Bonjour les filles !*-*
Je suis contente d'avoir pu constater que mon engouement pour le chapitre précédent a été partagé ! *-*
Ce chapitre ne sera pas forcement plus léger. Certaines seront surprises de la tournure des evenements...
Momo 6 : Je suis contente de constater que mon point de vue sur l'obstination medicale soit partagée ;) malheureusement c'est actuellement d'actualité mais bon... on ne va pas se lancer là dedans.. Les fins sadiques... tu vas etre servie :D
Bonnes vacances à toi !
Lors de la relecture pré-postage, j'ai pu constater une montaaaaaagne de fautes d'inattention et d'écriture intuitive traitre... alors pardon si je n'ai pas tout repéré.
Est-ce que vous connaissez la serie The 100 ? Non ? moi non plus ! ahah et pourtant j'ai corrigé avec plaisir la future FF de Gwen who sur cette serie, en sachant qu'elle n'a gardé de la série que les noms, surnoms et descriptions physiques. Je compte donc sur ses lectrices pour continuer à la lire, même si elle a temporairement changé de fandom :-*
Bonne lecture à vous :)
Chapitre 10 – Désespérer
Edward s'apprêtait à entrer dans le sas d'hygiène quand Krystal répondit positivement à son message. La perspective de voir la jeune femme quelques heures plus tard réchauffa quelque peu le cœur réfrigéré du chirurgien.
Il était étonné qu'elle ait accepté de le voir à nouveau mais s'en réjouissait. Aux yeux du médecin, elle était la seule à pouvoir transformer cette journée-ci pour en faire quelque chose d'agréable.
Cependant, avant qu'Edward ne puisse rentrer chez lui afin de préparer sa soirée, il se devait d'assister Rosalie et le Docteur Hamilton sur la chirurgie fœtale in-utero.
Aussi, il entra dans le sas d'hygiène et y retrouva ses confrères ainsi que Walt Austin, l'interne qui était formé ce jour par le chirurgien pédiatrique. Leur discussion tournait autour du dernier match de baseball alors Edward n'y prêta pas attention et profita de son lavage de main protocolaire pour se focaliser sur la mère de son patient.
Elle était étendue sur la table d'opération. Dans ses bras étendus de chaque côté, des perfusions étaient fichées dans ses veines. Madame Miller observait passivement le personnel de bloc s'affairer autour d'elle sans pouvoir se rendre compte que ses chirurgiens étaient sur le point d'entrer dans le bloc.
Elle avait dû attendre sans vraiment être patiente que le neurochirurgien qui opérerait son fœtus soit disponible. Elle était à jeun depuis le soir précédent, avait faim, était fatiguée et terrorisée.
Elle était fille unique, primipare et ses parents vivaient dans le Wisconsin. Son mari quant à lui était en détachement en Irak. Une permission lui avait été accordée par ses supérieurs à la date présumée de la naissance de leur enfant, plus de trois mois plus tard.
Cependant lorsqu'une sage femme avait effectué une échographie de routine et s'était rendue compte de l'excroissance qui avait pris place le long de la colonne vertébrale du fœtus, le délai avant l'opération était trop court pour que Monsieur Miller puisse négocier un rapatriement d'urgences.
La patiente était donc seule et terrorisée.
Très vite après l'échographie, elle avait reçu la visite du Docteur McCarty-Hale qui lui avait parlé chirurgie fœtale. Ils ne pouvaient laisser le fœtus se développer avec une tumeur si importante et prendre le risque de futures lésions majeures et handicapantes.
Étant donné que le fœtus avait de grands risques de ne pas être viable s'il était accouché pour être opéré, Rosalie et le Docteur Hamilton avaient contacté Edward de sorte à organiser une opération révolutionnaire et encore très peu populaire.
Ils comptaient ouvrir l'utérus, opérer le fœtus in-utero, et refermer utérus et abdomen. Les complications étaient multiples mais c'était la meilleure option, Madame Miller en convenait.
Les médecins, une fois en tenue complète de chirurgie, entrèrent dans le bloc. Le moniteur cardiaque de la mère du patient s'emballa, preuve de son angoisse qui montait en flèche.
-Bonjour Madame Miller, fit Rosalie au travers de son masque en se rapprochant. Je sais que tout cela est impressionnant mais vous êtes entre de bonnes mains. On sait ce que l'on fait.
La patiente de Rosalie ne vit pas le doux sourire qui étendait ses lèvres mais remarqua le plissement caractéristique de ses yeux. Cela rassura légèrement la patiente mais pas suffisamment pour calmer son rythme cardiaque.
Rapidement, l'anesthésiste fit son travail et appliqua le masque d'inhalation sur le visage de Madame Miller et envoya la dose nécessaire de protoxyde d'azote. La patiente s'endormit en quelques secondes et son rythme cardiaque ralentit aussitôt, de même que celui de son fœtus qui était transmis sur un second moniteur.
L'anesthésiste intuba la patiente.
Les infirmières de bloc, trois au total, placèrent les champs stériles sur Madame Miller de sorte à ce que seul le bas de son abdomen arrondi soit apparent.
Rosalie et Hamilton prirent place de chaque côté du ventre de la patiente. Edward et l'interne Austin se tenaient en retrait : Edward parce qu'il attendait d'être utile et Austin parce qu'il savait n'être d'aucune utilité sur l'intervention mais voulait pourtant en être, tellement c'était inédit. Il allait suivre l'opération sur la diffusion en direct sur l'écran du bloc.
