Bonsoir bonsoir, je sais que je suis à la bourre, mais mieux vaut tard que jamais non ? Surtout que je devais ABSOLUMENT vous poster ce chapitre aujourd'hui, parce que j'avais vraiment besoin d'avoir votre ressenti vis-à-vis de ce chapitre extrêmement important pour la suite des évènements. Ah oui, et ça fait trois semaines que j'oublie de le dire mais j'ai changé la photo de cette fiction. J'ai trouvé la nouvelle sur Twitter, et elle correspondait parfaitement à mon image de Regina et du café avec la table à côté de la fenêtre. Bref, je ne parle plus, et je vous laisse lire ! Rendez-vous en bas ! :D
- Est-ce que ça te dérange si je t'embrasse ?
La brune resta bouche-bée face aux dernières paroles de son amie, et sentit sa respiration s'accélerer lorsqu'elle se rendit compte de la situation dans laquelle elles se trouvaient actuellement. Une petite pièce, dans le noir, enfermée à clés. Et Emma qui venait de lui demander si elle pouvait l'embrasser. Doit-on demander à quelqu'un si on peut l'embrasser ? Non, parce que ça lui paraissait évident. On ne demande pas à quelqu'un si on peut l'embrasser, on le fait. C'est ce que les gens normaux font. Mais Emma n'était pas "les gens" et n'était pas non pus normale.
Mais où avait bien pu démarrer toute cette histoire ?
Flashback
1er jour
Comme tous les matins, Regina sortit de sa maison à neuf-heures vingt-cinq. Elle avait le choix: soit elle marchait pendant ving minutes jusqu'au café, soit elle prenait sa voiture. Elle opta pour la première option, en se disant qu'un bon bol d'air frais matinal ne lui ferait aucun mal, bien au contraire en fait.
Elle lissa son manteau noir en marchant sur le trottoir. Elle essayait d'être parfaite, mais elle sentait toujours autant les regards de ses voisins sur elle. Tous emplis de pitié. Elle avait parfois envie de leur dire de garder leur misérable compassion pour eux, mais elle se retenait. A vrai dire, cela ne ferait qu'augmenter les paires d'yeux qui se posait sur elle.
Pour arriver au café, elle devait marcher le long de la route, et elle avait ensuite le choix: soit elle passait par la plage, soit elle continuait sur la route qui était, la plupart du temps, déserte à cette heure-là. Elle décida de ne pas descendre sur le sable, ce jour-là. En jetant un coup d'oeil à sa montre, elle se rendit compte qu'elle allait être en retard si elle ne se dépêchait pas. En retard.
Non, elle n'avait pas de rendez-vous important, elle ne déjeunait pas avec un collègue et personne ne lui avait proposé de prendre un breakfast dans un café chic du coin. Elle allait tout simplement être en retard par rapport à ses habitudes. Habitudes qui s'étaient transformées, au fur et à mesure du temps en obligation pour la simple et bonne raison qu'elle se devait de garder un minimum de contact avec le monde extérieur. Si elle ne s'obligeait pas à sortir de son grand manoir tous les matins, elle ne pouvait même pas imaginer l'état dans lequel elle se trouverait.
Elle se mit à marcher plus rapidement, et quand elle ouvrit la porte du café, il était neuf-heures quarante-cinq précises. En entrant, elle essaya de sourire mais le mélange de douleur et la tristesse qu'elle ressentait en permanence ne semblaient pas vouloir la lâcher. Elle ne porta pas attention aux gens qui se tournèrent vers elle quand elle entra, et se dirigea tel un robot vers la table à côté de la fenêtre.
Elle devait en général attendre quelques minutes avant que la serveuse aux cheveux rouges ne vienne lui demander ce qu'elle souhaitait boire, ce à quoi elle répondait tous les jours la même chose. Mais aujourd'hui, à peine eût-elle le temps de s'asseoir et de regarder la plage par la fenêtre qu'une jeune blonde s'approcha d'elle.
- Bonjour, lui fit la serveuse.
Elle détestait le changement, qu'il soit gros ou minime. Alors, lorsque cette nouvelle femme s'apprêta à lui prendre sa commande, elle se retint de demander à la fille aux cheveux rouges de la remplacer. Elle plongea son regard marron dans celui de la blonde, essayant de la déstabiliser le plus possible. Ce qui fonctionna. Elle bafouillait, et n'arrivait plus à aligner deux mots sans que sa phrase ne prenne une tournure incompréhensible. Alors, lui permettant de reprendre ses esprits, Regina baissa les yeux avant de se remettre à contempler l'étendu de sable à sa gauche.
