Et voilà un nouveau chapitre ! Comme vous avez attendu beaucoup de temps pour avoir le chapitre précédent, je vous poste celui-ci plus rapidement. Je vous annonce que nous arrivons bientôt à la fin de l'histoire. En effet, ce chapitre est l'avant-dernier de cette fiction. J'espère que vous êtes toujours là et que vous lirez cette histoire jusqu'à la fin, mais comme vous êtes des lecteurs géniaux je ne me fais pas de soucis là dessus.

Je vous souhaite bien évidemment une très bonne lecture et je vous retrouve très vite pour le dernier chapitre.

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Chapitre 11 : Angoisse et Lumière

Draco avait fini de ranger ses affaires. Il s'assit sur son immense lit à baldaquin et s'allongea. Il n'était plus fatigué comme il avait pu l'être les jours précédents mais intérieurement, il se sentait vidé. Les dernières images en compagnie d'Harry tournaient inlassablement dans sa tête et le vide qu'il éprouvait devenait insupportable.

« Draco, le repas est prêt. » Annonça sa mère à l'autre bout du couloir.

« J'arrive. »

Il se releva, passa une main sur son lit pour enlever les plis et descendit les escaliers. Le manoir familial lui paraissait froid et inhospitalier. Cet endroit avait toujours été son chez-soi et il y avait toujours trouvé la paix et le réconfort. Mais sachant les futurs évènements et les futures personnes qui se trouveraient ici, Draco ne se sentait plus à sa place. Faire venir les mangemorts et le Seigneur des Ténèbres avait un gout d'injure et de profanation. De plus, la fraicheur de ce mois de décembre n'arrangeait rien. Draco avait en permanence la désagréable sensation de froid qui le glaçait jusqu'à l'os.

Il arriva dans la salle à manger. C'est là qu'allaient se passer les futurs évènements et voir le calme avant la tempête ne lui inspirait guère confiance. L'immense table pouvait contenir une trentaine de personnes et il imaginait déjà le Seigneur des Ténèbres présider l'assemblée à la place où son père se tenait actuellement.

Draco s'assit proche de lui, où des couverts avaient été disposés dans la tradition la plus bourgeoise. Il faisait face à sa mère qui avait le teint encore plus pale que d'habitude, si cela était possible. Son père avait une barbe de trois jours, ce qui ne lui allait clairement pas. Ses yeux étaient fatigués et il avait une récente entaille à la joue qui avait déjà été soignée. Draco n'osa pas demander sa provenance.

« Alors l'école ? » Demanda Narcissa.

« Rien d'inhabituel. » Répondit Draco. Il préférait mourir que de révéler sa bagarre avec Pansy ou ses relations avec Harry. Même si dans les deux cas, il savait pertinemment que ses parents finiraient par le découvrir.

« Tu suis bien les cours ? » Continua-t-elle.

« Oui toujours mère. Ah ça m'était presque sorti de la tête, vous ne devinerez jamais de quelle créature nous devons nous occuper en ''cours'' de soins aux créatures magiques. »

Ses parents attendaient sa réponse, ils n'avaient jamais été fan de devinettes.

« Des bicornes ! » S'exclama Draco.

« Oh ! » Ses parents parurent scandalisés.

« Vraiment, l'école n'a donc plus de moyen pour vous faire étudier de véritables animaux magiques ? Les licornes et les dragons sont passés de mode ? C'est à se demander où passe l'argent que je leur verse. » Ronchonna Lucius.

Bien sûr Draco n'allait pas annoncer qu'il s'était épris d'affection pour ladite créature, qu'il l'élevait avec Harry Potter et qu'ils lui avaient même donné un nom.

Même s'il n'avait pas spécialement faim (il s'était plus ou moins gavé de pâtisseries que lui avaient données les elfes de maison dans le train) il se força à manger le contenu de son assiette. Toute cette histoire allait lui faire gagner des kilos, il en était persuadé. Malgré cela, il ne voulait pas donner plus de soucis à ses parents qu'ils ne pouvaient déjà en avoir.

Devant eux, il avait joué l'homme fort qui n'avait pas peur de rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres. Il s'en était également persuadé mais la simple vision du mage noir pouvait lui donner des cauchemars durant des jours. Il n'osait même pas regarder le tatouage sur son bras. La marque en elle-même ne le dégoutait pas mais c'était la référence à l'homme surpuissant qui le mettait toujours mal à l'aise.