La galerie, elle, était pleine à craquer d'étudiants et médecins qui avaient entendu parler de cette opération in-utero encore jamais pratiquée à Virginie Mason.
Rosalie annonça le début de l'opération quand elle demanda un scalpel avec une lame de taille dix. Elle fit la première d'une longue série d'incisions et entama sa laparotomie.
Après l'incision verticale qui permettrait à Edward d'avoir suffisamment d'espace pour travailler, Rosalie perfora l'aponévrose sur deux centimètres et étendit l'ouverture avec ses doigts, comme on le lui avait enseigné.
Les abdominaux ainsi exposés, Rosalie repéra la ligne blanche qui séparait les muscles grands droits. Toujours avec ses doigts, Rosalie exerça une tension à ce niveau jusqu'à ce que la paroi ne rompe.
Rosalie décida de contourner le péritoine et rehaussa alors la vessie jusqu'à atteindre l'utérus.
Contrairement à une césarienne classique, Rosalie ne put pratiquer d'incision segmentaire transverse, sur le segment inférieur de l'utérus, parce que celui-ci n'était pas assez développé, dû au fait du peu d'avancement dans la gestation de Madame Miller. Rosalie pratiqua donc une incision corporéale verticale. Une fois de plus, la résidente en obstétrique pratiqua une ouverture sur deux centimètres et l'agrandit suffisamment à l'aide de ses doigts.
Une fois l'utérus ouvert et grâce aux infirmières de bloc qui avaient aspiré les quelques écoulements de sang sans jamais toucher au liquide amniotique, Hamilton glissaient ses mains dans l'organe ouvert et plaça le fœtus de sorte à ce que sa tête reste plongée dans le liquide et que sa tumeur soit à l'air libre.
Malgré les échographies et IRM 3D qui avaient été pratiquées en amont, ni Hamilton ni Rosalie ne s'étaient attendus à ce que la tumeur soit si imposante, de la taille d'une balle de ping-pong sur un corps miniature qui ne devait pas peser plus de quatre cents grammes.
Rosa céda sa place autour de la table d'opération et prit celle d'Edward après un dernier regards aux moteurs cardiaques.
C'était au tour d'Edward de jouer un rôle dans l'avenir du fœtus qui n'avait toujours pas de nom. Le neurochirurgien fut étonné de la taille de la tumeur dans pour autant en être démuni.
C'était pour lui la preuve de l'inexistence d'une quelconque Force Supérieure. Comment un Dieu -qui par définition serait tout puissant- pourrait créer ou laisser se produire une chose pareille ?
Edward entama la peau du fœtus baigné dans le liquide amniotique avec une lame de seize gauge et exposa la tumeur. C'était la première fois que le chirurgien opérait sur un patient si petit, vingt deux semaines de gestation, de fait les veines, artères et nerfs qui se mêlaient à la tumeur étaient fins et friables.
Edward devait sectionner les faisceaux sans entamer ceux qui entretenaient la moelle épinière et les fonctions moteurs, sans quoi il risquerait de paralyser l'enfant avant même sa venue au monde.
Le problème était que la tumeur était très vascularisée, Edward avait de nombreuses veines à vérifier de bout en bout, de sorte à savoir d'où elles partaient et où elles allaient. Si Edward avait la certitude de pouvoir couper sans léser son patient alors il coupait au bistouri électrique, sinon il mettait de côté pour y revenir à la fin de l'opération, lorsque le site opératoire serait plus net.
Les conditions opératoires n'étaient pas excellentes : l'opération étant inédite, la galerie était pleine, rajoutant de la pression sur les épaules d'Edward. Le site opératoire était réduit ainsi que la marge de manœuvre, ajoutant des difficultés au neurochirurgien.
De la transpiration maculait le calot d'Edward à mesure qu'il séparait le fœtus de sa tumeur.
Au bout d'un long et intense travail, Edward put retirer totalement la tumeur du dos de son patient minuscule et la plaça dans un réniforme, à destination de l'anatomopathologie pour analyses.
Au moment où Edward déposa un lambeau de peau artificiel sur le dos du fœtus en vue d'une greffe, parce qu'il n'avait pas assez de peau pour refermer le site opératoire, le moniteur cardiaque de Madame Miller s'affola.
Edward leva les yeux de son début de greffe pour se rendre compte que du sang avait éclaboussé l'intérieur du tube qui stimulait les échanges gazeux dans les poumons de la patiente.
Aussitôt, un filet de sang s'écoula de chaque narine de la patiente, puis de ses oreilles, du coin extérieur de ses yeux puis de sa bouche malgré l'intubation. Un flot d'hémoglobine reflua dans le tube. Madame Miller saignait à chacun des points de ponction de ses perfusions. Sur la table d'opération, une flaque de sang se créa rapidement entre les cuisses de la patiente alors que la cavité abdominale se remplit en quelques secondes de sang.
-Elle fait une CIVD ! Tonna Edward.
Les infirmières commençèrent à aspirer autant de sang que possible.
Edward délaissa aussitôt sa greffe et réflechit à toute vitesse.
-On passe du plasma frais et du concentré plaquettaire.
-Combien ?
-Passez tout ce qu'on a !