La pluie s'était mise à tomber, par petite gouttes d'abord mais par torrent la minute d'après. Elle sentait la présence de la jeune femme à ses côtés et soupira bruyamment. C'est alors que l'inconnu se décida à reprendre la parole.
-Excusez-moi, vous désirez commander ?
- Vous êtes nouvelle ici, je me trompe ? Demanda la brune qui venait de se retourner, plantant de nouveau son regard dans celui de la serveuse.
- Je... Oui.
Elles restèrent ainsi de longues secondes, jusqu'à ce que la fille-aux-cheveux-rouges fasse son apparition.
- Madame Mills, ce sera comme d'habitude pour vous ?
Elle hocha la tête et les deux jeunes femmes disparurent dans les cuisines du restaurant. Regina ne se doutait pas à ce moment-là de l'importance que prendrait Emma dans sa vie, et du bouleversement qu'elle entrainerait dans son quotidien bien monotone depuis la mort de son mari.
1er jour, tard le soir
Ce soir était "un de trop". Il y en avait eu plusieurs dans le même genre, si bien qu'elle avait du leurs donner un nom. Les "soirs de trop" étaient ceux où elle se rendait compte à quel point elle était seule. Elle réagissait toujours d'une manière différente, mais craignait ses réflexes lors de ces soirées. Elle s'était déjà retrouvée à s'endormir dans le jardin, celui dont elle prenait soin quand Daniel était encore là. C'était bien pire qu'être alcoolisée, elle ne se contrôlait plus du tout. Elle n'était plus maître de son corps dans ces situations.
Ce soir-là, c'est après avoir croisé sa voisine qui vidait les courses de son coffre avec son mari, et son bambin aux cheveux blonds accroché à la jambe qu'elle sentit qu'elle ne finirait pas la soirée normalement. Pendant son diner, le silence fût la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle enfila ses chaussures, son manteau, attrapa ses clés de voiture et s'enfuit de manoir, en pleurs.
Quand elle arriva sur la plage, il faisait déjà très noir. Seuls les lampadaires éclairaient l'eau et le sable qui se mélangeaient à cause des vagues. Elle s'écroula sur le sable, et enleva son manteau qu'elle laissa trainer par terre. Elle retira par la suite sa paire de chaussures luxueuses qu'elle lança par-dessus son épaule. Elle s'en fichait, en réalité.
Elle avait consulté plusieurs psychologues après la mort de son mari, mais était resté chez eux pour deux ou trois séances maximum. Selon elle, ils la voyaient tous comme un robot. Une machine incapable de ressentir quoi que ce soit. Mais si il y avait bien quelque chose qu'elle avait retenu de ces rendez-vous, c'était qu'ils lui disaient tous qu'elle devait craquer, qu'elle pouvait pleurer et qu'il n'y avait aucun mal à ça. Une spécialiste réputée de L.A lui avait même proposé d'acheter un punching-ball pour les cas extrêmes. Elle avait refusé, lui expliquant que de frapper un sac ne l'aiderait pas.
En réalité, elle était maintenant en train de frapper le sol avec ses poings. Elle le frappa, de plus en plus fort et de plus en plus vite comme s'il s'agissait du destin que lui avait réservé la vie. Elle frappa le sable comme si c'était la mort qui avait emportée avec elle son bien-aimée. Elle frappa, cria de toutes ses forces comme si quelque chose devait sortir de sa gorge. Comme si c'était un besoin vite.
Elle s'installa en position fœtal dans le sable avant de se relever et de se mettre à courir vers l'eau. Et faire demi-tour. Et refrapper le sol. Tout en continuant à crier. Et à pleurer.
Les larmes glissaient sur ses joues, et s'écroulaient sur le sable une fois leur course terminée. Se sentant à bout de force, elle s'écroula sur le sable, face à la mer. Elle n'entendit pas la voix d'une personne se rapprocher d'elle, et c'est seulement lorsqu'une main se déposa sur son épaule nue qu'elle réagit.
- Hey, vous allez bien ?
Elle se retourna, ne prenant pas la peine de sécher ses larmes, et son regard dur et noir croisa celui empli de pitié de la serveuse du matin-même. Elle remit son masque de femme sans émotions et lui expliqua que si elle était sur une plage à cette heure-ci, c'était parce qu'elle souhaitait être seule. Ce qui était plutôt contradictoire quand on y pensait. Elle pleurait car elle se sentait seule, mais le souhaitait en cet instant. Ou peut-être que non. A vrai dire, elle ne savait plus où elle en était, mais voulait que la jeune blonde insiste.
