Heello tout le monde !

Je serai absente de vendredi soir à dimanche soir dans un endroit sans wifi, c'est donc pourquoi je poste le nouveau chapitre aujourd'hui ! J'espère qu'il vous plaira !

Merci à ceux qui prennent la peine de me laisser une review, et désolée de ne pas toujours y répondre, mais sachez que ça me fait ultra-plaisir !

Réponse à Shana : Hey ! Merci pour tes deux reviews qui m'ont fait super-plaisir ! Ravie de voir que l'histoire te plaît autant, haha ! En ce qui concerne les rencontres Tom Riddle/Harry, je vais essayer de faire évoluer leur relation lentement, je ne vois pas l'intérêt de précipiter leur histoire, surtout que je vois mal Harry faire confiance à Tom du jour au lendemain, surtout vu le comportement de ce dernier ! Il est donc fort probable qu'il y ait des chapitres où Tom sera absent, désolée !
Et oui, tous ces mystères, héhé… N'hésite pas à me faire part de tes théories, c'est chouette de voir à quoi tu penses !
J'espère que ce chapitre te plaira ! Bisous !


Harry rêvait. Il était au-dessus d'une praire, avec Ron et Hermione et ils… volaient ? Oui, ils volaient, installés sur des balais ! Lui et Ron riaient aux éclats et fonçaient à travers les nuages, mais Hermione n'avait pas l'air très à son aise.

Soudain, Draco apparaissait en leur lançant son fameux sourire narquois. Lui aussi était sur un balai mais, sans savoir pourquoi, Harry avait la certitude que le sien était plus performant que les leurs.

-On fait une course, Potter ?

Ils s'élancèrent dans une sorte de brouillard. Harry allait vite… Plus vite que Malefoy… Il le dépassa…Il allait trop vite ! Son balai vibrait entre ses doigts et il était incapable de l'arrêter ! Il allait s'écraser sur la montagne jaillie de nulle part !

Harry tenta de stopper sa course, mais son balai faisait des soubresauts et protestait en faisant d'étranges bruits. Clonk, clonk…

Harry se mit à craindre que son balai ne se démembre sous ses doigts… Les bruits se faisaient de plus en plus forts… Clonk, clonk !

Clonk, clonk, clonk !

Harry se réveilla en sursaut, désorienté. Il prit une profonde inspiration en avisant sa chambre plongée dans le noir, son réveil digital indiquant qu'il était un peu plus tard que minuit, et la poignée de sa chambre qui était secouée comme un prunier.

Harry rejeta brusquement sa couverture au loin et bondit hors de son lit. Il se précipita vers la porte et frappa dessus du plat de sa main. Les secouements s'interrompirent aussitôt.

-Allez-vous en ! cria-t-il au travers de la cloison. Foutez-moi la paix, qui que vous soyez ! Connard !

Il n'y eut aucun bruit. Puis, Harry entendit des bruits de pas qui s'éloignaient. Pendant un court instant, il fut tenté d'ouvrir discrètement la porte pour tenter d'apercevoir la silhouette de son harceleur, mais abandonna rapidement l'idée. C'était peut-être l'occasion que ce dernier attendait.

En soupirant, le jeune homme retourna vers son lit et se laissa lourdement tomber dessus.

-Tu sers vraiment à rien, Draco, marmonna-t-il en retombant déjà dans le soleil.

Le garçon avait en effet proposé d'installer son gsm dans un coin discret du couloir afin de filmer le visage de son visiteur nocturne. Quand Harry avait objecté que les téléphones étaient gardés par Dobby, le blond avait effectué un geste désinvolte de la main en lui disant de ne pas se préoccuper de ça. Et en effet, le soir même, il brandissait victorieusement son portable devant le nez de Harry.

Seulement voilà, cette andouille de blondinet n'avait pas pensé que son gsm ne possédant aucune vision nocturne, il leur serait impossible de distinguer quoi que ce soit sur la vidéo.

Cela faisait quatre jours qu'ils s'acharnaient. Quatre jours que chaque nuit, Harry se réveillait en sursaut en entendant la poignée de sa porte tourner.

Quatre jours également que Tom ne lui avait plus parlé. Mais Harry ne s'en plaignait pas. Il en était même plutôt heureux, bien qu'il sache pertinemment qu'il n'allait pas l'abandonner comme ça.

Mais c'était la première fois que Harry s'adressait directement à son harceleur. Allait-ce changer quelque chose ?