Hamilton surveillait les moniteurs, Edward lançait les prescritions à la volée après avoir vérifié qu'une des infirmières de bloc prenait le temps de tout prendre en note, et Rosalie se servait d'une des perfusions pour récupérer assez de sang pour réaliser des analyses : taux de plaquettes, TQ, TCA, D-dimères...
Austin resta toujours en retrait, impressionné par la tournure que prenait l'opération. Il savait qu'il n'y avait pas d'intervention sans risque, cependant il ne s'attendait pas à ce que cela puisse se dérouler aussi mal et aussi vite.
Tous les spectateurs dans la galerie étaient penchés vers la verrière, aussi avides et voyeurs que des conducteurs aux abords d'un accident de la circulation.
Malgré les perfusions à haut débit, le corps de Madame Miller lâchait, ses organes aussi, les uns après les autres. Le moniteur cardiaque du foetus s'emballa à son tour.
- Je le sors ! Décida Hamilton.
- Mais il n'est pas viable ! Tempéra Rosalie.
- C'est ça ou on le perd ! Et je ne te parle même pas du sang dans le liquide amniotique.
Hamilton, parce que hiérarchiquement supérieur à Rosalie, ne tint pas compte de sa protestation et sectionna le cordon ombilical avant de s'emparer sans menagement du foetus qui baignait dans un liquide alors visqueux, trouble, opaque et rouge.
Hamilton amena le nouveau-né de l'autre côté de la salle, là où avait été installée une table de réa pédiatrique. Une récente directive avait imposé la présence d'une telle table en état de fonctionnement et en chauffe lors de chaque intervention sur une femme gestante, quelque soit la durée de sa gestation.
Le moniteur cardiaque du foetus, dont les capteurs avaient été placés sur le ventre de Madame Miller, émit un son strident ainsi qu'un tracé plat, parce qu'aucune vie n'était présente dans l'utérus. Une des infimières stoppa la machine mais au moment où elle s'éteignit, ce fut celui de Madame Miller qui émit un son caractéristique.
Malgré l'acharnement d'Edward et Rosalie, le coeur de leur patiente cessa de battre. Ils tentèrent une réanimation alors que Hamilton désobstruait les voies respiratoires du grand prématuré.
Rosalie décida que c'était peine perdue et se rendit aux côtés du tout petit bébé, là où elle pouvait être plus utile.
Edward tenta ce qu'il pouvait mais dut admettre que plus rien n'empêchait Madame Miller de se vider de son sang jusqu'à ce qu'il ne puisse plus circuler dans chacun de ses organes alors défaillants.
Edward n'eut d'autre choix que mettre un terme à la réa et déclarer l'heure du décès.
Il rejoignit ses confrères autour du nouveau-né et constata que c'était mal engagé. Il était intubé et semblait encore plus petit et frêle que quand il était encore dans le ventre de sa mère.
Rosalie frictionnait le grand prématuré alors que Hamilton exerçait un massage cardiaque en appuyant d'un seul doigt sur son sternum. Edward s'occupa en gérant l'arrivée d'oxygène.
Seulement rien n'y fit et le coeur du nouveau-né ne devint pas autonome. Hamilton prononça l'heure du décès.
Les spectateurs dans la galerie poussèrent un soupir à l'unisson avant de reprendre leur journée comme si rien ne s'était passé. A l'instar des conducteurs à hauteur d'un accident.
-On fait quoi maintenant ?
La voix d'Austin fit se retourner les chirurgiens qui l'avaient momentanément oublié. Il avait su rester discret, là où il avait pris place en entrant dans le bloc.
Hamilton était déjà en train de quitter le bloc quand Rosalie répondit :
- Je contacte les parents de la patiente et négocie pour avoir l'autorisation d'une autopsie.
- Est-ce que ça nous avancerait à quelque chose ?
- Et bien, ça ne changerait rien pour Madame Miller ou son petit garçon, parce que c'était un petit garçon, mais ça peut aider ses parents et son mari à débuter leur deuil et la médecine à faire des progrès.
Il y avait autant d'émotions dans la voix de Rosalie que dans les yeux d'Austin. Edward, lui, tentait de ne rien laisser transparaître mais il eut du mal à encaisser. Les dommages avec lesquels allait devoir grandir Seth et le décès du grand prématuré étaient de trop pour lui, comme si plus rien n'avait de sens, comme si cette fameuse Force Supérieure s'était complètement foirée et avait inversé les issus des interventions. Oui, Edward aurait préféré le décès de Seth et la survie du garçon de Madame Miller.
Austin rejoignit Hamilton auquel il était rattaché pour la journée, Rosalie quitta le bloc et se mit à la recherche des parents de Madame Miller et Edward resta immobile dans le bloc, sans même prêter attention au sang qui maculait sa tenue de bloc.
L'équipe de nettoyage ainsi que les brancardiers arrivèrent dans le bloc, faisant sursauter Edward. Ils avaient pour fonction de descendre les corps à la morgue alors que l'équipe de nettoyage devait tout briquer et stériliser.
Edward jetta un oeil à la pendule fixée au dessus de l'écran qui retransmettait en direct les opérations. Il sursauta une nouvelle fois. Il avait eu beau annoncer l'heure de décès de Madame Miller et entendu celle du décès du grand prématuré, pour autant l'information n'avait pas cheminé jusqu'à son esprit : il était quasiment deux heures du matin.
