Le contexte ? : Saison 1, Brian a obtenu ce job de D.A dans cette agence de New York il a quitté sans regret Pittsburgh, laissant sur place ses amis, et Justin... Mais voilà que brusquement, celui-ci fait une réapparition surprenante dans sa vie.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils viennent de la série Queer as folk.
Rating : M
Pairing : Brian/Justin
Note de l'auteur : Alors voici le dernier chapitre, après ça il ne reste plus que l'épilogue... Et oui déjà ! Mais rassurez-vous, si je termine cette histoire, c'est pour mieux continuer la nouvelle...
« Monsieur, vous devriez aller vous reposer chez vous, ça ne sert à rien de rester. Justin dort, sa tension est stable, il n'y a plus qu'à attendre, allez prendre des forces »
L'infirmier de garde avait compris, et ce, dès qu'il avait vu débarquer un Brian dévasté dans le couloir des urgences. Il n'avait rien dit. Il s'était souvenu de ce grand brun, qui lui avait passé une clope, un samedi soir, au boy's room…
Brian avait déposé un baiser sur le front de Justin, lui avait murmuré « Je reviens tout à l'heure, drague pas l'infirmier. »
Le petit dormait d'un sommeil serein.
L'appart était encore dans une semi pénombre, les stores n'avaient pas été levés. C'est en entrant dans la salle de bain, que Brian réalisa... Bordel de merde ! Il y avait du sang partout. Le sang de Justin, répandu sur le sol, dans la baignoire qui n'avait pas été vidée. Brian saisit une serpillière, commença à nettoyer. Puis, s'écroula sur le sol. Pleurer, pleurer tout son saoul, sans retenue, sans peur d'être vu, jugé, méprisé, sans crainte de montrer sa faiblesse, sa vulnérabilité. Il resta un long moment, laissant couler les larmes qui se déversaient sans effort. Elles valaient cher, ces larmes, elles signifiaient « J'aime, je n'ai pas peur de mes sentiments, j'ai un être à chérir, à protéger » Elles voulaient dire aussi « Je suis si stupide, si maladroit. »
Quand il n'y eut plus aucune trace de sang, Brian se déshabilla, la douche était brûlante, il lui sembla pouvoir y rester des heures. La chaleur dissipait les courbatures de son dos noué, de ses reins douloureux. C'est le bruit de la sonnette qui le fit sortir de sa torpeur. Il ne voulait pas répondre, mais l'importun insistait, insistait. Alors, il coupa l'eau, attrapa une serviette, la noua autours de ses hanches...
« Gold ? Qu'est-ce que tu viens foutre chez moi ? »
« Je n'ai pas de nouvelles de Justin depuis ce matin... Il ne répond pas au téléphone, il est là ? »
Ethan regardait par-dessus l'épaule de Brian.
« Non, il n'est pas là, il est à l'hôpital »
« Qu'est-ce qu'il a ? C'est à cause de sa tête ? »
« Oui, c'est ça. Bon,écoute, j'ai envie de dormir, là, t'es gentil, tu me laisses. » Brian montrait la porte à Ethan mais celui-ci n'avait pas l'intention de se contenter de cette vague explication.
« Où est-il ? Quel hôpital ? Qu'est-ce qu'il a au juste ? Je veux le voir »
Brian était trop fatigué pour ruser. Il lâcha donc que Justin s'était ouvert les veines. Qu'il l'avait trouvé à temps, que tout était sous contrôle, et que le violoniste n'avait plus qu'à rentrer chez lui. Sous contrôle ? C'était une blague ? Tout était de la faute de Brian, et Ethan ne se gêna pas pour lui balancer tout ce qu'il avait sur le cœur... Brian n'était qu'un sale prédateur égoïste, qui ne pensait qu'à son plaisir, qui empêchait Justin de vivre une relation normale, équilibrée. C'était de sa faute tout ça, il n'aimait pas Justin... Alors, qu'il le laisse partir...