Ils terminèrent le repas dans le calme où seul le bruit des couverts meublait le silence. Alors que les assiettes se débarrassaient magiquement vers la cuisine, une petite créature entra dans la pièce.

Mooky, leur nouvel elfe de maison était vêtu d'un chiffon sale, ses longues oreilles tombaient sur les côtés et il semblait éreinté. La petite créature se cachait derrière un énorme plateau d'argent, faisant la moitié de sa taille.

« Monsieur Severus Rogue est à la porte. » Annonça-t-il d'une voix enrouée.

« Fait le venir. » Ordonna Lucius sans lui accorder un regard.

Quelques instants plus tard, le professeur de potions entra seul dans la pièce.

« Bonjour Severus. » S'exclama le père Malfoy, sans se lever de sa chaise.

« Bonjour Lucius… Narcissa… Draco. » Répondit platement Severus en s'asseyant à côté de Narcissa. « Des nouvelles ? »

« Rien malheureusement. Le nombre d'invités n'est toujours pas délimité, j'ai peur qu'il y ait des rajouts de dernière minute. » Répondit Lucius, ne laissant transparaitre aucune émotion.

« Macnair ? »

« Je doute fortement qu'il soit de notre côté finalement. La dernière fois que je l'ai vu il semblait s'être radicalisé. »

« Karkaroff ? »

« Mieux vaut ne pas compter sur lui, je pense qu'il ne cherchera qu'à s'échapper. Vu qu'il ne pourra pas transplaner il va attaquer tous ceux qui essayent de le tuer. »

« En parlant de ça, le sort sera-t-il prêt ? »

« J'y travaille. Mais tu comprends bien qu'il faudra que le sort soit opérationnel après que l'Ordre ait transplané dans le manoir. Ce sera à eux de lancer le sortilège. » Informa Lucius.

Severus acquiesça. « J'en ferai part à Dumbledore. »

Les deux hommes continuèrent à parler des modalités de lancement du sort et de la stratégie à adopter durant la bataille.

Narcissa sorti de table assez rapidement, n'étant pas entré dans les rangs des mangemorts, elle avait préféré de n'être présente durant la bataille finale. Draco, quant à lui, écoutait d'une oreille distraite la discussion. En vérité il restait à table pour pouvoir s'entretenir avec Severus mais il ne souhaitait pas que son père face partie de la conversation.

Comme une aubaine, sa mère appela Lucius depuis une autre pièce.

« Je reviens tout de suite. » Informa son père en sortant prestement de table.

Draco voulait profiter de l'opportunité mais la dernière fois qu'il avait été seul avec son parrain, la conversation avait tourné au vinaigre.

« Où en es-tu avec Potter ? » Demanda Severus, rompant le silence.

Draco regarda autour de lui, de peur que son père ne rentre précipitamment dans la pièce.

« J'ai atteint mon objectif. Je pense qu'il pourra me défendre comme un véritable ami. » Informa-t-il.

Severus hocha la tête et embraya : « J'ai entendu que tu avais eu un accrochage avec Pansy Parkinson. »

Draco eut la mine sombre et ajouta en baissant d'un ton : « Elle l'a bien cherché et puis, si jamais je retourne à Poudlard, je ne pourrai plus être ami avec eux. »

Severus ne demanda pas d'explication.

« Nous aurons tout le temps d'en reparler. Mais quand ce moment arrivera je veux que tu me tiennes au courant. Tu vas vite t'apercevoir de qui sont tes véritables amis. »

« Je crois m'en être déjà aperçu. » Répondit Draco, cynique.

« Je sais que tu n'as plus la même vision de tes anciens amis. Mais il sera primordial que tu gardes un bon contact avec eux, même si tu ne partages plus des choses personnelles. Il ne reste que quelques mois avant la fin de l'année et tu ne seras plus obligé de les voir tous les jours après cela. Par contre, ce sont ces personnes qui vont assurer ta future réputation. Et un jour, tu comprendras l'intérêt d'avoir des contacts, même si tu ne les apprécies pas. »

Draco eut envie de répliquer qu'il se fichait bien de la réputation qu'il pouvait avoir mais son père entra de nouveau dans la salle.