Il savait que l'opération avait été longue et éprouvante, pour autant il ne s'était pas rendu compte que le temps avait autant filé et qu'il avait totalement raté son rendez-vous avec Krystal.
Il se rendit avec précipitation dans le sas d'hygiène pour retirer sa tenue complète de bloc et se laver les mains avec méthodologie. Il avait beau être pressé, jamais il ne ferait l'impasse sur les cinq minutes de lavage des mains et avant-bras. Il en allait de la santé de ses patients ainsi que la sienne et celle de son entourage.
Une fois ses mains propres et sèches, Edward récupéra son téléphone portable laissé sur une des étagères du sas, le temps de l'intervention. Il vit un appel en absence de la part de Krystal, sans qu'elle n'ait pour autant laissé de message.
Edward l'appela mais tomba sur sa messagerie à la cinquième sonnerie. Une voix robotique annonça le manque de disponibilité du correspondant et indiqua à Edward qu'il devait laisser un message, ce qu'il fit.
"Bonsoir Krystal, c'est heu... c'est John. Je suis vraiment désolé de la tournure de la soirée : j'ai été pris au travail et n'ai pas vu l'heure défiler. Sincèrement, je suis navré. Je quitte le travail à l'instant et arriverait chez moi dans une trentaine de minutes alors si tu es toujourd disponible et si... si tu ne m'en veux pas trop... Enfin voilà, tu es la bienvenue."
Edward s'en voulut de bégayer autant et d'avoir l'air si idiot mais il ne savait pas comment s'y prendre avec la jeune femme. Elle semblait si forte et lui si faible. Etant donné que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, les choses avaient mal tourné, Edward ignorait totalement dans quel état d'esprit elle pouvait être et supposait que le fait qu'il ait manqué leur rendez-vous ait pu envenimer la situation.
Il ignorait qu'il devrait nourrir la jeune femme ou non, et ce qu'il pourrait cuisiner le cas échéant, mais savait qu'il avait de quoi cuisiner dans son frigo.
Le neurochirurgien se dirigea jusqu'aux vestiaires et quitta sa tenue réglementaire pour sa tenue de ville avant de quitter l'hôpital pour le confort sécurisant de sa voiture.
Le matin même, la météo avait annoncé une pluie diluvienne alors Edward avait préféré aller travailler en voiture et ne regrettait pas son choix : la pluie était drue et rentrer à pieds aurait été épique même si marcher aurait été bénéfique pour lui.
Edward détestait les journées comme celle-ci, celles qui annoncent des nuits sans sommeil. C'est pour conclure de telles journées qu'Edward avait pensé qu'il serait bon pour lui d'avoir quelqu'un dans sa vie, autre que les parents ou meilleurs amis.
La ville de Seattle était endormie et calme, il ne croisait que peu de monde sur la route, et c'était tant mieux tellement la pluie formait un rideau opaque devant son parebrise. La visilibité était quasi nulle et Edward se félicitait d'avoir pris sa voiture, même si marcher aurait pu amoindrir le sentiment de malaise qui sévissait en lui.
Edward avait la certitude que la pluie avait le pouvoir de nettoyer une ville, qu'elle emportait tout sur son passage, les crachats, megots, les détritus... Il aimait croire que la pluie pouvait également emporter avec elle la mauvaise humeur et les idées noires du neurochirurgien.
Cependant, en arrivant sur Boston Street, Edward dut admettre que la pluie n'avait rien changé de son malaise. Il eut du mal à trouver une place pour sa voiture mais finit par réussir à se garer et sortit sous la pluie, se maudissant de ne pas avoir prit de parapluie. Il vérifia son téléphone mais n'eut aucune réponse de Krystal.
Il longea la rue jusqu'à arriver chez lui et apercevoir, malgré la pluie abondante, une petite voiture citadine, rose poudrée stationnée exactement devant son pavillon. Même si il ne savait pas dans quoi roulait Krystal, il se dit aussitôt que ce modèle lui ressemblait énormément, il ne manquait plus qu'une énorme licorne sur le capot.
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Quelques heures plus tôt
Sans réellement savoir si c'était une bonne idée de revoir John, Krystal était en train de remplir un petit sac pour sa nuit. Elle avait bien conscience qu'elle ne pourrait pas passer sa nuit à ses côtés en petite tenue, trop de bleus constellaient sa peau et il ne manquerait pas de lui en demander la cause.
John avait l'air d'être du genre à se faire réellement et sincèrement du soucis pour autrui et Krystal se voyait mal en train de lui expliquer ce que Volturis lui demandait. D'autant plus qu'elle avait un devoir de discrétion envers ses clients.
Elle opta donc pour un pantalon de pyjama ainsi qu'un t-shirt à manches longues qui ne manqueront pas de cacher ce qui devait l'être. Elle rajouta dans son sac un sous-vêtement, des chaussons qui ne manqueraient pas de le faire sourire, ainsi qu'un dentifrice. Au cas où, elle prit également sa brosse à dents. Elle savait avoir laissé celle que John lui avait offerte lors de leur première nuit mais ignorait à quel point il avait été contrarié la dernière fois, peut-être avait-il jeté ladite brosse, auquel cas Krystal assura ses arrières.