En soupirant, Harry se rendormit pour de bon. Il avait cours le lendemain et comme il avait eu le loisir de le découvrir, les cours ici n'étaient pas plus faciles parce qu'il se trouvaient dans un hôpital psychiatrique. Bien au contraire.


-Allez, on regarde !

-Je t'ai dit que ça ne servait à rien ! râla Harry. Et tu le sais !

Draco fit la sourde oreille en lançant la vidéo qu'il passa en accéléré, scrutant attentivement le noir total qu'elle diffusait. Harry ne se donnait même plus cette peine.

Le blond poussa un grognement à la fin de son visionnage, confirmant à Harry le manque de résultats.

-Je te l'avais dit, ne put-il s'empêcher de lancer à l'adresse de son camarade.

Ce dernier lui adressa un magnifique majeur en guise de réponse.

-Vous n'avez rien trouvé ? demanda Blaise en apparaissant entre deux rangées de bouquins.

-Nan, répondit le petit brun sans lever les yeux de son devoir de chimie.

Qu'elle n'avait été sa surprise en découvrant que, pendant qu'il téléphonait à Ron et Hermione le samedi, Draco n'avait rien trouvé de mieux que de parler de son harceleur à Blaise ! Draco s'était justifié en disant que Blaise ne pouvait que les aider et puis, c'était son meilleur ami, mais Harry n'avait pu s'empêcher de lui en vouloir.

Mais finalement, Blaise s'était révélé être une oreille bien plus attentive que Draco et s'était inquiété de son état mental, chose à laquelle le blond n'avait même pas pensée !

Hermione, quant à elle, lui avait vivement conseillé d'en parler à un adulte lorsqu'il lui en avait parlé au téléphone, le dimanche soir. C'était évidemment la chose la plus logique à faire mais, sans savoir pourquoi, Harry pressentait que ce n'était pas la meilleure idée. De ce fait, il avait préféré suivre son instinct plutôt que les avertissements de son amie -comme d'habitude.

Mais s'ils ne trouvaient pas rapidement un moyen de démasquer l'intrus, ils allaient être forcé d'en parler à quelqu'un. La tranquillité d'esprit de Harry ainsi que son sommeil s'en ressentaient. Et Dieu sait qu'il n'avait pas besoin de ça !

Le tout premier cours qu'il avait suivi, le lundi matin, avait été chimie, une matière qu'il était loin d'affectionner. Il avait été surpris lorsque leur professeur lui avait indiqué s'appeler Snape et qu'il avait reconnu en lui le psychiatre de Blaise ( « l'énorme bâtard », s'il se souvenait des termes exacts ). Et là, il avait halluciné.

Snape l'avait interrogé sur des sujets qu'il ne connaissait pas le moins du monde et, devant l'ébahissement de son élève, s'était ouvertement moqué de lui. Il avait passé le reste du cours à lui tourner autour comme un rapace, à l'affut de la moindre de ses erreurs, n'hésitant pas à l'humilier publiquement s'il en faisait une.

Harry en était venu à haïr en moins de cinquante minutes les cheveux graisseux et le nez crochu de son professeur. Et, durant les cours qui suivirent, Snape n'avait pas réduit ses moqueries, à un tel point que Harry avait fini par se demander s'il n'y avait pas quelque chose de personnel là-dessous. Un tel mépris n'était pas normal ! Mais Blaise avait admis que Snape n'avait jamais été aussi virulent envers l'un de ses élèves.

Si les professeurs qu'il avait rencontré ensuite ( McGonagall, Flitwick, Chourave, Bibine… ) s'étaient montrés bienveillants envers lui, Harry avait déchanté en voyant la quantité de matières qu'ils avaient à voir. Il s'était même demandé s'il ne s'était pas trompé et s'il n'était pas dans une école de jeunes surdoués, ou dans une université. Ses premières soirées après les cours avaient été exclusivement consacrées à l'étude.

Après trois jours de ce régime, Harry avait demandé à Blaise et Draco ce que c'était que ce délire.

-Ils sont toujours comme ça, au début, lui assura Blaise. Ils carburent au diesel, comme s'ils faisaient une course entre eux puis au bout d'un mois, ils se calment d'eux-mêmes.

-T'as de la chance, Potter, t'es arrivé alors qu'on est début octobre. Tu n'auras qu'une semaine ou deux à ce rythme alors que ça fait déjà un mois que nous, on doit survivre ! fit remarquer Draco.