« Désolé, où on en était ? Ha oui, si la bataille se disperse dans le salon nous serons plus à notre avantage… »

Alors que la conversation reprenait, Draco se leva de table et parti dans sa chambre après les avoir salué.

Il se positionna devant son miroir à pied et s'observa en entier sans arriver à formuler une pensée cohérente.

Cinq jours plus tard, il se retrouva dans la même position, terminant son nœud de cravate. Son costume était neuf et entièrement noir, ne voulant pas se démarquer des autres convives. Il trouvait que la superposition de la même couleur n'était pas flatteuse pour son teint mais prendre une chemise blanche aurait pu être mal vu. Tous les autres mangemorts portait du noir (seul le Seigneur des Ténèbres portait sa classique cape verte foncée, délavée et déchirée par endroits) et il savait qu'il ferait tache dans cet océan lugubre.

Il fixa son reflet de longues minutes, prenant de longues respirations pour tenter de se détendre. Ne pouvant rien faire devant son stress il sortit de la pièce et se dirigea vers la salle à manger.

L'elfe de maison était encore en train d'apporter des plats alors que la table était remplie à raz bords, tentant de les empiler comme il le pouvait. Dans l'encadrement de la porte menant au salon, Draco put voir son père apparaître et disparaître, celui-ci faisant les cent pas. Quant à sa mère, elle était partie depuis quelques heures déjà vers le chalet qu'ils possédaient dans les alpes françaises.

Si Draco avait les qualités d'un jeune homme classique, il aurait demandé à l'elfe s'il avait besoin d'aide, quelques secondes de travail lui auraient surement changé les idées. Cependant, il préféra continuer à observer la petite créature qui semblait submergée par le travail. Leurs convives étaient censés arriver dans les prochaines minutes et Draco ne voulait pas se faire confondre avec le garçon de service. S'il avait fait tous ces efforts jusque-là pour sa famille, il n'allait pas tout ruiner aujourd'hui.

Son père entra dans la pièce dans son plus beau costume noir. Il s'appuya sur la chaise qu'il allait utiliser ce soir en milieu de table.

« Comme tu te sens Draco ? » Demanda-t-il, la voix un peu chevrotante.

« Je préfère ne pas en parler. » Répondit-il, ne voulant mettre des mots sur ce qu'il ressentait, comme si cela pouvait camoufler ses sentiments.

Lucius acquiesça. Le père et le fils ne le montraient pas mais ils étaient mortifiés de l'intérieur et ils n'avaient qu'une envie, fuir au plus loin.

Soudain, une fumée noire vint se propager dans la pièce laissant la place à Rodolphus Lestrange en se dissipant.

L'homme brun et sec ouvrit les bras en grand et s'exclama : « Lucius ! » laissant apparaître des dents jaunes. Il força l'homme blond à lui faire une accolade. Draco fut le seul à le voir mais son père avait une mine dégoutée au moment de toucher l'autre mangemort.

« Je suis le premier on dirait ! » Constata-t-il en balayant la pièce. « Ha mais tu es là Draco ! Viens donc ici ! »

Il s'avança vers Draco et celui-ci fut épris de sueurs froides. Rodolphus était son oncle par alliance mais il avait toujours été terrifié en sa présence. Il donnait toujours une apparence sale et négligée qui déplaisait fortement à Draco.

Au moment de lui faire une accolade, il fixa son père pour tenter de trouver du réconfort. Mais celui-ci semblait commencer à réaliser ce qui était en train de se produire et la panique se lisait clairement sur son visage quand leurs regards se croisèrent.

Rodolphus se retourna pour faire face à Lucius et celui-ci reprit son masque d'impassibilité.

« C'est toujours aussi chouette ici ! Ho et puis toute la table est déjà dressée, vraiment je meurs de faim ! » S'exclama-t-il bien plus enjoué qu'à l'accoutumée.

Draco eut presque un soulagement en voyant trois nuages de fumée s'emmagasiner dans la pièce. Au moins, ils n'auraient pas à faire la conversation avec Rodolphus seul.

La fumée dissipée, les visages de Rockwood, Dolohov et Macnair apparurent. Cette fois-ci les salutations furent moins tactiles. Même si seule une poignée de main avec l'un des trois arrivants valait cinq passages d'affilée dans un train fantôme.