« Je ne l'aime pas ? Mais qu'est-ce que tu sais, toi de l'amour, petit merdeux ? Moi, je sais quand il a froid, quand il a faim. Je sais quand il est fier d'un dessin, ou que quelque chose l'a énervé. Tu sais ce que ça veut dire toi quand il plisse son nez ? Moi oui, ça veut dire qu'il est satisfait. Il faut lui masser le ventre, quand il a ses cauchemars. Je sais comment le faire jouir, très fort, je sais ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas. Tu le sais toi ? » Ethan rougit violemment bien malgré lui.
« Y a pas que ça dans la vie » Essaya-t-il de répliquer dans un murmure. Brian venait de gagner, il eut un sourire, malgré tout.
« La bonne blague, c'est sûr, tu as raison, y a pas que ça... Mais c'est pour ça que je suis son homme et pas toi… Comprendo ? » Puis, il eut pitié de la mine défaite du musicien.
« Maintenant, tu es gentil, laisse moi me reposer. Je dirai à Justin que tu es passé, s'il veut te voir, tu le sauras. Rentre chez toi. »
OoO
Putain. Combien de temps avait-il dormi ? 3 heures ? Brian regarda son portable. Pas de message de l'hôpital. S'il n'y avait pas de bonne nouvelle, il n'y en avait pas de mauvaise non plus...
« Alors, Sunshine ? On se paie des vacances aux frais des assurances ? » Brian entra timidement dans la chambre.
Justin souriait faiblement.
« Je suis désolé Brian, je sais pas ce qui m'a pris... Je ne me souviens pas. »
« Chuuut... C'est rien, tu n'as jamais pris tes antidépresseurs, ça a fini par te monter à la tête, ça va aller maintenant. Tout va bien. Tu as mal ? » Brian montrait les poignets bandés du jeune homme.
« Non, même pas. Je me sens bien, comme sur un nuage, je flotte... »
« Dépêche-toi d'atterrir ! Il faut que tu rentres à la maison. » Brian s'était assis sur le lit, Justin s'était soulevé pour passer ses bras autours de son cou...
« Pourquoi ? »
« Pourquoi quoi, sunshine ? »
« Pourquoi tu veux que je rentre ? »
« Parce que j'adore ton café du matin »
« Mauvaise réponse » Et Justin mordit la lèvre de son amant.
« Aie ! Ok... Alors, parce que tu fais les meilleures pipes de tout New York »
« Mauvaise réponse encore » Et cette fois, en attrapant la bouche de Brian, Justin exerça une plus forte pression avec ses dents.
« Oh… Je t'ai pas donné assez de sang, tu en veux plus ? »
À cet instant, Brian regretta ses paroles, sans savoir expliquer pourquoi, ça le gênait que Justin sache qu'il lui avait sauvé la vie en lui donnant son sang. Encore cette pudeur à la con, dont il devrait se débarrasser, il le savait bien.
Justin le regarda intensément, il connaissait suffisamment Brian, pour savoir qu'il fallait vite passer à autre chose, lui faire savoir qu'il avait compris, sans dire un mot. Alors, il se serra contre lui, lui prit la tête entre ses mains meurtries et l'embrassa longuement.
« Ah, oui j'oubliais. Je veux aussi que tu rentres... Parce que je t'aime » Murmura Brian...
« Bonne réponse Brian Kinney. Argument accepté. »
Dieu que c'était bon de retrouver ce corps bien vivant, tiède et doux entre ses bras. La tête tournait un peu à Brian. Mille pensées traversaient son esprit. Il revoyait Justin sous ce réverbère, à peine un an plus tôt. Il avait, par instinct de défense, refusé d'admettre que ce gosse allait bouleverser sa vie à jamais. Aujourd'hui, il le berçait dans ses bras sur ce lit d'hôpital.
« Monsieur ? Je crois que Justin s'est endormi » Dit l'infirmier en souriant...
« Oh… Ah oui. » Quelle putain de responsabilité. La vie de Justin dépendait de Brian, mais pas seulement... À présent, son propre sang coulait dans les veines du garçon qui dormait sous ses yeux. Ça lui donnait un drôle sentiment de puissance, d'accomplissement et de fierté. Justin était à lui... Mais lui aussi, appartenait à Justin désormais.
À suivre...