Bref. Pour l'instant, Harry suivait du mieux qu'il pouvait en espérant qu'aucun des élèves n'était interné pour des troubles de l'attention. Sinon, il assisterait à ses funérailles avec une réelle tristesse.

-Connard de Snape, murmura-t-il en raturant une de ses réponses de son devoir de chimie sous le regard goguenard de Draco.

-Quelque chose me dit que tu ne serais pas autant sur les nerfs si on avait pas cours d'anglais avec un certain Riddle demain, murmura-t-il innocemment en jouant avec son stylo.

Il ignora sciemment le regard réprobateur que lui lança Blaise, trop concentré par les éclairs qui jaillissaient des yeux émeraude. Nul doute que si un regard pouvait tuer, Draco serait en train d'agoniser au sol.

-Ferme-là tout de suite ou je vais dire à McGo que tu m'harcèles toutes les nuits, je te préviens ! le menaça furieusement Harry. On verra qui sera sur les nerfs !

Il ignora le cri indigné du blond quand soudain, Mme Pince, la bibliothécaire, jaillit d'entre deux rayons comme une furie.

-Si vous ne voulez pas être chassés de ma bibliothèque, je vous conseille vivement de vous taire immédiatement !

Les trois jeunes hommes marmonnèrent une excuse et Mme Pince fit volte-face en maugréant contre les jeunes qui étaient incapables de se tenir convenablement.

-Tu ne perds rien pour attendre, Potter, murmura Draco en lui jetant un regard mauvais.

-J'attends de voir, le narcissique, railla Harry.

Comme il s'y attendait ( et à sa plus grande satisfaction ), Draco se redressa brusquement et quitta la bibliothèque en trombe, sans prêter attention à l'exclamation outrée de Mme Pince.

-C'était un coup bas, commenta Blaise sans même redressa la tête de son propre devoir.

-Il l'avait cherché, rétorqua Harry.

Il avait en effet découvert que dès que quelqu'un ne faisait que mentionner la maladie de Draco lorsque ce dernier était présent, le blond, au mieux, ne parlait plus et fusillait tout le monde du regard, au pire, allait s'enfermer dans sa chambre et aboyait sur quiconque tentait de venir lui parler.

Le beau métisse redressa son visage pour poser un regard très sérieux sur le petit brun.

-Tu ferais mieux d'éviter ce genre de commentaires, la prochaine fois. Tu ne serais pas content non plus si on te taquinait sur ta maladie, peu importe ce que c'est.

Harry perdit son sourire et imagina comment il réagirait si quelqu'un se mettait à plaisanter de cette manière sur Tom. Comme Draco, sans le moindre doute, et peut-être même ajouterait-il un coup de poing ou deux.

-Ok, soupira-t-il. J'irai m'excuser plus tard.

Blaise lui fit un petit sourire et Harry se sentit soulagé en voyant qu'il ne lui en voulait pas plus que ça. Le jeune homme à le peau noire replongea sur son devoir.

Harry le contempla un instant, hésitant. À vrai dire, depuis le peu de temps qu'ils se connaissaient, Blaise n'avait pas l'air de souffrir d'une quelconque maladie. Il parlait normalement, ne semblait pas avoir le moindre symptôme étrange. Il ne présentait aucun signe évident, comme Draco, qui avait une fâcheuse tendance à parler de lui, ou Théo, qui ne parlait à personne du tout, ou encore Goyle, qui s'interrompait parfois au milieu d'une phrase et contemplait le vide d'un air absent.

Harry brûlait de lui demander les raisons de sa présence à Poudlard, même si c'était terriblement indélicat.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Harry battit des paupières et se rendit compte qu'il dévisageait Blaise depuis une bonne minute, sous le regard curieux de ce dernier.

-Oh, excuse-moi ! s'écria Harry en sentant ses joues s'embraser. J'étais, hum… perdu dans mes pensées.

Il rougit un peu plus en voyant un sourire amusé étirer les lèvres du métisse.

-Visiblement, tu avais quelque chose à me demander.

Harry se sentit encore plus embarrassé. Était-il donc si transparent ?

-En fait…, hésita-t-il, je me demandais…

Il vira au cramoisi devant le regard doré qui le dévisageait d'un air perplexe.

-Heu…

Il ne savait même plus ce qu'il voulait demander.

-Oui ? le relança Blaise.

Il devait se reprendre !

-EnfaitjemedemandaiscommenttuavaisfiniàPoudlard, lâcha Harry d'une traite, sans reprendre sans souffle.