La conversation démarra mais Draco n'y prit pas part. Au final, le blond connaissait peu les mangemorts et les sujets qu'ils abordaient ne lui permettaient pas de s'inscrire intelligemment dans la discussion.

Draco tenta plutôt d'analyser le comportement de Macnair afin de constater s'il était à l'aise ou non afin de définir ses futurs agissements. Malheureusement, il ne se révéla pas fin psychologue sur ce coup-là et ne put rien analyser de son comportement. Le stress jouait clairement sur ses capacités d'analyse.

La pièce se remplit peu à peu de personnes en costume noir. Draco y reconnut Avery, Pettigrew, Yaxley et Karkaroff mais également le père de Vincent Crabbe, celui de Gregory Goyle et enfin celui de Théodore Nott.

Il fut soulagé à l'apparition de Severus Rogue. Directement, il se dirigea vers son parrain afin de trouver de la compagnie.

« Severus… » Commença Draco, la voix flottante.

« Bonjour Draco. » Répondit-il froidement, jouant le jeu du détachement.

Draco ferma les yeux et respira quelques secondes puis les rouvrit et annonça :

« Tu es presque le dernier arrivé avant le Seigneur des ténèbres, je te pensais plus ponctuel que ça. »

« J'avais des choses à régler, mais tout est prêt, j'ai donc pu venir ici l'esprit léger. »

Draco acquiesça il n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit car son père avait pris la parole à l'aide d'un Sonorus pour que tout le monde puisse l'entendre dans ce brouhaha.

« Si vous le voulez bien, vous êtes priés de rejoindre votre place habituelle. Le Seigneur des ténèbres ne va plus tarder et il a ordonné que nous soyons tous à table à son arrivée. »

La petite foule s'organisa alors et chacun alla à sa place. Draco se retrouva à la gauche de son père, vers le milieu de la table. À sa droite se trouvait Travers à qui il n'avait jamais adressé la parole. Severus, quant à lui, se trouvait à la droite de la future chaise de Voldemort et, beaucoup trop éloigné au gout de Draco.

« Mais c'est mon petit Draco ! » S'exclama une voix féminine derrière lui. Il se leva et reconnut directement sa tante.

« Bellatrix. » Répondit-il en y mettant toute la volonté du monde pour paraître aimable.

« Ça me fait plaisir de te voir ici, je pensais bien que tu allais finir par nous rejoindre. » Continua-t-elle enthousiaste.

« Et tu avais raison ! » Convenu Draco.

« Tu m'excuses, je vais dire bonjour aux autres… » Dit-elle en s'éloignant.

Draco feint un sourire et se rassit, bien heureux d'être à nouveau seul.

Après quelques minutes, Draco sentit comme un courant d'air glacial parcourir la pièce. Certaines des bougies s'éteignirent et les conversations commencèrent à se dissiper. Un nuage noir plus imposant que les précédents fit son entrée et tourbillonna autour de la pièce avant de laisser place à Lord Voldemort. Tous les invités se levèrent d'un bond. Draco pouvait observer que certains d'entre eux avaient les yeux qui brillaient et que d'autres arboraient un immense sourire. Lui, au contraire de beaucoup d'autres, avait les mains qui transpiraient et il tentait de les essuyer sur son pantalon le plus discrètement possible.

Le Seigneur des Ténèbres toisa chacun d'entre eux, l'air renfrogné. Puis, un horrible sourire se dessina sur son visage de serpent. Il éclata d'un rire mortifère où chacun ne savait s'il devait l'imiter. Draco resta stoïque, déjà terrifié.

« Voilà un bien beau cadre pour nous recevoir Lucius ! » S'exclama Voldemort. « Certaines personnes ici présentes ne méritent pas tout ce luxe mais ils peuvent se considérer comme chanceux de faire partie de cette tablée. »

Les invités commençaient à se toiser, se demandant à qui il faisait référence.

« Mais ne parlons pas de choses qui fâchent aujourd'hui. Le temps est à la fête, nous célébrons aujourd'hui nos nouveaux alliés et notre future victoire ! »

Tous se mirent à applaudir, même si une ambiance tendue était née.

« À ce que je vois Lucius, ton elfe de maison s'est dépassé. » Ajouta Voldemort.