Moins elle aurait de service à lui demander et mieux elle se porterait. Ne sachant pas dans quel disposition John serait, Krystal se méfiait quelque peu. Elle n'aimait pas ne pas savoir à quoi s'attendre.
Peu avant de partir, Krystal se changea et troqua sa tenue contre un jean élimé, un sweat à l'effigie de l'université de Seattle et chaussa ses tennis décorées par des cerises.
Son sac à dos sur l'épaule, Krystal quitta l'appartement alors que ses colocataires n'étaient toujours pas rentrées. Elle prit l'ascenseur pour le sous sol et s'engouffra dans sa Yaris avant de rejoindre la circulation de Seattle.
C'était la première fois de la journée que Krystal mettait un pied dehors ce jour-là et elle fut impressionnée par la météo.
Les essuie-glaces ne balayaient pas le pare-brise suffisament vite pour que Krystal puisse voir quoi que ce soit mais pour autant elle ne lâchait pas l'affaire. Elle détestait plus que tout être en retard et empruntait les petites rues de sorte à ne pas se retrouver à la traine dans les embouteillages dus aux automobilistes qui avaient trop peur d'avancer.
Bien qu'inconsciente, Krystal faisait confiance à son instinct et elle arriva sur Boston Street quelques secondes avant vingt heures. Pour la première fois de la journée, elle se sentit particulièrement chanceuse : une place était vacante juste devant le pavillon numéro 1307 et Krystal manoeuvra rapidement pour y stationner sa Yaris.
En voyant la pluie qui s'abattait sur son pare-brise, Krystal regretta de ne pas s'être plus couverte. Elle récupéra ses clés, son sac et quitta l'habitable en rentrant le plus possible sa tête entre ses épaules après avoir placé sa capuche en tissu sur sa tête. Cependant le tissu fut aussitôt imprégné et imbibé.
Krystal courut jusqu'au péron du pavillon mais marqua un temps d'arrêt malgré la météo catastrophique.
Lors de son dernier contrat avec John, il avait demandé à ce qu'elle entre sans frapper, de sorte à accentuer le côté girlfriend de leurs rendez-vous, cependant Krystal ignorait si c'était toujours d'actualité ou non. Leur brouille avait sûrement changé ses attentes. Toujours est-il qu'il avait dit avoir besoin d'elle alors Krystal cessa de tergiverser et enclencha la poignée qui ne bougea pas, pas plus que la porte elle-même.
Alors que la pluie glacée tombait comme elle tomberait un jour d'apocalypse, Krystal saisit un détail auquel elle n'avait pas prêté attention en arrivant : aucune lumière n'était allumée dans le pavillon.
Elle sonna tout de même, au cas où, mais n'obtint aucune réponse.
Alors que ses vêtements étaient gorgés d'eau, que ses chaussures formaient déjà des flaques mobiles dans lesquelles trempaient ses pieds et qu'elle grelottait à en avoir les dents qui claquent entre elles, Krystal sortit son téléphone de sa poche et contacta John. Il ne décrocha pas et elle allait tomber sur la messagerie quand elle raccrocha.
A ses yeux, il ne servait à rien qu'elle laisse un message. Quand il verrait l'heure sur l'écran de son portable, il verrait forcément qu'il était en retard et elle, considérant l'heure à laquelle elle avait tenté de le joindre, présente à l'heure déterminée plus tôt.
Krystal observa la rue des deux côtés, regrettant que le pavillon n'ait pas de auvent sous lequel elle aurait pu s'abriter. Comme John n'était en vue nulle part, Krystal retourna à sa voiture et se maudit en se rendant compte qu'elle allait imbiber le siège conducteur d'eau.
Elle n'eut pas d'autre choix que d'accepter de passer sa soirée seule, sans ses colocs qui désertaient. Krystal se permettait même d'en vouloir à John de lui poser un lapin le soir où elle aussi avait besoin de voir quelqu'un.
Elle saisit la clé de la Yaris dans la poche de son sweat et l'inséra dans le neiman. Elle la tourna mais rien ne se produisit. Ni soubresaut ni cliquetis. Rien du tout. Krystal réitéra mais une fois de plus la Yaris ne sembla pas vouloir coopérer.
Lassée et en colère, Krystal frappa son volant à plusieurs reprises, déclenchant ainsi son klaxon sans y prêter attention.
Elle s'arrêta seulement lorsque sa colère s'atténua et que ses joues étaient striées non pas de pluie mais de larmes. Elle était fatiguée, avait froid et mal partout. Elle en avait marre et voulait juste que sa journée se termine.
Elle tenta de reprendre contenance et hésita à rejoindre le métro à pieds mais la plus proche station devait être à trois ou quatre pâtés de maison et elle n'avait pas la force de s'y rendre.
Au lieu de cela, Krystal se saisit de son portable et composa un numéro qu'elle connaissait par coeur depuis de nombreuses années.
-Maître Black, que puis-je pour vous Mademoiselle Swan ?
Jacob Black était le meilleur ami de Krystal, et ce depuis leur plus tendre enfance. Ils avaient grandi ensemble, s'étaient mutuellement soutenus et avaient vécu beaucoup de leurs premières fois ensemble. Krystal avait été là pour lui lors du décès de sa mère et Jacob avait été là pour elle lorsqu'elle avait opéré un virage à cent quatre-vingt degrés et quitté la faculté pour la prostitution.
Chacun d'eux était le pilier de l'autre.