Blaise cligna des yeux, mais son regard s'éclaira, signe que, aussi improbable soit-il, il avait compris ce que Harry avait dit.

-Et c'est pour ça, tous ces bégaiements ? s'amusa-t-il.

Harry baissa les yeux, gêné. À présent, il se sentait totalement ridicule.

-Je savais pas si t'allais réagir comme Draco, marmonna-t-il.

Blaise secoua la tête d'un air amusé et referma le livre de chimie ouvert devant lui.

-Je suis bipolaire, annonça-t-il avec détachement.

Harry cligna des yeux, surpris par la facilité avec laquelle il lui annonçait sa maladie.

-Oh, souffla-t-il.

Puis, il fronça les sourcils.

-Mais…

-Je suis pratiquement… guéri, si je puis dire, le coupa Blaise.

-C'est possible, de guérir la bipolarité ? s'étonna Harry.

De ce qu'il en savait, être bipolaire signifiait avoir des périodes de dépression, suivies de périodes « normales », avant des périodes de joies excessives. Ou quelque chose comme ça.

-Ouaip, répondit Blaise en souriant face à son étonnement. Je suis un traitement qui m'aide à régulariser mes humeurs depuis presque deux ans. Normalement, je devrais pouvoir bientôt l'arrêter et reprendre une vie normale.

Harry resta silencieux un moment, songeur. Il avait du mal à croire que Blaise allait avoir la possibilité de reprendre une vie tout à fait banale, sans avoir à prendre de traitement ou quoi que ce soit contre sa maladie et qu'il allait juste pouvoir tourner la page « Poudlard », et l'oublier. Comme s'il n'avait jamais traîné avec des fous.

Inconcevable.

Ce qui poussa Harry à se demander comment lui réagirait s'ils parvenaient vraiment à le débarrasser de Tom. À peine eut-il formulé cette pensée que le jeune homme se fustigea. Bien sûr que non, ils n'allaient pas le débarrasser de Tom ! Ils n'étaient même pas capable de voir que Tom était réel, alors comment pourraient-ils le faire partir ?

Les paroles de Riddle revinrent alors dans l'esprit de Harry. Mais est-ce que tu l'as déjà vu ? Comme tu me vois maintenant ?

Harry secoua furieusement son visage. Et alors ? Qu'est-ce que ça changeait, qu'il ne l'ait jamais vu ? Il l'entendait, et c'était bien suffisant pour prouver son existence ! Pourquoi personne n'était capable de comprendre ça ?

Et puis, qu'est-ce qu'il deviendrait, sans Tom ?

Harry se figea.

Que venait-il de penser ?

À quoi avait-il osé songer ?

Un vieux souvenir lui revint en mémoire. Il était dans sa chambre d'hôpital, il venait de se réveiller, ses parents lui annonçaient qu'il allait à Poudlard. Et Tom…

Je suis la seule variable stable de ton existence, Harry. Je suis le seul pilier qui est resté quand ta vie a commencé à changer…

Il avait raison, réalisa l'adolescent. Tom était une constante de sa vie, il avait toujours été là.

Toujours ? Vraiment ?

Non. Quand il était un enfant, Tom n'était pas là, il en était sûr. Mais il n'avait aucun souvenir d'un moment précis où il serait arrivé.

Alors quoi ?

Ou plutôt, comment ?

Comment Tom aurait-il pu s'immiscer dans sa vie sans qu'il en ait conscience ?

-Et toi ?

Harry sursauta violemment et regarda Blaise, les yeux écarquillés. Il avait totalement oublié sa présence.

Blaise lui offrit un sourire d'excuse.

-Pardon, je t'ai tiré hors de tes pensées.

-Ce… C'est rien, balbutia Harry, un peu gêné de son comportement qui n'était pas très poli. Qu'est-ce que tu disais ?

-Je te demandais pourquoi toi, tu étais ici ?

Harry s'immobilisa totalement.

C'était une question tout à fait légitime. Après tout, c'était ce qu'il avait demandé à Blaise, et ce dernier lui avait répondu sans complexe.

Mais il ne pouvait pas. Impossible.

Il ne pouvait pas.

Blaise lui sourit en se relevant, ses livres dans les bras.

-Oublie, t'inquiète.

Harry rougit.

-Je… je suis désolé, murmura-t-il. Mais je…

-Il n'y a pas de problème, assura Blaise. Vraiment.

Pour une raison inconnue, Harry eut soudain très envie de pleurer. Il sentit avec horreur ses yeux s'humidifier.