« Oui, il a travaillé jour et nuit pour nous préparer ce repas. » Répondit Lucius.

« Ha, je te reconnais bien là Lucius. Toujours au service de ses invités. Je propose que nous lui portions tous un toast. À Lucius ! » S'exclama l'homme à la peau si pale qu'elle paraissait translucide.

« À Lucius ! » S'écria toute la tablée en levant leur verre, ce qui mit parfaitement mal à l'aise l'intéressé.

Voldemort s'assit et commença à se servir sans plus de courtoisies. Les autres l'imitèrent et les conversations reprirent leur cours.

Draco se servit copieusement même si la peur lui tordait le ventre. S'il s'agissait de son dernier repas, autant en profiter. Alors qu'il enfournait un premier morceau de pomme de terre dans sa bouche, Travers, son voisin, démarra la conversation :

« Tu es encore à l'école ? »

Draco fut surpris qu'il lui adresse la parole, il prit son temps pour finir sa bouchée afin de préparer sa réponse puis répondit :

« Malheureusement oui, mais c'est ma dernière année, je commence à en avoir assez de Poudlard. Ces vieilles pierres me filent le cafard. » Répondit-il dédaigneux.

« Je te comprends bien, dès la troisième année je commençais à en avoir marre d'être dans cette école à côtoyer des sangs-de-bourbe. J'ai l'impression que plus on avance, plus il y en a. »

« Vu que je suis à Serpentard je ne suis pas spécialement au courant en particulier parmi les premières années. Mais c'est vrai que j'ai l'impression d'entendre de plus en plus de conversation sur les habitudes de leurs parents moldus… »

« Pffff, depuis que Dumbledore est directeur, rien ne tourne vraiment rond dans cette école. Comment s'appelle votre professeur de soin aux créatures magiques déjà ? »

La conversation continua sur les déboires de l'école. Travers ne faisait que répéter que c'était mieux durant son époque, ce qui donnait envie à Draco de le faire s'étouffer en lui faisant avaler son verre en même temps que son jus de citrouille.

Les plats se vidaient un à un et l'elfe de maison ramenait toujours de nouveaux plats. Arrivant à saturation, les convives ne remplirent plus leurs assiettes et Mooky commença à débarrasser les plats. Le petit elfe vint voir Monsieur Malfoy pour lui glisser quelques mots à l'oreille.

Lucius acquiesça et interrompit sa conversation avec Rodolphus et Bellatrix. « Désolé, une urgence en cuisine, ce fichu elfe n'est vraiment capable de rien. Draco, tu peux m'accompagner ? Je pense que nous ne serons pas trop de deux pour régler le problème. »

Draco fronça les sourcils et acquiesça en se levant. Ils sortirent de la salle en s'excusant auprès des autres convives.

Ils traversèrent plusieurs pièces afin d'arriver à la cuisine principale du manoir. Draco sursauta dans la pièce, non pas à cause du bazar infernal mais à cause des dizaines de personnes qui s'étaient afféré dans un coin de la pièce. Tous les membres de l'Ordre étaient là, en train de planifier la suite des évènements. Il y reconnut bon nombre de ses professeurs dont Albus Dumbledore, plusieurs aurors et quelques élèves de Poudlard dont bien évidemment, Harry Potter, entouré de ses deux meilleurs amis.

Draco se retint d'aller à sa rencontre. Le jeune homme ne l'avait pas vu entrer dans la pièce et cela rendait fou Draco de ne pouvoir croiser son regard.

« Où en êtes-vous ? » Demanda Lucius, impatient.

Tous les regards se tournèrent vers lui et Draco eut des papillons dans le ventre quand Harry planta son regard dans le sien.

« Le bouclier anti-transplanage est en place. » Annonça Kingsley Shaklebolt. « Nous sommes prêts pour l'attaque Lucius. »

« Bien, avant d'aller dans les différentes pièces de la maison, je vous rappelle que Severus est de notre côté et que Macnair et Karkaroff sont potentiellement de notre également. Bonne chance à tous. »

Draco savait que le plan allait démarrer quand il vit les membres de l'Ordre, déterminés, sortir de la cuisine. Le plan était de prendre en tenaille les mangemorts. Ils comptaient entrer dans la salle à manger en se scindant en différents groupes, bouchant toutes les issues.