Si Krystal avait opté pour la prostitution, Jacob, lui, s'était orienté vers le Droit, jusqu'à passer avec succès l'examen du Barreau et obtenu une collaboration dans le cabinet Dixon and Cannon et s'était spécialisé dans le Droit des lésions corporelles. Il aimait profondément son travail mais devait avouer que les dossiers qu'il traitait était parfois lourds et glauques.
Au moment où il avait décroché son téléphone personnel, il était en train de traiter six dossiers en même temps et s'apprêtait à plaider le lendemain pour défendre un client qui avait dû se faire amputer de son avant-bras à cause d'un accident de travail sur un chantier. Le problème était que son client avait travaillé au noir, sans contrat de travail. Cela allait être compliqué à défendre.
Jacob, parce qu'il avait grandi avec Krystal, faisait parti des très rares personnes à connaitre sa véritable identité.
-Maître Black ? Sincèrement ? Ca va l'orgueil ?
Krystal tentait de réfreiner ses sanglots et la touche d'humour de son ami l'aida beaucoup.
- Et bien quoi ? Je veux pas que tu oublies à qui tu parles !
- Je ne pourrais jamais oublier !
Dans son bureau, au dix-neuvième étage d'une des tours du centre ville de Seattle, Jacob se frotta les yeux avant de s'affaler dans son fauteuil ergonomique. Il préféra regarder son plafond plutôt que son travail à venir.
- Je suppose que tu ne m'appelles pas pour souligner mon égo démesuré...
Même si Krystal avait du mal à entendre son ami à cause de la pluie qui frappait lourdement sur la carrosserie, elle ne put réprimer un sourire.
- Et bien figure toi que tu as raison !
Krystal grimaça alors que l'un de ses ongles griffait le cuir du volant juste pour voir si ça laisserait une trace.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Je suis en panne sur Boston Street...
Alors qu'ils grandissaient à Forks, dans la province de Seattle, Jacob s'était passionné pour la mécanique, principalement celle des motos mais touchait à tout.
- Qu'est-ce que tu es allée de perdre dans le quartier Queen Ann ?
- On s'en fout ! Tu peux venir faire un petit tour de magie sur ma Yaris adorée ?
Jacob regarda par la fenêtre avant de répondre.
- Avec un temps pareil, même pas dans tes rêves ! Je veux pas une pneumonie moi ! En revanche, si tu as besoin, je peux passer te chercher et jeter un oeil à ta voiture demain, s'il pleut moins d'ici là.
- Ca serait adorable !
- Je serai là dans un quart d'heure.
- Jacob, tu me sauves la vie !
Maître Black laissa ses dossiers ainsi que sa future plaidoirie et éteignit la lumière de son bureau avant de se mettre en route pour retrouver son amie.
Krystal patienta en tremblotant de froid, elle ne pouvait même pas avoir de chauffage dans sa propre voiture. Ses cheveux perlaient encore de la pluie quand un phare unique l'ébouit via le rétroviseur intérieur. Une moto s'arrêta aux côtés de la Yaris et Krystal n'eut pas à s'interroger, elle avait reconnu la silhouette de la Kawasaki Ninja de son meilleur ami.
Elle récupéra ses affaires et sortit de l'habitacle et le rideau de pluie s'abattit une nouvelle fois sur elle.
- Est-ce que je ne t'avais pas dit, par hasard, que ce n'était pas fiable comme voiture ? Cria Jacob pour couvrir le bruit incroyable que pouvait faire la pluie.
- Tu crois vraiment que c'est le moment ?
Il n'en fallut pas plus à l'avocat pour se rendre compte que son amie n'était, effectivement, pas dans les meilleures dispositions. Elle qui était habituellement si joyeuse et énergique semblait avoir vécu des semaines voire des mois dans la rue tellement elle avait l'air fragile et désemparée. Aussi, il ne chercha pas plus longtemps et descendit de sa moto pour sortir du top-case le casque personnel de la jeune femme qu'il gardait toujours avec lui, au cas où.
Même si le temps et leur travail les avaient quelque peu éloignés l'un de l'autre, ils partaient encore fréquement en balade sur la Kawasaki, longeant la côte, cherchant à voir au loin des baleines.
- Merci. Les dents de Krystal claquaient les unes contre les autres.
Elle enfila le casque alors que Jacob reprenait sa place. Elle s'installa derrière lui, les lanières de son sac à dos sur les épaules, et se sécurisa avec les poignées sous son assise.
Un micro et une oreillette se trouvaient dans chacun de leur casque mais, lors de ce trajet, ils furent inutiles car aucun d'eux ne prit la parole. Jacob mourrait d'envie de la questionner, ne serait-ce que sur sa tenue. Il la connaissait apprêtée, toujours soignée, jamais négligée et se demandait ce qu'elle pouvait faire vêtue d'un jean et d'un sweat. Il s'était dit qu'elle avait rendez-vous ce soir mais commençait à en douter, même si sa tenue ne la rendait pas moins belle à ses yeux.
Etant donné qu'il savait que sa meilleure amie n'était pas d'humeur, il ne chercha pas à comprendre et se focalisa sur sa conduite. Conduire un deux roues sous une pluie pareille n'était pas simple, cependant vivre dans l'Etat de Washington était formateur pour tout conducteur.