-Hey, souffla Blaise en se penchant vers lui. C'est pas grave. Je sais ce que c'est. C'est pas facile de le dire, encore moins la première fois.

-Par… pardon, bégaya Harry en clignant furieusement des paupières. Je suis ridicule, c'est vraiment…

-Pas du tout, le coupa Blaise en plongeant ses yeux noisette dans ceux de son comparse. C'est trop tôt, c'est tout. Il m'a fallu des mois pour parvenir à dire ce que j'avais. Et c'est plus facile, maintenant que je suis presque guéri.

Il se redressa en souriant sincèrement à Harry.

-Te fais pas de bile, surtout. On se rejoint au souper ?

Harry hocha un peu trop vigoureusement la tête. Le métisse prit son sac et se dirigea vers la sortie de la bibliothèque. En passant devant Harry, il passa une main taquine dans ses cheveux et les décoiffa un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà, sous l'œil surpris de Harry.

Blaise disparut, laissant derrière lui un adolescent légèrement perplexe.


Harry finit par sortir de la bibliothèque à son tour, après avoir fini son devoir de chimie pour l'infâme professeur Snape, une bonne demi-heure plus tard. Il avait encore une grosse heure à tuer avant que le souper soit servi. En temps normal, il l'aurait passée avec Draco, mais Harry estima que la blessure qu'il avait infligée à son orgueil était encore trop fraîche pour qu'il prenne ce risque. Quant à Luna, Dieu seul sait où elle pouvait encore s'être cachée.

Légèrement désœuvré, Harry se résolut à retourner dans sa chambre. Il avait amené plusieurs romans avec lui, mais pour l'instant, il n'avait pas très envie de lire.

L'idée d'essayer d'entrer en contact avec Neville Londubat l'effleura, mais il laissa rapidement tomber. Il n'avait pas la moindre idée d'où le garçon pouvait être et ne se sentait pas assez motivé pour partir à sa recherche.

Comme d'habitude, les couloirs de Poudlard étaient déserts. Harry s'était rendu compte que, malgré le nombre relativement élevé d'élèves, le château était beaucoup trop grand pour que ses couloirs soient tous occupés. Et puis, le mauvais temps constant dégageait une impression lugubre, qui faisait que personne n'avait très envie de partir explorer le château.

C'est pour cette raison que Harry fut surpris lorsqu'il aperçut quelqu'un au détour d'un couloir.

C'était un adolescent qui avait l'air d'avoir plus ou moins son âge et qui se dirigeait vraisemblablement vers la bibliothèque. Harry se souvint de l'avoir vu au réfectoire. Il l'avait reconnu grâce à ses cheveux blond paille.

Quand il l'aperçut, l'autre garçon se figea et écarquilla d'immenses yeux. Étonné, Harry s'arrêta lui aussi.

L'autre le dévisageait ouvertement, une expression totalement ébahie sur le visage. Puis, un immense sourire étira ses lèvres.

Mal à l'aise, Harry faillit faire demi-tour. Mais l'autre reprit sa marche d'un pas tranquille, alors il l'imita.

Harry sentit un léger bourdonnement dans son crâne, dont il ignorait l'origine. L'autre garçon le fixait toujours. Ils allaient bientôt se croiser.

Plus ils se rapprochaient, plus Harry distinguait nettement les traits de son vis-à-vis. Il éprouva une curieuse sensation et eut l'impression que quelque chose cognait dans son crâne.

Ils se croisèrent. Leurs regards se rencontrèrent et le blond esquissa un sourire effrayant. Harry se figea.

L'autre continua tranquillement sa route. Harry ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce qu'il ait tourné au coin du couloir. Et même là, il continua à fixer l'endroit où il avait disparu.

Le bourdonnement avait diminué en intensité. Mais le jeune avait l'impression que son cerveau était… brouillé. Comme si quelque chose interférait.

Encore un autre truc de bizarre.

-Mais c'est quoi ce bordel ? murmura Harry en passant une main frustrée dans ses mèches noires.

-Langage, le réprimanda une voix grave.

Harry tressaillit et pivota sur ses talons. Il ne fut qu'à moitié surpris de découvrir Tom Riddle. L'homme avait manifestement la capacité de se déplacer sans émettre le moindre bruit, car c'était déjà la seconde fois qu'il surprenait le jeune homme.

Le psychiatre offrit son fameux sourire énigmatique à Harry.

-Bonsoir, Mr Potter.

-Bonsoir, le salua Harry en retour, avec raideur.