- Je ne vais pas vous laisser ici, Madame Mills. Vous êtes totalement congelée...
- Ne me touchez pas, répondit-elle automatiquement.
Pourtant, elle n'avait pas trouvé désagréable la sensation de la peau douce de la serveuse lorsqu'elle était arrivée, à peine quelques minutes plus tôt. Elle avait plutôt apréçié.
- J'allais... Ramasser votre manteau, par terre. Il doit être plein de sable. Je peux ?
Elle resta la fixer, le regard empli de méfiance mais hocha quand même la tête. La blonde se baissa, alors qu'elle, se relevait. Elle lissa comme à son habitude sa jupe mais se rendit compte qu'une tache qui n'était pas de l'eau avait pris place dessus. Sa respiration s'accélérera, si elle avait sali sa jupe elle allait devoir l'emmener au pressing, ce qui signifiait contact avec le monde extérieur et ce qui était ce qu'elle cherchait e plus à éviter, en fait.
- C'est pas tâché, ça part à la machine à laver...
La brune lui lança un regard noir, et elle en était persuadée; la seule chose que cette inconnue pouvait lire dans ses yeux en cet instant était du mépris. Elle pouvait surprendre les yeux de la blonde vagabonder sur son visage, et elle se remémora qu'elle avait pleuré et que son maquillage avait du couler.
- Je dois y aller. Si vous parlez à qui que ce soit de ce que vous avez vu ce soir, vous le regretterez, Miss Swan.
- Comment connaissez-vous mon nom de famille ?
Devait-elle lui dire qu'elle avait entendu les clients l'appeler de nombreuses fois ? Devait-elle lui rappeler ce pendentif en forme de cygne qu'elle portait autour de son cou ? Elle ne l'avait vu qu'une fois, mais ce n'est pas une chose qu'on oublie.
Elle entra dans sa Mercedes et rentra chez elle, laissant une jeune serveuse déboussolée, seule avec ses interrogations.
98ème jour
- Qu'est-ce l'amour ?
- Un beau truc.
- Argumente, Emma.
La blonde était debout dans la cuisine et faisait la vaisselle, et Regina lui avait bien proposé une dizaine de fois de l'aider avant de finalement s'asseoir sur un grand tabouret. Elle avait enfilé ses lunettes, attaché ses cheveux en une haute queue de cheval et était bien installée face à Emma, les jambes croisées. Un petit bloc-notes devant elle, elle fixait le dos d'Emma qui continuait d'essuyer les assiettes et les verres.
- Tu sais, je suis jamais tombée amoureuse avant...
Elle s'arrêta. Elle sentit son sang se glacer dans tout son corps, se rendant compte qu'elle allait faire une connerie si elle continuait de parler. Mais Regina insistait.
- Avant qui ? Dis-moi tout, Emma.
- Je suis sûre que ça ne t'intéresserait pas, 'Gina.
- Bien sûr que si, qu'est-ce que tu racontes.
- Très bien.
Elle déposa les fourchettes qu'elle tenait entre les mains dans l'évier avant de s'asseoir face à la belle brune. Elle ouvrit la bouche, mais la referma et resta quelques secondes admirer la belle femme qui se trouvait actuellement sous ses yeux. Elle n'avait jamais eu l'occasion dans toute sa vie de voir autant de perfection réunit en une seule et même personne.
- Raconte-moi ce qu'est l'amour, Emma.
- Quand j'ai rencontré cette fille, je ne me considérais pas encore comme une femme mature. Elle m'a vraiment aidé à prendre mon envol. Elle m'a fait grandir, et je lui serais éternellement reconnaissante pour ça.
- Comment l'as-tu rencontrée ?
- Par hasard, dans un restaurant.
Un frisson parcourut la brunette.
- Et comment as-tu su que tu l'aimais ?
- Tu sais, elle avait un fort caractère et je n'étais encore qu'une jeune femme qui avait besoin de s'affirmer. On était totalement opposées elle et moi, le jour et la nuit, le Yin et le Yang, la pluie et le soleil. Mais quand je lui ai parlé pour la première fois, je te promets que j'ai su que c'était elle.
- Continue.
- J'ai su que je voulais vieillir à ses côtés, que je voulais me marier avec elle, que je voulais fonder une famille avec cette femme.