Si Jacob avait la panoplie complète du motard et donc une sur-veste ainsi qu'un sur-pantalon, ce n'était pas le cas de Krystal qui était, certes, trempée par la pluie, mais d'autant plus frigorifiée par le vent induit par la conduite. Une fois de plus, elle maudit John de lui avoir fait faux bond.
Arrivée à un carrefour, Krystal s'étonna en constatant que son ami n'avait pas emprunté la route de droite qui menait vers Southwest et la colocation par le West Seattle Bridge mais la route sur leur gauche, en direction de Columbia City, là où Jacob résidait.
Krystal esquissa un sourire derrière la visière de son casque malgré les circonstances. Passer une nuit avec Jacob n'était pas aussi reposant qu'avec John mais n'était pas pour lui déplaire. Et puis cela pourrait lui permettre de laisser son contrat avec Volturis derrière elle.
La règle numéro deux qui régissait sa profession stipulait qu'elle ne devait pas exercer chez ses clients car la situation pourrait être dangereuse, seulement Krystal avait toute confiance en Jacob. Et puis elle ne pouvait pas acceper de travailler chez John et refuser de le faire chez son ami d'enfance.
Elle se laissa donc conduire jusqu'au building où avait élu domicile Jacob. Lors de la signature de son contrat de collaboration avec Dixon and Cannon, il s'était cherché un appartement digne d'un grand avocat et n'avait regardé que les offres de penthouse. Cependant, la réalité de la vie l'avait bien vite rattrapé et il avait dû se rendre compte du trop grand écart qui existait entre son salaire et le loyer d'un tel appartement. Un simple collaborateur n'avait pas les moyens de s'offrir un tel luxe et n'était bon qu'à sous-traiter, traiter les dossiers dans l'ombre pour le grand patron et plaider pour des affaires à mourir d'ennui ou sans retombée médiatique.
Jacob aimait son métier, comptait rester exemplaire et travailler dans la déontologie la plus parfaite possible, cependant il avait bien l'intention de gravir les échelons rapidement, jusqu'à sa consécration ultime : un penthouse. A ses yeux c'était la preuve d'une vie réussie.
Ceci étant, il n'avait pas à avoir honte de son logement. Il louait un appartement de cent cinquante mètres carrés dans un des immeubles les plus cossus de la ville. A peine avait-il signé son bail qu'il avait fait venir une décoratrice d'intérieur pour amenager le logement dans un style industriel. Le tout était masculin et impeccable.
Grâce à la télécommande fixée sur son guidon, Jacob actionna la porte métallique au bas de son bâtiment et s'engouffra dans le parking souterrain. Après avoir parcouru le dédale bétonné jusqu'à sa place privée, Jacob se stationna et coupa le moteur de sa Kawasaki. Krystal et lui descendirent de moto et retirèrent leur casque avant de les ranger.
Dans un silence confortable, ils se dirigèrent puis s'engoufrèrent dans l'ascenseur.
Jacob remarqua à quel point elle grelottait alors que la pluie ruisselait encore de ses cheveux. Jacob culpalisa de ne pas avoir de veste à déposer sur les épaules de la jeune femme. Il n'avait que sa chemise et sa cravate sous sa sur-veste et cela n'aurait aucun effet sur le froid qui la saisissait.
Il retira sa sur-veste pour constater qu'elle dégoulinait sur le sol et la tint à bout de bras.
Jacob avait toujours encouragé Bella, son amie d'enfance, dans son changement - radical- professionnel, il comptait parmi les premiers clients de la jeune femme, même si cela l'avait toujours intimidé. Il aimait coucher avec elle, ils avaient toujours été explosifs et complémentaires cependant il avait toujours été mal à l'aise lorsqu'arrivait le moment de lui faire comprendre qu'il espérait un peu plus qu'une pizza-bière devant The Big Bang Theorie.
C'est pourquoi alors qu'aucun mot n'avait été prononcé, Krystal sentit les doigts de son ami frôler les siens, gêlés, puis un papier... des papiers. Une liasse de billets. Elle avait toujours trouvé très mignon le malaise que Jacob pouvait ressentir lorsqu'il lui réclamait ses services alors que dès que les choses étaient lancées il devenait particulièrement à l'aise.
Elle ne prit pas la peine de vérifier le montant de la liasse : elle savait qu'il n'y aurait jamais de soucis entre eux et, une fois de plus, elle sourit. Elle tenta de glisser les billets discrètement dans son sac à dos mais dut rapidement convenir que la discrétion n'était pas au rendez-vous. Elle aurait pu glisser son salaire dans une des poches de son jean mais ça aurait été prendre le risque que l'eau qui imbibait son vêtement n'en fasse de même avec le papier constitué de lin et de coton.
Parce que Jacob ne demandait jamais rien qui ne soit extravagant ou dangereux, et parce qu'il avait toujours été un amant efficace et généreux, Krystal n'avait jamais cherché à lui faire payer cher, même si par période, s'il n'avait pas trop de dossiers en cours, il était un client régulier et qu'elle aurait pu remplir son compte en banque rapidement grâce à lui.
Krystal cherchant plus le plaisir que l'aisance financière était contente de lui faire un tarif si préférentiel, il en valait la peine.