L'homme se tenait à moins d'un mètre de lui, et Harry pris conscience de leur énorme différence de taille. Lui-même n'avait jamais été bien grand, avec son mètre soixante-cinq. Mais son regard arrivait plus bas que l'épaule de son vis-à-vis, ce dont il n'avait jamais pris conscience lors de leur précédentes rencontres. Riddle devait mesurer près de deux mètres. Harry devait se tordre la nuque s'il voulait le regarder dans les yeux.

-Pourquoi diable étiez-vous donc immobile en plein milieu d'un couloir, en train de contempler un mur avec autant d'application ? questionna Riddle en haussant un sourcil.

Harry haussa les épaules, conscient que son attitude aurait parue étrange aux yeux de n'importe qui.

-J'étais dans la lune, dit-il. Je retournais dans ma chambre.

-Très bien, je vais vous accompagner. Ça me permettra d'avoir une petite conversation avec vous.

Harry hocha anxieusement la tête tout en se demandant s'il avait quelque chose à lui reprocher. Semblant se rendre compte de son appréhension, Riddle lui offrit un fin sourire.

-Pas d'inquiétude, Mr Potter, je veux simplement m'assurer que votre insertion se passe bien.

Harry acquiesça à nouveau, pas aussi rassuré qu'il le devrait. Les deux hommes se mirent en route. Harry garda ses lèvres scellées, sans aucune intention de commencer la conversation. Il serrait nerveusement ses livres contre lui.

-J'ai hâte de vous voir à mon cours d'anglais, demain, lâcha soudain l'adulte. J'espère que vous aimez l'anglais ?

Harry déglutit.

-Oui, assura-t-il sincèrement. L'anglais est l'une de mes matières préférées.

À peine eut-il fini se phrase qu'il eut envie de se mettre une claque. Il ressemblait à un petit fayot de première ! Hors, il adorait réellement l'anglais. Mais Riddle n'avait définitivement pas besoin de le savoir.

Un petit sourire se dessina sur le visage de ce dernier.

-Vous m'en voyez ravi, commenta-t-il. J'espère que vos trois premiers jours de cours se sont bien passés ?

Harry hocha la tête.

-Je m'en sors. Le niveau ici est… plus haut que ce à quoi je m'attendais, avoua-t-il en rougissant légèrement.

-C'est vrai que, malgré les apparences, Poudlard est loin d'être une école facile, approuva le psychiatre. Mais vous avez l'air de bien vous en tirer pour le moment. Vous n'avez jamais eu de problème scolaire jusqu'à maintenant, n'est-ce pas ?

Harry hocha négativement la tête.

-Alors, gageons que tout ira bien par la suite, dit Riddle d'une voix basse.

Ils descendirent une volée d'escaliers en silence. Harry aperçut la porte de sa chambre avec soulagement. Il n'était pas très à l'aise avec son psychiatre.

-Je vais vous laisser vous reposer, annonça l'adulte lorsqu'ils furent arrivés. Vous n'avez rien de plus à me dire, Harry ? Pas de problèmes ?

En une fraction de seconde, Harry songea à tous les problèmes qu'il avait déjà – son harceleur nocturne, l'horrible découverte de la forêt, Tom, Riddle qui constituait un problème en soi, et tout récemment, ce garçon qui l'avait dévisagé d'un air plus qu'inquiétant, sans parler de l'étrange sensation qu'il avait ressentie juste après – et dit :

-Non Monsieur, il n'y a rien.

Riddle lui sourit d'un air amusé comme si – et Harry ressentit une légère pointe d'inquiétude – il savait que l'adolescent en face de lui mentait honteusement et lâcha :

-Tant mieux.

Il passa une main dans les cheveux de Harry et s'en alla.

Lorsque Harry referma la porte de la chambre derrière lui, il en avait encore des frissons. Cette main dans les cheveux était différente de celle de Blaise. Presque… caressante. Mais pas désagréable.

Mais pourquoi Riddle l'avait touché comme ça ?

Et, alors qu'il ne s'y attendait vraiment pas, il entendit un petit rire.

Ah, Harry, tu es tellement naïf.


Shana : ça, c'était juste pour toi ! Tom Riddle ne devait pas être présent initialement mais je me suis dit… allez… Pourquoi pas ? En espérant que ce chapitre t'a plu !

En espérant qu'il vous a plu à tous, d'ailleurs ! N'hésitez pas à me laisser une review si c'est le cas et je vous dis à dans deux semaines !