- Pourquoi ne lui as-tu pas avoué tes sentiments ?
- Qu'est-ce qui te dit que je ne lui ai pas avoué mes sentiments ? Demanda la blonde en souriant.
Regina semblait s'être un peu trop prise au jeu, et s'être mise dans la peau du personnage qui incarnait la femme idéale pour Emma. Or, elle était tout sauf la femme idéale, et elle se retint de soupirer en pensant au nombre de femmes que la blonde devait avoir à ses pieds. Mais alors, pourquoi restait-elle avec elle un soir d'hiver au lieu de sortir avec la serveuse-aux-cheveux-rouges pour boire un verre ?
- Je ne sais pas... Tu les lui as avoués ?
- Non.
- Pourquoi, Emma ?
- Parce que j'avais bien trop peur.
- Peur de quoi ?
- Peur de lui faire mal, de la heurter.
- Tu ne la heurterais pas Emma, qu'est-ce qui te dit que cette femme ne t'aime pas ? Qu'est-ce qui te fait penser qu'elle n'a aucun sentiment pour toi ?
- Elle n'est même pas lesbienne, Regina.
- Et alors ? On peut tous changer d'avis dans notre vie, non ?
- Je ne l'aurais pas dit comme ça, mais vu sous cet angle t'as pas complètement tort !
Emma riait, mais pas Regina.
- Tu dois aller la voir, Emma. Tu dois aller la voir, et lui dire que tu l'aimes parce que je suis certaine qu'elle n'attend que ça.
- Comment tu peux dire ça, 'Gina ?
- Peut-être parce qu'elle était celle qui attendait. Parce qu'elle mourrait d'envie de savoir ce que Emma ressentait lorsqu'elle pensait à elle, ses sentiments.
- Je ne sais même pas si elle ressent la même chose, bordel ! Tu crois que ça ne m'atteint pas ? Tu crois que je m'en fous ? Mais tu te trompes carrément ! Mes sentiments me rongent de l'intérieur, tu vois ? Je ne peux pas penser à quelque chose sans que son image ne me traverse l'esprit. Elle est là, tout le temps et tu sais ce que c'est le plus dur ? C'est pas de devoir lui cacher ça, le pire c'est de ne pas savoir. De ne pas savoir si de son côté, elle éprouve les mêmes sentiments, d'être dans le noir total. Je ne sais pas quoi faire, Regina. Je suis perdue. Je l'aime, je l'aime comme j'ai jamais aimé mais ça me fait tellement mal de ne pas savoir, tu ne peux pas comprendre.
- Si je peux, Emma. Je t'assure que je peux.
Sans s'en rendre compte, leurs mains s'étaient enlacées sur le comptoir de la cuisine. Comment est-on censé appeler une relation dans laquelle deux femmes sont folles amoureuses l'une de l'autre mais n'osent pas se l'avouer ?
- Est-ce que ça te dérange si je t'embrasse ?
Regina ne répondit pas, et Emma en conclut rapidement que oui, effectivement, ça la dérangeait. Elle se retourna, déverrouilla la porte quand elle entendit le bruit des talons claquant sur le sol se rapprocher d'elle. Regina ne réfléchit pas, ré-vérouilla la porte. Elle n'avait plus rien à perdre, après la demande de la blonde.
Celle-ci se retourna en sentant les doigts de la brune enlacer les siens, et sentit son cœur battre comme il ne l'avait jamais fait auparavant dans sa poitrine lorsque Regina se rapprocha encore plus d'elle.
Sans plus réfléchir, elle entoura le visage de la blonde de ses mains et ses lèvres charnues se posèrent délicatement sur celles d'Emma.
Leurs yeux se fermèrent automatiquement, et Regina sentit des millions de papillons dans son estomac. Elle n'avait jamais rien ressenti de tel, et elle ne pourrait vraiment pas mettre de mots dessus.
Elle embrassait Emma avec tout le respect et tout l'amour qu'elle éprouvait pour elle. Elle l'embrassait comme si sa vie en dépendait, et elle aimait ça. Elle aimait embrasser Emma Swan, et elle ne comptait plus s'en priver.
Héhéhéhéhé, là vous devez m'adorer, non ? Je sais, c'est un peu THE moment qu'on attendait tous, mais maintenant, si vous voulez savoir ce qui va suivre après ce baiser, leur réactions quand elles seront à deux et la fin de soirée qu'elles vont passer, rendez vous la semaine prochaine ! ^^
Prochain chapitre: Vendredi 12 Décembre