L'ascenseur ouvrit ses portes et Krystal et Jacob rejoignirent l'appartement. Dans le couloir, leur main se frôlaient mais rien de plus. Jacob avait toujours du mal à effectuer le premier pas et attendait systématiquement que ce soit Bella qui le fasse. Il avait l'impression de se servir d'elle, comme si elle était en position de faiblesse et qu'il en profitait pour l'écraser. Bien évidemment, les deux amis en avaient déjà longuement parlé et il savait que si elle faisait ce métier c'est qu'il lui plaisait, mais pour autant Jacob n'était jamais trop à l'aise. Pour autant, il continuait à faire appel à ses services.
C'était simple, naturel et bien plus facile que de chercher à établir une véritable relation. Avec son travail, Jacob n'avait ni le temps ni l'envie de trouver une femme avec laquelle partager quoi que ce soit alors il contactait Bella.
Ils couchaient déjà ensemble avant que la jeune femme ne change de projet de carrière mais depuis qu'elle avait quitté la fac, il prenait soin de la payer à chaque fois, de sorte à ne rien mélanger afin qu'aucun d'eux ne s'embrouille l'esprit. Il n'était pas amoureux d'elle et en était persuadé. Aucun doute ne se faisait dans sa tête seulement il n'envisageait pas de ne pas la payer.
Il dévérouilla sa porte et laissa galamment son amie entrer avant lui. Krystal retira ses tennis-cerise avec la pointe de ses chaussures et la teinte plus foncée de ses chaussettes-licornes ainsi que les tâches du rouge déteint des cerises de ses baskets lui confirmèrent que ses chaussures avaient été gorgées d'eau. La trace mouillée de ses pieds sur le revêtement du sol ne permit pas d'en douter.
Jacob retira son sur-pantalon et le mit à sécher sur le porte-manteau dans l'entrée.
-Est-ce que je te sers quelque chose ?
Plus la tension montait en Jacob et plus il était tendu et mal à l'aise. Il ne pensait qu'à toucher son amie, l'effleurer, l'effeuiller, la caresser...
-Non... Non merci, mais en revanche et avant toute chose, je... j'aimerais prendre une douche très chaude parce que j'ai vraiment, vraiment, froid.
Elle serrait son buste entre ses bras, comme si le froid qui la saisissait pouvait être neutralisé par une étreinte solitaire.
- Bien sûr ! Désolé de ne pas y avoir pensé plus tôt ! Est-ce que je te mets de l'eau à chauffer pour un thé en attendant ?
-P... Prépare moi plutôt une tenue de rechange !
Krystal se dirigeait vers la salle de bain en laissant sur son passage des traces humides de petits pieds alors que Jacob partait vers sa chambre à la recherche d'une tenue qui ferait l'affaire quand une idée lui vint en tête. Il fit demi tour et rejoignit son amie.
- Je peux peut-être être un peu plus utile qu'en t'apportant une chemise sèche. Fit-il en arrivant dans la salle de bain alors que Krystal tentait de se dévêtir malgré ses habits qui lui collaient à la peau.
Même si Krystal appréciait qu'il prenne enfin les devants, ce n'était -à ses yeux- pas le moment. Elle avait juste envie de se jeter dans un brasier de sorte à se sécher et se réchauffer.
- Ja... Jocob, j'ai froid, j'ai vraiment froid.
Elle était frissonnante, les pieds nus sur le carrelage blanc immaculé de la salle de bain. Elle avait retiré son sweatshirt pour laisser apparaître un t-shirt fin et blanc, devenu transparent à cause de la pluie qui avait filtré au travers du sweat. Malgré un soutien-gorge bleu marine, il ne faisait aucun doute que le froid avait fait pointer les tétons de la jeune femme.
Aussi, et parce qu'il sentait l'excitation monter en flèche en lui, il se voulut joueur :
- Si tu devais évaluer le froid que tu ressens, sur une échelle de un à dix, tu mettrais combien ?
- Ce depend, le froid polaire correspond à un ou dix ?
Jacob sourit et répondit :
- A un, je suppose.
- Alors moins dix !
Alors qu'elle tentait de retirer son jean qui roulait sur sa peau humide, Jacob se rapprochait d'elle tel un félin en chasse. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte que des bleus constellaient la peau de ses membres.
- Est-ce que l'on parle de ce qu'il t'est arrivé ? Tenta-t-il lorsque son jean toucha le sol.
- Moins dix, Jacob ! Ca veut dire que j'ai froid alors laisse moi tranquille !
Sans chercher à récolter plus d'information, parce qu'il était bien placé pour savoir ce qu'était le secret professionnel, Jacob se contenta de franchir le peu d'espace qui les séparait encore et écrasa ses lèvres contre celles de la jeune femme.
Rapidement, leur langue se retrouvèrent, se caressèrent, se taquinèrent alors que le jeune avocat glissait ses mains le long du corps de son amante jusqu'à la soulever pour l'asseoir sur le meuble vasque. Il prit place entre ses cuisses et descella ses lèvres de celles de la jeune femme.
- Et maintenant, sur cette échelle... ?
- De moins dix, je suis passée à moins cinq.
Un sourire étira ses lèvres avant qu'elle ne reprenne leur baiser avec fougue.
Si le passage de Bella qui travaillait dans le parc n'a choqué personne alors qu'elle ne faisait pas cela avec Edward, est-ce la même chose dans la salle de bain de Jacob ou alors etes vous contentes que le chapitre se termine ainsi ? ^^