La pièce se vida en quelques secondes, Draco resta planté sur place, pétrifié, le regard dans le vague. Il prit conscience de ce qu'il était en train de faire, ou plutôt de ne pas faire quand il vit qu'il était seul avec une seule personne : Harry.

Les deux hommes se regardèrent sans parler. Les yeux exprimaient à la perfection ce qu'ils avaient sur le cœur et toute parole était superflue.

Draco s'avança vers lui et sans attendre d'approbation, l'embrassa. C'était un baiser sans passion dévorante, sans désir insatiable comme il avait pu lui donner à Poudlard. Juste un baiser nécessaire, rationnel, inéluctable… Le baiser que l'on donne à un condamné à mort.

Comme si cela était la dernière fois, il grava la sensation des lèvres de son amant dans sa mémoire et rompit le baiser.

« Je t'aime Harry. »

Il sourit, soulagé d'avoir enfin pu le dire de vive voix et se retourna prêt à en découdre sur le champ de bataille.

Il contourna la salle à manger en passant par de plus petites pièces et se positionna dans un couloir en compagnie de Remus Lupin et Nymphadora Tonks.

Leur consigne était d'attendre jusqu'à ce qu'ils entendent du bruit. L'elfe allait apporter le dessert, ce qui allait distraire les convives. Ils attaqueraient quand des personnes mieux placées qu'eux mèneraient l'attaque.

Draco sentait bien que les deux autres éprouvaient une tension forte et le blond eut l'impression d'être de trop. Les secondes qu'ils passèrent à entendre lui paraissaient les plus longues de sa vie et il crut qu'il allait se mettre à crier tellement la situation le dépassait.

Un bruit d'explosion le fit soudain sursauter, Remus et Tonks se mirent à courir en direction de la salle à manger et sans réfléchir, il se lança sur leurs talons.

La salle s'était métamorphosée, l'immense gâteau avait explosé, rependant de la crème dans toute la pièce, certains corps étaient étendus sur la table tandis que d'autres étaient à quatre pattes. Des jets de lumière fusaient dans toute la salle et il était difficile de différencier les différentes personnes.

Draco se lança à corps perdu dans la bataille, se protégeant du mieux qu'il put et essayant de blesser le plus de mangemorts possibles.

Il donna toute sa force à l'ouvrage, perdant toute notion du temps et des conséquences de ses actes.

Dans un éclair de lucidité il vit une fumée noire sortir de la salle et il comprit : Voldemort tentait de s'échapper. Ce qu'avaient oublié les membres de l'Ordre était que même si l'on ne pouvait pas transplaner hors du manoir grâce au bouclier, il était possible de se déplacer dans une autre pièce en transplanant.

Cependant, il ne fut pas le seul à avoir remarqué que le Seigneur des Ténèbres essayait de se tirer de ce bourbier.

« Severus ! » S'exclama Draco en voyant l'homme vêtu de noir se lancer à la poursuite de la fumée.

Draco slaloma entre les personnes et les sorts afin de se lancer à leur poursuite. Ce fut un miracle qu'il réussisse à sortir de la salle sans pour autant se faire percuter par un mauvais sort. Il apercevait Severus au bout du couloir et il se mit à courir de plus belle afin de ne pas le perdre de vue.

Il le rattrapa enfin dans un petit salon qui se trouvait à l'autre bout du manoir. Il respirait fortement et Severus se retourna en l'entendant.

« Draco ! Qu'est-ce que tu fiches ici ? » S'exclama-t-il.

« Où est-il ? » Demanda Draco, éludant la question de son parrain.

Severus pointa le plafond où la fumée noire continuait à faire des tours. Draco et son parrain se mirent dos à dos, permettant qu'au moins un des deux puisse suivre la fumée des yeux.

Un éclair blanc sortit de la fumée et toucha la porte, la refermant et verrouillant.

« C'est lui ou nous Draco. » Murmura Severus.

Des jets de lumière sortirent de la fumée et se dirigèrent vers eux. Les deux hommes se protégèrent lançant protego sur protego. Ne voyant aucun résultat, la fumée redescendit et Voldemort se matérialisa à quelques mètres d'eux.

