai pas fait d'efforts… J'suis vice-amirale mais mannequin alors il fera avec ces vêtements ou sans moi, et pas sans vêtement, hum.. ! Non mais..

Je finis tranquillement de me brosser les cheveux, puis attrape mon petit sac en bandoulière vieux de quelques années, et retrouvé par hasard au fond de l'armoire. Elle était pleine de vieilles choses mais j'adore les trésors comme ça !

Je quitte mon appartement, l'esprit serein et étonnamment, je ne croise plus personne dans les couloirs. Je regarde rapidement l'heure. Ah.. Tout le monde est au réfectoire à cette heure, normal. Je marche normalement jusqu'au réfectoire, où je jette rapidement un coup d'œil. Tout semble calme à première vue.. Si ce n'est qu'une étrange atmosphère règne dans le réfectoire. La cause ? La jeune Enora assise entre Tsuru et Sengoku, qui semble être tout gentil avec elle.

Je fronce les sourcils, et observe attentivement la scène plus qu'attendrissante tout en gardant l'oreille très à l'écoute.

- Tu m'as dit tout à l'heure que tu avais vu beaucoup de choses ici… Quoi donc ?

- J'ai pas le droit d'en parler ! Je l'ai promis à papa !

- ….

Sengoku marmonne dans sa barbichette, et abandonne après plusieurs minutes de vaines tentatives de tirer des informations croustillantes de ma fille. Un poids s'envole légèrement en moi.

Je sens une main se poser avec légèreté en bas de mon dos, et un frisson me traverse la colonne vertébrale. Je me retourne en vitesse, mais mes jambes se suivent pas le mouvement et je bascule en arrière.

- Atteeention maladrooite…

Je reconnais sans difficulté mon interlocuteur à sa voix et son ton si monotone. Je suis aussitôt rattrapée par l'unique possesseur de cette voix : Kizaru. Sans bouger, je le regarde sérieusement droit dans les yeux, encore une fois cachés avec des lunettes dorées. Mais quelque chose d'inhabituel me perturbe.

Je baisse les yeux et regarde que son costard habituellement jaune est remplacé par un costard blanc accompagné d'une cravate bleu clair. Il se remet délicatement sur mes deux jambes, et tousse légèrement pour me réveiller de mon état de transe hypnotique dans laquelle je suis plongée.

Je cligne bêtement des yeux et croise son regard tendre et un peu amusé. Peu habituée à un regard aussi attentionné, je détourne les yeux et je sens mes joues s'empourprer.


Voilà voilà ... J'ai l'esprit sacrément tordu quand même... Désolé :) !

La bise.

Chesca-Shan