« Je me disais bien qu'il y avait des traitres dans mes rangs… » S'exclama Voldemort de sa voix sifflante. Il enchaina des sortilèges à l'encontre de ses deux adversaires.

Les trois hommes se lancèrent dans une bataille à mort. Draco et Severus n'étaient pas trop de deux pour contenir les sortilèges du Seigneur des Ténèbres qui semblait ne jamais pouvoir se fatiguer. Et c'est après une vingtaine d'échanges de sortilèges que Draco fut frappé par un Expeliarmus.

Il vit, à son grand désarroi, sa baguette voler jusqu'à la main libre du Seigneur des Ténèbres.

« On va enfin pouvoir commencer à s'amuser. » Susurra Voldemort.

Il enchaina les sortilèges, envoyant des jets de couleur rouge sur Severus. Et ce qui devait arriver, arriva. À son tour, la baguette de Severus vola jusqu'au Seigneur des Ténèbres, laissant les deux hommes sans défense devant le mage noir le plus puissant encore vivant.

« Trois baguettes pour moi tout seul ? Vraiment vous êtes trop bon. » Se moqua Voldemort. « Alors lequel de vous je vais éliminer en premier… ou plutôt lequel de vous deux va avoir l'honneur de voir l'autre mourir ? »

Il y eut un moment de flottement puis Severus s'avança.

« Tuez-moi si vous en avez envie, mais laissez Draco. »

Voldemort fut épris d'un rire diabolique. « Severus, je me disais bien que tu avais des envies suicidaires.

« Severus, non ne fait pas ça… » Implora Draco faiblement.

« Je ne fais que mon devoir… » Répondit Severus en se retournant, un sourire franc sur les lèvres. « Vit une longue vie Draco, ne te retourne jamais et bats-toi pour ce qui est juste. » La sensation du devoir accompli, Severus fit de nouveau face au Seigneur des Ténèbres.

« Oh Severus, tu me ferais presque pleurer. Non en fait tu me ferais vomir tellement tu es devenu fleur bleue, tu mérites bel et bien que j'en finisse avec toi. » Voldemort leva sa baguette et cria les mots fatidiques : « Avada Kedavra ! »

Un éclair vert illumina la pièce et frappa de plein fouet le professeur de potions.

« NOOOOOOOOON ! » Cria Draco, il tomba à genoux à côté de la dépouille inanimée. « Vous êtes un monstre ! Vous ne savez pas ce qu'est le sens de la vie ! Vous tuez de sang-froid des gens honnêtes et qui tentent de faire le bien autour d'eux ! Vous ne méritez pas ce que vous avez… Vous ne méritez rien … » Articula-t-il difficilement, sa voix saturée par les pleurs.

« Draco, Draco, Draco… Ne fait pas cette tête-là… C'est celle que tu vas garder en étant mort alors essaie de sourire un peu. »

« Je ne vous ferai pas ce plaisir. » Répondit-il, plus calme, faisant face à son destin.

« S'il en est ainsi… » Voldemort leva de nouveau sa baguette et cria encore plus fort que la dernière fois : « Avada Kedavra ! »

Draco ferma les yeux avant que le sortilège ne le percute. Un grand souffle de vent se leva autour de lui et, après ce qui lui sembla une éternité, ne sentant pas de changements en lui, il rouvrit les yeux. Il ne crut pas ce qu'il se présentait à lui, le Seigneur des Ténèbres était allongé sur le sol criant atrocement. Les trois baguettes avaient roulé sur le sol, Draco se leva d'un bond et les ramassa les unes après les autres.

« Pourquoi…ça n'a pas…fonctionné… » Articula difficilement Voldemort, se tenant le bras.

« Il faut croire que vous avez fait face au nouveau survivant. » Répondit Draco, sans réfléchir.

Il pointa sa propre baguette sur le mage noir et pour la première fois de sa vie, il prononça le sortilège de mort.

La lumière verte sortit de nouveau de sa baguette, la puissance du sort surpris Draco et il dut prendre la baguette à deux mains pour ne pas la lâcher. Le jet frappa Voldemort en pleine poitrine, le faisant crier de toutes ses forces. Puis, plus rien. La lumière avait disparu, le silence régnait.

Draco tituba et se laissa tomber à genoux, il s'allongea sur le dos et tenta de réaliser qu'il venait d'éradiquer la plus grande menace de son temps.